La Veuve

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 La Chaise électrique

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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Lun 30 Juil 2012 - 22:10

Brrr... Je me demande si Edison a eu des états d'âme ou des remords en apprenant que, tout comme le docteur Guillotin, il contribua involontairement à la création d'une nouvelle méthode d'exécution... pale

Je me répète, mais si j'étais un condamné à mort ayant le choix de sa propre méthode d'exécution, je choisirais tout d'abord la potence (à condition de ne pas avoir la nuque aussi solide que Rick O'Connel dans "La momie" (film que j'adore, tout comme le reste de la trilogie! ), pour risquer de ne pas finir par faire, en guise de dernière danse, celle des pendus), puis la guillotine.

L'injection létale est, certes, le moyen le plus "doux" et humain de se faire exécuter, mais personellement, je trouve qu'elle a un aspect plus dérangeant que les méthodes d'exécution plus traditionnelles.
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yaguara
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mar 31 Juil 2012 - 6:17

J'ai des doutes sur le côté humain de l'injection létale.
Je crois que l'injection paralysante empêche le condamné d'émettre le moindre signe ou mouvement mais qu'il peut également énormément souffrir? Sauf qu'on ne le verra pas.
Il semble que c'est surtout moins gore ou violent pour l'audience.

Si j'étais condamné et qu'on me donnait le choix, je crois que je choisirais la balle dans la tête ou la guillotine.

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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mar 31 Juil 2012 - 14:07

C'est exactement ce qui me dérange avec ce moyen d'exécuter.

Quant à la balle dans la tête, Yaguara, ne veux-tu pas plutôt dire la fusillade au peloton d'exécution? Une simple balle dans la tête me suggère une exécution sommaire (donc non-légale, c'est ni plus ni moins un meurtre, à faire le rapprochement entre une pendaison en bonne et due forme et un lynchage), ou un suicide.

Au peloton d'exécution, la victime est tout d'abord attachée à un support rigide (poteau fiché en terre, chaise, voire même simplement contre un mur), de façon à ce que le torse soit bien exposé à la vue des tireurs, puis a le visage recouvert d'une cagoule pour ne pas déconcentrer volontairement ou non les tireurs placés à une distance plus ou moins grande. Celà fait, une fois les abords de la victime dégagés à l'arrière et sur les cotés (pour éviter les risques de balles perdues), le commis à ces deux opérations rentre dans le peloton ou quitte le lieu de l'exécution. Puis le chef du peloton donne ses ordres aux tireurs (apprêtez armes, en joue...), et d'un geste ou d'un cri bref, une fois les fusils braqués sur la victime, ordonne le tir. Les fusils tonnent, la victime tressaute, la poitrine défoncée par les balles, le coeur étant visé, éventuellement des gerbes de sable ou de poussière volent sous l'effet des balles ayant manquées leur cible. Peu après, le chef du peloton se détache du reste de la troupe, se dirige vers l'exécuté armé d'un revolver, et, mort ou non, lui tire une balle "de grâce" dans la tempe.

Justice est faite.
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 5:29

La balle dans la tete etait le mode d'execution le plus commun dans l'Union Sovietique et dans beaucoup de pays du bloc Est. A mon avis c'etait plus humanitaire que barbare. Le condamne ne savait pas qu'il allait etre execute. Il etait simplement "transfere" d'une cellule a une autre mais au cours du transfere le bourreau cache ou vetu comme un gardien lui tirait une balle dans la tete de derriere sans l'avertir. Je ne crois pas que c'etait connu du public et donc le condamne ne s'y attendait pas du tout. On voit une telle execution dans le film "citoyen X" qui retrace l'affaire Andrei Chikatilo.

En Chine par contre c'est aussi la balle dans la tete, mais c'est en grande ceremonie et ca semble plutot barbare et cruel.
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yaguara
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 5:31

Je faisais référence à une exécution à la chinoise.
Le condamné reçoit une balle dans la nuque, à bout portant.



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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 12:12

Ah, oui, la fameuse exécution chinoise...j'avais lu un commentaire je ne sais plus trop où qui disait qu'après l'exécution, la facture de la balle était expédiée à la famille du condamné. Shocked Twisted Evil
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CARNIFEX
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 12:44

...et les organes du condamné prélevés et acheminés aussitôt après à la clinique, construite juste à côté de la prison... No

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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 18:19

http://www.youtube.com/watch?v=AO5XB8vxP4o

Voici un film posté sur Youtube, "Que justice soit faite", montrant une exécution par injection létale...mouvementée (à partir de 14:10 min.), se déroulant exactement à l'inverse de ce qui est normalement prévu. pale

Même si le procédé peut sembler barbare, je le trouve plus empreint d'égard et d'humanité envers les condamnés que l'exécution par balle dans la tête, qui sied plus à la gente animale, car étant simillaire aux mises à mort des bovidés dans les abbatoirs. Neutral

Bon visionnage! Very Happy
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yaguara
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Mer 1 Aoû 2012 - 20:04

Ca m'a l'air assez surjoué. Je crois justement que le condamné, même s'il souffre, ne peut pas l'exprimer du fait de l'injection paralysante. Ce qui donne cette impression de "propreté" et d'humanisme de la méthode.

La balle ne me choque pas vraiment plus que ça.
Je me place surtout du point de vue de la douleur, je pense que c'est un des modes les plus rapides.
Mais dans votre argumentation, il faut aussi prendre en compte la conception qu'on de l'homme et des animaux et notamment de leur différence. C'est un grand débat.

Je ne connaissais pas cette méthode russe, du moins j'en avais entendu parler mais je ne pensais pas que c'était un système.
C'est original.


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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Jeu 2 Aoû 2012 - 13:48

La guillotine aussi est rapide...mais contrairement à la balle où l'on ne sent rien, il parait que l'on ressent un rapide souffle d'air frais sur la nuque...
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Louison
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Jeu 2 Aoû 2012 - 19:29

Le bourreau breton a écrit:
Ah, oui, la fameuse exécution chinoise...j'avais lu un commentaire je ne sais plus trop où qui disait qu'après l'exécution, la facture de la balle était expédiée à la famille du condamné. Shocked Twisted Evil


je trouve ces executions très barbares, indifférents aux yeux du pays Mad

Une vraie boucherie sans ménagement ! Attention cette image peut vous heurter la sensibilité, et je prie de m 'excuser aupres de l'administrateur Adelayde, c est tout juste, en parlant de la peine capitale en Chine pale pale et bien entendu auprès de vous.... pale

http://erebe.over-blog.com/photo-1160629-peine-de-mort-chine-15-1-_jpg.html
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Jeu 2 Aoû 2012 - 20:18

La facture de la balle, ainsi que la cordelette ayant attaché la condamnée et, bien sur, sa facture. Soit d'aprés certains témoignages, environ 8 euros.
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Louison
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Jeu 2 Aoû 2012 - 20:21

Panoramix, vous parlez d'un souvenir ! c'est atroce n est ce pas ?? Mad voire tres douloureux pour la famille....
Si la balle etait refusée, comment ça se passe Panoramix ? Sad
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Jeu 2 Aoû 2012 - 21:13

A mon humble avis, le refus n'est même pas envisageable. Mais qui sait.........?
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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Ven 3 Aoû 2012 - 0:10

Une image répugnante...comment peut-on poster des images pareilles sur le net?

Mais bon, à coté du Lingchi, c'est une mort très douce...
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yaguara
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Ven 3 Aoû 2012 - 6:34

C'est effectivement très gore mais à l'instar de la guillotine je pense que l'exécution en elle même est assez rapide et que la mort survient quasi instantanément.

Je me souviens d'ailleurs avoir lu quelque part le témoignage de personnes qui ont raté une tentative de suicide par balle. Elles affirmaient ne pas avoir ressenti énormément de douleur mais plutôt la sensation d'être sous une douche. Ca rejoindrait l'idée que le cerveau n'émet pas de douleur.
Mais mes connaissance en médecine son plutôt limitées...

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Le bourreau breton
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Lun 6 Aoû 2012 - 21:00

Je pense que c'est en effet possible (je dis bien "je pense", car moi non plus n'ai pas de réelles connaissances théoriques en neurologie), j'avais entendu parler d'une affaire d'accident avec un pistolet à clou...la victime qui en avait reçu un dans le crâne n'aurait rien senti de particulier...
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Adelayde
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MessageSujet: William Kemmler - premier exécuté à la chaise électrique   Jeu 31 Oct 2013 - 16:26


6 août 1890 - Dramatique exécution du premier condamné à la chaise électrique
William Kemmler jette un regard placide sur la chaise censée l'électrocuter dans quelques minutes, puis il s'adresse posément à l'assistance. "Messieurs, je vous souhaite bonne chance. Je pense me rendre dans un endroit agréable et je suis prêt à y aller." Incroyable, cet homme d'une trentaine d'années, condamné à mort pour avoir découpé son épouse avec une hache, s'apprête à inaugurer la mort par électrocution avec le flegme d'un Hollande assistant à la montée du chômage... Bien mal lui en prend, car l'électrocution tourne au cauchemar. La première secousse dure 15 longues secondes sans parvenir à le tuer. Il faut remettre une deuxième fois le courant, avec un voltage double, pour qu'enfin il grille des pieds à la tête. Claude François en frémit d'horreur... Les dix-sept témoins de l'exécution se rappelleront à jamais l'odeur de cochon grillé qui se dégage alors du cadavre.

Curieusement, cette exécution ratée n'est pas pour déplaire à l'immense inventeur Thomas Edison, vénéré par tous les Américains pour ses innombrables trouvailles. Et pourtant, c'est lui qui a conçu la chaise électrique ! Alors, nous diriez-vous, son intérêt était que l'exécution se déroule sur des roulettes... Pas du tout, car Edison est un petit vicieux prêt à tout pour imposer le courant continu dont il est le promoteur. Il mène de grandes campagnes de presse pour affirmer que son courant continu est bien moins dangereux en cas d'électrocution accidentelle que le courant alternatif commercialisé par son concurrent George Westinghouse. Il a donc alimenté la chaise électrique avec du courant... alternatif, histoire de l'associer encore plus directement à la mort, dans l'esprit du public.

Tests sur des chiens et des chats

Bien avant l'exécution de Kemmler, Edison avait déjà organisé plusieurs tests avec des chiens et des chats pour démontrer que le courant alternatif était bien plus dangereux que le continu. Avec ce dernier, les animaux en réchappent, pas avec l'alternatif. Aussi, quand l'État de New York annonce qu'il renonce à la pendaison pour la chaise électrique jugée "plus humaine", le grand inventeur fait des pieds et des mains afin que le comité chargé de déterminer les détails de l'exécution choisisse le courant alternatif. Il obtient gain de cause, mais comme Westinghouse refuse de concevoir la chaise, c'est lui qui paie un artisan nommé Harold Brown pour qu'il fabrique la fameuse chaise électrique à courant alternatif.

Pour déjouer la manoeuvre d'Edison, Westinghouse engage des avocats qui font appel de la condamnation à la chaise électrique en plaidant la cruauté de l'électrocution. Aussitôt, Edison et Brown montent au créneau, affirmant que l'exécution par l'électricité est rapide et sans douleur. Finalement, la cour d'appel autorise l'exécution. Vite mis au courant, le condamné prend la nouvelle avec calme et sérénité. Des années d'alcoolisme l'ont rendu complètement abruti. Du moment qu'on ne le condamne pas à participer à Fort Boyard sous la houlette de Jean-Pierre Castaldi...

Calme olympien

Le 6 août 1890, Kemmler est réveillé à 5 heures du matin après une nuit aussi bonne que toutes les précédentes. Après tout, ce qui l'attend ce matin n'a rien à voir avec une participation à Koh-Lanta... Il s'habille rapidement, enfile un costume, une chemise blanche et une cravate. Après le petit déjeuner avalé avec appétit et une prière, il offre son crâne à un coiffeur qui lui en tond le sommet, là où sera posée une électrode en forme de kippa. Le condamné quitte ses gardiens avec un chaleureux "au revoir", comme s'il partait effectuer une balade matinale. Au passage, il salue Berlusconi enfermé dans une cellule voisine... Peu après 6 heures, il pénètre dans la chambre de la mort, manifestant toujours le même calme olympien. Le bourreau Charles Durston le fait asseoir sur la chaise, puis s'adresse à l'assistance composée de dix-sept témoins. "Messieurs, voilà William Kemmler. Je viens de lui lire à l'instant son arrêt de mort et je lui ai dit qu'il allait mourir, et s'il a quelque chose à dire qu'il vous le dise." Celui-ci prononce d'une voix atone quelques mots visiblement appris par cœur : "Bon, messieurs [...], les journaux ont prétendu plein de choses qui sont fausses. C'est tout ce que j'ai à dire." Puis il murmure au bourreau de faire parvenir les trois dollars qui lui restent à l'UMP...

Le condamné se lève comme s'il était impatient de s'asseoir sur la chaise électrique. Tournant le dos au bourreau, il enlève son manteau et commence à déboutonner son gilet. Mais comme l'exécuteur lui demande de ne pas le faire, il le reboutonne calmement. Le bourreau le fait pivoter pour examiner le trou découpé dans le pantalon afin de pouvoir passer l'électrode fixée à la base de la colonne vertébrale. La chemise dépassant, il tire dessus et coupe un morceau de tissu avec une paire de ciseaux. Kemmler rajuste sa cravate, puis se rassoit sur la chaise. Des assistants fixent les membres avec des straps.

"Prenez votre temps"

Kemmler, toujours aussi cool, les encourage : "Prenez votre temps, et faites-le proprement, je ne suis pas pressé." Le bourreau plaque sur son visage un masque qui laisse la bouche libre. "Durston, vérifiez si tout est correctement fait", déclare l'homme qui va mourir. On lui pose sur le crâne une sorte de grosse kippa ornée d'électrodes. "Oh, vous devriez la baisser encore un peu, je suppose", conseille-t-il.

Enfin, avec une boîte contenant de l'eau, un médecin humecte les éponges disposées entre les électrodes et la peau. On vérifie si l'homme est fermement ligoté, puis le docteur Spitzka se penche vers lui : "Que Dieu vous bénisse, Kemmler !" Réponse calme : "Merci." Le bourreau se dirige alors vers les docteurs Spitzka et McDonald pour leur demander : "Combien de temps dois-je laisser passer le courant ? Vous devriez me dire si ça doit être quinze secondes ou trois, ou cinq." Ceux-ci se mettent d'accord pour quinze secondes. "C'est long", répond l'exécuteur avant de passer dans la pièce contiguë qui abrite les installations techniques. Le bourreau : "Prêt ?" Les médecins : "Prêts !" Le bourreau à Kemmler : "Au revoir." Pas de réponse. Il est exactement 6 heures 43 minutes et 30 secondes à l'horloge de la prison. "Tout est prêt", murmure Durston à l'agent chargé d'abaisser l'interrupteur.

Le courant se rue dans le corps du malheureux Kemmler. Il affiche 1 000 volts, c'est ce qui a été décidé avec les médecins. Du reste, un test mené la veille avec un... cheval a montré que ce voltage suffisait. Aussitôt, le condamné s'arc-boute sur sa chaise. Les secondes s'égrènent, longuement. Le docteur McDonald, qui tient un chronomètre, dit : "Stop !" Deux voix lui répondent en écho : "Stop !" Le bourreau répète : "Stop !" au gars qui actionne l'interrupteur. À ce moment, le front et le nez du condamné sont devenus rouge sombre. Une mouche se pose sur une narine.

"Remettez le courant !"

Les docteurs Spitzka et McDonald s'approchent et s'empressent de déclarer la mort de Kemmler. Le premier ajoute pour l'assistance. "Vous remarquerez immédiatement l'apparence post mortem du nez. Il y a un changement remarquable qui ne peut être confondu avec rien d'autre." Les autres médecins opinent doctement. Après un rapide examen, le docteur Spitzka autorise le transfert à l'hôpital pour y pratiquer l'autopsie. À ce moment, un médecin dans la pièce fait remarquer que du sang jaillit d'une petite blessure au pouce droit. Ce jet est la preuve que le cœur fonctionne encore. Kemmler est vivant ! Cris d'horreur.

Spitzka se met à gueuler : "Remettez le courant, vite ! Cet homme n'est pas mort." Les médecins qui entourent le corps se reculent brutalement, craignant d'être électrocutés. Durston se précipite dans la pièce voisine. Pendant ce temps, le condamné se met à baver et un son caverneux sort de sa gorge. Il semble vouloir revenir à la vie sous les yeux horrifiés de l'assistance. Quelqu'un perd connaissance. Le courant se fait attendre, car le générateur a besoin de se recharger pour délivrer, cette fois, 2 000 volts. C'est long, très long. Enfin, le courant est remis.

Des témoins pris de nausées tentent de s'enfuir

Nouvelle convulsion du corps, mais, au moins, le condamné ne râle plus. La décharge dure une très longue minute. Sous la peau, les vaisseaux sanguins explosent les uns après les autres. Une horrible odeur de brûlé envahit la chambre de la mort. Les cheveux sous l'électrode de la tête et la peau autour de l'électrode placée à la base de la colonne vertébrale commencent à cramer. Des témoins pris de nausées tentent de s'enfuir de la pièce, mais la porte est verrouillée. C'est l'horreur. De "l'endroit agréable" où il se trouve dorénavant, Kemmler se marre, mais se marre... "L'homme est mort instantanément", affirme le docteur Spitzka. "Ce n'étaient que des contractions musculaires, ce gars n'a pas souffert. C'est certain."

Après cette effrayante première séance, la chaise électrique fait l'objet de nombreuses discussions entre les hommes politiques, les scientifiques. À New York, aux États-Unis, en Europe. Certains États l'adoptent quand même, d'autres préfèrent conserver les méthodes qui ont fait leurs preuves, comme la pendaison et la guillotine. À New York, on s'entête à rester au courant. Après Kemmler, le bourreau Edwin F. Davis électrocute 239 condamnés, jusqu'en 1914. Quant à Edison, il ne retire aucun bénéfice de son plan machiavélique, puisque c'est tout de même le courant alternatif de Westinghouse qui s'impose largement. Pourtant, l'inventeur ne lâche pas l'affaire. En 1903, alors que l'alternatif l'a définitivement emporté, il organise encore la "westinghousation" d'un éléphant triplement meurtrier de ses soigneurs ! Voir l'éphéméride du 4 janvier 1903.

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/6-aout-1890-william-kemmler-le-premier-execute-sur-une-chaise-electrique-fait-de-la-resistance-05-08-2012-1493228_494.php

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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Dim 5 Jan 2014 - 14:30

J'en ai frémit en lisant cet article, c'est horrible, je ne sais pas mais à mon humble avis,
toutes les exécutions se valent, pendaison, guillotine, épée à la mode "saoudienne" ou peloton d'exécution, mais on peut leur préférer tout de même l'injection létale, car
il me semble qu'on soit groggy, à l'ultime injection !
en attendant !
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Ven 4 Avr 2014 - 23:47

Dans son numéro du 6 septembre 1890, la revue NATURE, de Gaston Tissandier (1), publiait un article (*) intitulé La première exécution d’un condamné à mort par l’électricité et fournissait des détails  sur l’installation d’après la revue américaine The Electric World.
Un dessin (voir ci-dessous) illustrait cet article, la chaise électrique sur laquelle Kemmeler a été exécuté. Elle avait été conçue pour que le condamné soit positionné les jambes complètement allongées. Elle ne ressemble guère à la photographie de la chaise désignée sur Wikipédia comme celle sur laquelle Kemmler a été exécuté : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chaise_électrique
Nombre d’illustrations et de vidéos sur l’exécution montre également Kemmler dans la position assise classique. Pourtant, celui-ci a bien été exécuté jambes allongées.



(*) Numérisé par le Conservatoire National des Arts et Métiers.
Document d’après les croquis d’un rédacteur de la revue américaine The Electric World, témoin oculaire de cette chaise électrique (revue NATURE —CNAM).
Détails : L’installation comprenait une machine à courants alternatifs Westinghouse et son excitatrice, commandées par des courroies qui recevaient leur mouvement par la transmission intermédiaire d’une machine à vapeur de 45 chevaux.
Cette machine à vapeur était placée au 2ème étage de la prison, à 300m de la chaise électrique.
Les fils de cette dynamo, à courants alternatifs, aboutissaient à un tableau de commande (voir figure ci-dessous) sur lequel était disposés deux voltmètres de Cardew, avec leur résistances additionnelles, et une vingtaine de lampes Edison de 100 volts, et en dérivation sur les bords de la machine, indiquant ainsi, lorsqu’elles étaient amenées à leur éclat normal, qu’il y avait bien une différence efficace entre les deux points où les lampes étaient établies.


A la partie inférieure du tableau, était un ampèremètre Bergman intercalé dans le circuit général, et devant faire connaître ainsi l’intensité du courant qui traversait le corps du condamné, mais qui n’a pas été consulté au moment opportun .
Le tableau de commande comprenait encore deux commutateurs, l’un destiné  à intercaler les lampes témoins en dérivation sur la machine, l’autre appelé le commutateur fatal , destiné a fermer le circuit de la chaise électrique.

La chaise était munie de courroies destinées à lier le patient.
Le courant de la machine arrivait par le sommet du crâne et par l’épine dorsale, à l’aide de deux électrodes en forme de coupelles  renfermant une éponge humide dans laquelle venaient se perdre les extrémités dénudées du câble conducteur (figure 1, A).
C’est sur cet appareil que le malheureux condamné Kemmler vint s’asseoir, manifestant plus de sang-froid que les vingt-trois témoins de son exécution.

On connait tous les détails de l’exécution elle-même : le courant interrompu après une application de dix-sept secondes, la mort apparente suivi de sons étranges  sortant de la potine de l’homme que tous croyaient mort, la remise en marche de la machine, le trouble et l’effroi des assistants, etc.
La question de savoir à quel instant précis, à partir de la fermeture du circuit, Kemmler était effectivement ou suffisamment insensible pour être considéré comme tel, restera toujours un secret.

* Voici l’opinion de M. Charles R. Barnes qui avait la charge de la dynamo ayant servi à l’exécution :

L’exécution de Kemmler est un échec avéré, mais elle aurait pu être faite avec succès si des précautions convenables avaient été prises. Tout d’abord, les dynamos étaient placées sur le sol, sans précautions spéciales pour les fixer solidement. A vitesse normale, la dynamo à courants alternatifs vibrait fortement et éprouvait des déplacements de 12 à 25 millimètres.
L’arbre de transmission intermédiaire était monté sur un bâti en bois simplement posé sur le sol, sans aucun point d’attache pour permettre aux poulies de tourner bien rond.
Les courroies étaient neuves, et n’étaient pas en service depuis un temps assez  long pour avoir reçu tour leur allongement, de sorte qu’au moment où le courant a été envoyé pour la première fois, en introduisant ainsi dans le circuit la résistance du fauteuil d’exécution et celle du corps de Kemmler, la courroie fut sur le point de sauter la polie.

* Thomas Edison, interrogé, a répondu :

En 1887, j’écrivis que je m’associais de tout cœur à un mouvement abolissant la peine capitale. Si cependant, ajoutais-je, cette peine ne devait pas être abolie, nous devrions adopter la méthode la plus expéditive et la moins douloureuse, et je signalais alors une dynamo à courants alternatifs comme emplissant le mieux les conditions exigées.

Je partage encore cette avis. Dans l’exécution de Kemmler, si l’on en croit les journaux, la faute retombe sur les médecins. Ils ont procédé d’après les indications de la théorie, et , sachant que la base du crâne est le centre nerveux du système humain, ils ont cherché à l’atteindre le plus directement possible. Ils avaient raison en théorie mais l’expérience leur a donné tort. Dans aucun des trente morts parfaitement instantanée produite par le courant électrique à New-York et aux environs, le courant n’a été appliqué à la tête. Dans chacun d’eux, au contraire, le courant arrivait par les mains.

Dans aucun cas suivi de mort, il n’est passé dans le corps de la victime un courant d’intensité égale à la moitié de celle qui, dit-on, a traversé le corps de Kemmler.
L’électricité traverse les liquides, et plus spécialement les liquides salés du corps humain, avec plus de facilité qu’il ne traverse les os.
Les mains bien propres et imprégnées de soude caustique forment un excellent conducteur électrique, à cause de la quantité de chair dont ils sont remplis, tandis que les os sont des conducteurs médiocres. En établissant les contacts sur la partie la plus épaisse de la boîte crânienne, et sur l’épine dorsale, les médecins ont couru volontairement à un échec.          

Ils ne pouvaient choisir des parties plus défavorables, car les cheveux sont aussi de mauvais conducteurs et offrent une résistance considérable au passage du courant. La peau de Kemmler a été brûlée, ce qui indique que son corps a reçu une partie relativement faible de la charge. S’il avait reçu les 1300 volts pendant le temps indiqué, il aurait été carbonisé ou momifié…

En ce qui concerne les mouvements respiratoires qui se sont produits après l’arrêt du courant, j’estime que la mort était bien acquise à ce moment-là. On sait que des mouvements musculaires analogues se produisent après la pendaison. Kemmler a probablement été tué sur le coup, à moins que de graves erreurs n’aient été produites. Sans aucun doute, tous les témoins de cette scène étaient fortement surexcités, et je l’aurais été tout autant à leur place.
J’estime que le premier homme qui prendra place dans l’avenir sur la chaise fatale, mourra instantanément.

_____________________________________

(1) Gaston Tissandier. Chimiste,  physicien, vulgarisateur scientifique de qualité, et aéronaute de réputation internationale. Le 15 avril 1875, il participa à un drame en effectuant une ascension aérienne à but scientifique (ballon Le Zenith) en compagnie de Joseph Croce-Spinelli et Théodore Sivel.
Ces deux derniers moururent asphyxiés lors de l’ascension, l’aérostat ayant atteint, ou dépassé, l’altitude de 8000m. Gaston Tissandier retrouva ses esprits dans la descente et échappa de peu à la mort.
En mémoire, leur nom a été attribué à trois rues de Paris (rue Sivel, rue Croce-Spinelli, quartier du Petit-Montrouge, Paris XIVème — rue Gaston Tissandier, quartier de la Chapelle, Paris XVIIIème).
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Sam 5 Avr 2014 - 19:28

Articles de la revue L’Electrothérapie. Journal d’électricité médicale, sur les débuts des exécutions électriques aux USA.
(source : gallica.bnf.fr)
________________________________
Septembre 1890.

EXÉCUTION ÉLECTRIQUE DES CONDAMNÉS A MORT


C'est à Auburn, état de New-York, qu'a eu lieu la première exécution électrique. C'est un nommé Kemmler qui a servi à la première expérience. Tous les journaux médicaux ou politiques du monde entier en ont publié le résultat. La première application a duré 18 secondes.
Deux minutes plus tard huit à dix médecins examinaient le corps du moribond, lorsque tout à coup il se mit à respirer, Le courant fut fermé une deuxième fois, mais ce ne fut qu'après une troisième application que la respiration s'arrêta complètement, et qu'il devint impossible de percevoir aucun bruit cardiaque.

Le sommet de la tête où s'appliquait l'électrode positive était corrodé ainsi que la région occupée par l'électrode négative. La destruction organique causée par le courant était, paraît-il, considérable, ce qui n'a rien de surprenant si l'on songe à sa violence, et surtout à la longueur des applications. En somme, ce qui ressort le plus clairement de cette tentative, c'est que la sidération n'a pas eu lieu, la vie a persisté après le premier choc, et même après le second. Tous les calculs se sont donc trouvés déjoués, et c'est un échec indiscutable, bien que l'on puisse affirmer que! dès le premier choc il y a eu selon toutes les probabilités anéantissement de toutes les sensations. A qui ou à quoi doit-on faire remonter l'origine de ce résultat ?

Les expériences préliminaires sur les animaux ont elles été mal faites, ont elles fait illusion ou bien l'opération a-t-elle été mal conduite ? ou bien encore une main criminelle a-t-elle détraqué la machine foudroyante ?
D'aucuns n'ont pas craint d'affirmer que cette dernière supposition est la plus vraisemblable et pour en comprendre la possibilité, il faut se rappeler que la longue attente à laquelle s'est trouvé condamné Kemmler, avant son exécution n'a été due qu'à la rivalité de deux compagnies qui s'opposent leur système d'éclairage dont l'un créerait des dangers mortels alors que l'autre serait inoffensif ?

Il est bien facile assurément de fausser les appareils électriques ; mais outre que rien de semblable n'a été constaté après l’exécution, c'est une supposition qui reste debout bien difficilement. Le courant a passé, c'est indéniable, il a même d'emblée produit des effets violents, il faut donc admettre qu'il ne lui manquait que l'énergie voulue, et par suite que c'est le générateur qui a mal fonctionné, mais il faudrait admettre aussi qu'on avait omis de se rendre compte du point capital, c'est-à-dire de la force du courant, et qu'alors que toutes les précautions étaient savamment prises dans les expériences, on les avait subitement négligées lorsqu'il fallait surtout y songer.

C'est certainement possible, car il est peu supposable qu'une main de maître ait réclamé le privilège de. s'occuper de la réglementation de l'exécution, mais ce qui parait le plus probable c'est qu'on a faussement appliqué à l’homme le résultat d'expériences faites sur les animaux, sans se préoccuper des différences énormes de résistance qui peuvent se présenter, ou que peut créer l'application électrique elle-même. C'est dans cette particularité, je crois, qu'il faut rechercher l'origine de l'échec américain.

En tout cas, il semblé montrer que l'électricité, lorsqu'il s'agit de détruire, aussi bien que lorsqu'il s'agit de guérir, est une véritable boîte à surprises et qu'elle exige une attention et une méfiance dé tous les instants.
Doit-on regretter cet échec qui aura sans doute pour résultat de lancer les philanthropes funèbres à la recherche d'un nouveau procédé instantané de destruction ? Ce n'est pas nous, en tout cas, qui regretterons que l’électricité soit reconnue indigne de remplacer là pendaison ou le couperet qui fauche froidement la tête des condamnés. Mais si l'on a des doutes sur l'anéantissement vital absolu des condamnés à mort, pourquoi ne pas les placer sous un  marteau piIon analogue au grand marteau du Creuzot. Sans être médecin on pourrait garantir la mort radicale dans moins de 1/10ème de seconde.
Pas facile à transporter, dira-t-on le marteau-pilon. C'est vrai, mais il n'en est pas de même des condamnés à mort.

L. D
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Sam 5 Avr 2014 - 19:52

Mars 1892.

ELECTROCUTION EN AMERIQUE
.

James Slocum, Smiler, Wood et Jugigo, les quatre assassins * condamnés à mort aux Etats-Unis, ont été exécutés dernièrement par l'électricité dans la prison de Sin-Sin, près de New-York. Les fonctionnaires de la prison, des experts scientifiques et des témoins spécialement appelés étaient seuls présents.

Slocum a affronté la mort avec calme. Le fonctionnement de l'appareil étant bien réglé, Slocum a expiré instantanément, sans souffrance apparente. Le japonais Jugiro a été exécuté le dernier. On craignait qu'il n'essayât de résister, ce qui est arrivé en effet. Le malheureux s'est débattu, essayant d'échapper à son sort ; mais il a été rapidement maîtrisé.
Tous sont morts au premier contact du courant électrique.

Depuis les pénibles incidents qui ont accompagné l'exécution de Kemmler, les ennemis du nouveau supplice étaient parvenus à retarder le moment d'une nouvelle électrocution. Cependant, la Cour suprême des Etats-Unis ayant repoussé toutes les requêtes, les autorités de New-York avaient décidé que le supplice aurait lieu dans la prison de Sin-Sin.
Les mesures les plus sévères avaient été prises pour empêcher l'envahissement de la prison, et la divulgation des mystères de la sinistre expérience dont elle allait être le théâtre.

Les personnes qui ont le droit d'accompagner les condamnés et les jurés chargés d'assister à l'exécution devaient prêter serment de ne révéler aucun des détails de ce drame terrible. Cette formalité, très sérieuse en Amérique, permettra de les poursuivre comme parjures s'ils racontent quelque chose. En outre, il n'a été permis à aucun des témoins de cette exécution de sortir de la prison jusqu'à ce que l'autopsie ait été faite.

_____________________________
* Ces 4 exécutions se sont succedé le même jour, le 7 juillet 1891.
Les condamnés étaient sans lien entre eux.

— Smiler Harris Alonzo, 32 ans. Officier de l’armée du salut. Meurtre sur sa maîtresse.
— Slocum James, 22 ans. Joueur de baseball. Meurtre sur sa femme.
— Wood Joseph, 21 ans. Meurtre sur un compagnon de travail.
— Jugigo (parfois Jugiro) Schihiok (parfois Subihick), 35 ans. Marin. Meurtre sur un marin.
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Sam 5 Avr 2014 - 20:29

Juin 1892

L’ELECTROCUTION A NEW-YORK


Nous pouvons enfin apprécier l'importance des modifications de détail apportées dans les électrocutions. On peut les partager en deux, celles qui sont destinées à faciliter la manœuvre des appareils, et celles dont le but est de mieux assurer le contact des électrodes avec le corps du patient. Les dynamos ont été placées dans une construction spéciale en planches, élevée dans une des cours de la prison de Sin-Sin.
                                                                                                 
La salle des machines se trouve dans le voisinage immédiat de la chambre de mort, où se trouvent, comme à Auburn, les instruments de mesure. Le cabinet dans lequel se tient le forçat chargé de lancer le courant avec un levier est séparé par une simple cloison de la chambre de mort.
Le fauteuil a été également modifié. Ce n'est plus une chaise longue comme précédemment ; c'est un véritable fauteuil, et les jambes du patient portent à terre, ce qui permet d'y attacher une électrode. L'autre électrode ne porte plus sur l'occiput, mais elle est attachée solidement au front.
On ne doit pas omettre de faire remarquer que la guillotine elle-même a été modifiée à plusieurs reprises avant de recevoir sa forme actuelle, qui ne date que de quelques années. Les tâtonnements de l'électricité n'auront point duré aussi longtemps.

On a pris l'habitude de faire, revêtir aux condamnés des vêtements de deuil.
Pendant toute la durée de l'exécution, un drapeau est hissé sur la prison, afin de prévenir le public amassé au dehors de ce qui se passe dans l'intérieur. Le drapeau n'est descendu que quand le corps du supplicié est porté dans la salle d'autopsie. Lorsqu'il y a plusieurs condamnés, un drapeau d'une couleur spéciale est arboré pour chacun d'eux. S'il n'y en a qu'un, c'est la couleur noire qui est adoptée.  
                                                                              
Les quatre exécutions du 5 juillet (7 juillet 1891) ont duré une heure vingt minutes, y compris le temps, d'amener successivement chaque patient et de former la procession qui le conduit de son cachot à la chambre de mort.

Les journaux de Londres ne donnent dans leurs numéros du 24 juillet, aucun détail sur les exécutions,de New-York. Cependant, s'il faut en croire Le Temps dans son numéro du 23, un revirement s'est produit dans l'opinion publique.
On annonce en ville que plusieurs membres de la chambre des communes ont l'intention de faire une motion pour demander l'abolition de la potence et l'établissement du système américain.

Le New-York Herald a employé un moyen énergique pour savoir la vérité à propos de la quadruplé électrocution qui a eu lieu à New-York le 7 juillet. Il a fait réclamer un des cadavres par la famille et en a fait l'acquisition à fin d'autopsie.
Le corps a été remis entre les mains de trois des principaux médecins de New-York.

Ceux-ci ont unanimement déclaré que les brûlures faites aux endroits en contact, avec les électrodes étaient insignifiantes. Aucun organe n'avait été altéré d'une façon appréciable. Tout porte à croire que le sujet a passé de vie à trépas avec une rapidité idéale, et sans aucune douleur quelconque. La vie s'est éteinte comme la flamme d'un bec de gaz dont on tourne le robinet, ou celle d'une chandelle sur laquelle on souffle.
                                                                                                                                     
La conversion du Herald est d'autant plus importante que ce journal s'était mis à- la tête de l'opposition au nouveau supplice électrique. Les récits fantaisistes, que l'édition de Paris avait reçus lors de l'exécution de Kemmler avaient été répercutés aveuglément. Plusieurs de nos confrères se sont laissé entraîner dans ce mouvement.

De toute cette émotion il ne reste plus rien qu'une réforme qui s'impose.
Il  est bon de rappeler que l'opposition faite aux électrocutions se composait de deux éléments distincts : certains électriciens fabricants de dynamos alternatives et les abolitionnistes. Sachant bien qu'on ne reviendrait plus au régime de la potence, ceux-ci espéraient, en rendant les exécutions électriques impossibles, obtenir gain de cause.
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Sam 30 Aoû 2014 - 16:11

Tension nominale de la Chaise électrique: Trois mille Volts avec 9-12 Ampères.
Vraiment est l'intensité du courant électrique, pas la tension, ce qui tue la personne.



Fils, avez vous une dernière demande ?
Oui, je veux entendre la Machine Total !
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MessageSujet: Re: La Chaise électrique   Sam 30 Aoû 2014 - 21:03

Excellent !

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