La Veuve

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 Images de la Grande et de la Petite Roquette

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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 14:29

Je déduit, Mercattore, de ce paragraphe, qu'il faut compter un siècle.

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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 15:08

Bonjour à toute l'équipe !
Le boulevard Arago a été " inauguré " par Anatole le 06/08/1909, avec Duchemin le parricide.Il est vraisemblable que le transfert du matériel à la prison de la Santé a dû avoir lieu un peu après, mais je n'arrive pas à retrouver une date...
Bonne journée.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 15:16

D'après l'institut national de la statistique, 1 franc de 1910 vaudrait aujourd'hui 3,124 euros. Le salaire moyen d'un ouvrier à tout faire (un manoeuvre) en 1910 était de 0,30 franc de l'heure, soit à peu près = 1 euro de l'heure.
Si le manoeuvre travaillait 10 heures, cela faisait donc 10 euros pour sa journée.
Javier, la somme de 30 francs que vous indiquez ferait donc un peu plus de 90 euros ! sauf erreur ?
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 15:54

Pour Pierrepoint,
J'ai une date:



Il faudrait le confirmer
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 15:56

Merçi Mercattore,

J'aurais couru aussi derrière la veuve!
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Jourdan coupe tête
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 16:03

Le transfert a effectivement eu lieu à la date du lundi 21 août 1911. La note du ministère de la justice précise "dans la matinée et en tout cas avant midi".

Deibler confirme qu'il effectuera le transfert, le jour dit, sans avoir besoin d'aucunes mesures de protection spéciales.

La réception des travaux du local des bois de justice, à la prison de la santé, a été effectuée par l'architecte de la prison le 21 juillet précédent.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 16:11

Javier a écrit:
Merçi Mercattore,

J'aurais couru aussi derrière la veuve!

J'aurais couru avec vous, Javier... bounce
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 16:15

Jourdan coupe tête a écrit:
Le transfert a effectivement eu lieu à la date du lundi 21 août 1911. La note du ministère de la justice précise "dans la matinée et en tout cas avant midi".

Deibler confirme qu'il effectuera le transfert, le jour dit, sans avoir besoin d'aucunes mesures de protection spéciales.

La réception des travaux du local des bois de justice, à la prison de la santé, a été effectuée par l'architecte de la prison le 21 juillet précédent.
Re-bonjour !
Le mystère est enfin éclairci ! Je crois qu'une explication plausible à ce déménagement pourrait être la suivante : La dernière exécution faite Bld. Arago avec le matériel amené depuis le hangar de la Folie-Regnault était celle de Liabeuf le 01/07/1910, et avait donné lieu à des manifestations assez dures.Il était donc plus logique d'avoir le matériel " sous la main " plutôt que de lui faire traverser Paris sans grande discrétion, et de plus, " boucler " la zone rapprochée de la prison en cas de besoin ne posait pas de grandes difficultés.Mais ceci n'est qu'une hypothèse de ma part :study:
Bonne journée.
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Jourdan coupe tête
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 16:25

A propos de l'équivalence francs/euros, soit un franc 1910 = 3,124 euros, on peut calculer le salaire des exécuteurs vers cette époque :

- Exécuteur en chef : 6000 francs par an de gages. Soit 18744 euros par an ou un salaire mensuel de 1562 euros
- Exécuteur de 1ère classe : 4000 frs : 12496 euros par an ou 1041 euros par mois
- Exécuteur de 2ème classe : 3000 frs : 9372 euros par an ou 781 euros par mois

Je n'ai pas compté les frais d'abonnement qui montaient à 10.000 frs par an.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 18:19

Oui, mais il y a eu les années creuses avec les grâces continues !


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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 18:20

Erreur. Mille excuses. Wink
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tOma de l'Est
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 3 Mar 2009 - 20:20

Javier a écrit:
Pour Pierrepoint,
J'ai une date:



Il faudrait le confirmer

Bon, c'est un peu chipoter mais...
...il me semblait que c'était le 22 août.
Peut-être que Deibler est venu préparé le coup le 21, et que le déménagement n'a été éffectif que le 22?
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Jeu 26 Mar 2009 - 0:50


Exécution de Peugnez
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Boisdejustice
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Jeu 26 Mar 2009 - 2:45

Cette gravure semble copiee sur la gravure de l'execution de Dore et Berland publiee dans le Petit Journal. En particulier la guillotine semble identique.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Jeu 26 Mar 2009 - 13:24

Bien que quelques détails sont différents, peut-être ils se sont basé sur la gravure du Petit Journal que vous citez. Voyez-la ici:
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/abolition-peine-mort/petit-journal.shtml
Sur la gravure de Peugnez, j'ai retouché un peu l'hauteur de la guillotine et la texture de l'image.
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Jeu 2 Avr 2009 - 13:21

Photo ancienne

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tOma de l'Est
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Dim 5 Avr 2009 - 11:53

C'était quand même différent avec les pavés apparents, les dalles ressortaient beaucoup plus, alors qu'elles forment maintenant un creux dans l'asphalte.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Jeu 9 Avr 2009 - 17:24

Suite de l'extrait de l'article de Michèle Parrot professeur d'histoire contemporaine, Les enfants de la Petite-Roquette, publié dans la revue HISTOIRE, mai 1987, N°100.


Prison-laboratoire, la Petite -Roquette suscite d'âpres controverses. « Allez à la Roquette ! » lance Toqueville, qui, en 1844, y conduit sa commission parlementaire. « Entrez dans chaque cellule, renchérit Moreau Christophe, et voyez ces yeux clairs, ce teint frais, cet air heureux, calme et résigné. Voyez comme tout est rangé, comme tout est propre; l'établi, les outils, le lit, la chaise, les livres, les cahiers d'écriture, etc.. Ici, les mauvais penchants se taisent, les bons sont tout yeux et toutes oreilles; ils acquièrent, chaque jour, plus de développement et de force. Interrogez le médecin : il vous dira que leur santé à tous est meilleure que dans la vie libre. »

Les philanthropes — La Rochefoucault-Liancourt, Léon Faucher, Charles Lucas surtout, principal adversaire du cellulaire — rétorquent que la solitude, mère de tous les vices, rend malade et fou, et qu'elle est particulièrement néfaste pour les enfants qui ont besoin de société. Nombre de médecins, tels Peigné et Fourcaut, dénoncent l'anémie générale, la fréquence des maladies de peau, des affections intestinales, des ravages de la typhoïde, l'enflure des jambes, la neurasthénie génératrice de dérangement mental et les progrès spectaculaires des scrofules et des tumeurs de la tuberculose. Certains avaient des tumeurs qui s'étendaient le long de la face et qui gênaient même la respiration . Elles se sont développées depuis l'incarcération, note Fourcaut qui conclut : « La plupart des maladies dont sont frappés les détenus de la Roquette ne sont pas dues à la mauvaise constitution des enfants, mais à l'influence de la prison » (rapport au congrès pénitentiaire de Bruxelles, 1847).
Léon Faucher parle de « barbarie, visible dans la monstruosité des petits détenus . Visages hébétés, regards éteints ou fuyants, corps déformés, disent la torture subie, au point que recule l'optimisme salvateur des plus convaincus : Béranger, président de la société de patronage des libérés de la Seine, et Tocqueville lui-même.


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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Ven 10 Avr 2009 - 12:56

Bonjour,
Voici un dessin d'une des cellules des condamnés à mort.

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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Ven 24 Avr 2009 - 13:50

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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Sam 25 Avr 2009 - 19:58

Extrait de SOYEUSE, de Jean Lorrain, bibiothèque Chapentier, Paris, 1891.

L'écrivain raconte ses souvenirs. Ci-dessous, un passage sur le quartier de la Roquette :

« Un mois plus tard, oui le huit, la nuit même de la mi-carême, c'était le drame de la rue Montaigne, le triple assassinat de Marie Regnault et des femmes Gremeret. Je ne reviendrai pas sur ce crime, on en a assez rebattu nos oreilles. Paris, pendant cinq mois, a vécu sur les performances de Pranzini et les lettres de ses femmes du monde. Cet étalage d'horreurs si complaisamment détaillées dans toute la presse et dans tous les kiosques, me laissait, moi, assez froid, je n'allais même pas voir juger ce misérable lors des fameuses assises, et son exécution, de jour en jour ajournée, ne m'attirait pas davantage.

J'étais pourtant à Paris dans le moment, dans Paris émigré pendant une semaine chaque nuit, place de la Roquette, et pendant une semaine déçu de son attente de chaque matin. Le boulevard commençait même à s'impatienter fortement de cette éternelle partie remise au lendemain. C'est alors que je rencontrai Méténier (1) devant le Tortoni, (2) et me faisant l'écho de l'opinion publique :
Eh bien vous n'en finirez donc pas avec ce misérable, la presse en a assez, vous savez, de danser depuis huit jours devant la tête de Pranzini. M. Deibler ne se décide donc point ! On ne dérange pas les gens pour rien toute une sainte semaine. On la sifflera, votre première !
Méténier s'était arrêté, souriant.
Est-ce que tu serais par hasard du petit voyage ? Désolé, mon ami, tous mes regrets. Ce cher Inotey, qui a passé la nuit pour rien !
Moi ! Détrompe-toi, mon cher; je n'ai que faire d'aller assister à ces petites fêtes macabres, les enterrements ordinaires me suffisent.
Et c'est un tort, me souriait Méténier, de son sourire le plus aimable, très curieux, et puis tu te serais trouvé là en pays de connaissance. Le numéro 4 de la rue de la FoIie-Régnault entre autres ? On est très bien là pour voir, un restaurant au rez-de-chaussée, des salons au premier; on peut souper, on est très bien, très bien; vas-y, tu m'en diras des nouvelles.
C'est sérieux, ce que tu me dis là ?
Tout ce qu'il y a de plus sérieux; vas-y, je puis t'affirmer que ce sera pour cette nuit.

Et voilà, mon cher ami, comment j'allai le vingt-trois août voir exécuter Pranzini, place de la Petite-Roquette, exécution à laquelle je te rencontrai. Donc, inutile d'insister. Quant au numéro 4 de la rue de la Folie-Regnault, un mastroquet de barrière, bondé dans le bas de reporters et de petits journalistes, au premier des filles du Peters et de chez Sylvain venues en bande du boulevard et s'écrasant dans l'embrasure des fenêtres : du champagne, de la charcuterie, des cris et des rires, des poignées de main distribuées à tort et à travers; des « Hé! Inotey ! par ici, des « Hé ! Inotey ! » par là, tout ce qu'il y a de plus banal et de moins recueilli devant cette grande tragédie de la mort.

Ecœuré, je m'étais mis dehors sur le trottoir, renonçant même à entrevoir quelque chose entre les créneaux des têtes et des épaules, quand, à un mouvement se produisant dans la foule et me bousculant jusque sur la chaussée, je m'insurgeais et élevais à la fois et ma canne et la voix : deux femmes essayant de se faufiler chez notre marchand de vins causaient tout cet émoi, c'était à qui se presserait et s'écraserait les coudes au lieu de leur livrer passage « C'est la maîtresse du condamné, chuchottait-on autour de moi.
Madame Sabattier ?
Non, l'autre, la femme du monde.
Intrigué, je m'avançai à mon tour. Trop tard. La femme touchait enfin au port. J'arrivai juste pour voir l'ondulation noire de sa robe serpenter et disparaître.
Qu'est-ce que cette femme ? demandai-je avisant Adnie, le journaliste.

Ah, oui, la dame en noir, la dame aux cinq louis de location de fenêtre, un vrai revenu que se fait là le cabaretier. Une femme qui depuis neuf jours vient tous les matins à heure fixe pour voir fonctionner la petite machine. Sa croisée est retenue dans une pièce du premier, pour elle et sa compagne, sans doute sa femme de chambre, cent francs par jour. Une première loge qui se solde aujourd'hui par un billet de mille c'est assez coquet, ça doit être une princesse russe, la dernière princesse russe de monsieur Cherbuliez. (3)
Et l'opinion dit ?
Des bêtises. Pour les uns c'est une maîtresse du condamné, pour les autres une amie trop intime de Mme de Montille; pour moi ce n'est qu'une curieuse, quelque grande ennuyée à la recherche d'un frisson nouveau, d'une sensation inconnue, lécheuse de guillotine par oisiveté, dépravation, que sais-je...Veux-tu la voir ? J'ai ma jumelle de théâtre. En nous reculant un peu...Je connais la fenêtre. »

Mais allez donc circuler dans une pareille cohue. Nous faisions bien notre trouée, bousculés et injuriés à chaque effort, mais pas assez en avant sur la place pour pouvoir en percevoir la fenêtre, et quand je voulais revenir sur mes pas, curieux d'entrevoir la grande ennuyée à sa sortie, impossible alors de bouger, emboîtés que nous étions dans la foule et, quand trois quarts d'heure après, la glabre tête du condamné une fois tombée dans le panier de son, je regagnai le marchand de vins de la rue de la Folie, la dame aux cinquante louis n'était plus là, partie, évanouie... »



(1) Méténier Oscar. Nouvelliste, romancier. Il fut sécrétaire dans la police. Fréquenta les bas-fonds. Grand ami de Jean Lorrain. Fondateur du célèbre théâtre du "Grand Guignol".

(2) Tortoni. Restaurant très à la mode à cette époque, situé bd des Italiens.

(3) Cherbuliez Victor. Romancier et dramaturge.


Dernière édition par mercattore le Dim 26 Avr 2009 - 12:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Dim 26 Avr 2009 - 12:24

Extrait du Journal Officiel de la République française du 20-03-1871.
____________________________

Devant la porte d'entrée de la prison de la Roquette, il existait, dans l'intervalle compris entre les deux trottoirs, quatre dalles de pierre oblongues, formant les extrémités d'un carré long, au milieu duquel se trouvait une cinquième pierre, plus large que les autres. C'est sur ses pierres que s'appuyait l'échafaud, et, pour, cette raison, le bois de justice était appelé en argot l'abbaye-de-Cinq-Pierres, dénomination qui avait succédé à celle d'abbaye de Monte-à-regret, usitée pour la potence avant qu'elle cédât le pas au modeste instrument de supplice.

La destruction de la guillotine devait naturellement entraîner celle de l'abbaye de Cinq-Pierres devenue inutile. Cette opération s'est accomplie hier avec une certaine solennité en présence des gardes nationaux du poste et d'une foule de curieux, parmi lesquels on remarquait en grand nombre ces gamins cyniques qui se pressaient en ce même endroit les jours de sanglantes exécutions, comme s'ils eussent voulu apprendre à ne pas plus craindre de recevoir la mort que de la donner. Quand le pourvoi d'un condamné à la peine capitale était rejeté, ces gamins se rendaient chaque nuit dans la petite rue de la Folie-Regnault, ou ils n'ignoraient pas que l'échafaud était remisé. Si, à travers les fissures, ils voyaient briller dans la remise une lumière, ils savaient ce que cela signifiait et ils se disaient :
— Demain matin, nous irons voir la tronche.
La langue verte a plusieurs expressions pour désigner la tête humaine. La sorbonne est la tête qui pense, qui médite, la tronche est la tête détachée du corps par le couperet de la guillotine. Est-il possible de rendre d'une manière plus expressive deux idées plus dissemblables ?




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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 5 Mai 2009 - 12:52

pierrepoint a écrit:
Jourdan coupe tête a écrit:
Le transfert a effectivement eu lieu à la date du lundi 21 août 1911. La note du ministère de la justice précise "dans la matinée et en tout cas avant midi".

Deibler confirme qu'il effectuera le transfert, le jour dit, sans avoir besoin d'aucunes mesures de protection spéciales.

La réception des travaux du local des bois de justice, à la prison de la santé, a été effectuée par l'architecte de la prison le 21 juillet précédent.
Re-bonjour !
Le mystère est enfin éclairci ! Je crois qu'une explication plausible à ce déménagement pourrait être la suivante : La dernière exécution faite Bld. Arago avec le matériel amené depuis le hangar de la Folie-Regnault était celle de Liabeuf le 01/07/1910, et avait donné lieu à des manifestations assez dures.Il était donc plus logique d'avoir le matériel " sous la main " plutôt que de lui faire traverser Paris sans grande discrétion, et de plus, " boucler " la zone rapprochée de la prison en cas de besoin ne posait pas de grandes difficultés.Mais ceci n'est qu'une hypothèse de ma part study
Bonne journée.

- Deibler est bien venu le 21 août 1911 pour préparer le transport des bois de justice, mais je confirme que la bécane n’a quitté son hangar que le 22 août.

- N’oublions pas qu’il y avait 2 guillotines, une seule est partie à la Santé, l’autre était toujours remisée au hangar. Cette dernière y est restée plus longtemps (mais peut-être pas jusqu’en 1930 comme le dit J. Delarue) Question

- et non, la dernière fois que la veuve a quitté son hangar et fait le chemin jusqu’au Boulevard Arago ce n’était pas pour Liabeuf.
Wink
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Sam 9 Mai 2009 - 13:43



Du 30 novembre 1907.
____________________________________________________________________________________

Almereyda (Eugène Vigo, dit). Journaliste anarchiste. De père espagnol et de mère française, il eu une fin tragique, retrouvé étranglé dans sa cellule de la prison de Fresnes, en 1917. La thèse officielle du suicide peut être très fortement remise en cause, à l'instar de celle de Georges Figon, un des acteurs de l'affaire Ben Barka, dont le Canard enchaîné annonça ainsi la mort « On a suicidé Figon ». Père du cinéaste Jean Vigo (Zéro de conduite, l'Atalante).

Delannoy Aristide. Avec Jossot, Grandjouan, Steinlen etc., un des tout premiers caricaturistes de l'époque dans la satire politique et sociale.
____________________________________________________________________________________


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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Sam 9 Mai 2009 - 14:46

Oui,

C'est le N° 348 de l'Assiette au Beurre !

J'avais vu l'annonce, ça fait longtemps que je le cherche, et je vais mettre une enchère dessus.
J'espère que vous n'êtes pas ce premier enchérisseur... :albino:
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   

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