La Veuve

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 Emile Delanoë - parricide et infanticide -1933

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Monsieur Bill
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MessageSujet: Emile Delanoë - parricide et infanticide -1933   Jeu 4 Déc 2008 - 19:43

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/PRESS//detective-n-214-du-01-12-1932,6694773.aspx
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Emile Delanoë - parricide et infanticide -1933   Sam 19 Nov 2011 - 15:56

Émile Delanoë - parricide, infanticide



On peut voir son visage sur le site de Bois de justice. Un site à visiter... sans modération ! queen
http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html

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Les faits

Emile Delanoë, 29 ans, sabotier au Grand-Celland. Vivant à quatre dans une minuscule maison d'une seule pièce, ce qui provoque de vives tensions entre Delanoë et son beau-père, Léon Aufray, 68 ans. Le 06 novembre 1932, après une dernière dispute, tue Aufray à coups de bâton. Le 9, avec l'aide de son épouse, pend à un arbre du bois de Ressuveille sa fille Emilienne, 5 ans, témoin gênant de la mort de son grand-père, puis cache le corps dans un fossé. Mme Delanoë est condamnée à perpétuité.
Condamnation : 10 mars 1933 ;
Exécution : 7 juin 1933 à Coutances.
Source : L’excellent site de Nemo - Sylvain Larue sunny
http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

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Les époux Delanoë meurtriers de leur père et de leur fillette ont reçu hier leur châtiment de leurs crimes

Coutances, 10 mars (de notre envoyé spécial). -Triste journée que celle d'hier, après le parricide de Saint-Laurent-de-Cuves et la furie qui arma son bras meurtrier. Que retrouvons-nous au banc des accusés ? Un père, une mère - Ils ne sont plus dignes de ce nom - vont rendre compte d'un double crime monstrueux : le meurtre de leur père et l'assassinat de leur fille, une mignonne enfant de 5 ans et demi.
Une indicible émotion planera sur l'assistance pendant le cours des débats de cette dernière journée d'Assises. La petite tête blonde, dissimulée sous les feuilles, dans les bois de Reffuveille, est là, contrastant étrangement par son calme et sa sérénité avec l'atmosphère combien douloureuse de cette salle d'audience.
Elle semble défier jusque dans la mort la cruauté de ses monstrueux parents. Vouée dès sa naissance au dur apprentissage de la souffrance, faut-il s'étonner qu'elle soit parvenue, après seulement cinq années d'un véritable calvaire, au stoïcisme des sages de l'Antiquité ? Elle souffrait : ce fut sa raison d'être.


Les faits

Rappelons brièvement les faits :
Le 6 novembre 1932, à la suite d'une discussion née d'un prétexte futile, Delanoë, sabotier au Grand-Cellaud, près d'Avranches, tua à coups de bâton son beau-père Léon Anfray âgé de 68 ans. Sa femme, terrorisée, l'aida dans son horrible besogne. Mais il y avait un témoin de cette scène de meurtre : la petite fille des époux Delanoë, une mignonne enfant de 5 ans.
Pour l'empêcher de parler, les monstrueux parents résolurent de la faire disparaître. Et le 8 novembre, sous le prétexte d'une promenade dans les bois, ils l'emmenèrent et la pendirent à un arbre. Après quoi, ayant dépendu le cadavre, ils le laissèrent dans un fourré.
C'est pour ces crimes sans nom que les époux Delanoë sont aujourd'hui devant leurs juges.
De l'Avranchin et du Mortainais, on avait voulu revoir les monstres du Grand-Celland. Un sérieux service d'ordre se chargea d’ailleurs aux différentes issues du Palais, d'un très laborieux filtrage. Lorsque les accusés quittent la prison, des cris ce mort se font entendre. Delanoë s'est fait beau : vêtu d'un complet gris clair, les cheveux soigneusement rangés, il ne bronche pas à son banc. A-t-il juré d'être, jusqu'au bout, d'un cynisme révoltant ? Sa femme porte un vêtement marron ; un petit chapeau retombant largement sur les yeux la dissimule presque aux regards de la foule.


Le verdict

Après une audience qui a vu un long défilé des témoins, un réquisitoire impitoyable de M. le substitut Chauveau et des plaidoiries éloquentes, mais d'avance vouées à l'échec, le verdict suivant a été rendu :
Delanoë a été condamné à la peine de mort et sa triste femme aux travaux forcés à perpétuité.

L’Ouest-Éclair, n° 13 274 du 11 mars 1911

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Le Palais de justice de Coutances

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La guillotine à Coutances – Delanoë, l’assassin du Grand-Celland a expié

Coutances, 17 juin. - (De notre envoyé spécial). - L'exécution d'Émile Delanoë a eu lieu, hier, à l'aube, par une pluie battante, exactement cent jours après sa condamnation à mort.
On attendait depuis longtemps la décision du Président de la République devant lequel l'honorable défenseur, M° Contray, avait plaidé la cause de son client : le verdict du Chef de l'État fut impitoyable parce que ce forfait avait dépassé les limites de l'horreur.

L'heure du châtiment a été seulement différée pour ne pas ternir l'éclat des merveilleuses fêtes du Millénaire et l'on fit bien.


L'arrivée des bois de justice

La guillotine était à peine remisée sur une voie de garage, jeudi, en gare de Coutances, que déjà toute la ville connaissait la nouvelle. Ce fut un soulagement.

Peu après arrivaient M. Deibler père et ses aides qui descendirent incognito à l'Hôtel de la Gare. Vendredi soir, dans cet établissement, à une table voisine, je retrouvai le bourreau un peu vieilli, encore alerte, mais toujours rebelle à l'interview.


Veillée funèbre

22 heures. - Devant la prison largement éclairée, l'animation croit de minute en minute. Gendarmes et gardes mobiles - ils sont environ 150 - venus de 50 kilomètres à la ronde, débouchent par petits paquets. Les agents de police sont là. Le service d'ordre est placé sous la direction de M. le commandant Capdevielle, de Saint-Lô ; M. Marius Stigny, commissaire de police de Coutances l'assiste.
La nuit est chaude, orageuse.

Dans leurs cabinets respectifs veillent le procureur de la République, M. Lesage, le substitut, M Chauveau, et leurs collègues du Parquet.

Une heure du matin. Des barrages de gardes et de gendarmes sont placés à chaque extrémité de la chaussée longeant la prison et maintiennent facilement une quinzaine de rangs de curieux.

Il faut montrer patte blanche pour être admis dans l'intervalle. Les jardins surplombant la rue sont occupés par les gendarmes. En ville, les cafés resteront ouverts toute la nuit.

À la Gare, 2 heures. - M. Deibler et ses aides prennent possession de la guillotine. La lourde machine, hissée sur un fourgon hippomobile démarre lentement. Vingt-cinq minutes plus tard le funèbre véhicule démarre s’arrête devant la porte de la prison au pied de laquelle, à gauche, va s'édifier la sinistre machine. Le montage dure cinquante minutes à peine.


Le réveil du condamné

À 3 h. 50, un petit groupe composé du procureur de la République, de son substitut, de l'aumônier, M. l'abbé Lecoustour, du greffier, franchit le seuil de l'établissement pénitentiaire. Ces messieurs vont réveiller le condamné.
De couloirs en couloirs, ils arrivent enfin jusqu'à la cellule où Delanoë attend, surveillé nuit et jour par deux gardiens de la Maison Centrale de Caen.
L'assassin est réveillé. Malgré l'épaisseur des murailles et l'éloignement de sa chambre d'isolement, les bruits de l'extérieur sont parvenus jusqu'à lui. On lui a bien dit que le lendemain devait se tenir une foire aux bestiaux, mais le condamné n'en a pas été dupe.
« Delanoë, dit le procureur, votre pourvoi est rejeté. Il faut vous préparer à mourir... Du courage !...
- J'en aurai, répond l'assassin très maître de lui. Puisqu'il faut y aller, allons-y mais vite…
« Je vous adresse une dernière prière : demandez la grâce de ma femme. »
Il se lève. Les aides procèdent à sa toilette : son col de chemise est largement échancré.

M. l'abbé Lecoustour intervenant lui demande s'il veut entendre la messe. Delanoë y consent et communie.
À l'extérieur, la pluie tombe en rafales.
Quinze gendarmes encadrent la guillotine dont la silhouette se profile sur la façade toute blanche de la prison.


L'exécution

L'office est terminé. Le condamné avale coup sur coup trois petits verres de rhum et son défenseur lui offre une cigarette qu'il jettera au pied de l'échafaud.

4 h. 20 : La porte de prison s'ouvre à deux battants. Solidement maintenu par les aides du bourreau, Delanoë parait… Comme il est pâle !

Un bref commandement : les gendarmes mettent baïonnette au canon et se placent au port d'armes. Tout le monde se découvre.

Précédé de l'aumônier qui lui fait baiser le crucifix, l'assassin, très crâne, fonce en avant… Brusquement, on lui fait effectuer un « à droite », face à la guillotine. Les aides le poussent sur la planche qui bascule. Le couperet tombe avec un bruit sourd.

Soudain, de la foule, à droite, à gauche, des applaudissements nourris crépitent, ponctués de bravos…

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M° Contray nous a demandé de noter sa véhémente protestation, que nous enregistrons volontiers. Mais l'atrocité de ce crime devait, tôt ou tard, provoquer une réaction populaire. Elle s'est produite cette nuit.

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Le corps d'Émile Delanoë a été inhumé au cimetière de Coutances dans le carré réservé aux suppliciés.

V. Boisseau - L’Ouest-Éclair, n° 13 373 du 18 juin 1933

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La prison de Coutances
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