La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Images de la Grande et de la Petite Roquette

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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 29 Avr 2008 - 0:24

IMAGES DE QUELQUES CONDAMNÉS DE LA GRANDE-ROQUETTE :


Paul LIEBEZ et Eugène-Thomas (dit Aimé) BARRÉ.

Assassins de Madame Gillet, laitière de plein-vent rue de Paradis (Xème), pour la voler. Barré la fit venir rue de Hauteville (Xème) et la frappa avec un marteau d'ouvrier gazier (au centre des portraits) et Liebez, étudiant en médecine, la lacéra à coups de grattoir au coeur. Elle fut dépeçée.

Condamnés à mort, ils déposèrent une demande de grâce qui fut rejetée par le président Mac-Mahon.

Exécutés le 07-09-1878.


« Pour ces deux exécutions voir le topic "Mais quelles forcent ont-ils", post du 14 février.».

Crâne de Madame Gillet.
Collection Gustave Macé

Victor-Joseph PRÉVOST (à droite).

À gauche, une de ses victimes, Mr Lenoble.

Auteur d'un double assassinat sur la personne d'Adèle BLONDIN, sa maîtresse (il découpa son cadavre), et du bijoutier LENOBLE à coups de boucle de tender (au centre des clichés). Il dépeça le cadavre du bijoutier.

Condamné à mort, il déposa une demande de grâce qui fut rejetée par le président Jules GRÉVY.

Exécuté le 19-O1-1880.

Mention est faite qu'il mourut courageusement.


Dernière édition par mercattore le Sam 25 Avr 2009 - 23:44, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 29 Avr 2008 - 14:10

A titre de document, voici une relation de L'affaire Liebez-Barré selon l'écrivain et homme politique Paul LAFARGUE, auteur, entre autre, de « l'Éloge de la paresse »(1880), ouvrage traduit dans de nombreux pays. Marié à la fille de Karl MARX, il mit fin à ses jours avec sa femme, redoutant l'approche de la décrépitude.
_____________________________________________________

« Il y a dix ans environ, une vieille laitière fut assassinée à Paris. Le meurtre, perpétré dans des circonstances bizarres, produisit une impression si profonde qu'on s'en souvient encore aujourd'hui. Le meurtrier fut démasqué d'une façon singulière.
Barré, un jeune homme qui se trouvait en relations avec la vieille, s'offrit au juge d'instruction pour l'aider dans ses recherches ; il donna de lui-même tous les détails sur les habitudes, le genre de vie de la victime, les valeurs dans lesquelles elle avait placé sa petite fortune de dix mille francs, épargnée avec peine. Il eut plusieurs entrevues avec le juge d'instruction, qui le remercia de bien vouloir l'aider à découvrir le coupable. Un jour le juge, en l'accompagnant à la porte de son cabinet, lui demanda :

– Vous portiez autrefois la barbe, monsieur Barré ?

A cette simple remarque, Barré se mit à trembler et devint pâle comme un mort. Le juge mit aussitôt la main sur son épaule et s'écria :

– Voici l'assassin !

Barré, perdant contenance, avoua que lui et son ami Lebiez, étudiant en médecine, avaient commis le crime. Les deux assassins étaient des jeunes gens intelligents et instruits, âgés de 24 et de 26 ans. Lebiez passait pour l'un des meilleurs étudiants de la Faculté de Médecine de Paris. Son professeur, le docteur Vulpian, et ses camarades crurent à une erreur grossière quand ils apprirent son arrestation. Quelques jours après le crime, Lebiez avait fait une conférence sur le darwinisme, où il avait exposé la théorie de la lutte pour la vie et la loi de la permanence du plus apte.

Quand il vit qu'il avait été trahi, Lebiez ne nia pas son crime, mais en donna l'explication suivante : la laitière avait remis les dix mille francs à son ami Barré, qui avait dépensé l'argent au lieu de lui acheter des valeurs. La somme pouvait à chaque instant être réclamée et Barré, hors d'état de se la procurer, risquait d'être poursuivi et condamné pour détournement. Lebiez comprit qu'il se trouvait en face de ce dilemme : le déshonneur d'un ami, jeune homme d'excellente famille qui donnait beaucoup d'espérances, ou la mort d'une vieille femme, insignifiante et inutile. Il n'hésita pas une seconde sur le parti qu'il avait à prendre, abattit la vieille femme et découpa son cadavre suivant les règles de l'anatomie, afin de le faire disparaître.

Ce crime fit sensation. Lebiez n'était pas une brute ou un inconscient qui détruit tout ce qui se met au travers de sa route, mais un homme froid, réfléchi, qui avait mûrement préparé son plan, l'avait méthodiquement exécuté et légitimé au nom d'une théorie scientifique.
Il mourut avec courage. Barré dût être porté sur l'échafaud, tandis que Lebiez en gravit les marches * d'un pied ferme. Au moment où il passa la tête à travers la lunette de la guillotine et que le couperet allait tomber, quelqu'un cria dans la foule : "Bravo, Lebiez !" Il leva la tête, dirigea son regard dans la direction de la voix et dit de façon distincte : "Adieu !"


* L'Échafaud n'existait plus depuis 1870.

Paul LAFARGUE.

Laura LAFARGUE.
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mer 7 Mai 2008 - 16:29

Très intéressant Mercattore. Merçi.

Une photo des passerelles de la Petite Roquette:

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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mer 7 Mai 2008 - 17:55

Oh, Javier, document inédit ! Compliments... drunken
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Ven 11 Juil 2008 - 13:13

Exécution de Prévost:

http://www.parisenimages.fr/fr/popup-photo.html?photo=639-14
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 5 Aoû 2008 - 15:33

La première évasion de la Petite-Roquette aurait eu lieu en janvier 1941 (pas d'indication du jour) par Simone Leboucher et Madeleine Vy, à l'aide de draps noués.

Cette dernière, dite Mado la gitane, était l'ancienne compagne de Raymond Liegey, dit le casseur, qui avoua, suite à l'enquête sur la cavale de Mado, être l'auteur du meurtre inexpliqué du Strasbourg-Vintimille, le 15-11-1937, en gare de Nice.

A cette époque, avec la complicité de Mado, il écumait les wagons où se trouvaient des femmes seules et les endormaient avec un tampon de chlorure d'éthyle afin de piller leurs bagages.

Pour ce meurtre, liegey affirma avoir appuyé avec trop de force le tampon anesthésiant , sur madame Girola, la victime.

Un temps soupçonné du meurtre, le contrôleur du train fut incarcéré une année puis relâché.


Source : Garde-Mauro-Gardebled, Guide du Paris des faits divers, le cherche midi, éditeur.
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Ven 17 Oct 2008 - 12:31

Ce message est obsolète. Voir ci-dessous.


Dernière édition par Javier le Dim 19 Oct 2008 - 23:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Ven 17 Oct 2008 - 13:48

Magnifique documentation, Javier.

Comment se fait-il qu'il n'y a pas de son avec les images ? Smile
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Dim 19 Oct 2008 - 23:25

En fait, Javier, j'avais deja vu cette vidéo dont le lien est indiqué Page 1, du 11 février. Smile
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 20 Oct 2008 - 0:55

Je viens de voir le lien sur votre message; je ne l'avais pas vu. Je crois qu'il y a beaucoup de choses sur ce Forum que je n'ai pas vu encore, surtout quand il s'agit de messages ré-édités plusieurs fois. Ça m'indique que je dois me dédier avant tout à une nouvelle révision.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 20 Oct 2008 - 1:18

Javier a écrit:
Je crois qu'il y a beaucoup de choses sur ce Forum que je n'ai pas vu encore

Mais Javier c'est pareil pour moi, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas vus ou dont je ne me souviens plus sur le forum.
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 24 Nov 2008 - 16:52

Aristide Bruant - À la Roquette - Germaine Montero

http://img531.imageshack.us/my.php?image=alaroquettegmontero0mp0.flv
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 12 Jan 2009 - 11:22

La Grande Roquette



On peut voir cette image sur le post intitulé "L'abbaye de cinq pierres" de cet intéressant site:
http://pietondeparis.canalblog.com/
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 12 Jan 2009 - 13:02

JAVIER,

Excellents document et site que je ne connaissais pas. Wink
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Lun 12 Jan 2009 - 17:37

Reflexions de l'abbé Moreau, ancien aumônier à la prison de la Grande Roquette sur les conditions de vie de ses détenus.
_______________________

Une autre cause de débilitation des détenus, c'est le manque d'hygiène, l'humidité, le froid.
La Grande-Roquette, construite pour 400 détenus — il y a 414 lits disponibles, — en renferme presque toujours de 500 à 550. Pour caser ces détenus, on double les cellules, ou on empile ces malheureux dans des dortoirs. Ni les cellules, ni les dortoirs ne sont chauffés. Les cellules ne sont séparées les unes des autres que par des cloisons en bois; l'eau suinte souvent le long des murs.

Tous travaillent dans des ateliers; ils sont occupés à faire des chaussons, des sacs, des boutons, de la reliure, ils cannent des chaises, satinent du papier, tressent des couronnes d'immortelles. Les ateliers sont pavés et très humides. Celui des boutons, qui contient 120 détenus, est particulièrement malsain.

Ils sont à peine chauffés. Tous les samedis, ils sont lavés à grande eau ce qui neutralise peut-être l'effet des miasmes, mais entretient l'humidité. Une heure le matin, une heure l'après-midi, les détenus se promènent dans une grande cour pavée, entourée de bancs. Une galerie couverte, large de 1 m. 50, court le long des murs et les garantit de la pluie qui tombe, non de celle que fouette le vent. Il n'y a pas de réfectoire, et les détenus doivent par tous les temps manger en plein air. Quand il gèle à pierre fendre, quand la neige tombe et demeure comme en 1879, la pitance que leur sert le cuisinier gèle en passant de sa bassine dans leur écuelle. Au milieu de la cour se trouve une fontaine, où les détenus lavent leur figure, leut gamelle, leur linge, l'eau coule sans cesse sur le pavé et entretient l'humidité. Qu'ils soient à l'air, dans leurs ateliers, dans leurs cellules, les détenus vivent dans une humidité que rien ne neutralise ni la nourriture, ni le vêtement.

Pour avoir la permission de porter une flanelle, un tricot, un caleçon, ce sont des formalités dont rien n'approche. Le règlement des prisons, à l'endroit du vêtement, est émaillé de chinoiseries invraisemblables. Un détenu n'a le droit de porter un tricot qu'à la condition que ce tricot n'ait pas de manches. Or il ne faut pas être grand clerc en médecine pour savoir que l'humidité engendre l'état maladif, surtout quand on songe quelle population vit en prison. Un certain nombre sont des récidivistes, qui n'ont vécu que du vol et de la prostitution; beaucoup sont syphilitiques d'autres sont des vagabonds qui ont mené une existencé hasardeuse et précaire; presque tous ont des habitudes alcooliques; ils auraient donc besoin de soins et on les traite plus mal que des chiens.

Ils ont un chauffoir, où il ne peuvent se réfugier pendant les récréations; ce chauffoir peut à peine recevoir 60 hommes, et il n'est pas chauffé. Ils ont un médecin. Je ne fais pas le procès de ce fonctionnaire qui, obligé de se tenir en garde contre les « tireurs de carottes» n'écoute souvent que d'une oreille distraite les doléances de ses clients, aussi sa médication consiste-t-elle à leur prescrire quelques tisanes, à les purger à outrance, à les mettre à la diète et il ne leur donne presque jamais ce dont ils auraient besoin. Aussi, à certaines heures, la Grande-Roquette est-elle le théâtre de drames douloureux.
Le 8 mai 18.. , il y a de cela une vingtaine d'années, en rentrant dahs les ateliers; après le repas du soir, les hommes trouvaient un de leurs camarades pendu à un clou attaché au mur. La mort avait été instantanée.

L'homme qui venait de se suicider n'était pas un criminel de bas étage. Il appartenait à une famille des plus honorables, qui lui avait fait donner une excellente éducation, dont malheureusement il n'avait pas su profiter. Condamné à cinq ans de prison pour vol, escroquerie et abus de confiance; il attendait à Ia Grande-Roquette son transfèrement en maison centrale, lorsque, vaincu par le découragement et les souffrance physiques, il se pendit.
On trouva sur lui la lettre suivante, à l'adresse de l'abbé Crozes.

Paris, le 25 avril 18..

Monsieur l'aumônier,

« Peut-être vous demanderez-vous en ouvrant cette lettre, la dernière que j'écrirai, ce qu'un homme résolu à se tuer pense avoir à dire au ministre d'une religion qui défend le suicide : J'ai seulement voulu, monsieur l'aumônier; vous dire en quelques mots pourquoi et comment j'ai pris cette résolution.

« J'étais né pour être heureux et à coup sûr, comme le disait dernièrement mon avocat à M.A. si jamais un enfant est venu au monde avec des chances de bonheur, ce fut moi.

« Mes parents étaient riches et le sont encore, et je n'avais que l'embarras dans te choix d'une carrière, car mon aïeul maternel était conseiller à la cour de cassation et député; d'autres parents occupent des postes honorables, et cependant je suis arrivé à tomber dans une prison et à concevoir un tel dégoût de l'existence que je n'ai plus d'autre espoir que le suicide, après lequel j'aspire comme on aspire après la délivrance et je n'ai d'autre espérance que celle de voir bientôt cesser pour toujours mes souffrances.
« J'ai longtemps réfléchi, monsieur l'aumônier, avant de prendre cette détermination.

« J'avais, il est vrai, la certitude de voir cesser mes peines de cette vie mais le souvenir de mon éducation chrétienne me tourmentait. Toutefois, je dois dire que cette considération m'a peu arrêté; je ne crois plus, monsieur l'aumônier, et c'est là mon malheur, je le dis hautement, à ce moment où l'on dit la vérité j'ai le malheur de ne plus croire, aussi je me suis dit qu'après la mort il n'y a plus rien; que si, par hasard, il y avait une autre vie, il est impossible que Dieu fût inexorable pour un malheureux qui, ne pouvant plus porter son fardeau, l'a abandonné comme au-dessus de ses forces.

« Je sais, monsieur l'aumônier, ce que l'on ne manquera pas de dire : c'est qu'ayant commis une faute je devais avoir le courage d'en supporter le châtiment. C'est vrai, et je n'ai qu'à m'incliner, car je n'ai qu'une réponse à faire, et ce n'en est pas une, c'est que le châtiment est trop lourd pour moi, d'autant plus que j'ai perdu l'espoir même d'un meilleur avenir après l'expiration de ma peine. Mes parents ne me pardonneront jamais, et c'est horrible à dire, mais, je dois vous l'avouer, un des motifs qui me poussent au suicide, je ne dis pas le seul ni le plus important, mais enfin un des motifs, c'est que j'ai la conviction qu'en me tuant, je rachète en quelque sorte, auprès de ma famille, mes fautes passées.

« Je crois qu'après avoir éprouvé, en apprenant ma mort, un léger, très léger chagrin, mes parents se sentiront soulagés et se diront qu'après tout c'était ce que je pouvais faire de mieux, et cette conviction je l'ai, parce que je n'ai jamais eu, depuis de longues années, de preuves d'affection de la part de mes parents, au contraire, mes parents, qui auraient tout obtenu de moi s'ils avaient su me prendre par l'affection, ne m'ont jamais montré que rigueur et sévérité, et je n'ai jamais pu compter sur leur affection qu'ils réservaient tout entière pour ma sœur.

« Veuillez me pardonner cette confession peut-être un peu longue, monsieur l'aumônier; j'ai senti le besoin avant de mourir, de dire à un cœur comme le vôtre ce que le mien comprime de tristesse et de chagrin depuis bientôt un an.

« Peut-être aurais-je encore attendu mais voici la goutte d'eau qui a fait déborder le vase; ce n'est qu'une goutte, mais elle a suffi à précipiter ma décision.

« Depuis huit ans, j'ai pris l'habitude de l'opium à Mazas, le médecin, après plusieurs essais, reconnut que je ne pouvais; sans de vives souffrances; être brusquement privé de ce médicament; aussi il m'en ont donner tous les jours à la Conciergerie, le médecin, prévenu par son collègue de Mazas, m'en a donné aussi. Lorsque je fus amené à la Roquette, tout changea et je pus voir alors le cas que l'on fait de la vie d'un homme. J'écrivis au médecin pour lui expliquer ma situation, je joignis un certificat de Mazas mais le médecin m'envoya promener et me fit entendre que tant pis pour moi si je souffrais, mais qu'il n'était nullement disposé à faire les frais de ce médicament tous les jours.

Le matin 25 avril je suis retourné à sa visite, car j'avais souffert toute la nuit et e résultat a été le même. Aussi me suis-je décidé a exécuter ma résolution dès que j'en trouverais l'occasion je ne sais pas encore si je le pourrai demain ou plus tard car on a refuse de me mettre en cellule mais je sais bien que je profiterai dé la première occasion et que j'espère ne pas l'attendre trop long- temps car les souffrances physiques sont venues se joindre aux tortures morales, et c'est trop.

« Pardonnez-moi, monsieur l'aumônier, si je me suis adressé à vous dans cette occasion suprême; j'ai voulu m'épancher dans un coeur capable de comprendre ce que le mien éprouve. Je ne me dissimule pas qu'un homme aussi pieux que vous ne peut éprouver de sympathie pour un malheureux qui demande au suicide l'oubli de ses maux mais si, comme prêtre, vous me condamnez, permettez-moi du moins de mourir en pensant que vous ne jugerez pas sévèrement comme homme, un acte de faiblesse peut-être mais bien certainement de désespoir. Ma famille habite et voici l'adresse de mes parents, je vous serais bien obligé, monsieur l'aumônier, si vous vouliez les informer de mon décès et leur faire parvenir mon dernier adieu, que je joins à cette lettre.

« Je suis avec respect, monsieur l'aumônier,
votre très humble serviteur.


Signature.........

Abbé Moreau Le monde des prisons Paris, 1887.
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 13 Jan 2009 - 0:05

Apparemment le suicidé a déjà passé 8 ans à la prison de Mazas pour dettes ?
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 13 Jan 2009 - 0:17

j'ai vérifié le texte originel pour voir si je ne m'étais pas trompé en le transcrivant. Il mentionne bien Huit années à Mazas.
Est-ce une faute de l'imprimerie, de l'abbé, ou simplement la réalité ? je n'ai pas de réponse.
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 13 Jan 2009 - 0:38

Est-il l'Abbé Moreau qui assistait les condamnés à mort?
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 13 Jan 2009 - 10:01

Vous vous rappelerez peut-e^tre de Don José Miraflor, personnage des 5 sous de Lavarède - Paul d'Ivoi - qui est sud-américain et qui a rajouté à son nom parce qu'il trouvait que ça sonnait bien Y Courramazas (ce que disait de lui son propriétaire - Bouvreuil), et donc:
Don José Miraflor y Courramazas.

On envoyait souvent les gens en souffrance de dettes à Mazas.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_Mazas
http://ecrits-vains.com/ballades/balade16/balade16.htm

Citation :

Au moment de passer devant la Gare de Lyon, dont nous reparlerons au cours d’une prochaine balade, je voudrais te parler longuement de ce qui fut la prison Mazas, de célèbre mémoire… juste devant la gare de Lyon Du n° 23 au n° 25 : Tout le pentagone constitué par le boulevard Diderot, les rues de Lyon, Traversière, de l’avenue Daumesnil et de la rue Legraverend, toute cette zone était occupée par la Prison Mazas. Sur le plan, au début de la balade, la prison est indiquée en gris.

Du nom du colonel mort à la bataille d’Austerlitz (un de plus !). Cette prison occupait une superficie de 130 hectares, en face de la gare de Lyon. Le principe de base de cette prison reposait sur l’idée de la prison cellulaire. Suite aux nombreux débats qui avaient secoué différents pays d’Europe sur l’amélioration des conditions pénitentiaires et l’évolution de son système. On pensait que l’isolement complet le jour comme la nuit devait être la meilleure solution. La prison de la Maison d’arrêt cellulaire Mazas commença en 1845 sur des terrains jusqu’alors occupés par des maraîchers. Sa construction fut terminée en 1850. Elle fut considérée comme une prison modèle. Des sommes considérables furent employées. Deux architectes, Lecointe et Emile-Gilbert en furent les maîtres d’œuvres. Cette prison devait remplacer l’ancienne prison de la Force qui fut démolie la même année. Cette prison se situait rue du Roi-de-Sicile dans le IVe arrondissement.

Cette prison comportait 1199 cellules distribuées en six corps de bâtiments réunis les uns aux autres autour d’un bâtiment en colonnes dont le rez-de-chaussée formait comme un poste de surveillance avec vue sur chacun des six bâtiments périphériques.

Les cellules mesuraient 2,60 m de haut sur 1,85 m de large et 3,85 de long. Le plancher était en briques. Le mobilier était composé d’un hamac suspendu à des crampons à 50 cm du sol, une table, un tabouret en bois, d’un bidon à eau, de deux gamelles en fer battu, d’un siège d’aisance inodore à ventilateur, d’un bec de gaz et de quatre supports en bois placés aux angles. L’air chaud, en hiver, était distribué par ventilation, de même en été avec de l’air frais. Inaugurée le 19 mai 1850, ce jour-là, elle reçut les 841 prisonniers alors détenus à la prison de la Force.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte fit son coup d’Etat et fit enfermer les députés de l’opposition comme Odilon Barrot, Berryer, le duc de Broglie, Falloux, Casimir-Perier, le duc de Luynes, Raspail et tant d’autres. Victor Hugo, en s’enfuyant échappa à l’arrestation.

On notera que jamais personne ne s’échappa de cette prison.

Cette prison inspira nombre d’auteurs de chansons. Je voudrais citer le principal, Aristide Bruant, dans une chanson célèbre intitulée

À Mazas

Pendant qu't’étais, à la campagne

En train d'te fair' cautériser,

Au lieur cd' rester dans mon Pagne,

Moi, j'm'ai mis à dévaliser,

Mais un jour, dans la ru' d'Provence,

J'me suis fait fair' marron su' l'tas,

Et maint'nant j'tire d'la prévence,

A Mazas

C’est en dévalisant la case
D’un' gerce, un' gironde à rupins,

Qu'on m'a fait avec Nib de naze,

Un monte en l'air de mes copain.

Faut y passer, quoi ! c’est not’ rente

Aussi, bon Dieu l j'me plaindrais Pas

Si j'avais d'quoi m'boucher la fente,

A Mazas.



Cette prison fut démolie en 1898. En vue de l’Exposition Universelle de 1900, il avait semblé que les touristes descendant du train à la gare de Lyon n’auraient pas goûté cette promiscuité… La prison Mazas fut donc remplacée par la prison de Fresnes.


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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 13 Jan 2009 - 12:14

Oui, je me souviens de Paul d'Ivoi et des Cinq sous, mais j'avoue que j'avais oublié une partie de l'histoire. Je l'avais vu aussi en film, avec Fernandel.
On a dit que Mazas était une prison dont on ne s'échappait pas et que l'on y incarcérait les personnes qui étaient politiquement à gauche (je ne parle pas des droits communs, bien sûr), celles de droite étant incarcérés dans une autre prison parisienne dont j'ai oublié le nom.
Je n'ai pas vérifié l'exactitude de ces propos !
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mer 14 Jan 2009 - 8:38

Javier a écrit:
La Grande Roquette



On peut voir cette image sur le post intitulé "L'abbaye de cinq pierres" de cet intéressant site:
http://pietondeparis.canalblog.com/

Il s’agit d’une œuvre de Paul Schaan exécutée (l’œuvre bien sûr Razz ) en 1898.
Je me basais en partie sur cette peinture pour mes explications concernant la position des cinq dalles.

Concernant le blog cité, il est certes intéressant puisqu’il s’agit d’un copier-coller de textes (il semble qu’aucune phrase ne soit de l’auteur de ce blog) et d’images tirés de l’article wiki de sywan, de mon site, ou de celui de boisdejustice (sans aucun crédit, voire lien ou quoi…). scratch

On voit même à un moment la différence de « font size » quand il passe d’un copier-coller du texte de sywan à un copier-coller de mon texte. lol!

On ne peut donc que s’auto-féliciter si « son » article est intéressant.
:cheers:
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mer 14 Jan 2009 - 16:32

tOma de l'Est a écrit:
Javier a écrit:
La Grande Roquette



On peut voir cette image sur le post intitulé "L'abbaye de cinq pierres" de cet intéressant site:
http://pietondeparis.canalblog.com/

Il s’agit d’une œuvre de Paul Schaan exécutée (l’œuvre bien sûr Razz ) en 1898.
Je me basais en partie sur cette peinture pour mes explications concernant la position des cinq dalles.

Concernant le blog cité, il est certes intéressant puisqu’il s’agit d’un copier-coller de textes (il semble qu’aucune phrase ne soit de l’auteur de ce blog) et d’images tirés de l’article wiki de sywan, de mon site, ou de celui de boisdejustice (sans aucun crédit, voire lien ou quoi…). scratch

On voit même à un moment la différence de « font size » quand il passe d’un copier-coller du texte de sywan à un copier-coller de mon texte. lol!

On ne peut donc que s’auto-féliciter si « son » article est intéressant.
:cheers:

Oui, d'accord. Je pense que l'auteur de ce blog a su reprendre, dans son post "L'abbaye de cinq pierres", des informations des meilleurs sites de la toile. Et grâce à lui nous avons quelques images de plus sur ce forum.
S'il a fait la même chose pour ses multiples posts, je pense que son blog devrait être, en général, intéressant. Je le lui remercie et reconnais son travail, parce que je n'ai aucun doute qu'il l'a consacré son énergie et son temps précieux.
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 27 Jan 2009 - 0:42

Une relation sur la prison de la Petite-Roquette.
_______________________________________

Voici des détails qui nous sont donnés par un ancien employé de la Petite-Roquette, sur la foi duquel nous pouvons compter :

« Pendant trois ans que j'ai resté dans la maison de détention des jeunes détenus, j'ai vu des choses à révolter le coeur le moins sensible. Imaginez-vous des enfants, pour la plupart d'une constitution faible, malingres, renfermés dans des cabanons, seuls, et sans autre espérance qu'une liberté incertaine dans un avenir plus incertain encore. Des pleurs, des trépignements de colère, des cris horribles témoignent ordinairement des premiers effets de « cette incarcération forcée. Insensiblement ils s'habituent, il est vrai, à ce genre de vie auquel on a habitué les vaches laitières des environs de Paris.

Toutefois, avec cette différence qu'au lieu de se bien porter, ils maigrissent, s'étiolent et tombent en quelque sorte dans une espèce de crétinisme. Alors tout devient machine chez eux, le corps ainsi que l'intelligence. Les uns succombent à de graves maladies qui s'empirent à l'infirmerie, où ils sont encore déposés dans des cellules; de sorte que, si la langueur, l'isolement, sont les causes de leurs maladies, ils meurent dans une cellule, victimes de l'atroce rigueur du régime cellulaire. Les autres, ceux qui échappent aux premières atteintes de la pthysie et des maladies pulmonaires, dont ils portent les germes dans la société, après leur libération, deviennent scrofuleux : les scrofules font surtout des ravages affreux parmi cette jeune population, que l'on prive des premiers éléments de la vitalité : l'air et l'exercice.

La nourriture suffisante, mais grossière et malsaine, ne contribue pas peu à aggraver la mauvaise santé de ces infortunés. On aura une idée de ce qu'elle peut être, lorsqu'on saura qu'elle n'est portée qu'à 40 centimes (huit sous) par jour par chaque détenu; c'est-à-dire presqu'autant que le chiffre du personnel de l'établissement, qui s'élève à 37,93 (sept sous et demi) par jour et par détenu, de sorte que la dépense, pour le surveiller, est plus élevée que celle de sa nourriture. Et quelle surveillance encore ! Vous avez entendu parler de la méthode inventée par M. Poutignac de Villars. Sans prétendre discuter ici ce qu'elle renferme de bon ou de mauvais, relativement à sa valeur intrinsèque, je dois vous faire connaître le moyen qu'on prend pour l'appliquer. Chaque détenu a, dans sa cellule, des tableaux de lecture ou d'écriture proportionnés à ses connaissances.

Voici la manière de s'en servir. Dans chaque corridor où se trouve un certain nombre de cellules se place un surveillant qui, s'adressant à une des cinq classes dont se compose cette méthode, indique à haute voix plusieurs lettres à tracer; le détenu les voit des yeux et les copie. Tout le secret réside là. Puis le surveillant entre dans chaque cellule, approuve ou corrige les lettres tracées.
Comme on le pense bien, ces progrès sont tout mécaniques; aussi remarque-t-on que, parmi ces jeunes détenus qui tracent des mots, aucun n'en connaît la valeur et moins encore l'orthographe. Il eu est ainsi de l'enseignement industriel, qui fatigue les contre-maîtres eux-mêmes, que j'ai vus plusieurs fois se dégoûter de leur rôle et de la besogne qu'ils font exécuter à des automates.

Comme j'insistais pour savoir quelle était la cause de leur docilité et de leur obéissance apparentes, ils me répondaient unanimement et sans s'être concertés, puisque cela leur était impossible, qu'ils voulaient en finir le plus tôt possible avec la cellule : Ah! disaient-ils, quand nous aurons seize ans, on ne pourra plus nous tenir en cages ! Ainsi, la moralisation de la cellule, dont parlent les partisans du système, n'est qu'une chimère qui ne se réalise que par une basse hypocrisie. On pourra, au reste, s'en convaincre d'ici à quelques années.

Je ne vous dirai rien ni des mauvais traitements que des gardiens brutes font subir à ces pauvres enfants, ni des plaintes amères qu'ils exhalent en secret au fond de leurs cellules, ni du nombre des malades que j'ai vus mourir à l'infirmerie, couverts d'ulcères et de pustules; ni de l'état de dépérissement physique où ils se trouvent, ce serait un tableau trop triste à retracer. Qu'il me suffise de vous dire seulement, que de tous les instruments pénitentiaires inventés par les hommes, il n'en est point, si je dois en juger par celui qui est appliqué dans la maison des jeunes détenus, ni de plus cruel ni de plus barbare que le régime cellulaire de nuit et de jour. L'avenir le démontrera, j'en suis sûr, d'une manière indubitable. »


« L'intérieur des prisons » Paris - Éditions Jules Labitte - 1846.
(Monographie sociologique, sans nom d'auteur).
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tOma de l'Est
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mar 27 Jan 2009 - 8:20

pauvres mômes... Sad


merci mercattore!
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Javier
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MessageSujet: Re: Images de la Grande et de la Petite Roquette   Mer 28 Jan 2009 - 11:55

Concert cellulaire organisé par les frères Lionnet à la Petite Roquette

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