La Veuve

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 Camille-Emile Maucuer-1934

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Monsieur Bill
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MessageSujet: Camille-Emile Maucuer-1934   Sam 25 Oct 2008 - 21:27

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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Dim 30 Nov 2008 - 16:28

Camille MAUCUER.

À la tête d'une bande de malfaiteurs il commit plusieurs méfaits, mais le 27 janvier 1934 la cour d'assises d'Aix-en-Provence le condamna à la peine de mort, ainsi que Calixte Joulia, l'un de ses complices, pour le meurtre de trois policiers lors d'un braquage d'une agence postale. Les deux autres accusés, Louis Mancini et Pascal Fuscho furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Joulia fut gracié par le Président Albert Lebrun.

* À propos de Maucuer, Anatole Deibler note dans ses carnets d'exécution :
Exécuté à Marseille
Le 30 avril 1934

Lundi, pluie dans la nuit, temps couvert, 4h,05
365-269 ——————————————————
..........................................................................................................................
Comme on se disposait à lui attacher les poignets derrière le dos, il dit :
— Il est inutile de m'attacher, je ne tremble pas !
Il marcha vers le lieu du supplice d'un pas ferme. Dans le couloir de la prison, il cria :
Vive la Russie !




2012-04-09 par Adelayde
Premier jour d'audience. Joulia et Maucuer.
Phot. NYT. transmise par bélinogramme de Marseille à Paris le 22/1/34. GL.100 [Photo NYT Photo. The New York Times. Wide World Photos] [copyright by Photo "Actualit"]





2012-04-09 par Adelayde
Maucuer, en discussion avec son avocat, Maître Torrès, un des ténors du barreau.
[Photo NYT Photo. The New York Times. Wide World Photos] [copyright by Photo "Actualit"]





2012-04-09 par Adelayde
Dernière audience. 27-01-1934 Fuscho - Joulia - Maucuer
France-Presse 27/1/34 PS - [copyright by France Presse]

* Source : Les quatre clichés = Pallas.

Fourgon emportant le corps de Maucuer au cimetière

Zéro pour l'orthographe d'Anatole.


Dernière édition par mercattore le Sam 4 Sep 2010 - 12:41, édité 1 fois
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Monsieur Bill
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MessageSujet: MAUCUER   Lun 1 Déc 2008 - 10:49

Salut Mercattore

Ce mini-dossier est parfait. J'observe que Maucuer a une tête de"bandit intello" . Participait-il d'une mouvance anarchisante ?



Amitiés

Bill
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 12:58

Bonjour, Bill,

Rien à voir avec l'anarchie à ma connaissance.
Bandit très dangereux et probablement amoral à 100°/°.
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Monsieur Bill
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MessageSujet: Monsieur Anatole   Lun 1 Déc 2008 - 17:03

Sur ce cliché, Monsieur Anatole respire la respectabilité. Il ressemble à un vieux professeur de Philosophie ! lol!
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 17:08

Monsieur Bill a écrit:
Il ressemble à un vieux professeur de Philosophie ! lol!

Humm... Il n'a que 42 ans : Wink
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Monsieur Bill
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MessageSujet: anatole   Lun 1 Déc 2008 - 17:13

Cher Mercattore

Né en 1863, Anatole a 71 ans en 1934 d'après mes calculs ! Un senior portant encore beau !
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 18:47

Maucuer a 42 ans, pas Anatole...
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 19:40

Boisdejustice a écrit:
Maucuer a 42 ans, pas Anatole...

Je parlais d'Anatole et pas de Maucuer Laughing
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 19:46

Monsieur Bill a écrit:
Cher Mercattore

Né en 1863, Anatole a 71 ans en 1934 d'après mes calculs ! Un senior portant encore beau !

SOUVENT DISTRAIT, J'AI LU MAUCUER à la place d'Anatole. JE RIGOLE sunny
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 19:46

ANATOLE A PRIS UN COUP DE JEUNE. bounce
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 1 Déc 2008 - 21:38

Cela fait à peu près 42 ans en 1934 qu'Anatole est exécuteur ...
En fait 49 pour e^tre précis.
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MARC
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Sam 18 Juil 2009 - 10:53

bonjour je me suis interesse a cette affaire.
Maucuer et ses complices on attaque un bureau de poste dans le quartier de st barnabe a marseille.la police prevenue du projet s'etait cachée dans le bureau de poste ils n'ont pas hesite en entrant a abbatre des policiers froidement.
Maucuer s'est refugie a PARIS mais a ete repris et execute a la prison chave
du nom du boulevard aujurd'hui disparue.
un detail le cri "vive la russie" ? aurait ete prononce au pied de la guillotine
car de nombreux temoins s'etaient rassembles des l'aube sur les arbres qui
jouxtaient la prison et ils l'ont rapporte.
je n'avais jamais vu sa photo mais il est vrai que qu'il ressemble plus a un
professeur "nimbus" avec sa barbe et ses lunettes cerclées qu' a un bandit sans foi ni loi ce qu'il etait pourtant
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Javier
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Mar 25 Jan 2011 - 18:33

Revue "AUDACES", 1934 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5693345g.image.langFR.r=audaces

Maucuer ou Les Gangsters de Marseille - Revue Nº6 - pag.27
Vedettes Rouges - Revue Nº7 - pag.35
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Ven 30 Mar 2012 - 15:53



Le visage de Camille-Emile Maucuer, visible parmi beaucoup d'autres sur l'excellent site de Boisdejustice :

http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html

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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Sam 31 Mar 2012 - 21:35

Adelayde a écrit:


Le visage de Camille-Emile Maucuer, visible parmi beaucoup d'autres sur l'excellent site de Boisdejustice :

http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html


Un monsieur avec un aspect respectable......un professeur au Licée......
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Sam 31 Mar 2012 - 21:43

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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Dim 8 Avr 2012 - 12:11

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Dim 8 Avr 2012 - 20:15

tsasapala a écrit:
Un monsieur avec un aspect respectable......un professeur au Licée......
Avis partagé, Tsasapala : un beau visage d'intellectuel. L'apparence est parfois trompeuse...

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MessageSujet: La tombe de Camille Maucuer ?   Dim 8 Avr 2012 - 21:59


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MessageSujet: Camille Maucuer - les faits   Dim 8 Avr 2012 - 22:17


Les faits :

En ce mercredi 20 avril 1932, la quiétude du quartier de Saint Barnabé, dans la banlieue marseillaise, n’aurait pas été troublée si deux groupes de personnes n’avaient pas décidé d’y converger au même moment. Ce jour là, le petit bureau de poste de cette paisible bourgade allait entrer avec les honneurs dans la longue rubrique des faits divers, passionnant à la fois le quartier, la ville de Marseille et la France entière, cette France si avide dans ces années d’entre deux guerres de faits divers.

Ce jour là donc, Camille Maucuer, un bandit sans pitié, décide, en compagnie de sa bande de malfrats, d’attaquer le bureau de Poste de Saint Barnabé alors que la Sureté l’ancêtre de notre PJ, prévenu par la voix divine, décide de son côté de lui tendre une souricière !

Tout est donc près pour que le fait divers commence !

Il est un peu plus dix sept heures quand une voiture, conduite par Pascal Fusco, s’arrête devant le bureau de poste. Il s’agit d’une automobile volée le matin même rue de la Darse à un certain Charles Gouin, un cassidain venu passer quelques heures à Marseille.

Quatre hommes en descendent :
- Camille Maucuer, 40 ans, né à Bollene, ancien ajusteur, marié à vingt ans, déserteur durant la grande guerre, vivant du pillage des trains, réputé dangereux et recherché comme tel, condamnés plusieurs fois et interné en asile psychiatre pour « folie homicide »,
- Calixte Joulia, 35 ans, cheminot de la compagnie du PLM, brillant soldat décoré plusieurs fois, ayant rapidement compris les bénéfices qu’il pouvait retirer d’une association avec Maucuer, le pilleur de train.
- Pascal Fusco, chauffeur de taxi, de nombreuses fois condamné pour de petits délits et habitant avec femme et enfants rue Haute Retonde,
- Louis Mancini, 18 ans, un jeune italien en situation illégale en France, et vivant de petits boulots,

Laissant la voiture devant la porte, les quatre hommes pénètrent dans le bureau de poste. De source sure, ils ont apprit que le bureau de poste aurait une grosse quantité d’argent liquide ce soir là et ne serait protégé que par quelques employés, à majorité des femmes. Ils pensent donc pouvoir effectuer leur forfait en toute tranquillité

A l’intérieur du petit bureau, ils repèrent quelques clients qui s’affairent et, derrière les guichets, protégé du public par une simple cloison de bois, la receveuse principale, Mme Salles épouse Tessier, et trois jeunes employés, dont Claire Reynaud au guichet et Constant Guasco, un jeune télégraphiste

Attendant que les dernières personnes partent, les quatre malfrats jouent les clients. Pascal Fusco fait semblant d’écrire sur la tablette en compagnie de Camille Maucuer, Calixte Joulia consulte l’annuaire avec Louis Mancini. Quelques minutes plus tard, le bureau étant presque vide, Camille Maucuer donne le signal.

Mettant des cagoules que leur a confectionnées la femme de Joulia, les malfrats passent à l’attaque. Pascal Fusco ferme brutalement la porte de la rue Montaigne tandis que ses complices ouvrent alors la porte faisant communiquer les deux parties de la salle.

Saisie de panique, les employés de la Poste hurlent de terreur tandis que les malfaiteurs se précipitent vers la table près du tiroir caisse où ils savent que se trouve l’argent.

Mais ce que les bandits ne savent pas, c’est que Mme Salles a fait mettre en sécurité le sac des valeurs par son jeune télégraphiste dès le moment où elle a vu les quatre hommes pénétrer dans la poste. Car, non seulement, la receveuse est prévenue du forfait qui se prépare, mais en plus la police est cachée dans les locaux. En effet, depuis le 15 avril 1932, la police marseillaise est au courant de l’attaque en préparation et fait le guet pour appréhender les bandits en plein travail. Seule la date exacte était manquante.

C’est à ce moment là que surgissent trois inspecteurs de police, l’arme au poing. Une bagarre générale éclate alors dans l’espace très réduit du petit bureau de poste. L’inspecteur François Cambours se saisit de Mancini tandis que les inspecteurs Georges Saint-Pol et Alphonse Thibon maitrisent Calixte Joulia, un hercule.

De son côté, le quatrième malfrat, Pascal Fusco, sentant le vent tourner, préfère abandonner ses comparses. Il quitte la poste en courant, prenant la voiture qui les avait amenés. Cette décision prive ses complices de tout moyen de fuite.

Camille Maucuer, encore libre de ses mouvements, n’hésite pas. Sortant son pistolet, il tire une première fois sur l’inspecteur Cambours avant de décharger son arme à bout portant sur les deux autres inspecteurs. Dans la mêlée, Louis Mancini fait aussi feu sur l’inspecteur le ceinturant, en l’occurrence François Cambours. Mais celui-ci, loin de relâcher sa prise, s’accroche encore plus au jeune italien qui perd son arme dans la bagarre.
Cependant, les cris et les coups de feu attirent du monde. Camille Maucuer et Calixte Joulia s’enfuient sans demander leur reste tandis que Louis Mancini sort du bureau en se colletant toujours avec l’inspecteur Cambours qui, malgré ses graves blessures, ne veut pas lâcher le criminel.

Michel Charles, le patron du bar voisin, le Renaissance, à l’angle de la rue du Docteur Cauvin, voyant la scène, ne se pose pas de question. Se saisissant du revolver qu’il cache sous son comptoir, il se précipite vers les deux hommes en train de se battre, dont l’un grièvement blessé est en train de lâcher prise, il prend sa décision. Il se précipite sur Louis Mancini. Le ceinturant sans ménagement, il lui met son revolver sur la nuque en lui intimant l’ordre de se rendre. Se voyant perdu, le jeune malfrat décide de faire profil bas et se rend immédiatement.

Le Docteur Henry, arrivé sur les lieux à son tour, se précipite vers les inspecteurs gisant dans leurs sangs. Il lui faut se rendre à l’évidence. Il est trop tard pour les trois hommes.

Trois inspecteurs tués, le bilan est très lourd. Mais Maucuer et le drame de Saint Barnabé viennent de rentrer dans l’histoire du fait divers.

Les obsèques des trois policiers (Saint Pol, Cambours et Thibon), se déroulent le 23 avril 1932 après-midi devant de nombreuses personnalités marseillaises mais aussi parisiennes. Les trois inspecteurs ont reçu le matin même la croix de la Légion d’honneur qui, comme il est de coutume dans ces cas-là, a été épinglée sur les cercueils.

Outre la pension versée par le Ministère de l’Intérieur, les familles des inspecteurs recevront un petit pécule versé par l’administration des P.T.T. sur ordre de son Ministre de tutelle, Louis Rollin.

Louis Mancini, le jeune bandit d’origine italienne arrêté par l’inspecteur Cambours juste avant sa mort, aidé par Michel Charles, le patron du bar voisin du bureau de Poste, est conduit à l’Evêché, où il s’empresse de vider son sac. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion, se sachant probablement accusé du meurtre d’un policier, il a tout intérêt à faire profil bas. Problème, il ne connait pas ses acolytes car il ne devait pas participer à l’attaque. Il remplace au pied levé un autre malfrat, un certain Perra, d’origine italienne comme lui, et qui avait eu un empêchement !

Dans ses déclarations, Louis Mancini donne le prénom de celui qui dirigeait l’attaque : un certain Camille. Il faut moins d’une heure aux policiers pour montrer au jeune italien la photo de Camille Maucuer, déjà fiché à ce que l’on nomme maintenant le « grand banditisme ». La reconnaissance est immédiate et sans appel. Cette célérité de la police marseillaise dans l’identification de Camille Maucuer ne peut s’expliquer que par le fait que les inspecteurs connaissaient déjà le nom et le visage du chef de ce gang sanglant.

En même temps que Mancini est interrogé à l’Evêché, les autres policiers marseillais ne restent pas inactifs. Ils cherchent dans toute la ville la Citroën rouge marron immatriculée 1365 CA qui a servi au braquage et que de nombreux témoins ont vu prendre la fuite. Elle est rapidement retrouvée, abandonnée rue Beauséjour et son chauffeur rapidement identifié en la personne de Pascal Fusco. Il faut dire que note chauffeur de taxi n’est pas très malin. Il a carrément oublié son pardessus avec une carte de visite dans une poche sur la banquette arrière de l’auto volée la veille du hold-up. Mais, à son domicile, les policiers ne trouvent que sa femme. Pascal Fusco a pris la fuite.

Grâce aux aveux de Mancini, un petit malfrat marseillais est à son tour recherché activement et finalement arrêté Place de Saint Jérôme deux jours après le drame. Il s’agit de Georges Falcetti. Cet homme, qui n’a pas pris part à l’attaque sanglante de Saint Barnabé, était en fait au courant et a mis en relation les bandits entre eux. C’est même lui qui a trouvé Louis Mancini lorsque Perra a fait défaut. Avec le recul, et au vu du traitement plutôt bon enfant que reçu Georges Falcetti à l’Evêché, ceux qui s’intéressent à cette affaire pense que c’est lui qui a donné Maucuer à la Police.

Georges Falcetti nie toute participation active au hold-up. Il reconnaît par contre connaître les quatre malfrats et même les avoir présenté les uns aux autres pour certains d’entre eux. C’est lui qui va donner le nom du quatrième gangster, le cheminot de la bande : Calixte Joulia.

On se trouve face à un double paradoxe concernant ce quatrième bandit. Tout d’abord, la femme de Calixte Joulia était la maitresse de Camille Maucuer et ensuite, au moment où Falcetti révéla aux policiers que Joulia était le quatrième assassin, celui-ci était déjà dans les geôles de l’Evêché depuis la veille. En effet, recherchant Maucuer, les policiers avaient trouvé sa maitresse et constaté que le mari de ce dernier était cheminot sur les lignes où Maucuer, pilleur de train, opérait. Ils avaient donc arrêté le cheminot en se disant qu’il devait être l’indicateur du pilleur de tain.

Dans un premier temps, Joulia va jouer les vierges effarouchées, maudissant son infortune conjugale, tentant même de s’ouvrir les veines dans les geôles de police. Mais quand Falcetti fut arrêté et son rôle dans l’attaque dévoilé, il s’empressa de faire des aveux complets.

« Il y a environ un an que je connaissais Falcetti et Maucuer. Quant à Fusco, j’étais lié avec lui depuis mon enfance. C’est Maucuer qui m’a proposé de participer à l’affaire de Saint Barnabé. Jeudi dernier, vers 16 heures, Maucuer est venu me chercher. Nous sommes allés à Saint Barnabé par le tramway et avons rejoint une automobile qui stationnait devant l’église. Mancini, qui était seul, est venu nous rejoindre. Maucuer a précisé le rôle de chacun et nous a remis les cagoules. Fusco, qui tenait le volant, nous a conduits au bureau de poste, où nous sommes entrés à quatre. Je me suis mis à consulter l’annuaire des téléphones et Maucuer s’est avancé vers le bureau des employés. C’est à ce moment que les trois inspecteurs ont bondi sur nous. L’inspecteur Thibon m’a saisi. Saint-Pol est venu à son aide tandis que Mancini restait aux prises avec Cambours. Maucuer est intervenu : c’est lui qui a tué les inspecteurs. Nous avons fui, Mancini seul de son côté et Maucuer avec moi. Nous avons trouvé Falcetti qui nous attendait et nous sommes allés dans un bar. Je suis rentré chez moi et j’ai du avouer à ma femme ce qui s’était passé. Elle avait en effet remarqué les égratignures que j’avais aux bras. »

Trois remarques concernant ces aveux :
- Joulia inaugure un mode de défense que Mancini et Fusco vont reprendre : c’est Maucuer et Maucuer seul qui a abattu les trois inspecteurs.
- La femme de Joulia savait parfaitement où se trouvait son mari puisque les quatre cagoules que remis Maucuer ce jour là avaient été fabriqué par sa maitresse : la femme de Joulia !
- Falcetti, pourtant mis en cause par Joulia, et Mancini avant lui, ne fut pas inquiété outre mesure et ne fut pas poursuivi dans cette affaire.

Après ce beau démarrage, l’enquête se mit à piétiner. Camille Maucuer et Pascal Fusco sont introuvables. Le pire est atteint, lors d’une battue dans les collines de Saint Jérôme, à la recherche du premier fugitif, un chasseur, Sylvain Rey, est pris pour l’assassin et grièvement blessé par un gendarme.

Camille Maucuer est arrêté le 2 aout 1932 à Paris alors qu’il rendait visite à sa maitresse parisienne. Cette jeune femme, Elisa Carbonnel, était en fait surveillée depuis la fusillade par la sureté qui pensait, à juste titre, que tôt ou tard l’assassin allait prendre contact avec elle. Pascal Fusco est lui arrêté en Espagne où il avait trouvé refuge.

Maucuer, s’il reconnaît le braquage, charge de son côté Joulia. C’est lui qui aurait eu l’idée du braquage et c’est le cheminot et lui seul qui a abattu les trois inspecteurs. Fusco est un lâche qui a fui dès le moment où cela a mal tourné quant à Mancini, c’est une jeune frappe italienne incontrôlable.

Dans ces conditions, le procès verra l’affrontement de deux thèses : celle de Maucuer accusant Joulia de meurtres et celle de Joulia, soutenu par ses deux complices, faisant endosser la responsabilité des meurtres et du braquage à Maucuer.

Le procès se déroule aux Assises d’Aix-en-Provence du 21 au 27 janvier 1934 sous la présidence du juge Coggia. Le siège du Ministère public est occupé par le procureur Rol. L’ambiance est tendue et le palais de justice sous haute surveillance !

Premier interrogé par le président, Camille Maucuer nie farouchement avoir tiré sur le moindre inspecteur. « Je n’étais pas armé ! » martèle t’il sans cesse. « C’est Joulia l’instigateur ! » renchérit il.

Mais ces dénégations font peu d’effet devant les déclarations unis de Joulia, Mancini et Fusco qui accusent sans hésiter Maucuer d’avoir tiré et, de surcroit, d’avoir été leur chef. Ils sont d’autant plus convaincants que, deux jours auparavant, dans un autre procès, Maucuer et Joulia ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour des attaques de trains dans la région marseillaise. Or, dans ce procès spécifique, Maucuer, sans l’ombre d’une hésitation, a été désigné, à la fois par la justice et par ses complices, comme le chef sanguinaire des pilleurs de train.

Les malfrats se renvoient la balle pour endosser la responsabilisé des trois meurtres. Le procès n’est qu’une succession d’incident de séance, de disputes entre les accusés, de réactions passionnées de la foule des spectateurs.

Le procureur Rol demande la peine de mort pour les quatre inculpés. Chaque avocat de la défense tente de disculper son client et de charger les autres complices. Rien de bien neuf sous le soleil ! Finalement, le 27 janvier 1932, en fin d‘après-midi, le verdict tombe :
- Camille Maucuer et Calixte Joulia sont condamnés à mort,
- Louis Mancini et Pascal Fusco sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité,
- Marie Louise Moullet épouse Joulia écope de cinq ans de prisons
- Georges Falcetti et Perra, eux, n’ont pas été poursuivis pour ces faits.

La peine de Calixte Joulia est commuée en travaux forcés à perpétuité par le Président de la République.

Camille Maucuer lui ne sauve pas sa tête. Il est, quant à lui, guillotiné le 30 avril 1934, devant la porte de la prison Chave. Comme il est de coutume à l’époque, l’exécution sera publique et nombreux sont ceux qui se pressent pour voir rouler dans la sciure la tête de « l’assassin de flic ». Il refusera l’aide du prêtre mais fumera sa dernière cigarette avec un calme étonnant.

Jusqu’au bout, il clamera qu’il n’a pas tiré…

http://mathon.blogspot.fr/2009/07/laffaire-sanglante-de-saint-barnabe.html
http://mathon.blogspot.fr/2009/07/peine-de-mort-pour-maucuer.html

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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 9 Avr 2012 - 10:38


J'ai intégré dans le post du 30 novembre 2008 une partie des photos qui avaient disparu. En voici d'autres queen

Aix-en-Provence - Première audience du procès de Maucuer et de ses complices

Aujourd'hui le 22 janvier 1934 commence le procès de Maucuer et de ses complices devant les assises des Bouches du Rhône. Ils ont à répondre de la tuerie du bureau de poste de St. Barnabé (quartier de Marseille) où trois inspecteurs furent tués. Voici une vue générale de la première audience.


Phot. NYT. transmise par bélinogramme de Marseille à Paris le 22/1/34. GL.100 - [Photo NYT Photo. The New York Times. Wide World Photos] [copyright by Photo "Actualit"]





Le président Coggia fait l'appel des témoins


Photo Meurisse [Sipho]





Maucuer conversant avec son avocat maître Fabré remplaçant Maître Tores. De dos, on aperçoit Maître Chabernac conversant avec son client Joulia dont il cache le visage


Photo Meurisse [Sipho]

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MessageSujet: maucuer   Lun 25 Juin 2012 - 19:23

Adelayde a écrit:


Le visage de Camille-Emile Maucuer, visible parmi beaucoup d'autres sur l'excellent site de Boisdejustice :

http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html

l'exécution de Maucuer vue par l'Humanité

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4049915/f3.image
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pier
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Mar 6 Mai 2014 - 14:26

Article du dimanche 16 avril 1934 dans l'Ouest-Eclair.




Article du mardi 24 avril 1934 dans l'Ouest-Eclair.




Article du lundi 30 avril 1934 dans l'Ouest-Eclair.




Article du mardi 1er mai 1934 dans l'Ouest-Eclair.

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Camille-Emile Maucuer-1934   Lun 20 Oct 2014 - 16:58



Le dernier baiser

"C’est dans cette petite boutique de cordonnier, avenue du Maine à Paris que le bandit marseillais Émile Maucuer, obsédé d’amour, vint retrouver sa maîtresse, Élisabeth Carbonnet… Imprudence qui lui fut fatale… Les policiers prirent ici le criminel de Saint-Barnabé en filature, ils devaient l’arrêter ( ?) carrefour Turbigo.(En médaillon, Émile Maucuer)"

La photo en médaillon est donnée comme étant celle d’Émile Maucuer. La ressemblance n'est pas évidente. Est-ce qu'il s'agit d'une photo ancienne ou d'une erreur de personne ?

_________________
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Camille-Emile Maucuer-1934
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