La Veuve

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 André Chénier - 1794

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Titus_Pibrac
Monsieur de Paris


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MessageSujet: André Chénier - 1794   Ven 12 Avr 2013 - 17:46

Une autre victime des Jacobins:

André Chénier fut arrêté à Passy le 7 mars 1794 alors qu’il rendait visite à son amie, Mme Pastoret.
Venant de Versailles, il était accompagné de Émilie-Lucrèce d’Estat qui, comme lui, avait participé aux achats de votes de conventionnels pendant le procès de Louis XVI. Mlle d’Estat, maîtresse puis épouse de José Ocariz, l’ancien chargé d’affaires ayant rang d’ambassadeur espagnol à Paris avant la déclaration de guerre, qui avait supervisé cette vaste opération de corruption, avait conservé des papiers relatifs à cette affaire. Ce dossier très important qu'André Chénier eut entre les mains fut activement recherché par les comités de l’an II.

Sachant que Mlle d’Estat, dont le frère et la sœur venaient d’être guillotinés, était elle-même en grand danger, Chénier se mit courageusement en avant, créant une espèce de confusion à l’occasion de laquelle Mlle d’Estat put s’esquiver tandis qu’on l’emmenait, lui, en prison à Saint-Lazare.

Impliqué dans une des fausses conspirations qui permettaient d’exécuter les suspects sans les entendre, il fut condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, pour avoir « recélé les papiers de l'ambassadeur d'Espagne ». Mais il fut surtout accusé comme « ex-adjudant chef et chef-de-brigade » sous les ordres de Charles-François Dumouriez et « d'un mémoire contre des habitants de la commune de Breteuil alors que c'est son frère « Sauveur » Chénier qui en était l'auteur et qui était lui-même emprisonné à Beauvais ».

Il fut aussitôt guillotiné le 7 thermidor, avec le poète Jean-Antoine Roucher et Frédéric de Trenck, deux jours avant l’arrestation de Robespierre.

La veille de sa mort, il aurait écrit l’ode La Jeune Captive, poème qui parle d'Aimée de Coigny.

Ses dernières paroles prononcées avant de monter sur l’échafaud en s'adressant au poète Jean Antoine Roucher ont été « je n'ai rien fait pour la postérité » et de rajouter (se désignant la tête) : « Pourtant, j’avais quelque chose là ! » ou « C'est dommage, il y avait quelque chose là ! ».

Son corps fut jeté avec 1 300 autres victimes de la Terreur et de la guillotine place de la nation dans une fosse commune du couvent des chanoinesses devenu le cimetière de Picpus à Paris9.

Il est, avec Chatterton et Gilbert, l’un des trois auteurs « maudits » présentés par le Docteur Noir dans le Stello d’Alfred de Vigny. Considéré par les romantiques comme leur précurseur, sa destinée a inspiré l’opéra vériste d’Umberto Giordano, Andrea Chénier, dont la première eut lieu à La Scala de Milan, le 28 mars 1896.

Son vers « Elle a vécu Myrto, la jeune Tarentine » demeure indissolublement lié à son nom.

Il écrivit aussi un poème en l'honneur de Charlotte Corday, intitulé Ode à Marie-Anne-Charlotte Corday.

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Titus_Pibrac
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MessageSujet: Re: André Chénier - 1794   Ven 12 Avr 2013 - 17:55

Notons que son frère, proche de Robespierre, tout en gardant ses distances, fut accusé de n'avoir rien fait pour le sauver, ce qui ne l'empêcha pas de faire une fort belle carrière:

Citation :
Membre du club des Cordeliers et de la Commune de Paris, Marie-Joseph Chénier avait été élu député à la Convention par le département de Seine-et-Oise. Il y fut du parti de Danton. Il vota la mort de Louis XVI. Sur son rapport, à la fin de 1792, fut décidé l'établissement des écoles primaires et, le 3 janvier 1795, l'attribution de 300 000 francs de secours entre 116 savants, littérateurs et artistes. Sous le Directoire, il fut membre du Conseil des Cinq-Cents. Il prit part à l'organisation de l'Institut de France et fut placé dans la troisième classe (littérature et beaux-arts).
Il participa, avec le peintre David et le compositeur François-Joseph Gossec, à l'organisation de nombre des grandes fêtes révolutionnaires entre 1790 et 1794. Si l’hymne qu'il avait préparé pour la fête de l'Être suprême fut refusé par Robespierre, son Chant du départ1 est presque aussi célèbre que La Marseillaise, dont il a co-signé le septième couplet, dit « couplet des enfants », en octobre 1792, avec Jean-Baptiste Dubois et l'abbé Dubois. Il est l'auteur de l'Hymne du Panthéon, mis en musique par Cherubini (1794).
Membre du Tribunat sous le Consulat, il en fut chassé en 1802 au moment de l'épuration de cette assemblée. En 1803, il fut néanmoins nommé inspecteur général des études de l'Université. L'année suivante, à l'occasion du couronnement de Napoléon, il fit jouer la tragédie de Cyrus, qui ne fut représentée qu'une fois : s'il y justifiait l'Empire, c'était en donnant des conseils à l'Empereur et en plaidant pour la liberté, ce qui était le meilleur moyen de déplaire, et déplut effectivement. Mortifié, Chénier revint au parti républicain dans son élégie La Promenade (1805) et, en 1806, démissionna de ses fonctions d'inspecteur général.

Marie-Joseph Chénier fit jouer, en 1792, Caïus Gracchus dont on a retenu l'hémistiche fameux : « Des lois, et non du sang ! » qui lui valut d'être interdite, à l'initiative du député montagnard Albitte, car on crut y voir une critique du régime révolutionnaire.
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