La Veuve

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 Henri Languille - 1905

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MessageSujet: Re: Henri Languille - 1905   Ven 30 Avr 2010 - 0:27

L'observation du Dr Beauriaux sur la tête de Languille est notamment mentionnée par le professeur Alexandre Lacassagne dans son ouvrage Peine de mort et criminalité.

— Communication faite à la Société de médecine du Loiret par le Docteur Beaurieux, médecin de l'Hôtel Dieu d'Orléans et publiée dans les Archives d'anthropologie criminelle ( (t.XX. p. 643, 1905)
Exécution de Languille, observations prises immédiatement après la décapitation.

« Nous reproduisons les parties essentielles de cette curieuse et importante observation qui remplace le cas légendaire et fantaisiste, inventé par Villiers de L'Isle-adam à propos des expériences qui auraient été faites par Velpeau sur la tête du Dr La Pommeraye. »

Lire les observations du Dr Beaurieux dans l'ouvrage du professeur Lacassagne (la première page n'est pas très nette, les suivantes oui) :

http://photomaniak.com/upload/out.php/i955940_GUILLOTINELANGUILLE2.pdf

A. Lacassagne Peine de mort et criminalité, Maloine éditeur, 1908, Paris.
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Alphonse
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MessageSujet: Re: Henri Languille - 1905   Mer 19 Mai 2010 - 18:32

Interessant ce texte.
De la a dire que cela s'est passé et que cela n'est pas un texte couché pour se faire mousser ....
Il y a dans ce texte beaucoup d'affirmation et d'interrogation gratuites qui le rendent un peu long pour rien.
Je pense que la longue publication (un these ?) que mercatore a posté ici est bien plus interessante.

Al.
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MessageSujet: Exécution de Languille   Jeu 2 Mai 2013 - 15:07





Une autre vue de l'exécution d'Henri Languille, visiblement retouchée

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MessageSujet: Henri Languille - 1905   Dim 6 Oct 2013 - 14:53

Henri Languille



Source - le site de Boisdejustice. A visiter… sans modération :

http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html

=====:=====:=====:=====

Les faits
Henri Languille - 41 ans. Le 12 octobre 1903, au hameau de la Rochelle, à Nibelle-Saint-Sauveur, tue à coups de pierre et de greffoir Auguste Legeais, 79 ans, avant de l'étrangler avec un mouchoir et de voler 171 francs, une montre en argent, des souliers et des pièces de monnaie. Avant de partir, boit trois bouteilles de vin et une de champagne.

Condamnation : 18 avril 1905
Exécution : 28 juin 1905

Source - l’excellent site de Sylvain Larue – Nemo :

http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html
=====:=====:=====:=====

Du côté de Pithiviers… Automne 1903

[…] …A Nibelle (45), on le surnommait « Le Père La Boule ». Auguste Legeais, de son vrai nom, a 79 ans lorsqu’on le retrouve sans vie, le 13 octobre 1903, vers midi. Le malheureux gît à même le sol, dans sa chambre, au milieu d’une mare de sang. Du sang, on en retrouve jusqu’au plafond où les gendarmes constatent la présence d’éclaboussures. Le vieil homme habitait une maison isolée au hameau de La Rochelle. Et personne n’a rien vu, ni entendu.

La veille au soir, au beau milieu d’une tempête, on frappe à la porte du Père La Boule. Il ouvre, sans méfiance. Sur le pas de la porte, se tient un homme d’une quarantaine d’années. Il dit s’appeler Émile Hamet et exercer le métier de bûcheron dans la forêt de Fontainebleau. Il requiert l’hospitalité du vieillard, le temps que la pluie et le vent cessent.
[...]
Bientôt, Hamet réclame du vin. Legeais s’exécute. Puis il lui demande de l’argent. Mais cette fois, le vieil homme refuse. Alors le visiteur sort une grosse pierre qu’il avait dissimulée sous son veston, se jette sur le septuagénaire et le frappe violemment à la tête. Inanimé, peut-être déjà mort, Auguste Legeais chute lourdement à terre, mais son agresseur s’acharne, s’empare d’une chaise et assène de nouveaux coups. Pour finir, il saisit un greffoir et entaille le crâne de la malheureuse victime en plusieurs endroits, avant de lui enserrer le cou avec un mouchoir.

Son meurtre accompli, l’agresseur fouille l’habitation, s’empare de 165 francs, d’une montre en argent, d’une paire de souliers et de quelques victuailles. Lorsqu’il se décide enfin à quitter les lieux, il vient de vider quatre bouteilles de vin.

Assez rapidement, les soupçons se portent sur le fameux Émile Hamet, dont la véritable identité est celle d’Henri Languille, âgé de 41 ans et nanti d’un passé judiciaire éloquent. L’homme, qui a déjà été condamné, par le passé, à une dizaine de reprises pour coups et blessures, vols et escroqueries, trimballe la sinistre réputation d’ « un malfaiteur redoutable qui terrorise toute la contrée ».



Si ce n’est lui…

La gendarmerie est convaincue de l’implication d’Henri Languille dans le meurtre du Père La Boule. Encore manque-t-elle d’éléments pour le confondre. Assez étonnamment, c’est Languille lui-même qui va lui apporter, sur un plateau, les éléments qui entraîneront sa perte.

Nous sommes le 25 avril 1904 et la cour d’assises du Loiret vient de le condamner pour le vol, à sept années de réclusion et à la relégation. Du fond de sa cellule, Henri Languille écrit plusieurs courriers au procureur de la République de Pithiviers. Dans ces missives, le condamné se flatte de connaître l’assassin d’Auguste Legeais. Il dit consentir à révéler (les circonstances du crime, mais exige, en contrepartie, sinon une grâce, au moins une forte réduction de peine.

Et puis, le 1er août, il rédige une nouvelle lettre dans laquelle il livre spontanément le nom de l’assassin de Legeais. Il s’appelle… Languille, Édouard Languille, et n’est autre que son propre frère ! Des investigations sont aussitôt menées, mais la piste s’effondre rapidement.
[...]
L’intéressé ne se démonte pas pour si peu. Adoptant un système de défense adapté à la situation nouvelle, Henri Languille reconnaît alors avoir été présent sur les lieux du drame. Mais son rôle, prétend-il, s’est limité à faire le guet et à fouiller la victime. Quand à l’assassin, celui qui s’est acharné sur ce pauvre Legeais, c’est tout simplement son autre frère, Narcisse.

Languille reconnaît qu’il a calomnié Édouard par vengeance. Il pensait que celui-ci l’avait dénoncé dans l’affaire qui lui a valu sa condamnation à sept années de réclusion. Hélas pour lui, les investigations menées auprès de Narcisse ne mènent à rien. Et le 14 février 1905, Henri Languille finit par avouer qu’il est le seul auteur du crime du Père la Boule.

A l’issue de son procès devant les assises, le 18 avril qui suit, l’assassin est condamné à la peine capitale.

L’exécution a lieu le 28 juin, à 3h30 du matin, devant le Mont Bel-Air, surnommé « Place de la Guillotine » par la foule.



Une expérience du plus haut intérêt…

C’est un homme apparemment décontracté qui monte les marches de l’échafaud tandis que la foule réclame sa mort. Mais le plus extraordinaire reste à venir.

Voici comment les journaux de l’époque relatent l’événement : « A cet instant, nous nous précipitons tous vers le seau où la tête vient de choir. Le docteur Beaurieux, médecin-chef de l’hospice d’Orléans, a en effet, obtenu du procureur général l’autorisation de tenter une expérience du plus haut intérêt. Déjà, il a, entre les mains, la tête décapitée.
- Languille ! Crie-t-il, Languille ! Nous demeurons stupéfiés. Les paupières viennent de se soulever. Et les deux yeux pleins de vie encore, fixent longuement ceux du Dr Beaurieux, puis les paupières retombent.
- Languille ! Crie une deuxième fois le praticien.
De nouveau, les paupières se soulèvent et les yeux fixent encore ceux du médecin. Elles se referment et pour la troisième fois, le docteur Beaurieux appelle :
- Languille ! Languille !
Mais cette fois les paupières restent closes définitivement.
L’expérience a duré trente secondes. Pendant trente secondes la tête décapitée a conservé, manifestement, une vie consciente ».

Philippe Renaud - « Décapité, Languille ouvrait encore les yeux », article paru dans « La République du Centre » du Mercredi 27 août 2008.

http://eilahtan.e-monsite.com/pages/mes-creas/releve-sur-le-net-presse/insolite-mais-vrai.html

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MessageSujet: L'exécution d'Henri Languille   Mar 8 Oct 2013 - 14:58

La Guillotine à Orléans

Exécution d'Henry Languille. - Ce qu'était l'Assassin du Père la Boule.
- Sur la Place du Bel-Air. - Le Condamné fait montre d'une énergie surprenante.
– Son Attitude devant le Procureur général. - Une Lettre mystérieuse.
(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)

Orléans, 28 juin.

Il faut avoir passé, comme je viens de le faire, quarante-huit heures à Orléans pour comprendre à quelles considérations s'est arrêté le Président de la République en ne signant pas, comme on le lui demandait, la grâce d'Henry Languille, dont la tête est tombée ce matin sous le couperet de la guillotine

Cet homme, qui pendant longtemps avait su dépister toutes les recherches de la police, serait, s'il faut en croire les récits très circonstanciés qui m'ont été faits par les habitants des communes voisines de Pithiviers, l'auteur demeuré impuni, faute de preuves matérielles suffisantes, de toute une série de crimes et de meurtres ayant le vol pour mobile, commis en moins d'une année dans les villages de Sury-aux-Bois, de Triny, de Vitry-aux-Loges, de Saint-Ay, et, enfin d'Ascoux.

Cynisme et Fanfaronnades
Reconnu formellement par un cantonnier dans la cabane duquel il était venu chercher un abri, après avoir étranglé le père Legeais, Languille fut condamné à la peine suprême et dès lors incarcéré à la prison d'Orléans.

Pendant les quarante-trois jours qu'il passa en cellule, jamais il n'eut une parole de repentir, un mot de regret à l'égard de ses victimes. Il affectait, au contraire, quand, de temps en temps, ses gardiens y faisaient allusion, beaucoup de froideur et d'indifférence. Parfois, il allait jusqu'à faire semblant de ne pas comprendre ce qu'on voulait lui dire.
Il voyait passer les jours sans inquiétude, ou tout au moins, il mettait une sorte d'orgueil à n'en pas montrer.
En somme, disait-il souvent, je n'ai rien fait de plus qu'un autre, il n'y a donc pas de raison pour que ma peine ne soit pas commuée en celle des travaux forcés à perpétuité.

La perspective de s'embarquer pour la Nouvelle le mettait en bonne humeur. Il répétait volontiers :
- Il paraît que l'on n'est pas mal du tout là-bas. D'ailleurs, j'ai promis, au président des assises qui a prononcé ma condamnation de lui rapporter un singe. Je serais désolé, pour une fois, de ne pas tenir parole !...
Et il ajoutait, en riant :
- Et puis j'ai entendu dire que quand on en avait assez, rien n'était plus facile que de tirer sa révérence aux gardes chiourmes… Pour cela, je ne suis pas embarrassé !...

Cependant, à ces boutades du début, avait fait place, depuis la semaine dernière, une certaine appréhension. Comme tous tes condamnés à mort qui comptent les jours, il savait que l'heure décisive était proche et un état de nervosité extrême alternant avec des moments de prostration profonde, se manifestait dans son état. Son angoisse s'était accrue tout à fait, quand, il y a trois jours, son défenseur, M° Séjourné, qui avait obtenu une audience du Président de la République, sans lui faire connaitre que tout espoir était perdu, avait répondu évasivement aux questions pressantes qu'il lui avait posées.

Hier, dans le courant de la journée, il avait fait appeler son avocat, l'aumônier de la prison, l’abbé Marçais, et un coiffeur. Longuement il s'était entretenu avec son défenseur et lui avait dit :
- Je ne me fais aucune illusion. Quand le moment sera venu, je vous remettrai une lettre que j'ai écrite à votre intention.
Il écouta les conseils de l'abbé Marçais, auquel il fit également part de ses craintes, et reçut le barbier en ces termes :
- Toi, tu vas me raser, et « au velours », car c'est pour demain, et je tiens à me présenter convenablement.
Ce pressentiment devait se trouver justifié.

Les Préparatifs
Quand, vers une heure et demie, le fourgon, qui était allé charger les bois de justice restés en gare dans le wagon spécial qui les avait amenés de Paris dans la soirée, pénétra sur le lieu d'exécution, une clameur sourde monta dans la nuit noire. Dans les rues adjacentes, une poussée se produisait, réprimée aussitôt par les soldats ou 131° d'infanterie, à l'effectif de quatre compagnies ; les gendarmes et les agents, qui, très habilement disposés par M Balthazard, commissaire central, formaient plusieurs barrages superposés, à cinquante mètres de distance les uns des autres.

Le fourgon est ouvert, l’emplacement choisi, et, devant M. Deibler, qui, vêtu d'un complet jaquette noir et d'un chapeau melon, passe fréquemment la main dans sa barbe rousse, les aides, à la lueur vacillante de gros falots, commencent l'impressionnante besogne du montage de la machine.
Les deux pièces en forme de croix qui constituent le soubassement subissent l'épreuve du niveau d'axe. Elles sont solides et bien d'aplomb. M. de Paris s'en assure lui-même et, satisfait, s'éloigne, les mains derrière le dos, en sifflotant.
Tout est prêt. Il est maintenant trois heures moins le quart.

Une voiture s'arrête devant la porte de la prison. M. Blaignan, procureur général en descend et pénètre dans la cour intérieure où il est rejoint presque aussitôt par MM. de Massy, procureur de la République ; Pommier, juge d'instruction ; Dejean Jeangeau et Guillaume, greffiers ; Drioux, avocat général ; M° Séjourné ; Balthazard, commissaire central ; Dorieux, médecin de l'hôpital, et Cheriom, commissaire de police.

Malgré la mauvaise humeur du gardien chef, je suis les magistrats, et, nous pénétrons dans un long couloir bien éclairé, sur lequel donnent les portes des cellules de dix mètres en dix mètres.
Celle de Languille, sur laquelle une étiquetée blanche est collée, se trouve être la dernière, tout au fond, à gauche.

Dans l'Attente de la Mort
Un tour de clef sec. La porte s'ouvre et le procureur général qui déjà s'avançait, recule d'un pas, surpris, visiblement impressionné.
- Je vous attendais, monsieur, prononce, d'une voix ferme le condamné, qui, entendant dès pas et des bruits de voix dans le corridor, s'était levé brusquement de son lit où il s'était étendu tout habillé.
Et il ajouta :
- Je savais bien que je ne m'étais pas trompé !...
En effet, dit doucement M. Blaignan. Votre pourvoi a été rejeté. Tâchez d’avoir du courage…
Oh ! pour cela, ne vous inquiétez pas, vous verrez !...

A la lueur d'une petite lampe à pétrole posée sur une table à côté du lit, Languille se dépouille rapidement de sa vareuse de prisonnier, de sa chemise, et, sans le secours de ses gardiens, revêt les vêtements qu'il portait le jour de son arrestation.

- Il est fâcheux que je n'aie pas de glace… J’aurais tout de même voulu voir ma tête en ce moment.
Tous ceux qui assistent cette scène demeurent stupéfiés de tant de sang-froid et de l'empire sur lui-même dont cet homme fait montre en ce moment.
- Nous y sommes !... Allons-y !…
Et, d'un- pas ferme et assuré, Languille, entouré des gardiens, se dirige vers le vestibule de la prison.

Deibler et ses aides, qui l'attendent pour procéder il la toilette, le font asseoir sur une chaise et lui ôtent son veston.
- Tenez, buvez cela, dit un garçon en lui présentant un verre de vin, cela vous réconfortera.
- Ma foi oui. Pourquoi pas, après tout. Je vais boire pour la dernière fois…
Puis, se tournant vers les magistrats :
- Messieurs, à votre santé !...
Et, après l'avoir vidé d'un trait, il tendit le verre.
Au bourreau qui, d'une saccade, venait de lui saisir tes poignets pour les lui ramener derrière le dos, il dit :
- Pourquoi m'attacher… Je marcherai bien sans cela. Enfin, si vous y tenez absolument, je ne veux pas vous contrarier.
En quelques secondes, le col de la chemise fut échancré, les pieds reliés l'un à l’autre, les mains solidement ficelées.

Devant le Couperet
L'aumônier, qui, depuis le réveil ne l'avait pas quitté, couvrit ses épaules du paletot qu'on lui avait fait retirer, monta avec lui dans le fourgon des bois de justice.

Deux minutes ne s'étaient pas écoulées que Languille mettait pied à terre, à trois mètres à peine de la guillotine.
A ce moment, une poussée formidable se produisit dans la foule. Les gendarmes à cheval furent bousculés et les soldats d'infanterie purent croire un moment, qu'ils allaient être débordés. L'un d'eux, un tout jeune homme, fut tellement serré qu'il se trouva mal et tomba. Sans les agents qui accoururent prêter main forte, une foule hurlante, affolée, avide de ce triste spectacle, aurait certainement envahi la place.
Est-ce à cette circonstance qu'il faut attribuer les quelques secondes d'hésitation qui se manifestèrent au moment « d'opérer » chez M. Deibler ? Toujours est-il qu’au lieu d'être entraîné sur la bascule, Languille demeura sur place et se tourna même pour voir, lui aussi, ce qui se passait.

Les aides se ressaisissant alors, l'entraînèrent et on l'entendit crier nettement :
- Ah ! sales paysans ! Adieu la vie !
Presque aussitôt, le couteau s'abattit sur son cou avec un bruit sourd.
Je vis alors le docteur Dorieux prendre la tête qui venait de rouler dans le panier et appeler Languille par deux fois, en fixant les yeux.
Le docteur affirma ensuite que à chacun de ses appels, le supplicié lui avait répondu en ouvrant et refermant les paupières !
Avant de quitter la prison, Languille a remis à M° Séjourné, son défenseur, une lettre enfermée dans une enveloppe, portant ces mots écrits au crayon :
« M. Séjourné. Je vous laisse libre de faire et de dire ce que vous jugerez nécessaire après la lecture de ce que vous trouverez. »

Le corps et la tête, après l'exécution, ont été portés dans le nouveau cimetière, placés dans une caisse en bois blanc remplie de sable et enterrés dans un endroit désert.
Dans la soirée, M. Deibler et les bois de justice sont rentrés à Paris.

Le Petit Parisien, n° 10 471 du 29 juin 1905

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MessageSujet: Languille - le lieu du crime   Sam 12 Oct 2013 - 16:11




Le lieu du crime

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