La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Exécutions en Algérie

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brossman
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 13 Fév 2012 - 13:48

Citation :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/06/18/article.php?sid=39879&cid=2
Ahmed Zabana a demandé à être conduit sans les mains liées et sans la cagoule à la guillotine où il s’y était mis calmement sous le couperet. Au moment de l’exécution, le couperet s’est arrêté à deux reprises à quelques centimètres de son cou.

Comment est-ce possible ?
Roulettes du mouton mal graissées ?
Montants de la guillotine montés de travers ?
Fernand était bourré ce jour là ?
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 13 Fév 2012 - 14:05

Depuis quand mettait on une cagoule aux condamnes? Sans les mains liees? Je suis sur que les bourreaux se sont laisse persuader... C'est une fable faite pour "agrandir" un homme qui est probablement mort tres courageusement et qui merite mieux que d'ecrire des betises comme ca a son sujet.
La lame s'arretant a deux reprises c'est "un signe" de Allah qu'il ne devait pas mourir et les "mechants" Coloniaux ont decider de le tuer quand meme...
Ca arrive toujours quand une personne celebre est guillotinee, la machine s'enraye, le cou est trop gros, la tete est coupee a moitie et le bourreau doit achever le travail a coups de clef a molette (sic)

Inventer des histoires comme ca, remet en cause tout ce qui est dit a son sujet. C'est pas du journalisme mais de la propagande debile.
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Lun 13 Fév 2012 - 14:37

Avis partagé, Bois de justice.

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MessageSujet: Cette exécution n'est pas celle d'Élie Lagarde à Vendôme en 1933   Sam 7 Juil 2012 - 16:49

La légende indiquait : Un guillotiné à Vendôme dans les années 30.

Si la légende est exacte, ce ne peut être que Élie Lagarde, exécuté le 01-09-1933 dans cette ville selon le PALMARÈS établi par Sylvain Larue : http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977

La photo est malheureusement de piètre qualité



Le condamné semble avoir le torse à nu ?





(Les premières recherches donnent des informations plutôt maigrelettes sur Élie Lagarde et son exécution).







Dernière édition par mercattore le Sam 7 Juil 2012 - 21:52, édité 1 fois
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 7 Juil 2012 - 18:11

La guillotine n'est pas celle de metropole mais celle d'Algerie. On voit l'encoche sur le bord superieur de la lunette pour la fleche inversee et aussi le paravent avec les bords superieurs rectilignes. Il n'y a aucun doute. On voit aussi des spectateurs en vetements nord africains au premier plan. Il s'agit certainement d'une execution en Tunisie ou en Algerie...
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 7 Juil 2012 - 18:15

OUI, je me demandais aussi pourquoi voyait-on des gens du Maghreb.
Il faut déclasser tout cela et le mettre autre part. Mais où ? Un avis, Boisdejustice ?
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 7 Juil 2012 - 19:08

Je ne connais pas bien la geographie d'Algerie mais il y a une montagne dans l'arriere plan? En comparant avec les executions sur le palmares de Sylvain entre 1920 et 1939 (Execution publique, kepis modernes) on peut peut-etre deduire quelquechose?
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 7 Juil 2012 - 19:40

Bien difficile, Boisdejustice, mais pourquoi pas.
Mais il faut transférer le sujet au Maghreb.
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MessageSujet: dernière condamnation à mort au yatagan en ALGERIE    Sam 14 Juil 2012 - 23:13

Pour me permettre d'avoir une connaissance sur la dernière personne exécutée au yatagan à Sidi6bel Abbes Algérie en 1845 je souhaiterai avoir des informations sur ce sujet tout en vous remerciant par avance .

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 14 Juil 2012 - 23:30

Bonjour abbas, bienvenue sur le forum ! queen

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 14 Juil 2012 - 23:34

La réponse à votre question se trouve sur le fil : "La Veuve à Oran - dernière exécution au yatagan"

http://guillotine.cultureforum.net/t1004-la-veuve-a-oran-derniere-execution-au-yatagan

Cordialement.

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MessageSujet: 1893 : Hadj-ben-Hamou - Ahmed-ben-Mohamed - Mohamed-ben-Amr   Lun 13 Aoû 2012 - 17:51


Exécution à Chebli de Hadj-ben-Hamou, Ahmed-ben-Mohamed et Mohamed-ben-Amr, trois des quatre assassins des époux Nadaud – 2 février 1893



Le Petit Journal, n° 10 996 du 2 février 1893






Le Petit Parisien, n° 5 942 du 2 février 1893

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mar 14 Aoû 2012 - 3:49

Execution en Algerie, au Maroc ou en Tunisie entre 1920 et 1939.
La photo a ete identifiee comme etant l'execution d'Elie Lagarde a Vendome en 1933 mais il n'y a aucun doute qu'il s'agit de la guillotine d'Algerie qui est d'un type tres unique. Cette guillotine a toujours ete en Algerie et y est encore aujourd'hui. Elle voyageait aussi en Tunisie et au Maroc. Il ne s'agit donc pas de l'execution d'Elie Lagarde.
Les kepis des gendarmes datent d'apres 1920. L'execution est publique donc avant Juin 1939
Milieu tres rural donc ce n'est pas Alger, Casablanca or Oran... Tlemcen? Azazga? Sétif? Bône? Duvivier? Tizi-Ouzou? Chanzy? Miliana? Orléansville? Bougie? Philippeville? Batna?
Il y a une grande colline dans l'arriere plan... Batna a une colline avec ce profile sur un autre photo.
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mar 14 Aoû 2012 - 12:39


Avis partagé, Boisdejustice. Cette exécution ne peut pas être celle d'Elie Lagarde a Vendôme. Je remarque deux détails :
- la tenue du condamné semble d’une seule pièce (djellaba, gandoura…).
- le spectateur au 1er plan, 2ème à droite, est coiffé d’un turban, vêtu d’une djellaba.

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MessageSujet: Algérie   Mar 14 Aoû 2012 - 13:09


Une double exécution à Batna est mentionnée sur le site de Sylvain Larue – Nemo. Celle de Soukri bel Kacem et Koraichi ben Saïd le 23 octobre 1920 :



http://guillotine.voila.net/Palmalger.html

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Gaëtane
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MessageSujet: Exécution en Algérie   Jeu 6 Sep 2012 - 9:06



Areski El Bachir est un rebelle kabyle qui s'attaqua aux adminitrateurs coloniaux à la fin du 19ème siècle. Capturé, il est guillotiné le 14 mai 1895 à Azazga en Algérie



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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 28 Oct 2012 - 9:46

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piotr
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Ven 8 Nov 2013 - 22:00

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 9 Nov 2013 - 16:56

Je ne sais où mettre cette question.
Le panier était fait pour 4 corps. Que faisaient les exécuteurs en cas d'exécution de plus de 4 condamnés ? Cela a bien du arriver, non ?
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Nemo
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Sam 9 Nov 2013 - 19:54

En période "moderne" (après 1870), en France, ce n'est jamais arrivé. Quatre exécutions au plus. Avant, la justice s'embarrassait moins, il y avait apparemment une trappe dans l'échafaud pour basculer le corps sous l'estrade...

En Algérie, cependant, où les exécutions étaient plus importante - cinq, six condamnés parfois - ils prévoyaient des cercueils à proximité de la machine. Je ne saurais dire s'ils les plaçaient en guise de panier ou bien s'ils sortaient les corps un à un pour les mettre dans les cercueils ; même si cette version a ma préférence...

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"Je suggère qu'on lui coupe la tête sans ménagement dès dimanche prochain, mais si possible après 17 heures, afin que j'aie le temps d'aller aux vêpres. (Pierre Desproges)"
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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Mer 1 Jan 2014 - 18:58



Guillotine from Serkadji prison
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MessageSujet: Jemmapes(Azzaba) 7 Septembre 1878   Lun 10 Fév 2014 - 19:33

Jemmapes: Bouguerra ben Belkacem ben Derradj, Aïssa ben Taïeb et Aïssa ben Mohamed Malfaiteurs, assassinats. Deux complices condamnés à mort sont graciés.
(Palmarès du Maghreb -Nemo)

Aïssa Ben Mohamed


Aïssa Ben Taïeb.


Bouguerra Ben Bilkassem Ben Deradji


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MessageSujet: 30-12-1938. Oran. Triple exécution capitale   Dim 6 Avr 2014 - 23:06

Les trois condamnés à mort sont à dissocier. Aaron Zaoui  a été condamné le 28 juin 1938 pour l’assassinat de Jules Aubertin, personnalité très connue dans la vie Oranaise et au-delà.
Fakrar (parfois écrit Fahar) Mohamed Ould Abdelkader et Nour Zahar Ould Saïd (parfois écrit Nour Taher (ou Tahar) ben Saïd, ont été condamnés le 3 juin 1938 pour assassinat, vols qualifiés, violences et voies de fait à agent.

______________________

Ces trois exécutions font partie des sept dernières effectuées publiquement en Algérie, les quatre autres leur succédant, en sept mois, dont la dernière, Bouzid Belkacem, à Philippeville, le 8 juin 1939.
Cette dernière fut suivie, le 19 août 1939 à Philippeville, par la première exécution non publique, Rahmouni Zihana ben Ahmed, auteur le 6 mars 1938 d’un triple meurtre, dont celui de son père, au douar de Denana, canton de Collo.
L’arrêt de la cour stipulait qu’il serait exposé nu-pieds, en chemise blanche, la tête recouverte d'un voile noir, l’exécution se faisant sur une place de la ville.
Elle ne pu avoir lieu publiquement, le décret du 24 juin 1939 — supprimant la publicité des exécutions capitales — modifiait également l’article 26 du code pénal, établissant désormais le déroulement des exécutions capitales dans l’enceinte d’un établissement pénitentiaire.  

Par contre, le rituel parricide a probablement été observé, sa suppression  — si mes souvenirs sont exacts — ayant du advenir dans les années cinquante,  c’est du moins ce que Sylvain-Némo avait indiqué dans un post sur ce sujet (Némo, avez-vous trouvé la date précise de sa suppression ? Ce n’est guère facile, en tous cas !)

Pour les exécutions capitales au Magheb voir le Palmarès du Maghreb, de Sylvain Larue (Némo) : http://guillotine.voila.net/Palmalger.html

_________________________
                                 
Préambule.
Quotidien l’Echo d’Alger, du 23-06-1938.
(source : gallica.bnf.fr)

AUX ASSISES D'ORAN

Henri Zaoui accusé du meurtre
de M. Jules Aubertin
devant ses juges

Pour détourner les soupçons
le prévenu, débiteur de la victime,
aurait simulé un accident

Une autopsie pratiquée un an après la mort
fit découvrir trois balles de revolver
dans le corps carbonisé de la victime


Aujourd'hui, devant la cour d'assises d'Oran, commencent les débats de l'affaire Zaoui, prévenu d'assassinat sur la personne de M. Jules Aubertin, grand mutilé de guerre, administrateur général pour l'Afrique du Nord de la Société C.A.M.I.A, ancien vice-président général de l'U.N.C. à Paris, président de l'U.N.C. de Paris et de la Seine, membre du conseil supérieur des Pupilles de la Nation, du conseil d'administration de l'Office national des anciens combattants, de la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre, conseiller municipal d'El-Biar.

On se souvient de l'émotion intense soulevée dans l'Algérie entière par la nouvelle de la mort brutale de ce héros de la guerre, excellent camarade, homme charmant, heureux père de trois adorables fillettes. On se rappelle aussi la stupéfaction indignée que provoqua partout, aux premiers jours de l'instruction, la découverte que ce qui ne semblait tout d'abord qu'un lamentable accident, se révélait, au fur et à mesure des enquêtes, pouvoir être un crime épouvantable, mûrement prémédité.

L’accident

Le 5 décembre 1935, M. Jules Aubertin se rendait à Oran, après avoir, à Inkermann, pris dans sa voiture son agent d'Oranie, Henri (Aaron, dit Henri) Zaoui, et donné la liberté à son chauffeur Quirici, avec lequel il avait fait le parcours depuis Alger.
Il repartit de ce centre vers 16 heures en direction d'Oran, conduisant lui-même sa voiture, tandis que Zaoui se trouvait sur le siège arrière, lorsque à trois kilomètres de Noisy-les-Bains, le véhicule vint percuter le tronc d'un des eucalyptus qui, à cet endroit, bordent la route.
Zaoui se rendit alors à une maisonnette de garde-barrière située à quelque distance de là et revint avec du secours.

La gendarmerie, aussitôt prévenue, arriva peu après sur les lieux. Le chef de brigade Teissier, de Noisy-les-Bains, fit les premières constatations : la voiture, probablement par suite du dégonflement du pneu arrière gauche, avait été déportée vers la gauche sur une longueur de douze mètres ; elle était entièrement carbonisée. Les restes de M. Aubertin se trouvaient placés sur le bas côté de la route, à deux ou trois mètres des débris du véhicule.
Zaoui fut aussitôt interrogé et voici la version qu'il donna de l'accident.

Il se trouvait étendu sur le siège arrière, car il souffrait d'une crise de foie, légèrement somnolent, mais ayant cependant l'impression d'une marche rapide, lorsque à un moment donné il ressentit un choc violent. Il interrogea M. Aubertin qui lui répondit : « ce n'est rien. » Il essaya vainement d'ouvrir les portières fermées par des boutons de sûreté. Il put cependant sortir par la portière arrière droite et s'efforçait de dégager M. Aubertin qui gisait inanimé lorsque le réservoir éclata. Immédiatement la voiture entière était en flammes.
Il courut alors demander du secours au passage à niveau et revint avec un voisin, M. Vaisseau,qui éteignit l'incendie avec de la terre et dégagea les restes carbonisés de M. Aubertin qu'il plaça derrière la voiture, sur le sol.



Contre l’eucalyptus, la voiture en partie brûlée

Les premiers éléments de l'enquête sont troublants[/b]

M. le docteur Vidal, de Rivoli, fut chargé d'examiner le corps. Cette visite eut lieu le lendemain de l'accident, 6 décembre, et ne permit pas d'inculper Zaoui, l'unique compagnon de voyage de la victime.

Le 8 décembre une première autopsie était ordonnée par M. Coriat, juge d'instruction du parquet d'Alger et pratiquée à Alger par les docteurs Giraud, Laquière et le médecin légiste Wittas. Le résultat en fut négatif.

Cependant les bruits allaient leur train. On disait dans la région que deux mois auparavant, exactement le 6 octobre 1935, sur la route de Fleurus, un premier accident de même nature, sans gravité d'ailleurs, était arrivé à M. Aubertin, alors qu'il se trouvait dans une voiture conduite par Zaoui. On apprenait ensuite qu'un dossier relatif à une dette de 72.000 francs dont Zaoui était débiteur, avait disparu.

Le chauffeur de M. Aubertin, Quirici, apporta au magistrat instructeur des précisions en contradiction formelle avec certaines affirmations de Zaoui.
Une enquête établit ensuite que Zaoui avait acheté à Relizane un bidon d’essence, qui fut d'ailleurs retrouvé vide dans la voiture, alors que M. Aubertin avait fait à Inkermann le plein de son réservoir, ce qui lui était largement suffisant pour arriver à destination.                                                                                                                                             
La suite de l'enquête permit encore des constatations troublantes, notamment la découverte dans l'automobile d'un revolver de 6 mm. 35 que Zaoui reconnut comme lui appartenant et de trois douilles éjectées dont deux percutées.                    
Enfin les renseignements sur les antécédents de Zaoui s'avérèrent peu favorables.
C''est alors que le frère de M.Aubertin professeur à la faculté de médecine de Bordeaux, vint sur place se livrer à une enquête personnelle, et, déposait le 13 décembre, une plainte contre inconnu et se portait partie civile.
                     
Les charges contre Zaoui se précisent

Les magistrats instructeurs poursuivirent une double opération : expérience avec le revolver trouvé dans la voiture et nouvelle autopsie du corps de M. Aubertin.
L'expérience faite par un spécialiste, avec le pistolet automatique chargé et placé dans un foyer, démontra — ainsi que M. le professeur Giraud l'avait précédemment annoncé — que, sous l'influence de la chaleur, les balles explosaient sans percuter. On en tira cette conclusion que l'arme avait dû servir avant l'incendie.

La seconde autopsie, pratiquée le 6 janvier 1938, à 21 heures, à l'hôpital de Mustapha, avec les appareils de détection les plus modernes, fit découvrir trois balles de 6 mm. 35 logées : la première à 3 centimètres environ au-dessus du milieu de la clavicule ; la seconde, à la face antérieure du muscle, le long du cou ; la troisième, au corps vertébral, sur la face intérieure de la cinquième côte dorsale, celle-ci ayant sectionné la moëlle épinière.

La conclusion en fut que ces projectiles avaient été tirés d'arrière en avant, suivant une ligne sensiblement horizontale et possédaient une grande force de pénétration, ce qui suggère que les coups de feu ont été tirés à courte distance et qu'ils ont dû produire un choc médullaire violent, entraînant une perte de connaissance avec coma.
[/b]
_________________

Le crime

_________

Zaoui est arrêté

Zaoui fut appréhendé le 7 janvier, à midi, alors qu'il regagnait son domicile.
Il se laissa arrêter sans demander la raison de son arrestation, et sans paraître s'en étonner outré mesure. Conduit à 14 heures à Mostaganem, il y fut écroué.
Interrogé à nouveau le surlendemain, il protesta véhémentement de son innocence et maintint sa première version de l'accident. Cependant les charges s'accumulaient sur lui, de plus en plus lourdes, et les faits venaient donner à ses affirmations de cinglants démentis.

C'est ainsi, avait-il déclaré, qu'il avait pris rendez-vous à Inkermann avec M. Aubertin, pour le mettre en rapports avec un propriétaire désireux de vendre sa voiture, mais que ce vendeur éventuel, que l'on avait attendu toute la journée, n'avait pu venir parce que sa femme était malade. Or, il n'y avait pas ce jour-là dans la région de propriétaire d'automobile se trouvant dans ce cas.

Il prétendit qu'il était venu avec le train, alors qu'il était arrivé en auto.
Il affirma qu'il avait couru demander du secours à la maisonnette du garde-barrière, distante d'un kilomètre 200 du lieu de l'accident, et il a été établi qu'il y avait déjà une demi-heure que l'auto brûlait, et qu'il a commencé par demander s'il pourrait se procurer une voiture pour rentrer au village.

Au cours de la reconstitution, effectuée le 12 mars 1935 à 17 h. 30 sur le trajet d'Inkermann à Noisy-les- Bains, soit sur une distance de 105 kilomètres, au moyen d'une voiture strictement semblable à celle de M. Aubertin et conduite par Zaoui, il fut constaté que la consommation d'essence avait été de 13 litres, et non de 17 comme le prétendait l'inculpé pour justifier l'achat qu'il avait fait d'un bidon de secours à Relizane.

Il déclara qu'il avait acheté, deux mois avant le crime, et pour la somme de cent francs, le revolver trouvé dans la voiture et il a été établi que ce revolver lui avait été donné, dix à quinze jours seulement auparavant par un mécanicien d'Oran, lequel a déclaré l'avoir trouvé une nuit dans la rue. ll avait primitivement affirmé que ce revolver se trouvait dans une « mallette », puis il a reconnu qu'il s'agissait d'un sac en toile.
Enfin, des, expertises pratiquées sur la voiture et sur l'eucalyptus contre lequel elle avait percutée ont toutes deux conclu à une vitesse maxima de 40 kilomètres alors que Zaoui l'avait toujours évaluée à 80 kilométres.

De ces divers éléments l'information déduisit, que le crime aurait pu avoir lieu avant l'incendie du véhicule entre Inkermann et Relizane. Et cette déduction semble renforcée par la déposition d'un témoin se rendant ce soir là à Mostaganem pour assister à une représentation théâtrale, qui affirme qu'il a été suivi par une voiture par laquelle il lui a été impossible de se laisser doubler quoiqu'il ait été obligé d'aller à une allure très réduite par suite du mauvais fonctionnement de son moteur.

La parole est aux juges

Telle est dans les principales lignes objectives, l'affaire dont les débats commencent ce matin devant la cour d'assises d'Oran, présidée par M. le conseiller Esnaud, assisté de MM. Chaffal et Chebanier, juges au tribunal.
Le siège ministère public est occupé par M. Peuzo, substitut du procureur de là République.
                                                                                                 
Quarante-sept témoins sont cités, et trois journées sont prévues, au cours desquelles M. le bâtonnier Gandolphe se portera partie civile au nom de la famille de la victime et M. le bâtonnier Tabet ainsi que Maitres Luglia, du barreau d'Oran, et Murtula, du barreau de Mostaganem, assureront la défense de l'accusé.

Comme on peut en juger la succincte évocation que nous venons de faire de cet effroyable drame, les débats commencés au moment où nos lecteurs auront connaissance de ces lignes seront immensément troublants.
Nous nous efforcerons en toute objectivité d'en donner une physionomie  précise.
Notre exposé permettra, espérons-nous, de réfléchir mieux dès maintenant à l'effrayant secret de la destinée dé l'accusé.

Coupable, c'est le plus affreux personnage qui se puisse imaginer.          
Innocent, c'est l'homme le plus pitoyable dans son malheur fatal, dont, les tortures durent, mois après mois, depuis plus de deux ans.
On murmure, on dit, depuis longtemps déjà, que le procès pourrait nous annoncer des coups de théâtre. Naturellement, n'est-ce point là le prélude obligatoire de toutes les grandes causes criminelles ?

Fernand HUGUES

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 6 Avr 2014 - 23:33

Jeudi 23 juin. Première audience.
(source : gallica.bnf.fr)

DEVANT LES ASSISES D'ORAN

Henri Zaoui oppose
d'obstinées dénégations
à l'accablant exposé
du président Esnaud


Il s'en remet, dit-il, aux futures
explications de ses défenseurs

D’après l'expertise comptable, Zaoui
devait 175.000 francs à son patron


D’abord effondré, I’accusé se reprend
et défend désespérément sa tête


Oran, 23 juin (de notre envoyé spécial) .—  Au palais de justice d’Oran vont revivre dans quelques instants les poignantes péripéties d'une affaire qui, il y a plus de deux ans, émut profondément l'opinion publique.
Un homme Aron, dit Henri Zaoui, va y être accusé du plus horrible crime qui puisse être commis : l'assassinat d'un grand mutilé, héros de la guerre, heureux époux et père de famille aimé de tous, Jules Aubertin.
Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, deux ou trois centaines de personnes seulement stationnaient aux abords du palais.  

Voici qu'arrivent successivement les personnages de cette tragédie dont commence l'avant-dernier acte : M. le bâtonnier Gandolphe, ramassé, trapu.
Voici, calme et pondéré, le bâtonnier Tabet ; voici, figure basanée, cheveux drus, Me Luglia, un autre défenseur et dans toute son ardente et volontaire jeunesse le bâtonnier Murtula, de Mostaganem.

M* Aknin, huissier, s'affaire auprès de tous. Il accueille Mme Aubertin qui dans sa sombre robe de deuil pénètre dans le prétoire, suivie de son beau-frère qui présente avec la victime une émouvante ressemblance. Voici enfin Bergeaux, des dirigeants en Algérie du mouvement ancien combattant.
L'appel de l'huissier : « Messieurs, la Cour ! » arrête les conversations.          
Dans sa robe écarlate, la haute stature du président Esnaud précède les silhouettes sombres de ses deux assesseurs et du ministère public.



Solidement encadré, Aaron Zaoui est conduit au Palais de justice.
L’accusé

Soudain Zaoui apparaît.
Il s"avance dans le box d'un pas hésitant mais calme, vêtu d'un veston sombre ; son allure ne semble pas avoir souffert de 30 mois de détention et des affres qu'ils comportaient pour l'avenir. Mais les Oranais qui le connaissent bien et il y en a ici bon nombre, découvrent en lui un changement d expression significatif. Son visage s'est émacié, son teint est devenu terreux et ses yeux sont enfoncés dans leurs orbites si creuses quelles semblent charbonnées. Zaoui suit attentivement les jurés qui regagnent leur place.

Les témoins sont appelés, 28 pour l’accusation, 18 pour la partie civile.
Parmi eux, de nombreux mutilés et M. Vaisseau qui, malgré le danger, sortit les restes de M. Aubertin de la voiture embrasée et qui se présente tout simple dans son attitude et dans son costume, sa bonne figure vigoureusement coupée par d'épaisses moustaches.
Zaoui, debout, le buste légèrement penché à droite, regarde inlassablement.
La voix du président coupe net le fil de ses pensées :
Accusé, soyez attentif à ce que vous allez entendre. »

L’acte d'accusation

Le greffier Péréa s'est levé. Il lit interminablement des papiers que l'on connaît, mais Zaoui écoute tout de même avec une attention goulue ; il est seul à écouter, dos au public. A certaines évocations ou à certaines affirmations de l'accusation il a de nerveuses crispations des lèvres. C'est un homme qui se défendra.
Zaoui Aron, levez-vous , dit le président.
Le président, comme le veut la loi, rappelle rapidement les faits et Zaoui, d'une voix douce, jure pour la première fois publiquement de son innocence.
Le président parle maintenant du héros de la guerre et du grand Français que fut Aubertin, d'une volonté farouche, d'une énergie impressionnante, courageux gai, serviable, marié lui aussi. Il avait, lui aussi, comme l'accusé, trois enfants.

Puis M. le conseiller Esnaut en vient à Zaoui, sur lequel les dépositions sont contradictoires mais unanimes cependant à préciser son calme absolu, son parfait sang-froid. Pour celles qui lui sont défavorables, Zaoui indique des motifs de partialité. Il déclare cependant qu'il n'a jamais eu à se plaindre de la victime.
Le président en arrive aux circonstances du crime et la première question vient comme un coup de pistolet.

Zaoui avait un solde débiteur de 175.000 francs

Quand avez-vous vu Aubertin pour la dernière fois, avant la journée de sa mort ?
Zaoui explique qu'ils se rencontraient régulièrement deux fois par mois, qu'il n'était pas en compte avec lui mais avec sa société, qu'il avait une comptabilité personnelle réduite, qu'il gagnait une moyenne annuelle de 60.000 francs dans lesquels étaient compris les 1.500 francs mensuels que M. Aubertin lui versait personnellement. Je ne devais rien à M. Aubertin, affirme-t-il, et cependant l'expertise comptable a révélé un solde débiteur de 175.000 francs. Puis avec une égale précision et une calme netteté, Zaoui retrace l'emploi des dernières heures qui ont précédé le drame.

Le rendez-vous d'Inkermann

Parti d'Oran à 5 heures du matin, j'arrivai a 8 heures à lnkermann où j'avais rendez-vous avec M. Aubertin pour la vente de sa voiture. Là, nous devions aller ensemble à Oran voir deux clients et régler une affaire. L'amortisseur de ma voiture s'étant cassé, je le menai chez un garagiste qui devait me la rendre à 17 heures, mais M. Aubertin me proposa de faire route avec lui parce que cela, le gênait de conduire tout seul.
Nous partîmes  à 5 h. 1-4, après avoir pris 25 litres d'essence, car il ne restait qu'un litre dans le réservoir ; la voiture marchait mal, le relais magnétique patinait. Nous arrivâmes à 6 heures du soir à Relizane distant de 43 kilomètres. Là, nous prîmes un bidon d'essence de 5 litres pour pouvoir alimenter le carburateur. Je plaçai le bidon à l'arrière et nous repartîmes.                                                                                                                        
Après une courte suspension l'audience est reprise à 10 h. 30.

Zaoui passe à l'arrière de la voiture

Nous en arrivons au départ de Relizane où Zaoui monté à l'avant aux côtés d'Aubertin, puis se sentant malade, repris par une crise de foie, passe à l'arrière.
La voiture marchait toujours mal. A Clinchant, les voyageurs s'arrêtent. Zaoui arrange le carburateur et y verse de l'essence du bidon, puis M. Aubertin décide de se rendre directement à Oran malgré une invitation à dîner que lui avait faite un de ses amis, M. Robin, propriétaire à L'Hillil.

Le drame

On repart donc et ce fut à une vitesse de 80 kilomètres à l'heure, précise Zaoui, le choc contre un eucalyptus entre les villages de Noisy-les-Bains et Geoges-Clemenceau.
L'accusé raconte qu'il fut projeté contre le siège avant que M. Aubertin lui dit que « ce n'était rien » et qu'il alla alors s'asseoir pendant 4 à 5 minutes sur le talus de la route pour se remettre de son émotion. Sentant une odeur de caoutchouc brûlé il revint vers la voiture, essaya vainement d'ouvrir les portières, dut arracher la portière avant-gauche et vit, la victime affaissée sur le côté gauche, le pied coincé dans l'oreillette de la pédale. Le réservoir prit feu et éclata.
Dans sa tentative de sauvetage il eut les cheveux roussis et il alla alors chercher du secours en la personne du garde-barrière Virop et d'un voisin, M. Vaisseau qui parvint à retirer du foyer les restes carbonisés de M. Aubertin.
                                                                                                                       
La découverte des douilles

Le président fait alors connaître que l'enquête à laquelle procéda la gendarmerie, une heure environ après l'accident, lui permit de retrouver dans la voiture trois douilles dont deux percutées.
Il rappelle les conclusions des autopsies, la première négative, la seconde effectuée par radiographie et qui révéla dans les chairs calcinées de la victime la présence de trois balles.
« Tout cela, dit le président, est profondément troublant.
A quoi Zaoui répond de sa voix calme :
C’est à la justice de faire la lumière sur ce qui a pu se passer entre les deux autopsies.
Il met ainsi en cause les magistrats qui ont assisté à la seconde opération, le commissaire Mathieu et le juge d'instruction Mouron que le président décide de faire citer.

Les balles proviennent du revolver de l'accusé

« Enfin, ajoute M. Esnaud, l’expertise de M. le professeur Giraud conclut que ces balles proviennent de votre revolver.
L'accusé rejette ces conclusions, de même que celles qui établissent que le pneu fut crevé d'un coup de poinçon, non par un clou ramassé en cours de route.

L’expertise Musso

Il niera d'ailleurs, sans autres arguments que les explications futures de ses défenseurs, toutes les autres constatations qui s'ajoutent aux charges dont il parait maintenant comprendre la gravité et il semble accablé. Il nie tout et comme le président lui demande s'il connait les résultats de l'expertise Musso sur les conditions de survie de M. Aubertin au choc dont il fut victime, Zaoui répond affirmativement.
Mais, continue le magistrat, Messieurs les jurés ne les connaissent pas encore et il lit :
« Les balles provoquèrent chez M. Aubertin une forte commotion mais il vivait encore lorsqu'il fut calciné ».  
Et c'est dans un halètement général de stupeur que l'audience est à nouveau suspendue.

Zaoui est désemparé

A la reprise Zaoui ne semble plus le même homme, il regarde la cour et le jury avec un regard de bête traquée. Ses joues se creusent, ses lèvres se pincent. sa tête par moments abattue se redresse subitement pour se pencher à nouveau : ses doigts se crispent à la barre. Il ne répond plus que par affirmations ou par négations. On pressent qu'il va jouer serré et que dès maintenant, conscient de la justice fatale, il va commencer à défendre désespérément sa tête.

L’audience est reprise quelques instants après. Le président poursuit ses questions et Zaoui explique comment il se procura le revolver. C'est un de ses amis nommé Rocca qui l'ayant trouvé une nuit dans la rue, le lui donna contre remise d'une paire de souliers et d’une gabardine usagée, quelques semaines avant l'accident. t
Il ne sait combien il contenait de balles et en ce qui concerne les douilles percutées il laisse à ses avocats le soin de donner toutes explications.

Ils expliqueront également, dit l'accusé la question d'assurance contre les accidents qui n'aurait, parait-il, pas joué si la compagnie avait appris que M. Aubertin conduisait seul. C'est d'ailleurs la même réponse qu'il fera lorsque le président opposera ensuite à son système de défense les conclusions de toutes les expertises. Une seule trouvera grâce devant lui, la première, qui l'innocentait complètement.

Le président. — M. Aubertin, malgré sa grande invalidité, était énergique, courageux et agile et il aurait pu se sauver du foyer d'incendie s'il n'avait pas été déjà mortellement blessé.
Zaoui. — M. Aubertin était agile, mais il n'était pas un surhomme.
Le président. — Vous avez, Zaoui des mots malheureux et durs.
» Alors, d'après vous, on aurait procédé à une macabre mise en scène entre la première autopsie qui ne révèle rien et la seconde où furent trouvées les trois balles.
Zaoui. — Mon avocat vous l'expliquera.

C'est sur cette impression douloureusement pénible que se termine l'audience du matin.

Fernand HUGUES

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MessageSujet: Re: Exécutions en Algérie   Dim 6 Avr 2014 - 23:52

L’audience de l'après-midi

L'expertise comptable établit que Zaoui devait 175.000 fr. à son patron

Ouverte, à 15 heures, l'audience commence par une question troublante du président à laquelle l'accusé ne semble pas pouvoir donner une réponse complète. Dès l'arrivée de la cour, M. Esnaud dit à Zaoui :
Zaoui, levez-vous. Dites-nous où, à quel moment et comment vous avez vidé un bidon de cinq litres ?

L'accusé balbutie qu'il en versa un peu dans le carburateur au village de Clinchant et comme le président lui fait remarquer que cette déclaration est la première qu'il ait faite en ce sens, l'accusé assure sans grande conviction pourtant « qu'il ne pensait pas que ce détail puisse avoir quelque importance. »
Aux questions que l'ardent avocat de la partie civile lui pose sur ses diverses et nombreuses contradictions, Zaoui répond toujours de sa manière nonchalante, mais où percent déjà certains sarcasmes et où se révèlent parfois une nerveuse ironie.
— Que disiez-vous dans telle lettre écrite à M. Aubertin ?
Il vous est facile de le savoir, vous n'avez qu'à la lire.

Et le dialogue se  poursuit pendant quelques instants sur le même ton.
C'est que Zaoui réalise maintenant que son interrogatoire est terminé et que vont arriver les experts avec lesquels il devra soutenir une lutte serrée, un combat dont l'enjeu est pour lui la vie ou la mort.
Le premier appelé à la barre est l'expert comptable, M. Jaholini, dont les travaux méticuleux durèrent plusieurs mois et les constatations écrites en un large volume de près de 200 pages……………………………………………………………………… suit une longue liste d’opérations financières. L’expertise comptable est défavorable à l’accusé.

Et c’est sur les conclusions formelles et accablantes de l’expert que se termine cette première et longue journée de débats.

Fernand HUGUES

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