La Veuve

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 Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...

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Adelayde
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MessageSujet: Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...   Lun 23 Fév 2015 - 15:03

Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...




Norbert Mouvault

Source - le site de Sylvain Larue / Nemo :


http://guillotine.voila.net/MOUVAULT.jpg


-----+-----+-----


Les faits

Norbert Mouvault - 26 ans, concierge d'usine. Suite au départ de sa femme Paulette, tue, le 10 octobre 1931 à Puteaux, en l'étranglant avec un torchon et en lui défonçant le thorax avec le genou Louis-Jean Brunet, 24 ans, typographe, qui avait été l'amant occasionnel de son épouse un an plus tôt, en espérant apprendre de sa bouche où et avec qui Paulette désormais le trompe.

Condamné le 17 octobre 1932,
Gracié le 28 janvier 1933.

Source - le site de Sylvain Larue / Nemo :

http://guillotine.voila.net/Condamnations1870-1981.html

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Le corps de Louis Brunet, la victime

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MessageSujet: Re: Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...   Lun 23 Fév 2015 - 15:52

L'assassin de Brunet et ses complices

comparaissent aujourd'hui

devant les assises de la Seine

***
C'est par jalousie que Mouvault, mari trompé, a étranglé le typographe et c'est
par camaraderie que Plisset et Martin ont assisté le meurtrier dans sa sinistre besogne
-----
Le premier grand procès criminel de l'année, judiciaire vient aujourd'hui devant la cour d'assises de la Seine : Norbert Mouvault, ses amis Plisset et Martin vont répondre ensemble du crime le plus affreux, le plus étonnant qui, depuis bien longtemps, depuis l'affaire Troppmann, peut-être, ait, en France du moins, défrayé la chronique judiciaire.

L'assassinat du typographe Brunet remonte à un an tout juste ; c'est le 11 octobre de l'an dernier, en effet, que Norbert Mouvault, abandonné par sa femme, après quatre ans de mariage, et résolu à savoir où elle se trouvait, invitait à déjeuner chez lui, à Puteaux, le typographe Brunet qu'il savait avoir été de ses amants.

Plisset, caché dans la cuisine devait assister à la scène horrible qui se préparait et répondre au premier appel. Mouvault entre avec Brunet, referme la grille à clef et la porte, au verrou et dès que son hôte est assis à table, il lui braque sous le nez un pistolet du plus gros calibre :

« Tu ne sortiras pas d'ici sans m'avoir dit où est ma femme. »

Brunet sait le nom du nouvel amant, le cimentier Thomas, mais en ignore l'adresse il le jure. Le canon du pistolet entre les deux yeux il avoue ses torts personnels anciens et consent en tremblant à écrire cette déclaration :

« Je soussigné Brunet Louis-Jean, certifie avoir dit à M. Norbert Mouvault que sa femme Paulette était avec mon beau-frère Thomas Alexandre depuis le réveillon de 1930, et qu'une personne de la famille de Mme Mouvault, sa tante ou sa marraine, était au courant. »

Mouvault et Plisset prétendent même qu'il ajouta de vive voix :

« Je suis un dégueulasse et je mérite la mort. »

Mouvault en savait assez pour retrouver sa femme mais il avait prémédité, minutieusement tout autre chose. Il insiste pour avoir l'adresse de Thomas ; le malheureux proteste une fois de plus qu'il n'en sait rien :

« Alors, dit l'autre, je te forcerai à parler je vais te torturer. Plisset, va chercher la corde rouge. »

Celui-ci obéit, attache au malheureux les mains derrière le dos en serrant de toutes ses forces. Mouvault lui jette une serviette sur la tête, le fait asseoir, lui passe, autour du cou, une autre serviette roulée en corde et commence à serrer, à lâcher, à serrer davantage, accentuant et interrompant tour à tour l'horrible étreinte. Brunet affolé se débat, tombe sur le plancher : son bourreau se jette à genoux sur sa poitrine, serre furieusement le garrot d'une main, de l'autre écrase le larynx d'une pesée progressive : un flot de sang jaillit à la bouche : Brunet est mort ; son atroce agonie a duré vingt minutes.

« Maintenant, dit Mouvault, il s'agit de cacher ça. »

Aidé de Plisset, il dépouille le cadavre, brûle, avec soin, tout ce qu'il a trouvé dans les poches, enroule et coud le corps dans une couverture et le descend à la cave. Ensuite, il cachète l'étrange déclaration du mort, la timbre et va la mettre à la poste à la Bastille pour qu'on croie que Brunet, ce jour-là, était loin de Puteaux.
Puis il cherche une automobile. Son ami Bœuf à Nanterre, ne peut pas lui prêter la sienne ; chez un quincailler de la ville il achète toujours du treillis de fil de fer et, comme il lui faut une voiture à tout prix, il force le garage de son voisin. M. Aubry.
On ne sait trop pourquoi Mouvault et Plisset crurent alors utile de s'adjoindre un troisième complice, Martin, qu'ils allèrent, prendre chez lui à la Garenne, et amenèrent dans la cave :

« Eh bien ! dit celui-ci simplement, vous avez fait du propre. »

Puis il leur prêta la main : il alla dans la cour prendre une quarantaine de kilos de briques qu'il corda de fil de fer en façonnant avec soin un crochet pour attacher ce lest au treillis dont on enveloppait le cadavre.
Il était minuit : Mouvault avait son plan ; il prit le volant et piqua sur Herblay où les bords du fleuve lui étaient familiers car, avec Martin, il y avait été passeur. La barque de son cousin Gouvin est amarrée sous l'allée des Tilleuls ; il force le cadenas ; aidé de Plisset, il embarque le cadavre et prend les rames à la pointe de l'île, tous deux lestent leur chargement et le jettent par dessus bord :

« Ça y est, il est mouillé. »

annonce Mouvault en rejoignant Martin qui gardait la voiture. À trois heures du matin, celle-ci rentrait au garage de M. Aubry et les trois complices allaient se coucher.

Le sinistre Mouvault, jusqu'ici, a nié toute préméditation, assurant qu'il feignait d'étrangler la victime pour lui faire peur et lui arracher l'aveu qu'il avait juré d'en obtenir. Mais le moindre de ses gestes était évidemment réglé d'avance et, du reste, il avait raconté, en détail, à ses beaux-parents ce qu'il comptait faire, si bien que ceux-ci l'avaient cru fou.

Il-sera défendu, devant le jury, par M° Maurice Garçon et M° Jacques Mourier ; Plisset par M° Thaon et M° Yves Charpentier ; Martin par M° Alléhaut et M° Sebag. C'est le conseiller Barnaud qui présidera aux débats et l'avocat général Léman qui soutiendra l'accusation.

Le Matin, n° 17 738 du 12 octobre 1932, pages 1 et 4

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MessageSujet: Re: Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...   Jeu 26 Fév 2015 - 15:28



L’enfer c’est aussi soi-même


Un bagnard tente de revenir à la vie, mais, malgré l’amour, se heurte toujours à l’enfermement.

Dès les premières lignes du dernier ouvrage de Dominique Renaud, on est comme pris au piège. Les phrases s’étirent telles de longues lianes qui vous enlacent et vous attirent dans un univers humide, où le froid le dispute à la chaleur, où la couleur ne franchit jamais les portes de la grisaille. Cet univers, c’est celui du bagne de Cayenne, où arrive Norbert Mouvault, expédié là alors que sa condamnation à mort a été commuée en réclusion à perpétuité, à quelques heures de son exécution. L’enfermement est total. Physique, bien sûr, mais surtout moral. La force de ce roman est de nous plonger au tréfonds des pensées de cet homme pas plus mauvais qu’un autre. Plutôt fataliste, d’un caractère trempé dans l’acier, Norbert va, peu à peu, s’extirper de la boue, ôter la gangue qui lui avait permis de survivre pour tenter de vivre tout simplement. « On l’avait arraché au monde des vivants, et il n’avait jamais souhaité y retourner. Jusqu’au jour où Raymonde avait fait irruption dans sa vie et que son existence à elle avait donné consistance à l’ombre qu’il était devenu, cette ombre pourvue d’un matricule qui émergeait peu à peu de son enfermement. » Une belle définition de l’amour, non ? Quant à la rédemption, elle est surtout un alibi moral. Norbert se sauve peut-être à ses propres yeux, ayant traversé deux guerres mondiales et les coloniales qui ont suivi. Mais « il se voyait seul et précaire, douloureusement isolé, au milieu de ces visages, pour la plupart inconnus ».

S’infiltrant dans l’esprit de cet homme, l’auteur fait de ses pensées des phrases en volute. Aucune complaisance, ni pour le personnage ni pour le lecteur. Il y a là une forme d’oppression morale qu’on s’étonne à poursuivre comme avec masochisme. Et puis on s’aperçoit avec effroi que la rédemption nous concernait, nous !

http://www.humanite.fr/culture/l%E2%80%99enfer-c%E2%80%99est-aussi-soi-meme-490231

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MessageSujet: Re: Le crime de Norbert Mouvault - Tout le monde peut se tromper...   Ven 3 Avr 2015 - 15:00

Pierre Bellemare revient sur le crime de Norbert Mouvault dans ce dossier extraordinaire :

https://www.youtube.com/watch?v=wJENZzAXll4

Bonne écoute !    queen

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