La Veuve

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 La Veuve à Madagascar ?

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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   Mar 22 Jan 2013 - 15:54

Oui, Carniflex, et c'est carrément une revendication pour obetnir la Veuve.


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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   Jeu 13 Mar 2014 - 22:28

Hebdomadaire Le Tamatave, du 04-10-1913.
(source : gallica.bnf.fr)

Exécution Capitale

Les journaux que le courrier nous à apportés de Diêgo-Suarez nous font connaître qu'une exécution capitale a eu lieu dans cette localité.
Les assassins de Vohémar, Mahasoatra et Rafotsy, ont été passés par les armes au petit champ de tir. L'exécution a été très rapide, grâce aux mesures d'ordre de M. le Commissaire Central Bastel, qui le dirigeait  en personne. Les condamnés n'ont fait d'ailleurs aucune résistance ; en fatalistes, ils se sont laissés conduire et attacher au poteau d'exécution avec une parfaite indifférence.
Au sujet d'exécutions de cette nature qui sont de plus en plus fréquentes à Madagascar, nous ne saurions mieux faire que de reproduire l'article ci-après de la Dépêche de la Réunion, qui exprime sur cette question des idées les plus justes et tout à fait d'actualité :

L'autre Veuve  

Les journaux de Madagascar nous apportent, périodiquement, la nouvelle  d'un nouveau méfait, d'un crime odieux commis sur la personne d'un « vazaha  » par les indigènes, principalement par les antaimors nomades chez qui se recrute la caravane d'assassins. La colonie de la Réunion compte pas mal de créoles qui sont tombés sous le hantsy ou la matraque du malgache qui tue pour voler; rarement pour autre chose.
Aux environs de Diego-Suarez nos compatriotes sont particulièrement menacés.  

On ne compte plus les assassinats  commis sur la personne des blancs.  Il est vrai que la colonie est vaste. Nous l'avons conquise, par la force des armes, au prix de six mille morts, à l'heure où l'on nous tuait moins de monde qu'à présent que nous en sommes les maîtres. Joli sujet de méditation pour les apôtres de la colonisation. Ces jours derniers encore on a passé par les armes, sur la plage de Tamatave, un indigène convaincu d'assassinat sur la personne d'un chinois. Ces fusillades n'arrêtent guère le mouvement de criminalité.

Il grandit sans doute au fur et à mesure de l'importation dans l'île de nouveaux besoins, importation qui n'est pas compensée par des habitudes plus grandes de travail et de régularité, puis il faut avoir le courage de l'écrire, si le gouvernement général de Madagascar compte avec ses fusillades répétées, endiguer la marée rouge qui monte, il se trompe étrangement, encore que sa police soit excellente et retrouve le plus souvent, les malfaiteurs pour les livrer à des tribunaux toujours sévères.

Non, ce qui ne convient pas aux malgaches, c'est le genre de mort qu'on leur réserve au bout des fusils Lebel, comme à des soldats. La loi française prévoyant que tout condamné à la peine capitale « aura la tête tranchée » le gouvernement général, au temps de Galliéni, d'Augagneur, n'ayant pas voulu par coquetterie ou humanitarisme mal compris, attacher son nom à l'importation d'une « Veuve Faucheuse » on sollicita un décret, comme pour l'Indo-Chine, fixant le mode d'exécution capitale pour Madagascar.

En Indo-Chine on restait dans la tradition mais à Madagascar la fusillade  ne signifiait absolument rien puisque le gouvernement hova mettait à mort à les criminels avec des raffinements d'improvisation.  Les malgaches se moquent absolument du peloton d'exécution. J'en ai vu périr plusieurs sous les feux de salve. Ils étaient extraordinaires de sang-froid. Quant à la foule, elle trouvait le spectacle divertissant.

Le gouvernement général n'a jusqu'à exhiber la guillotine et la criait taillé sera d arrêtée pour longtemps. Nous en avons la preuve ici, où à la suite dune épidémie effroyable d'assassinats, on dresse les bois de justice sur  une place de Saint-Pierre. Les crimes se sont arrêtés comme par enchantement.

La guillotine est un instrument de  terreur et ceux qui en firent celui de la Révolution connaissaient à merveille la défroque humaine. Si l'on veut faire des exemples, à Madagascar, frapper l'imagination des indigènes, dresser devant eux l'épouvante du châtiment il faut faire disparaitre l'inutile décret présidentiel et appliquer la loi. Tamalave n'est qu'à trente heures de la Reunion.

Quand on exécute à Ajaccio, par exemple, c'est M. de Paris qui opère  avec ses bois de justice transportés en Corse. La Corse est plus éloignée de Marseille que la Réunion de Madagascar. Dans l'intérêt de la sécurité de tous les colons français, on peut bien nous demander notre guillotine. C'est un sinistre rattachement, on en conviendra, mais bien plus sinistre encore est la longue liste des victimes de MM, les assassins malgaches.

Ceux qui connaissent bien l'indigène, qu'il soit hava, betsimisakara, antaimor, sacalava, peuvent affirmer que, seule la crainte d'un châtiment terrible, doit arrêter leur élan dans la voie du crime. Ces indigènes on les a mis hors-la-loi. On leur accorde la mort des braves, celle du duc d'Enghien et du maréchal Ney, celle des martyrs de la Commune. Sans aller plus loin, on les met au même poteau que Rainibetsimisaraka, héros de l'indépendance madécasse que la France fit fusiller pour s'en débarrasser et qui tomba crânement sous nos balles, debout, le chapeau en main, saluant d'un dernier et tragique défi nos officiers.

Chaque criminel malgache qui expie ainsi son forfait se campe en faible devant la justice des forts.C'est une erreur que l'on commet. Elle nous est fatale depuis quinze ans. La loi a prévu autre chose. Que la loi soit appliquée à Madagascar.
Nous tenons à la disposition de nos voisins l'instrument de leur sécurité et nous leur faisons remarquer que si l'on pend en Angleterre, on pend aussi à Maurice.
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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   Mer 19 Mar 2014 - 23:38

Hebdomadaire Le Tamatave, du 08-05-1915.
(source : gallica.bnf.fr)
___________________________________

TRIPLE EXECUTION CAPITALE

Jeudi, 6 Mai, à 6 h. du matin, ont été fusillés sur la plage à l'extrémité du Boulevard d'Ivondro, sur le lieu ordinaire de ces exécutions, trois indigènes nommés Laivao, Latoto et Nivo. Ils avaient été condamnés à mort le 30 décembre dernier, par le Tribunal indigène, pour assassinat commis sur la personne de leur compatriote Tika, à Ambodivoanio, canton de Vohipeno, district de Fénérive.
Tika, « avocat » malgache, suivait un procès sur le résultat duquel Laivao qui s'y trouvait intéressé, avait quelque inquiétude. N'ayant pu, sans doute, réduire son adversaire par d'autres arguments, Laivao proposa à Latoto et Nivo de le débarrasser de Tika, moyennant finances. Latoto et Nivo ayant accepté, se rendirent un soir à la tombée de la nuit à la case de Tika au moment où la femme de ce dernier allumait le feu pour préparer le repas du soir, et frappèrent la victime avec des antsy ou haches malgaches jusqu'à ce que mort s'en suivit. La femme qui, parait-il, devait aussi être assassinée, réussit à prendre la fuite, donna l'éveil, etc'est ainsi que les assassins ont été arrêtés.

Condamnés à mort le 30 décembre dernier ils avaient signé un recours en grâce qui a été rejeté. On leur a dès lors appliqué la procédure employée envers les criminels européens, sans se rendre compte que l'intelligence de ces primitifs n'est pas encore suffisamment ouverte pour en apprécier la nuance. Il en est de même du genre de supplice qui leur est appliqué et auquel ils se rendent sans la moindre émotion.

De vieux malgaches, ayant vécu quelques années à la Réunion où ils ont eu l'occasion d'assister à des exécutions par la guillotine, racontent l'impression de terreur qu'ils avaient ressentie à voir la tête du condamné séparée brutalement du tronc et rejetée dans le panier. Ce spectacle leur avait réellement inspiré la crainte du châtiment. Mais des balles ne leur font pas peur ; leurs sorciers ont des « fanafody » qui leur permettent de s'en tirer. Aussi à chaque exécution capitale qui a lieu à Madagascar, le public et la presse ne cessent de réclamer l'application de la guillotine.
Les balles devraient être exclusivement réservées aux militaires comme en France d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   Ven 21 Mar 2014 - 22:13



Hebdomadaire Le Tamatave, du 10-12-1913.
(source : gallica.bnf.fr) 
____________________________________

                                                                                                        
RECTIFICATION

Le 29 Octobre 1913

Monsieur le Directeur du Tamatave

Votre numéro du 4 octobre ( voir plus haut) reproduit sous le titre Exécution Capitale un article de la Dépêche de la Réunion qui s'élève contre l'honneur fait à certains criminels en les fusillant comme les braves, alors que la Veuve inspire plus de terreur aux assassins. Le rédacteur de l'article veut nous prêter la guillotine de la Réunion.

J'estime qu'il est inutile de nous envoyer cet instrument avec le Deibler de l'île voisine, il n'y a qu'un moyen de punir cruellement les assassins malgaches ; qu'ils soient exécutés par le fusil ou par la guillotine à Madagascar ou ailleurs, peu leur importe ; en fatalistes, ils se laisseront conduire à la guillotine avec la même indifférence que si leur sort est réglé au "poteau « .

Mais ce qu'ils craignent, c'est le séjour définitif de leurs restes mortels ailleurs que sur la terre de leurs ancêtres,surtout, s'ils sont certains à l'avance que leur famille ne sera jamais autorisée à les faire transporter sur la "terre natale".
Ceux qui ont connu l'humilité et l'insistance des familles des Hova décédés en exil à la Réunion, sollicitant du général Galliéni la faveur de faire exhumer les dépouilles mortelles de leurs parents, afin de les transporter à Madagascar pour y être déposés dans leurs tombeaux, seront certainement de mon avis. Il en est de même de ceux qui ont assisté au débarquement de ces cercueils en mai 1902.

Voulez-vous me permettre en outre de redresser une double erreur au sujet de l'article de la Dépêche que je vous signale.
A la fin de cet article je lis que « Rainibetsimisaraka héros de l'indépendance madécasse, que la France fit fusiller pour s'en débarrasser, tomba crânement sous nos balles, debout, le chapeau en main, saluant d'un dernier et tragique nos officiers. » Il y a dans cette phrase deux erreurs : Ranibetsimisaraka était un brigand et non pas un héros, il n'est pas mort fusillé, mais atteint de pneumonie double.

1. Ranibetsimisaraka  n'a jamais été un héros de l'indépendance madécasse comme le ministre patriote Ramandriamampandry, qui a été fusillé à Tananarive en 1896, ni comme Rabozaka et Rabezavana, les deux chefs de rebelles qui firent leur soumission, le premier en février 1898, le 2ème en mai 1897 (Histoire du royaume Hova par Maizac).

« Rainibelsimisaraka, dit le Journal officiel du 10 avril 1896, chef de la bande qui a tué MM. Duret de Brie, Grand et Théophile Michaud, était un voleur de profession, vivant depuis 10 ans de rapines dans la Vakiuankatra et qui avait pu se soustraire jusque-là aux poursuites que toutes les autorités indigènes avaient ordre d'exercer contre lui. On ne saurait sérieusement accorder un rôle politique ou national à l'attitude de ce brigand des crimes duquel ses compatriotes ont été les premiers et longtemps les seuls à souffrir et qui s'est, en dernier lieu attaqué à des Européens simplement parce qu'il les présumait porteurs d'une forte somme d'agent, de provisions, d'armes et d'objets de prix. »

La résidence générale avait offert 5.000 fr. à qui amènerait vivant Rainibetmisaraka chef de la bande de voleurs du Vakinankaratra, qui avait tué nos compatriotes. Hainibetsimisaraka se rendit le 9 Juin 1897 dans la vallée de la Manandotia, au sud d'Antsirabe, au sergent chef du poste d'Ambohimirary. Déporté à la Réunion, alors qu'il aurait dû ère condamné à mort, il obtint sa grâce en 1901 et revint s'installer dans un petit Village de la Mânandona canton d'Ambohipahâna, district d'Antsirabe.

Il devait se présenter chaque samedi, jour du marché au chef du district et était étroitement surveillé pendant la semaine, mais on apprit plus tard qu'il réussissait à se rendre la nuit, à la limite nord de la province d'Ambositra où il organisait une bande de 23 brigands qui attaqua, un jour un convoi d'or de la Cie Lyonnaise au lieu dit Ampanatovana, à la limite des districts d'Ambositra et Antsirabe. Le milicien qui escortait le convoi fut tué, 66.000 fr d'or furent volés et en partie retrouvés dans des fioles cachées sous les herbes des canaux d'irrigation des rizières, à proximité du village d'Ambodifiakarana.

Rainibelsimisaraka fut arrêté pendant son sommeil dans son village, à 3 heures du matin par le chef du district d'Antsirabe, armé d'un photophote d'une main et d'un revolver de l'autre, accompagné d'un seul milicien déguisé en bourjane et armé de son fusil.
Monsieur l'administrateur Ganner chef de la province de Betafo ouvrit une instruction qui dura plusieurs mois.

Le chef brigand nia toute participation au crime mais ne put expliquer la présence chez lui, le jour de son arrestation, d'un sabre fraichement aiguisé. Les témoignages de 19 de ses complices furent accablants. Il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité pour assassinat et vol en bande armée. Le gouverneur général voulut faire un exemple et résolut de le faire con- duire sur le théâtre même du crime à où un grand kabary fut fait par M. l'administrateur eu chef Vergnes, délégué du gouverneur général.

2. Rainibetsimiraka n'a pas été fusillé, mais il mourut le lundi 15 septembre 1902 à Ambohitsaratelo, à quelques kilomètres de Tananarive, peu après son départ, avec les autres condamnés pour Ampanatovana. Le corps, ramené à Tananarive, fut immédiatement soumis à l'autopsie.

Cette opération qui eut lieu à l'hôpital indigène d'Ankadrinandriana, a démontré que Rainibetsimisaraka avait succombé aux atteintes d'une pneumonie double à évolution très rapide (J. O. du 20 Septembre 1902), qu'il avait contractée dans les repaires où il avait été si souvent traqué et notamment dans la caverne du Mont Ibity, au sud d'Atsirabe.
Cette note officielle anéantit le bruit qui avait couru que Rainibelsimisaraka s'était empoisonné pour ne pas subir le déshonneur d'entendre M. Vergnes annoncer sa déportation à cette population qu'il avait terrorisée pendant 10 ans.

J'ai pensé que ce récit historique que je vous certifie exact, et pour cause, intéresserait peut être vos lecteurs, surtout les anciens qui ont assisté au début de la pacification de la Grande Ile.
Veuillez agréer, etc.

G. T.
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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   Jeu 27 Mar 2014 - 17:22

Mon cher Mercattore, Salut & Fraternité  Very Happy !!!
On peut dire que le sujet est traité, et à fond   
Un très grand merci pour vos recherches, qui mettent un point final à une zone d'ombre qui me laissa pensif il y a déjà quelque temps...
Bien amicalement  sunny
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MessageSujet: Re: La Veuve à Madagascar ?   

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