La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888   Ven 7 Nov 2014 - 16:37

ÉDOUARD SCHUMACHER - LE CRIME DE LA RUE DESCARTES

LES FAITS

Édouard Schumacher - 22 ans, soldat en permission, étrangle pour la voler le 2 mars 1888, rue Descartes à Paris, Mme Vignon, 79 ans, mère de son ancien employeur.
Condamnation : 11 juillet 1888,
Exécution : 10 septembre 1888.

Source : Le site de Sylvain Larue – Nemo :

http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

-----=-----=-----

SCHUMACHER, CONDAMNÉ A MORT


Le 22 mars 1888, Mlle Vinchon, lingère au collège Sainte-Barbe, en rentrant le soir dans son domicile, rue Descartes, trouvait sa mère, âgée de soixante-dix-neuf ans, sans vie. La pauvre vieille avait été étranglée. Les meubles avaient été fouillés, et quelque peu d'argent que possédait la victime avait disparu. Aux cris poussés par Mlle Vinchon, les voisins accoururent ; la police fut avertie. On ne tarda pas à savoir que, dans la journée, un jeune militaire était venu faire visite à Mme Vinchon qui le connaissait, comme elle connaissait sa famille.

Le lendemain, on arrêtait le nommé Schumacher (Édouard), âgé de vingt-deux ans, soldat au 112e de ligne, en garnison à Bastia, et présentement en congé dans sa famille à Paris. Sa situation était identique à celle de Cornu. Il ne relevait pas de la justice militaire, mais des tribunaux civils. En conséquence, après une prévention de trois mois et demi à Mazas, il comparaissait devant la cour d'assises de la Seine, et était condamné à la peine de mort.

Le 11 juillet, il était transféré à la Grande Roquette et enfermé dans une cellule voisine de celle qu'occupait encore le condamné Cornu.
Schumacher appartenant à la religion protestante, je n'eus pas à le visiter. Il reçut les exhortations de M. le pasteur Arboux, qui me donnait des nouvelles de son jeune coreligionnaire, bien repentant de son crime et très convenable dans ses entretiens avec M. le pasteur.
Le pourvoi en cassation était rejeté le 9 août.
EXÉCUTION DE SCHUMACHER

Après une captivité de soixante et un jours dans sa cellule, Schumacher ne devait en sortir que pour aller à la mort. Je ne parle de cette exécution que d'après le compte rendu officiel. Je n'avais pas à y assister, et je n'ai connu l'événement que lorsque le drame était entièrement terminé.

Dans la soirée du dimanche 9 septembre, les ordres étaient envoyés par le parquet A tous les fonctionnaires requis par la loi. L'exécution de Schumacher était fixée au lendemain, 10 septembre, à cinq heures quarante-cinq du matin. M. le pasteur Arboux était invité à assister le condamné à ses derniers moments.

Réveillé à cinq heures vingt minutes, le condamné est resté seul avec le ministre de la religion pendant quelques instants. Après avoir subi les apprêts funèbres, il est arrivé en face de la guillotine à cinq heures quarante.

Là, M. Arboux a cru devoir lui demander à haute voix s'il se repentait de son crime, s'il demandait pardon à Dieu et aux hommes. Sur la réponse affirmative du patient, il l’a abandonné aux exécuteurs. Mais un instant après, revenant sur ses pas pour obéir au désir exprimé par le condamné de recevoir le baiser au moment suprême, M. Arboux saisit Schumacher sur la bascule et l'embrasse avec effusion. La foule s'émeut de ces lenteurs et proteste bruyamment. Les exécuteurs sont stupéfaits. Il faut un instant pour que chacun recouvre le sang-froid nécessaire. Enfin, M. Deibler fait jouer de déclic, le couperet tombe

M. Arboux accompagne au cimetière d’Ivry les restes du supplicié.

Quelques jours après, je disais à M. Arboux toute la peine que j'avais éprouvée en voyant avec quelle sévérité les journalistes avaient apprécié sa conduite. Elle n'avait pourtant pour mobile que l'affection qu'il avait prouvée de cette manière au malheureux condamné.

Au pied de l'échafaud - Souvenirs de la Roquette par l’abbé Faure

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt


Dernière édition par Adelayde le Ven 7 Nov 2014 - 19:31, édité 1 fois (Raison : Mise en page)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Boisdejustice
Monsieur de Paris
avatar

Nombre de messages : 1453
Age : 60
Localisation : USA
Emploi : Ingenieur
Date d'inscription : 29/01/2006

MessageSujet: Re: Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888   Dim 9 Nov 2014 - 12:36


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://boisdejustice.com
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888   Dim 9 Nov 2014 - 16:43

Magnifiques photos, Boisdejustice !

Entre elles et le dessin de mon message... "il n'y a pas photo"  queen

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888   

Revenir en haut Aller en bas
 
Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Édouard Schumacher - Le crime de la rue Descartes - 1888
» Jean-Jacques De Moor – le crime de la rue Monjol - 1891
» Crime et châtiment - exposition au musée d'Orsay
» Georges-Henri Sautton - Le crime de Choisy-le-Roi
» Edmond Bidaud – Le crime de Bondy-la-Forêt

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: LES CONDAMNÉS À MORT-
Sauter vers: