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 François Georges - parricide - 1848

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Adelayde
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MessageSujet: François Georges - parricide - 1848   Dim 13 Juil 2014 - 15:21

François Georges - parricide
François Georges a été exécuté le 31 janvier 1848
Un ouvrage non accessible en format numérique :

Titre : Condamnation à mort du nommé François Georges, âgé de 28 ans, atteint et convaincu de double parricide, de fratricide [sur les personnes de son père Charles Georges, de son beau-père Albert-Joseph Leroy, de son frère Auguste et de la femme de celui-ci] et de faux...
Éditeur : impr. Chassaigno[...], 1847

http://books.google.fr/books/about/Condamnation_%C3%A0_mort_du_nomm%C3%A9_Fran%C3%A7ois.html?id=YYaDQwAACAAJ&redir_esc=y



La Cour d'assises de l'Aisne, dans sa session de novembre dernier, a condamné à la peine des parricides le nommé Georges, comme coupable d'empoisonnement, d'assassinat et de vol, et l'arrêt portait qu'il serait exécuté sur l'une des places publiques de Saint Quentin.
Le 30 janvier, à sept heures du soir, M, Grizot, greffier en chef, vint avertir le condamné que son pourvoi en cassation et son recours en grâce avaient été rejetés, qu'il fallait se préparer à la mort et partir pour Saint-Quentin. A ce moment, Georges était dans son cachot ; c'était l'heure où, en présence de ses gardiens, il fumait ordinairement sa pipe ; son énergie ne l'abandonna pas, il eut la force de continuer.

Quelques minutes après, M. le substitut de La Forest s'approcha.
« Georges, lui dit-il, vous n'avez plus rien à espérer en ce monde ; ne sentez-vous pas le besoin de soulager votre conscience, de faire un aveu ? Dites-nous si c'est vous qui avez assassiné Grizelain ; si c'est vous qui avez empoisonné votre père ? »
« Je suis innocent comme l'enfant qui vient de naitre, répondit le condamné ; c'est bien malheureux ! »
En cet instant, il sembla pourtant qu'une réaction venait de s'opérer en lui, car, s'adressant à M. de La Forest, qu'il n'avait pas reconnu d'abord, et après avoir prié un des gardiens de retirer sa casquette :
« Monsieur le procureur du Roi, dit-il, je vous demande bien pardon je vous ai menti tout à l'heure. Vous comprenez, on espère toujours sauver si vie. Eh bien puisque tout est fini, je vais vous dire la vérité c'est moi qui ai tué Grizelain ; c'est moi qui ai empoisonné mon père »
Puis il ajouta :
« Ma femme est plus coupable que moi. Tenez, si quelqu'un meurt dans la famille, faites bien attention à la manière dont cela se passera. »

S'adressant ensuite à M. Morère, gardien -chef des prisons, qui sait allier à la rigidité de ses fonctions la plus touchante humanité :
« Je vous remercie, lui dit-il, de tous les bons soins que vous avez eus pour moi. Ah ! monsieur Morère, si j'avais toujours été avec des braves gens comme vous, je ne serais pas où je suis... Tenez, quand vous êtes venu tout à l'heure, j'ai vu à votre mine ce qui allait m'arriver.»

Alors parut l'abbé Triquenaux, à qui était donnée la douloureuse et sainte mission d'accompagner Georges à la mort. Apprenant les aveux du condamné, il s'approcha de lui et l'embrassa :
« C'est bien, mon fils, lui dit-il, je suis content de vous ; vous allez paraître devant Dieu, il vous tiendra compte de vos aveux. »
« Mon père, j'ai bien mérité ce qui m'arrive, j'accepte la mort avec résignation mais soyez tranquille, ma mort servira d'exemple. »

A huit heures, tous les préparatifs terminés, le triste cortège partit de Laon.
« Adieu, monsieur Morère, dit Georges en montant en voiture, tous avez toujours été si bon pour moi… Quand je serai au ciel, si j'ai l'heur, je ne vous oublierai pas. »

Dès la veille au matin, une voiture escortée d'un peloton de chasseurs partait de Laon, transportant la fatale-machine et apprenant aux populations qu'un sanglant acte de justice allait s'accomplir. L'exécution a eu lieu le lendemain matin à neuf heures, sur la grand‘place de Saint-Quentin.

Journal des débats politiques et littéraires, 2 février 1848.

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