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 José Borras - Le crime du Petit Condom

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Gaëtane
Monsieur de Paris
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MessageSujet: José Borras - Le crime du Petit Condom   Mar 24 Sep 2013 - 15:08

Le crime du Petit Condom

L’opinion publique s’est vivement émue au récit de l’épouvantable erreur judiciaire dont José Borras a été la victime. Injustement condamné, Borras n’a vu son innocence reconnue et proclamée qu’après trois années d’emprisonnement.

On sait que c’est pour un double assassinat commis à la ferme du Petit Condom, à trois kilomètres de Narbonne, que Borras a été condamné. Ce crime a eu lieu dans la soirée du 26 mai 1887.

Ce soir-là, le sieur Pradiès, âgé de soixante ans, entend frapper à la porte de la ferme du Petit Condom, dont la garde lui est confiée. Il va ouvrir et se trouve en présence de deux espagnols qu’il connait pour les avoir employés à la ferme. Ces deux individus lui demandent du travail, puis de l’argent, et l’un d’eux, lui sautant à la gorge, le terrasse violemment, tandis que son compagnon s’apprête à fouiller les meubles.

Mais la femme de Pradiès, entendant du bruit, descend, affolée, et appelle au secours. Alors l’homme qui est en train de voler,  se précipite au-devant d’elle et lui porte plusieurs coups de couteau qui la tuent sur place. Pradiès, lui, n’expie que quelques jours après le crime.

Les soupçons de la justice se portent sur José Borras, qui est espagnol, et sur un de ses compagnons, nommé Vicente Guillaumet.

Borras est  accusé d’avoir participé au meurtre d’Anna Pradiès, le 26 mai 1887 à Narbonne, et d’avoir gravement blessé à coups de canne-épée et de couteau son mari Dominique, régisseur de la ferme du Petit Condom  pour voler 560 francs.

Ils sont arrêtés tous deux, en même temps qu’un autre espagnol, nommé Francisco Villarubia, celui-ci ayant fait le guet aux abords de la ferme, pendant que le crime se commettait.

Borras et Guillaumet sont condamnés à mort. Villarubia est condamné à dix ans de travaux forcés.

Après leurs condamnations, Borras ne cesse de dire qu’il est innocent. Propos soutenus énergiquement par Villarubia et Guillaumet. Depuis sa cellule, Guillaumet écrit une lettre au Procureur pour disculper Borras, et affirmer que le véritable coupable s’appelle Antonio Rossel, dit, Castillou.

Ce dernier a pu se réfugier en Espagne, où, du reste, il a été arrêté. Bénéficiant d’un non-lieu, il ne fût pas inquiété davantage.

Des personnes intéressées par l’affaire José Borras, dont parmi elles, M. Marcou, sénateur de l’Aude, obtiennent que la peine de mort prononcée contre le malheureux soit commuée en celle des travaux forcés, et qu’il ne soit  pas transporté en Nouvelle Calédonie. L’affaire est examinée avec soin. Après trois longues années, Borras voit enfin, cesser son martyre.

C’est le 2 juin 1890, à huit heures du matin, qu’il est conduit au greffe du dépôt des forçats à Avignon pour recevoir la nouvelle de sa grâce. Dans la salle du greffe se trouvent réunis le procureur de la République, son substitut et le directeur de la prison.

Borras, qui n’est qu’un simple ouvrier cultivateur, et qui d’ailleurs, ne parle pas bien notre langue, explique naïvement que le procureur lui a parlé pendant près d’une demi-heure, mais qu’il n’y a pas compris grand-chose. Après les formalités de levée d’écrou, le gracié passe le reste de la journée dans le domicile particulier du directeur et la soirée chez le concierge de la prison.

A minuit, il prend le train pour Moux, où il habitait au moment de son arrestation et où sa femme y réside toujours.
Le lendemain, à huit heures, il arrive à Moux où il est reçu par ses amis, dans la plus grande effervescence. Mme Borras ayant été prévenue par cette simple dépêche « Venez embrasser votre mari »,  ne peut retenir ses sanglots et les larmes coulent le long de ses joues amaigries. On peut juger ce qu’ont dû être pour les deux époux les joies du retour et de la réunion.

José Borras, aujourd’hui âgé de vingt-huit ans est un homme de taille moyenne, maigre et d’aspect maladif. Sa figure, qui porte bien le type espagnol est complètement rasée. Le regard est doux et un peu triste. On voit bien sur le front que traversent quelques rides, la trace des souffrances morales de ces trois dernières années.

Madame Borras, jeune femme de vingt-quatre ans est entièrement vêtue de noir et porte sur la tête un fichu noir noué sous le menton. Disons que pendant ces trois années qu’a duré l’emprisonnement de son mari, elle a tout fait, tout tenté pour que l’innocence du malheureux soit reconnue.


Le Petit Parisien Illustré du 22 juin 1890

Palmarès de Sylvain/nemo (14 août 1887)


http://guillotine.voila.net/Condamnations.html


Le portrait de Borras  a été réalisé d’après une photographie tirée au Dépôt des forçats d’Avignon.





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