La Veuve

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 Joseph Renard - 1913

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piotr
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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   Dim 20 Mai 2012 - 18:03

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5645987/f2.image.r=guillotine.langEN
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MessageSujet: Joseph Renard - 1913   Sam 13 Avr 2013 - 16:43


Exécution de Joseph Renard, à Versailles.
Bien mauvais cliché ! Le Petit Parisien, du 02/02/1913.
(source gallica bnf.fr)
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   Sam 13 Avr 2013 - 17:20


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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   Sam 13 Avr 2013 - 17:25




Joseph Renard - Photos anthropométriques postées par boisdejustice sur ce fil :

http://guillotine.cultureforum.net/t2360-une-enigme-de-boisdejustice-alexandre-britannicus-joseph-renard

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MessageSujet: Exécution de Renard   Sam 13 Avr 2013 - 18:31

L'exécution de Renard
___________

Renard, le sinistre assassin du brigadier de gendarmerie Dormoy, a expié son crime hier matin, à Versailles. Dans la nuit, de vagues rimeurs étaient parvenues de Paris.
On redoutait, assuraient les gens bien informés, un attentat anarchiste au moment de l'exécution, voire l'apparition intempestive du bandit Lacombe. Rien n'est venu troubler l'ordonnance de la lugubre cérémonie, dont les phases se sont succédé au milieu de l'indifférence si caractéristique des habitants de la Ville des Rois.

A peine un légère animation était-elle sensible dans les cafés du centre autour du Palais de justice et dans les établissements voisins, quelques groupes, quelques consommateurs. Clientèle de journalistes surtout.
Une ordonnance de police avait prescrit la fermeture de tous les débits pour minuit et demi. Impitoyables, des patrouilles de gardiens de la paix jetèrent à la rue, sous la bise glaciale, tous ceux qui avaient espéré
trouver un abri jusqu'aux premières heures du jour. Le froid, la perspective monotone d'une promenade au long des allées désertes ne tardèrent pas à décider les plus courageux, les plus entêtés, a regagner leurs lits.

LES PRÉPARATIFS


Les troupes coopérant au service d'ordre, que l'on avait voulu très important, prirent leurs positions vers trois heures et demie du matin.
La guillotine allait être dressée rue Saint-Pierre, sur le trottoir qui longe le Palais de justice et la prison, à trois mètres environ de la porte d'entrée principale de cette dernière. Elle serait placée perpendiculairement au mur, de façon que le condamné ne l'aperçût pas dès le seuil.

Ainsi en avait décidé, d'accord avec M. Deibler, le procureur de la République, au cours d'une brève conférence tenue après l'audience du procès de Mme Clerc. L'exécuteur des hautes œuvres avait assisté, d'ailleurs, en spectateur attentif, à la majeure partie de cette audience. Reconnu par le public, il avait dû se soustraire à une curiosité gênante.

Les dragons à cheval, les artilleurs, les sapeurs du génie se placèrent à deux cents mètres environ de chaque côté de la prison, formèrent tout une série de barrages qui ne laissèrent passer que les porteurs de coupe-files spéciaux. Quatre à cinq cents hommes, sans compter les gendarmes et la police municipale, étaient ainsi échelonnés des réserves étaient, en outre, dissimulées dans les cours de la préfecture et du Palais de justice.
Personne aux fenêtres, par ordre. L'une d'elles s'entr'ouvrait-elle qu'elle devait aussitôt se refermer, sous menace de contravention pour les curieux qui avaient formé le projet de l'occuper. Ils étaient, d'ailleurs, extrêmement rares, une vingtaine tout au plus. Derrière les barrages, deux cents personnes à peine, parmi lesquelles MM. Autrand, préfet de Seine-et-Oise le docteur Paul, médecin légiste, Faivre, chef de la première brigade mobile, etc.

La veuve du brigadier Dormoy était venue pour assister à l'exécution elle apportait la nouvelle que le maire d'Angerville avait déposé, hier même, au, nom de ses adminisrés, une couronne au pied de l'arbre oùavait succombé son mari. On lui fit comprendre qu'il n'était point séant qu'elle affichât son désir de vengeance. Elle comprit et se retira.

DANS LA PRISON


Dans sa cellule du rez-de-chaussée de la prison, au fond d'une cour, Renard dormait profondément; quatre-vingt-trois jours s'étaient écoulés depuis sa condamnation.
Aux cauchemars qui avaient troublé ses nuits jusqu'à la quinzaine dernière, un calme relatait avait succédé. Le misérable espérait que Poincaré, en don de joyeux avènement, octroierait quelques grâces la sienne ne pouvait manquer d'être du nombre. Sa santé, un moment altérée, s'était presque rétablie. La confiance lui était revenue.
Le montage des bois de justice qui, commencé vers cinq heures et demie, fut terminé une heure après, les chevauchées des patrouilles sur le pavé sonore, rien ne le réveilla.

A six heures trente, M. Perrussel, procureur de la République, accompagné de MM. Bonin, substitut ; Fredin et Rosenfeld, juges d'instruction ; Henri Gérault, défenseur de Renard, et Balthazard, commissaire central, pénétrait à l'intérieur de la prison. Un prêtre, M. l'abbé Battut, le suivait également.

Trois gardiens précédaient le petit groupe qui, par les couloirs faiblement éclairés, gagna la cellule du misérable. Au bruit des verrous, Renard eut un sursaut, ouvrit les yeux, s'assit, s'écria : « Ah! c'est donc pour ce matin ».
Renard, répéta le procureur, vous comprenez pourquoi je suis ici. Votre pourvoi en cassation a été rejeté votre recours en grâce également. C'est le moment d'avoir de l'énergie. Votre avocat, Me Gérault est ici en même temps qu'un prêtre. Désirez-vous les entretenir ?

L'assassin a pâli, ses traits se creusent, ses yeux brillent d'un éclat de folie, il écume, les injures viennent à sa bouche. Puis, comprenant la vanité de cette colère suprême, il se radoucit :
Je voudrais voir mon avocat.
Me Gérault pénétra dans la cellule et son arrivée eut le don de transformer aussitôt l'attitude de Renard. Sans forfanterie, avec courage, il gravit les dernières étapes du calvaire d'infamie.

Il remercia chaleureusement son défenseur et l'abbé Battut, qui le confessa. Entrainé pour la toilette dans une petite pièce attenante au bureau du gardien-chef, il refusa la cigarette et le verre de rhum traditionnels. Lorsqu'on voulut lui lier les pieds et les mains, il eut un nouveau mouvement de révolte, que calma encore l'intervention de Me Gérault.

Au moment où les aides du bourreau vont l'entraîner, à deux reprises et à voix haute, il appelle : « Monsieur le procureur! Monsieur le procureur! »
M. Perrussel s'avance vers lui et reçoit cette déclaration in extremis
Mon acte n'était pas prémédité. Je le regrette. Je le paie bien cher. Je ne dis pas cela pour moi, mais pour les miens qui pleurent.
— Songez à la malheureuse veuve du brigadier Dormoy
, lui est-il répondu.

LA FIN


Et ce sont les dernières secondes. Sept heures sonnent.
Le crucifix aux lèvres, il avance à pas menus parmi le grand silence solennel qui s'est fait dans la rue. Il tourne ; il fixe le couperet. Durant quelques parcelles de temps qui paraissent des siècles il reste là, debout, regardant l'acier où le jour naissant allume de pâles reflets. Il est petit, porte les cheveux noirs un peu longs une grosse moustache barre sa face livide. Son regard est d'une fixité effrayante.

Bientôt cette vision, qui a duré l'espace d'un éclair, s'écroule sur la bascule, cette vie s'anéantit. Du lointain on perçoit quelques applaudissements et déjà la charrette, emportant les restes du supplicié, roule, encadrée de gendarmes à cheval, vers le cimetière des Gonards, sur la route de Buc, où l'inhumation a lieu sans aucun incident.


(Source : gallica bnf.fr) Le Petit Parisien, du 02/02/1913.
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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   Mar 11 Juin 2013 - 11:57




Deux belles photos postées par Testou sur le fil "La Bande à Bonnot - erreurs, billevesées et j'en passe..." :


http://guillotine.cultureforum.net/t2640p30-la-bande-a-bonnot-erreurs-billevesees-et-j-en-passe

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MessageSujet: L'exécution de Joseph Renard   Sam 19 Oct 2013 - 14:26



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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   Lun 9 Fév 2015 - 19:27



http://www.angerville91.fr/r_dormoy/lpj18299.htm
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MessageSujet: Re: Joseph Renard - 1913   

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