La Veuve

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 Docteur Marcel Petiot - 1946

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 13:33


Petiot s'est installé à Paris en 1933.

"En 1933, Marcel Petiot signe le permis d’inhumer d'un témoin important dans une affaire de meurtre dans laquelle lui-même était impliqué, ce témoin étant mort brutalement après une visite chez Petiot. Poursuivi par la justice pour divers délits, le docteur part la même année s'installer à Paris."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Petiot

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 13:53

benjamin a écrit:

Pas de rapport mais pour Landru, autre mystère de cet ordre. Il fut condamné à la relégation donc normalement il aurait dû être expédié à St Jean du Maroni. Pourquoi ne le fut-il pas? Mystère encore. D'où au moins dix mortes après cette non exécution de peine accessoire...
Non seulement il a pu continuer ses escroqueries, mais pour ne pas être repris et éventuellement envoyé au grand collège, il a tué.
C'est à la suite de cette condamnation à la relégation (le 20 juillet 1914, juste avant le début de la guerre), qu'Henri-Désiré a vécu dans la clandestinité (changements d'identité, de domiciles...)

"Son ultime escroquerie liée à l'achat et la revente d'un garage scellera définitivement son destin puisqu'il est condamné en 1914 à une peine de prison assortie d'une relégation au bagne de Guyane. Il parvient à prendre la fuite et est définitivement contraint de vivre caché."

http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/le-proces-de-landru-24504.html

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 13:58

Merci pour ces précisions car je m'y perdais un peu...

Pour ma part,j'avais compris:

"condamné au bagne puis exécuté"....Suspect 


Il fut donc condamné au bagne par contumace en quelque sorte(avant la guerre?)
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 16:37

Salut les fifilles...alors on bronze?
Petiot archétype du tragi-comique...je me souviens de ce que disait son ami Nézondet :il riait comme on fait naufrage :-D charmant le marcel
Boudard qui résume très bien cette pub façon catalogue de la redoute:très drôle. ..ça fait charlatan...
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 16:42

Néanmoins, un psychiatre dit de lui:ce patient n'éprouve aucun scrupule....Très caractéristique d'un beau spécimen de psychopathe. ....épouvantable...on ne connaîtra jamais les détails de cette affaire
Pour reprendre encore Boudard, ce cher phonphonse, lorsque le commissaire Massu est entré rue le sueur.....et qu'il a vu un aperçu des folies petiot...il a été à 2 doigts d'aller au refile...nausée explicable
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 16:43

Oui, Glaz. Petiot aurait fait un excellent bonimenteur.

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 17:47

tof1 a écrit:
Merci pour ces précisions car je m'y perdais un peu...


"condamné au bagne puis exécuté"....Suspect 


Il fut donc condamné au bagne par contumace en quelque sorte(avant la guerre?)
La relégation à laquelle il fut condamné est une mesure administrative accessoire, qui n'a rien à voir avec la peine des travaux forcés.

Pouvait être condamné à la relégation un individu qui avait été condamné un certain nombre de fois à quelques mois de prison (étaient prises en compte les peines de plus de trois mois, d'où ces jugements de trois mois et un jour). Quatre peines suffisaient en théorie, mais en pratique la relégation n'était décrétée qu'après beaucoup plus de condamnations, des fois dix, douze, etc.
Le relégué en Guyane n'était pas astreint aux travaux forcés. S'il avait de quoi subsister par son travail, il pouvait bénéficier de la relégation individuelle. On lui demandait juste de répondre à un appel trimestriel et sauf exception, il était interdit de séjour à Cayenne.
S'il n'avait pas de moyen de subsistance, il était relégué collectif au camp de Saint Jean du Maroni, devant effectuer une demi journée de travail catégorisé non pénible pour payer sa subsistance.
Les relégués, unanimement méprisés de tous, étaient surnommés les pieds de biche.

Le relégué qui n'avait encouru aucune sanction pendant cinq ans et pour qui le gouverneur était à même de délivrer un certificat de bonnes vies et mœurs pouvait en théorie être relevé de la relégation et rentrer à ses frais, étant néanmoins interdit de séjour dans sa région d'origine. Quasiment aucun ne répondit à ces conditions.

Landru aurait été relégué, et pas condamné aux durs

Il y a une forme de relégation dans certains états des USA (Californie) où à la quatrième peine d'emprisonnement ferme, c'est taule à vie.


Dernière édition par benjamin le Jeu 22 Aoû 2013 - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 17:48

glaz a écrit:
lorsque le commissaire Massu est entré rue le sueur.....et qu'il a vu un aperçu des folies petiot...il a été à 2 doigts d'aller au refile...nausée explicable
Il a surtout marché sur des oeufs... Se demandant s'il n'était pas tombé sur un charnier de la Gestapo française de la rue Lauriston, toujours dangereuse.
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 18:09

benjamin a écrit:
tof1 a écrit:
Merci pour ces précisions car je m'y perdais un peu...


"condamné au bagne puis exécuté"....Suspect 


Il fut donc condamné au bagne par contumace en quelque sorte(avant la guerre?)
La relégation à laquelle il fut condamné est une mesure administrative accessoire, qui n'a rien à voir avec la peine des travaux forcés.

Pouvait être condamné à la relégation un individu qui avait été condamné un certain nombre de fois à quelques mois de prison (étaient prises en compte les peines de plus de trois mois, d'où ces jugements de trois mois et un jour). Quatre peines suffisaient en théorie, mais en pratique la relégation n'était décrétée qu'après beaucoup plus de condamnations, des fois dix, douze, etc.
Le relégué en Guyane n'était pas astreint aux travaux forcés. S'il avait de quoi subsister par son travail, il pouvait bénéficier de la relégation individuelle. On lui demandait juste de répondre à un appel trimestriel et sauf exception, il était interdit de séjour à Cayenne.
S'il n'avait pas de moyen de subsistance, il était relégué collectif au camp de Saint Jean du Maroni, devant effectuer une demi journée de travail catégorisé non pénible pour payer sa subsistance.
Les relégués, unanimement méprisés de tous, étaient surnommés les pieds de biche.

Le relégué qui n'avait encouru aucune sanction et pour qui le gouverneur était à même de délivrer un certificat de bonnes vies et mœurs pouvait en théorie être relevé de la relégation et rentrer à ses frais, étant néanmoins interdit de séjour dans sa région d'origine. Quasiment aucun ne répondit à ces conditions.

Landru aurait été relégué, et pas condamné aux durs

Il y a une forme de relégation dans certains états des USA (Californie) où à la quatrième peine d'emprisonnement ferme, c'est taule à vie.

explications encore une fois très claires!!!!!!!!!!!!MERCI!!!!
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 18:43

Évidement qu'il est prudent Massu...on est à la mi mars 44...et puis c'est un vieux renard Massu
En plus on se trouve très près de l'étoile...du gestapiste à foison dans le coin...allemand ou français. ..au choix...petiot aurait soigné Clavier neveu de Laffont de la syphilis avant guerre
Quasi certitude:certains corps retrouvés rue le sueur ne sont pas de la main de petiot car incarcéré à ce moment là. ...nos "joyeux" tueurs de la carlingue auraient ils découvert son commerce macabre? Pas impossible
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 22 Aoû 2013 - 19:15

Je précise pour le relèvement de la relégation: après cinq ans sans la moindre sanction.

****************

pour Massu: il fit d'ailleurs un peu de préventive, le temps de s'expliquer sur son comportement pendant l'occupation, mais on n'a rien trouvé de probant
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 5 Sep 2013 - 17:14

Un livre en vente sur Ebay pour en savoir plus sur Petiot.....

http://www.ebay.fr/itm/Laffaire-Petiot-medecin-marron-notable-gestapiste-guillotine-pour-au-mo-/390351409774?pt=FR_GW_Livres_BD_Revues_Livres&hash=item5ae2c1d26e
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MessageSujet: 10 mars 1944 : l'horreur Petiot au grand jour.   Lun 10 Mar 2014 - 17:51

Le 10 mars 1944, la Police de Vichy découvrait les horreurs du bon docteur Petiot. La fumée incommodait le voisinage. Au lieu de bruler dans les camps d'extermination, de pauvres gens finissaient sur le sol français; incinérés. C'est le 31 octobre de la même année que le fou fut coffré.
"Chauffe Marcel !"

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Lun 10 Mar 2014 - 19:16

Cette vidéo a déjà été postée sur ce même fil le 23 juillet 2012 mais elle mérite une deuxième publication.  queen 

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Jeu 13 Mar 2014 - 11:27

Plus vrai que vrai ? Quelle horreur !
On a dit que Landru n'avait pas toute sa... tête. Mais je pense que Petiot encore moins.

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Ven 21 Mar 2014 - 1:29

Ce film m'a déçu.
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mar 22 Avr 2014 - 19:47

Dans son ouvrage Paris-Gestapo, Henri Sergg narre l’époque où s'activaient les collabos de tout poil, profiteurs avides de pouvoir et d’argent, et notamment les membres de la Carlingue, dont son chef Henri Lafont qu’il met en lumière assez longuement. Un peu plus estompé, mais bien présent quand même, apparait aussi la sinistre silhouette du docteur Petiot.

Extrait :

Comment Petit tue-t-il ?

Beaucoup d’hypothèses ont été avancées. Cependant, celle qui recueille le plus de faveurs auprès des historiens  tourne autour de l’injection d’un liquide toxique à effet retardé. Prétextant que le pays à destination, Espagne ou Amérique du Sud, exige du candidat au passage d’avoir été vacciné contre le typhus ou le choléra, Petiot procéderait à une piqure provoquant la mort après un certain délai. Certes, l’alibi est plausible et la formalité peut paraître normale à la future victime.
Sous peine d’être refoulé à la frontière, vous devez vous soumettre aux exigences des autorités espagnoles, déclarerait Petiot avec assurance.
Cette version, que les témoignages des parents et amis des disparus tendent à confirmer, s’étaie sur deux énigmes contre lesquelles ont buté les enquêteurs, les juges et les jurés de la Cour d’Assises du procès Petiot de 1946.

A quoi servait, dans l’hôtel particulier de la rue Lesueur, la pièce triangulaire sans fenêtre et équipée d’une fausse porte située à l’opposé de celle par laquelle on entrait ?
Et placé dans le bois de cette dernière, quel était le but de l’œilleton ?
En tentant de les résoudre, on a fourni les réponses. La pièce triangulaire servait de cellule et, à travers l’œilleton Petiot surveillait l’agonie de la victime en suivant les progrès dans l’organisme du poison contenu dans la seringue. Certain que la mort avait accompli son œuvre, il s’attaquait alors au dépeçage.
Aujourd’hui, il s’agit là de la thèse la plus souvent admise.
Néanmoins, elle comporte quelques failles. Pourquoi, dans le cas d’in voyageur isolé, recourir à un poison à effet retardé et non immédiat ? Ce n’est pas l’intérêt du démoniaque docteur, sauf s’il éprouve une joie sadique  à contempler l’agonie de celui qu’il envoie dans l’Au-delà.

L’alibi du vaccin ne tient pas dans la cas de fugitifs qui se rendent, non en Espagne ou en Amérique Latine, mais en Zone Libre qui est encore un hâvre de paix et constitue jusqu’en novembre 1942 pour beaucoup  une expédition suffisante à leur goût. Dans l’éventualité  même d’un passage de la frontière espagnole, c’est clandestinement que ces partants l’envisagent et non au grand jour, sous l’œil des fonctionnaires de Vichy. Qu’ont-ils besoin, alors, d’un certificat de vaccination ?

Le feu des pelotons d’exécution, l’âge, l’exil, la mort naturelle, la maladie, la prison, ont taillé des coupes sombres dans les rangs des anciens de la Carlingue. Pourtant, il demeure un certain nombre de survivants. Quelques uns ont pris des virages étonnants à la Libération et, bardés de décorations, exhibent des certificats de résistance élogieux. Beaucoup ont pris la fuite et vivent en Espagne, en Argentine, au Brésil, au Vénézuela, au Mexique, aux U.S.A, au Canada.
Leur moyenne d’âge ? Soixante-dix ans. A la fin de l’Occupation, ils avaient tout juste vingt-cinq-ans. Un de ces hommes raconte avec une conviction qui emporte l’adhésion :

(Entretien avec l’auteur)

— J’étais de ceux qui ont fait le ménage rue Lesueur lorsque Petiot est tombé en 43. Nous étions quelques-uns à connaître la méthode utilisée par le toubib. Il y avait Luc Prévot, Georges de la Place Blanche, Dédé l’Oranais, et quelques autre, tous mes amis. Petiot faisait entrer ses clients dans la pièce triangulaire et leur demandait de patienter une heure ou deux. Près de la porte était posé un seau hygiénique empli de liquide, de l’acide sulfurique allongée d’eau distillée.
Désolé, mes W.C sont bouchés, disait-il. Il ressortait et faisait semblant d’avoir oublié quelque chose. A ce moment-là, il ramassait un sac placé à coté du seau et le vidait dans celui-ci. Du désinfectant, prétendait-il. Dans la foulée, il refermait et verrouillait. Le sac contenait du cyanure de potassium. Mélangées à l’acide sulfurique et l’eau distillée, elles dégageaient un gaz mortel. Par l’œilleton, Petiot surveillait pour s’assurer que ses clients étaient bien morts, il s’offrait aussi une marge de sécurité et, quand il n’avait plus rien à craindre, il passait un masque à gaz, ouvrait les fenêtres et les portes, et aérait (1).

Version séduisante offerte par quelqu’un qui a fréquenté le sérail.
Mais qu’en est-il ?

Dans La Veuve ou l’histoire des châtiments, Marcel Montarron décrit une exécution dans la  chambre à gaz de la prison de Saint-Quentin, en Californie (description de l’exécution qui dure quatre minutes, avec 1kg de cyanure de potassium. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .)

Naturellement, Petiot n’a pas versé dans le seau un kilo de cyanure. Tout au plus une demi -livre. En outre la porte présente un intervalle de quelques centimètres au-dessus du plancher. Sans doute le comble-t-il avec un linge humide.
Oublions les quatre minutes. Petiot à tout le temps devant lui. Dans cette atmosphère empoisonnée, la victime ne peut échapper au sort qui lui est réservé, même si la terrible épreuve est longue et douloureuse.
Mais si un léger brouillard se lève, à quoi sert l’œilleton ?
Les heures s ‘écoulant, le gaz, plus léger que l’air, s’agglutine certainement au plafond en dégageant la vue.
Cette version présente trois atouts :

Primo : le mélange eau distillée-acide sulfurique-cyanure de potassium engendre une écœurante er persistante odeur de fleur de pêcher. Lors de la découverte du charnier Petiot, le commissaire Massu et ses hommes de la brigade criminelle enquêteront dans la quartier. Des voisins feront allusion à cette étrange odeur de fleur de pêcher qui flottait alentour.
Les policiers hausseront les épaules. Une odeur de fleur de pêcher ? Un cageot trop mur, probablement.
Un seau hygiénique et des masque à gaz seront découverts dans l’hôtel particulier. Quoi de plus normal ? Des millions de ces appareils ont été distribués à la population civile  en septembre 1939.
Quant au seau hygiénique il est ignoré.
Des bonbonnes  d’acide sulfurique sont rangées dans un coin ? Les enquêteurs conjecturent que leur contenu a été utilisé pour dissoudre les cadavres compromettants.
L’eau distillée ? Destinée à remplir une batterie d’automobile supputent-is.
Souvenons-nous aussi que le commissaire Massu (ce qui lui sera reproché à la Libération) ne pousse pas trop en avant ses investigations car il ignore d’où vient cette flopée de cadavres. Gestapo allemande ? Gestapo française ? La rue Lauriston se loge à deux pas de la rue Lesueur.

C’est en février 1942 que Lafont a découvert les sinistres activités du bon docteur et qu’il a exigé le silence autour de cette affaire. Un marché est conclu avec Petiot. Ce dernier ristournera  à la Carlingue une partie de ses profits, se débarrassera des cadavres gênants pour le patron qui se refuse à les exposer au grand jour par crainte, malgré ses hautes relations, de choquer les allemands et de perdre ainsi le bénéfice de sa fulgurante promotion.

__________________________

L’auteur explique ensuite qu’ainsi Lafont se débarasse d’Adrien Estébétéguy, surnommé le Basque, de Jo Réocreux, dit Jo le boxeur, de François Albertini et de Joseph Piereschi, hommes qui ont failli en ne ristournant à Lafont pas une partie de leur profit dans les affaires qu’ils ont traitées. Par l’intermédiaire de Clavié, Lafont les oriente discrètement vers le docteur Petiot. Henri Sergg ajoute que les hommes emportent avec eux un milliard de centimes (centimes de 1989) et qu’ils sont chaussés de triples semelles en or.  
Disparaissent avec eux leurs « amies «gagneuses » qui les accompagnent, Paulette Grippay, Claudia Chamoux, Gisèle Rossmy et Anette Lebrun.  

(1) A notre connaissance, c’est la première fois que cette version est donnée (Note de l'auteur).

Sergg
Henri PARIS-GESTAPO, Jacques Grancher, éditeur, 1989, Paris.
263 pages. Broché. Encart de 24 photographies.[/i]
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mer 23 Avr 2014 - 18:18

Qu’est devenu le magot du dr Petiot ?

Vers quelles mains, les bijoux, pièces d’or, billets, lingots d’or, accumulés par Petiot au cours de ses crimes, ont-ils échoués ? Voyageur de passage dans la cour d’honneur de la prison de la Santé, Petiot s’en va, sans rien révéler.

Voici une version de la destinée (partielle) du magot, racontée par un homme qui aurait côtoyé Petiot et qui la confie à Henri Sergg. Mais est-ce la bonne ?
° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °
Parmi les gens enfournés dans les sinistres calorifères, peut-être faut-il compter une des parentes de Petiot et, par-là même, fournir une explication relative à la disparition du trésor accumulé par le diabolique médecin (estimé à 5 milliards de centimes 1989) que personne n’a jamais retrouvé ?
En tout cas, l’épisode que conte un témoin est troublant :

— Après sa sortie de Fresnes (1), le toubib s’est pointé chez Monsieur Henri. Il réclamait une voiture et une escorte pour se rendre en province aux obsèques d’une vague cousine. Pourquoi l’escorte ? Parce que le coin était infesté de partoches et de terros, c’est comme ça qu’on appelait les maquisards. Le patron lui a donné deux tractions et sept bonshommes. J’en faisais partie avec Jo Delasalle, Luc Prévot, Abel Danos, Dédé-la-Mitrailette, Gé-les-Yeux-bleus et un des Anglais qui, en cas de pépin avec les terros, devait frimer au parachutiste largué au-dessus de la France pour prendre la tête d’un maquis. Nous étions enfouraillés jusqu’aux yeux. Le toubib a embarquer deux grosses valises qui paraissaient peser une tonne.

Sur la route, finalement, pas d’ennuis avec les partoches et nous sommes arrivés à une maison de campagne qui ne payait pas de mine. Deux vieilles femmes veillaient le corps qui était déjà dans le cercueil, les mains croisées sur un chapelet. Des cierges brûlaient. Le toubib a remplacé les deux femmes qui sont parties. Elles avaient l’air heureux d’être délivrées de la corvée. Nous avions apporté des provisions et c’est Gé-les-Yeux-bleus qui a fait la bouftance. Il faisait un froid de canard et de grandes bûches flambaient dans la cheminée. Le toubib, lui, veillait sa cousine. Le lendemain, quand les croque-morts sont arrivés, le couvercle était posé et vissé. Et alors là, surprise ! La veille, j’avais vu la morte. Une petite vieille toute rabougrie, un poids plume ! Et voilà que les croque-morts, c’est tout juste s’ils arrivaient à soulever le cercueil.
Fallait voir comme ils peinaient. Pourtant, ils étaient costauds ! Finalement, on leur a donné un coup de paluche. Et, les obsèques terminées, c’était l’inverse. Les valises du toubib étaient devenues légères. Je n’ai rien dit aux autres mais j’ai sérieusement gambergé.

C'est après le procès de Petiot en 46, quand j’ai lu dans les journaux les hypothèses sur le trésor de la rue Lesueur que je me suis douté qu’au cours de cette nuit dans la maison de campagne, le toubib a transféré, après l’avoir découpée, sa cousine, dans les valises et que dans le cercueil il avait placé ses lingots et ses pièces d’or. Ensuite, de retour rue Lesueur, il a brûlé le corps démembré de sa cousine. Facile pour un professionnel comme lui. Cette idée me hantait. A l’époque j’étais sans un et j’avais aux reins une condamnation à mort par contumace. Je n’y tenais plus et j’ai décidé d’en avoir le cœur net. Je n’avais pas oublié le nom du village ni celui de la morte. Avec un ami, nous y sommes allés. De nuit, nous avons déplacé la pierre tombale et creusé à la pelle et à la pioche.
Le cercueil était bien là, à peine pourri, mais il était vide.Ni or, ni squelette. Ma théorie était donc juste. L’ennui, c’est que dans l’intervalle, quelqu’un avait eu la même idée que moi. Ou, alors, c’est le toubib lui-même qui était venu en personne ou avait envoyé un complice. Qui ? Va savoir. En tout cas, sûr, un type s’est fait des c... en or avec le contenu du cercueil.

Extrait de PARIS-GESTAPO, de Henri Sergg.

(1) Le 13 Janvier 1944.



21 rue Lesueur (Paris XVIème)
* La légende voulait que ce trésor fût caché rue Lesueur. Le 5 juillet 1952, un architecte des Basses-Pyrénées ayant acheté l’hôtel particulier du 21 rue Lesueur le fit abattre à la pioche, sans découvrir la moindre pièce d’or (Note de l’auteur).

_______________________
A propos du 21 rue Lesueur.
[Source : gallica.bnf.fr
Quotidien Le Matin, du 14-04-1944]

Prince de Colloredo-Mannsfeld:
                                                                                                                                   d
Le prince de Colloredo-Mannsfeld, bien que né en Tchécoslovaquie, est un vieux Parisien. Il habite actuellement un immeuble proche de l'Etoile.
Le prince agrée nos questions avec une grande bienveillance et veut bien préciser pour nous :  
— J'ai assez longtemps habité l'hôtel du 21 de la rue Lesueur. Toutefois voici bientôt douze ans que je l'ai quitté. Il est resté une certain temps vide. C'est en 1942 que le docteur Petiot se mit en rapports avec moi pour acheter cet immeuble. Il voulait disait-il, y installer une maison de santé. Je n'avais aucun motif de me méfier de lui, et l'affaire fut conclue.
Désormais, je me désintéressai de cet hôtel dont je n'étais plus le propriétaire. Pourtant, passant il y a quelque temps dans la rue Lesueur je fus frappé de l'état d'abandon qui semblait y régner. Toutefois. je ne m'en préoccupai pas davantage.


La comédienne Cécile Sorel :

Si je connais l'hôtel de la rue Lesueur ? Je le pense bien s'écrie l'éminente comédienne sans quitter des yeux le miroir où, lentement, par touches successives, se dessine pour elle et pour nous l'authentique visage du « roi Christine ». Mais l'incomparable artiste ajoute aussitôt :
« Je le connais mais je ne l'ai jamais habité et moins encore fait construire, ainsi qu'on l'a dit. Propriété de mes amis Colloredo-Mannsfeld qui après l'avoir habité eux-mêmes l'avaient quitté pour élire domicile rue de la Faisanderie, il se trouvait libre lorsque je revins d'Amérique du Sud. J'habitais alors rue Bristol et ne savais où entreposer les innombrables costumes, accessoires et objets divers constituant le matériel de ma tournée. Mes amies m'offrirent la rue Lesueur pour magasin de costumes. J'acceptai d'enthousiasme.
Et c'est ainsi qu'il me fut donné de me rendre à plusieurs reprises en cette charmante demeure pour y prendre un costume ou y déposer tapis ou une caisse d'argenterie qui encombrait inutilement, à mon gré, mon appartement d'hôtel.
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MessageSujet: René NEZONDET   Sam 26 Avr 2014 - 19:44

Quotidien Le Matin 24-03-1944
(Source : gallica.bnf.fr)

« Mon frère a tué au moins
cinquante à soixante personnes
m'avait avoué Maurice Petiot »
Telle est l'effrayante révélation faite
hier à la police par René Nezondet
ami intime du monstre

DEUX DES RABATTEURS SONT INCULPÉS DE COMPLICITÉ DE VOL
ET NEZONDET LE SERA POUR NON-DÉNONCIATION DE CRIMES


Sensationnel ! Le mot parait encore bien pauvre pour qualifier le coup de théâtre qui vient de se produire dans cette épouvantable et criminelle affaire Petiot ! Les trente heures que le commissaire Massu passa dans l'Yonne avaient porté leur fruit.

En effet,  M. Massu, au cours de ses investigations, avait pu retrouver la trace d'un Individu qu'une amitié de vingt ans, liait au machiavélique praticien. Retrouvé à Paris, ce témoin, René Nezondet, pays du docteur puisqu'il est né à Migennes, dans l'Yonne, le 28 juin 1895, fut amené au quai des Orfèvres et patiemment entendu de jour et de nuit.
Pendant soixante douze heures, Nézondet résista à la pression que les enquêteurs exerçaient sur lui. Or, après avoir été confronté avec plusieurs personnes dont les affirmations étaient incontestables l'ami de l'assassin, traqué, vaincu, s'abandonna enfin.



René Nezondet (au centre) entre deux policiers

Un entretien pathétique

L'homme qui est employé comme réceptionnaire dans un grand laboratoire de spécialités pharmaceutiques, et qui demeure avec sa femme 15, rue Pauly, à Paris, confia qu'il préférait se libérer en livrant le lourd secret qu'il put garder pendant des mois. Il fit, devant le commissaire Massu, le récit d'un entretien pathétique qu'il eut, en janvier dernier, avec le frère du monstre.
René Nézondet rappela d'abord comment il connut ce dernier :

Il y a plus de vingt ans, dit-il, alors que je disposais de 15.000 francs, j'ai acheté, Villeneuve-sur-Yonne, la charge de greffier de la justice de paix. C'est de cette époque que le connus, dans cette ville, le docteur Marcel Petiot Plus tard, ayant eu une main mutilée, je dus abandonner ma charge et, à la Fontaine-Rouge, j'installai un centre de culture de cresson et un élevage de truites. Puis, en 1932, je vins travailler à Paris comme garçon de bureau.
J'en viens à l'affaire.

Contrairement à ce que je vous ai dit d'abord, il me faut reconnaître que j’ai connu la monstrueuse entreprise du docteur de la bouche même de son frère. Voilà comment :
Au mois de novembre ou décembre 194, j'ai rencontré Maurice Petiot à l'hôtel où il avait l'habitude de descendre, rue de Bercy. Je venais simplement pour y prendre livraison d'un haut-parleur de T. S. F.                                                                                                                    
Je vis Maurice. Il était livide.
Blanc comme un linge. Je lui demandais : D’où viens-tu ? Il venait de chez son frère, rue Le Sueur Immédiatement, je crus qu'il avait découvert chez Marcel un poste émetteur clandestin, car il me déclara, atterré, qu'il y avait « de quoi être tous fusillés ».
Un émetteur dit Maurice ce ne serait pas grave. Ce qu'il y a, poursuit-il, c’est que tous les voyages commençaient et prenaient fin rue Le Sueur. Mon frère les a tous tués !

J'étais moi-même affolé quand Maurice Petiot me donna cette précision
D’après moi, mon frère a tué cinquante ou soixante personnes ! C'est épouvantable. J'ai vu un livre sur lequel Marcel a consigné les identités de ses victimes et les dates de leur exécution.
Si patient qu'il soit, le commissaire Massu brûlait de savoir, lui qui dut formuler toutes les hypothèses, comment l'assassin tuait ses victimes. A sa question, Nezondet reprit son réclt.
Ainsi qu'on en jugera, le témoin donna une explication assez rocambolesque.

D’après ce que Maurice m'a révélé, déclara-t-il, Marcel Petiot administrait à ses victimes une piqûre à distance « Mon frère, dit Maurice, a consigné quelque part son procédé mais je ne sais pas où. ». Selon le frère, le docteur employait une seringue articulée qu'il chargeait d'un liquide de sa composition, liquide dont je ne connais pas le nom.
En ce qui concerne l'appareil, il s'agirait, je crois, d'une « seringue dont les anneaux servant de point d'appui aux doigts étaient articulés et appuyaient sur le piston quand on tirait dessus. Maurice pensait que son frère devait attacher une ficelle aux anneaux. En projetant la seringue, les anneaux se tendaient et libéraient le piston.

Cette explication étant assez obscure, le commissaire demanda à Nezondet un peu plus de précision. Le témoin se contenta alors de lui dessiner une seringue, semblable à celle, bien connue, de Pravaz.
Les aveux  de  de Nezondet n'étalent pas terminés. Il reconnut que Maurice avait fait d'autres découvertes.
                                                                                               
Le frère de Petiot m'a également confié, reprit-il, qu'il avait trouvé la fameuse fosse chargée de cadavres. Toutes les victimes, me dit-il, avaient les cheveux et les sourcils rasés. Il soupçonnait son frère de posséder un dépôt d'armes. Mais, au cours de sa visite, il ne trouva rien.

« J'ai tout dit à Georgette »

Sur la machine à écrire, les feuillets de papier se succédèrent encore. René Nézondet confessa ensuite qu'il avait instruit lui-même Georgette Petiot de l'affaire
Elle est venue me voir chez moi, rue Pauly, en janvier dernier, un peu avant la libération de son mari. Je détenais le secret de Maurice depuis un mois. En présence de ma femme, le l'ai mise au courant du agissements de Marcel et, devant nous, elle s'est trouvée mal. Ma femme m'a alors assuré que la syncope devait être simulée.
Depuis cette date, conclut Nezondet, je revis Maurice qui me reprocha vivement  d’avoir tout dit à sa belle sœur.  « Mais, lui ai-je demandé, comment allez-vous vous arranger ? »
— Je vais réfléchir, m'a-t-il rétorqué. Il ne m'a pas dit comment. Enfin, à sa libération, j'ai vu Petiot juste un instant dans un café du quartier Saint-Lazare. Là, ce sont arrêtées mes relations avec Marcel et Maurice. Ce qui est évident, c'est que Maurice Petiot croyait mon amitié assez grande pour l'aider à camoufler les crimes du docteur.


Dès que René Nezondet eut signé cette déposition sensationnelle, M. Massu le conduisit à M. Georges Berry, juge d'Instruction, qui va l'inculper de non dénonciation de crime, en application de la loi du 17 octobre 1941.
Quant aux deux rabatteurs, Edouard Pintard, dit Franclnet, ancien acteur devenu maquilleur, et Paul Fourrier, pasticheur, ils ont été inculpés de complicité de vol. Le troisième rabatteur, Raoul Porchon, sera inculpé ultérieurement car il est soigné en ce moment à l'Hôtel-Dieu pour une blessure au pied. II s'agit d'un brocanteur ayant plusieurs boutiques dans Paris et installé faubourg Saint-Antoine.

L’œil magique est descellé

M. Massu s'était rendu rue Le Sueur. Le Chef de la brigade criminelle, qui fut rejoint par les inspecteurs Petit, Henon et Renonciat, était accompagné par M. Dethève, l'ouvrier de l'entreprise Minaud, de Marnes-la-Coquette, qui, à la demande du sinistre praticien, avait scellé dans le mur de l'oubliette le fameux œil magique. Le commissaire Massu — qui entendait que le descellement fût exécuté par la même personne que celle qui fixa l'oculaire — pourra maintenant comparer cet appareil à celui qui fut saisi chez l'ami intime de Petiot.
A la police judiciaire, M. Dethève a précisé que les travaux, notamment la cloison et l'installation du voyant avalent été exécutés en octobre 1941. C'est donc pendant plus de deux ans que l'épouvantable monstre a pu commettre cinquante ou soixante assassinats.



L’ouvrier qui a démonté le périscope, rue Lesueur,
le présente au commissaire Massu (à droite).

« J’ignorais tout des affaires de mon frère
et de ce qui se passait rue Lesueur »

affirme Maurice Petiot devant le juge d’instruction

Inculpé de complicité d'homicide volontaire, Maurice Petiot a subi hier le premier interrogatoire au fond, dans le cabinet de M. Berry, juge d'instruction. Il était assisté de Maître René Floriot.
Le magistrat l'a questionné sur ses relations avec son frère, sur la date et les circonstances dans lesquelles fut loué, puis acheté l’hôtel de la rue Le Sueur, sur le transport de la chaux vive dans laquelle le docteur Petiot jetait des sections de cadavres afin de détruire en partie les tissus avant de les brûleur dans son calorifère.

Je ne sais rien

Maurice Petiot affirme qu'il est complètement Innocent, qu'il ignorait tout.
Jusqu'en 1940, explique l'inculpé, je n'avais avec mon frère que des relations espacées. Ensuite, obligé de venir souvent à Paris pour mon commerce, je prenais mes repas avec lui lors de mes déplacements.
Au cours d'un de ces repas, j'appris l'acquisition par mon frère de l'hôtel de la rue Le Sueur. D'ailleurs, à ce moment, il acheta de nombreux immeubles, une vingtaine environ.

En mai 1943, lorsque mon frère fut arrêté, Mme Petiot vint se réfugier Auxerre. Je m'occupai alors de l'hôtel. Je m'y rendis en juin 1943 pour voir s'il n'y avait rien d'urgent à y effectuer en juillet, pour répandre des antimites en décembre, pour fermer l'eau à cause du gel et en février 1944 avec M. Fildier, architecte de la maison contiguë pour rechercher l'origine de certaines moisissures.

Nous avons tout visité, nous n'avons rien remarqué d'anormal, aucune odeur particulière ne nous a intrigués. Nous avons regardé la fosse du garage. Si nous n'avons pas examiné la fosse septique, c’est qu'elle était recouverte de gravats.
Je savais que mon frère avait fait aménager la pièce triangulaire par un entrepreneur de Marnes-la-Coquette, dont j'ai réglé le mémoire. J'ai remarqué la double porte factice qui m'a semblé une ornementation. J'ai réussi à l'ouvrir avec une barre de fer ; j’ai vu le mur derrière. Je n’ai pas été frappé par l'accumulation d'objets hétéroclites dans l’hôtel : sacs à main, parapluies etc. Mon frère achetait à des particuliers ou à la salle des ventes toutes sortes de choses sans discrimination et je pensais aussi qu'il se servait un peu de l'hôtel comme d’un débarras.

« Je n'ai rien vu »

Je n'ai pas remarqué le périscope ni des pitons.    
Mon frère m'avait demandé, par lettre, le 15 février 1944, de la chaux pour détruire les punaises et reblanchir la façade. En ayant trouvé 400 kilos, je les lui ai amenés mol-même, dans un camion avec deux porteurs, le 19 février. A la suite d'un accident au camion je ne suis reparti que le 22. Je vis mon frère ce jour-là, et ce fut la dernière fois. Je fus arrêté le 13 mars.
Le samedi 11, j’avais reçu à 23 heures, un coup de téléphone d'un anonyme, peut-être mon frère, la communication était mauvaise.
On a trouvé, me disait-on, des cadavres rue Le Sueur, mais cela peut encore s'arranger. La communication lut coupée, j’étais très intrigué et pensais à une plaisanterie, mais le lundi matin j’appris tout  par la T S F, v compris l'existence de la chaux. C'est pourquoi le mardi je niais avoir transporté cette chaux, je craignais d’être poursuivi pour complicité.


A la suite de cet interrogatoire, Me Floriot, a déposé, au nom de son client, Maurice Petiot, une demande de mise en liberté.
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mar 29 Avr 2014 - 22:08

Quotidien Le Matin, du 25-03-1944.
(source : gallica.bnf.fr)

« Plusieurs riches familles hollandaises
ont dû être anéanties par le Dr Petiot »
révèle une lettre anonyme adressée au quai des Orfèvres


Si, après les aveux sensationnels de René Nezondet, l'enquête semble marquer un temps d'arrêt, ce n'est qu'une impression, l'activité des policiers, restant la même. Ils ont, en effet, entrepris des recherches afin d'identifier les victimes et il faut attendre quelque temps avant de connaître les résultats de leurs investigations.

Au nombre des lettres anonymes que le commissaire principal Massu ne cesse de recevoir depuis le début de l'enquête, il en est une, arrivée hier matin à la police judiciaire, à laquelle le chef de la brigade criminelle reconnaît un intérêt tout particulier.

Ce pli, selon toute vraisemblance, émane d'une femme, et M. Massu serait reconnaissant à cette mystérieuse correspondante, de se faire connaître de lui seul, assurée qu'elle est de la plus entière discrétion.

Identification possible

Grâce à ce témoin inconnu, il serait possible, en effet, d'identifier plus facilement plusieurs clients de Marcel Petiot. L'auteur de la lettre révèle que certains sujets hollandais réfugiés en France vers 1940, auraient été mis en rapport avec le docteur qui devait les faire partir pour l'Argentine.
Parmi ces gens, aujourd'hui disparus, se trouveraient les membres de la famille W… la mère, âgée de 63 ans, le fils Maurice, 36 ans, et la belle-fille, L. W… 46 ans, puis une autre famille B… composée de quatre personnes, deux âgées et un couple de vingt à vingt-cinq ans.

La disparition de ces sept personnes remonterait au début de 1943.
D'autre part, rue Le Sueur, les policiers ont trouvé une photographie d'homme, prise du profil droit, qui pourrait être celle d'une des Victimes.
En fin d'après-midi, M. Massu déclara, hier :  
Actuellement, nous possédons une douzaine d'identités. Mais avant de les rendre publiques, il est absolument indispensable pour moi d'avoir retrouvé et entendu des amis ou familiers des gens que je tiens pour disparus.
Toutes ces personnes, à qui j'assure la discrétion la plus totale, comprendront la nécessité de se manifester. En effet, je ne pourrai me confirmer dans mon opinion que lorsque ces témoins auront reconnu certains objets saisis rue Le Sueur comme ayant appartenu aux disparus.
Les seuls noms sur Iesquels le doute ne puisse plus planer sont ceux de Mme Kluït et de M. Van de Bever.


Un bouton de culotte

Personnellement, le pense qu'un bouton de culotte, trouvé dans une des pièces de l'hôtel tragique, bouton qui porte une marque, provient d'un vêtement que portait l'homme dont la photographie a été communiquée. Or, si quelqu'un vient me voir et m'indique le nom de cet homme si, d'autre part, je retrouve la même identité chez le tailleur qui confectionna le costume, il n'y aura plus de doute, je serai certain du nom.



René Nezondet accompagné
de son avocat maître Wilhem.
Ajoutons que l'amie de René Nézondet doit être entendue à la police judiciaire. Il importe de savoir si Georgette Petiot a bien connu la vérité au domicile même de Nézondet et en présence de l'amie de ce dernier.
L'ami intime du monstre, René Nézondet. qui a fait hier les sensationnelles révélations que l'on sait, a été inculpé par. M. Berry juge d'instruction, de non-déclaration de crime. Il a fait choix pour défenseur de Me Wilhem. Puis il a été écroué a la Santé.
D'autre part, l'un des rabatteurs du docteur, le posticheur Fourrier a désigné Maîtres Auburtin et Georgie Myers pour l'assister. Quant à Maurice Petiot, M. Berry, conformément aux conclusions de M. Rousseau, procureur de la République, a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire.



Cette photographie, trouvée
dans l’hôtel de la rue Lesueur
est-elle celle d’une des victimes du monstre ?


Plusieurs riches familles hollandaises ont dû être anéanties par le docteur Petiot


Les restes humains trouvés rue Le Sueur livreront-ils le secret du poison ? Si l'on en croit Nezondet, le monstre se servait, pour faire trépasser ses victimes, d'une seringue emplie d'un liquide dont la composition serait indiquée dans le carnet où l'assassin méticuleux notait les noms de ses clients. Faute d'avoir retrouvé le précieux carnet, on en est réduit aux suppositions. Et la liste est longue certes, des substances toxiques dont un médecin peut disposer pour de criminels desseins.
Les restes humains soumis à l'examen des experts feront-ils découvrir le mystérieux poison ?
A notre question, le professeur Griffon, directeur du laboratoire de toxicologie de la préfecture de police, qui a été, on le sait, commis par M. Berry, répond avec la circonspection d'un homme de science et d'un expert :

— Nos recherches, déclare-t-il, sont particulièrement ardues. Les lambeaux de chair momifiés à la suite de leur séjour dans la fosse à chaux vive offrent une assez  pauvre matière. Ajoutez que les produits toxiques qui auraient pu être administrés aux victimes sont des composés complexes susceptibles d'être détruits pendant l’action du poison, puis au cours de la putréfaction. Dans ces conditions, l'analyse ne donne bien souvent que des résultats imprécis ou nuls. Notre travail est, par définition, très délicat et de longue durée.
Les progrès de l'instruction pourraient bien dès lors devancer sur ce point les conclusions de l'expertise chimique.


Faubourg Saint-Martin  

Le mécontentement est général dans le faubourg.
L’affaire Petiot ! s’écrie-t-on tout autour des comptoirs où, en douceur  — comme dans bien d'autres quartiers de la capitale du reste — s'effectuent les transactions les plus inattendues, nous en avons assez ! C’est toujours, dans les plus sombres histoires, le Faubourg qui écope.
Paulette Grippay, dite Paulette la Chinoise parce qu'elle se maquillait à outrance et que, née en Corse d'un père breton, elle avait, on ne sait pourquoi, de jolis, yeux fendus en amande, n'était connue dans le faubourg que dans certain milieu très spécial où les hommes sont quantité négligeable.

Elle n’était pas des nôtres, m’affirme un faubourien qui, depuis près de vingt ans, fréquente le coin. Dans notre grand village, on ne s'ignore pas. Nous connaissons Jojo. Nous savons qu'il était riche, qu'en un an il avait gagné près d'un million. Il s'en vantait d'ailleurs. On a dit qu'il cachait ce million en or dans ses chaussures. Voyons, réfléchissons un peu. Trois kilos d'or, c'est plutôt gênant dans les talons !

Dans cet établissement hanté par les cigales, où luttent contre le temps nos goualeuses qui ne veulent pas dételer, Paulette la Chinoise est également inconnue. Joseph Dionisi, dont la disparition est signalée et qui, imitant son ami Jojo, aurait cédé aux instances de cette fille pour finir lui aussi dans la chaux vive n'a pas laissé le moindre souvenir.

Rescapée parce que trop pauvre

Pourtant, dans un café voisin, une femme sur le tard, cravatée en gommeux me dira, après avoir commandé une « dégustation » :
— Paulette la Chinoise ?  Oui, je me souviens vaguement. Une fille qui aimait les robes tapageuses, ornées de papillons ou de libelIules. Elle venait rarement dans le quartier. Ce n'était pas une de  nos « vedettes  ».
C'est au tour du garçon de comptoir de me faire des confidences :
Un jour, me dit-il, il y a six mois de cela, je reçus — était-ce Pitard, dit Francinet — l’offre de me faire passer en en Amérique. Avec 50.000 francs l’affaire pouvait se traiter. L’homme me donnait rendez-vous dans un bar de la rue Saint-Martin. J’avais le temps de réfléchir. C’est ce qui m’a sauvé.
Vous parlez de Petiot ? s'interpose alors une femme au visage falot, aux yeux brillants de fièvre. J’ai été soignée durant deux ans par cet assassin. N'étant pas riche, il ne récIamait qu'une fois sur deux le prix des consultations. Moi, c'est grâce à ma pauvreté si je suis encore de ce monde. Depuis que je sais, mes nuits ne sont plus que cauchemars. Sait-on où il est ?

Chez l'architecte de la rue Le Sueur

C'est le commis de M. Fildier, architecte, qui a visité, en compagnie de Maurice Petiot, l'immeuble de la rue Le Sueur. En janvier dernier, apprenant que l'humidité envahissait l'immeuble contigu, 32 rue Duret, dont M. Fildier est l'architecte, ce dernier tenta vainement d'entrer en relations avec le docteur Petiot pour lui demander la permission de rechercher, rue Le Sueur, la cause de cette humidité. C'est seulement fin janvier que l'architecte reçut une lettre, puis un coup de téléphone de Maurice Petiot, frère du docteur. Ils prirent rendez-vous et la visite eut lieu quelques jours plus tard au début de février.
Au cours de cette visite, le commis de M. Fildier put examiner plusieurs pièces de l'hôtel, dont la fameuse salle triangulaire dans laquelle il ne remarqua rien de suspect. Il ne se doutait évidemment pas de la destination tragique du local qu'il visitait.

Le docteur Petiot
venait souvent voir
son ami Nezondet


Les commentaires allaient bon train hier, parmi les locataires de l'immeuble 15, rue Pauly où sont domiciliés les époux Nezondet. La concierge, Mme Blin, nous a déclaré connaître le ménage Nezondet depuis huit ans.
Ce sont de bien braves gens, déclare-t-elle. Il jouissaient de l'estime générale.
Quant au docteur ll venait de temps en temps voir son ancien camarade à qui, à plusieurs reprises, Il donna même des soins.  
Jamais je ne l’aurais cru capable de pareils forfaits


_______________________

Quotidien Le Matin, du 27-03-1944
(source : gallica.bnf.fr)

Une nouvelle victime
du docteur Petiot
a été identifiée
______________________________

il s'agit d'un habitué des bars
Georges Rocreux dit Géo Bras-de-Fer
dont a publié la photo


On sait que grâce aux objets retrouvés rue Le Sueur, les inspecteurs de police espèrent identifier rapidement un certain nombre des victimes du docteur Petiot. Il est même probable que, chaque jour, de nouveaux noms seront révélés.

Aujourd'hui — grâce à la publication d'une photographie, également découverte rue Le Sueur — l'un des clients mystérieusement disparus porte un nom : c’est Georges Rocreux  (Réocreux), dit Géo Bras-de-Fer, ancien athlète dévoyé, habitué des bars de faubourgs.
Après l'identification de Georges Rocreux, il est permis de faire une hypothèse. Géo Bras-de-Fer, qui dut son sobriquet à sa poigne peu commune, était particulièrement redouté pour sa force et ses amis affirment que trois adversaires ne lui eussent pas fait peur. Dès lors, on se demande commentMarcel Petiot put avoir raison d'un tel gaillard.

Piqûre ou… vaccin ?

Il faut donc que le médecin ait usé d'un stratagème facile pour réduire toutes ses victimes.
on sait que, pour gagner l'Amérique latine, il faut être préalablement vacciné contre certaines maladies que les Européens contractent facilement de l'autre côté de l'Atlantique Sud.
Une vérification pouvant être faite à l'arrivée, disait sans doute Marcel Petiot, il faut absolument que je vous vaccine. Ainsi, le candidat à l'évasion mis en confiance, ou du moins, conscient de l'obligation dans laquelle il se trouvait d'être immunisé, pouvait découvrir son bras ou sa cuisse au praticien sans la moindre inquiétude. Et l'on peut admettre qu'aussitôt l'homme ou la femme tombaient foudroyés. Cette conjecture expliquerait mieux l'emploi de la seringue de Pravaz.

L’amie de René Nezondet
est entendue


L'amie de Nezondet, Aimée Lesage, infirmière à l'hôpital Cochin, 15, rue Pauly, a été entendue à la police judiciaire par le commissaire principal Massu. Au cours de ses déclarations, Mme Lesage n'a fait que confirmer les dires de son ami sans apporter des  éléments à l'enquête.
D'autre part, M. Berry juge d'instruction, s'est rendu a l’Hôtel-Dieu où Roland Porchon, un
des rabatteurs du docteur Petiot, est en traitement. Le magistrat a procédé à l'interrogatoire d'identité de Porchon, l'a inculpé de complicité de vol et l'a placé sous mandat de dépôt.

Où l'on voit s'affronter
« peliotistes» et « antipetiolistes »
______________________________

L'assassin de la rue Le Sueur a encore
dans son pays de nombreux partisans


Le déjeuner des anciens élèves du collège d'Auxerre avait lieu hier à Paris.

Est-il besoin de dire qu'il se déroula tout entier sous le signe du sinistre condisciple de jadis, de ce docteur Petiot qui, depuis ?… Invisible, il était là. Son souvenir s'imposait, hantait les esprits, physique autant que moral, était le malaise causé par l'odieuse présence.

Tous sont unanimes, tous ont gardé le souvenir d’un enfant extrêmement intelligent. Il arrivait au collège sans savoir un mot de ses leçons. Il lui suffisait de les lire une fois pour obtenir la meilleure note. Mais, déjà, le monstre perçait en lui, il était la terreur des chiens et des chats, comme aussi de ses camarades, car il avait le coup de poing facile. Il était volontiers taciturne avec des idées parfois bizarres.

Les puissances des ténèbres
Les puissances des ténèbres l'attiraient.


Je le vois encore, enous conte un convive, quand nous étions, lui et moi, en mathématiques élémentaires. Il lisait durant la classe et recopiait des passages entiers d'un livre intitulé Les idées mortes et dont la couverture s'ornait d'une image de la mort avec sa faux. Il était chapardeur.
Sait-on qu'il compte encore, au pays, des partisans nombreux ? Les « petiotistes » témoignent d'un véritable fanatisme. Ils prétendent que l'affaire Petiot a été montée de toutes pièces.

335 ampoules de morphine.

C'est, d'abord, que Petiot avait la réputation d'être bon praticien. Peut-être avait-il seulement un goût trop vif pour certaines piqures. 335 ampoules de morphine, tel est le chiffre qui figure sur une seule ordonnance qu'il rédigea, pour son usage personnel, pour une seule année.
C'est surtout qu'énorme était la popularité que, politicien retors, il avait su se tailler par des procédés démagogiques. On s'extasiait volontiers à le voir « tomber la veste » pour aider un cantonnier, un manœuvre.

Une fois, conte un convive, qu'il était poursuivi pour je ne sais quelle affaire d'escroquerie son conseil municipal menaça de suivre en prison le « bon docteur », son maire, s'il était condamné. Je suis convaincu qu'une enquête poussée à fond amènerait des découvertes intéressantes à Villeneuve-sur-Yonne où l'on parle à mots couverts de témoins de l'affaire de la laiterie Debauve, qui auraient mystérieusement disparu, victimes, assure-t-on, des piqûres du docteur Petiot.
Celui-ci jouissait — ô beauté du Front populaire ! —d’une véritable immunité. Avait-il maille à partir avec la police, les enquêteurs trop zélés se voyaient immanquablement déplacés.

Et Maurice Petiot ?

Pas grand chose dire de lui. Il ne fit que passer au collège. Il ne se distinguait guère que
par un amour immodéré de la motocyclette. Mais, le me rappelle, je l'ai rencontré au cinéma le dimanche 13 mars, le lendemain même du jour où l'on découvrait le mystère de la rue Le Sueur.

Tu as l'air tout drôle.
— Possible, me répondit Maurice. Il vient d'arriver quelque chose à mon frère. Une sale histoire.
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MessageSujet: Des crimes presque parfaits Docteur Petiot   Mer 30 Avr 2014 - 19:40

Vidéo "Des crimes presque parfaits Docteur Petiot" :

http://www.youtube.com/watch?v=Epqp4Z1RC90

Bonne écoute !   queen

Lien mort  Neutral 

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Dernière édition par Adelayde le Ven 6 Juin 2014 - 14:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Petiot élu maire de Villeneuve   Mer 21 Mai 2014 - 15:06



Août 1926 – Petiot élu maire de Villeneuve à l’âge de 29 ans


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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mer 21 Mai 2014 - 15:07

Et 30 ans plus tard...   
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mer 21 Mai 2014 - 15:23

Non, 20 ans plus tard, pier   Smile

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Mer 21 Mai 2014 - 15:57

oups... je sors  
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   

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Docteur Marcel Petiot - 1946
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