La Veuve

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 Philippe Giroux, criminel pour les beaux yeux de sa cousine - 1643

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Adelayde
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MessageSujet: Philippe Giroux, criminel pour les beaux yeux de sa cousine - 1643   Mar 19 Avr 2016 - 14:41

PIERRE GIROUX,
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LE PRÉSIDENT AU PARLEMENT DE BOURGOGNE DEVIENT CRIMINEL POUR LES BEAUX YEUX DE SA COUSINE
-------=-------

C'est une affaire très célèbre dans les annales judiciaires que nous évoquons. Elle a eu pour cadre Dijon à l'époque de Louis XIII et les faits se passent en 1634 dans l'enceinte du palais de justice et dans le quartier de la Préfecture. Elle concerne un homme d'une trentaine d'années en charge de très grandes responsabilités judiciaires, qui n'hésite pas à assassiner de ses mains son propre cousin germain, magistrat lui aussi, pour pouvoir vivre le grand amour avec la femme de celui-ci. Épilogue de cette histoire au champ du Morimont.
Vers le milieu du XVIIe siècle, vivaient à Dijon deux hommes qui semblaient unis à la fois par les liens du sang et la parité des fonctions : l'un Pierre Baillet, d'une grande famille ancienne et illustre, président de la Cour des comptes de Bourgogne ; l'autre Pierre Giroux, d'une noblesse plus récente, avait succédé à son père Benoît Giroux dans sa charge de président à mortier au Parlement.


HOMME ARROGANT ET HAUTAIN

Pierre Giroux était un homme puissant à la cour comme à la ville, familier du gouverneur de la Province Henri de Condé. Ayant épousé Mlle Legoux de la Berchère, la propre fille du Premier président, il devient lui-même président à mortier du Parlement. Possédant de vastes domaines, menant grand train de vie, on l'a décrit érudit et lettré. Encore qu'à son âge il avait encore beaucoup à apprendre. Ce qui est certain est que cet homme, connaissant tous les secrets des autres, intrigant, avait un caractère arrogant et hautain, ne connaissait ni les scrupules, ni le remords et il n'était pas homme à refreiner ses passions. Il aimait les femmes et surtout Marie Fyol, femme de son cousin Pierre Baillet. L'amour et les charmes, tout comme la rare beauté (extérieure) de Mme Baillet hantaient ses jours et ses nuits. D'abord un regard, puis un rendez-vous furtif, des lettres, des serments : tout cela ne pouvait suffire à combler cet amour passionné voire débridé. Il voulait que cela devienne public, il voulait donner son propre nom à la femme d'un autre. Une folie car il était aussi marié. Seule solution (criminelle) pour y arriver : la disparition des gêneurs. Pour y parvenir, il n'hésitera pas à employer les grands moyens.

GUET-APENS À VAL-SUZON ET À BRESSEY

D'abord il veut neutraliser, effacer son cousin, comme diraient aujourd'hui les hommes des services secrets. Le meilleur moyen : le guet-apens. Le premier aura lieu dans les bois du Val-Suzon et sera organisé directement par l'un des plus fidèles serviteurs de Giroux, Denis Cartaut, dit Saint-Denis dont on parlera plus loin. Celui-ci se transformera d'ailleurs en agent recruteur d'hommes susceptibles d'accomplir ce genre de besogne et qui n'éprouvent pas de remords à la dernière minute. Ce fut pourtant le cas à Val-Suzon. Et cependant les trois hommes et leur chef, un paysan de lux, avaient reçu 22 pistoles pour accomplir le forfait. Malgré cette somme rondelette, ils n'ont pas pu faire un sort à M. Baillet. Mais qu'à cela ne tienne. On remet ça du côté de Bressey où l'infortuné mari possédait des terres. Et cette fois, l'imprudent ou inconscient Giroux écrit une lettre scellée de cire noire de son propre sceau à l'un des bandits : "Tuez maître, laquais et chevaux afin que l'on n'en ait plus mémoire..." L'attentat allait donc être signé, mais il y a eu mieux. Pour bien montrer la passion de son maître, Saint-Denis avait bourré l'arquebuse en introduisant sur la balle une lettre d'amour de Giroux à sa cousine. Mais l'attentat échoue à nouveau. Devant tant de gaspillage, l'intéressé décide de prendre les choses en main.

SON ÉPOUSE MEURT EMPOISONNÉE

Et la pauvre Mme Giroux dans tout cela ? On l'imagine bien seule en train de se morfondre en son hôtel de Chabot-Brion. Mais voilà qu'en plus elle a le malheur de tomber malade, pas bien grave d'ailleurs, un simple malaise. C'est pourtant l'occasion rêvée pour son époux volage de l'éliminer. Il fait venir de très loin, du fond de sa province, un individu qui se dit médecin, un certain Raudot, homme perdu de vices et qu'il (Giroux) sait capable de tous les crimes. Il s'agit en fait d'un empoisonneur sous contrat. Raudot s'installe chez les Giroux et dès lors il est le seul à être autorisé à approcher la maîtresse de maison. Et pendant que celle-ci, confiante, attend de guérir, son mari et Raudot préparent des poisons qu'ils expérimentent d'abord sur des animaux. Ayant enfin trouvé la potion qui pouvait la faire passer de vie à trépas, ils la lui administrent. D'étranges symptômes, une pâleur livide, des vomissements violents, l'isolement où elle est tenue laissent aisément deviner le mal auquel elle va succomber. Effectivement après une cruelle agonie, Mme Giroux expire dans les bras de sa mère qui avait réussi à pénétrer chez sa fille au prix de multiples efforts. Comme par hasard, le médecin personnel de Mme Giroux, M. Sineau, qui la soignait avant l'arrivée de l'empoisonneur, est aussitôt emporté par une mystérieuse maladie... Bien entendu, il n'y aura pas d'autopsie.

"NE LE FAILLE PAS" !

Le jeune veuf, que personne ne plaint d'ailleurs, fait désormais semblant de se réconcilier avec son cousin ; il semblerait même qu'il a réussi à l'endormir, mais Pierre Baillet ne va pas tarder hélas, à se réveiller. Nous sommes au début du mois de septembre 1638. À cette époque de l'année, la plupart des membres du Parlement sont dans leurs terres. Giroux doit lui-même rejoindre la Bretagne non pas pour s'y reposer mais pour y répondre à une accusation de dix-huit crimes capitaux, portée contre lui par le conseiller au Parlement Saumaise de Chasans, son ennemi intime depuis le jour où celui-ci s'opposa à sa réception comme président. Par dépit et pour se venger, Giroux avait monté contre l'honorable conseiller une histoire de viol avec la complicité d'une jeune prostituée beaunoise qu'il fréquentait. Avant de quitter Dijon, Giroux doit donc rencontrer son cousin pour régler soi-disant diverses affaires et se réconcilier avec lui. La veille du jour de cette rencontre, le peu fréquentable président est aperçu la nuit sous le cloître de Saint-Etienne, dont la porte donne sur la place du Théâtre, en face de la rue des Bons-Enfants où Mme Baillet va le rejoindre. Quelqu'un entend la maîtresse de Giroux recommander à celui-ci : "Ne le faille pas" ! (ne le manque pas !)...

POIGNARDÉ DANS SON CABINET

Le lendemain 6 septembre 1638, le président Baillet, qui habite rue des Forges, se rend au Jeu de l'Arc en compagnie du receveur général des finances de Bourgogne ; puis il visite l'un de ses amis dont il avait refusé une invitation à souper parce qu'il devait se trouver à 20 heures précisément chez son cousin Giroux. On le voit passer, en effet, ce soir-là, devant l'église Notre-Dame, par un ciel étoilé, à la clarté des feux de chenevottes allumés dans les rues à cette époque de l'année. Accompagné de son valet Neugeot, le président Baillet se dirige vers l'hôtel de son cousin et, proche de la croix de la Charbonnerie, il s'arrête un instant pour échanger quelques paroles avec la demoiselle Belot. Vêtu d'un long manteau, botté et éperonné, coiffé d'un chapeau à forme basse et portant une épée au côté, le mari trompé va se mettre dans la gueule du loup. L'un des laquais de Giroux, Pierre Devilliers, qui guette son arrivée, l'introduit aussitôt dans le cabinet où l'attend déjà le maître des lieux qui le reçoit d'ailleurs avec de grandes démonstrations d'amitié. Quelques minutes se passent ; puis, au moment où il prend congé de son cousin, Giroux le saisit du bras gauche, par la tête, comme pour l'embrasser, et le poignarde de l'autre main, tandis que son valet Saint-Denis se jette sur lui pour l'achever. Aucun cri, aucun bruit, n'a trahi ce meurtre. Le laquais du cousin y laisse aussi sa vie.

"C'EN EST FAIT, BELLE CHLORIS" !

Vers minuit, Giroux sort de son hôtel pour aller chez Mme Vigny, sa marraine, où Mme Baillet semble attendre sa venue. En l'abordant, il prononce à mi-voix : "C'en est fait, belle Chloris !" Le lendemain, dès l'aurore, avec une suite de quatorze laquais, Giroux sort en grand équipage des portes de Dijon pour se rendre en Bretagne, Mme Baillet l'accompagne jusqu'à Plombières où ils s'entretiennent durant une heure. Giroux reviendra de Bretagne quatre mois plus tard, après avoir gagné son procès contre le conseiller Saumaise de Chasans. Un arrêté du 5 janvier 1639 dira que Giroux et son père sont gens de bien et d'honneur, non notés des crimes et injures mentionnés au procès. Mais qui donc protège M. le président ?

En revenant à Dijon, il essaie de faire disparaître les preuves de ses crimes : le nommé La Valeur est envoyé en Saône-et-Loire où il est séquestré dans le domaine de son maître, puis envoyé servir en Provence. Saint-Denis, lui, est empoisonné à Chalon-sur-Saône où Giroux l'avait invité. En sortant des obsèques de ce malheureux en l'église Saint-Médard, la veuve entend Giroux dire à l'un de ses amis : "Voilà une affaire faite (...) allons boire un verre à sa santé"... Un seul des trois laquais nommé Desvilliers qui avait été témoin de la mort de Baillet et de son valet a été épargné et on se demande bien pourquoi ? En revanche, Me Humbert, un avocat que Giroux avait consulté, a disparu, tout comme le valet qui avait assisté à l'entretien. A l'époque, il valait mieux ne pas trop approcher ce président diabolique. Dix-huit mois se sont déjà écoulés après la disparition de Baillet ; Giroux se croit à l'abri car il n'y a pas de preuves matérielles et ceux qui pourraient en apporter ont, soit disparu prématurément, soit ils se taisent par peur du scandale. Devant la conspiration du silence, une première information est ouverte le 24 mars 1639 mais elle n'aboutit pas.

MME BAILLET MÈRE PORTE PLAINTE

Il a fallu qu'une femme de courage, la mère de Baillet, prenne l'initiative de déposer une plainte formelle entre les mains des gens du Roi. Une plainte à laquelle Chloris, veuve de la victime, a l'audace de s'associer pour demander au Parlement de punir un crime qu'elle a pourtant inspiré. Le 5 mars 1640, deux commissaires sont nommés. Une enquête est menée sous le contrôle de quatorze collègues de Giroux choisis dans les trois chambres. A partir de ce moment, la Cour souveraine soupçonne déjà le rang et même le nom du coupable. Elle décide même que chacun des magistrats prêtera serment, sur les Évangiles, de ne rien révéler de ce qui serait fait devant l'Instruction. Une des servantes est interrogée, reste plus qu'évasive. Elle est enfermée à la Conciergerie jusqu'à nouvel ordre. Son patron proteste, continue d'intriguer, tente d'acheter le silence de la veuve Saint-Denis. La justice suit son cours et le 11 juillet un arrêt ordonne que celui qui n'est encore qu'un suspect soit pris de corps pour absence, meurtre ou perte du président Baillet et de son domestique Neugeot. Il est arrêté et conduit à la Conciergerie du Parlement où il va rester détenu jusqu'au mois de novembre. Il est alors emmené au Château de Dijon afin qu'il fut procédé contre lui avec plus de sûreté et suivant la rigueur de la loi.

CORPS ENFERMÉS DANS UN "SALOIR"

Les interrogatoires et les confrontations vont ensuite se suivre, mais Giroux tentera de gagner du temps en faisant fabriquer, par un avocat de Savoie de passage à Dijon et par un procureur au Parlement, de fausses lettres patentes du roi Louis XIII afin que le procès ait lieu au Parlement de Pau. Il tente aussi de s'évader du château en essayant de soudoyer un compagnon de captivité Simon du Magny, soldat comtois, qui révèle tout au gouverneur. Giroux a failli le tuer à coups de ciseaux. Ce fut d'ailleurs le dernier crime qu'il tentera de commettre.

La procédure dure déjà depuis trois ans... il faut accélérer. Le 16 novembre 1642, on nomme un président à mortier de Metz pour diriger l'instruction, les influences locales restant très fortes encore ! L'avocat général le plus ancien, Xaintonge, est chargé de requérir au nom du Roi. Les choses vont aller plus vite. On soumet à la question (torture) plusieurs des anciens domestiques de Giroux et on finit par obtenir des aveux. On apprend ainsi par eux que, quatre mois après leur assassinat, les cadavres de Baillet et de son laquais avaient été retirés de la fosse d'aisance ("petits privés") où ils avaient été jetés - l'endroit avait été muré par un maçon - pour les enfermer dans un grand saloir muni d'une serrure. Celui-ci avait été transporté de nuit chez Mme de Vigny. C'est là, dans une salle basse de sa demeure, que les commissaires du Parlement trouvent cette preuve accablante de la culpabilité de l'accusé : les squelettes de Baillet et de son serviteur enfermés dans deux sacs de toile. En fait Giroux n'avait pas eu le temps de transporter les corps sur les terres du baron de Marey, ennemi personnel de Baillet. Encore une manœuvre pour détourner les soupçons.

L'ACCUSÉ AURA LA TÊTE TRANCHÉE

Pour confondre Giroux, on décide que les ossements soient apportés dans la Grande chambre du Parlement et que Giroux soit mis en présence de ses victimes. Le 2 mai 1643, Giroux en long manteau et en soutane noire est conduit du château au Parlement entouré d'une escorte de gardes armés et suivi de la foule. Il prend place sur une escabelle plus haute que la sellette ordinaire. Devant lui et, sur une estrade, sont posés les ossements. Giroux reconnaît avoir accusé faussement le conseiller Chasans d'un crime imaginaire mais nie farouchement ses propres crimes. Ses serviteurs se rétractent. Le 8 mai est dressé l'acte d'accusation devant la Cour, toutes chambres assemblées. Giroux fils est convaincu d'avoir tué cruellement et avec préméditation Pierre Baillet, son cousin germain, et Philippe Neugeot dit Beaudot ; d'avoir attenté d'assassiner Jacques Simon dit le Gaucher...

Le jour même où l'arrêt est rendu, Giroux se lève de bonne heure. Après avoir rédigé quelques lettres et rempli ses devoirs religieux, il demande publiquement pardon aux personnes qu'il a pu offenser pendant la durée de sa captivité. Puis, vers midi, le gouverneur du château, suivi d'une garde de 200 hommes, le conduit à la grande salle du palais où il subit un dernier interrogatoire devant le Parlement. Il reste égal à lui-même, hautain et dédaigneux. Il est privé de tous honneurs, charges et dignités. Ses habits de président lui sont ôtés par les huissiers de la cour...

On le mène ensuite à la Conciergerie où il entend à genoux la lecture de la sentence de mort sans manifester aucune surprise. Les huissiers lui arrachent la robe, le bourreau s'approche, lui lie les mains et le conduit devant la grande porte du palais pour faire amende honorable. Il est ensuite conduit devant la porte principale du palais et là, tête nue et à genoux sur le perron, tenant à la main une torche ardente du poids de quatre livres, doit faire amende honorable à Dieu, au roi et à la justice. Après quoi il devra être mené au champ du Morimont pour y avoir la tête tranchée. Ses biens sont séquestrés et confisqués. Il devra enfin payer 80 000 livres d'amendes et de réparation aux parties civiles et à certaines communautés religieuses.

Cette sentence ne retient pas les autres crimes. Ce fût là, devant la foule, qu'il fit éclater la plus grande douleur, la mort lui étant moins sensible que cet acte humiliant. Au milieu de ses sanglots on l'entend s'écrier devant la foule : "Ah ! ma main, faut-il que tu te soumettes à porter cette torche (...) O mon père, ô mon fils, ô mes parents, mes amis, que ne souffrirez-vous pas de cet affront qui va rejaillir sur vous tous..." Puis se ressaisissant : "Il faut obéir". Il est alors 17 h 30. Tandis que les cloches de toutes les paroisses tintent un glas funèbre, le lugubre cortège s'achemine lentement vers le champ du Morimont par les rues Bouhier, Vauban, Amiral-Roussin et Berbisey au milieu de la foule qui se presse, impatiente de contempler ce tragique et rare spectacle. Aux côtés du condamné il y a le curé de Notre Dame et deux Pères Minimes. Derrière suit la procession des moines et des confrères de pénitents en longues cagoules.

UNE LONGUE AGONIE

Arrivé à la chapelle du Morimont, Giroux se prosterne devant l'autel et, après avoir prié, demande comme suprême faveur que son corps soit transporté et inhumé dans sa terre de Marigny. Se relevant alors, il gravit d'un pas assuré les hauts degrés de l'échafaud sur lequel est placé un billot et reste agenouillé tandis que les pénitents chantent les litanies auxquelles il répond avec l'assistance. Le substitut Deschamps lui déclare alors qu'il avait ordre de savoir de sa bouche s'il reconnaissait avoir tué le Président Baillet, si la dame Baillet n'avait pas été sa complice et quels avaient été ceux qui l'avaient aidé". A ces questions, il répond "qu'il n'a rien à ajouter à ses premières déclarations" et il charge ce magistrat "de dire à M. Bossuet père, dont il croyait avoir à se plaindre, qu'il mourrait son serviteur.

Puis il se confesse de nouveau et présente sa tête au bourreau. Mais la hache, maniée par une main inhabile et tremblante, s'abattit cinq fois sur le billot avant qu'elle fut tranchée et, pendant tout le temps que dura cette horrible agonie, le curé de Notre Dame, pour tenir la promesse faite à Giroux, lui tient le crucifix appuyé sur le cœur. Jusque-là excitée et criant sa haine envers le criminel, la foule devait faire silence devant un tel spectacle. C'est devant un peuple respectueux et recueilli que deux pieuses filles, les sœurs Cazotte, s'approchent de l'échafaud pour ramasser la tête du supplicié qui avait roulé dans une boue sanglante. Elles ensevelissent le cadavre qui, dans la même nuit, est transporté dans cette terre de Marigny dont Giroux avait été le seigneur.

L'ÉPOUSE INFIDÈLE SAUVE SA TÊTE

Que sont devenus les complices et surtout la belle Chlodis ? Saint-Denis ayant été empoisonné par Giroux, il restait La Valeur et Devilliers. Le premier qui avait révélé tous les détails des méfaits de son maître sauva sa tête, le second est mort sur la roue après d'atroces souffrances. L'empoisonneur Raudot fut condamné aux galères. Quant à Marie Baillet, la Cour la condamnait par contumace le 2 août 1646 à avoir la tête tranchée au champ du Morimont et ce trois ans après l'exécution de son amant et huit après l'assassinat de son mari. Mais l'ex-Madame Baillet avait déjà refait sa vie avec un sieur de Maisonnet. Celui-ci obtint le 16 mai 1653 du Grand conseil du roi que le jugement de la contumace soit renvoyé au Parlement de Paris. Ce jugement sera purement et simplement révoqué...

=> Documents consultés:
- In "Un procès criminel devant le Parlement de Bourgogne au XVIIe siècle", Archives départementales de la Côte-d'Or, série BR. 11 031.
- "Procès criminel contre P. Giroux et ses complices 1 638-1 655", établi en 1681 par M.de la Cuisine, président à la Cour impériale de Dijon.
- "Dans mon village aussi l'on a de beaux assassinats", de Me Guy Tierry, avocat à la Cour.

=> Les principaux personnages
- Pierre Giroux, président à mortier au Parlement ;
- Pierre Baillet, président de la Cour des comptes, cousin germain du précédent ;
- Mme Giroux, née Legouz de la Berchère ;
- Mme Baillet, née Marie Fyol ;
- Denis Cartaut, dit Saint-Denis; Pierre Devilliers et Claude Bryot, dit La Valeur, domestiques de P. Giroux ;
- Neugeot, dit Beaudot, domestique de P. Baillet
- Dr Raudot : il empoisonna Mme Giroux ;
- Saumaise de Chasans, conseiller au Parlement, ennemi intime de Giroux ;
- Mme de Vigny, marraine de Giroux ;

=> Lexique
- Président à mortier : titre honorifique attribué aux plus hauts magistrats par le roi et symbolisé par une coiffure d'étoffe ressemblant à un mortier.
-Salle de la question : chambre de torture, la plus ancienne du palais de justice.
- Conciergerie : la prison du Parlement.

Le Bien Public - Les Dépêches. Charles MARQUES

http://www3.bienpublic.com/dossiers/decouverte/crime7.html

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MessageSujet: Re: Philippe Giroux, criminel pour les beaux yeux de sa cousine - 1643   Mer 20 Avr 2016 - 17:02

L'article du Bien Public est erroné : le président à mortier du Parlement n'est pas Pierre mais Philippe Giroux.    

Je le laisse en l'état mais je corrige l'intitulé du post








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Philippe Giroux, criminel pour les beaux yeux de sa cousine - 1643
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