La Veuve

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 Exécutions en Algérie

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Nemo
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 1:25

Pour ce que j'en sais, Mercattore, la suppression du rituel parricide - article 13 du Code Pénal - fut officialisée par l'ordonnance n° 58.1296 du 23 décembre 1958.

De même, la dernière mention dans la presse du voile noir sur la tête - en France - concerne Blondey en 1949. J'ignore si un an après, Gabriel Bernard en fit les frais, mais je ne vois pas pourquoi on lui aurait accordé un traitement de faveur...
Au Maghreb, Meyssonnier évoquait au moins en 1952-53 des parricides qui allaient à l'échafaud les yeux bandés de noir.

_________________
"Je suggère qu'on lui coupe la tête sans ménagement dès dimanche prochain, mais si possible après 17 heures, afin que j'aie le temps d'aller aux vêpres. (Pierre Desproges)"
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 9:56

Merci pour ces précisions, Némo.

______________________________

Vendredi 24 juin. Deuxième audience.
(source : gallica.bnf.fr)

L’AFFAIRE AUBERTIN
AUX ASSISES D'ORAN


Les conclusions formelles
des médecins-experts
accablent Henri Zaoui

Les témoignages apportent
de nouvelles charges

L'accusé, persistant dans son attitude,
conteste la plupart des dépositions

Aujourd'hui, témoins de la partie civile

Oran, 24 juin (de notre envoyé spécial). — L'audience est ouverte à 8 heures, Après la courte audition du fondé de pouvoir de la maison Ruffié, relative à une traite de 70.000 francs impayée puis réglée par acomptes, la cour entend les médecins experts et tout d'abord le docteur Gand, médecin légiste.  

Les restes informes du cadavre, dit-il, étaient complètement carbonisés. Je les ai examinés puis j'ai incisé et rabattu la poitrine ; j'ai ouvert le cœur et y ai trouvé des caillots sanguins.
Donc la mort fut progressive et la victime a expiré alors qu'elle se trouvait encore dans les flammes. Malgré les conditions exceptionnellement défavorables dans lesquelles nous nous trouvions par suite du désir formel de la famille qui a désiré que nous opérions le soir même, les obsèques devant avoir lieu le lendemain, nous avons étendu le cou, le crâne et tous les organes viscéraux et nous n'avons trouvé ni à la vue, ni à la palpation trace d'un projectile quelconque.

» Le dos de la victime était recouvert d'une sorte de carapace formée par un magma de terre rouge agglutinée par la fonte des graisses chaudes lorsque le cadavre fut posé sur la route après avoir été couvert de poignées de terre destinées à étouffer les flammes qui l'entouraient pendant l'incendie de la voiture. Cette carapace, et l'état de calcination des chairs, ne nous permettaient pas dans les conditions et avec les moyens courants où nous avons opéré de pouvoir déceler un orifice quelconque d'entrée de projectile.

Et après quelques précisions sur certaines infirmités anciennes apparues eu cours d'expertise, le docteur Gand conclut qu'en l'état de cette première autopsie, la victime vivait encore quand le feu a pris et qu'elle est morte par asphyxie.
Le docteur Wittas qui, avec les docteurs Gand et Laquière pratiqua cette première opération, apporte un témoignage semblable.
Lui aussi, après avoir constaté la coloration noirâtre des poumons a eu la conviction que la victime avait dû, avant de mourir, respirer l'émanation de gaz d'essence produite par l'incendie. Il ajouta que M. Emile Aubertin, frère de la victime, assistait à l'autopsie, mais qu'il n'y a aidé en rien.



Assis, devant l’accusé, maître Luglia, l’un de ses défenseurs. Au premier plan, les médecins-légistes Gand et Vittas
.
La vision seule ne pouvait découvrir les balles

Avec le docteur André Laquière, nous obtenons la confirmation que la première opération fut pratiquée dans des conditions difficiles et que la découverte des balles était matériellement impossible avec le seul secours de la vision normale.  
Et il donne, à l'intention des jurés, l'exemple d'une bûche dans laquelle on aurait tiré des balles et que l'on aurait ensuite placée dans un foyer jusqu'à combustion intégrale.             

Rien ne permettrait alors d'affirmer, après un simple examen à l'œil, que cette même bûche contient des projectiles. Pour avoir à ce sujet une certitude, il faut procéder avec un outillage technique perfectionné et moderne.
C'est cette certitude qu'apporte, précise comme une épreuve photographique détaillée, comme les meilleurs et les plus démonstratifs des cours, la déposition minutieuse du docteur radiographe Vallet. Ses investigations ont eu lieu en deux temps.

D'abord au moyen d'un appareil de radiographie pouvant opérer à trois mètres et qui, en quatre clichés, couvrant chacun un quart des restes à examiner, a amené la découverte des trois projectiles. Ensuite l'extraction de ces projectiles, à l'aide d'appareils, lesquels par le système de la double image s'appuyant sur des principes de triangulation et par la méthode de photos de profil, permettent la recherche des notions infaillibles de profondeur et de repérage.  

Mais la radio permit ensuite le repérage et l'extraction des projectiles

L'extraction lut opérée sous le guide radioscopique et avec le contrôle intermittent de l'écran par le processeur Girard, malheureusement retenu en France, ce qui est unanimement regretté et qui aurait pu apporter ici de précieuses observations mais le président fait donner lecture des principaux passages du rapport de cet éminent praticien, lequel déclare notamment qu'au cours de la première autopsie, le bistouri des chirurgiens (…….llisible) une première fois à deux centimètres au-dessous de la première balle logée au-dessus de la clavicule droite et une seconde fois à deux millimètres au-dessous. Il relève également l'existence d'une diffusion sanguine qui semble en corrélation avec l'existence de cette même balle.

Enfin, et l'on comprendra toute la gravité pour l'accusé de cette découverte, l'une des balles extraites par le professeur Girard était enrobée d'une couche de sang coagulé. C'est cette constatation qui va mettre le feu aux poudres entre les avocats de la défense et celui de la partie civile car elle peut être la clef de l'énigme sur le point de savoir si M. Aubertin est mort dans l'incendie ou s'il a d'abord été assassiné.
Une balle pénétrant dans une partie veineuse d'un cadavre encore frais, suivant l'expression technique, peut-elle s'enrober de sang ? Si oui, le revolver peut avoir éjecté des balles sous l'influence de la chaleur. Si non, M. Aubertin a d'abord été assassiné puis brûlé ensuite.

Ces hypothèses ne sont pas sans incidents tumultueux, souvent longs, qui réunissent à la barre des témoins les médecins légistes et dressent l'un contre l'autre Me Tabet et Me Gandolphe.
L'autorité du président et la calme rigueur scientifique des experts parviennent enfin à clore l'incident sans sembler pourtant apporter une solution définitive au problème. Que faut-il, en effet entendre par cadavre frais, compte tenu surtout que ce cadavre a été carbonisé ?

Le garagiste Serrat

L'on entend ensuite le docteur Vidal, de Rivoli, qui ne constata le lendemain même du drame aucune trace de brûlure sur Zaoui et le garagiste Serrat, de Mostaganem, qui examina la voiture et retrouva dans l'enveloppe de la roue arrière gauche un clou auquel fut attribué le dégonflement progressif du pneu. Le dérapage de la voiture et le choc contre un eucalyptus bordant la route. Mais l'intérêt rebondit intensément avec la déposition du professeur Verani.

La déposition du professeur Verani

La déposition du professeur Verani est écrasante pour l'accusé. Elle aboutit aux conclusions suivantes : que le pneu arrière gauche trouvé intact mais dégonflé après l'incendie a été perforé sur le côté extérieur de la bande de roulement avec une lame de canif.
Qu'il restait environ seize litres dans le réservoir lorsque le choc a eu lieu.
Que le feu a été volontairement mis au milieu de la voiture.  
Que le vent ne soufflait pas de l'ouest, comme l'affirme l'accusé pour expliquer sa carence, des deux côtés de la carrosserie des parties ont retrouvées qui n'avaient pas été touchées par les flammes.
Que la voiture ne devait pas dépasser une vitesse horaire de 35 kilomètres, enfin que le réservoir d'essence n'était point éclaté mais seulement dégrafé.  

Sous cette avalanche d'accusations formelles Zaoui, qui maintenant s'aide de notes, ne trouve à discuter que les questions de vent et de vitesse, mais avec une telle acrimonie agressive que le témoin doit protester vigoureusement et de son impartialité et de sa qualité.

L'audience du matin est suspendue.

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 10:19

L’audience de l'après-midi

La cour entend encore quelques experts en début d'audience.
M. Jean Gomatier, ingénieur, qui a expérimenté le bidon d'essence lequel après diverses expériences à la chaleur n'était ni déformé, ni souillé intérieurement et il en conclut que ce bidon était vide lors de l'incendie.

Les conclusions de l'armurier

M. Granjean, armurier militaire, procéda de la même manière pour le revolver et ses conclusions sont formelles; pour qu'il y ait percussion et pour que la douille présente à sa base la petite cupule caractéristique, il est nécessaire que la détente ait été déclenchée par
l'action d'un doigt et il fait avec l'arme une démonstration aux jurés tandis que Zaoui s'écrie :
Je jure sur la tête de mes enfants que je n'ai pas tiré.

Le maréchal des logis Teissier, qui fit les premières constatations peu après l'accident, renouvelle les déclarations qu’il fit à l’information.
Sur la demande demande du président, il montre à l'aide de l'arme quelle était la position du revolver quand il l'a trouvé dans la voiture. Il n'a constaté aucune trace de brûlures sur Zaoui, qui, laissant les anciens combattants de la région monter la garde autour des restes d'Aubertin, est allé se coucher.
Sur le demande du président, il montre à l'aide de l'arme quelle était la position du revolver quand il l'a trouvé dans la voiture. Il n'a constaté aucune trace de brûlures sur Zaoui, qui, laissant les anciens combattants de la région monter la garde autour des restes d'Aubertin, est allé se coucher.

Le gendarme Demange est ensuite entendu et apporte cette horrifique vision :
Quand nous nous sommes approchés de la voiture, nous avons tout d'abord pris le corps de la victime pour un coussin brûlé.
Lui aussi a trouvé Zaoui bien calme. On aurait cru, dit-il «qu'il sortait d'un salon de coiffure ».

Denise Sentès, secrétaire de M. Aubertin, déclare que le lendemain de l'accident, Zaoui lui téléphona au sujet de divers dossiers et qu'il lui donna sa version de l'accident que nous connaissons maintenant. Mais, profondément émue au souvenir de son patron, cette employée se met à pleurer et c'est dans les sanglots qu'elle termine sa déposition.

M. Quitici Léopold, qui était le chauffeur occasionnel de M. Aubertin, fit le 5 décembre, avec lui, le voyage Alger-Inkermann où, après jaugeage, il constata que le réservoir contenait encore 5 litres. Les bagages emportés comprenaient une valise et deux serviettes bourrées de dossiers. Zaoui affirme que c'est lui et non Quirici qui a jaugé l'essence. Le témoin maintient sa déclaration. L'accusé se contente alors de dire.
Je conteste.

M. Gourion, qui vient ensuite, est le marchand d'essence de Relizane qui fournit un bidon à Zaoui, lequel paraissait très pressé.
M. Sirot, garde-barrière, raconte dans quelles conditions sa femme le prévint qu'un homme cherchait une voiture automobile et il alla chercher un voisin, M. Vaisseau, avec lequel il se rendit auprès de la voiture qui brûlait encore. Zaoui lui parut calme et pas du tout essouflé. Pendant que M. Vaisseau et lui près de la voiture accomplissaient leur lugubre besogne, Zaoui se promenait de long en large sur la route, les mains dans les poches.
Attitude à laquelle l'accusé trouve cette seule explication : « Je ne tenais pas en place. »

Un dialogue édifiant

Voici enfin Mme Sirot qui accueillit Zaoui à son arrivée à la maisonnette du passage à niveau, une demi-heure après qu'elle avait aperçu un feu dans la direction de la voiture incendiée.
Zaoui était calme, parlait d'une voix ordinaire et s'efforçait de se cacher la figure.
A deux kilomètres d'ici, il y a une auto qui brûle.
— Je vais chercher mon mari pour vous porter secours. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans la voiture ?
Il y a un homme qui brûle.
— Vous n'avez rien fait pour le sauver ?
Et Zaoui eut cette effroyable réponse :
Il y a longtemps qu'il est cuit. Et tout cela sans essoufflement, sans émotion, de la même voix calme qu'il dit maintenant au témoin:
C’est un langage que je n'ai jamais tenu.

Fin de la deuxième audience

Fernand HUGUES

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 11:01

Samedi 25 juin. Troisième audience.
(source : gallica.bnf.fr)

AUX ASSISES D'ORAN

Compagnons d'armes
et ex-collaborateurs
font l'unanime éloge
de Jules Aubertin

LES CONCLUSIONS DU BATONNIER TABET
pour l'audition du professeur Giraud
SONT REJETÉES PAR LA COUR

La victime avait déjà aperçu Zaoui
manipulant un revolver derrière lui


Plaidoiries et verdict lundi


Oran, 25 juin (de notre envoyé spécial). — Dès la reprise d'audience, ce matin, la cour entend les derniers témoins de l'accusation. Ce sont MM. Régis, adjoint au maire d'El-Biar et collègue de M. Aubertin au conseil municipal de cette ville ; Mathieu, commissaire de police du 4e arrondissement d'Alger, qui procéda avant la première autopsie à l'ouverture du double cercueil en présence des magistrats et des médecins et qui, l'opération terminée, scella le cercueil ; Mouzen, juge d'instruction qui assista de bout en bout à l'autopsie ; Vaisseau qui avec un rare courage retira des flammes les restes de M. Aubertin et donne cette précision qu'il a éteint l'incendie au moyen de poignées de terre prise tout près de la voiture dans un champ fraîchement labouré, ce qu'aurait également pu faire Zaoui.

La déposition du témoin suivant M. Peronnier Etienne, de Mostaganem, qui rencontra Zaôui à Noisy immédiatement après l'accident amène cette affirmation de ce dernier :
C’est la première fois que je vois ce témoin. C'est une fable arrangée pour la circonstance.
Ce qui ne manque pas de provoquer une vive et véhémente réaction de, la part de M. Péronnier.

M. André Costa, pilote aviateur, dit dans quelles circonstances il fut, au cours de la soirée du drame, suivi par une voiture dont le conducteur s'obstina à ne point le dépasser et dont il perdit de vue les lueurs des phares aux environs de l'endroit où la voiture de M. Aubertin percuta un eucalyptus.

M. Fernand Rocca est l'homme qui s'appropria un revolver trouvé une nuit dans la rue et le remit à Zaoui quinze jours environ avant l'accident.
Avec lui se termine la longue audition des témoins de l'accusation.

Les témoins de la partie civile

M. Agapiau, industriel à Alger, est le premier de ceux de la partie civile. Il fut, pendant trois ans, le collaborateur de M. Aubertin, un « patron rêvé ». Il dit sa bonté, sa foncière honnêteté et son exceptionnelle habileté dans la conduite des automobiles. Il confirme que M. Aubertin était parti à Oran pour régler les comptes de Zaoui.

M. Bérenguer, l'homme que Zaoui avait indiqué à M. Aubertin comme étant l'acheteur éventuel de la voiture et au nom duquel l'accusé avait même envoyé à la victime un mandat de 300 francs à valoir sur la soulte prévue, affirme qu'il n'a jamais pensé à acheter la voiture. Ce à quoi Zaoui répond que ce dernier ment effrontément parce qu'il a craint d'être lui-même inquiété dans cette affaire.

M. Peysson, architecte de la foire d'Alger, est un ami de M. Aubertin qu'il a vu peu avant son départ à Oran pour, lui avait dit la victime, récupérer des sommes dues par son agence d'Oran et liquider l'agence de cette ville où devaient se commettre des carambouillages.

M. Robin, actuellement à Alger, était, au moment du crime, président des anciens combattants de la région d'Inkermann. C'est lui qui, avec un soin pieux, rendit les suprêmes devoirs à la dépouille informe de la victime et qui, avec ses camarades du pays, monta autour d'elle une funèbre garde d'honneur.
M. Robin déclare que Zaoui ne sembla pas s’inquiéter de ces restes et ne vint à aucun moment s'incliner devant eux.
Je me tenais, dit alors Zaoui, à la disposition de la gendarmerie et le président de lui répondre :
— Vous vous y seriez aussi bien tenu dans la chambre mortuaire que dans une chambre d'hôtel.
C'est sur cette déposition que se termina l'audience du matin.

Audience de l'après-midi

Un grave incident entre le bâtonnier Tabet défenseur et la Cour

A 15 heures, à la reprise de l'audience, le bâtonnier Tabet demande à déposer sur le bureau de la cour des conclusions tendant à l'audition au professeur Girard, dont nous avons, hier, annoncé l’absence et à défaut demandant le renvoi de l'affaire à une session ultérieure.

Le bâtonnier Gandolphe, partie civile, demande de suppléer à cette absence par la lecture du rapport d'expertise de ce praticien, rapport qui pourra être si nécessaire commenté à l’intention des jurés par un des élèves du professeur Girard, actuellement docteur à Oran.

L’identification des balles

Me Tabet s'y oppose et dépose ses conclusions tendant au renvoi.

« Il importe, y est-il ait, dans l'intérêt supérieur de la justice et l'intérêt sacré de la défense que l'expert Girard soit entendu à la barre car il a conclu dans son rapport à l'identité de l'arme qui a tiré les balles meurtrières et celles de la confrontation alors qu’il avait préalablement déclaré être dans l'impossibilité de se prononcer et de déterminer ainsi avec certitude si les balles trouvées dans le corps de la victime ont bien été tirées avec le pistolet appartenant à Zaoui. »

Me Gandolphe, partie civile, s'étonne de ces conclusions alors qu il y avait eu au moment de l'appel des témoins accord unanime pour reconnaitre que la présence du professeur Girard n'était pas indispensable aux débats, qu’au surplus il n'y a point contradiction entre les deux termes utilisés par la défense. Le professeur Girard pensait primitivement pas pouvoir arriver à identifier les deux sortes de balles mais qu'il y est cependant parvenu, ainsi que l'indique l'exposé de ses travaux et qu'il croit pour cela que ses conclusions sont formelles.
                                                                                                                                 
Me Tabet insiste

Me Tabet. — L’accusation a ses témoins, la partie civile a ses témoins, la défense
n'en a aucun, Le seul qu'elle pourrait avoir est un témoin de l'accusation.
 
Il insiste donc à nouveau pour qu'il soit amené à la barre.
Le ministère public conclut à ce qu'il soit passé outre.
           
Me Tabet. — Je veux, j'exige la présence du professeur Girard. Si la cour ne me suit pas dans mes conclusions, je suis dans l'impossibilité absolue d'assurer utilement la défense de mon client. Je prends mes responsabilités. Que la cour prenne les siennes.
La Cour passe outre.

La cour se retire, délibère quelques instants et revient avec un arrêt aux termes duquel elle déclare qu'il n'apparait pas — ce qui a d'ailleurs été imprime au début des débats — que la présence de l'expert Girard soit nécessaire et qu'elle passe outre.

Le président. — M. le bâtonnier Tabet, abandonnez-vous la barre ?
Me Tabet. — M. le Président, il se livre en moi un débat dont seuls les héros de Corneille ont connu de semblables.
Le président. — M. le bâtonnier Tabet, je comprends très bien les honorables scrupules de votre haute conscience. Voulez-vous une suspension d'audience ?
M" Tabet. — Oui, M. le Président, j'ai besoin de réfléchir quelques instants.
Le défenseur reprend sa place.

A la reprise, le défenseur reprend sa place.
Je m'incline devant la décision de la cour et j'assurerai la défense dans des conditions malgré tout défavorables.
Le président. — La Cour, Monsieur le bâtonnier, connait votre haute conscience et elle est persuadée que vous saurez être à la hauteur de votre mission.
L'incident est ainsi heureusement terminé.

Le témoignage des compagnons d'armes de M. Aubertin  

C'est maintenant au tour des anciens combattants de venir apporter à la mémoire de leur regretté camarade un témoignage émouvant. Pendant leurs dépositions écoutées dans un religieux silence, de nombreux yeux se mouillèrent non seulement à cause des souvenirs évoqués mais aussi par l'admirable exemple de solidarité, de sincérité et de reconnaissance apporté dans le prétoire par une théorie d'héroïques et glorieux mutilés :

MM. Laffont, ancien délégué financier ; Chabassiere, directeur du Crédit municipal ; Ferrando, entrepreneur de maçonnerie ; Raoul Bergeaux, portant au cou le rouge ruban de commandeur et sur la poitrine la médaille militaire et la croix de guerre alourdie de onze palmes et à l'arrivée duquel la Cour s'inclina respectueusement ; Kerdavid, président de l'Interfédération des victimes de la guerre, vinrent dire aux jeunes les vertus militaires, les qualités de cœur, la réserve formidable de puissance physique de celui que les anciens combattants suivaient comme un exemple et adoraient comme une idole.
             
Puis ce furent des amis de la victime, MM. Dupré et Moulin, commerçants à Alger, qui apportèrent également au disparu leur tribut d'affection.
Enfin, Me Rethaud, possesseur d'une voiture Voisin identique à celle de M. Aubertin, donna des des précisions sur la technique de la voiture et les garanties  que son système électrique offrait contre les risques d'incendie.
 
Zaoui « s'amusait » avec un revolver

L'audience se termina par la lecture de la déposition de M. Villon, représentant de commerce, auquel M. Aubertin confia qu'un jour qu'il se trouvait dans sa voiture la conduisant avec Zaoui derrière lui, il avait dans le rétroviseur aperçu Zaoui manipulant un revolver. A quoi l'accusé répondit:
Je voulais m'amuser à tirer en route sur les poteaux télégraphiques.
Je n'ai pas tiré sur M. Aubertin, je le jure ».


Fin de la troisième audience.

Fernand HUGUES

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 15:21

piotr a écrit:

Ou cette photo fut-elle prise ?
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Nemo
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 15:44

La bécane, modèle 1868, est exposée depuis la fin des années 1970 au Musée du Moudjahid d’Alger.

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 7 Avr 2014 - 18:36

Merci Nemo pour cette info... si un jour je pars pour Alger... je sais ou aller...
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mar 8 Avr 2014 - 0:06

_______________________

Procès D’Aaron Zaoui.

Lundi 27 juin. Quatrième et dernière audience.
(source : gallica.bnf.fr)



Devant le palais de justice.
                                                           
Oran, 27 juin (de notre envoyé spécial). — Audience lourde d'atmosphère et de curiosité dans une salle surpeuplée d'un public haletant qui se presse debout dans les passages, aux portes et aux couloirs extérieurs. Au coin du palais de justice, une foule sans cesse accrue, de plus en plus fébrile, stationne de longues heures, matin et soir.
Et les débats commencent par une nouvelle intervention de la défense.

Le défenseur de Zaoui
demande un supplément
d'information


Le bâtonnier Tabet dépose des conclusions tendant à ce que soit ordonné un supplément d'information sur le point précis de la comparaison des douilles trouvées dans la voiture avec les douilles éjectées lors de l'expérience faite par l'expert Noël et que soit confiée la mission dont il s'agit à l'un des trois experts ci-après nommés au choix de la cour, MM. Gastine-Reynette, Flobert ou le docteur Locard.
Le ministère public demande le rejet du pourvoi et la partie civile déclare que cette expertise lui apparaît comme inopérante.

La cour rejette les conclusions de Me Tabet

Après quelques minutes de délibéré, la cour rejette ces conclusions, la mesure demandée ne lui apparaissant pas comme indispensable à la manifestation de la vérité.

________________________

La plaidoirie de la partie civile

La parole est maintenant au bâtonnier Gandolphe, avocat de la partie civile.
Et Me Gandolphe a plaidé d'abord d'une voix sourde et lente, comme s'il parlait au bord d'une fosse ouverte. On voyait près de lui une femme, et cette femme, dans sa robe de deuil dont le courage fut admirable tout au cours de ces débats parfois horrifiants, passe maintenant à ses mains gantées de noir, un mouchoir qui couvre ses yeux.
 
Me Gandolphe est un maître de l'argumentation des causes criminelles.
Il semble s'adresser à la froide raison et en même temps chercher le chemin du cœur. Puis il réfléchit et tout à coup il trouve une voix déchirante et des mots pleins de tristesse. Quand il eut tracé le portrait d'Aubertin, il dit combien il appréciait l'insigne honneur de prendre la parole dans ce prétoire et combien, à sa légitime fierté de défendre une juste cause, s'ajoutait celle de représenter un héros de la guerre devant les restes duquel les anciens combattants ont incliné leur drapeau et leur cœur et sont venus ici, parmi les plus glorieux, monter une garde suprême autour de sa mémoire. Et puis, Me Gandolphe se tourna vers Zaoui.
Alors, on vit se transformer le visage de l'avocat. Ses traits se durcirent sous les noirs sourcils, le regard flambait, cependant que soudain le timbre c'e la voix devenait plus âpre, presque brutal.

Zaoui soutient mal le choc

A chaque apostrophe, son front se penche, ses yeux se creusent, l'arc de la bouche se fiche en un spasme nerveux. L’avocat s'élève contre la tentative de l'accusé de se soustraire à la justice des jurés d'Oranie et cette tentative doit,elle aussi, être retenue comme un aveu de culpabilité. L'intime conviction seule compte, la loi ne demande aux juges populaires que d'être convaincus et elle leur ordonne de juger.
Les preuves, quelles qu'elles soient n'ont que la valeur que leur confère la sagesse et ces preuves, Me Gandolphe en démontre la force et la pertinence. Il les divise en deux catégories dont l'interdépendance est certaine, les intellectuelles et les scientifiques.

Les preuves morales

Dans le premier groupe, il place les plus importantes qui sont les preuves morales. Le passé de Zaoui, enchevêtrement d'escroqueries et d'abus de confiance, le mobile du crime, ses vols et la répercussion qu'ils auraient pu avoir sur le caractère indomptable de M. Aubertin. Puis la préméditation, la préparation du crime avec une minutie diabolique. Ses mensonges, ses contradictions, ses dénégations ridicules et ses folles accusations. L'invraisemblance de sa première version de l'accident, son attitude à Noisy-les-Bains, sa peur enfin, celle des grands assassins et, dit l'organe de la partie civile « rien que cela suffirait à vous envoyer à l'échafaud ».

Les preuves scientifiques

Puis Me Gandolphe en arrive à une partie plus ardue peut-être, celle de la discussion des expertises. Il la conduit avec une remarquable clarté. Il prend élément par élément chacun des rapports, étudie chacun d'eux et par des arguments qui portent.

Si l'on avait tiré entre la première et la deuxième autopsie l'entrée des balles se serait vue sur la carapace qui plaquait au dos de la victime. Il était impossible de tirer à ce moment-là puisque les douilles trouvées dans le corps à Alger provenaient du revolver de Zaoui et que cette arme se trouvait depuis les premiers instants de la première enquête entre les mains du juge d'instruction de Mostaganem. Les conclusions concordantes de tous les experts doivent donc être admises, les coups de feu ont été tirés sur Aubertin vivant, qui est mort ensuite carbonisé.
Il fait justice à ce sujet d'une suggestion odieuse de l'accusé. Il fallait qu'Aubertin soit assassiné pour que sa famille puisse toucher le capital d'une assurance par lui souscrite et il s'indigne avec véhémence de l'ignominie et  de la bassesse de l'argument.

L’audience de l'après-midi

A 15 heures, Me Gandolphe reprend ses démonstrations à l'aide de schémas et à chacune d'entre elles, la conclusion revient identique et implacable : « Zaoui. c'est vous l'assassin».
Et il conclut : « Jamais, dans aucune affaire, les preuves n'ont été plus accablantes et les documents plus démonstratifs de la culpabilité. Votre raison, messieurs les jurés, vous ramènera invinciblement vers l'horreur du forfait et l'horreur du crime. Pas de circonstances atténuantes. Songez aux trois petites filles en deuil, à l'épouse, au père et à la mère qui avaient déjà donné deux enfants à la patrie et vous condamnerez mémorablement. La famille,toutes les victimes de la  guerre, tous les mutilés, tous les honnêtes gens, attendent que justice soit faite.

Le ministère public

M. Pézot, ministère public, se lève ensuite. La cour avait salué les grands mutilés de guerre venus à la barre Nous nous devons, nous, de rendre respectueusement un pareil hommage au grand mutilé de guerre qu'est également le substitut Pezot. Il débute sur le ton de la plus attirante simplicité.
Dans une affaire, dit-il, où l'accusation a tant d'avantages sur la défense, où je n'ai que le mérite d'énumérer des faits et de compulser des documents, je serai bref.
La voix est douce, l'expression enveloppante ; on écoute. L'adversaire semble maintenant se rassurer. Tout à coup la griffe est partie vive et cruelle.

Le substitut Pezot entre d'emblée dans le point crucial de l'affaire : l'incendie. Il dépeint le drame dont Zaoui est le sinistre héros et en rappelle avec une acuité saisissante les diverses scènes. Les fait sont là implacables, le dossier se suffit à lui-même et I’avocat de la société l'étudiera rapidement.
Je n'essaierai pas, dit-il en terminant, d’influer sur votre sentimentalité.
Le crime est patent, prémédité, monstrueux et pour lui je n'envisage aucune peine intermédiaire. C'est la peine de mort que je requiers contre Zaoui.


_____________________

L’audience de nuit

La plaidoirie de Me André Tabet
 

Zaoui entre à vingt et une heures pour la dernière fois dans la salle des assises. On l'a, pour cette audience majestueuse, entouré d'une garde renforcée de six gendarmes. La salle est bondée.
Enfin un cri retentit : « La cour ! ».

On avait fait crédit au défenseur de Zaoui. Il paie. Nous attendions une belle plaidoirie. Nous l'avons eue. Lorsque, dans une salle bouillonnante comme une cuve, le président eut prononcé la phrase attendue « La parole est à M. le bâtonnier Tabet pour la défense », il y eut dans la salle une sorte de remous puis tout se figea dans un silence absolu.

L’avocat est debout, fort pâle, les mains posées à plat sur la barre. Il prend un long temps puis il commence, non point sur le mode grave qu'on attendait, mais avec une politesse féline, une lenteur où se concentre tout le magnétisme de la volonté. Après quoi le ressort casse et Me Tabet se lance dans la lutte la tête haute, l'œil flamboyant et il se donne magnifiquement tout entier. Son appel désespérément pathétique est écouté dans un grand silence par une salle ardente et dans l'effroi de l'angoisse par Zaoui, calme et immobile sur son banc.

J’apporte, Messieurs, dans ce débat une grande force pour, avec toutes les énergies de mon être, vous démontrer que vous allez accomplir une effroyable erreur judiciaire à laquelle avec un égal talent on vous a convié des deux côtés de la barre.

Le défenseur rappelle les éléments de passions extérieures qui pesèrent sur les premières données de l'information judiciaire et dont les auteurs tentèrent de troubler l’opinion publique. On a créé contre cet homme un tel courant de répulsion et de dégoût que le défenseur en arrive à se demander s'il aura la force de le remonter. Le bâtonnier Tabet étudie l'une après l'autre les pièces du dossier, les excellents renseignements fournis sur l'enfance de l'accusé, puis de toute son âme et de tout son talent, il discute pied à pied les lourdes charges de l'accusation et s'efforce d'en atténuer dans l'esprit des jurés attentifs inlassablement la fâcheuse impression.
La plaidoirie de M" Tabet se termine à minuit et demi.

On entend ensuite la réplique de M.Gandolphe au nom de la partie civile et celle du ministère public.
Zaoui proclame à nouveau son innocence.
                                                                                                                                           
La délibération du jury

Le jury entre à 1 h.15 dans la salle des délibérations.
Dix à quinze mille personnes stationnent devant le palais de justice, attendant anxieusement le verdict. La place et le jardin sont littéralement noirs de monde.

Le verdict

A 1 h. 45, les jurés entrent, blêmes, impénétrables, sous les yeux de miue gens qui n'ont plus qu'un seul regard. Puis on voit le président du jury, debout, la main sur le cœur, un feuillet tremblant devant le visage. Il répond « oui » à la question d'homicide volontaire et également « oui » à la question de préméditation. C'est donc la peine de mort.



Aaron Zaoui
Gardes, dit le président Esnaud, d'un ton ferme, introduisez l'accusé.
Alors, tous et toutes se tournent, se pressent afin de mieux voir le visage de l'homme que l'on savait condamné et qui allait l'apprendre.
La Cour se retire. L'absence des magistrats paraît interminable. Ils rentrent enfin.
Au prononcé du jugement, Zaoui se lève dans le box et, s'adressant au jury, il dit :
« Vous avez condamné un innocent, tas de salauds ! ».                                                         
Puis il sort et s'enfonce dans l'obscurité de la voiture cellulaire et de la nuit, de la nuit qui voile déjà faiblement les premières lueurs de l'aube sur le rougeoiement de laquelle se dresseront sous peu, deux grands bras noirs.

Fernand HUGUES.


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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mar 8 Avr 2014 - 9:57

* Après la condamnation de Zaoui  un pourvoi en cassation est déposé.
                                                                                                       
Il fut présenté par maîtres Mayer et Pluyette.
Ce dernier développa oralement deux des six moyens du mémoire écrit.  
Il expliqua que la défense avait, devant la cour criminelle, déposé des conclusions tendant à l’audition immédiate du professeur Girard et que la Cour avait répondu par un arrêt déclarant « qu’il n’y avait pas lieu au renvoi sollicité et, qu’en conséquence, il devait être passé outre aux débats ». D'où maître Mayer concluait que les magistrats n'avaient pas répondu aux conclusions, qui ne demandaient nullement un renvoi de affaire, mais une audition au cours des débats, se prolongeant pendant plusieurs audiences, C'est donc la cassation de l'arrêt du 28 juin que demandait le défenseur.
Le rapport du conseiller Léon Ducom et les réquisitions de l'avocat général Carrive concluaient, au contraire, au rejet du pourvoi.
Le 26 octobre, la Chambre criminelle rend son arrêt : le pourvoi d'Aaron Zaoui est rejeté.


(d’après le Journal des débats politiques et littéraires, du 28-10-1938).

* Le recours en grâce

Le 19 décembre 1938, Maître Tabet est reçu par le président Albert lebrun. 
                                                             
__________________________
Quotidien l’Echo d’Alger, du 30 décembre1938.
(source : gallica.bnf.fr)                                       

Les exécutions

TROIS TÊTES TOMBENT A ORAN

HENRI ZAOUI  A ÉTÉ GUILLOTINÉ HIER MATIN


L'assassin de Jules Aubertin
a marché courageusement à la mort

 " Je meurs innocent ! "
a-t-il clamé en face du couperet


Son exécution a été immédiatement précédée                                                            
de celles de deux indigènes

Une foule énorme maintenue au loin par le service d'ordre
aux derniers moments du condamné


[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]

La nouvelle du rejet de la grâce de Zaoui avait été officiellement tenue rigoureusement secrète, de même que celle du jour de son exécution qui ne fut communiquée aux autorités Oranaises que mercredi vers le milieu de l'après-midi.

Si l'information sur le dernier acte du drame de Noisy-les-Bains avait cependant transpiré parmi la population algéroise, aucune précision n'était généralement connue à Oran. On savait bien que deux indigènes, Fakrar Mohamed ould  Abdelkader, dit «Tayeb», et Nour Taher ben Saïd, dit «Djir Tahar», agresseurs et voleurs notoires du quartier nègre et auteurs, le 10 mai 1936, de deux assassinats dont l'un leur avait rapporté 15 francs et l'autre 3 francs, devaient, en vertu d'un arrêt de la cour criminelle d'Oran, être probablement exécutés le lendemain, rien de précis n'était encore ébruité sur le sort de Zaoui.

Les bois de justice étaient arrivés le matin même et les desservants de la « veuve » quelques heures après ; mais rien encore, en ville, dans l’attitude et les conversations des citadins, ne permettait de soupçonner l'imminence du tragique événement. Le soir, à la sortie des magasins et des bureaux, les nombreuses et belles filles qui font la parure chatoyante du boulevard Séguin accomplissaient, comme à l'accoutumée, dans des cascades de rires, leur vespérale promenade sous le rutilement multicolore des annonces lumineuses et l'éclat flamboyant des vitrines.

La nouvelle se répandit assez tard que trois têtes et non plus deux seulement seraient remises à M. d'Alger et à ses aides. Ce fut alors comme une traînée de poudre. Dans les cafés, où la vie se poursuit, ici, suivant la coutume espagnole, jusqu'à une heure avancée de la nuit, elle fit bientôt l'objet unique et général des conversations.
Aucune fièvre cependant dans des controverses quelquefois animées entre interlocuteurs de races différentes et qui s'opposent parfois. La justice populaire avait prononcé son verdict, toutes les voies légales de recours avaient été épuisées; plus rien ne pouvait différer l'échéance inéluctable.

Aussi, dès minuit, à pas feutrés et conversant à mi-voix, des groupes nombreux se dirigent vers la nouvelle prison civile qui, au-haut du boulevard Paul-Doumer, face à un ancien champ de manœuvre, à l'intersection des routes de Valmy et du cimetière de Tamaschouet, dresse la blanche et froide nudité de ses bâtiments neufs.

Une foule hétéroclite

Un peu plus tard les salles de spectacles, et plus tard encore les dancings apportèrent leur appoint de gens curieux et aussi de fêtards blasés avides de sensations nouvelles. Tous ceux qui déjà sur place veillaient par devoir professionnel ne virent pas sans inquiétude les terrains avoisinants progressivement envahis par une foule où se remarquaient des couples trop élégants. D'aimables personnes mieux faites pour étinceler aux lumières d'une réunion mondaine exhibaient des fourrures audacieusement parfumées. Des autos, aux phares brutaux, amenaient cette foule frivole, jacassante et indifférente à l'angoisse du moment.

M. le Commissaire central, les colonnes de tirailleurs sénégalais, de tirailleurs algériens, de zouaves, de gardes mobiles, qui occupaient un carré d'environ quatre cents mètres de côté, mirent bon ordre à cette regrettable invasion dès 3 heures du matin.
S'il n'avait fallu que montrer patte blanche, les belles de cette nuit eussent été sauvées. Mais il était nécessaire de justifier d'une obligation professionnelle et d'une rigoureuse identité préalablement contrôlées par les services préfectoraux. Et la police sut dénicher les plus audacieuses tapies au fond de voitures, en d'invraisemblables recoins et jusque sur les murs d'un cimetière voisin.

Plusieurs milliers de personnes sont là (*), maintenant refoulées et maintenues par un double barrage jumelé, à plusieurs centaines de mètres du lieu de l'exécution, dont elles n'apercevront probablement rien. Mais elles demeurent pressées les unes contre les autres en plusieurs rangs, stoïques sous la froideur glaciale de cette nuit de décembre, dont l'aube tarde à dissiper dans le ciel les myriades d'étoiles qui y scintillent d'un admirable éclat.

(*) Un blog consacré au Maghreb cite le chiffre de 10 000 personnes. On sait que le nombre de spectateurs rapporté dans des articles de journaux, des rapports de police, n’était pas toujours fiable, parfois très exagérément grossi. Cette petite note ne préjuge pas de l’inexactitude du nombre avancé ci- dessus.

A quatre heures, les soubassements de la sinistre machine sont assemblés sur le macadam de la route, à vingt-cinq mètres environ de la porte de la prison. La mollesse de la terre 
meuble qui y donne immédiatement accès n'offrant point assez de garanties pour assurer une stabilité suffisante pendant les trois opérations qui doivent se succéder à un rythme accéléré.
                                                                                                                                 
Sur la route

A quatre heures trente, les barrages massifs n'encadrent plus qu'une cinquantaine de témoins, tandis que la foule, dans le lointain, forme une haie d'ombre indécise violemment trouée à un moment par un large éclat de magnésium. C'est un photographe qui a essayé d'opérer à l'aide d'un encombrant appareil à pied que la police a tôt fait de saisir.

Les préparatifs de M. d'Alger
                                                                                                                     
M. Roques (Henri Roch), coiffé de son melon réglementaire et vêtu d'un imperméable mastic et ses aides, affublés de cottes bleues, se mettent au travail. La déclivité du sol de la route rend difficile la besogne accomplie en silence, à la lueur de deux lampes électriques placées à cet effet entre deux poteaux télégraphiques. Aidé de son niveau d'eau, comme un bon ingénieur, M. d'Alger rectifie l'équilibre de sa machine qui dresse bientôt ses deux bras noirs vers les étoiles.

Sur une place maintenant dégagée, face aux murs blancs du bâtiment pénitentiaire, la « Veuve » donne l'illusion d'une extraordinaire hauteur.
Des arroseuses municipales s'arrêtent qui serviront tout à l'heure au nettoyage rapide de la chaussée, ensanglantée, puis deux fourgons des pompes funèbres qui transporteront les corps à leur cimetière respectif. Une voiture de tourisme, vide, est placée non loin de là; elle servira tout à l'heure de vestiaire aux aides lorsqu'ils endosseront leurs costumes noirs.

Il est 6 heures. Le jour tarde encore à paraître. Déjà cependant l'on reconnaît les officiels arrivant par groupe :
MM. Regismanset, procureur de la République ; de Viniout, substitut ; Rocca, juge d'instruction ; Mes Brizon et Bourlaud, défenseurs de Fakrar et de Nour ; M. le bâtonnier Tabet et Me. Murtula, défenseurs de Zaoui ; MM. Herréra, greffier d'instruction ; Louet, greffier d'assises ; Askinadzi, grand rabbin ; Abordgel, du consistoire ; Bourek-bah Abdbelkader, cadi ; le muphti Ben Khalfat el Abib ben Abdelkader, etc.

Attente angoissante

A 6 h.15, les lumières sont éteintes. Brusquement, à droite, imposante, se détache la lourde masse du rocher du Santa-Cruz surmontée de son frêle oratoire.  
La vaste esplanade apporte dans cette subite pénombre son immense et lourd mystère dominé par le moutonnement confus des rumeurs de la foule, traversé par des bruits divers : piétinement des chevaux, l'activité quotidienne qui s'éveille dans les gares et les usines environnantes, roulement produit sur le sol par les hommes du service d'ordre qui frappent du pied pour se réchauffer.
                                                                                                                               
Une étoile filante irradie le ciel. Des commandements se font entendre dans une caserne toute proche. Dehors, les rares assistants sont étroitement groupes près de la machine justicière. Très pure, l'aube commence à éclaircir l'horizon. Il fait froid. On peut maintenant voir l'ensemble des masses humaines contenues par les barrages et des grappes de spectateurs agrippés aux arbres, perchés sur les murs, les toits et les terrasses environnantes.

Le réveil du condamné

Six heures trente, c'est l'instant du réveil. On se regarde sans mot dire.
Les magistrats pénètrent dans la prison. Ils vont aux cellules des condamnés. Arrivés à celle de Zaoui, ils le trouvent éveillé, étendu sur son lit.
M. Regismanset s'avance :
— Zaoui, ayez du courage, votre recours en grâce est rejeté.
Qui êtes-vous ? lui demande le condamné de la même voix sourde que nous avons entendue aux audiences.
                                                                                                                           
M. Regismanset se fait connaitre et l'homme auquel il ne reste plus que quelques minutes à vivre dit au procureur de la République :
Je n'ai qu'une déclaration à faire ; sur la tête de mes trois enfants je jure, au moment où je vais mourir, que je suis innocent du crime dont on m'accuse.
Le coupable c'est
(et il cite ici un nom) qui connaissait bien le regretté Aubertin et sa veuve. C'est après la première autopsie, après le départ des trois médecins et avant l'arrivée, une heure plus tard, du commissaire Mathieu, qu'il a tiré les trois balles dans le cadavre pour toucher la prime d'assurance de trois cent mille francs.
» J’adjure la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, de rechercher et de punir le vrai coupable
. »
                                                                                                                               
Cette déclaration, dont nous avons respecter autant que possible l'intégrité du texte, a été faite d'une voix calme et posée par Zaoui, au procureur de la République, qui l'a recueillie et consignée. Puis, rapidement, ce sont les prières, la lugubre toilette, la satisfaction des dernières volontés.

Première exécution

Dehors il fait plein jour et le soleil brûle de ses premiers et ardents rayons.
Il est 7 h. 15. Un silence subit. Les deux battants de la large porte brune s'ouvrent. L'assistance n'a plus qu'un seul regard. Fakrar apparaît le premier, exsangue, défaillant, presque porté par les deux hommes noirs. Il a cependant la force de faire, de la tête, un signe d'adieu à un gardien qu'il aperçoit sur sa droite. Le bruit sinistre du déclic se fait entendre. Un corps roule dans le panier.
Armés de seaux, d'arrosoirs et d'éponges, les aides s'activent tandis que M. d'Alger remonte le triangle d'acier, rajuste le déclic, puis fait un signe de la main droite.

Une deuxième tête tombe
                                                                                                                              
Et c'est alors, à 7 h.16, Nour Tahar qui s'encadre dans le rectangle de lumière. C'est un négroïde à la forte carrure. Il marche la tête droite. Il a aux lèvres une cigarette qu'il crache lorsqu'il voit la machine.
Et rapidement encore, justice est faite.

Zaoui marche à la mort

Il ne reste plus à Zaoui que quelques secondes de vie. Il est 7 h.17. La porte s'ouvre à deux battants pour la troisième fois. Le voici. Il n'a plus son veston bleu croisé. Son cou est nu. Le col de sa chemise blanche largement échancré jusqu'aux épaules.
Lui aussi dit un dernier adieu à des gardiens. Il est brave, mais si pâle !
Tout son large corps est tendu jusqu'aux lèvres mêmes, bandé comme une corde d'arc. Mais il marche. Il a franchi quelques mètres. Il regarde la guillotine.

Je meurs innocent !

Arrivé près de la bascule il aperçoit dans le panier l'horrifiant spectacle des deux corps qui l'y ont précédé. Il a, de tout le buste, un mouvement de recul. Il tourne la tête a gauche. Il crispe la mâchoire en un réflexe que nous lui connaissons ; et il crie très distinctement : « Je meurs en innocent ! ».
On le saisit, il est précipité sur la planche, on le pousse et le couperet tombe pour la troisième fois.

Justice est faite

Dans un silence impressionnant un seul bruit : le bruit — ce bruit terrible, unique ! — du lourd couteau déclenché. Pas un murmure, seul un halètement qui passe comme un souffle se produit dans la foule immense. A-t-on seulement vu ?
En un éclair tout est terminé. Il est 7 h. 20. Les fourgons funèbres s'approchent, les aides en descendent les cercueils qui se referment sur leur lamentable proie, et qu'ils enlèvent ensuite comme un travail de force, en athlètes.
Les fourgons repartent vers les dernières demeures, encadrés de gardes mobiles à motocyclettes. Les officiels s'en vont. La foule se disperse lentement. Me Tabet qui a suivi l’exécution, est là, devant la prison. L'éloquent défenseur est livide. Il nous dit ce que furent les derniers instants de son client.

Fernand HUGUES

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MessageSujet: Exécution à Bouira. 4 août 1909. Cherigui Mohamed ben Mohamed   Mer 9 Avr 2014 - 16:25

CHERIGHI
Mohamed ben Mohamed
: 1888
Date de la condamnation : 02/04/1909
Motif de la condamnation : assassinat suivi de vol sur la personne du sieur DUPONT, colon dans la banlieue de Bouira.
Juridiction : cour criminelle d’Alger
Date de rejet: 30/07/1909
Remarques : le condamné a été exécuté le 4 août à Bouira.

(source : Archives nationales [site de Paris] - Dossiers de recours en grâce de condamnés à mort 1900-1916, par Denis Habib).

______________________
                                                     
Revue l’Afrique du Nord Illustrée , du 21-08-1909.
(source : gallica.bnf.fr)

EXÉCUTION CAPITALE A BOUIRA

DÉCIDÉMENT, Monsieur d'Alger travaille. Après Bossuet où il a « opéré » trois condamnés, Bouïra où il a exécuté un tout jeune indigène de 20 ans à peine, accusé d'un crime abominable. Cherighi Mohamed ben Mohamed fut condamné par la Cour criminelle d'Alger, le 1 avril dernier, pour assassinat et vol qualifié. Rappelons brièvement les faits :

Le 8 avril 1908, dans la matinée, M. Claude Dupont, colon des environs de Bouïra. se rendait au marché de celle localité avec sa tille, laissant à sa ferme, pour la garder, son jeune fils François, âgé de 20 ans.
Dans l'après-midi, le jeune homme était couché dans l'aire à battre, lorsque, réveillé en sursaut par les aboiements de son chien de garde, il se trouvait, tout à coup, en présence de plusieurs indigènes, parmi lesquels était Cherigui.
Les indigènes prièrent le jeune homme de leur lire un avertissement des Contributions diverses, et, pendant qu'il était occupé à cette lecture, ils lui portaient sur la tête un violent coup de matraque qui assomma à demi le jeune homme.

Cependant, comme le fils Dupont n'était point mort, les indigènes, parmi lesquels Cherigui et un complice, Saïdi Ahmed, lui portèrent d'autres coups de matraque et finalement lui tranchèrent la tête.
Arrêtés peu de temps après le crime Cherigui et Saïdi Ahmed finirent, après quelques interrogatoires, par avouer en partie leur forfait.
La Cour criminelle, devant qui comparurent les deux inculpés, se montra impitoyable et condamna Cherigui à la peine de mort et Saïd aux travaux forcés à perpétuité.



La guillotine dressée sur la place de Bouïra. Le public attend la venue des (!…du) condamnés.
Photo H. Besson prise à 4h.10 du matin.
L'exécution a eu lieu le 4 août, à 4 heures 1/2du matin, sur la place publique de Bouïra, que représente notre photographie. L'altitude du condamné fut peu courageuse et il fallut presque le porter jusqu'à l'instrument du supplice tant était grande sa frayeur de la guillotine.

Contrairement à ce qui se passa pour l'exécution de Bossuet. les colons de la région étaient venus au nombre d'un millier environ assister à celle exécution, as un cri ne fut proféré, pas un applaudissement ne troubla le silence qui planait, lugubre, sur la petite place à peine éclairée par un jour blafard. Mais si les habitants de Bouïra et de la région ne manifestèrent pas leur satisfaction de façon bruyante et déplacée, ils firent comprendre par leur attitude la satisfaction qu'ils ressentaient d'être débarrassés pour toujours d'un bandit qui était la terreur de la région.
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mer 9 Avr 2014 - 23:06

Relevé dans la revue l’Afrique du Nord Illustrée à propos de la triple exécution capitale du 28-06-1909, à Bossuet et de l’exécuteur Pierre Lapeyre :
Voir : http://guillotine.cultureforum.net/t937p180-la-veuve-en-algerie
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____________________

L’Afrique du Nord Illustrée, du 17-07-1909.
(source : gallica.bnf.fr)

CHRONIQUE DU MOIS

Au cœur d'une saison peu propice aux manifestations artistiques, j'ai vu travailler un grand rôle à la faveur d'une mise en scène grandiose que rehaussait la plus brillante figuration qui se puisse imaginer.
La pièce se jouait en plein air, à l'instar de celles que nous donna, Sylvain à la prière de M.René Garnier. Le soleil remplaçait avantageusement les chandelles, et les traîtres — ils étaient trois — eurent ceci de particulier que le justicier les immola pour de bon sur la lin du spectacle.

On a raconté maintes anecdotes sur le trac qui paralyse les plus grands artistes à leurs débuts. Je ne crois pas que M. Lapeyre ait échappé au sort commun lorsque sur la place publique de Bossuet, guetté par les quelques cent mille Algériens que représentait la presse, il opéra la plus sensationnelle et la plus tragique des rentrées.
Il n'est pas, en effet, de rôle en apparence plus simple, mais demandant en réalité plus de sang-froid, plus de possession de soi-même que celui de bourreau. Le jeune premier et la grande coquette peuvent à loisir « répéter » la fameuse tirade qui arrachera des larmes authentiques à l'abonné le plus endurci. La forte chanteuse peut travailler sa voix en prévision du grand soir; la prima gamba repasser ses pointes au foyer de la danse.

L'exécuteur des hautes-œuvres, quel que soit son amour du travail, en est réduit à monter, à démonter sa machine et à opérer à blanc aussi longtemps que la clémence présidentielle le relègue dans la plus obscure des coulisses. Il ne connaît pas ses futurs partenaires, ignore tout de leurs façons jusqu'à la minute où le Procureur de la République l'autorise à entrer en conversation avec eux. Or, de même qu'il existe dans l'arène autant de modes d'attaque qu'il est présenté de taureaux, de même chaque condamné a son tempérament.
On rencontre le jemenfichiste qui marche à la guillotine comme nous allons au bureau de vote: le résigné qui a hâte d'en finir ; le roublard qui fait durer le plaisir en allongeant sa confession et en buvant à petites gorgées le coup de l'étrier ; le sournois qui feint la docilité et, d'un coup de genou, casse trois dents au premier aide tandis que le camarade lui attache les chevilles.

Et, pas moyen de se renseigner à l'avance sur l'attitude du patient, impossible de prévoir sa réplique en se basant môme sur ses antécédents, sur son humeur habituelle, sur son état de santé. Témoin, ce triste Mohamed ben Sliman, rongé par la tuberculose, traînant vers la guillotine un souffle de vie et qui, entravé étroitement, trouva le moyen, en s'agrippant du ventre, de la poitrine et des genoux à la bascule, de résister durant cinq secondes aux quatre auxiliaires de Monsieur d'Alger.
M. Lapeyre fut-il ému avant d'envoyer dans l'éternité les trois bandits que M. Leclerc confia à ses bons soins ? Il est difficile d'en douter. En tous cas, il n'y parut point, tellement cet habile homme s'acquitta de sa mission délicate et redoutable avec une maestria qui n'eut d'incomparable que sa modestie.

Car cet homme de premier plan est un modeste. Il abhorre les effets de manchettes et les poses héroïques. Je l'ai vu, dans une petite salle de la mairie de Bossuet, approcher les condamnés déjà ligotés de près et corriger un faux pli, déplacer une épingle. On eut dit un maître-tailleur pour petits bourgeois essayant un complet à vingt-sept francs cinquante à la moins fortunée de ses pratiques.
Puis, quand la toilette du farouche Nour Bouchta — le dernier servi parce que le plus difficile — fut terminée, on vit M. Lapeyre traverser sous les regards avides d'un public de choix les quarante mètres qui séparaient la prison improvisée de la guillotine. Et ceux qui ne l'avaient jamais approché refusèrent, tellement son allure était quelconque, sa démarche neutre, de reconnaître en lui la grande vedette du jour.

Il se plaça à son poste, contre le bras gauche de la machine, et son attitude disait visiblement aux curieux : « Ne faites pas attention, je suis pour très peu de chose dans tout ceci ; l'intérêt est ailleurs... »
Ce fut, je le répète, du grand art.
Quand l'émouvante pièce fut jouée, et vivement jouée, je vous en réponds—quatre minutes pour façonner trois cadavres, — M. Lapeyre devint un un autre homme. Et le second valait le premier.

Le hasard —est-ce bien le hasard — me permit d'effectuer en sa compagnie une partie du voyage de retour. Je lui ai posé des questions indiscrètes auxquelles il a répondu avec honnêteté.
— Ce doit être — pensai-je tout haut — un terrible moment à passer !
Vous sentez bien qu'en m'exprimant ainsi je songeais surtout aux clients passés et futurs du bourreau. Mais Monsieur d'Alger ne songeait, lui, qu'à son art.

Oui, monsieur, reprit-il, c'est un terrible moment à passer pour nous.
Le sentiment de la responsabilité qui pèse sur mon collègue de Paris et sur moi-même, pendant la seconde d'incommensurable émotion que nous vivons entre la tombée de la bascule et la chute du couperet, est tel qu'il faut une puissance inouïe sur soi-même pour demeurer maître de sa volonté. L'appareil est d'une simplicité sans égale. Deux déclics : l'un commande la lunette, le second le couperet. Hé bien, on a beau se répéter des milliers de fois durant les nuits d'insomnie qui précèdent une opération : « Méfie-toi, pas de gaffe ; la lunette d'abord, le couperet ensuite. » quand le corps du condamné quitte la position verticale, on est tenté d'intervertir l'ordre des gestes, et, alors, c'est l'inconnu…

— Avec la révocation au bout !
Vous l'avez dit. Combien précaire est notre situation !
— Elle ne tient qu'à un fil.
Si vous faites allusion à mon prédécesseur, à ce pauvre M. Raseneu, vous ne sauriez mieux dire.
— Ah oui, le col incomplètement tranché... le couperet remontant inutilement par trois fois et puis, pour en finir, le rasoir...
Quelle légende, monsieur, légende injuste et affligeante, j'étais là et je puis, n’est-il pas vrai, en parler savamment. En réalité, la tête du condamné était parfaitement tranchée et le particulier était aussi mort à lui seul que les trois assassins de Bossuet. Mais la partie supérieure de la lunette n'ayant pas mordu sur la partie inférieure, la partie antérieure du cou ne porta pas suffisamment et la tête, après la chute du couperet, resta suspendue par une lanière de peau. C'était peu, moins que rien, mais c'était trop. M. Raseneu dut se retirer.
Pratiquement, l'exécution était parfaite. Administrativement, c'était un raté.

— Administrativement !... Combien vous dites vrai, monsieur Lapeyre !
Avant de grimper dans la voiture qui nous conduisit de Bossuet à Magenta, il m'a été possible de lire, par-dessus l'épaule du greffier qui le paraphait, le procès-verbal de la triple exécution. J’en transcris la fin :


« En conformité des articles 52 du décret du 18 juin 1811 ; 379 du code d'instruction criminelle ; 83, 79, 85 du code civil,
« Nous nous sommes rendus sur la place publique de Bossuet, désignée comme lieu d'exécution. A cinq heures du matin, nous avons vu la tête de chacun des dits Chcick ould Cheick, Mohamed ben Sliman et Nour Bouchta tomber sous le couteau de l'exécuteur Lapeyre, assisté de ses aides.
« Nous nous sommes rendus ensuite à la mairie de Bossuet pour y remettre à l'officier de l'état civil les renseignements prescrits par l'article 79 du code civil. .
« De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal que nous avons signé les jour, mois et an que dessus, à 5 h. 11 minutes du matin. Signé : Thibaud. »


Et, en marge, d'une écriture dépourvue d'émotion, cette note :
« Rayé six mots nuls ! »

[size=14]Oui, rayé six mots nuls ! Heureusement ; sans quoi l'exécution était viciée.
En termes ironiques, j'ai fait part à M. Lapeyre de ma découverte. Il n'a pas souri. J'avais eu le mauvais goût de railler l'administration. Or, il est fonctionnaire.
Pendant trois kilomètres, nous avons roulé en silence, tout à nos pensées. Puis j'ai voulu griller une cigarette, mais il me manquait le principal : les allumettes. Monsieur d'Alger avait les siennes. Poliment, il me les tendit. J'en usai, puis :
— Merci, monsieur Lapeyre.
— A votre service ! répondit le bourreau.
J'ai, vous n'en doutez point, la conscience tranquille. Et cependant, à cette offre de service, je me suis senti froid dans le cou...

F. BEUSCHER


Dernière édition par mercattore le Mer 10 Déc 2014 - 9:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Trois Arabes assassins exécutés en Algérie   Ven 18 Avr 2014 - 16:11











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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 20 Avr 2014 - 21:11

 flower Bravo Adeylayde
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 20 Avr 2014 - 22:19

Merci Piotr !

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 25 Avr 2014 - 19:03

Exécution de Juan Vidal, dit Figarette (parfois Figuerette), le 24 mai 1910, devant la prison civile d’Alger.

Vidal avait été condamné à la peine capitale par la cour d’assises d’Alger, le 02-03-1909, pour un triple assassinat — suivi de vol — commis à Kouba le 18-05-1909, chez la famille Coll :
- Les frères Coll, Joseph 24ans, et Pierre,15ans.
- Mme Coll, leur grand-mère, 79ans.

Grâce rejetée le 18-05-1910, par le président Armand Fallières.

° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °  ° ° ° ° ° ° ° °
L’Afrique du Nord illustrée, du 05-03-1910.
(source : gallica.bnf.fr)
Extrait de la Chonique du mois, de Pierre.

Dans le sombre caveau de la Cour d'assises d'Alger, réchauffé par l'haleine du public qui s'y entassait, les robes rouges des magistrats mettaient autant de taches de sang qu'il, y en eut dans la ferme de Birkadem après le martyre de Joseph Coll, le massacre de la pauvre vieille et de son autre petit-fils.

Figuerette — petit figuier — ce surnom lui fut donné aux Baléares alors que, jeune pâtre insouciant, il gardait les chèvres sur les collines dont la grande mangeuse d'hommes vient battre le pied.
C'est un adolescent que l'on devine d'une souplesse féline ; immobile devant les huit gendarmes qui le gardent, il n'a pas un tressaillement, pas un geste, tandis que, durant deux longues heures, l'avocat général réclame une quatrième tache de sang qui rougira, celle-là, les montants de la guillotine.

A quoi pense-t-il, le petit figuier. Au tour de la petite ville espagnole dans lequel fut déposé, il y a quelque vingt -quatre ans, son corps nu de nouveau-né ? A la mère coupable qui peut-être vit heureuse dans l'île natale, ignorant que le fruit de sa faute a donné la mort à trois innocents ?
Pense-t-il jà Joseph Coll, lardé de vingt coups de couteau et arrosant de son sang généreux le sillon déjà fécondé par ses sueurs ? A la grand-mère dont il écarta les mains qui se joignaient vers lui pour l'immoler à quelques pas du cadavre de sa première victime ? Au petit Pierre qui dort sous sa tombe blanche entre le frère aîné et l'aïeule ?

Nul ne saura à quoi pense le petit figuier. Ni l'interprète, ni les jurés qui cherchent à lire ce qui se passe sous le crâne de l'accusé, ni son avocat dont la défense pathétique ne pouvait être qu'un simple morceau d'éloquence.  
Figuerette semble être le seul qui ne suive pas les débats dont sa tête est pourtant l'enjeu. A part un rapide battement de paupière animant de temps à -autre sa physionomie, rien ne trahit la vie et la pensée qui habitent son corps.
                                                                                                                                                   
Sur la table des pièces à conviction traînent des linges sanglants, des vêtements déchirés, des armes formidables : un long poignard kabyle, un large coutelas de boucher, un revolver de calibre moyen. Parmi cet arsenal figure un petit, un faible couteau de poche, presque un canif. Quiconque se servirait de cette arme d'apparence ridicule pour affronter le danger, prêterait à rire. Ce n'est pourtant ni avec le revolver, ni avec le coutelas, ni avec le poignard que Figuerette a fait trois victimes. C'est avec le petit couteau de poche, le débonnaire couteau qui semble fait pour tailler des pipeaux ou partager des fruits que l'assassin a ouvert la gorge à trois personnes.

Et que de paroles shakespeariennes entendues au cours de ces cinq audiences I C'est le père Coll, statue de la douleur et de la colère qui, invité à caractériser les relations qu'il entretenait autrefois avec l'assassin, déclare : « C'était un rigolo, depuis quinze ans, c'est l'homme qui m'a fait le plus rire I »

C'est la petite Jeanne qui, sans se douter qu'elle égale l'Electre aux voiles noirs appelant la vengeance des hommes et celle des dieux sur la tête des meurtriers de son père, dépose :
« Pendant que Figuerette fouillait les meubles, je trempai mon doigt dans le sang de mon pauvre petit frère et je commençai à écrire le nom de l'assassin sur le plancher de notre chambre afin que, moi égorgée, on connut l'auteur de tous ces crimes. »

En évoquant les péripéties du drame rouge que le jury d'Alger a souligné d'un verdict de mort, on croit revivre les horribles scènes de torture et de meurtre qui mettaient aux prises avec les sinistres chauffeurs les paysans de France.
Les membres rôtis à la flamme des sarments, les vieux refusaient d'indiquer la cachette où se trouvaient leurs économies et parfois se laissaient tuer sans renseigner les bourreaux.

Représentez-vous cette scène atroce éclairée par la lueur vacillante d'un cierge : l'assassin assis entre les corps de ses deux dernières victimes, retenant la petite Jeanne sur ses genoux et lui prodiguant les plus odieuses caresses dans le but de se faire désigner par elle le meuble où le ménage Coll cache son argent.
Représentez-vous cette situation effroyable. Mesurez la cruauté sadique du meurtrier, la farouche résistance de la fillette, et dites si ce n'est point l'âme des bandits célèbres et de leurs plus touchantes victimes qui revit en l'âme de Figuerette et de Jeanne Coll.

Pierre.
_________________________
Quotidien Le Petit Parisien, du 26-05-1910.
(source :gallica.bnf.fr)

__________________________________

LES BOURREAUX TRAVAILLENT.
Hier, deux têtes
sont tombées
UNE AUTRE TOMBERA VENDREDI
François Olive, à Sisteron, et Juan Vidal,
à Alger, ont payé leur dette à la société.
Après-demain, Sylvain Laroche sera
livré à M. Deibler, a Orléans.
_________________________________

L'ASSASSIN DE BIRKADEM

Alger, 24 mai.


A quatre heures, M. Bassot, procureur général, accompagné de MM. Honard, juge, et Montis, défenseur du condamné, pénètrent dans la cellule où Vidal dort profondément.

Réveillé en sursaut, le condamné ne comprend pas tout d'abord ce que lui dit le procureur général. On est obligé de lui expliquer, en langue espagnole, que son pourvoi est rejeté et qu'il doit se préparer à mourir.
C’est bon, dit-il, puisqu'il le faut, je mourrai.
Puis s'adressant à son avocat :
Tout le monde m’abandonne parce que je suis Espagnol. La voilà votre justice !  
Puis, brusquement, il pose cette question :
Et l’autre ?  

Figuerette voudrait savoir si Amrouche, l'assassin de Mme de Fleurieu, condamné à mort comme lui, va être exécuté aussi.
Après une conversation assez longue avec l'aumônier, Vidal demanda un verre de rhum qu'il but d'un trait et il se mit à la disposition des aides qui, rapidement, procédèrent à sa toilette.

A 4 h. 30 la, porte de la prison s'ouvre. Un formidable remous se produit dans la foule qui profère des cris de mort. Le condamné, l'œil hagard, fixe tout d'abord le couperet de la guillotine qui se dresse devant lui, puis brusquement il se relourne vers la foule qu'il semble délier. Mais déjà lès aides l'ont empoigné et couché sur la planche fatale qui bascule et le couperet s'abat tandis que la foule applaudit bruyamment.
Le corps du supplicié est chargé dans un fourgon qui l'a transporté à l’amphithéâtre de la faculté de médecine.

____________________

Documents L'Afrique du Nord illustrée.
(source : gallica.bnf.fr.)
                        (04-06-1910)






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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 25 Avr 2014 - 19:21

Remarquable trouvaille!!!   
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pier
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 25 Avr 2014 - 19:54

Sur une image, la guillotine ne semble pas droite ? c'est moi ou non ?
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Nemo
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 26 Avr 2014 - 0:11

D'autres membres avaient, rappelons-le, conclu avec justesse que c'était de l'exécution de ce Figuerette que le père d'Albert Camus était revenu malade, traumatisé par le spectacle - comme le raconta son fils dans "Réflexions sur la guillotine".
Non, Pier, vous n'êtes pas le seul à trouver que la Veuve se donne des airs de tour de Pise.

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 26 Avr 2014 - 12:03

Trouvaille magnifique, Mercattore.

Ayant eu la curiosité de feuilleter ce même journal suite à votre post, j'ai trouvé ceci quelques pages plus loin:




Le lien sur gallica donnant accès à la page intitulée "Dansons la Bamboula": cliquer ici

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 26 Avr 2014 - 12:26

Justement, je relisais il y a quelques jours « Réflexions sur le guillotine » de Camus, mais je n'avais pas fait le rapprochement avec Figuerette. Il me semble notamment que Jourdan en a parlé il y a un moment.

Une explication pour la Veuve penchée ? L'était-elle réellement ? Le cliché est vraiment moche !

Je n'avais pas vu les dessins CARNIFEX, c'est une trouvaille... study 
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Benny
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 26 Avr 2014 - 19:46

Peut-être un collage fait à la-va-vite de 2 photos.
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pier
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 27 Avr 2014 - 8:30

Benny a écrit:
Peut-être un collage fait à la-va-vite de 2 photos.

Ou une soirée trop arrosée ? ok je sors   
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pier
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mar 6 Mai 2014 - 13:10

Article du jeudi 24 novembre 1910 dans l'Ouest-Eclair.

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Coupe-Coupe
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 23 Mai 2014 - 17:06

Modèle de la guillotine de la prison de Barberousse 

http://musee.djazair50.dz/?Modele-de-la-guillotine
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pier
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 23 Mai 2014 - 17:53

Dans l'article a écrit:
Modèle de la guillotine utilisée pour l’exécution des dizaines d’Algériens au prison de Barberousse à Alger durant la guerre de libération.

Nous sommes enfin d'accord sur un mot  Smile...
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