La Veuve

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 Les chauffeurs d'Orgères - 1800

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MessageSujet: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Jeu 8 Jan 2009 - 14:28



Gravure, collection m.

Par Archange 2011-12-26


Exécution, le 04-10-1800, sur la place des Espars, à Chartres, de 23 membres de la bande dite des « Chauffeurs d'Orgères » qui sema la terreur à la fin du XVIIIème siècle.
Certaines sources indiquent cependant que seuls 21 condamnés ont été guillotinés, deux étant décédés entre-temps mais sans préciser leur nom !

Cette bande fut arrêtée et déférée devant le juge de paix d'Orgères-en-Beauce, le Armand-François Fougeron, cité plus haut, ancien conseiller de Louis XVI, qui habitait le château de Villeprévost. mais fait étrange, le magistrat conduisit l'instruction du dossier...chez lui avec 152 personnes enfermées dans les caves de son château. Or les interrogatoires permirent d'établir que pratiquement tous les conjurés possédaient un trésor de guerre, caché dans les bois ou les champs des alentours. C'est à ce moment là que commença à courir partout (et jusqu'à aujourd'hui) le bruit que le juge Fougeron avait réussi à tirer de certains des membres de la bande un secret de l'emplacement exact où était enfoui leur fabuleux trésor collectif, une sorte de coffre-fort souterrain dans lequel finissait la majeure partie du butin et des objets dérobés chez les fermiers.

On ne sait ce qu'Il advint de « Beau François », le chef de la bande, évadé après son arrestation. Wikipédia mentionne, sans preuves, qu'il a été exécuté dans les Deux-Sèvres, le 22-11-1800.
Une source d'un lecteur de l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux indique qu'il se serait engagé dans l'armée prussienne, ce qui semble invraisemblable pour un bandit-rebelle tel que ce Beau François.








Masques mortuaires des Chauffeurs d'Orgères.
Musée des Beaux-arts de Chartres.

Par Archange 2011-12-26





La place des Épars, à Chartres autrefois

Par Archange 2011-12-26





La place des Épars, à Chartres aujourd'hui

Par Archange 2011-12-26







Le château de Villeprévost

Par Archange 2011-12-26





Une carte reprenant différentes étapes de cette affaire

Par Archange 2011-12-26




[/size][/center]

Par mercattore 2012-07-07



Dernière édition par mercattore le Mer 9 Déc 2009 - 13:57, édité 2 fois
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Jeu 8 Jan 2009 - 15:50

Au vu de la gravure. ça avait l'air de rigoler très dur sur la plateforme - avec évacuation des corps directement par terre sur les pavés ... Wink

En plus pas mal d'éclaboussures de sang sur le co^té du panier de te^te...

L'artiste s'est particulièrement distingué dans les détails.
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 9 Jan 2009 - 15:22

Le Beau François a, une fois de plus, réussi à s'échapper au cours de l'instruction. Il sera arrêté le 1er frimaire de l'an IX dans les Deux-Sèvres et fusillé sur place avec une bande de dix brigands, détrousseurs de diligences. source wikipedia
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konvoi
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MessageSujet: Les chauffeurs de la bande d'Orgères   Ven 9 Jan 2009 - 23:53

Voici un fichier sur l'affaire des chauffeurs de la bande d'Orgères en format PDF de 32 MO à télécharger sur le lien suivant:

http://rapidshare.com/files/181547877/Les_chauffeurs_de_la_bande_d_Org_res.pdf.html
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 9 Jan 2009 - 23:59

tito a écrit:
Le Beau François a, une fois de plus, réussi à s'échapper au cours de l'instruction. Il sera arrêté le 1er frimaire de l'an IX dans les Deux-Sèvres et fusillé sur place avec une bande de dix brigands, détrousseurs de diligences. source wikipedia

Quelles sont les sources ?
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 0:04

konvoi a écrit:
Voici un fichier sur l'affaire des chauffeurs de la bande d'Orgères en format PDF de 32 MO à télécharger sur le lien suivant:

http://rapidshare.com/files/181547877/Les_chauffeurs_de_la_bande_d_Org_res.pdf.html

Bonsoir Konvoi,

Par ce lien, je n'ai pu accéder au serveur ?
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konvoi
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 0:08

ouvrage " Causes célèbre de tous les peuples"

http://gallica.bnf.fr/
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 9:50

mercattore a écrit:
tito a écrit:
Le Beau François a, une fois de plus, réussi à s'échapper au cours de l'instruction. Il sera arrêté le 1er frimaire de l'an IX dans les Deux-Sèvres et fusillé sur place avec une bande de dix brigands, détrousseurs de diligences. source wikipedia

Quelles sont les sources ?
wikipédia donne ceci comme source concernant l'éxécution de beau françois:

P. Leclair, Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères (1799), rééd. La Bibliothèque, coll. « Les Bandits de la Bibliothèque », Paris, 2006.

j'ai trouvé sur amazon:Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères par P Leclair, Andrea de Lauris, et Bertrand Galimard Flavigny (Broché - 20 septembre 2006)
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konvoi
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 12:06

je confirme, le lien rapidshare est ok

Smile
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 16:15

tito a écrit:
mercattore a écrit:
tito a écrit:
Le Beau François a, une fois de plus, réussi à s'échapper au cours de l'instruction. Il sera arrêté le 1er frimaire de l'an IX dans les Deux-Sèvres et fusillé sur place avec une bande de dix brigands, détrousseurs de diligences. source wikipedia

Quelles sont les sources ?
wikipédia donne ceci comme source concernant l'éxécution de beau françois:

P. Leclair, Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères (1799), rééd. La Bibliothèque, coll. « Les Bandits de la Bibliothèque », Paris, 2006.

j'ai trouvé sur amazon:Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères par P Leclair, Andrea de Lauris, et Bertrand Galimard Flavigny (Broché - 20 septembre 2006)

hum ! P. Le bouquin de P. Leclair parait en 1799 (an VIII).
Beau-François est exécuté, selon Wikipédia, en l'an IX (1800).
Trouvez-vous cela sérieux ?


Dernière édition par mercattore le Sam 10 Jan 2009 - 16:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 23:15

mercattore a écrit:
tito a écrit:
mercattore a écrit:
tito a écrit:
Le Beau François a, une fois de plus, réussi à s'échapper au cours de l'instruction. Il sera arrêté le 1er frimaire de l'an IX dans les Deux-Sèvres et fusillé sur place avec une bande de dix brigands, détrousseurs de diligences. source wikipedia

Quelles sont les sources ?
wikipédia donne ceci comme source concernant l'éxécution de beau françois:

P. Leclair, Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères (1799), rééd. La Bibliothèque, coll. « Les Bandits de la Bibliothèque », Paris, 2006.

j'ai trouvé sur amazon:Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d'Orgères par P Leclair, Andrea de Lauris, et Bertrand Galimard Flavigny (Broché - 20 septembre 2006)

hum ! P. Le bouquin de P. Leclair parait en 1799 (an VIII).
Beau-François est exécuté, selon Wikipédia, en l'an IX (1800).
Trouvez-vous cela sérieux ?
l'auteur de l'article sur wikipédia s'est il uniquement contenté de la lecture de ce livre comme source? ou bien s'est il aussi inspiré d'autre?mystère?? je crois avoir lu quand a moi que beau françois etait décédé de mort naturelle et bien plus tard!
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 23:26

Jugés à Chartres, 23 des bandits furent condamnés à mort le 26 floréal an VIII et exécutés quelques mois après. P. Leclair, un collaborateur à l’instruction du procès, écrit ce document très précis et le fait paraître avant les délibérations (en 1800). Y est décrite son organisation, analysé ses assassinats les plus frappants, montré les complicités.

trouvé ceci sur un autre sitela date de sortie du livre n'est plus 1799 mais 1800

execution des chauffeurs 4 octobre et le livre est parut avant donc il semble pas qu'il est servit de source a l'auteur de l'article.
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 10 Jan 2009 - 23:48

Justement, Leclair a écrit avant les délibérations et si après celles-ci deux condamnés sont morts, mention n'a pu en être faite dans son livre. Il est donc possible que 21 condamnés seulement aient été exécutés (Comme certains chercheurs le précisent, mais sans sources).
Si le musée de Chartres possède 23 masques mortuaires; alors OK.

Pour Beau-François, en réalité, personne n'a l'air de savoir comment s'est terminée sa vie et de nombreuses versions circulent.
Même le très sérieux «Intermédiaire des chercheurs et des curieux », cherchait, cent ans après Orgères, les circonstances de sa mort.

Sur wikipédia, il y a des articles fiables mais aussi pas mal d'articles comportant des erreurs.
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Dim 11 Jan 2009 - 9:56

si beau françois est vraiment mort le 22 novembre 1800 dans les deux sèvres la verification est possible:les archives departementales sont en ligne.
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Dim 11 Jan 2009 - 14:38

tito a écrit:
si beau françois est vraiment mort le 22 novembre 1800 dans les deux sèvres la verification est possible:les archives departementales sont en ligne.

Je n'ai pas envie de perdre x temps à chercher, dans cette période si troublée de la France, ce renseignement qui n'y figure probablement pas.
En plus, son patronyme est ignoré.
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Ichtos
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MessageSujet: Quadruple éxécution à Hazerouck   Sam 7 Fév 2009 - 11:57

Les chefs de la sinistre bande d'Hazebrouck qui, durant plusieurs années, sema l'effroi dans la région du Nord, ont expié leurs nombreux crimes. A sept heures trente-deux, la tête d'Abel Pollet, le chef de la redoutable association, tombait sous le couperet qui avait déjà abat tu celles de ses trois complices, tandis qu'au loin, de la foule surexcitée et difficilement contenue par la troupe, s'élevaient des chants et des cris de mort.

Il est trois heures du matin. Nous sortons pour aller assister au montage de la lugubre machine. Il fait nuit, une nuit noire, que percent de loin en loin les lueurs rougeâtres des réverbères. Il pleut : l'averse froide cingle nos visages.

Deux traînées de lumière perdues dans la brume : c'est la rue d'Aire. Quelques instants plus tard nous arrivons devant la prison. Des formes noires sont là : silhouettes imprécises de mineurs et de paysans, venus de très loin, de tous les points du bassin houiller pour assister à ce spectacle sans précédent : une quadruple exécution capitale.

(...)

A six heures un quart exactement M. Deransart, procureur de la République, pénètre dans la cellule d'Abel PolleL Le condamné était éveillé. Au bruit de la porte tournant sur ses gonds, il se dresse brusquement sur son lit, pâle, défait, haletant. Il a compris. Abel Pollet, dit le magistrat, M. le Président de la République a rejeté votre recours en grâce. L'heure de l'expiation est venue. Il faut avoir du courage. Abel Pollet qui, déjà, a repris son sang-froid, répond d'une voix ferme : C'est bien, j'en aurai ; vous pouvez compter sur moi. D'ailleurs, je m'y attendais. Le condamné n'avait cependant rien entendu du brouhaha de la rue, des rumeurs et des cris de la foule. Aucune clameur n'était parvenue jusqu'à lui. Il se leva et, d'une voix très basse, demanda : Alors, c'est pour aujourd'hui.

(...)

On perçoit un cliquetis d'acier. La porte de la prison tourne sur ses gonds. Toutes les tètes se découvrent et l'homme apparaît, livide, tiré et poussé par les deux aides du bourreau. Le voici à côté de la guillotine, qu'il n'a pas encore aperçue. Violemment, les aides lui font faire un brusque « à gauche » et le couchent sur la bascule. Le bourreau lève la main vers le déclic, un bruit sourd, un choc mou, une poussée de gens : la tète est tombée ; le corps a roulé dans le panier que vivement on referme. Et justice est faite.

La suite du compte rendu complet de l'éxécution, vu par les journalistes du Petit Parisien ici:

http://cpascans.canalblog.com/archives/2009/01/12/index.html
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fouche
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 7 Fév 2009 - 12:21

bienvenue sur le forum, Ichtos, et merci pour cet article très complet sur cette quadruple exécution, survenue après deux années d'abolition de fait.

Cet évènement mérite bien un sujet à lui tout seul.
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 7 Fév 2009 - 12:42

Bonjour, Ichtos !
La quadruple exécution de " La Bande à Pollet ", connue aussi sous le nom de " Chauffeurs d' Hazebrouck " ou " Chauffeurs du Nord " , a eu lieu à Béthune, et non pas à Hazebrouck.
Par contre, la photo qui figure dans le document accessible via le lien que vous avez indiqué représente un des épisodes de l'exécution des " Chauffeurs de la Drôme ", triplé d'Anatole quelque mois après l' affaire de Béthune...Je ne suis pas sûr qu'il existe des photos de la fin de l'équipe Pollet...
Amitiés et bonne journée.
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piotr
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Sam 7 Fév 2009 - 13:07

http://www.hazebrouck-autrefois.com/index.php?pid=2&aid=38&limite=0

http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=9403E4DA1439E733A25754C1A9679C946897D6CF

http://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=940DE7DE1031E733A25751C1A9679C946897D6CF
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Javier
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 18 Juin 2010 - 11:53

Journal de L'Empire an 9 de la République

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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 18 Juin 2010 - 13:43

Javier, votre article confirme que c'est donc 21 condamnés qui ont été exécutés et non 23 comme certaines sources le mentionnent.
Comme indiqué dans un post précédent, il y aurait bien eu 2 condamnés décédés entretemps, donc non exécutés.
L'article mentionne que la plupart des condamnés ont montré beaucoup de gaité et d'insensibilité avant de mourir ! Pas très crédible, tout cela.
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hdesmorest
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 18 Juin 2010 - 15:15

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/ext/http://www.canalacademie.com/ida1314-les-chauffeurs-d-Orgeres.html

ou

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/ext/http://www.canalacademie.com/emissions/pag238.mp3
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MessageSujet: Re: Les chauffeurs d'Orgères - 1800   Ven 18 Juin 2010 - 15:43

Le deuxième lien confirme bien ces points :

— 21 exécutés (2 se seraient suicidée avant l'exécution, d'après ce lien).

— Beau-François n'a jamais été retrouvé.
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Gaëtane
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MessageSujet: Les Chauffeurs   Ven 14 Oct 2011 - 10:22



Les Chauffeurs


Article d’Ernest LAUT Le Petit Journal du 15 novembre 1908


Les chauffeurs dont il s'agit ici sont ces brigands qui, sous le Directoire, terrorisèrent la province, et dont la spécialité était de « chauffer » leurs victimes pour les forcer à dévoiler les cachettes où était enfermé leur argent.
Ils pénétraient par escalade dans les maisons isolées et habitées de préférence par des vieillards, s'emparaient des malheureux, les ligotaient et leur brûlaient les pieds à petit feu pour les amener à donner leur argent. Après quoi, ils assommaient leurs victimes et incendiaient le logis pour faire disparaître toute trace de leur crime.

Albert Vandal, l'un des historiens qui ont le mieux étudié cette époque tourmentée, écrit ces lignes :

« Ces bandes comprennent tout ce qui vit hors la loi. D'abord, le déchet de l'ancien régime, fraudeurs, maraudeurs, faux-sauniers, puis des réfractaires de tout genre à la Révolution, réfractaires à l'impôt du sang, réquisitionaires et conscrits fugitifs, soldats déserteurs, survivants des révoltes fédéralistes et des insurrections vendéennes, émigrés rentrés et jetés au crime par l'exaspération ou la misère, aventuriers attirés de l'étranger par la terre de désordre. Enfin, les criminels de métier, galériens en rupture de chaîne, voleurs échappés des prisons, gens en guerre de tout temps avec les lois, s'attaquant aujourd'hui à la Révolution, parce qu'elle figure la légalité établie et s'acharnant à la détruire en détail.

Selon les régions, les bandes sont plus ou moins nombreuses, varient leurs procédés, opèrent à pied ou à cheval, parfois, quatre ou cinq hommes seulement, vivant d'ordinaire au milieu de la population paisible et paraissant exercer un métier, mais s'associant de temps à autre pour le coup à tenter.

Ailleurs, de véritables troupes armées de bons fusils, de munitions et tenant continuellement la campagne, des bandes vagabondes, d'autres gîtées en quelque endroit de difficile accès et s'y faisant un permanent abri. Dans les Alpes, on voit des villages entiers peuplés de brigands, sans aucun contact avec l'administration publique et la loi.

Aux environs d'Orgères, en Eure-et-Loir, on découvre une véritable tribu de brigands parfaitement organisée, avec chefs, sous-chefs, gardes-magasins, espions, courriers, barbier, chirurgien, couturières, cuisiniers, précepteur pour les enfants et curé... »

Cette fameuse bande d'Orgères est, de toutes les bandes de « chauffeurs » qui désolèrent alors la France, celle dont le souvenir est resté le plus longtemps dans la mémoire populaire.
Il y avait, dans la bande d'Orgères, au moins cent cinquante brigands en activité, sans compter les francs, c'est-à-dire les indicateurs et les receleurs affiliés, et sans compter les femmes, presque aussi nombreuses que les hommes.
Ces gredins tenaient toute la plaine de Beauce, la plaine du Gâtinais, La plaine de Gomert, la plaine du Berry, ainsi que la petite plaine de Sologne ; la plaine du Perche et la plaine de Picardie.

Sur une immense étendue de pays régnait l'épouvante.

Dans l'intervalle des grandes expéditions, les brigands, par petits groupes, battaient l'estrade, couchant dans les granges des fermes où l'on n'osait pas les repousser, volant et maraudant à droite et à gauche, en attendant que l'ordre du chef les réunît pour quelque profitable aventure.
Le lieu de rassemblement était presque toujours en pleine forêt, dans quelque clairière peu accessible, où la troupe recevait les instructions du maître. Les dispositions prises, on se dirigeait vers la ferme dont le chef avait décidé le pillage.
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Gaëtane
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MessageSujet: La bande d'Orgères   Ven 14 Oct 2011 - 10:32



Comment opéraient les bandits d'Orgères ?...Dans le compte rendu de leur procès, qui fut jugé à Chartres en l'an VIII, voici le récit de l'attaque de la ferme du Millouard, l'un de leurs plus retentissants exploits.

Sous les ordres du Beau-François, leur chef, les brigands sortirent, à neuf heures du soir, du bois de Goury et gagnèrent la ferme. Quelques jours auparavant, l'un d'eux, grimpé sur un arbre, avait vu le fermier, le père Fousset, compter de l'argent qu'un notaire lui apportait de la ville. Il s'agissait de s'emparer du magot.

Des sentinelles ayant été placées à toutes les issues de la ferme pour empêcher toute évasion, six hommes de la troupe s'emparèrent d'un rouleau à avoine qui gisait dans un champ voisin, et, le balançant sur des mouchoirs, s'en servirent comme d'un bélier pour enfoncer la porte charretière. La porte céda et les bandits se répandirent dans la ferme. Les habitants, à la première alerte, s'étagent enfuis au fond de l'écurie.

Dix hommes s'y précipitèrent derrière eux et les forcèrent à sortir des tas de paille où ils s'étaient cachés, en les piquant avec la pointe de leurs sabres et de leurs coutelas. Quant on les eut ligotés, on songea à « faire jaser » le fermier.
Le père Fousset, plus mort que vif, fut amené de l'écurie dans la salle basse, on lui avait enfoncé son bonnet de coton jusque sur le nez pour qu'il ne pût reconnaître personne. Arrivés dans la salle, on lui lia les jambes et on le coucha par terre. Deux des gredins allumèrent des brandes de paille et les promenèrent sur la figure du bonhomme.

Alors, le Beau-François s'avança.

- Où est ton argent, vieux richard ? Avoue tout de suite, si tu ne veux pas être mis à la broche.

Le pauvre homme, tout meurtri, suffoqué par la fumée et par la flamme, ne répondait pas. L'un des bourreaux lui releva les jambes, tira les bas et retroussa la culotte. Puis ces misérables flambèrent les pieds de leur victime. La douleur arracha des hurlements au vieillard.

- Crie tant que tu voudras, ricana le Beau-François, mais dis où est l'argent !
- Il y a trois cents francs dans l'armoire de la cuisine.

Un homme y courut et rapporta le sac.

- Et le reste ? dit le chef. Tu ne vas pas nous faire accroire que c'est tout ce que tu possèdes. Il y a ici au moins vingt mille francs.

Le martyr fit un geste de dénégation désespérée.

- Et les écus du notaire ? Reprit le Beau-François.

Le vieux se tut.

- Ah ! Tu ne veux pas parler... Eh bien, chauffez, vous autres !...

Et les brigands ravivèrent la flamme. La peau du malheureux vieillard se fendait, une horrible odeur de chair brûlée emplissait la salle. Le père Fousset ne répondait à l'épouvantable question que par des gémissements étouffés.

- Ah ! Tu ne veux pas avouer, vieux scélérat ? s'écria l'un des bourreaux... Attends un peu...

Et, tirant une forte aiguille de sa poche, il se mit à percer la plante des pieds du pauvre vieux qui hurlait de douleur.Un autre tortionnaire promenait la flamme sur les blessures saignantes.

Pendant ce temps, le reste de la bande fouillait la maison, brisait les meubles, sondait les matelas. Mais les bandits ne trouvèrent rien de plus. Force leur fut de se contenter des trois cents francs du bonhomme. Ils s'en allèrent à minuit, après un véritable sac de trois heures, laissant le pauvre fermier râlant, à demi carbonisé sur le carreau de la salle.

Et, parvenus dans la clairière du bois de Goury qui leur servait de lieu de réunion, le Beau-François, ayant fait le partage, résuma d'un mot l'expédition de la ferme du Millouard

- Ce vieux gueux de Fousset, dit-il, nous a volés.

D'autres expéditions de la bande d'Orgères furent plus fructueuses. A la ferme Boutet, la fille du fermier fut chauffée jusqu'à ce que, vaincue par la douleur, elle avouât sept cents francs cachés dans la paillasse.

Mais les brigands eurent aussi, parfois, des désillusions. A la ferme des Grillons, le fermier tué, on s'aperçut que l'argenterie était en étain et que la maison ne contenait pas un assignat. On avait assassiné pour rien.

On assassinait, d'ailleurs, pour supprimer des témoins dangereux. A la ferme Lejeune, à Montgon, bien que les fermiers eussent livré tout leur argent, le Rouge d'Auneau, qui commandait la bande, fit tuer tout le monde, jusqu'aux valets et aux charretiers.
Le farouche gredin avait pris ce parti après le sac du château de Gautray, près d'Orléans, où, ayant trouvé plus de 25 000 francs, il avait commis l'imprudence de laisser la vie au gardien. Celui-ci, quelque temps après, avait reconnu deux des brigands et les avait fait arrêter. Ils furent condamnés à mort et exécutés, et si la justice avait su les faire parler, la bande entière eût été prise.

Mais la justice elle-même tremblait devant les bandits d'Orgères. Néanmoins, le Rouge-d'Auneau, instruit par cette fâcheuse expérience, évita désormais de laisser derrière lui des témoins de ses crimes. Et tout habitant d'une ferme envahie fut impitoyablement massacré.

Pendant plusieurs années, les brigands pillèrent et assassinèrent à peu près librement. L'autorité, trop faible, reculait devant eux. On ne les prit qu'en 1798.

Et c'est un brave sous-officier de gendarmerie, le maréchal des logis Vasseur, qui mena toute l'affaire à lui seul. Ayant réussi à s'emparer d'un des principaux gredins de la bande, il parvint à obtenir de lui des indications précieuses qui lui permirent de capturer d'un coup quatre-vingt-deux bandits dans les bois de Mériville, où ils tenaient leurs assises.

Le procès eut lieu à Chartres. Près de six cents témoins y étaient convoqués. Peu manquèrent à l'appel. C'était presque tous des laboureurs, des vignerons, des fermiers, des garçons et des filles de ferme, des aubergistes.
Ils osaient parler enfin. La terreur que les « chauffeurs » avaient si longtemps répandue sur le pays ne leur liait plus la langue. Et ce fut, pendant tout le temps que dura le procès, un récit ininterrompu d'épouvantables atrocités.
Vingt-trois bandits, dont trois femmes, furent condamnés à mort et exécutés à Chartres, le 12 Vendémiaire an IX. Les autres furent envoyés au bagne.

Enfin, le pays respirait.

A la faiblesse du Directoire succédait l'énergie du gouvernement consulaire. Quelques débris de la bande d'Orgères s'étaient reconstitués dans la banlieue de Paris, au Petit-Bicêtre, sous les ordres d'un scélérat nommé Ménissier. On les prit d'un seul coup de filet, et Ménissier, avec deux de ses principaux complices, fut guillotiné.

Dans le Lyonnais, dans l'Ardèche, dans les Cévennes, des bandes couraient la campagne, chauffaient les fermiers, attaquaient les diligences. La gendarmerie envoyée contre elles ne tarda pas à s'emparer de leurs chefs qui furent exécutés à Bourg.

Dans le Cantal, des villages entiers se soulevèrent contre les bandits, et, magistrats communaux en tête, allèrent les prendre et les fusiller jusque dans leurs repaires, au milieu des montagnes.

Dans le Nord, Moneuse, le fameux chef de chauffeurs qui avait terrorisé tout le Hainaut pendant plus de trois ans, fut pris enfin et guillotiné en 1798.

Le « meg » des brigands d'Orgères, le terrible Beau-Français, après la capture de la bande dans la forêt de Mériville, avait réussi à s'échapper. Réfugié dans les Deux-Sèvres, on le retrouva, l'année suivante, au milieu d'une bande de détrousseurs de diligences. Et le gredin fut fusillé sur place.

En moins de deux ans, par l'énergie du gouvernement, par l'activité de la justice et de l'autorité, la France fut débarrassée de toutes les bandes de brigands qui la souillaient et la terrorisaient.





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