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 L'affaire du "Landru" de Limoges

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Adelayde
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MessageSujet: L'affaire du "Landru" de Limoges   Mar 3 Déc 2013 - 16:15


Affaires criminelles - retour sur l'affaire du "Landru" de Limoges


Le 6 octobre 1942, le corps d’une femme découpé en morceaux est découvert à Limoges. Le crime de la rue des Grandes Pousses, commis par un Arménien, déchaîne les passions et les commentaires racistes.
De l’assassinat, il fit un récit détaillé devant les enquêteurs de police. Sans même chercher à le nier alors qu’à l’époque, il risquait littéralement sa tête !

On est le 6 octobre 1942, au numéro 5 de la rue des Grandes Pousses, à Limoges. Le locataire de l’appartement, Armenack Hachebian, s’est installé là en 1940 avec la jeune Hortense, rencontrée à Verneuil-sur-Vienne et devenue sa compagne à l’âge de 17 ans.
Depuis des semaines, les disputes se succèdent, chacun accusant l’autre d’infidélité. Hortense est qualifiée de frivole, lui d’un Don Juan jaloux et violent.


"Une bonne lame pour découper la viande"
Ce matin-là, Armenack Hachebian quitte l’appartement après une énième altercation, laissant Hortense dans le lit.
Il revient quelques minutes plus tard avec une hache et assène un coup sur la tête de la jeune femme. Elle tombe du lit. L’homme continue de la frapper cinq fois avec une violence inouïe, jusqu’à la mort. Armenack Hachebian va alors tenter de dissimuler le cadavre. Il "achève sa toilette", part chez une marchande foraine et demande une scie à métaux. Elle dira plus tard, détail sordide s’il en est, qu’il voulait "une bonne lame pour découper de la viande".

L’auteur du crime coupe la tête de sa victime très nettement, puis les jambes. Il dissimule le tronc auquel il ne reste plus que les bras dans une malle. Armenack Hachebian compte cacher la tête et les jambes dans une valise qu’il va aller acheter le lendemain du crime.

Ce jour-là, un autre locataire de la rue des Grandes Pousses, qui occupe une petite chambre au-dessus du lieu du crime, tombe par hasard sur la malle. Intrigué par son poids, il se décide à l’ouvrir… Il découvre le tronc de la jeune femme.

La police est immédiatement appelée. Alors qu’elle arrive sur les lieux, Armenack Hachebian revient à son domicile avec la valise qu’il vient d’acquérir…

La presse de l’époque l’affuble d’un surnom : "le Landru de la rue des Grandes Pousses". Son parcours est retracé, sa nationalité pointée du doigt… L’auteur du crime est né en 1915 en Turquie mais il précise, lors de la session d’assises qui s’ouvre en novembre 1943, que son père "a été tué par les Turcs" et qu’il est en fait Arménien.

L’époque n’est pas tendre pour les hommes comme Armenack Hachebian dont le nom et le visage, dans cette société des années quarante, ne plaident pas en sa faveur. Ni du côté de la police, ni du côté des juges ou de la cour, composée de "cinq paysans pour un citadin". Ni même du côté de la presse, miroir d’un autre temps, comme en témoignent ces lignes… "C’est un solide garçon au visage osseux dont le type oriental est très marqué. Il est violent et borné. Cela se voit à son regard et à son front bosselé. C’est un barbare aux grandes mains, de la race malheureuse et persécutée des Arméniens."


"Ces étrangers n’ont pas droit à la pitié"
Face à une personne que le journaliste de L’Appel du Centre qualifie "d’étranger jaloux", de "monstre", il faut, dit-il, "se montrer aussi impitoyable qu’il l’a été lui-même."

Et il ajoute, de manière péremptoire : "Ces étrangers, dont les crimes défraient trop souvent la chronique par leur horreur, n’ont pas droit à la pitié. On doit en faire prompte justice."

Celui que l’on appelle l’Arménien à longueur d’articles était un photographe ambulant gagnant plutôt bien sa vie, dépensant son argent aussi rapidement qu’il le gagnait. "Il aimait les beaux vêtements, les bons repas bien arrosés et les femmes. Le geste large, il offrait facilement tournées d’apéritifs et de spectacles et s’était rapidement constitué une sorte de cour parmi les beautés de petite vertu". Et la presse de le décrire comme un "Don Juan oriental, élégant et beau garçon, mais violent et jaloux."

"L’accusé […] ne s’est pas avisé lui, que les femmes de France ne sont pas comme l’étaient encore il y a vingt ans les femmes d’Orient, des êtres inférieurs dont la vie est à peine plus précieuse que celle d’un chien. Il n’était pas assez intelligent pour mesurer la différence qui reste grande d’une jeune Limousine à une Berbère ou une épouse arménienne." Armenack Hachebian sera condamné aux travaux forcés à perpétuité. Une peine qui sera commuée en vingt ans de travaux forcés en août 1951.

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2013/01/13/affaires-criminelles-retour-sur-l-affaire-du-landru-de-limoges-1402787.html

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