La Veuve

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 La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...

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Adelayde
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MessageSujet: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Dim 18 Aoû 2013 - 13:58


La commune de Paris - 1871

Rappels d’Histoire :

http://www.youtube.com/watch?v=oCf7_bdGeGs



Jean Ferrat – La Commune

http://www.dailymotion.com/video/x84ysd_la-commune-jean-ferrat_music





Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément

C´étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C´étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles
C´étaient des forgerons
Devenus des moblots

Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers et artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément

Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C´étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l´avenir
Aux pavés de la ville
C´étaient des forgerons
Devenus des héros

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s´éteignaient pour la Commune
Écoute bien chanter Clément

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Dim 18 Aoû 2013 - 14:00


Les crimes des communards





Le 5 avril 1871, le Conseil de la Commune adopte le décret des otages afin de répliquer aux exactions de l’armée versaillaise : pour chaque communard exécuté, trois otages seront abattus.
En application de ce décret, les communards exécutèrent à la Roquette : Mgr Darboy, l’abbé Deguerry, trois jésuites et le président de la Cour d’appel de Paris, Bonjean.


Les crimes des versaillais




Exécution de Rossel, Bourgeois, Ferré au camp militaire de Satory, le 28 novembre 1871, au petit matin, devant cinq mille hommes de troupe et quelques curieux.

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Dernière édition par Adelayde le Dim 18 Aoû 2013 - 22:01, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Dim 18 Aoû 2013 - 17:24


Franck Ferrand célèbre le 140ème anniversaire de la Commune de Paris dans l’émission « Au cœur de l’Histoire » du 18 mars 2011.

Ses invités : Bruno Fuligni, écrivain et historien et Laure Godineau, maître de conférences à l'université Paris-13.

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Au-coeur-de-l-histoire/Sons/La-commune-de-Paris-140eme-anniversaire-460211/

Bonne écoute !

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MessageSujet: Portraits de fusillés   Lun 19 Aoû 2013 - 16:38


Portraits de fusillés





AUBRY D - fusillé le 24-07-1871 au camp de Satory







BAUDOIN - maréchal des logis - fusillé le 6 juillet 1872







BENOT Victor (et non BÉNAUD) - fusillé le 22 janvier 1873







BOUDIN Etienne - fusillé en mai 1872







BOUIN D. - fusillé en mai 1872







BOURGEOIS Pierre, sergent de l'armée qui se joignit aux insurgés
Fusillé le 28 novembre 1871 au camp de Satory







DALIVOUST D. - fusillé le 24 juillet 1872 au camp de Satory







De SAINT OMER Émile - fusillé le 24 juillet 1872 au camp de Satory







DESCAMPS Baptiste, mouleur en cuivre - fusillé le 22 janvier 1873







DESCHAMPS D. - fusillé le 18 septembre 1872 au camp de Satory







DURAND Jacques, ouvrier cordonnier - fusillé au cours de la semaine sanglante







FERRÉ Théophile, clerc d'avoué - fusillé le 28 novembre 1871 au camp de Satory







FRANÇOIS Jean-Baptiste, emballeur, directeur de la Roquette pendant la Commune
Fusillé au camp de Satory







LOLIVE Joseph - fusillé le 18 septembre 1872 au camp de Satory







MILLIERE Jean-Baptiste, avocat, journaliste et député
Fusillé le 26 mai 1871 sur les marches du Panthéon







MOILIN Jules Antoine dit Tony Moilin, chirurgien - fusillé le 28 mai 1871







MOREAU Édouard - fusillé le 25 mai à la caserne Lobeau







ROSSEL Louis, officier de l'armée ayant rejoint la Commune
fusillé le 28 novembre 1871 au camp de Satory







ROUILLAC Jean-Pierre, ouvrier journalier - fusillé le 6 juillet 1872







SERIZIER Marie - fusillé en mai 1872







VARLIN Eugène, relieur - fusillé le 28 mai 1871









Source : http://jeanpaulachard.com/communards/


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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Lun 19 Aoû 2013 - 21:21

Louis Rossel est un des très rares membres de mon Panthéon personnel.

Positiviste: foncièrement républicain et homme "d'ordre et de progrès"
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MessageSujet: Mourir pour Paris insurgé : Le destin du Colonel Rossel    Mar 20 Aoû 2013 - 16:40



Franz Van der Motte - Mourir pour Paris insurgé : Le destin du Colonel Rossel (1844 – 1871)

Pour feuilleter quelques pages de l’ouvrage, clic ici :

http://books.google.fr/books?id=_LBmf-Wd25UC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

J’ai noté :
Page 125 - Bourgeois, totalement indifférent aux préparatifs en cours alla s’adosser au poteau du milieu.
Ferré, habillé de noir, le binocle à l’œil, le cigare aux lèvres, marcha d’un pas ferme vers le troisième poteau.

Page 126 – Rossel, vêtu d’un costume gris par-dessus lequel il avait passé un paletot brun, salua les soldats du 1er Régiment du Génie, troupe dont il avait été le chef et qui composaient son peloton d’exécution.
Il demanda à commander le feu. Merlin qui venait de refuser de lui serrer la main s’y opposa.
Après avoir condamné à mort Louis Rossel, il finissait la sale besogne qu’il avait commencée.
Louis Rossel admit qu’on lui bandât les yeux : Mon moi m’est devenu indifférent. […]
On entendit alors jusqu’aux moindres mots des greffiers qui lisaient aux condamnés leur jugement, lecture que Rossel et Bourgeois semblaient ne pas écouter, et qui ne perturba pas un instant Ferré qui terminait un cigare.

Si les infos contenues dans le texte sont exactes, elles recoupent parfaitement celles qui ressortent du photomontage « Exécution de Rossel, Bourgeois et Ferré » :
- le ligotage : aucun des condamnés n’est ligoté ;
- la place des condamnés : Rossel au premier poteau ; Bourgeois, au second ; Ferré, au troisième.
- leurs vêtements : Rossel porte un paletot brun sur un costume gris (sur l’image : veste foncée, pantalon clair) ; Ferré est vêtu de noir (sur l’image : vêtements foncés).
- Rossel a les yeux bandés ;
- Ferré, qui termine paisiblement son cigare, semble effectivement le plus zen des trois. Il ne porte pas de bandeau sur l’image mais le texte est muet sur ce point.

N. B. :J’ai corrigé les trois énormes fautes d’orthographe de la page 126. Excusables sous la plume de monsieur Toulmonde, elles sont rédhibitoires sous celle d’un « auteur » (??)

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Dernière édition par Adelayde le Mar 20 Aoû 2013 - 17:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 16:49

Dont acte pour le bandeau de Rossel.

J'ai vu une autre gravure issue de l'Illustration, je crois, qui montrait des poteaux d'une hauteur d'à peine un mètre. la scène était au moment des "préparatifs", sans doute quand on lisait les attendus du jugement: les condamnés n'étaient pas en place. (là encore, une photographie fait défaut...). Je suppose que l'armée française commençait à faire sienne sa manie de fusiller les condamnés à genoux (cf. nombre de mutins de 1917) qui s'apparentait quelque peu à la "tradition" italienne (asseoir le condamné à l'envers sur une chaise, et le fusiller dans le dos: Ciano)

Se faire à la fois juge et bourreau relève d'une singulière conception de l'éthique!

Cela dit, chacun s'accorde pour dire que si l'issue ne faisait aucun doute, le "procès" de Rossel se déroula dans une atmosphère empreinte de courtoisie


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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 17:11

Avis partagé, Benjamin.

A mes yeux, fusiller un homme à genoux ou de dos est plus humiliant pour les bourreaux que pour le condamné.

Quelle que soit la méthode utilisée pour les exécutions, je ne comprends pas les raffinements sadiques et parfaitement inutiles qui n'ont d'autre but qu'ajouter de la souffrance à la souffrance.

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MessageSujet: La tombe de Louis Rossel   Mar 20 Aoû 2013 - 19:15




Louis Rossel est inhumé au cimetière protestant de Nîmes

http://www.bloc-identitaire.com/actualite/1053/delegation-ligue-midi-tombe-louis-rossel

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 19:37

Cela dit, que le bloc identitaire récupère Rossel montre également une conception cynique de l'histoire, très extensive!

Car si un mouvement - quoi qu'on en pense par ailleurs - fut internationaliste et éloigné de cette idéologie, ce fut bien la Commune.

Rossel était d'ailleurs un homme condamné d'avance. Sa caste ne pouvait lui pardonner d'avoir fricoté avec la canaille (expression de l'époque) et sa rigueur toute militaire le rendait antipathique aux yeux de la plupart des Communards. L'antithèse d'un Cluseret (qui le précéda), général d'opérette qui courtisait les assemblées au lieu de faire son travail.

Rossel, contre les délégués, avait compris que face à une armée de métier, la victoire n'était concevable qu'avec des méthodes militaires mais on le taxa de bonapartisme. Quand les Versaillais sont entrés dans Paris - déjà, malgré ses instructions, les fortifications n'étaient pas gardées - il y eut les velléitaires qui revêtirent leurs habits civils et se cachèrent (cela dit, ne les condamnons pas, leur peau était en jeu donc personne ne sait ce qu'il ferait en cette situation) et les combattants qui pour la plupart filèrent dans leur quartier, sur leur barricade. Bref, les Versaillais menèrent des combats successifs contre des adversaires à chaque fois très inférieurs en nombre et peu armés du fait de ce morcellement. Sinon, ils auraient sans doute gagné mais à un prix plus élevé et peut être que la résistance aurait permis une négociation en position de force qui aurait évité la boucherie de la Semaine sanglante.
Parce que tout en réprouvant l'exécution des otages, la mettre sur le même rang que les 10.000 morts d'avant l'assaut final* plus les 30.000 exécutions sans jugement, c'est fort!

* Les Versaillais ne firent aucun prisonnier durant toute la Commune

A noter que Rossel ne chercha nullement à se cacher ou à fuir, comme Ferré et Rigault. Rares exceptions
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 19:40

Adelayde a écrit:

A mes yeux, fusiller un homme à genoux ou de dos est plus humiliant pour les bourreaux que pour le condamné.
"Cet homme est à fusiller, mais dans le dos"
Charles Maurras à propos de Léon Blum, 1936.
Au procès de Maurras à Lyon (1945) Blum fit lire un message dans lequel il souhaitait que la peine de mort ne soit pas requise. Belle réponse!
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 20:15

benjamin a écrit:
Cela dit, que le bloc identitaire récupère Rossel montre également une conception cynique de l'histoire, très extensive!

Car si un mouvement - quoi qu'on en pense par ailleurs - fut internationaliste et éloigné de cette idéologie, ce fut bien la Commune.
C'est sur la page du Bloc identitaire que j'ai trouvé la photo de la tombe de Louis Rossel, Benjamin. Des années-lumière séparent en effet les valeurs du Bloc de celles la Commune !

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 20:38

Adelayde a écrit:
benjamin a écrit:
Cela dit, que le bloc identitaire récupère Rossel montre également une conception cynique de l'histoire, très extensive!

Car si un mouvement - quoi qu'on en pense par ailleurs - fut internationaliste et éloigné de cette idéologie, ce fut bien la Commune.
C'est sur la page du Bloc identitaire que j'ai trouvé la photo de la tombe de Louis Rossel, Benjamin. Des années-lumière séparent en effet les valeurs du Bloc de celles la Commune !
tant d'années que ça ?  
il semble me souvenir que rochefort était menbre de la commune avant de devenir nationaliste passant d'un extrème a l'autre.
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 21:19


Sans porter de jugement sur leurs valeurs respectives :

- La Commune est un mouvement internationaliste.

- Le Bloc défend une vision de l'homme "enracinée dans ses communautés naturelles et historiques." [...] Une vision de l'identité "charnelle et enracinée". Au concept de "France des lumières", il oppose celui "de la terre et des morts de Barrès.*"

http://www.bloc-identitaire.com/bloc-identitaire/ligne-politique

* Maurice Barrès est un des maîtres à penser de la droite nationaliste durant l'entre-deux-guerres.

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mar 20 Aoû 2013 - 21:20

Mise au point préalable: si je manifeste de l'intérêt pour cette période et du respect pour nombre des acteurs de la Commune à commencer par Rossel, ma ligne de pensée ne m'incline pas à soutenir l'idéologie qui la domina. Je pense que vivant à cette époque, j'aurais fait partie de sa minorité jacobine car jacobin, je suis, pleinement assumé!

Sinon, pour répondre à l'objection... il y a de tous temps des parcours personnels qui sont effectivement surprenants, et cela à toutes les époques (on citera Doriot, viré du PCF pour dérive gauchiste et qui porta l'uniforme nazi quelques années plus tard. Plus proche de nous et plus amusant: Denis Kessler, maoïste de choc dans les années soixante et soixante-dix, devenu trente ans plus tard l'idéologue ultralibéral du Medef Smile Il y eut des parcours opposés. Des lignes de fractures différentes entre des eurosceptiques militants qui dix ans après nous incitaient à voter "Oui" au TCE, par exemple - et selon moi, la fracture entre eurosceptiques et europhiles est davantage béante qu'entre droite et gauche)

Mais ce sont bien les individus qui ont changé, et pas leur idéologie de départ qui était en cause (quoiqu'on en pense, je le répète). On chercherait en vain, dans les valeurs défendues par la Commune, un quelconque nationalisme puisque justement les communards voulaient être des fédérés qui entendant détruire les nations, considérant qu'elles étaient à l'origine des guerres.

Je ne sais plus lequel d'entre eux  déclara dans un débat: "si la France avait été une fédération, croyez vous qu'elle aurait pu céder l'Alsace-Lorraine à la Prusse comme le fit ce foutriquet de Thiers? Les Alsaciens l'auraient envoyé se faire foutre!"
Selon eux, chaque région devait s'administrer comme elle l’entendait et passer des contrats d'assistance et de soutien avec tous les peuples - pas seulement ceux de l'ancienne France. Région et pas provinces (autres points de clivage avec "le bloc identitaire") dont les contours eux mêmes devaient évoluer au gré de la démocratie directe.

D'ailleurs, la Fédération répondait à la situation de l'époque! La France en devenir qui créait la richesse du moment par l'industrie en profonde gestation se voyait contrainte de céder au germanisme par une France rurale profondément arriérée (ne pas oublier que l'agriculture française - au delà des clichés - était encalminée par sa routine et ses exploitations d'un autre âge et qu'elle le demeura longtemps. En 1872 comme en 1938 il fallait importer du blé et que dire des crises du vin survenues peu après la Commune?)

Dans le cadre de la fédération, une partie de la France aurait continué la lutte et la Prusse n'avait pas les moyens d'occuper durablement le pays, si elle avait eu les moyens de battre une armée française confite dans sa routine (canons qui se chargeaient par la bouche, portée 800m contre canons à culasse, portée 1500m, on imagine la boucherie commise contre les artilleurs français) et l'incompétence de son commandement. L'héroïsme (charge de Reischoffen) ne pouvait rien contre le cartésianisme appliqué à la stratégie et à la tactique.

Au début de la levée massive (Gambetta, Chanzy), Bismarck envisagea sérieusement de proposer une paix blanche: l'Empire allemand était fondé, il connaissait son histoire et ne voulait pas voir son armée détruite dans une guérilla comme le fut celle de Napoléon Ier qui perdit plus d'hommes en Espagne qu'en Russie!

Là-dessus, Thiers vient le voir à Ferrières en Brie et se couche, propose la paix à tout prix! (le foutriquet ne pensait qu'à rétablir l'ordre et la propriété) Divine surprise pour Bismarck qui imposa la confiscation des deux provinces et une énorme rançon, tout en se battant contre les ultras de Prusse pour que l'Empereur n'aille pas plus loin: il ne fallait surtout pas déstabiliser ce Thiers qui nous aimait tant... Eh oui, contrairement à l'idée commune, Bismarck fut toujours au delà des apparences un modéré, un réaliste! Déjà après Sadowa, il imposa une paix qui ne déshonorait pas l'Autriche si elle la ravalait au rang de puissance de second rang.

Pour en revenir à Rossel... Lors de sa désignation comme général en chef des troupes de la Commune, on lui demanda ce qu'il pensait du régime des fédérés.
Réponse lapidaire. "Je pense peu sur le plan politique, mais je suis sûr d'une chose: ce que vous incarnez ne saurait être pire que le régime précédent, ou pire que ce qu'il y a à Versailles".

Un mot sur Rochefort. Son évolution avait pour motivation essentielle un antisémitisme hélas fort bien porté à l'époque, qui transcendait malheureusement les clivages politiques et sociaux.
Ce n'était pas le fruit d'une réflexion sociale; mais une fois que vous êtes embarqué dans le reniement, la pente est en général fatale. Et puis c'est bien connu... La vieillesse est un naufrage.

Vous trouverez aussi chez tel ou tel Communard, en cherchant un peu, des propos antisémites qu'il faut replacer dans le contexte du moment, et qui s'appuyaient sur le vœu de la finance internationale (un peu vite assimilée au pouvoir supposé des juifs) de voir cesser cette guerre à tout prix pour que les affaires reprennent. Bismarck installé à Ferrières en Brie dans la propriété de Rothschild, en plus, ça n'aidait pas
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MessageSujet: Eugène Varlin   Mer 18 Sep 2013 - 15:55


Eugène Varlin (1839 – 1871)



Pendant la semaine sanglante, il se bat sur les barricades dans les Vème, VIème, et XIème arrondissements. Il remplace Delescluze, tué sur une barricade, comme délégué civil à la guerre. Le 26 mai, il tente de s’opposer, sans succès, à l’exécution des otages, rue Haxo. Le 28 mai, vers midi, il combat, avec Jean-Baptiste Clément et Ferré sur la barricade de la rue de la Fontaine-au-Roi, l’une des dernières de la Commune.

Dans l’après-midi, épuisé, il se repose sur un banc, rue Lafayette, près de la place Cadet. Reconnu par un prêtre en civil, il est arrêté et emmené sous les injures et les coups des « amis de l’ordre » dans le XVIIIème arrondissement. Brièvement interrogé, il décline son identité, mais refuse d’en dire davantage. Défiguré par les coups, un œil pendant hors de l’orbite, ses bourreaux l’asseyent sur une chaise pour le fusiller. Varlin fait face avec courage au peloton d’exécution. Il meurt en criant : « Vive la République ! Vive la Commune ! » Le lieutenant Sicre, qui l’avait arrêté, lui dérobe la montre offerte par ses collègues relieurs en 1864. Il la présentera comme trophée dans les soirées mondaines auxquelles il est invité.

Eugène Varlin est l’un des personnages les plus emblématiques de la Commune. Il a laissé l’image d’un militant sincère, irréprochable, fidèle jusqu’à sa mort héroïque à ses idéaux de justice sociale, d’internationalisme et de liberté. Cent quarante après sa mort, il est un exemple et une référence pour celles et ceux qui luttent pour les mêmes idéaux.

http://www.commune1871.org/?Eugene-Varlin-Aux-origines-du






Le 28 mai, dernier jour du massacre, alors qu’il se trouve sur l’un des derniers lieux de résistance, épuisé, assis sur un banc près de la rue Cadet, il est reconnu puis dénoncé par un prêtre en civil. Varlin ne se défend pas et se tait. Livré à la foule, lynché, éborgné par cette tourbe bourgeoise revancharde, il est condamné à mort et fusillé. Avant de fléchir sur le côté droit du corps, il hurle : «Vive la république ! Vive la Commune !» Le lieutenant Sicre, à l’origine de son arrestation, exhibera durant des semaines, dans ses dîners en ville, la montre en argent de Varlin dont il s’est emparé…

Par Eugène Varlin s’ébauche le portrait en républicain du révolutionnaire intègre dès le plus jeune âge, à la fois agité et impassible face aux événements, qu’aucune idée de la démesure ne pouvait contraindre. Mêlé de rugosité humaine et de douceur, Varlin a disparu plutôt que de renoncer d’une manière ou d’une autre à l’idéal : celui qui donne l’empreinte à vie des chemins de la libération humaine.


http://larouetournehuma.blogspot.fr/2011/07/eugene-varlin-le-portrait-en.html

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MessageSujet: Eugène Varlin   Mer 18 Sep 2013 - 16:05


Le calvaire de Varlin

Le dimanche 28 mai à l’aube, à peine échappé d’une des dernières barricades, Varlin errait dans la rue, épuisé, n’en pouvant plus et ne songeant pas à se cacher. Un prêtre qui passait le reconnut, le dénonça à un officier.

Varlin fut saisi. Des soldats lui lièrent solidement les mains derrière le dos avec une courroie. Ils l’emmenèrent sur la butte Montmartre pour prendre les ordres d’un général. Une foule suivait, grossissant toujours. Elle injuriait Varlin. Des femmes lui lançaient de la boue, lui crachaient à la figure, et les soldats le frappaient de coups de crosse, le piquaient à coups de baïonnette.

Interrogé par le général, Varlin ne voulut rien dire. On décida de le fusiller. Une voix cria : « Il faut qu’on fusille ce scélérat rue des Rosiers. » C’était là qu’au début de la Commune des soldats envoyés par Thiers pour prendre les canons des Parisiens avaient fusillé deux généraux. Et d’autres voix crièrent : « II faut le promener encore. Il n’a pas assez souffert. Il est trop tôt. » On traîna donc Varlin à nouveau.

Arrivé rue des Rosiers, on l’adossa au mur d’un jardin. Le lieutenant qui l’avait arrêté et qui commandait l’escorte, — un nommé Sicre — rangea ses hommes qui firent feu. Varlin tomba à terre aux applaudissements des gens du peuple qu’il avait pourtant défendus toute sa vie. Aussitôt après, les soldats se jetèrent sur le cadavre pour l’achever à coups de crosse. Mais- l’officier leur dit : « Vous voyez bien qu’il est mort ; laissez-le. » Alors, ils s’arrêtèrent. Chose infâme, les meurtriers se partagèrent la dépouille de Varlin. Les soldats eurent 248 Fr. 15 contenus dans le porte-monnaie et le lieutenant Sicre s’empara de la petite montre en argent offerte jadis en souvenir par les ouvriers relieurs. C’était toujours autant comme récompense en attendant les médailles militaires et la Légion d’honneur !

Extrait d’une brochure de Maurice Dommanget publiée par l’École émancipée en 1926 et repris en annexe de "La Commune et les communards", supplément à Masses N°9 (mai 1947), coll. Les Égaux (Spartacus).

http://bataillesocialiste.wordpress.com/2010/07/28/le-calvaire-de-varlin/







L'exécution d'Eugène Varlin - la réalité fut moins lyrique : Varlin était presque impotent à force de coups quand il fut fusillé.
Maximilien Luce - Collection du Cercle d'Art

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MessageSujet: Les corps des Communards fusillés   Mar 24 Sep 2013 - 14:31


Les corps des Communards fusillés. Beaucoup de jeunes parmi eux...




Photo : Adolphe Eugène Disderi

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mer 25 Sep 2013 - 3:24

Le plus jeune fusillé avait 11 ans
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mer 25 Sep 2013 - 13:45

11 ans : un enfant ! affraid

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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Mer 25 Sep 2013 - 14:34

Adelayde a écrit:
11 ans : un enfant ! affraid

Oui, pendant la semaine sanglante quand on fusillait sans même une parodie de jugement.
L'histoire est vraie: il a demandé au lieutenant commandant le peloton la permission d'aller porter sa montre, seul élément de richesse de la famille, à sa mère avant d'être exécuté.
L'officier a ricané et lui a dit de f... le camp (manière de lui faire grâce, il n'imaginait pas revoir le gamin) mais quelques minutes après, celui-ci, pour tenir parole, est revenu se placer de lui même devant le peloton, alors commandé par un sergent chef qui n'eut aucun état d'âme.

A noter qu'il était "coupable" (mains couvertes de poudre et un bleu au creux de l'épaule, preuve du recul d'un fusil) Il n'empêche: c'était bel et bien un gosse...
Une semaine plus tard, il aurait sans doute écopé d'un séjour en maison de redressement, pas plus
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MessageSujet: La Mur des Fédérés   Jeu 31 Oct 2013 - 15:04


Le Mur des Fédérés


Le long du Père-Lachaise, le square Champlain abrite un mur quelque peu étrange. En effet, des visages fantomatiques semblent sortir de la pierre dans laquelle ils ont été sculptés. Réalisé en 1909 par Paul Moreau-Vautier, ce mur est un monument dédié aux victimes des Révolutions et fut construit avec les pierres du mur devant lequel on été fusillés les derniers communards. On peut donc apercevoir un ouvrier, un prêtre, un fédéré en uniforme ou encore une mère avec son enfant, tous soutenus par la République éplorée.


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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Lun 11 Nov 2013 - 13:29

Trouvé par hasard le récit concernant Louis Rossel et deux autres exécutés à Satory


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591296f/f1.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591296f/f2.image


Assez cérémonieux tout comme les exécutions civiles

La deuxième page est assez impressionnante!!!!!
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MessageSujet: Re: La Commune - 1871 : condamnés, exécutés...   Lun 11 Nov 2013 - 15:55

Plus tard, des commandants de pelotons d'exécution incitaient à " viser au cœur, sinon vous feriez que prolonger la souffrance du condamné" (en particulier lors des exécutions de mutinés pendant la Grande Guerre)
Il est vrai que si seulement une ou deux balles, mal tirées de surcroît, touchaient le condamné, le supplice en était prolongé.
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MessageSujet: fine analyse historique   Mer 27 Nov 2013 - 11:01

benjamin a écrit:
Mise au point préalable: si je manifeste de l'intérêt pour cette période et du respect pour nombre des acteurs de la Commune à commencer par Rossel, ma ligne de pensée ne m'incline pas à soutenir l'idéologie qui la domina. Je pense que vivant à cette époque, j'aurais fait partie de sa minorité jacobine car jacobin, je suis, pleinement assumé!

Sinon, pour répondre à l'objection... il y a de tous temps des parcours personnels qui sont effectivement surprenants, et cela à toutes les époques (on citera Doriot, viré du PCF pour dérive gauchiste et qui porta l'uniforme nazi quelques années plus tard. Plus proche de nous et plus amusant: Denis Kessler, maoïste de choc dans les années soixante et soixante-dix, devenu trente ans plus tard l'idéologue ultralibéral du Medef :)Il y eut des parcours opposés. Des lignes de fractures différentes entre des eurosceptiques militants qui dix ans après nous incitaient à voter "Oui" au TCE, par exemple - et selon moi, la fracture entre eurosceptiques et europhiles est davantage béante qu'entre droite et gauche)

Mais ce sont bien les individus qui ont changé, et pas leur idéologie de départ qui était en cause (quoiqu'on en pense, je le répète). On chercherait en vain, dans les valeurs défendues par la Commune, un quelconque nationalisme puisque justement les communards voulaient être des fédérés qui entendant détruire les nations, considérant qu'elles étaient à l'origine des guerres.

Je ne sais plus lequel d'entre eux  déclara dans un débat: "si la France avait été une fédération, croyez vous qu'elle aurait pu céder l'Alsace-Lorraine à la Prusse comme le fit ce foutriquet de Thiers? Les Alsaciens l'auraient envoyé se faire foutre!"
Selon eux, chaque région devait s'administrer comme elle l’entendait et passer des contrats d'assistance et de soutien avec tous les peuples - pas seulement ceux de l'ancienne France. Région et pas provinces (autres points de clivage avec "le bloc identitaire") dont les contours eux mêmes devaient évoluer au gré de la démocratie directe.

D'ailleurs, la Fédération répondait à la situation de l'époque! La France en devenir qui créait la richesse du moment par l'industrie en profonde gestation se voyait contrainte de céder au germanisme par une France rurale profondément arriérée (ne pas oublier que l'agriculture française - au delà des clichés - était encalminée par sa routine et ses exploitations d'un autre âge et qu'elle le demeura longtemps. En 1872 comme en 1938 il fallait importer du blé et que dire des crises du vin survenues peu après la Commune?)

Dans le cadre de la fédération, une partie de la France aurait continué la lutte et la Prusse n'avait pas les moyens d'occuper durablement le pays, si elle avait eu les moyens de battre une armée française confite dans sa routine (canons qui se chargeaient par la bouche, portée 800m contre canons à culasse, portée 1500m, on imagine la boucherie commise contre les artilleurs français) et l'incompétence de son commandement. L'héroïsme (charge de Reischoffen) ne pouvait rien contre le cartésianisme appliqué à la stratégie et à la tactique.

Au début de la levée massive (Gambetta, Chanzy), Bismarck envisagea sérieusement de proposer une paix blanche: l'Empire allemand était fondé, il connaissait son histoire et ne voulait pas voir son armée détruite dans une guérilla comme le fut celle de Napoléon Ier qui perdit plus d'hommes en Espagne qu'en Russie!

Là-dessus, Thiers vient le voir à Ferrières en Brie et se couche, propose la paix à tout prix! (le foutriquet ne pensait qu'à rétablir l'ordre et la propriété) Divine surprise pour Bismarck qui imposa la confiscation des deux provinces et une énorme rançon, tout en se battant contre les ultras de Prusse pour que l'Empereur n'aille pas plus loin: il ne fallait surtout pas déstabiliser ce Thiers qui nous aimait tant... Eh oui, contrairement à l'idée commune, Bismarck fut toujours au delà des apparences un modéré, un réaliste! Déjà après Sadowa, il imposa une paix qui ne déshonorait pas l'Autriche si elle la ravalait au rang de puissance de second rang.

Pour en revenir à Rossel... Lors de sa désignation comme général en chef des troupes de la Commune, on lui demanda ce qu'il pensait du régime des fédérés.
Réponse lapidaire. "Je pense peu sur le plan politique, mais je suis sûr d'une chose: ce que vous incarnez ne saurait être pire que le régime précédent, ou pire que ce qu'il y a à Versailles".

Un mot sur Rochefort. Son évolution avait pour motivation essentielle un antisémitisme hélas fort bien porté à l'époque, qui transcendait malheureusement les clivages politiques et sociaux.
Ce n'était pas le fruit d'une réflexion sociale; mais une fois que vous êtes embarqué dans le reniement, la pente est en général fatale. Et puis c'est bien connu... La vieillesse est un naufrage.

Vous trouverez aussi chez tel ou tel Communard, en cherchant un peu, des propos antisémites qu'il faut replacer dans le contexte du moment, et qui s'appuyaient sur le vœu de la finance internationale (un peu vite assimilée au pouvoir supposé des juifs) de voir cesser cette guerre à tout prix pour que les affaires reprennent. Bismarck installé à Ferrières en Brie dans la propriété de Rothschild, en plus, ça n'aidait pas

C'est extrêmement pertinent comme analyse , Bravo à Benjamin. La récupération par l'extrême droite de la Commune n'est pas un fait nouveau. Les collabos sous l'occupation adoraient se rendre au Mur des fédérés pour exalter le souvenir de la Commune.
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