La Veuve

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 Alphonse Frédéric Farigoule / Jean Buffet chef de la Sûreté nationale

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Adelayde
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MessageSujet: Alphonse Frédéric Farigoule / Jean Buffet chef de la Sûreté nationale   Dim 22 Mar 2015 - 16:46

ALPHONSE FRÉDÉRIC FARIGOULE

LES FAITS

Alphonse Frédéric Farigoule, 41 ans, journalier. Condamné pour le meurtre de la veuve Octavie Bernardon, buraliste, 70 ans, frappée à coups de poing puis assommée à coups de bûche le 1er février 1934, à Jax, pour voler titres de rente et argent liquide. Farigoule, client régulier mais parfois malhonnête de la victime, et qui se trouvait dans le café à l'heure approximative de sa mort, est le suspect idéal.

En 1935, l'un des trois titres disparus est utilisé par un cultivateur de Mazyrat-Crispinhac, qui affirme sans être vraiment convaincant qu'il les a trouvés dans son hangar... et finit par être relaxé l'année suivante par la cour correctionnelle de Brioude. Le même homme passe devant les assises en 1950 pour avoir utilisé un titre supplémentaire : complice ou véritable assassin, il ne sera jamais condamné. Farigoule, revenu en France en 1949, décède en 1977 à 95 ans, en affirmant toujours son innocence.

Condamné à mort le 27 juin 1934 au Puy-en-Velay,
Gracié le 7 août 1934.

Source - le site de Sylvain Larue / Némo :
http://guillotine.voila.net/Condamnations1870-1981.html
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LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES D’AUVERGNE
par Jean-Michel Cosson et Jean-Philippe Savignoni



L’affaire Farigoule figure au chapitre "À l’auberge de la mort", p. 329

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PIERRE BELLEMARE - LES DOSSIERS EXTRAORDINAIRE, Vol 2

Pierre Bellemare revient sur L’affaire Farigoule au chapitre intitulé "Le mauvais temps, le bon suspect et le vilain commissaire". Livre ‘feuilletable’ par ce lien :


https://books.google.fr/books?id=dv7e4vWkkAAC&pg=PT158&lpg=PT158&dq=%22Alphonse+Farigoule%22&source=bl&ots=DILzAHKSHJ&sig=prqT9dW87OjtVTCTOGHfLwzeC9E&hl=fr&sa=X&ei=AtQOVdbnG4Tiav6ygLgH&ved=0CCgQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22Alphonse%20Farigoule%22&f=false

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Dernière édition par Adelayde le Mer 25 Mar 2015 - 9:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alphonse Frédéric Farigoule / Jean Buffet chef de la Sûreté nationale   Dim 22 Mar 2015 - 16:51

UNE "AFFAIRE SEZNEC" BIS EN AUVERGNE ?

Une affaire Seznec en Auvergne ? Au début des années cinquante, la condamnation pour meurtre d'un ouvrier agricole de Jax déchaîne la presse nationale. Alphonse Farigoule, qui vient de purger de longues années de bagne, a-t-il vraiment commis le meurtre qui l'a expédié en Guyane ?

Quinze ans après, rien ne paraît moins sûr L'affaire débute le 2 février 1934. Bravant le vent et la neige qui balaient les hauts plateaux vellaves, une adolescente sort, comme chaque matin, pour livrer son lait à Octavie Bernardon. D'ordinaire, l'alerte septuagénaire est déjà debout. Mais ce jour-là, la jeune fille trouve porte close. La veuve, qui exploite l'unique épicerie bar de Jax, ne répond pas à ses appels.

Plus étonnant encore, les volets de l'étage sont restés grand ouverts, alors que la septuagénaire a l'habitude de se calfeutrer, toutes ouvertures closes, dès la tombée de la nuit.

Et en hiver, dans ce coin perdu de Haute-Loire, l'obscurité est vite là. Parfois même dès le milieu de l'après-midi ! À plus de mille mètres d'altitude, les hivers y sont particulièrement rudes. Celui-là ne fait pas exception. Prévenu, le maire de la commune se résigne à affronter le froid. Accompagné d'un voisin de la commerçante, il force la porte et découvre la salle commune sens dessus dessous. À l'étage, le spectacle est le même.

Meubles renversés, tiroirs retournés, armoires vidées de leur contenu : la maison a été soumise à une fouille en règle. Le lit de la veuve n'ayant pas été défait, les deux hommes se mettent à sa recherche avec inquiétude. Leurs craintes sont fondées. Dans un recoin, dissimulé sous un amas de toile de jute, son cadavre est méconnaissable. À côté du visage, réduit en bouilli, se trouve encore une bûche maculée de sang. Le maire alerte aussitôt le parquet de Brioude. Mais le procureur et le médecin légiste ne pourront parvenir sur les lieux que le lendemain, après avoir réquisitionné un traîneau. Leur route passe en effet par le col de Fix-Saint-Geneys, que les intempéries ont rendu impraticable. À leur arrivée, l'examen du corps permet de dater l'heure du décès : aux alentours de 15 heures. Or, à ce moment-là, la tempête faisait rage. Tout le monde était bien au chaud chez lui.

Sauf l'assassin. Pour les habitants de Jax, qu'il s'agisse de l'un d'eux paraît impensable. Il sera même question d'un « chemineau » (un vagabond), aperçu dans l'après-midi. Mais il n'en va pas de même pour les enquêteurs, et particulièrement pour les policiers de la brigade mobile de Clermont (l'une des fameuses « brigades du tigre » créées par Clémenceau, ancêtres des services de police judiciaire).

Deux verres sales ont été retrouvés sur une table du bar, le chien de garde enfermé dans la cuisine ne semble pas avoir aboyé. Le commissaire Jean Buffet, qui dirige l'enquête, s'intéresse rapidement à Alphonse Farigoule. Voisin de la victime, désargenté, il a une solide réputation de fainéant et d'alcoolique. C'est le suspect idéal. Pressé de questions, confondu par ses empreintes retrouvées sur la bouteille, il finit par avouer. Il reconnaît avoir donné un coup de poing au visage de la tenancière, qui refusait de continuer à lui faire crédit. En proie à une rage incontrôlable, il l'aurait ensuite frappée à terre avec le talon d'un sabot, puis achevée d'un coup de bûche.

Le 27 juin 1934, devant les assises de la Haute-Loire, sa condamnation à la peine de mort est prononcée sans l'ombre d'une hésitation. Seule interrogation, que tentera d'exploiter son avocat, le butin : rien, ni l'argent (2.700 francs en billets de banque), ni les bijoux, ni les pièces d'or, ni les trois titres de rente de la veuve n'a été retrouvé. L'accusé prétend avoir brûlé les billets, et jeté or et bijoux dans un torrent. Plutôt curieux, pour un journalier agricole sans argent Heureusement pour lui, son statut d'ancien prisonnier de guerre lui vaut une grâce présidentielle. Sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité, Alphonse Farigoule est expédié à Cayenne. Il vient à peine d'arriver au bagne lorsque l'affaire rebondit.

Le 7 décembre 1935, l'un des titres de rente de la victime ressurgit. Un agriculteur d'un village voisin a tenté de le négocier dans une banque. Jugé par le tribunal correctionnel de Brioude, il est relaxé le 24 septembre 1936.

Les chances de révision du procès de Farigoule s'éloignent. La guerre qui débute les éteint. Mais en 1946, la fermeture officielle du bagne et la remise de peine dont bénéficie le condamné lui permettent de revenir en Auvergne. Interdit de séjour en Haute-Loire, il s'installe dans le Cantal, près de Massiac. Parallèlement, la réapparition d'un autre titre de rente d'Octavie Bernardon relance l'enquête. Elle remet en cause le même agriculteur qu'en 1936.

Une information judiciaire, ouverte le 29 novembre 1949, conduit l'agriculteur un an plus tard devant les assises. Pour recel. Les policiers, eux, pensent que deux hommes au moins étaient présents le soir du meurtre dans le bar de Jax. Mais les charges retenues contre l'accusé sont insuffisantes. Il est acquitté. Dès lors, le doute ne sera jamais levé.

Alphonse Farigoule décède en juillet 1977, à l'âge de 85 ans. À Jax, pour beaucoup, il n'était plus "l'Alphonse", mais "l'assassin".

Yves LE FAOU

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MessageSujet: Re: Alphonse Frédéric Farigoule / Jean Buffet chef de la Sûreté nationale   Dim 22 Mar 2015 - 17:19

L'AFFAIRE FARIGOULE À LA RADIO : "LE VILAIN COMMISSAIRE"

Pierre Bellemare présentait autrefois "Les Dossiers Extraordinaires" à 13 heures 30 sur Europe n° 1


https://www.youtube.com/watch?v=xRJ2kknKwAs

Bonne écoute !    queen

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MessageSujet: Re: Alphonse Frédéric Farigoule / Jean Buffet chef de la Sûreté nationale   Dim 22 Mar 2015 - 21:14

Jean Buffet était l’inspecteur chargé de l’enquête
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NOTICE BIOGAPHIQUE JEAN, FÉLIX BUFFET
Directeur de la police de sûreté

Né le 5 décembre 1886 à Mons (Puy de Dôme).

Engagé volontaire au 16ème régiment d’artillerie à Clermont-Ferrand (4 octobre 1905). 1er canonnier conducteur de la 9ème batterie au 25ème régiment d’infanterie pendant quatre ans. Gendarme à cheval à la 13ème légion de gendarmerie, brigade de Lezoux, compagnie du Puy de Dôme, pendant quatre ans et dix mois.

Inscrit (27 octobre 1913) et reçu (3 juin 1914) au concours d’inspecteur de police mobile et inspecteur de police spéciale du 28 avril 1914. Intervention en sa faveur du député et ancien ministre Clémentel.

Inspecteur stagiaire, puis inspecteur de police mobile à la 15ème brigade régionale de police mobile de Nancy (25 juillet 1914).

Mobilisé du 1er août 1914 au 2 avril 1919 (en sursis d’appel à partir du 24 février 1916).

Reçu au concours de commissaire de police de la sûreté générale (1921).

Commissaire de police de 3ème classe en poste à la 15ème brigade régionale de police mobile à Nancy (16 février 1921).
« Fonctionnaire intelligent, très travailleur et, professionnellement, très capable, qualités qui, malheureusement pour lui, sont estompées par un caractère fourbe et perfide » (notation du chef de brigade en 1929).

Sous-chef de la 6ème brigade régionale de police mobile à Clermont-Ferrand (1931).

Commissaire divisionnaire, chef de la 6ème brigade régionale de police mobile (21 novembre 1933 – installé le 11 juin 1934).

Président de l’Association Amicale de Prévoyance des Commissaires et Inspecteurs de la Sûreté nationale, des colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat (février 1935).

En poste à la direction à Paris, en qualité de commissaire divisionnaire de la police spéciale, délégué dans les fonctions de contrôleur général (1er mai 1940), puis comme contrôleur général de 2ème  classe (1er mars 1941), de 1ère classe (21 octobre 1941), et comme inspecteur général de 3ème classe (1er mai 1942).

Directeur de la police de sûreté (1er novembre 1942).

Officier de la Légion d’honneur (24 décembre 1943 – décision annulée par décret du 24 avril 1948).

Arrêté le 26 août 1944 à Vichy et incarcéré. Suspendu de ses fonctions, puis révoqué (31 août 1944).

Condamné à mort par la cour martiale de Vichy et fusillé le 31 octobre 1944 :
« A organisé et stimulé la répression contre les patriotes favorisant les entreprises de l’ennemi ; a contrarié l’effort de guerre de la France et de ses Alliés en obtenant notamment la promulgation de la loi réprimant sévèrement les complicités d’évasion (…) » (Extrait des considérants de l’arrêté du 5 décembre 1944 portant révocation sans pension à compter du 19 août 1944).

Ancien secrétaire général du syndicat des commissaires de police de la sûreté nationale.

Source : copie du dossier de carrière.

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