La Veuve

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 Clément-Albert PHILIPPE - 1921.

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MessageSujet: Clément-Albert PHILIPPE - 1921.   Mar 25 Nov 2014 - 23:09

Quotidien Le Journal, du 30-08-1921.                      
                                                                                                                                        
UN ASSASSIN EXÉCUTÉ
CE MATIN A PARIS


Les bois de justice ont été dressés cette nuit, boulevard Arago, pour l'exécution capitale d’Albert Philippe, âgé de dix-huit ans *, condamné à la peine de mort par la cour d'assises de la Seine, le 28 mai dernier.

Dans l'après-midi du 11 novembre 1920, Mme Jeanne Rouleau, âgée de cinquante ans, blanchisseuse, à Vanves, 11, rue des Chariots, était assassinée. C'est son fils Albert qui, en rentrant à 1 heure du matin, trouva le cadavre de sa mère étendue dans sa cuisine, en même temps qu'il constatait la disparition d'une somme de deux mille francs en bons de la Défense nationale.

La police ne tarda pas à penser qu'un Jeune homme, Auguste Philippe, qui, malgré son âge tendre, avait un passé quelque peu orageux, n'était pas étranger à ce crime. Il n'avait fait cependant qu'indiquer le « coup » à faire; c'est son frère aîné Albert qui l'exécuta.  Arrêté, celui-ci avoua qu'il avait pénétré chez Mme Rouleau dans l'après-midi du 11 novembre et qu'après s'être dissimulé quelques instants derrière une tenture, il bondissait sur la malheureuse femme, puis, l'ayant étourdie d'un coup de poing, lui défonçait le crâne avec une lampe « Pigeon ». C'est ce crime qu'Albert Philippe expie ce matin à 5 heures.

Il est des gens pour regretter de ne plus trouver aujourd'hui dans une exécution capitale le spectacle d'un abord relativement facile qu'il était autrefois. En effet, une discrétion croissante est de règle autour de cet acte ultime de la justice qui, en vertu d'ordres rigoureux, se passe, si l'on peut dire, dans la plus stricte intimité.
Que les amateurs d'émotions violentes se consolent ! Le pittoresque et surtout la couleur tendent à déserter la guillotine elle-même. Un système de roulement à billes — à quoi le progrès ne s'applique-t-il pas ? — donne à la chute du couteau une précision absolue en lui enlevant ce jeu qui fut la cause de plusieurs décollations irrégulières. On rappelle à ce sujet, dans l'entourage de M. Deibler, que le bandit Soudy, de sinistre mémoire, eut, sur la bascule, une contraction instinctive et si puissante que le fil du couperet, déplacé, longea la base du crâne et entama le menton.
Maintenant, au contraire, le résultat obtenu est si parfait que la section du cou est obstruée par le couperet, ce qui supprime pratiquement tout jet de sang. Et tout y gagne en propreté, le spectacle et les choses.

* Le Palmarès de Sylvain Larue (Nemo) mentionne vingt-ans pour l’âge du condamné. Effectivement, l’âge de dix-huit-ans ne peut pas être exact. Voir : 30 août 1921 - Paris >  
http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

_______________________

UN ASSASSIN A EXPIÉ

Nous avons rappelé hier le crime de Clément-Albert Philippe, ce précoce assassin qui tua sa bienfaitrice à à coups de lampe, en novembre dernier, à Vanves.
Philippe a expié son forfait hier matin; son attitude au moment suprême a été celle du repentir et n'a pas manqué de courage.

La guillotine ayant été montée rapidement sous la direction de M. Deibler et sous les yeus du public très restreint, soigneusement trié, qui est seul admis à assister, depuis plusieurs années, aux exécutions capitales, les magistrats sont entrés dans la cellule du condamné, peu après le ever du jour, à 5 h. 20. Le groupe était composé de MM. Pliilippon, substitut du procureur de la République, et Lassus, avocat général, de Me Cathala, avocat d'Albert Philipe, de M. Larrié, commissaire du quartier et de l'abbé Bertaux, aumônier intérimaire de la prison. Au traditionnel : « Levez-vous, ayez du courage ! » le jeune assassin, brusquement tiré d'un sommeil profond, se mit à genoux sur son lit en proférant : « Je suis bien malheureux ! » Puis à l'abbé Bertaux il murmura.
« Je suis innocent, Dieu sera mon juge et ma récompense. »
Au cours de la funèbre toilette, Philippe ne réclama aucun cordial et se laissa faire sans mot dire.

Il est cinq heures 40, et le soleil est déjà assez haut quand le fourgon s'arrête boulevard Arago devant la sinistre machine ; le prêtre descend d'abord, si ému qu'il faut le soutenir, puis le condamné, très pâle mais très ferme.
Tout le monde est frappé de son air d'extrême jeunesse ; on dirait un gamin de quinze ans.
Sous la chemise plus qu'échancrée, ouverte jusqu'au ventre, paraissent les côtes saillantes d'un corps d'adolescent. Il jette un regard circulaire, très appuyé, comme s'il ne voulait omettre aucun détail de la dernière vision qu'il emporte. Les aides, sans brusquerie aucune, le conduisent presque doucement vers la bascule. Il n'a pas un mouvement de recul et pas un mot. Le couteau est tombé. Il est 5 h. 42.

(Source : quotidien Le Journal, du 31-08-1921)



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