La Veuve

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 L'assassinat du rentier belge Honoré Vermeersch, un mystère insondable

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Adelayde
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MessageSujet: L'assassinat du rentier belge Honoré Vermeersch, un mystère insondable   Jeu 28 Jan 2016 - 16:38

LE CRIME DU VÉSINET, UN MYSTÈRE INSONDABLE

L'assassinat du rentier belge Honoré Vermeersch dans sa villa du Vésinet

Le 18 juillet 1910, une affaire qui allait passionner le public français et belge pendant plusieurs mois fit son apparition à la une des journaux parisiens, d'abord sous forme d'entrefilet puis bientôt sur trois ou quatre colonnes.

Quatre mois plus tôt, mi-mars, un rentier du Vésinet, M. Honoré Vermeersch, âgé de soixante ans, habitant une confortable propriété sise 81, boulevard Carnot, à l'angle de l'avenue Horace Vernet, se rendait dans son pays natal, à Deynze près de Gand en Belgique. Le 30 mars, il quittait ses neveux pour revenir au Vésinet.

Dans sa villa, il avait laissé son jardinier-valet de chambre, un jeune flamand qui ne comprenait pas un seul mot de français, Adyle Vercruysse, âgé de vingt ans. Le domestique 'attendait le retour de son maître en compagnie de deux jeunes gens et d'une jeune femme que M. Vermeersch avait autorisés à rester chez lui en son absence quand une lettre vint de Belgique, à l'adresse du jeune Vercruysse appelé au chevet de sa mère mourante, en Belgique. Sans attendre son maître, Adyle Vercruysse partit. Quand, ayant trouvé sa mère en bonne santé, il revint au Vésinet, son maître n'était pas là et les jeunes gens, restés seuls dans la propriété, lui dirent que M. Vermeersch était revenu et aussitôt reparti. Adyle Vercruysse, après le départ des jeunes gens, trouva le temps long. Il avisa de cette situation anormale les trois neveux de son maître toujours invisible, MM. Marteans, Vermeersch et Van Wanhach, de Deynze, et ceux-ci arrivèrent peu après au Vésinet. L'affaire de la lettre adressée au jardinier-valet de chambre pour l'attirer en Belgique sous un prétexte mensonger, au moment même du retour de M. Vermeersch, leur apparut significative, et ils adressèrent une plainte au Parquet de Versailles, demandant à la justice de faire rechercher Vermeersch, le rentier qu'ils tenaient pour assassiné, en l'absence du jardinier-valet de chambre.

Au Vésinet, les avis étaient partagés: quelques uns croyaient à l'assassinat, tandis que d'autres plus nombreux restaient persuadés que M. Vermeersch s'était dérobé, en disparaissant, à divers ennuis. Il fallait attendre les résultats de I'enquête. Et celle-ci, menée dans deux pays s'annonçait difficile.

Le 28 juillet, une nouvelle piste indiquée à la justice, laissait entendre que peut-être M. Vermeersch était encore vivant. Mais des témoins dont les dépositions devaient, disait-on, faire sensation, firent défaut. M. Joseph Jooris et Mme Debroeck, les jeunes gens présents dans la maison au moment de la disparition, écrivirent de Bruxelles qu'ils ne pourraient se rendre à la convocation. Le défaut de M. Jooris et de Mme Debroeck était des plus fâcheux. Une commission rogatoire fut donc adressée au procureur du roi à Bruxelles pour les entendre. Le seul témoin qui se soit rendu à la convocation du juge était M. Gaston Dufour, qui donna des renseignements très précis au juge Côme, sur les diverses relations de M. Vermeersch et sur les tentatives qu'il avait faites pour vendre sa villa. Enfin, à en croire une lettre adressée de l'étranger au Parquet de Versailles, M. Vermeersch ne serait pas mort. Il aurait été retenu par la maladie et n'aurait pu sur le moment faire connaître son identité exacte. La presse jugeait cette hypothèse crédible, car le rentier du Vésinet avait déjà été frappé d'une attaque de paralysie.

Un an plus tard, le fin mot de l'histoire fit la une du Petit Journal : Crime du Vésinet - Comment le rentier Vermeersch a été assassiné[/b]

La découverte du corps de M. Vermersch a causé une émotion considérable, car la disparition du rentier du Vésinet avait eu un grand retentissement. Les polices du monde entier, depuis plus d'un an, avaient en leur possession le signalement de M. Vermeersch.

Royaume de Belgique
Tribunal de première instance de l'arrondissement de Bruxelles.
Cabinet de M. le Juge d'instruction Delandtsheer,
Dossier n° C.R. Correspondance n° 1587

~ Signalement ~
Le sieur Vermeersch Honoré, né à Deynze, 14 mars 1846, habitait, depuis plusieurs années, 81, boulevard Carnot, au Vésinet (Seine-&-Oise). Depuis la fin de février ou le commencement de mars 1910, il a disparu sans donner de nouvelles à qui que ce soit. D'après les renseignements fournis, il se serait rendu à Deynze où il aurait été voir notamment les époux Vercruysse, parents de son domestique Adyle Vercruysse. Il aurait quitté Deynze le 30 mars 1910 pour rentrer en France; il serait, en effet, revenu au Vésinet le soir même mais en serait reparti précipitamment le lendemain pour se rendre, dit-on, de nouveau en Belgique où le rappelait une lettre qu'il aurait trouvée à son retour au Vésinet. Depuis cette date du 31 mars, on perd complètement sa trace. Au moment de son départ, M. Vermeersch était vêtu d'un complet-jaquette gris foncé, d'un pardessus noir, bottines veau mat à élastiques — porteur d'un parapluie et d'une valise en cuir brun.




—Taille: 1 m 78 environ.
— Cheveux grisonnants avec calvitie à la partie supérieure du crâne
— Front fuyant.
— Yeux bleu.
— Nez ordinaire.
— Bouche ordinaire.
— Barbe grisonnante.
— Moustache grisonnante.
— Teint jaune.
— Figure ovale.
— Corps maigre.
— Signes particuliers : dos voûté.
— Du côté droit, au haut du front, une grosseur de la dimension d'une pièce de deux francs.


Le juge d'instruction soussigné prie messieurs ses honorés collègues et tous officiers de police judiciaire de prescrire des recherches aux fins de connaître la retraite du dit Vermeersch et de l'en informer immédiatement en cas de découverte. Inutile d'envoyer des procès-verbaux de recherches infructueuses.

Bruxelles, le 3 Août 1910,
Le juge d'instruction : Delandtsheer


Or, l'homme que l'on cherchait en France, en Belgique au Tyrol, au Maroc ... l'homme était tout simplement enterré dans sa villa du Vésinet, sous moins d'un mètre de terre, dans la plate-bande de son potager. La presse décrivit minutieusement la macabre découverte faite au mois de juin 1911, à la suite des déclarations d'une des protagonistes de l'affaire, Marie Debroecke. Les déclarations de cette dernière avaient relancé l'affaire. Interrogée une nouvelle fois par un agent de la brigade mobile de Paris, Marie Debroecke s'était proclamée innocente. Elle avait reconnu cependant qu'elle s'était trompée dans ses premières déclarations quand elle prétendait avoir raccompagné le rentier Vermeersch jusqu'à la grille de sa villa en compagnie de Jooris. Il y avait eu confusion disait-elle. Pressée de questions, elle dut se résoudre à avouer qu'elle avait fait cette déclaration terrorisée par Jooris. A la suite de ces contradictions, le juge d'instruction de Versailles fit procéder à de nouvelles recherches dans la villa et le jardin du Vésinet où le cadavre fut finalement découvert.

Le cadavre dans la fosse

"Quand le corps eut été retrouvé dans la tranchée creusée par les terrassiers, on alla prévenir le docteur Fleury, médecin-légiste, qui vint procéder aux premières constatations. Nous avons indiqué les résultats du premier examen fait par le médecin ; les détails qu'il releva: Le docteur descendit dans la fosse et constata ainsi que les bandelettes que l'on croyait attacher les jambes du cadavre n'étaient autres que des bas tricotés, d'origine flamande,et dont la décomposition avait rongé la trame; les deux jarretières qui retenaient les bas au-dessous des genoux furent bientôt retrouvées. M. Bossut, qui avait été, avec sa famille, employé chez le rentier monta dans la chambre de celui-ci et rapporta aux magistrat des bas, un gilet de flanelle et une chemise analogues à ceux qui recouvraient le corps. On était bien en présente du cadavre d'Honoré Vermeersch et, séance tenante, M. Perrussel fit procéder à la reconnaissance officielle du cadavre".



La découverte du cadavre dans le potager de la propriété de la victime
A gauche, le brigadier Van Langhenhoven, chef de la police municipale du Vésinet

"La protubérance que le disparu portait au front était fort visible sur le crâne. La moustache, la barbe avaient subsisté et plusieurs témoins, MM. Bossut, Barrault, Poirier, Puteaux, entre autres, furent formels. Le procureur de la République autorisa donc M. Barrault à dresser l'acte de décès. Aidé de quelques jardiniers de bonne volonté le docteur Fleury fit ensuite retourner le cadavre. A la hauteur des épaules, on remarquait un épanchement sanguin abondant dans lequel on recueillit le scapulaire que portait toujours M. Honoré Vermeersch. Sous le corps se trouvaient les débris d'une toile grossière mais épaisse; ce détail a retenu longuement l'attention des magistrats instructeurs, car il semble établir que le cadavre a été apporté là par deux personnes au moins qui tenaient les extrémités de cette toile; on ne s'explique pas autrement sa présence et il est fort peu probable que l'assassin eût cherché à protéger sa victime du contact de la terre".[/i]

Étranglé

"Quoi qu'il en soit, la mort de M. Vermeersch est bien due à la strangulation. La corde qui lui enserrait le cou a amené une suffocation immédiate. Les blessures observées au crâne, dans les côtes et à l'omoplate gauche ont été faites lorsque la victime était déjà, à terre et inanimée. Après l'enlèvement du corps, MM. Perrussel, procureur de la République, et Côme, juge d'instruction, procédèrent dans la villa même à de nouvelles constatations afin de déterminer si possible dans quelle pièce Honoré Vermeersch avait été assassiné et de retrouver les vêtements qu'il devait porter à son retour de Belgique. Mais l'immeuble avait été habité près de trois mois après le crime par Joseph Jooris, sa compagne, ses amis et enfin par Adyle Vercruysse qui n'avait ni soin, ni ordre. Le juge d'instruction après avoir saisi la valise que Vermeersch avait rapportée de Belgique le 30 mars 1910, divers des papiers et aussi une sorte de masse qui peut avoir été l'instrument du crime, a fait préciser à divers témoins l'état dans lequel se trouvait le potager l'an dernier. Le malheureux rentier avait été enterré, moitié sous une des petites allées bordées de buis qui séparent le potager, moitié sous une planche plantée de poireaux. L'assassin avait vingt-quatre heures devant lui avant le retour d'Adyle Vercruysse, parti, comme on l'a vu, le 30 mars 1910 à Bruxelles sur la foi d'une fausse dépêche et qui ne rentra que le 31 au soir. L'assassin avait dû enlever avec soin le buis des allées, les poireaux et avait dû placer la terre qu'il extrayait de la fosse sur des toiles pour ne pas laisser traces de son crime. Puis le corps déposé au fond, entre 80 et 85 centimètres environ à la tête et 70 aux pieds, le misérable, avec une rare présence d'esprit, avait remis le sable au fond, puis la terre molle au-dessus, remis en place plantes et bordures si adroitement que ni Adyle Vercruysse, le jardinier, ni M. et Mme Paul Linder qui vinrent habiter la villa à partir du 1er avril, ne soupçonnèrent et ne constatèrent rien d'anormal."

Les pistes de l'enquête

Les enquêteurs quittèrent la villa du Vésinet dans la soirée, "et malgré la pluie battante, pendant longtemps encore, la foule ne cessa de stationner boulevard Carnot, commentant une prétendue arrestation de l'assassin au Vésinet même. Il n'en était rien et la personnalité que l'on accusait, très peu discrètement du reste, fut mise complètement hors de cause par la justice peu après".

Le Parquet de Versailles, au reçu de l'avis de la découverte du cadavre, avait lancé par télégramme adressé au juge d'instruction de Bruxelles, un mandat d'arrêt contre Joseph Jooris qui avait regagné son pays d'origine. Deux autres mandats suivirent, l'un contre Adyle Vercruysse, l'ancien jardinier, et l'autre contre l'ex-domestique de M.Vermeersch et ancienne maîtresse de M. Jooris, Marie Debroecke.

"Le mandat d'arrêt décerné contre Adyle Vereruysse, l'ancien domestique de Vermeesch, n'a pu être mis à exécution à Deynze, parce que Vercruysse n'y habite plus. Il travaille maintenant à Trazegnies, près de Charleroi". L'ancien domestique, sera finalement retrouvé et arrêté à Grammenelez-Deynze. Marie Debroecke, arrêtée dès le 27 juin (1911) fut ramenée l'après-midi même à Bruxelles.

"Joseph Jooris, contre qui a été envoyé un mandat d’amener, est un jeune homme âgé de 25 ans. Son père est un riche brasseur installé aux environs de Bruxelles. En 1909, M. Jooris était à Paris. Sous le nom de Druve, accompagné de Marie Debroecke, qu’il donnait comme étant sa femme, M. Jooris essaya de faire des affaires. Il entra en pourparlers avec un marchand de couronnes, M. Linder, qu’il commandita de 6.000 francs. Mais l’entreprise ne réussit pas et les deux associés après avoir vécu ensemble, se séparèrent. Entre temps, Marie Debroecke avait mis un enfant mort-né au monde"

A ce moment, Jooris rencontra Honoré Vermeersch avec lequel il ne tarda pas à se lier intimement. Il devint le secrétaire-intendant du rentier et vint vivre avec lui au Vésinet. On sait comment l'inculpé, après avoir attendu en vain le retour de Vermeersch, au commancement d'avril 1910, retourna en Belgique. Depuis octobre 1910, Jooris et son amie vivaient séparés. L'ex-secrétaire habitait une chambre garnie, avenue Fousny, à Saint-Gilles, dans un faubourg de Bruxelles, et se disait agent industriel.

Quelques instants avant son arrestation, Joseph Jooris, à qui l'on venait d'apprendre la découverte du corps de son ancien ami, ne manifesta aucune émotion. "Il avait de bien bizarres fréquentations", dit-il simplement, en parlant de M. Vermeersch. "A cause de cela je n'avais pas voulu accepter d'abord la place de secrétaire qu'il me proposait. Une fois au Vésinet, je n'eus plus qu'une pensée, celle de le quitter. Quand il partit faire son prétendu voyage et que je revins au Vésinet, je ne remarquai rien d'anormal."

Joseph Jooris dit avoir eu l'intention de se rendre au Palais de Justice pour se mettre à la disposition du Parquet, mais, malheureusement pour sa cause, il fut arrêté avant d'avoir eu le temps d'accomplir son projet. Interrogé, il déclara qu'il ne comprenait rien à la découverte du corps de Vermeersch. Selon lui, Vermeersch aurait été assassiné en dehors de sa villa. On aurait enterré plus tard son cadavre dans le potager, pendant l'une de ses fréquentes absences, car il se rendait souvent à Paris. Il prétendit qu'il ne savait rien d'autre. Par ailleurs, l'extradition ne pouvait avoir lieu, Jooris étant de nationalité belge.

L'ex-associé de Jooris, Paul Linder, déclara, en apprenant l'arrestation de son commanditaire: "Cela ne m'étonne pas, et l'arrestation de Joonis est pour moi un grand soulagement. La découverte du cadavre de Vermeersch met fin à cette troublante énigme du Vésinet. J'étais sûr d'ailleurs que l'on retrouverait un jour le corps du disparu".M. Linder parut étonné, en revanche, en apprenant que Vercruysse, l'ancien jardinier, était, lui aussi, inculpé.

L'arrestation de Joseph Jooris

Les charges les plus lourdes pesaient, en effet, sur le jeune ami d'Honoré Vermeersch. Lorsque Adyle Vercruysse avait reçu la carte postale, portant un timbre belge et datée de Deynze, le rappelant auprès de sa mère rnourante, Jooris avait encouragé le jeune flamand à partir, lui affirmant que Vermeersch ne rentrerait pas avant trois semaines. Or, Vermeersch avait écrit à Jooris qu'il rentrait le 30 mars et celui-ci alla attendre son patron à la gare du Vésinet à l'heure dite. Jooris affirma ultérieurement à divers témoins et aux magistrats belges que le rentier était reparti le 30 mars au soir, déclaration que la découverte du cadavre, infirmait définitivement.

L'accusation reprochait de plus à Jooris d'avoir fait disparaître la carte postale laissée par Adyle sur une table. A une complicité, possible toutefois, en Belgique, on préférait croire que l'assassin avait collé un timbre oblitéré sur une carte postale remplie en déguisant son écriture et mise ensuite dans la boite aux lettres de la villa. Les facteurs du Vésinet n'avaient pas, souvenir d'avoir apporté une carte postale le 29 mars 1910 à l'adresse d'Adyle Vercruysse.

Enfin, au cours de l'enquête menée discrètement en Belgique, par les inspecteurs de la première brigade judiciaire de la Sûreté générale, on apprit que Jooris, sans ressources aucunes à l'époque du crime, aurait dépensé, après son départ du Vésinet, notamment au cours d'une excursion en Alsace et en Lorraine avec une jeune femme, une somme "considérable". Or, M. Vermeersch, au moment de sa disparition, était porteur d'une somme de 55 000 francs, montant des fermages qu'il avait touchés en Belgique. M. Jooris, en qualité de secrétaire, ne devait pas ignorer ce détail.

Et si l'on ajoutait qu'à ce faisceau de charges, il convenait de tenir compte des déclarations de l'ancienne amie de Jooris à la justice belge, spécifiant que le cadavre du disparu était caché dans la villa du Vésinet, on conçoit que le Parquet de Versailles n'ait pas hésité un instant à télégraphier un mandat d'arrêt contre Joseph Jooris. L'assassin présumé, sujet belge fut arrêté en Belgique. Il ne pourrait être justiciable que de ses tribunaux nationaux, donc au cas où Jooris serait bien l'assassin, la justice belge, et non le jury français, serait seule compétente.

Les journaux avaient bien du mal à clore ce fait divers et ils exploitèrent les moindres zones d'ombre qui subsistaient: "Il y avait presque autant de monde ce matin là que la veille à la villa Vermeersch, au Vésinet. M. Vallée, administrateur provisoire de la fortune du disparu, était venu à la villa arrêter quelques mesures nécessaires. Il s'était rendu ensuite à la mairie du Vésinet, mais n'avait pris encore aucune disposition relativement aux obsèques, n'ayant pas encore eu connaissance des volontés de la famille à cet égard. Dans la villa même, le brigadier Van Langhenhoven a recherché une dernière fois les vêtements que portait Honoré Vermeersch le jour de sa rentrée de Belgique: chapeau, pardessus, veston, gilet, pantalon, chaussures sont restés introuvables. Sous la direction de M. Cordier, les jardiniers ont exploré et fouillé encore le parc et le jardin, où ces vêtements auraient pu être enfouis. Les cendres du calorifère ont été réexaminées avec soin. On n'y a pas retrouvé traces de boutons ou de ferrures des chaussures" ...

Les jardiniers ont commencé à remettre le parc et les potagers en état. La presse reste sur le qui-vive: "Avant de refermer la maison d'habitation, le brigadier de police du Vésinet a mis de côté, à la disposition du parquet de Versailles, le râtelier en or, des débris de vêtements et des cheveux dont on ne s'explique pas la présence, en quantité abondante, dans la fosse d'aisances".

La foule, au dehors, commentait l'arrestation à Bruxelles de Joseph Jooris. On se souvenait maintenant que "dans la journée du 31 mars, quelques heures avant le retour d'Honoré Vermeersch, des voisins avaient vu Jooris travailler dans le jardin, contrairement à son habitude.Sondait-il seulement le terrain pour y trouver un endroit propice à ses desseins, ou creusait-il déjà la fosse dans laquelle il allait déposer la nuit suivante le malheureux rentier qui allait rentrer bientôt pour tomber dans le fatal guet-apens? Ce fait seul, établi par l'instruction, prouve surabondamment la préméditation".

A Versailles, M. Côme, juge d'instruction, constitua un volumineux dossier de quelques 350 pièces pour le transmettre à ses collègues du Parquet de Bruxelles.

À suivre...

http://www.histoire-vesinet.org/vermeersch.htm

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MessageSujet: Re: L'assassinat du rentier belge Honoré Vermeersch, un mystère insondable   Jeu 28 Jan 2016 - 16:40

LE PROCÈS DE JOSEPH JOORIS À BRUXELLES

Au mois de juillet 1912, devant la Cour d'assises de Brabant, s'est déroulé le procès de Joseph Jooris, accusé du meurtre de Honoré Vermeersch. Les débats, riches en rebondissements et surprises ont été suivis par la presse parisienne, en particulier par le correspondant particulier du Figaro, Gérard Harry dont les chroniques sont reproduites ici.

Bruxelles, jeudi 18 juillet

Le sexagénaire rentier flamand Vermeersch, dont le mystérieux assassinat a été aujourd'hui et sera demain et durant trois ou quatre audiences le thème des débats de la Cour d'assises du Brabant, il y a quelques années, vint jouir de ses rentes au Vésinet, dans une pimpante villa de l'avenue Carnot [81, boulevard Carnot, à l'angle de l'avenue Horace Vernet].
L'acte d'accusation dressé contre les prévenus Joseph Jooris et Marguerite Debroeck, dira même que le peu méfiant rentier belge quittait souvent, sans souci des cambriolages possibles, sa jolie thébaïde de Seine-et-Oise, pour pérégriner au loin, on ne sait où, laissant sa maison à la garde d'un jeune et unique domestique, Adyle Vercruysse, Flamand comme son maître. Et son insouciance même et la facilité avec laquelle il accueillait chez lui les premiers venus, des compatriotes surtout, explique le terrible dénouement de son existence. Du moins, d'après l'accusation, dont je vais vous résumer la version.

Les faits, selon l'accusation

En mars 1910, Vermeersch hébergeait depuis quelques mois chez lui le Belge Joseph Jooris et la maîtresse de celui-ci, Marguerite Debroeck. Un jour, il les laissa en sa propriété du Vésinet, en leur annonçant qu'il allait en Flandre et qu'il rentrerait vers le 30. Durant cette journée du 30 mars, avant le retour de son maître, le jeune domestique Adyle Vercruysse reçut une carte postale l'appelant d'urgence auprès de sa mère malade..
D'accord avec Jooris et Marguerite Debroeck, il partit pour la Belgique, mais revint deux jours après, la mine penaude. Il avait trouvé sa mère très bien-portante et fort étonnée de sa visite. La carte postale avait été l'oeuvre de quelque stupide mystificateur. Il s'enquit de son maître. Jooris lui raconta que Vermeersch était bien rentré de Belgique le 30 au soir, mais que, sa valise à la main, il avait repris dès le lendemain la clef des champs. Jooris se déclara même fort soucieux, Vermeersch, en repartant, ayant oublié de lui laisser de l'argent pour l'entretien de la villa.
Des jours, des semaines s'écoulèrent. Le vieux rentier ne donnait pas signe de vie. Jooris se sentait de plus en plus ennuyé et impatient, au surplus, de regagner la Belgique avec sa maîtresse Marguerite, ce qu'il fit les derniers jours de juin, après avoir écrit aux neveux de Vermeersch, pour les en prévenir. Vive émotion des neveux. Ils flairent quelque chose d'insolite et avisent le Parquet de Versailles. Celui-ci, perquisitionne dans la villa maintenant vide du vieux Flamand, sans rien y relever d'anormal. Et le 1er juillet, on respire tout à fait, le maire du Vésinet ayant reçu une dépêche signée Vermeersch et annonçant son retour pour le lendemain. Il n'y a donc eu, de sa part, qu'une des fugues dont il est coutumier et qui voilent peut-être certaines aventures peu avouables.
Seulement, le lendemain et plusieurs autres lendemains se passent sans ramener le vieillard. Les soupçons renaissent des bruits sinistres circulent. Jooris, interviewé à Bruxelles, ne se montre pas bien ému. N'est-il pas arrivé à Vermeersch de disparaître pendant des mois, pour visiter l'Algérie par exemple, et sans en avoir soufflé mot à âme qui vive? Et précisément les déclarations de deux des trois particuliers qui "croient" avoir reconnu il y a quelques jours Vermeersch à Bruxelles, ou lui avoir entendu dire qu'il projetait un voyage aux îles Canaries, achevèrent de dépister ou d'endormir la justice.
Et après un interrogatoire officiel et infructueux de Jooris, de sa maîtresse, et du domestique Adyle Vercruysse, également rapatrié en Belgique, on paraît désorienté tout à fait.
Et on en serait peut-être au même point aujourd'hui encore, si quinze mois après la disparition du vieillard, exactement le 26 juin 1911, des fouilles pratiquées dans le potager de la villa n'avaient amené la découverte du cadavre décomposé de Vermeersch sous un plant de haricots./justify]



Vue du jardin au Vésinet, où le corps d'Honoré Vermeersch a été découvert le 26 juin 1911.
Photographie de presse - Agence Rol n°14800 (1911) - BNF





Cadavre sur une table - corps d'Honoré Vermeersch découvert au Vésinet
Premières constatations de médecine légale dans la serre de la propriété par le Dr Fleury

Photographie de presse - Agence Rol 14799 (1911) – BNF

Plus de doute, le rentier flamand avait été assassiné et dépouillé. Arrestation immédiate en Belgique de Joseph Jooris, de son ex-maîtresse, désormais brouillée avec lui, et séparée de lui, et enfin du domestique Adyle Vercruysse. Celui-ci ne tardera pas à être rendu à la liberté. La mensongère carte postale n'avait-elle pas précisément eu pour but de l'éloigner du Vésinet, tandis qu'on assassinait son maître? Marguerite Debroeck, elle, dénonça formellement son ex-amant comme l'auteur du meurtre. Jooris nia tout avec une calme énergie, même au cours d'une longue confrontation avec son ex-maîtresse, se faisant fort d'établir son innocence devant les juges.
La justice, elle, l'incrimine principalement, ne relevant contre Marguerite que la prévention de recel des valeurs ou objets volés à la victime, la fragilité physique de la jeune femme semblant exclure la possibilité de sa participation à un assassinat et à l'inhumation clandestine d'un cadavre.
Voilà le "mystère" franco-belge du Vésinet. Le principal intéressé gagne, grâce à son retour en Belgique, à avoir des jurés et juges brabançons au lieu de juges français. A Versailles, c'est sa tête qu'il aurait à défendre. Ici, simplement sa liberté.

A la première audience qui a eu lieu aujourd'hui, lecture a été donnée de l'acte d'accusation. Il révéla certaines circonstances intéressantes, notamment que Jooris avait soustrait 22.000 francs à son père, lorsqu'il vint en France, en 1908, avec Marguerite Debroeck, et qu'il les avait englouti dans le commerce des couronnes mortuaires lorsqu'il fut recueilli par Vermeersch. Après la disparition de Vermeersch, Jooris vécut plantureusement, il empêcha obstinément le domestique Vercruysse de jardiner à l'endroit précis où on trouva plus tard le cadavre du rentier, et il fit disparaître la carte postale anonyme qui avait éloigné Vercruysse au moment du crime.
Jooris, robuste, brun, âgé de vingt-sept ans, l'air dégagé, oppose un silence systématique à l'interrogatoire du président des Assises, qui l'avertit que le jury interprétera très mal son mutisme.
Marguerite Debroeck comparaîtra simplement en correctionnelle pour recel, mais déposera comme témoin contre Jooris, qui ne lui apprit l'assassinat qu'après son accomplissement, mais qui le vit, d'après l'acte d'accusation, ensevelir le cadavre.
Le défilé des témoins a commencé par le juge d'instruction Delantsheere; il a déclaré que Vermeersch, débauché et usurier, fut condamné en 1900, en Belgique, à dix-huit mois de prison pour outrage aux moeurs. Il persista au Vésinet dans ces moeurs qui feront l'objet d'une audience à huis-clos. Le reste de sa déposition n'a rien appris de nouveau et l'audience a été levée.
Jooris est défendu par le célèbre avocat Bonnevie.

Bruxelles, samedi 20 juillet
L'audience d'aujourd'hui a débuté par l'interrogatoire d'Adyle Vercruysse, l'ancien domestique de Vermeersch. Ses réponses semblent incriminer Jooris comme l'auteur de la fausse carte postale qui le rappela en Belgique, auprès de sa mère soi-disant malade, tandis qu'on assassinait Vermeersch.
L'écriture de cette carte contrefaisait maladroitement celle de la soeur de Vercruysse.
Le témoin confirme que, rentré au Vésinet, il vit aux mains de Jooris plusieurs objets ayant appartenu à Vermeersch et qu'en compagnie des époux Linder, Jooris, Marguerite Debroeck et lui-même festoyèrent joyeusement. Vercruysse ayant engagé Jooris à signaler à la police là disparition de Vermeersch, Jooris répondit "Inutile le vieux est dans le Tyrol!"
Vercruysse confirme encore les scènes de jalousie faites à Mme Linder par Marguerite et il déclare aussi que Jooris lui fit des remontrances en le voyant ensemencer de poireaux et de haricots la partie du potager où plus tard on devait retrouver le cadavre du rentier.
La suite des débats a été ensuite renvoyée à lundi.

Bruxelles, lundi 22 juillet
L'audience commence par l'audition des témoins à charge. Ils sont nombreux, M. Schmidt, professeur au Conservatoire de Nancy, frère de Mme Linder, a connu Jooris en 1908. Jooris lui proposa une opération frauduleuse ayant pour but de soutirer des capitaux à son père. Jooris voulait faire divorcer Mme Linder pour l'épouser.
M. le docteur Botrelle dépose qu'il engagea des pourparlers avec Vermeersch pour lui conseiller de mettre 25.000 francs dans une affaire. Ces pourparlers n'ont pas abouti. Divers témoins constatent qu'en France Jooris se faisait appeler Linder, afin d'expliquer son intimité avec la femme de son associé.
M. Linder, voulant défendre son honneur, nie cette intimité. Il nie également que des "orgies" aient eu lieu au Vésinet après la disparition de M. Vermeersch. Cependant, après avoir attaqué vivement les journalistes qui, dit-il, lui ont fait beaucoup de mal, il reconnaît qu'avec sa femme, Marguerite Debroeck et Jooris, ils sont allés "faire la fête" dans des restaurants de nuit à Paris et que "on y a bu de bons vins". Jooris prétendait avoir hérité.
Mlle de Follard déclare qu'après la disparition de M. Vermeersch, elle demanda à Jooris des renseignements sur l'absence prolongée de son maître. Jooris détourna la conversation. Elle émit alors l'hypothèse d'un assassinat et d'un enfouissement dans le jardin. Jooris lui répondit en plaisantant "Voilà peut-être la bêche qui a servi à l'enterrer".
L'audience est levée à midi 45 et renvoyée au lendemain matin neuf heures.

Bruxelles, mercredi 24 juillet
Les débats sont repris après vingt-quatre heures de suspension, à la suite d'une indisposition du président des assises. On entend la déposition de Mme Linder, fort élégante et jolie. Elle se défend d'avoir été la maîtresse de Jooris, tout en reconnaissant qu'elle a été aimée par lui et qu'il voulut effectuer une opération financière irrégulière pour la conduire en Angleterre.
Elle proteste contre la légende exagérée des "orgies romaines" (sic) du Vésinet. Elle déclare que le domestique Vercruysse détenait les clefs de la cave, détail auquel le président et la défense semblent accorder une grande importance.
D'autres témoins racontent qu'avant sa disparition, Vermeersch recevait la visite de nombreuses personnes de moralité douteuse, qui mettaient la cave au pillage et volaient beaucoup d'argent : plusieurs témoignages établissent que, quand Vermeersch quitta la Belgique pour Le Vésinet, le 31 mars, il emportait une assez forte somme. La corde, dont les traces furent relevées sur le cou du cadavre, correspondait à celle d'une boîte également rapportée de Belgique par le rentier. Puis commence le défilé de témoins à décharge. Plusieurs notables de Lede, ville natale de l'accusé, déclarent qu'il eut toujours en Belgique une conduite exemplaire.
Des négociants qui l'employèrent après son retour du Vésinet et lui confièrent d'importantes sommes font son éloge. Deux journalistes bruxellois, qui allèrent lui annoncer la découverte du cadavre de Vermeersch, furent témoins de son sang-froid et déclarent qu'il se rendait spontanément au Parquet pour se constituer prisonnier, lorsqu'il fut arrêté. Enfin coup de théâtre un cultivateur de Lede déclare qu'il y a juste un mois, Marguerite Debroeck lui dit que Jooris était tout à fait innocent. La mère de Marguerite tint le même langage à un autre témoin. Vive sensation, et la Cour décide d'ajourner les débats à vendredi pour confronter Marguerite avec ces témoins.

Bruxelles, vendredi 26 juillet
Marguerite Debroeck a été confrontée aujourd'hui avec les témoins qui déclaraient mercredi lui avoir arraché, au cabaret où elle sert, l'aveu de l'innocence de Jooris. Elle les a contredits absolument. Elle donne à entendre que ces témoins lui furent dépêchés mais vainement par le père de Jooris, qui voulait faire innocenter son fils.
Les débats sont clos. M. Jottrand, avocat général prononce son réquisitoire ; il qualifie de manoeuvre louche les dépositions inattendues des émissaires de Jooris père auprès de Marguerite, et, ajoute-t-il, la dénonciation de celle-ci est d'autant plus digne de foi qu'en disculpant Jooris elle se disculperait personnellement comme receleuse de la dépouille de Vermeersch. L'avocat général insiste sur le point suivant: si l'assassinat de Vermeersch avait été l'oeuvre de tiers, ils n'auraient pas éloigné seulement le domestique Vercruysse par une fausse carte postale, mais aussi Jooris et Marguerite, lesquels d'ailleurs, misérables à la veille de la disparition de Vermeersch, sont riches dès le lendemain. M. Jottrand insiste également sur le silence de Jooris devant les juges. Un innocent trouve dans sa conscience des cris éloquents ; on prétendra vainement que Marguerite accuse Jooris par jalousie, puisque Jooris quitta Mme Linder pour revenir auprès d'elle, en raison du terrible secret commun.
L'avocat général réclame un verdict unanime de condamnation.
Dans sa plaidoirie, Me Bonnevie dit que c'est lui qui, par tactique, engagea Jooris au silence devant les juges.
On a noirci l'accusé abominablement, il ne vola pas 20.000 francs à son père quand il enleva Marguerite, c'était sa part dans la succession maternelle.
Le père de Jooris, ajoute le défenseur, estime tant son fils que lui-même pria Me Bonnevie de le défendre. L'accusation, expose-t-il ensuite, repose sur de pures hypothèses. Si Jooris dit vrai, Vermeersch rentra à Paris le 30 mars et repartit le lendemain pour un long voyage. Il revint probablement au Vésinet après le départ de Jooris et fut assassiné par des apaches avec lesquels ses mauvaises moeurs le mettaient en contact.
Me Bonnevie, qui explique hypothétiquement l'affaire de la carte postale, continuera demain sa plaidoirie.

Bruxelles, samedi 27 juillet
Me Bonnevie a continué aujourd'hui sa plaidoirie; l'accusation, dit-il, prétend que Jooris, parce qu'il avait en sa possession la clef de la cave de Vermeersch, après sa disparition, est nécessairement l'assassin. Or Mme Linder a prouvé que cette clef était celle du domestique Vercruysse, et le seul témoin accusateur est Marguerite Debroeck, fille dépravée, l'amie de Vercruysse autant que de Jooris. Et celui-ci l'abandonna par dégoût et par amour pour Mme Linder. Donc aucun secret terrible ne l'enchaînait à elle. Elle se vengea de son abandon en l'accusant tardivement, après la découverte du cadavre. Cette fille de rien, ajoute la défenseur, en quittant le Tribunal, rentra hier soir au village avec Vercruysse dans l'attitude d'une ribaude.
Me Bonnevie, qui a souvent de vifs colloques avec le président, lequel lui reproche sa prolixité, rappelle la récente affaire Agneessens qu'il plaida pour l'accusé et qui se termina par un acquittement malgré les présomptions plus fortes que dans le présent procès ; il réclame le même dénouement. Jooris pleure.
Après une courte réplique de l'avocat général, un nouveau colloque violent s'engage entre le président et Me Bonnevie que tous les avocats applaudissent. Le président les menace de mesures disciplinaires. Après une demi-heure de délibération, le jury rapporte alors un verdict d'acquittement. L'auditoire applaudit violemment. Le président fait évacuer la salle par la gendarmerie.

Le Crime du Vésinet reste un insondable mystère.

Fin.

http://www.histoire-vesinet.org/proces-jooris.htm

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L'assassinat du rentier belge Honoré Vermeersch, un mystère insondable
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