La Veuve

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 Marc-Antoine Charrier - 1793

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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Marc-Antoine Charrier - 1793   Lun 15 Avr 2013 - 16:10

Marc-Antoine Charrier, né le 25 juillet 1755 à Nasbinals en (Lozère) et mort guillotiné à Rodez dans l'(Aveyron) le 17 juillet 1793, était le fils d'un avocat, et a suivi lui-même des études de droit. C'est ainsi qu'il devint lui même notaire royal dans son village de Nasbinals, sur l'Aubrac. Lors des états généraux de 1789, c'est lui qui est élu pour représenter le Tiers Etat alors que le marquis dApcher (personnage apparaissant de manière complètement déformée et imbécile dans le film "Le pacte des loups"), qui devait représenter la Noblesse, se fit rapidement remplacer par son cousin, le marquis de Chateauneuf-Randon.

L'ironie du sort est que ce fut le représentant de la Noblesse, Chateauneuf-Randon, devenu général jacobin et représentant de la République, qui réduisit la révolte royaliste menée par Charrier, représentant du Tiers-Etat et qu'il conduit à la guillotine.


Dès l'année 1791, des volontés contre-révolutionnaire s'affichent dans le département, menées essentiellement par des membres du clergé. La noblesse n'y participe guère et va au contraire intervenir en soutien de la République.

En février 1792, à la suite d'un accrochage, diverses personnes sont mises en accusation, dont Marc-Antoine Charrier.

En mai 1792, l'abbé Claude Allier, un royaliste de la ville de Mende, mène une opération en Ardèche avec le comte de Saillans mais celle-ci échoue et le comte est exécuté.

L'abbé Allier demande alors à Marc-Antoine Charrier de l'aider à mener la contre-révolution en Lozère. Ce dernier, qui avait été nommé général de l'armée chrétienne du Midi, rassemble des combattants et c'est ainsi qu'il mène l'insurrection en Gévaudan contre les révolutionnaires animés par le marquis de Chateauneuf-Randon.

L'offensive débute dans la nuit du 25 au 26 mai 1793 à Rieutort-d'Aubrac avec plus de 1 500 combattants, puis Charrier marche sur la ville de Marvejols qui se rend sans résistance.

Le lendemain, 27 mai, il marche sur Mende. Les habitants de la ville accueillent avec joie les forces de Charrier mais les troupes républicaines de plusieurs départements, dont celui de l'Aveyron, convergent vers la ville.

Le 30 mai, Charrier se dirige alors vers Chanac, où se situe la résidence d'été de l'évêque. Le château est tenu par des républicains aveyronnais mais il tombe aux mains des troupes de Charrier après un violent combat. C'est une nouvelle victoire pour celui-ci mais informé de l'arrivée de nouvelles troupes républicaines fortes de 3 000 hommes, il décide d'abandonner la lutte. Après avoir licencié ses hommes et abandonné son matériel de guerre, Marc-Antoine Charrier va se cacher dans une ferme près de Nasbinals en Aubrac.


Pendant trois jours, il trouva refuge dans un souterrain qu'il avait aménagé sous une grange, près de la BorieGrande, où il fut délogé par dix gendarmes que Baptiste Séguy, son fermier, avait été forcé de renseigner. Après une nuit passée dans une cabane, sur la route qui sépare Nasbinals d'Aubrac, puis une halte à Espalion dont la population avait été invitée à ne pas mettre les sabots dehors, Charrier arriva à Rodez où l'attendait une série d'interrogatoires citoyens:


«Pour quelle cause avès vous été arrêté?

Pour un armement fait dans le département de la Lozère. Quel but avoit cet armement?

De rétablir la religion catholique, apostolique et romaine. Votre demeure?

Les bois et les montagnes.

Avois vous quelques correspondances avec les révoltés de la Vendée?

Non. »



Mais Charrier ne manqua jamais de correspondance avec les contrerévolutionnaires rouergats, paysans, nobles ou bourgeois qui le suivirent, les Pourquery, chefs des « brigands du Bourg », Levasseur, chef des « brigands de Mandailles », les frères Bastide, de Laissac, Mercier, Bach, de Saint-Geniez, PonsCouffoulens, de SaintCôme, Caplat, de Séverac, le chevalier de Salgues, gentilhomme des montagnes, ancien officier du régiment d'Enghien.

Charrier connaissait bien le Rouergue, et en particulier Vergohac, près de Saint Georges deLuzençon, où il résidait souvent chez son beau-frère Valette, alors qu'il devait se faire oublier en Gévaudan.

À la veille de sa mort, il refusa la présence d'un prêtre jureur à ses côtés et rédigea un testament « au nom de la très sainte trinité », où il demanda le pardon de ses fautes à Dieu, l'intercession de « la très Sainte Vierge », de son « saint ange gardien », de tous les saints et saintes du paradis et de ses deux saints patrons.

Il remercia «les autorités constituées et les gardes nationaux de la ville de Rodez », le tribunal qui a innocenté sa femme, en partie grâce à l'intervention de son vieil ennemi, le marquis de Châteauneuf-Randon. Alors que son épouse était enceinte d'une enfant qu'il ne connaîtrait pas, Charrier lui demanda pardon pour les tourments endurés. Enfin, il légua à son « concierge » Ginad son uniforme royal et à son beau-frère cadet ses épaulettes, bien que ce dernier, patriote, eût toujours raillé son combat.

Il est guillotiné le 17 juillet 1793 à l'âge de 38 ans, à Rodez place de la Liberté (de nos jours place du Bourg).

Châteauneuf-Randon permettra à sa femme de se retirer en Aveyron, à Saint-Georges-de-Luzençon.

Son portrait:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69436533
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Marc-Antoine Charrier - 1793   Lun 15 Avr 2013 - 16:14

http://archives.lozere.fr/archive/panneau-la-couronne-et-le-bonnet-phrygien-67
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pilayrou
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MessageSujet: Re: Marc-Antoine Charrier - 1793   Lun 15 Avr 2013 - 18:02

Monsieur et Madame Veto peuvent être fiers de leur trahison. Crying or Very sad Ils auront mené bien des gens dans le tombeau ou dans la m..... !
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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: Marc-Antoine Charrier - 1793   Mar 16 Avr 2013 - 2:00

C'est vrai, il a trahi, en un certain sens, ses soldats et ses amis, quand il aurait pu faire fusiller la lie humaine qui donna l'assaut aux Tuileries et rétablir l'ordre, prévenant ainsi la litanie de massacres sans fin qui allaient s'ensuivre au nom de la Liberté (ce qui, comme disait Mme Roland, n'était qu'un vain mot et le reste encore). Ce que Napoléon Ier allait lui reprocher. Mais Louis avait des scrupules et croyait assez dans les idéaux de la Révolution. Bonape n'en avait aucun et était opportuniste à l'extrême, jouisseur et avide de pognon.

Mais plus que trahir, il a déçu son pays, en le laissant aux mains d'une bande de fous dangereux, comme Robespierre et sa clique, ou de corrompus sanguinaires comme Danton, ou de pervers comme Fouquier-Tinville, ou de frustrés comme Fouché, qui allaient transformer la France, la plus riche, la plus puissante, la plus développée des nations de l'époque en un abattoir géant, dont elle ne s'est toujours pas relevée et porte encore les cicatrices. Suffit de voir des gens comme Mél*nch*n, prêts à couper le col de leurs concitoyens, l'insulte au bec et la médiocrité dans le ciboulot.

Sa mort tragique ne fit guère pleurer, les gens lui en voulant beaucoup de les avoir mis dans la m*rde de cette révolution qu'il ne voulut pas contrôler, alors qu'il aurait eu tous les moyens de le faire.

Vous savez très bien que la peine de mort était en voie de disparition à la fin de l'Ancien Régime.
Moins de 100 exécutions par an pour la France.

Et bien patatras, on en a repris plus de 10.000 par an, et cela allait durer.
Bravo à cet homme, qui interdit la torture !!! C'était un utopiste qui croyait à la bonté naturelle du genre humain.

S'il avait été décidé, il aurait pu rejoindre à cheval les lignes autrichiennes (ce qui, pour un chasseur habitué à passer ses journées sur un dada, n'était rien) et aurait épargné à la France des souffrances sans nom.

Je suppose que c'est ça, la trahison que vous invoquiez. Nous nous sommes bien compris.


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MessageSujet: Re: Marc-Antoine Charrier - 1793   

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