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 Mohamed ben Driss - 1931

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MessageSujet: Mohamed ben Driss - 1931   Lun 14 Jan 2008 - 1:14


Paris. Mai 1931. Procès de Mohamed BEN DRISS.




Par  Archange - 21/12/2011

L'accusé est en colère contre un témoin à charge.




Par  Archange - 21/12/2011

Mohamed ben Driss (source: LE PALMARÈS).

Ben Driss sera condamné à la peine de mort, par les Assises de la Seine, pour l'assassinat d'une commercante de la rue de Ponthieu (VIIIème) en novembre 1930.

Son exécution se déroula le 15 octobre 1931, sur le bd Arago.

C'est le 31ème guillotiné sur ce bd après l'arrêt des exécutions place de la Roquette en 1899.

_________________________________________________________________________

Il est porté sur les «CARNETS D'EXÉCUTION» d'Anatole Deibler sous la numérotation 340-244.


__________________________________________________________________________________



Par  Archange - 21/12/2011

Boulevardd ARAGO
.




Par  Archange - 21/12/2011

On aperçoit, derrière le policier, les murs de la prison de la Santé


Dernière édition par mercattore le Sam 12 Mar 2011 - 11:09, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Mer 28 Juil 2010 - 13:38

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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Ven 10 Juin 2011 - 14:13

L'EXÉCUTION DE MOHAMED BEN DRISS.

Le quart de 5 heures venait de sonner hier matin à un couvent proche de la prison de la Santé quand un petit groupe de personnalités comprenant MM. Lyon-Caen, Lecour, avocats généraux, Pressard, procureur général, Fougery, juge d'instruction, Xavier Guichard, directeur de la police judiciaire, Hurlaux, substitut, Crosnier, greffier, et le docteur Paul, pénétra dans l'établissement et s'achemina vers le bureau de M. Guilbert, directeur. Les dernières dispositions venaient d'être prises au moment où l'Algérien Mohamed ben Driss, l'assassin de Delaure, la débitante de la rue de Ponthieu, allait payer sa dette. Dès 4 heures, un service d'ordre était organisé aux abords de la prison, sous la direction de MM. Meyer, directeur adjoint à la police municipale, et Siraud, commissaire divisionnaire.

Pendant ce temps, M. Deibler et ses aides achevaient de monter, boulevard Arago, la sinistre machine. Quand, guidés par le gardien-chef de la Santé, les personnalités qui devaient assister à l'exécution pénétrèrent dans la cellule du condamné, celui-ci dormait profondément. On dut le tirer de son sommeil. Péniblement. il ouvrit les yeux, sembla s'étonner de voir tant de monde, puis s'assit sur son lit. Il avait compris. Nulle émotion quand M. Lyon-Caen lui annonça la fatale nouvelle. Il se leva posément et, s'adressant à son avocat, Maitre Duthillet de Lamothe, lui dit avec calme :
« Après tout, j'aime mieux cela que d'aller aux travaux forcés. »

Un iman de la mosquée, Si Mohamed ben Lahessen, s'avança et, en arabe, prodigua à Mohamed les dernières consolations. Le condamné lui répondit avec calme et s'absorba dans une courte prière. Immédiatement après, il accepta le verre de rhum traditionnel et, sans trembler, alluma un cigare que quelqu'un venait de lui tendre. L'ultime toilette s'acheva rapidement.

Toujours avec le même fatalisme oriental, Mohamed ben Driss prit place dans le fourgon qui, quelques minutes plus tard, parvenait sur le lieu de l'exécution. Le jour se levait. II était exactement 5 h.40. Avec l'aide de l'iman, le condamné descendit du lourd véhicule, fit un pas, fixa la guillotine, puis se livra aux aides. Quelques secondes plus tard,le couperet s'abattait, et, tandis que les gardes municipaux regagnaient leur casernement, le corps du supplicié était dirigé sur le cimetière de Gentilly * .

Quotidien Le Petit Parisien.
Source : Gallica.

* En fait, le cimetière d'Ivry parisien.
Le journaliste oublie que le carré réservé aux suppliciés n'a été situé sur la commune de Gentilly que jusqu'en 1896. Il en fut ensuite détaché pour être rattaché à la commune du Kremlin-Bicêtre, nouvellement crée.

Le cimetière de Gentilly dépend de la commune de Gentilly (Val-de-Marne) mais il est situé sur le territoire de Paris (XIIIème arrondissement, quartier Maison-Blanche). Cela provient du fait que ce cimetière était antérieurement situé hors de Paris mais la ville annexa son territoire en 1925. Dans ce cimetière sont inhumés : Le comédien Raymond Souplex, (pour les anciens, alias "la Hurlette", dans l'émission radio « Sur le banc », avec Jeanne Sourza et l'homme à la célèbrissime expression « Mais c'est bien sûr ! », dans l'émission de TV « Les cinq dernières minutes ») — L'acteur Robert Lynen, comédien à l'avenir prometteur, résistant contre l'occupant, déporté et fusillé en Allemagne le 1er avril 1944, à 23ans (carré militaire du cimetière, Robert Lynen ayant été sous-lieutenant dans les forces françaises libres).


_______________________________________________________________________________________________________________

Quotidien L'humanité.
Source : Gallica.

L'ALGÉRIEN MOHAMED BEN DRISS A ÉTÉ GUILLOTINÉ HIER MATIN DEVANT LA PRISON DE LA SANTÉ.

On n'a pas oublié l'affaire de la rue de Ponthieu. Le matin du 19 novembre 1930, la patronne d'un restaurant ouvrier, Mme Delaure, était assassinée dans sa cuisine, à coups de siphon, par un individu qui lui avait commandé des œufs sur le plat et l'avait suivie devant le fourneau. On chercha d'abord à inculper des ouvriers italiens, puis les soupçons tombèrent sur l'Algérien Mohammed Ben Driss. La culpabilité de celui-ci, qui accusa un autre de ses compatriotes, ne fut jamais complètement démontrée. Mohammed Ben Driss fut pourtant condamné à mort.

Hier matin, au petit jour, les juges, le policier Guichard, le macabre docteur Paul et l'un des imans de la Mosquée, chien couchant de l'impérialisme, allèrent à la Santé réveiller le condamné, tandis que Deibler dressait sa machine sur le boulevard Arago. L'iman récita ses patenôtres coraniques. Mohammed les écouta, ce qui ne l'empêcha pas, contre la loi du prophète, de boire un grand verre de rhum pour se soutenir dans la dernière épreuve. Puis avec un grand courage, reconnu de tous les assistants, il se prêta à la toilette funèbre et monta dans le fourgon qui le conduisit. devant la machine qu'inventa, dans une pensée « humanitaire », le docteur Guillotin.

La tête haute, Mohammed s'avança. Les aides de Deibler le jetèrent sur la planche, lui placèrent le cou dans la lunette. Il poussa un grand cri, et le couteau tomba. Du sang sur les pavés, près de la prison où des révolutionnaires honnêtes sont enfermés, mais d'où Oustric * vient de sortir, sourire aux lèvres, lui qui a volé sans que le besoin matériel l'y ait jamais poussé.
Du sang que les serviteurs du bourreau effacent en hâte.


* OUSTRIC Albert. Banquier mêlé au monde de la politique et qui déclencha un scandale financier suite à la banqueroute de son établissement. Il fut emprisonné et cette affaire éclaboussa le garde des sceaux, Raoul Péret, qui y perdit sa carrière politique.
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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Sam 22 Déc 2012 - 13:53

Journal Le Figaro, du 16-10-1931.

Exécution capitale

Condamné à mort par la cour d'assises de la Seine pour avoir assassiné, le 20 novembre 1930, Mme Delaure, débitante, rue de Ponthieu, 48, le Marocain Driss ben Mohamed à payé, hier matin, sa dette.
A 5 h. 15, M. Pressard, procureur de la République, MM. Lecour, avocat général, Fougery, juge d'instruction, son greffier, M. Crosnier; le docteur Paul, Hurlot, substitut, Xavier Guichard, directeur de la police judiciaire, Guilbert, directeur de la Santé, le défenseur, Me Dutheil de la Motte, pénétraient dans la cellule du condamné.
« J'aime mieux cela que d'aller aux travaux forcés », murmura Driss ben Mohamed lorsqu'on le réveilla.
Un iman de la mosquée échangea avec lui quelques mots.
Après la toilette dernière, Driss ben Mohamed demanda un verre de rhum et un cigare.
A 5 h. 40, justice était faite.



Boulevard Arago : zone des exécutions capitales
.
Depuis l'exécution du matricide Georges Duchemin (le 05-08-1909, première exécution publique sur le bd Arago), toutes les exécutions sur ce boulevard se sont déroulées dans cette zone jusqu'en 1939, soit trente-six exécutions, dont trente-cinq (35) par Anatole Deibler, la trente sixième et dernière par Jules Henri Desfourneaux (Max Bloch, le 02-06-1939, (dernière exécution publique à Paris), Anatole Deibler étant décédé.

Pour plus de détails sur les exécutions du bd Arago voir le topic de mercattore du 31 mars 2008 :
http://guillotine.cultureforum.net/t448-les-executions-capitales-a-paris-xiveme-1909-1972?highlight=ex%E9cutions

Il n'y a jamais eu d'exécution à l'angle du bd Arago et de de la rue de la Santé. Cette information fausse a été diffusée par certains journaux, notamment Le Figaro, dans un article de Georges Grison, et reprise de nombreuses fois. L'un des rares quotidiens à situer d'emblée l'emplacement de la guillotine en face du jardin des sœurs de la Congrégation de sœurs de Sain-Joseph-de-Cluny est Le Gaulois, mais il le mentionne situé à quelques mètres de l'angle Arago/Santé alors qu'il faut remonter le long du mur de la prison sur une longueur d'au moins 200mètres.
Judicieusement choisie, cette zone d'exécution permettait de ne pas avoir de constructions en vis-à-vis, ce qui n'était pas le cas au-delà du jardin des sœurs. .

Extrait du quotidien Le Figaro, par Georges Grison, le 05-08-1809.

« Duchemin fut condamné, par la Cour d'assises de la Seine, le 7 juin dernier. Son pourvoi fut rejeté le 8 juillet. Restait le recours en grâce. Mais, devant l'atrocité d'un tel crime, le Président de la République n'a pas cru pouvoir signer la commutation.
L'exécution a eu lieu à l'angle de la rue de la Santé et du boulevard Arago, à cent vingt mètres de la porte de la prison. »


Grison a ensuite mieux situé l'emplacement de la guillotine mais c'est cette première information qui est surtout restée.



Un des croquis de la presse d'époque indiquant faussement l'emplacement des exécutions capitales sur le bd Arago.
En réalité : Petit cercle rouge flèché : zone d'exécution.
0vale rouge : Jardin de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny.




Mohamed ben Driss
Document du PALMARÈS de Sylvain Larue.

__________________


Journal Le Figaro, du 22-05-1931.

GAZETTE DES TRIBUNAUX

Le crime de Driss ben Mohammed
Condamnation à mort
Dans le box, un singulier accusé. C'est un Marocain bronzé, aux cheveux crépus, bavard et gesticulant, la bouche baveuse, hurlante.
— Ne poussez pas, je vous prie, de tels beuglements, lui dit M. le président Bacquart.
Et avec un accent d'une irrésistible drôlerie, Driss ben Mohammed répond :
Mais si toi parler toujours, missi président, moi rien dire.
Il se défend farouchement contre des charges bien lourdes.

Le 19 novembre dernier, vers sept heures et demi du matin, Mme Delaure, qui tenait un restaurant rue de Ponthieu, était trouvée assassinée, le crâne défoncé a coups de siphon d'eau de selz. Les tiroirs avaient été fouillés et 6.300 francs avaient disparu.
Les clients du restaurant avaient signalé comme le coupable possible un Marocain, Driss ben Mohammed. C'était un repris de justice condamné une dizaine de fois.

On l'arrêta au champ de courses de Vincennes. Il nia. Mais sur un verre trouvé dans le restaurant on découvrit des empreintes digitales. Une heure après le crime, il acheta des vêtements neufs et des chaussures ; or, on l'avait vu entrer en pantoufles dans le restaurant. Alors, Driss ben Mohammed avoua une certaine part de responsabilité.
Il avait bien, disait-il, accompagné chez Mme Delaure un de ses compatriotes nommé Laounine, et ce serait lui l'assassin. Mais Laounine a un alibi probant.

Le Marocain se défend en parlant longuement.
— Après le crime, lui dit M. Bacquart, vous avez pris trois taxis pour dérouter les recherches.
Est-ce que la France, il n'est pas terre de liberté ? J'ai bien le droit de prendre un taxi.
Et il jure par Allah le très grand, le très miséricordieux, il jure sur sa tête et sur son œil qu'il est innocent.

Me Jandon plaide pour M. Delaure, le mari de la victime, partie civile. M. l'avocat général Lyon-Caen requiert avec énergie.
Excellente plaidoirie d'un jeune avocat de beaucoup de talent, Me Dutheillet de La Motte. Mais il y avait trop de charges contre Driss ben
Mohammed et, dans une audience de nuit, il a été condamné à mort.
Ce Marocain si bavard, si loquace quand il fallait se défendre, est resté silencieux et résigné devant la sentence. Le fatalisme musulman a repris ses droits.
Georges Claretie.




Le Lieu du crime, 48 rue de Ponthieu, Paris VIIIème. Toujours un restaurant.

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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Mer 12 Juin 2013 - 15:42

Quand même... Un an d'expectative avant de savoir...
Profondément anormal.
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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Jeu 13 Juin 2013 - 5:50

Que voulez-vous dire ? Un an d'expectative ?
Il n'y a pas eu un an entre le meurtre et l'exécution, et environ cinq mois entre le procès et l'exécution...

Pour l'heure, dans la période récente, l'un des condamnés ayant séjourné le plus longtemps chez les C.A.M. fut Charles Schmitt, jugé le 26 juillet 1949 par les assises de Nancy pour meurtre d'un chauffeur de taxi. Précédemment condamné à mort par contumace à Périgueux par la cour de justice, il dut attendre trois ans avant qu'on ne le juge à Bordeaux pour faits de collaboration - il écope de vingt ans de prison le 04 mars 1952 - et sa peine de mort ne fut commuée que... le 08 juillet 1955 !

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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   Jeu 13 Juin 2013 - 9:42

J'ai mal lu, désolé (fatigué en ce moment)

J'ai confondu: date du crime et date du procès.
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MessageSujet: Re: Mohamed ben Driss - 1931   

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