La Veuve

Discussion entre exécuteurs...
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partager | 
 

 Georges Cadoudal - 1804

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Titus_Pibrac
Monsieur de Paris


Nombre de messages: 549
Age: 45
Localisation: Italie, Venise
Emploi: Ingénieur
Date d'inscription: 22/05/2008

MessageSujet: Georges Cadoudal - 1804   Ven 11 Juil 2008 - 12:02

L'exécution de Georges Cadoudal après celle du duc d'Enghien - fusillé - et de Baboeuf fut-elle la dernière exécution politique de la Révolution et de l'Empire ?


[Mais pas la dernière jusqu'à De Gaulle.]

http://www.parisenimages.fr/fr/popup-photo.html?photo=9012-14
http://www.parisenimages.fr/fr/galerie-des-collections-selection.html?lieu=&personnalite=&oeuvre=&mots=execution&source=&noiretblanc=&couleur=&oeuvre=&debut=&fin=&exact=&start=60&count=10
http://www.cadoudal.fr/cadoudal_216.htm

Citation:


L'exécutions de Georges Cadoudal et de ses compagnons.

(extrait de : "Mémoires des Sanson" - Bourreaux de Paris)


Les condamnés entendirent leur sentence sans manifester la moindre émotion. En rentrant à la Conciergerie, Georges Cadoudal y trouva M. Réal, conseiller d'Etat, avec lequel il eu un long entretien. Réal insinua au Vendéen (sic) que l'empereur serait disposé à lui accorder sa grâce s'il s'adressait à sa clémence. Georges résista à ces généreuses ouvertures et se montra décidé à partager le sort de ses camarades. M. de Rivière qui eut également une entrevue avec Réal, refusa comme Georges d'adresser une demande en grâce à l'Empereur. Mais il se trouvait, dans les familles des condamnés, des cœurs moins superbes qui ne crurent pas s'humilier en demandant au souverain la vie de ceux qu'ils aimaient. La sœur de M. de Rivière trouva dans l'Impératrice un tout-puissant intermédiaire ; d'autres interventions furent sollicitées et obtenues pour MM. De Polignac, Rochelle de Bercy, Bouvet de Lozier et Charles d'Hozier. Mademoiselle Lajolais se jeta aux genoux de l'Empereur et lui demanda la grâce de son père ; mademoiselle Gaillard sollicita celle de son frère, et le banquier Shérer celle de son beau-frère Rusillion. L'Empereur ne résista à aucune de ces intercessions, et le 6 messidor an XII, la Cour de justice criminelle entérina la lettre impériale qui commuait la peine capitale contre celle de la déportation, pour les condamnés Bouvet de Lozier, Rumillion, Rochelle, Armand de Polignac, d'Hozier, de Rivière, Lajolais et Gaillard.
Georges et ses chouans restaient seuls en face de l'échafaud.
Ce n'était pas que les avocats lui eussent manqué pour plaider sa cause auprès de napoléon. Il était à la cour un homme chevaleresque, auquel le courage indomptable, l'énergie, la rudesse du Vendéen (sic) devaient être sympathiques ; cet homme, c'était Murat. Le futur roi de Naples plaida chaleureusement la cause des condamnés auprès de l'Empereur, qui était assez disposé à se rendre à ses prières ; mais au fond de sa prison, Georges parlait encore comme au moment où son sabre le faisait roi des landes du Morbihan ; il voulait que la grâce s'étendit à tous ses complices, et la clémence impériale dut s'arrêter devant ces exigences. Il s'était pourvu en cassation pour prolonger de quelques jours la vie de ses compagnons. Le 4 messidor, la Cour rejeta le pourvoi, et, le 5, on ramena à la Conciergerie les condamnés, qui avaient été provisoirement transférés à Bicêtre. L'exécution avait été fixée au 6.
Les exécutions étaient, à cette époque, devenues assez peu fréquentes pour que mon père ne conservât que quatre aides. En raison du nombre des condamnés, il fut obligé de requérir des aides supplémentaires. On avait déjà repris l'habitude de permettre aux condamnés de se faire accompagner par un prêtre jusque sur le lieu du supplice ; en conséquence, le nombre des charrettes qui devaient transporter ce cortège funèbre fut élevé à trois. A neuf heures du matin, les voitures et les exécuteurs étaient à la porte de la Conciergerie. Les apprêts de la toilette se firent dans l'avant-greffe ; les condamnés y furent introduits tous ensembles ; ils priaient avec beaucoup de recueillement. Quelques instants auparavant, on avait, une fois encore, engagé Cadoudal à demander sa grâce : il avait montré plus de vivacité encore dans ses refus, et on l'avait entendu murmurer en sortant du greffe :
_ "Ce b…..-là ! il n'est pas content de me couper la tête, il voudrait encore me déshonorer ! "
En entrant dans la salle, Georges dit quelques mots à un guichetier nommé Eberle, qui l'accompagnait, et, après la réponse de celui-ci, il alla droit à mon père.
Sa démarche était fière, son œil assuré, son teint aussi coloré que d'ordinaire, nulle émotion ne se manifestait ni dans ses traits, ni dans son accent.
_ "Monsieur, dit-il, vous êtes l'exécuteur de paris ? "
Mon père répondit affirmativement.
_ "En ce cas, répliqua Georges, vous saurez que je veux être exécuté le premier. C'est à moi à donner à mes camarades l'exemple du courage et de la résignation ; d'ailleurs, je ne veux pas que l'un d'eux s'en aille de ce monde avec l'idée que je pourrais lui survivre. "
Mon père lui fit observer que l'ordre d'exécution avait été réglé, et que, suivant cet ordre, il devait mourir le dernier.
_ Bah ! répliqua Georges, on a mis assez d'insistance à m'offrir une grâce entière pour qu'il ne soit pas possible de me refuser la seule que je sollicite.
Dans l'espoir de pouvoir obtempérer à ce désir, mon père profita de la longueur des apprêts occasionnés par un si grand nombre de condamnés, pour faire transmettre la demande de Georges au grand juge par le greffe qui était venu lire l'arrêt et devait dresser le procès-verbal de l'exécution. Ce dernier ne rapporta qu'un refus ; on ne permit pas à celui à qui on avait offert la vie de choisir le moment de sa mort.
Le rude chef de partisans dut se résigner. Pendant qu'on lui attachait les mains, il dit à ses compagnons :
_ Nous avions assez souvent battu les bleus pour avoir droit à la mort de soldats ; mais nous ne devons rien regretter, en nous rappelant que l'échafaud sur lequel nous allons monter a été consacré par le martyre de notre roi !
Avant de quitter la Conciergerie, il dit encore à ses camarades de l'embrasser. Tous obéirent ; ces rudes visages s'adoucirent dans ce suprême adieu à leur chef bien-aimé ; quelques yeux devinrent humides. Quand ce fut terminé, il leur dit :
_ Et maintenant, il s'agit de montrer aux Parisiens comment meurent des chrétiens, des royalistes et des Bretons.
Il fit signe à son confesseur de lui donner le bras, et, sans attendre l'ordre de l'exécuteur, il commanda : " Marche ! " avec autant de vivacité et d'élan que s'il se fut agi d'enlever une redoute.
Il était dans la première charrette avec son cousin, Pierre Cadoudal ; Picot, son domestique, et Coster Saint-Victor ; Roger, Soyant, Burban et Lemercier étaient dans la seconde ; Lelan, Mérille et Deville étaient dans la troisième.
Coster Saint-Victor n'excitait pas moins de curiosité que son chef. Sa beauté ; sa haute mine, son élégance, les bonnes fortunes qu'on lui attribuait, en avaient fait le lion du procès. Le public avait fini par se passionner pour le conspirateur, et, sur le passage du cortège, on entendit à plusieurs reprises des paroles de compassion s'élever de la foule.
Pendant le trajet, Georges, devenu sombre et taciturne depuis qu'on lui avait refusé la faveur qu'il avait sollicités, n'avait cessé de répéter ses prières. Il vit descendre sans mot dire tous ses compagnons, même Coster Saint-Victor, qui, étant le dernier à le précéder sur l'échafaud, voulut l'embrasser encore, et lui dit, dans ce baiser suprême :
_ Adieu, mon général !
Georges, en se laissant faire, haussa les épaules comme devant un acte de faiblesse ou de puérilité. Puis, quand la belle tète de son jeune complice fut tombée, il monta d'un pas très lent, mais très ferme, les marches de l'échafaud, et lorsqu'il fut arrivé sur la plate-forme, il s'écria d'une voie retentissante :
_ Camarades, je vous rejoins ! Vive le roi !
Après cette dernière victime, il y eu un moment de confusion. En présence de cette exécution multiple, les précautions avaient été mal prises. Lorsque la tête de Cadoudal tomba, les paniers apportés étaient pleins. Le cadavre colossal de l'assassin-chevalier, qui devait faire souche de gentilshommes, resta plus d'un quart d'heure sur l'échafaud, jusqu'à ce que mon père eut le temps d'envoyer acheter de la toile pour lui faire un linceul à part.
Cette dernière marque de respect n'était peut-être point usurpée par l'homme qui a occupé une place si exceptionnelle entre les conventionnels régicides et les pales assassins du Consulat, de la Restauration, de la monarchie de Juillet et du Second Empire.


Citation:

On peut supposer que le Premier consul puis Empereur, qui avait espéré jusqu'au bout un « retournement » de Georges Cadoudal, conserva envers lui un certain ressentiment, puisqu'il ne s'opposa pas à ce que les restes du conspirateur, au lieu d'être ensevelis après la mise à mort, soient récupérés à des fins « médicales », le squelette étant exposé en faculté de médecine durant tout le Premier Empire.

La chute du régime napoléonien donna lieu à des funérailles solennelles pour Cadoudal, dont les restes furent inhumés à Auray, dans un mausolée (figures 1 et 2) construit à cet effet sur la colline de Kerléano, à proximité immédiate de sa maison natale, tandis que la monarchie restaurée l'élevait, à titre posthume, à la dignité de maréchal de France, et que l'un de ses neveux, désormais appelé Louis de Cadoudal, était anobli.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: CADOUDAL   Sam 2 Juil 2011 - 22:47

on peut voir sa cachette dans le morbihan, près de la rivière d'étel



Revenir en haut Aller en bas
ancien
Exécuteur régional


Nombre de messages: 446
Age: 65
Localisation: Fléac 16730
Emploi: retraité mal payé
Date d'inscription: 01/07/2011

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Dim 3 Juil 2011 - 11:16

Quesqu'il avait fait celui là
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://foudurail.org
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Dim 3 Juil 2011 - 13:58

incompatibilité d'humeur avec le grand (Tsar) Corse de l'époque Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
octave
Exécuteur cantonal


Nombre de messages: 114
Age: 41
Localisation: yvelines
Date d'inscription: 18/09/2010

MessageSujet: cadoudal?   Lun 4 Juil 2011 - 17:34

Il n'y avait pas un général chouan qui s'appeler comme ca? Tient du coup je me demande, comment ont ils été ? ? ou bien douze balles chacuns? Ou bien
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
CARNIFEX
Admin


Nombre de messages: 968
Age: 40
Localisation: Angers(Maine et Loire)
Emploi: Justice
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Mar 5 Juil 2011 - 12:16

Cadoudal était bien un chef Chouan et fut guillotiné.

_________________
Potius mori quam foedari
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Mar 5 Juil 2011 - 14:42

Surtout parce qu'il rejeta avec dédain, à 2 reprises, l'offre du Petit Tondu de faire amende honorable et de rejoindre son armée avec arme, bagages, troupes et grade de général... Car pour les Chouans Cadoudal était un cador, un meneur d'hommes hors paire... Et si après sa condamnation à mort il avait accepté de signer un recours en grace à Bonaparte, il est quasi certain que celle-ci lui eut été accordée... en dépit de la conjuration qui avait visé à enlever le Corse himself pour l'amener outre-Manche.
Revenir en haut Aller en bas
Adelayde
Admin


Nombre de messages: 2136
Age: 60
Localisation: Pays d'Arles
Emploi: Retraitée
Date d'inscription: 02/03/2009

MessageSujet: CADOUDAL   Mar 5 Juil 2011 - 15:13

Je partage l'avis de Michel-j : Parce qu'il était intransigeant, Cadoudal a refusé toute idée de demande de grâce. Une grâce que Bonaparte lui aurait accordée sans l'ombre d'un doute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
CARNIFEX
Admin


Nombre de messages: 968
Age: 40
Localisation: Angers(Maine et Loire)
Emploi: Justice
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Mer 6 Juil 2011 - 12:38

Texte repris sur wikipedia:
Citation:
Georges Cadoudal refuse farouchement, par principe, toute idée de demande de grâce, alors que tout laisse à penser que Bonaparte était plutôt demandeur en la matière. Le conseiller d'Etat Réal, qui lui propose avec insistance de signer un recours en grâce, se voit répondre : « Me promettez-vous une plus belle occasion de mourir ? »
Cadoudal est guillotiné le 25 juin 1804. Le chef des condamnés demande à déroger à la règle voulant que le chef de bande soit exécuté en dernier afin que ses compagnons ne puissent douter de son engagement et penser qu'il pourrait accepter une grâce de dernière minute69. On rapporte que, placé sur le plateau de la guillotine, il aurait crié : « Mourons pour notre Dieu et notre Roi », reprenant ainsi la devise des insurgés vendéens.


La Restauration française donne lieu à des funérailles solennelles pour Cadoudal, dont les restes sont alors inhumés à Auray, dans un mausolée construit à cet effet sur la colline de Kerléano, à proximité immédiate de sa maison natale, tandis que la monarchie restaurée l'éleve, à titre posthume, à la dignité de maréchal de France, et que l'un de ses neveux, désormais appelé Louis de Cadoudal, est anobli.


Voir le reste de l'article:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Cadoudal


Un sacré bonhomme.

J'aime le panache de sa réplique: "Me promettez-vous une plus belle occasion de mourir ?"


_________________
Potius mori quam foedari
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
octave
Exécuteur cantonal


Nombre de messages: 114
Age: 41
Localisation: yvelines
Date d'inscription: 18/09/2010

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Sam 27 Aoû 2011 - 11:48

Ah oui ca, un sacré bonhomme. J'aime aussi beaucoup celle de henri De la rochejaquelain; Si j'avance suivez moi, si je recule tuez moi, si je meurt vengez moi. J'avais lu qu'il avait fallu que les paysans aillent les chercher quasiment avec une fourche dans le dos, et que les nobles n'étaient pas très chaud pour allez se battre, mais quand ils ont pris leurs commandements, tous se sont battus avec acharnement, ténacité, et un courage sans faille, jusqu'au bout. Il est vrai que je ne sait pas comment ils ont finis, tous, mais ce serait intéressant si quelqu'un pouvait nous renseignés sur les destins des chefs vendéens et chouans après avoir été fait prisonniers... Que sont ils devenus?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
piotr
Monsieur de Paris


Nombre de messages: 1754
Localisation: Poland
Emploi: MD-but I'm not working in prison ;-)
Date d'inscription: 07/02/2006

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Ven 16 Sep 2011 - 17:32

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Ven 16 Sep 2011 - 19:32

!


Dernière édition par michel-j le Mer 9 Mai 2012 - 0:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Gaëtane
Exécuteur régional


Nombre de messages: 499
Age: 56
Localisation: Vosges
Date d'inscription: 04/08/2010

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Ven 16 Sep 2011 - 20:46



L'étrange histoire du squelette de Georges Cadoudal



http://assemblee-celtique.forumactif.org/t259-l-etrange-histoire-du-squelette-de-georges-cadoudal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
ancien
Exécuteur régional


Nombre de messages: 446
Age: 65
Localisation: Fléac 16730
Emploi: retraité mal payé
Date d'inscription: 01/07/2011

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Sam 17 Sep 2011 - 13:46

c'étaient de hommes qui allaient au bout de leurs idées , je leur rends hommage .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://foudurail.org
piotr
Monsieur de Paris


Nombre de messages: 1754
Localisation: Poland
Emploi: MD-but I'm not working in prison ;-)
Date d'inscription: 07/02/2006

MessageSujet: Re: Georges Cadoudal - 1804   Dim 2 Oct 2011 - 5:28

http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article2324
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Georges Cadoudal - 1804

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Georges Cadoudal - 1804
» tarifs Georges Franck
» Georges Rapin alias "Monsieur Bill" - 1960
» Contractuels : Georges Tron dévoile son plan de titularisation
» Nanon - Georges Sand

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: Les condamnés à mort-