La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Marcel Grandoux - 1933

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5669
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Marcel Grandoux - 1933   Lun 21 Déc 2015 - 15:46

MARCEL GRANDOUX

--------------



Le visage de Marcel Grandoux figure parmi les 400 têtes d'Anatole
visibles sur le site de Boisdejustice


http://boisdejustice.com/Home/Main.html

--------------

LES FAITS

Marcel Grandoux - 24 ans. Voleur récidiviste, cherche à quitter la France discrètement avec son épouse et complice, Violette Mauvais, 25 ans - et aussi à commettre un nouveau coup. Dans le port de Toulon, loue le canot "Le Caprice" au patron de pêche M.Palma, le 27 avril 1932, et une fois au large, lui tire une balle de revolver dans le dos et le jette à l'eau, où il se noie. Durant l'agression, il vole le portefeuille de sa victime, qui contient 80 francs. Violette Mauvais sera condamnée à 20 ans de travaux forcés.
Condamnation : 27 juillet 1933,
Exécution : 15 décembre 1933.
Source - Le site de Sylvain Larue - Nemo

http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

--------------

L'assassinat du patron du canot « Caprice »

Les deux assassins du patron Palma, arrêtés, ainsi que nous l'avons annoncé, à Arles, ont été longuement interrogés. L'homme se nomme Marcel Grandoux ; il essaya tout d'abord de faire croire qu'une rixe était survenue en mer, mais il fut rapidement confondu par les enquêteurs, qui ont appris d'autre part que l'individu arrêté avait déjà volé des automobiles à Paris, et qu’il avait tué un agent parisien qui essayait de l'appréhender après un vol d'auto. Quant à la femme, née Violette Haudais (1), elle a fait un récit complet du drame, et a avoué que, voulant se rendre en Espagne avec son mari, ils avaient décidé à l'avance de tuer leur pilote. Le vol n'a rapporté aux deux misérables que 80 fr.

(1) Mauvais

Le Journal des débats politiques et littéraires, n° 119 du 29 avril 1932
--------------

L'assassinat du patron Palma. – On mande de Toulouse que l'information ouverte au sujet de l'affaire Palma est close. Grandoux et sa femme ont subi leur dernier interrogatoire au cours duquel il a été nettement établi que les assassins, en quittant précipitamment Paris où ils étaient traqués pour des méfaits divers, voulaient s'enfuir à l'étranger en canot automobile. Ils allèrent à Marseille où ils ne purent arriver à leurs fins mais où ils commirent de nouveaux vols, puis a Cassis et finalement à Toulon, où ils jetèrent leur dévolu sur le canot du patron Palma. La preuve de la préméditation est donc bien établie.

Le Journal des débats politiques et littéraires, n° 212 du 1er août 1932
--------------

L'assassinat du patron Palma

Marcel Grandoux, accusé d'avoir, le 26 avril, avec la complicité de sa femme, assassiné, à Toulon, le patron Palma, qui les avait conduits en promenade en mer, a comparu devant la chambre des mises en accusation d'Aix, qui a rejeté la demande en liberté provisoire qu'avait formulée l'assassin.

Le Journal des débats politiques et littéraires, n° 196 du 17 juillet 1933

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5669
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marcel Grandoux - 1933   Lun 21 Déc 2015 - 15:58



L’Homme Libre, n° 6 208 du 22 juillet 1933

--------------
L'HORRIBLE CHATIMENT
-----
Marcel Grandoux
l'assassin du patron Palma
a été décapité hier à Toulon
-------

Toulon, 15 décembre. - Marcel Grandoux, condamné à mort par les assises du Var, pour avoir assassiné en avril 1932 le patron de barque de pêche François Palma, a été exécuté ce matin à 6 h. 30 devant la porte de la prison civile de la place Saint-Roch. Il s'est montré très courageux sans forfanterie. Tablant sur la date déjà éloignée de sa condamnation prononcée le 21 juillet dernier, Grandoux espérait fortement qu'il serait gracié. Aussi ne manifestait-il plus de nervosité et ce matin il dormait profondément quand le procureur de la République a fait ouvrir sa cellule.

Aussitôt éveillé et comme le procureur s'avançait vers lui, Marcel Grandoux lui dit : « Je sais, je sais ; vous allez me demander d'avoir du courage. J'en aurai. »
« C'est cela », reprit le procureur qui alors put, sans être interrompu, employer la formule sacramentelle annonçant que le recours en grâce a été rejeté par le chef de l'État.

« Cela ne m'étonne pas »

Grandoux s'habilla tranquillement, murmurant assez haut : « Cela ne m'étonne pas. Cela devait arriver. »
Puis s'adressant au juge M. Roux, il lui demanda la permission de lui serrer la main, ajoutant : « De tous les magistrats que j'ai rencontrés, vous êtes le seul pour qui j'ai du respect. »

À son avocat qui lui parlait doucement, Grandoux dit : « Je n'Ignore pas votre dévouement. Je vous en garde une reconnaissance infinie. C'est pour vous que cela me fait de la peine, car pour moi... »

Il -demanda ensuite une tasse de café chaud. On lui offrit le verre de rhum traditionnel. Il le refusa : « Je ne bois jamais d'alcool, » dit-Il.
Depuis sa condamnation, Grandoux s'était converti à la religion protestante.

Enfin on vint chercher le condamné pour la levée d'écrou et la remise au bourreau. Mais Grandoux fit un mouvement en arrière « Attendez, s'écrie-t-il, j'oublie quelque chose. Un souvenir pour M° Franceschi. Je tiens à le lui remettre moi-même. » Et il se fit conduire vers la table de sa cellule, en ouvrit le tiroir et en tira un petit tableau : un paysage de rivière avec un moulin dessiné en pointillé et colorié.

On conduisit le condamné au greffe où l'attendaient Deibler et ses aides. Il demanda qu'on lui donne du papier, une plume et de l'encre. « Cela ne sera pas long, ajoute-t-il. Quelques lignes pour mon père quelques lignes pour ma femme ». Il écrivit en fumant deux cigarettes. Il remit les deux lettres au gardien-chef. Cela dura dix minutes. Enfin, se tournant vers Deibler et ses aides : « Messieurs, dit-il, je suis à vous ».

« La petite machine »

Le bourreau s'empara de Grandoux et procéda à sa toilette « Il fait froid ce matin, constata le condamné, et, vous savez, je crains le froid ». Les mains liées derrière le dos, les pieds attachés, Grandoux, la levée d'écrou étant signée, est emmené. On le soutient, mais il se raidit et veut marcher sans assistance.

La grande porte de la prison est ouverte : « Ah, la voilà, la petite machine », dit-il et, s'exprimant à la troisième personne, il ajoute : « Une minute et il est mort ». Ce sont ses derniers mots.

Quand il apparaît dans l'encadrement de la porte, il est très pâle, mais il semble se lancer de lui-même sur la bascule. À ce moment, Je bourreau pousse le déclic. Le criminel a payé sa dette à la société. Son corps a été transporté au cimetière central et enterré sans aucune indication dans un fossé creusé au bord d'une des allées principales de la nécropole.

À plusieurs reprises, le condamné avait formulé la volonté que, s'il devait être exécuté, son corps ne fût pas livré à la Faculté.
M° Franceschi avait télégraphié avant-hier au Garde des Sceaux pour demander de surseoir à l'exécution, car d’après lui, juridiquement, Marcel Grandoux devait répondre d'une accusation de vol et d'escroquerie. Hier la réponse de la chancellerie rejetait cette demande.

La justice bourgeoise n'avait donc plus qu'à infliger son horrible châtiment.

Le Populaire, n° 3 965 du 16 décembre 1933

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5669
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marcel Grandoux - 1933   Mar 22 Déc 2015 - 14:41



La prison civile de la place Saint-Roch

--------------



Extrait du registre d’écrou de la maison de justice de Draguignan (1932)

L'extrait concerne Violette Mauvais-Grandoux, condamnée avec son mari pour complicité
de vol d’un bateau de pêche suivi de l’assassinat de son propriétaire à Saint-Mandrier.
Son mari, Marcel Grandoux s'est vu infliger la peine capitale.

Source : Archives départementales du Var

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5669
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marcel Grandoux - 1933   Sam 9 Jan 2016 - 17:23

UN ASSASSINAT EN MER

Hier ont comparu devant le jury du Var les époux Grandoux, assassins du patron Palma, de Toulon. Rappelons les faits :
Le 26 avril de l'an dernier, vers neuf heures du matin, le batelier toulonnais François Palma, patron du canot à moteur Caprice, quittait le quai Cronstadt ayant à son bord deux touristes inconnus, un jeune homme et une jeune femme. On ne l'a jamais revu. A midi et demie, la parque, vide, était échouée sur la plage de Saint-Mandrier et le soir même les deux passagers, arrêtés dans un hôtel à Arles, avouaient leur crime.

Marcel Grandoux. 23 ans, et sa femme Anise, née Mauvais, 24 ans, avaient la veille cambriolé à Marseille M. Felici Mariani dont ils étaient le valet de chambre et la cuisinière : lestés de 250 francs et d'un pistolet de gros calibre, ils avaient gagné Toulon avec l'intention d'y trouver une barque et de passer en Espagne après en avoir tué le patron. Quand, ils furent au large, Grandoux, assis à l'arrière, tira dans le dos du marin. Le malheureux Palma n'était que blessé, il se jeta sur son agresseur, à qui la femme vint aussitôt en aide. Il les griffa, les mordit avant de succomber dans une lutte sauvage au cours de laquelle le bandit lui enfonça ses doigts dans les yeux.

Il finit par culbuter par-dessus bord et les deux assassins, renonçant à leur absurde projet, mirent le cap sur la presqu'île pour aller prendre le train à la Seyne.

Il est révélé à l'audience que Grandoux a un passé chargé et a subi cinq condamnations. L'assassin soutient qu'il a tué par jalousie, à la suite d'une courte rixe avec Palma. Il évoque ses « malheurs », qui sont ses méfaits, et il demande pitié :
Je me suis enlisé, dit-il, qu'on me pardonne. Tout ce qui peut m'appartenir doit aller à l'enfant de celui qui n'est plus. Je demande pardon à sa veuve et à tous ceux que j'ai lésés. Je demande surtout pardon à ma femme, qui est innocente. C'est une enfant…
Cette « enfant » est une petite femme d’allure sournoise qui répond en larmoyant au président. Elle soutient aussi la thèse, inventée après coup, de la galanterie du batelier.
- Il m'a fait du boniment, dit-elle. J'ai rigolé. Alors Marcel est venu et ils se sont battus. J'ai mordu le marinier.
Le premier témoin est le docteur Fouques, aliéniste, qui définit ainsi l'état mental de Grandoux : « Un léger déséquilibre mental et une perversion instruite. »

Les époux Mariani, de Marseille, donnent les pires renseignements sur les associés et s'estiment heureux de leur avoir échappé. Plusieurs bateliers de Toulon font l’éloge du malheureux patron du Caprice. L'un d'eux, M. Beslin, déclare qu'il était impossible qu'étant donné le mistral qui soufflait en ce jour du 26 avril, Palma se soit distrait de son volant et de son moteur.

Au cours de la déposition de l'Italien Dinago, l'un des pêcheurs qui trouvèrent le canot à la dérive, un juré manifeste une opinion… Ce peut être un cas de cassation. Sur conclusions de la défense, la cour décide qu'un juré supplémentaire remplacera le juré fautif, auquel le président adresse une semonce.

Le Journal des débats politiques et littéraires, n° 200 du 21 juillet 1933
°°°°°°°°°°°°°°



°°°°°°°°°°°°°°

LES ASSASSINS DU PATRON PALMA

La cour d'assises du Var a entendu hier une vingtaine de témoins encore. Grandoux a accusé de mensonge le commissaire de police d'Arles et les inspecteurs qui l'arrêtèrent. Le dernier témoin a été la jeune veuve du patron Palma.
M° Miot a plaidé ensuite pour la partie civile. Il a retracé la scène du crime à grands traits. « Si le bateau, dit-il, à été retrouvé privé de son filin et de ses gueuses, c'est que les époux Grandoux s'en servirent pour ligoter le cadavre le lester ».
Aujourd'hui réquisitoire, plaidoirie et verdict.

Le Journal des débats politiques et littéraires, n° 201 du 22 juillet 1933

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5669
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marcel Grandoux - 1933   Sam 9 Jan 2016 - 17:49



Draguignan, 21 juillet. - L'audience de la Cour d'assises est ouverte à 8 h. 30, sous la présidence de M. Gesta, conseiller à la Cour d'appel d'Aix, pour la suite des débats du procès de Marcel Grandoux et de son épouse Violette Mauvais, accusés de l'assassinat, au large de la rade de Toulon, du patron François Palma, et accompli sur le bateau de celui-ci, « Le Caprice », barque de plaisance à moteur.

Berenguier dépose des conclusions sur un incident relatif à un témoignage concernant Violette Mauvais. M° Miot, de Toulon, au nom de la veuve et du fils de François Palma, réclame l'application du principe des dommages et intérêts, puis l'application de la peine la plus sévère pour le criminel et sa complice.

M. d'Argent, procureur de la République à Draguignan, se lève et prononce son réquisitoire, s'appuyant sur une solide argumentation pour démontrer la préméditation et le crime et pour caractériser le danger que constituent pour l'humanité des êtres aussi pervers que Marcel Grandoux. Il rappelle les méfaits, les escroqueries et les vols dont Grandoux s'est rendu coupable avant de devenir un criminel.

Le ministère public requiert contre Grandoux la peine capitale car, dit-il, il n'a même pas droit à l'examen de la moindre circonstance atténuante. Il demande également une part de culpabilité pour Violette Mauvais et demande aux jurés de la frapper aussi d'une condamnation exemplaire.

Successivement, M° Berenguier, du barreau de Draguignan, pour Violette Mauvais ; M° Dolman, du barreau de Paris, et M° Franceschi, du barreau de Marseille, pour Marcel Grandoux, prononcent leurs plaidoiries qu'ils concluent suppliant le jury d'accorder des circonstances atténuantes aux deux inculpés.

La Cour d'assises du Var a condamné à mort Grandoux, pour assassinat en mer du patron François Palma.

La complice de Grandoux, Violette Mauvais, est condamnée à vingt ans de réclusion.

La partie civile, en la personne de Mme veuve Palma et son fils, obtient cent mille francs de dommages-intérêts. Les jurés ont refusé de signer un recours en grâce en faveur de Grandoux.

Celui-ci a écouté avec indifférence la lecture du verdict, puis a demandé à ses avocats. Mes Dollman et Franceschi, une entrevue au cours de laquelle il a déclaré que se basant sur divers incidents qui ont troublé le procès, il signerait son pourvoi en cassation.

Le Populaire, n° 3 818 du 22 juillet 1933

°°°°°°°°°°°°°°


_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Marcel Grandoux - 1933   

Revenir en haut Aller en bas
 
Marcel Grandoux - 1933
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Marcel Grandoux - 1933
» Marcel Albert
» Docteur Marcel Petiot - 1946
» Marcel Chevalier
» Paul Veteau - Jean Martin dit ''Gambetta'' - 1933

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: LES CONDAMNÉS À MORT-
Sauter vers: