La Veuve

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 Jacques-Pierre Heurtevent - Siméon-Michel Monsallier - 1885

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Adelayde
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MessageSujet: Jacques-Pierre Heurtevent - Siméon-Michel Monsallier - 1885   Jeu 26 Mai 2016 - 16:08

LES FAITS

Jacques Heurtevent - 36 ans, repris de justice. Tua dans la nuit du 20 au 21 janvier 1885, avec Pierre Monsallier, 59 ans, la veuve Pilon, 79 ans, à Saint-Aubin-sur-Algot pour lui voler de l'argent et des volailles. Tous deux furent condamnés à mort, et Monsallier grâcié.

Condamnations : 8 mai 1885
Heurtevent : exécuté le 18 juillet 1885 à Caen.

Source - Le site de Sylvain Larue / Nemo :
http://laveuveguillotine.pagesperso-orange.fr/Guillotinesite.html

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DOUBLE CONDAMNATION MORT

Jacques-Pierre Heurtevent, âgé de trente-six ans, habitant à Manerbe, près de Pont-L'Évêque et Siméon-Michel Monsallier, âgé de cinquante-trois ans, son commensal, ont comparu devant la Cour d’assises du Calvados sous l’inculpation d’assassinat et de vol.

Heurtevent et Monsallier ont assassiné à coups de bâton, pour la voler, la veuve Pilon, âgée de soixante-dix-neuf ans, habitant à Saint-Aubin-sur-Algot, village voisin de Manerbe. La malheureuse femme avait soutenu une lutte désespérée contre ses meurtriers qui la frappaient tour à tour et ne s'interrompaient que pour lui demander où était caché son argent.

En sortant de chez elle, ces misérables volèrent chez la veuve Duclos, à Saint-Ouen-le-Pin, deux poules et un coq, que la femme Heurtevent, avertie de leur provenance, fit cuire et qu'ils mangèrent tranquillement, au retour de ces deux expéditions nocturnes.

Heurtevent et Monsallier ont essayé de rejeter l'assassinat de la veuve Pilon l'un sur l'autre, mais les taches de sang trouvées sur leurs habits et les déclarations de la femme Heurtevent ont prouvé que les deux complices étaient coupables au même degré, aussi tous les deux ont-ils été condamnés à mort.

Quant à la femme Heurtevent, elle a été acquittée du chef de complicité de vol.

Le Petit Parisien, n° 3 121 du 15 mai 1885



Caen - Le Palais de justice


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L’EXÉCUTION DE HEURTEVENT

Ainsi que nous l'avons annoncé hier, l'exécution de Heurtevent a eu lieu à Caen.

Nous avons raconté le crime de cet assassin : avec un complice, nommé Monsallier, Heurtevent avait pénétré, au mois de janvier dernier, chez la veuve Pilon, rentière fort âgée, demeurant à Saint-Aubin-sur-Algot : il l'avait tuée et avait montré dans l'accomplissement de son crime une férocité inouïe. Heurtevent et Monsallier avaient été condamnés tous deux a la peine de mort par la Cour d'assises du Calvados à la session de mai.

Dans la journée de vendredi, le Procureur général reçut avis que le recours en grâce de Heurtevent était rejeté et qu'il y avait lieu de procéder à son exécution. Quant à Monsallier, sa peine a été commuée en celle de la réclusion perpétuelle.

Samedi, à trois heures du matin, le Procureur-général, accompagné du Procureur de la République et des substituts, pénétra dans la cellule occupée par Heurtevent et lui annonça le rejet de son recours.
A la fatale nouvelle, le condamné se mit à pousser des cris, à se lamenter en jurant qu'il n'avait pas tué la veuve Pilon et que Monsallier était le plus coupable.

On parvint à le calmer et il entendit la messe. Pendant la première partie de la messe, Heurtevent a été assez calme et s'est tenu constamment les coudes sur les genoux et la tête dans ses mains ; mais, vers la fin, il s'est remis de nouveau à crier, à hurler, disant qu'on allait faire mourir un innocent et pleurant « de se voir finir à trente-sept ans, à la fleur de son âge », disait-il.

Même scène pendant la toilette : Heurtèrent interpellait le bourreau et ne cessait de crier vengeance. On plaça près de lui du vin, du café ; mais il refusa tout, en disant qu'il faudrait qu'il fût bien lâche pour prendre quoi que ce soit. Puis, il se laissa lier sans résistance.
Alors, il demanda si on n'allait pas lui amener ses trois enfants. On a remarqué qu'il n'a pas dit un mot de sa femme, poursuivie comme complice du crime et acquittée.

Heurtevent, qui, durant tout le trajet, avait protesté de son innocence, descendit d'un pas assez ferme, toujours accompagné de l'aumônier de la prison. A la vue de la guillotine, il devint livide. Il trouva néanmoins assez d'énergie pour s'écrier une fois encore : « On fait mourir un innocent, je crie vengeance contre les jurés. »

Les aides du bourreau se sont emparés de lui, l'ont fait tourner rapidement et l'ont couché brusquement sur la planche.
Heurtevent a résisté, a voulu se relever, s'est débattu ; mais ses efforts ont été inutiles ; sa tête a été rapidement enclavée dans la lunette et est tombée, une seconde après, dans le panier.

Il était 4 heures 45 minutes du matin.

Immédiatement, le corps a été placé dans le cercueil et, sans simulacre d'inhumation, transporté à l’amphithéâtre de l'Ecole de médecine, où ont eu lieu des expériences.

Il n'y avait pas eu d’exécution capitale à Caen depuis treize ans.

Le Petit Parisien, n° 3 188 du 21 juillet 1885



La Promenade des Fossés Saint-Julien, lieu de l’exécution

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MessageSujet: Re: Jacques-Pierre Heurtevent - Siméon-Michel Monsallier - 1885   Sam 25 Juin 2016 - 18:00

LES EXPÉRIENCES DU DOCTEUR LABORDE SUR LE CORPS DE HEURTEVENT.
(De notre correspondant particulier)

Caen, 21 juillet. - Voici le résultat des opérations du docteur Laborde, sur le cadavre de Heurtevent, le guillotiné de l'autre jour.

Après avoir constaté des contractions sur plusieurs muscles, le docteur Laborde a procédé à l'excitation du nerf hypoglosse par l’électricité ; cette excitation a produit des mouvements de la langue très accentués.

Ensuite l'éminent médecin a introduit du sang de bœuf défibriné dans l'artère carotide gauche et mis la main droite en communication avec un chien vivant. Presque immédiatement le visage a repris sa coloration et le sang a coulé d'une blessure faite à la tête.

Une expérience relative à l'excitabilité cérébrale n'a pas eu de résultat.

Le Matin n° 513 du 22/07/1885

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