La Veuve

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 Auguste Levang - Marguerite Reutenauer - 1944

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Adelayde
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MessageSujet: Auguste Levang - Marguerite Reutenauer - 1944   Jeu 26 Nov 2015 - 17:10

AUGUSTE LEVANG

LES FAITS


Auguste Levang - 25 ans, domestique de culture. Étrangla Mme Reutenauer le 15 mai 1943 à Xousse parce que celle-ci s'opposait à son futur mariage avec sa fille Margot, avant de voler ses économies. Marguerite Reutenauer, 18 ans, sa maîtresse et complice, est elle aussi condamnée à mort, vit son arrêt cassé. Rejugée à Saint-Mihiel en avril 1944, elle fut une seconde fois condamnée à mort, puis graciée.
Condamnation : 25 octobre 1943
Exécution : Fusillé dans l'enceinte de la maison d'arrêt de Nancy le 6 octobre 1944.

Source – "Guillotine", le site de Sylvain Larue / Nemo :

http://laveuveguillotine.pagesperso-orange.fr/Palmares1871_1977.html
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En temps de guerre, les informations qui se rapportent aux faits divers sont réduites à la portion congrue et, comble de malchance, les journaux du mois d'octobre 1944 ne sont pas disponibles à ce jour : je n'ai donc pas trouvé grand chose...  pale
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UNE FERMIÈRE EST ASSASSINÉE
PAR SA FILLE
AIDÉE DE SON AMANT


NANCY, 23 mai. - (Dép. Matin). Le parquet de Lunéville s'est transporté hier à Xousse (Meurthe-et-Moselle), où Mme Reutenauer avait été assassinée par si fille aidée de son amant, Auguste Levang.
Tandis que Mme Reutenauer était occupée traire une vache, Levang lui passa au cou un nœud coulant et tira violemment, réduisant sa victime au silence. La fille de celle-ci se jeta alors sur sa mère, lui Immobilisant bras et jambes. Lorsque les deux assassins eurent la certitude que leur victime était morte, Ils la dissimulèrent sous la paille de l'étable, puis s'en allèrent chercher un endroit où enterrer le cadavre que, la nuit venue, Ils chargèrent sur une charrette et enfouirent à environ dix-huit cents mètres dé la ferme. Les criminels avaient vraisemblablement l'intention de fuir, car leur premier soin fut de rassembler les économies de la fermière, soit 29.000 francs. Tous deux ont été arrêtés.

Le Matin, n° 21 414 du 24 mai 1943
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LES JURÉS DE NANCY
CONDAMNENT À MORT
UNE PARRICIDE ET SON AMANT


NANCY, 25 octobre. - (Dép. Matin). Deux odieux criminels : Marguerite Reutenauer, âgée de 18 ans, qui assassina sa mère, à Xousse, et son ami, Auguste Levang, 24 ans, son complice, ont comparu aujourd'hui devant les assises.
Levang, embauché en 1942 comme domestique, était devenu l'amant de la fille Reutenauer. Tous deux décidèrent de tuer la cultivatrice qui s'opposait à leur mariage. Le 6 mars dernier Ils l'étranglèrent dans une étable de la ferme et enfouirent le cadavre dans une sape.
Le jugement a été inexorable pour ces monstrueux criminels. Marguerite Reutenauer et Levang ont tous deux été condamnés à mort, et les jurés ont refusé de signer un recours en grâce en leur faveur.

Le Matin, n° 21 624 du 26 octobre 1943
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NANCY, 26. - Lundi ont comparu devant la Cour d'Assises de Meurthe-et-Moselle, Auguste Levang, 24 ans et sa maîtresse, Marguerite Reutenauer, 18 ans, qui, le 15 mai dernier, tuèrent Mme Reutenauer, mère de l'accusée, cultivatrice à Xousse, sous prétexte qu'elle s'opposait à leur mariage.
Levang, domestique chez Mme Reutenauer, avait, alors qu'elle était occupée à traire une vache, passé une corde au cou de la fermière et l'avait étranglée, pendant que sa maitresse se jetait sur elle pour lui immobiliser les bras et les Jambes. Les deux complices, après avoir dissimulé le cadavre sous la paille de l'étable, s'emparèrent des économies de la victime, 29.000 francs environ, et, la nuit venue, allèrent enterrer le corps dans un bois à 1.800 mètres de la ferme.
Après une courte délibération, le jury a rapporté un verdict affirmatif et les deux accusés ont été condamnés à la peine de mort.

L’Ouest-Éclair, n° 16 990 du 27 octobre 1943
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La maison ou habitait Marguerite Reutenauer "la petite Margot" et la brouette qui servit à transporter la victime...

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Dernière édition par Adelayde le Ven 3 Mar 2017 - 15:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Auguste Levang - Marguerite Reutenauer - 1944   Ven 3 Mar 2017 - 13:39

24 octobre 1943

LE CRIME DE XOUSSE SERA ÉVOQUÉ LUNDI PROCHAIN
DEVANT LA COUR D'ASSISES

*******

Les sessions de la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle sont de plus en plus courtes. Ainsi le rôle du quatrième trimestre ne comporte qu'une seule affaire, mais dont la gravité est telle que le ministère public demandera la peine de mort contre les deux accusés.

Il s'agit de Marguerite Reutenauer, 18 ans, qui assassina sa mère à Xousse, le 13 mai dernier de complicité avec son amant, Auguste Levang, âgé de 24 ans. Tous deux comparaîtront lundi prochain, à 14 heures, devant le jury.

Levang, qui est d'origine alsacienne, fut en octobre 1942 embauché comme domestique de culture par Mme Marguerite Reutenauer, 39 ans, veuve depuis peu de temps, et qui exploitait, à Xousse, petite localité du canton de Blâmont, une maison de culture assez importante, puisqu'elle disposait d'une quarantaine d'hectares de terres labourables et de prés, avec une dizaine de têtes de bétail et un cheval.

Mme Reutenauer avait trois enfants. L'aînée, Marguerite, née à Strasbourg d'un père inconnu ne fut légitimée que quand sa mère épousa six ans après Émile Reutenauer. De cette union naquirent deux garçons âgés actuellement de 7 et 4 ans.

Levang, assez, joli garçon, ne tarda pas à devenir l'amant de Marguerite Reutenauer déjà considérée comme une jeune fille précoce. Des incidents ne tardèrent pas à éclater entre eux et Mme Reutenauer.

Tout d'abord Levang, avec la complicité de Marguerite, déroba à sa patronne des provisions qu'il vendit pour acheter des bagues et autres objets en vue d'un mariage qu'il envisageait comme prochain. Mme Reutenauer, ne sachant qui la volait, déposa une plainte. L'enquête de gendarmerie révéla que le coupable était Levang, à qui le tribunal de Lunéville infligea, en mars dernier, 20 jours de prison.

A l'expiration de sa peine, Levang n'en revint pas moins travailler chez Mme Reutenauer qui, ayant besoin de main-d’œuvre, ne lui tint pas rigueur. Elle supporta également que sa fille Marguerite alla passer les nuits dans la chambre de Levang, mais dès qu'on lui parlait de mariage, elle ne voulait plus rien entendre et de violentes discussions éclataient.

C'est alors que, pour mettre fin au conflit familial, le domestique et sa maîtresse résolurent, d'un commun accord, de supprimer l'obstacle. Le 15 mai, vers 6 h. 30, Mme Reutenauer se trouvait à l'étable, occupée à traire une vache ; sa fille, à côté d'elle, épuisait le pis d'une autre Levang survint alors, à peu feutrés, porteur d'une longue corde, munie d'un nœud coulant. Il lança la corde sur les épaules de la cultivatrice et tira de toute sa force La malheureuse tomba en poussant un cri. Levang tira plus fort et réduisit sa victime au silence. La fille se jeta sur sa mère et lui immobilisa les bras et les jambes.

Quand la pauvre femme, étranglée, ne donna plus signe de vie, on dissimula le cadavre sous la paille de l'étable, puis les deux misérables allèrent déjeuner.

Ils s'en furent ensuite à la campagne, à la recherche d'un coin perdu où ils pourraient enfouir leur victime. Ils trouvèrent, à dix huit cents mètres du village, une sape non comblée, et c'est dans celle-ci que, la nuit venue, ayant placé le cadavre sur une charrette, ils le transportèrent avec la conviction de supprimer ainsi la preuve matérielle de leur épouvantable crime

Aux habitants de la commune qui s'étonnaient de la subite disparition de Mme Reutenauer, le domestique et sa maîtresse répondirent que la cultivatrice avait décidé de se retirer chez son beau-frère habitant une commune du Bas-Rhin

Le premier soin de Levang et de Marguerite après le crime fut de s'emparer des économies de la cultivatrice, dissimulées dans le coffre d'un fourneau, et qui se montaient à 29,000 francs.

La gendarmerie s'étant préoccupée de la disparition de Mme Reutenauer, obtint les aveux des coupables.

Levang est lui aussi un enfant naturel On croit que son père aurait été un prisonnier russe travaillant en Alsace pendant l'autre guerre. II a confié à Me Bourdault la lourde tâche de le défendre devant la Cour d'assises. Marguerite Reutenauer a chargé Me Robert Kalls de plaider pour elle. L'accusation sera soutenue par M. le substitut général Orsat, et c'est M. le conseiller Cuny qui présidera les débats.

L’Écho de Nancy

http://www.blamont.info/echodenancy1943.html

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MessageSujet: Re: Auguste Levang - Marguerite Reutenauer - 1944   Ven 3 Mar 2017 - 14:58

LE CRIME DE XOUSSE ÉVOQUÉ AUX ASSISES

DOUBLE CONDAMNATION À MORT

*******

Les graves soucis de l'heure présente ne semblent pas avoir atténué la curiosité du public pour les causes criminelles. Lundi après-midi, dès l'ouverture des portes, la grande salle des assises fut rapidement garnie d'une foule avide de suivre les procès des deux auteurs de l'effroyable crime de Xousse, sans doute parce qu'il est fort heureusement rare de voir au banc des accusés une jeune fille assez dénaturée pour avoir fait assassiner sa mère par son amant.

Marguerite Reutenauer, qui n'avait pas encore 18 ans au moment des faits, présente à la barre l'aspect d'une robuste fille de ferme, aux joues replètes et colorées. Tout en baissant la tête d'un air contrit, elle glisse de côté un regard sournois. Pour la circonstance, elle a eu la coquetterie de faire onduler ses cheveux châtains.

Son amant et complice, Auguste Levang, âgé de 24 ans, mince, élancé, est vêtu d'une vareuse bleue à fermeture éclair et d'un pantalon de cheval qui lui donnent une allure sportive. Ses cheveux, d'un blond roux, ses yeux enfoncés sous l'arcade sourcilière, son nez retroussé, ne démentent pas la version qui lui attribue comme père un russe prisonnier en Alsace lors de l'autre guerre

Les deux accusés sont enfants naturels. Marguerite Reutenauer n'a jamais su qui était son père. Elle avait, déjà sept ans quand sa mère, ouvrière d'usine à Strasbourg épousa Émile Reutenauer, qui acheta peu après une ferme de 40 hectares à Xousse, canton de Blâmont. Parlant surtout en dialecte alsacien, ne fréquentant pas l'église puisqu'ils étaient de religion protestante, les époux Reutenauer n'avaient pas beaucoup de relation avec les autres habitants qui les considéraient cependant comme des travailleurs acharnés et honnêtes.

Émile Reutenauer, qui était devenu le père adoptif de Marguerite, décéda en 1942. C'est pourquoi sa veuve se mit quelques mois après en quête d'un domestique de culture.

Levang, dont la mère est décédée il y a quelques années, se présenta et entra le 10 octobre 1942 au service de Mme Reutenauer. Les cultivateurs qui l'avaient précédemment employé ont donné sur lui des renseignements assez contradictoires. Interrogeant les accusés, M. le conseiller Cuny constate que Marguerite Reutenauer ne tarda pas à devenir la maîtresse de Levang.

M. le président. - Vous étiez une bonne ouvrière, mais on ajoute que vous vous étiez révélée précocement vicieuse et très autoritaire. Dès la mort du père, vous avez voulu diriger et commander, ce qui occasionnait des disputes avec votre mère vis-à-vis de laquelle vous vous montriez insolente et grossière.

Marguerite Reutenauer objecte qu'elle fut élevée très durement. Ses parents, prétend-elle, ne lui témoignaient pas la même affection qu'aux deux garçons âgés de 7 et 4 ans, nés de leur mariage.

Pendant quelques mois, Mme Reutenauer ignora que sa fille passait ses nuits dans la chambre de Levang. Quand elle l'apprit, il semble quelle s'y résigna facilement. Ce fut seulement, quand on lui parla de mariage que des discussions éclatèrent de plus en plus violentes.

Pour se débarrasser d'elle, Levang et Marguerite imaginèrent de la dénoncer comme ayant conservé un fusil de chasse. Belle occasion, pensèrent-ils, de prendre la direction de la ferme. Une perquisition eut lieu, mais le fusil resta introuvable Le coup était manqué. Les disputes reprirent de plus belle. Marguerite menaçait de se suicider si Levang partait Elle prétendit avoir droit à une part de la succession et alla consulter un avoué.

- Quand donc me débarrasseras-tu de ma mère, disait-elle à Levang.

Le 14 mai, nouvelle discussion entre Marguerite et sa mère, qui lui administra des coups de balai.

« Cela ne peut pas continuer ainsi, il faut qu'elle disparaisse, si nous ne la tuons pas, elle me tuera... », déclara la jeune fille à son amant. Cette fois, on convint de faire le coup le lendemain matin.

A 6 h. 30 alors que Mme Reutenauer procédait à la traite d'une vache. Levang, survenant derrière elle, lui passa une corde au cou et l'étrangla. Marguerite tenait les jambes de sa mère pour l'empêcher de se débattre.

Alors que les deux garçonnets dormaient, ils cachèrent, le cadavre. Le soir venu, ils le chargèrent sur une charrette et allèrent à 1.500 mètres de la ferme le jeter dans une sape. Pour expliquer la disparition de Mme Reutenauer, les accusés prétendirent qu'elle était allée voir sa sœur en Alsace. Les gendarmes enquêtèrent et recueillirent les aveux des coupables, qui s'étaient hâtés de s'approprier les 29.000 francs d'économies de Mme Reutenauer.

- Pourquoi l'avez-vous tuée ? demande M. le président.

- Parce qu'elle s'opposait, à notre mariage , répond Marguerite.

M. le président.
- Il semble bien aussi que vous avez agi par cupidité, vous aspiriez tous deux à exploiter la ferme.

Soumis à un examen mental, les accusés ont été reconnus entièrement responsables.

Levang, dans une lettre qu'il avait cherché à faire parvenir clandestinement à Marguerite, et qui fut interceptée à la prison, disait notamment « que les médecins aliénistes étaient plus fous que lui ».

M. l'avocat, général Orsat constate, dans son réquisitoire, que ce crime odieux serait peut-être resté impuni si une voisine n'avait pas entendu l'appel de secours poussé par Mme Reutenauer alors qu'on l'étranglait. Ce fut cette voisine qui éveilla les soupçons des gendarmes. Il requiert un verdict impitoyable. Me Bourjault, pour Levang, et Me Robert Kalls pour Marguerite Reutenauer, demandent à la Cour de tenir compte du jeune âge des accusés et du fait que tous deux, enfants naturels, furent élevés durement.

A 20 heures, la. Cour a rendu un arrêt condamnant les deux accusés à la peine de mort. Levang et Marguerite Reutenauer, qui n'avaient jusque là montré aucune émotion, versèrent alors quelques larmes.

La session des assises est close.

L’Écho de Nancy

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