La Veuve

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 Quelques exécutions particulières

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Nemo
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MessageSujet: Quelques exécutions particulières   Ven 24 Mar 2017 - 6:36

En fouinant pour améliorer le Palmarès 1811-1831, j'ai trouvé quelques cas originaux :

- Si les exécutions multiples arrivent encore parfois, à compter de 1811, voir plus de trois condamnés se suivre la même journée sur l'échafaud reste exceptionnel. Il y eut ainsi :
1/ une quadruple exécution à Périgueux en 1811 ; à Valréas en 1814 ; à Lille en 1815, à Troyes, à Mauvezin et au Lude en 1816 ; à Orléans, à Montargis, à Hazebrouck en 1817, à Rouen en 1818, à Laval en 1819, à Landouzy en 1820 (quatre frères et sœurs, sans compter les deux dernières sœurs elles aussi condamnées à mort mais graciées), à Paris en 1822, à Valence en 1823, à Saint-Omer en 1825, au Neubourg et à Riom en 1826 ;
2/ une quintuple à Avignon et à Montpellier en 1816, à Béthune en 1818, à Draguignan en 1819 ;
3/ une sextuple à Limoges en 1817 ;
4/ une septuple à Château-Chinon en 1817.
5/ le record demeure celui établi le 16 décembre 1813, quand pas moins de huit condamnés sont guillotinés devant l'ancien palais de justice d'Alençon.

- Certaines journées furent très meurtrières, mais en plusieurs villes : 21 octobre 1818 (huit exécutions à Grenoble, Clermont-Ferrand, Reims, Lille, Bourg-en-Bresse, Albi), 21 octobre 1819 (cinq exécutions à Alençon, Toulouse et Saint-Jean-du-Bruel), 23 octobre 1819 (sept exécutions à Beauvais, Vesoul et Draguignan), 21 septembre 1822 (six exécutions à Troyes et Paris)...

- Les doubles exécutions, on le sait, concernent dans la plupart des cas deux complices jugés en même temps (Bontems et Buffet, par exemple). Plus rarement, on assiste à l'exécution de deux condamnés ayant perpétré des crimes distincts et simplement unis dans la mort (le dernier cas sera en 1964, à Lyon). A deux reprises au moins (en 1818 à Orléans et en 1824 à Rodez) on guillotine trois condamnés, chacun jugé dans le cadre de procédures différentes.

- Le 02 février 1820, à Saint-Omer, on guillotine un assassin de... 84 ans ! A l'opposé, en 1815 à Saintes et à Draguignan et en 1817 à Saint-Genis-Laval, ce sont des garçons d'à peine 17 ans qu'on exécute ; en 1817, à Besançon, c'est une fille de 17 ans (et sa soeur aînée de 19 ans) qui finit sur l'échafaud.

- Dans le cas des condamnations prononcées par les Cours Prévôtales, l'arrêt doit être mis à exécution dans les 24 heures. Si, souvent, on attend le lendemain pour accomplir la sentence, il arrive parfois que Dame Justice se montre pressée... Témoins, Pigeon et Soufflant qui périrent sur l'échafaud, place du Vieux-Marché à Rouen, à l'heure avancée de... 22h30 (nous étions le 1er juillet 1816, au "lendemain" du solstice d'été).

- Quelques actes d'état-civil de suppliciés manquent : oublis ou erreurs ? Il faut espérer que ce soit dans des départements où les archives judiciaires n'aient pas brûlé (comme ce fut hélas le cas dans l'Aisne, ou pour la cour criminelle de justice à Paris). On constate sur d'autres la curieuse mention "trouvé mort".

Certains départements n'aimaient visiblement pas exécuter ailleurs qu'au siège-même de leur cour d'assises. D'autres préféraient la justice aux quatre coins de leur territoire. Si on omet le Nord et le Pas-de-Calais, qui agirent ainsi jusqu'à la fin des exécutions publiques, on peut citer par exemple l'Ardèche (Meyras, Lamastre, Les Vans, Aubenas), la Drôme (Romans, Montélimar, Mirmande, Buis-les-Baronnies), l'Aisne (Saint-Quentin, Landifay, Landouzy, Le Nouvion-en-Thiérache, Guise), le Vaucluse (Le Thor, Bollène, Avignon, Apt, Sainte-Cécile, L'Isle-sur-Sorgue, Valréas). En 1817, avec les cours prévôtales, le Rhône pratiqua la méthode "dissuasive" à fond : en exécutant à Brignais, à Saint-Andéol, Charnay, Saint-Genis-Laval, Villefranche-sur-Saône et Ambérieux.

- Alors que la justice se rend à Montbrison, le 07 mars 1812, c'est à Saint-Etienne qu'on exécute le nommé César, enfant trouvé n'ayant jamais eu de patronyme officiel (je n'ai, pour l'heure, trouvé aucune autre exécution aux abords du stade Geoffroy-Guichard). En 1817 et 1818, c'est à Clermont-Ferrand au lieu de Riom qu'on choisit de dresser l'échafaud.

- Si la majorité des exécutions de Seine-et-Oise se déroulaient à Versailles, la guillotine fonctionna en 1819 à Mantes-la-Jolie, en 1820 à Étampes et en 1822 à Corbeil.

D'autres infos et confirmations à venir au fur et à mesure...

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Dernière édition par Nemo le Sam 25 Mar 2017 - 22:01, édité 2 fois
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ellenbeg
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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Sam 25 Mar 2017 - 15:14

Bonjour Nemo,
Merci pour votre travail très utile pour les chercheurs!.
A propos des exécutions multiples et des crimes distincts : un exemple parisien est celui de Gaspard et Marchandon, exécutés le 10 août 1885 à Paris. Il est intéressant de voir leur traitement : il sont réveillés séparément et successivement (17 mn d'écart), et exécutés de même (12 minutes), sans s'être croisés.
Lorsqu'il s'agit de complices, la pratique varie dans le temps et l'espace : je trouve fréquemment des cas où les suppliciés se retrouvent au greffe et peuvent même partager un dernier repas ensemble jusqu'au milieu du siècle ; mais de plus en plus à la fin du XIXe siècle et notamment à Paris, on évite les contacts.
Devant la guillotine, là encore pas de règle. On amène souvent le second en même temps, l'attente faisant partie du châtiment - et on lui fait parfois tourner le dos, ou l'aumônier s'interpose) ; mais à la fin du siècle on préfère le faire attendre à la porte de la prison (Rivière et Frey 1886 ) ou au greffe (Allorto et Sellier 1889, ou Demeaux et Jeulin, 1891).
Enfin les "grosses" exécutions multiples sont fréquentes en Algérie encore à la fin du 19e siècle (cf sextuple exécution à Azazga le 14 mai 1895).
Bonne continuation!
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Dim 26 Mar 2017 - 15:50

Des très belles découvertes, Nemo !


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centre013
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MessageSujet: blog culture et loisir   Lun 22 Mai 2017 - 14:11

Bonjour,

On ne peut pas compter le nombre d'exécution et tuerie réaliser sur cette terre à part celles que vous avez déjà indiqué. Actuellement, la législation de certains pays autorisent encore l’exécution ou les condamnées à mort. Auparavant, cette forme de criminalité fait partie même de culture locale dans certains pays. C'est triste mais c'est comme ça !
EN passant, j'aimerais partager avec vous le blog de centre-culturel.com

Cool
A très bientôt !
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Lun 22 Mai 2017 - 14:39

Bonjour et bienvenue centre013. Le lien :
centre-culturel.com
ne connecte pas.  pale

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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Mar 30 Mai 2017 - 15:59

Bonjour Adelayde,

Je viens de l'ouvrir à l'instant et le lien marche très bien. Peut-être que vous aviez un petit problème de connexion !
Si vous aviez d'autres questions, n'hésitez pas de m'écrire !


A très bientôt !
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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Sam 3 Juin 2017 - 12:54

En terme de record aux nombre de suppliciées , celui des Carmélites de Compiègne, doit être pas mal non plus ?
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Quelques exécutions particulières   Sam 3 Juin 2017 - 23:36

Exécution des seize carmélites

Elles sont guillotinées le 29 messidor an II (17 juillet 1794), à la barrière de Vincennes, sur la place du Trône-Renversé (ancienne place du Trône, dénommée ainsi depuis 1792, actuellement place de la Nation).

Les seize religieuses, conduites par leur supérieure, mère Thérèse de Saint-Augustin, quittent la prison vers 18 heures et prennent le chemin de la guillotine en chantant des cantiques tout au long du parcours (le Miserere, le Salve Regina). Vêtues de leurs manteaux blancs de religieuses, elles descendent des charrettes, puis se mettent à genoux et entonnent le Te Deum, prononcent le renouvellement de leurs vœux et chantent le Veni Creator. À 20 heures, les assistants du bourreau Charles-Henri Sanson viennent chercher la première, qui est aussi la plus jeune, sœur Constance de Jésus, une novice. Elle fait une génuflexion devant la mère supérieure pour lui demander la permission de mourir. En montant les marches de l'échafaud, elle entonne le Laudate Dominum (psaume chanté lors des fondations des carmels, avec la symbolique de fonder au Ciel une nouvelle communauté).

Les quinze autres carmélites sont exécutées ensuite. Sœur Marie Henriette de la Providence, l'infirmière, est l'avant-dernière ; la mère supérieure, mère Thérèse de Saint-Augustin, passe en dernier. Les chants des religieuses, durant leur parcours jusqu'à la guillotine, puis gravissant l'échafaud, impressionnent fortement la foule qui assiste en silence au transfert des religieuses et à leur exécution. « On ne saurait croire l'impression de respect que commandait le dévouement de ces généreuses victimes ; toutes soupiraient après le moment de leur sacrifice, toutes s'exhortaient à rester fermes et généreuses dans le dernier combat... ; elles avaient l'air d'aller à leurs noces. » (témoignage d'un employé de la prison).

Leurs corps et leurs têtes sont jetés de nuit dans l'une des deux fosses communes du cimetière de Picpus. Les dépouilles se trouvent encore dans le jardin des religieuses.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carm%C3%A9lites_de_Compi%C3%A8gne

*******

Le supplice des carmélites a été évoqué sur le forum :

http://guillotine.cultureforum.net/t2249-le-dialogue-des-carmelites?highlight=carm%E9lites

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