La Veuve

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 La Veuve en Inde

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Titus_Pibrac
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MessageSujet: La Veuve en Inde   Lun 21 Juil 2008 - 18:13

Ai trouvé le lien suivant sur un brahmane assassin, Paul, condamné à la guillotine en Inde - Comptoirs français - en 1895.
L'exécution est bien décrite.

http://archivesmep.mepasie.org/annuaire/inde/rapports-eveques/1800-1899/1895-03.htm


Quelqu'un a-t'il une photo de la guillotine indienne ?

Citation :

« Evangélisation des païens. — Les œuvres qui ont pour objet la sanctification des chrétiens, leur avancement dans la piété, l’éducation de la jeunesse et l’exercice de la charité, ne nous ont point fait négliger la conversion des païens qui est notre œuvre par excellence.
« Comme je l’ai dit au commencement, nous avons enregistré 2.033 baptêmes de païens. Nous avons eu, il est vrai, des années meilleures, mais, nous en avons eu aussi beaucoup de moins bonnes. Comme à l’ordinaire, le district de Mogour a donné le plus beau contingent. Chandernagor vient ensuite : M. Bottero a eu 125 baptêmes de païens. L’exécution d’un brahme lui a fourni une belle occasion de déployer son zèle et son courage. Il a admirablement rempli son devoir. Laissons-le nous raconter lui-même la chose telle qu’elle s’est passée.
« La lettre, dans laquelle Votre Grandeur me disait qu’il lui était impossible d’ici à « quelques mois de m’envoyer un confrère pour m’aider, m’a causé une bien grande tristesse. « Elle m’est arrivée trois jours avant que mon ministère ne m’appelât, pour la première fois de « ma vie, à accompagner à l’échafaud un condamné à mort. Il a été exécuté à 5 h. 10 du « matin, en la fête de ma patronne secondaire, sainte Magdeleine.
« C’était un jeune brahme qui s’était rendu coupable d’un triple assassinat. La sentence qui « le condamnait à la peine de mort avait été portée à la fin d’avril.
« Depuis ce jour, j’allai le visiter environ deux fois par semaine. Il ne tarda pas à « s’instruire des vérités de la religion, et, dès la fin de mai, il me demanda de lui donner le « baptême ; mais par prudence, je différai tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre, dans la « crainte que son désir du baptême ne fût inspiré par des motifs humains. Afin de m’assurer « de la pureté de ses intentions, je lui déclarai cent fois que je ne ferais rien pour le soustraire « à la mort, que j’étais prêtre du bon Dieu et ne pouvais que lui procurer la rémission de ses « crimes et la vie éternelle ; qu’au reste, je ne lui parlais de religion que parce qu’il y « consentait volontiers et que je ne laisserais pas de venir le visiter en son cachot, quand « même je serais certain de le voir persévérer dans l’hinduisme, jusqu’à la mort ; car c’était un « de mes devoirs d’offrir mes consolations aux affligés.
« Je l’instruisais soigneusement et je trouvais en lui un élève fort intelligent. Je faisais tous « mes efforts en même temps pour le préparer à subir son supplice avec courage et « résignation. Quand j’appris que son pourvoi avait été rejeté, il fallut bien me rendre à ses « instances et le disposer au baptême. Certes, à l’entendre, j’avais des raisons de penser que « ses intentions étaient droites ; mais j’avais affaire à un brahme sacrificateur, un brahme « perdu de vices, qui, lors de son jugement, avait fait preuve d’un cynisme révoltant. Or, qui a « jamais pu sonder le fond du cœur d’un brahme de cette trempe ?
« Je le baptisai donc et l’appelai Paul. Il reçut aussi la sainte communion, quelques jours « avant sa mort.
« Le 22 juillet, à 4 h. du matin, le chef de la police, le greffier du tribunal avec l’interprète, « le docteur et moi, nous le réveillâmes de son sommeil.
« Après quelques paroles bienveillantes, M. Peniet lui dit d’être courageux, et le greffier « lui donna lecture du rejet de son pourvoi en cassation et de son pourvoi en grâce. On « procéda ensuite à la dernière toilette, et on me laissa avec lui jusque vers 5 heures. Il se « confessa et reçut mes suprêmes recommandations. A 5 heures, je montai à côté de lui dans « la voiture qui nous conduisit au lieu de l’exécution, le Moedân. Je lui rappelai de nouveau « qu’il devait offrir le sacrifice de sa vie au bon Dieu pour expier ses crimes, et l’exhortai à « mourir sans faiblesse comme sans forfanterie, pardonnant au bourreau et lui obéissant « comme à l’exécuteur de la Justice divine. Il me répondit qu’il était dans ces dispositions, « reçut encore l’absolution et baisa le crucifix. Paul descendit de voiture, marcha d’un pas « ferme sans aucun appui, considéra un instant la guillotine, baisa une dernière fois l’image de « son Sauveur et se livra aux bourreaux, se soumettant sans mot dire à tout ce qu’ils exi« geaient de lui. On le poussa sous la lunette, et tandis que je faisais descendre sur sa tête un « dernier pardon du Ciel, le couteau tomba comme un éclair et l’envoya au tribunal de Dieu.
« J’étais alors tout seul sur la plateforme avec le bourreau. La foule qui était là ne poussa « pas un cri, ne se livra pas au plus léger désordre ; un silence solennel planait sur cette scène « lugubre. Je me jetai à genoux pour recommander à Dieu l’âme du pauvre Paul ; puis, le « corps ayant été mis dans la bière, et la bière placée sur le corbillard, je me rendis en priant « au cimetière, accompagné par un détachement de cipays et suivi de la foule du peuple. Les « chants et les cérémonies des funérailles chrétiennes firent une grave impression sur les « païens. Après cela, j’allai à l’hôpital, célébrer le saint sacrifice à l’intention du supplicié, cet « enfant de ma douleur, n’oubliant pas de remercier le bon Dieu des grâces qu’il lui avait « faites et à moi aussi, car j’éprouvais en ce moment un grand soulagement en pensant que « cette âme si dégradée avait été réellement touchée par la grâce du divin Rédempteur. »

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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Pondichéry - Chandernagor   Lun 21 Juil 2008 - 18:36

En fait il semble selon ce texte que la guillotine - Berger - n'ait fonctionné en Inde que de 1883 à 1895. Peu de chances qu'il y ait encore une bécane intacte quelque part dans le sous-continent.
Citation :

Only a few orders of capital punishment were given by the judicial system here. An instrument called 'guillotine' was used to carry out capital punishment. Decapitation was done by it. Formerly the guilty sentenced to death were taken to re-union. The guillotine instrument was used here for the last time on July 22 in 1895. Two persons of this place named Sk. Abdul Panjari and Hiru Bagdi were sentenced to death for the first time on January 26 in 1883. The pillory was used to detain some drunkard or arrested criminal of the jail. It was an instrument made of wood with holes into which the two feet of the criminal were forcibly entered.
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MessageSujet: La Veuve en Inde   Ven 5 Nov 2010 - 16:38

Relevé dans le quotidien Le GAULOIS, du 25-08-1895 (ne semble pas avoir été mis sur le forum ?)

Il parait que nous exposons aussi des guillotines ! Au moins un tel «instrument» est-il arrivé, il y a quinze jours, de Paris à Calcutta, aux Indes, où elle a été transportée à CHANDERNAGOR pour l'exécution de l'assassin Clumdo Bhattacharice, qui avait tué trois personnes.
Le lendemain, la guillotine était envoyée à PONDICHÉRY où trois criminels l'expérimentaient, et de là à MHOJÉ, et enfin à KARIXAL *, où elle remplissait sa sanglante mission.


* Probablement karikal.
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piotr
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MessageSujet: long, long time ago...   Ven 5 Nov 2010 - 19:15

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