La Veuve

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 Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800

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Adelayde
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MessageSujet: Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800   Mar 14 Mar 2017 - 16:21

LES CHAUFFEURS DU LYONNAIS

PIERRE GRATALOUP DIT LE P'TIT MONSU (1773-1824
)

"Nous descendons tous d'un roi et d'un pendu", disait La Bruyère. Pour la version "pendu", nous sommes pourvus avec Pierre Grataloup dit le P'tit Monsu, funeste personnage qui sévit avec sa bande de chauffeurs de pieds à partir de la révolution de 1789 !

Pierre Grataloup a de multiples parentés indirectes avec Marc, la plus courte passant par sa belle-sœur Benoite Tissier (1758-1816) petite-fille de Louis Tissier (1697-1744) dont Marc est descendant direct à la 8ème génération.

Pendant la Révolution Française de 1789 et les années de gestation qui ont suivi, des brigands s’attaquent aux paysans en leur « chauffant » les pieds dans la cheminée, afin de leur faire avouer où ils cachent leurs économies.

Une bande de « Chauffeurs du Lyonnais » sévit dans les monts du Lyonnais dénommés « la Petite Vendée » et terrorisent la population. Ils y ont de nombreuses complicités car cette contrée abrite alors tout ce que la République a d’opposants (notables, royalistes, curés réfractaires, familles patriarcales). Toute la campagne lyonnaise, de Mornant à Vaugneray et de Beaunant à Saint-Symphorien-sur-Coise, vit dans l’insécurité.

Cette bande comprend une vingtaine de jeunes hommes, réfractaires à l’armée ou déserteurs, ayant pris le maquis dans les bois environnants (Saint-Martin-en-Haut, Yzeron, Montromand, Thurins et Duerne) et qui se mettent à attaquer les gens qui se rendent à Lyon à pied en passant par le Forez. Tous les prétextes deviennent bons pour leurs méfaits : vengeances familiales, règlements de compte d'amoureux prétendants, défense de la religion catholique, nostalgie des royalistes ! Les Chauffeurs du Lyonnais, en lien avec les Royalistes, attaquent même les diligences à Duerne.

Le centre stratégique de la Petite Vendée est Saint-Martin-en-Haut car c'est là qu'est né le chef des brigands, Pierre Grataloup qui organise de véritables conseils de guerre dans les ruines du donjon du vieux château de Rochefort, leur repaire. Ce choix n’est sans doute pas lié au hasard quand on observe, l’emprise des Seigneurs de Rochefort sur « les petites gens » de leurs terres. L’occupation du donjon est tout un symbole.

Pierre Grataloup qui est un meneur d'hommes, devient rapidement le chef de la bande. Il admire Mandrin qui est mort à peine 20 ans avant sa naissance. Il est né le 26 juin 1774 au hameau de Maintinieu. Il est surnommé en patois « le petit Monsu » (le petit Monsieur : petit par la taille mais Monsieur comme toute personne importante, tel un notable), surnom qui saisit les gens de crainte et d'effroi dès qu’il est prononcé, surnom d’un personnage mythique et redouté, d'autant plus insaisissable que personne n'a fait le lien entre l'honorable Grataloup et le terrible chef de bande. D'une intelligence exceptionnelle, fin stratège, dépourvu de tout scrupule, vigoureux et déterminé, il impose une discipline de fer à ses hommes.

Les bandits procèdent toujours de la même manière : ils arrivent la nuit tombée aux abords des fermes, après s’être assurés que tous les habitants se trouvent à l’intérieur. Ils y pénètrent et réunissent domestiques, fermiers, mari, femme et enfants. Ils font main basse sur la nourriture et le vin et ils torturent le patron en festoyant. On ne compte plus les attaques des chauffeurs de pieds dans les fermes de la contrée. Pendant une dizaine d’années, il y en a quelques dizaines… certaines tournant même à l’assassinat.

Assassinat de la famille Piégay en 1798

En 1798, les chauffeurs veulent s’en prendre à Etienne Piegay pour lui voler son magot et ainsi se venger d'avoir épousé il y a 14 ans, une jeune fille de 29 ans sa cadette, qu'ils connaissaient ! Ils veulent aussi se venger de sa servante, Florie Fournel, qui a refusé plusieurs fois des demandes en mariage alors que le domestique Clément Dussurgey va bientôt l’épouser, écartant ainsi les derniers prétendants.

Dans la nuit du 3 au 4 brumaire de l'An 7 de la République (nuit du 24 au 25 octobre 1798), au hameau de Charézieu à Sainte-Catherine, les chauffeurs attaquent la ferme des époux Piegay. Ils procèdent avec leur méthode habituelle mais l’affaire tourne mal car le domestique et la servante, puis Etienne Piégay lui-même, reconnaissent plusieurs d’entre-eux. Ils décident alors de ne prendre aucun risque et neuf personnes sont assassinées dans des conditions particulièrement sanguinaires (toutes égorgées), la plus jeune ayant à peine 5 ans. Ce sont :

- Jean-Marie dit Étienne Piegay 66 ans et sa femme Antoinette Crozier 37 ans ;
- leurs 5 enfants : Jeanne 14 ans, Jean-Claude 12 ans, Ennemonde 10 ans, Jean 8 ans, Étiennette 5 ans ;
- leur domestique Clément Dussurgey et sa promise, la servante Florie Fourel 38 ans, de Saint-Martin-en-Haut.


La malheureuse famille Piégay est également présente dans l'arbre, Jean-Marie Piégay et Marc ayant en commun Jean L'Ayné Piegay (1639-1694), un aïeul à la 3ème génération pour Jean-Marie et à la 9ème génération pour Marc.

Comme il fallait s’y attendre, le petit Monsu a en fait assassiné des parents éloignés (3 fois par alliance) puisque le beau-frère Laurent Thollot (1744-1772) de sa belle-sœur Benoite Tissier (1758-1816) avait le même arrière-grand-père que Jean Marie Piegay !

Cette bande de malfrats est arrêtée lors de l’attaque de la ferme des Servannières vers 1800 grâce à un petit berger endormi dans la grange et que les bandits n’ont pas remarqué. Il alerte des habitants de Riverie qui viennent en découdre, furieux, avec les chauffeurs et les neutralisent. C’est enfin l’arrestation du Petit monsieur qui est guillotiné après un rapide procès, le 23 prairial an VIII (15 juin 1800) sur la place des Terreaux, à Lyon.

Mais le doute subsiste sur l’identité exacte du supplicié des Terreaux et une chape de plomb plane encore sur cette affaire car la religion, les notables et même les petits paysans étaient impliqués. Ces faits paraissent avoir été occultés du grand public et il semblerait même qu’une personnalité haut placée au gouvernement aurait fait détruire les archives du procès dans les années 1950 !…

Ce qui frappe aujourd'hui encore dans l'histoire des chauffeurs du Lyonnais, outre le déchaînement de violence qui l’a caractérisée, c'est l'incroyable témérité des malandrins, leur cruauté absolue, l'habileté parfois machiavélique de leurs forfaits et cette impunité totale dont ils jouirent pendant si longtemps. Tout cela, ils le durent à leur chef, un homme qui avait des aptitudes exceptionnelles pour le crime.

Pour en savoir plus sur cette affaire, procurez-vous le livre de Rémi Cuisinier :

http://remi.cuisinier.pagesperso-orange.fr/lepetitmons.htm


Source - http://www.webgt.net/cousins/celebrites.php?offset=7

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MessageSujet: Re: Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800   Mar 14 Mar 2017 - 16:49



Saint-Martin-en-Haut, où est né Pierre Grateloup, est le centre stratégique de la Petite Vendée.






Il organise de véritables conseils de guerre dans les ruines du donjon du vieux château de Rochefort, son repaire.






La place des Terreaux, à Lyon, lieu de l’exécution des bandits.

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MessageSujet: Re: Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800   Jeu 16 Mar 2017 - 23:27

LA FERME DES SERVANNIÈRES, THÉÂTRE D’UN FAIT HISTORIQUE
*******

Pendant la révolution de 1789 et encore quelques temps après, des brigands s’attaquaient aux paysans en leur « chauffant » les pieds dans la cheminée, afin de leur faire avouer où ils cachaient leur magot. Dans le Lyonnais on les appelait les chauffeurs du lyonnais. Cette bande de malfrats fut arrêtée dans la ferme des Servannières vers 1800.

Les bandits procédaient toujours de la même manière : ils arrivaient la nuit tombée aux abords des fermes, après s’être assurés que tous les habitants se trouvaient à l’intérieur. Ils y pénétraient et réunissaient domestiques, fermiers, mari, femme et enfants. Ils faisaient main basse sur la nourriture et le vin et ils torturaient le patron en festoyant.

Cette nuit là, aux Servannières, un petit berger dormait dans la grange et les bandits ne l’avaient pas remarqué. Ce dernier, s’apercevant de la situation dramatique de ses patrons, descendit ventre à terre à Riverie pour réunir quelques habitants. Ils remontèrent dare-dare pour en découdre avec les chauffeurs :

« …mais soudain, sous de violentes poussées, la porte et les fenêtres s’ouvrirent avec fracas et une troupe de paysans furieux se ruèrent sur les bandits armés de haches, de fourches, de faux et de fusils avec à leur tête le petit berger… »

C
e fut l’arrestation entre autres du Petit monsieur, chef de la bande.

Une chape de plomb plane d’ailleurs sur cette histoire reprise dans un roman de Joseph Vintrigner.

La Révolution Française en ces années 1790 était en pleine gestation. Toute la campagne lyonnaise, de Mornant à Vaugneray et de Beaunant à Saint-Symphorien-sur-Coise, vivait dans l’insécurité.

À partir de 1798, consciente de l’insuffisance et de l’inefficacité de ses effectifs (les gendarmes de Saint-Genis-Laval sont connus, alors, pour trop aimer la bouteille) l’administration départementale lance de vigoureux appels aux citoyens pour organiser leur propre défense.

Les Monts du Lyonnais, que l’on appelle encore la Petite Vendée, abritaient tout ce que la République avait d’opposants. Ainsi notables, royalistes, curés réfractaires, familles patriarcales faisaient bon ménage. Le temps des règlements de comptes, des spoliations à bon compte et des petits larcins avait sonné, comme dans chaque période trouble que la France a traversé. La religion, les notables, l’aristocratie, les notaires, la justice et même les petits paysans semblaient mêlés à cette affaire.

En 1886, un roman avait été écrit et publié en feuilleton quotidien, dans un journal de tendance cléricale. On a mélangé le vrai et le faux, ce qui fait que la mémoire collective s’embrouillait.

Il semblerait néanmoins qu’un lampiste, Guillaume Toussaint Grataloux, aurait été guillotiné sur la Place des Terreaux à Lyon, le 23 prairial an 8 (15 juin 1800) payant ainsi pour ce que de nombreuses personnes avaient sur la conscience.

Toujours est-il qu’une personnalité haut placée au gouvernement aurait fait détruire les archives du procès dans les années 1950…

À lire donc deux livres qui relatent cette histoire :

- Le roman de Joseph Vingtrinier : Les Chauffeurs du Lyonnais
- Le livre de Rémi Cuisinier : Le Petit Monsu

http://www.servannieres.fr/page10.htm

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MessageSujet: Re: Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800   Lun 20 Mar 2017 - 14:52

LE PETIT-MONSIEUR OU LES CHAUFFEURS DANS LE LYONNAIS

(Revue du Lyonnais)


Pages 321 à 336

https://books.google.fr/books?id=cDwFAAAAQAAJ&pg=RA1-PA323&lpg=RA1-PA323&dq#v=onepage&q&f=false

**************

SUR LES TRACES DES CHAUFFEURS LYONNAIS AU CHÂTEAU ROCHEFORT

Ce jeudi 16 juillet à 14 h 30, dans les ruines du château de Rochefort, Rémi Cuisinier, écrivain régional, contera l’histoire de Pierre Grataloup, dit le « Petit Monsu », qui, avec sa bande de brigands, a sévi au XVIIIe siècle dans les Monts du Lyonnais.

Très actifs pendant la Révolution française

Pendant la Révolution française de 1789, des brigands chauffaient dans la cheminée les pieds des gens, afin de leur faire avouer où ils cachaient leur magot. Les gens en parlaient peu, car la religion, les notables, l’aristocratie, les notaires, la justice et même les petits paysans étaient mêlés à ces affaires.

Cette bande de pillards était commandée par Pierre Grataloup. Il est né le 26 juin 1774 au hameau de Maintigneux à Saint-Martin-en-Haut. C’était un homme à l’esprit vif, intelligent, ayant la parole facile, de petite corpulence, d’où son surnom de Petit Monsieur. Attaques de fermes, de diligences, assassinats, la petite bande emmenée par cet homme va sévir dans les Monts du Lyonnais, durant ces périodes troublées qui ont suivi la Révolution. C’était le temps où on appelait notre région « la petite Vendée », où l’on cachait les prêtres réfractaires dans les fermes pour dire la messe, où la population défendait la Royauté.

Après de nombreuses recherches, Rémi Cuisinier, auteur passionné, a levé le voile sur ces mystères. Il fera découvrir cette histoire dans un des lieux qui leur servait de cachette, et dédicacera son livre en fin de visite.



http://www.leprogres.fr/rhone/2015/07/13/sur-les-traces-des-chauffeurs-lyonnais-au-chateau-rochefort

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MessageSujet: Re: Les chauffeurs du Lyonnais - Pierre Grataloup "Le P'tit Monsu" - 1800   

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