La Veuve

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 Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926

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Adelayde
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MessageSujet: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Lun 15 Oct 2012 - 15:23


Marie Lefèbvre- Lemaire – le crime d’une belle-mère

Les faits

Marie Lemaire, épouse Lefebvre - 61 ans. En voiture entre Lille et Fournes, le 26 août 1925, abat d'une balle dans la tête sa bru, Antoinette Mulle, 31 ans, enceinte de sept mois, par jalousie et avarice : millionnaire, elle trouvait sa belle-fille trop dépensière, et ne supportait pas que son fils aîné André Lefebvre, notaire, la délaisse pour cette étrangère.

Condamnation : 30 octobre 1926,
Grâce : 11 décembre 1926.

Source : l’excellent site de Nemo - Sylvain Larue :

http://guillotine.voila.net/Condamnations.html







Le Petit Journal Illustré – 13 septembre 1925






TERRIBLE DRAME A LILLE
----------
AU COURS D'UNE PROMENADE EN AUTO
UNE SEXAGÉNAIRE BLESSE MORTELLEMENT SA BELLE FILLE
----------
CE CRIME PRÉMÉDITÉ SERAIT DÛ A LA JALOUSIE


Lille, 27 août (dép. Petite Parisien.)


Il y a huit jours, Mme Lefebvre, une sexagénaire demeurant à Hem, invitait son fils, M. André Lefebvre, notaire à Fournes, a venir passer la journée de mercredi chez elle avec sa jeune femme.
Le jeune ménage se rendit à cette invitation et, après avoir passé l'après-midi à Hem, il décida de rentrer à Fournes avec Mme Lefebvre. Tous trois prirent place dans une auto, M. Lefebvre au volant, et les deux femmes à l'arrière.

La voiture allait à bonne allure. Après avoir traversé Lille, elle sortait par la porte de Béthune et s'engageait sur la Toute de Fournes, lorsque Mme Lefebvre pria son fils, sous le prétexte de gagner du temps, de prendre une route de traverse appelée le chemin da la Solitude. Le jeune homme acquiesça.
A peine avait-il parcouru une centaine de mètres qu'il entendit un coup de feu. Il se retourna et vit sa femme affalée sur la banquette, perdant du sang par une large blessure au front. La mère tenait dans la main un revolver.
Sans perdre de temps, M. Lefebvre fit demi-tour et conduisit son épouse à l'hôpital de la Charité de Lille. La malheureuse succomba en arrivant.


Les déclarations du mari

Le juge d'instruction, M. Dufayet, a fait subir cet après-midi l'interrogatoire d'identité à Mme Lefebvre-Lemaire.
Invitée ensuite à fournir des explications, elle s'y refusa, déclarant qu'elle ne répondrait qu'en présence d'un avocat. Toutefois, elle répéta plusieurs fois qu'elle regrettait son acte.
- Je ne comprends pas ce qui s'est passé. C'est horrible, et je donnerais toute ma vie, pour n'avoir pas vécu cela !
Après avoir fait écrouer Mme Lefebvre, le juge d'instruction fit introduire dans son cabinet le malheureux mari de la victime, M. André Lefebvre, notaire à Fournes, dont l’interrogatoire dura plus d'une heure.
Le notaire, dont le chagrin est immense, et dont l'état de prostration fait peine à voir, dut faire effort pour répondre aux multiples questions qui lui furent posées.


Il refit d'abord le récit du drame.
- J'étais au volant, dit-il, ma mère et ma femme, installées, derrière moi, semblaient converser amicalement. Soudain, un coup de feu retentit. Je crus d'abord qu’un pneu arrière avait sauté et, avant de de songer à arrêter ma voiture, je me retournai. C'est alors que je vis ma femme, la figure en sang. Ma mère, dont le regard était effrayant, tenait dans sa main un revolver, Je compris l'affreux drame et mon grand malheur, mais, espérant que la blessée n'était pas grièvement atteinte, je n'eus qu'une idée, la conduire au plus tût dans un hôpital. Hélas ! c'est une morte que j'amenai à la Charité.

M. Lefebvre entretint ensuite le juge d'instruction des relations existant entre les deux femmes.
- Elles étaient, précise-t-il, sinon affectueuses, du moins cordiales. Aucun dissentiment grave ne séparait ma femme et ma mère. Celle-ci cependant, comme cela se produit fréquemment, était encline à s'occuper des choses de notre ménage. Cela n'était pas sans déplaire à ma femme, mais elle avait l'intelligence de ne pas le faire voir, et supportait sa belle-mère sans acrimonie.
- Je ne me souviens pas qu'une discussion ait éclaté entre elles. Il est toutefois probable que ma mère s'était rendu compte que ma femme n'accepterait jamais d'intrusion dans l'intimité de notre ménage. Elle en éprouvait quelque jalousie. C'est le seul mobile que je vois à ce drame affreux.
- Je dois, en outre ajouter, continua le notaire, que depuis que ma mère a traversé la période critique qui déprime toutes les femmes, elle était sujette à de graves troubles. Son caractère se modifia, sa santé s'altéra et bientôt elle montra un dérangement psychique caractérisé. Le drame d'hier est l'acte d'une folle c'est la seule explication que je puisse donner, il n'en faut pas chercher d'autre…


Au cours de son interrogatoire, M. Lefebvre a fait connaître que sa mère avait fait l'acquisition du revolver dont elle fit usage il y a un peu moins de deux mois, à Vichy ou à Paris. Comme elle ignorait le maniement de cette arme, elle s'en fit expliquer le mécanisme par son fils lui-même.
- Je ne pensais pas, ajouta le malheureux, que ma mère en ferait ce triste usage. Je croyais qu'elle en avait fait l'acquisition pour se défendre au cas où des malfaiteurs se seraient introduits chez elle. Hélas, inconsciemment, J'ai aidé au meurtre de celle que je chérissais de toute mon âme et qui, dans deux mois devait me donner le grand bonheur d'être père. Aujourd'hui ma vie est brisée. Non, je ne pourrai jamais croire à l'affreuse réalité : ma mère meurtrière de ma femme, meurtrière à la fois de mon enfant, c'est horrible, c'est, épouvantable.

Et, telle une loque humaine, le notaire s'effondra sur une chaise, et l'interrogatoire se termina ainsi dans les sanglots.


Crime prémédité
II a été procédé ce soir l'autopsie de la victime. Le coup de feu a été tiré à bout portant, et le projectile a traversé complètement la boite crânienne pour se loger sous les muscles de la tempe droite.
Après les constatations médicales, le corps a été placé dans un cercueil et transporté à Fournes, où auront lieu les funérailles.
La douille de la cartouche a été retrouvée dans l'automobile, qui avait été placée sous scellés.

La descente du parquet à Fournes a été assez fructueuse. Une perquisition au domicile du notaire a permis à la justice de saisir un certain nombre de lettres adressées à Mme Lefebvre par sa belle-mère. Ces lettres contiennent toutes des menaces. On lit des passages comme ceux-ci :
« Il faut que mon fils soit heureux et il le sera. »
Il semble donc que la préméditation soit bien établie et que l'inculpation sous laquelle sera poursuivie la criminelle sera celle d'assassinat et non de meurtre, comme on l'avait tout d'abord pensé,

Le Petit Parisien, n° 17 713 du 28 août 1925

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Dernière édition par Adelayde le Lun 15 Oct 2012 - 22:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Lun 15 Oct 2012 - 15:24


LA BELLE-MÈRE MEURTRIÈRE
----------
« CRIME D'UNE AVARE » déclarent les parents de la victime
« CRIME D'UNE FOLLE» » répondent les proches de Mme Lefebvre
-----=-----

Lille, 28 août (de notre envoyé spéc.)


A quel mobile a obéi Mme Lefèbvre-Lemaire en tuant sa belle-fille ? Le mari de la victime a donné, hier, une explication. « Jalousie maternelle », a-t-il dit. Puis il a ajouté :
« C'est le crime d'une folle ! »

Évidemment, le malheureux mari ne peut se faire l'accusateur de sa mère. Certains laissent entendre qu’il pourrait avoir une part de responsabilité dans la mort de sa femme. C'est là une appréciation purement calomnieuse. Le ménage du notaire était des plus unis. M. Lefebvre, mutilé de guerre, au surplus, avait un véritable culte pour sa femme, qui appartenait, comme lui, à une excellente famille.

Avarice de millionnaire

Notre enquête à Hem et à Lannoy nous a permis de recueillir d'intéressants renseignements. C'est ainsi que nous avons appris qu'il y a un peu plus d'un an, que M. Guillaume Lefebvre, sa femme, née Marie Lemaire, et leur fils, âgé d'une trentaine d'années, avaient cédé une importante brasserie qu'ils possédaient à Roubaix pour se retirer dans une villa à Hem. La fortune de M. Lefebvre est considérable et surtout constituée par d'importants lots de terrains, destinés à des constructions éventuelles, et qui se vendent fort avantageusement.

Les parents s'étant retirés à la campagne, M. Lefebvre fils voulut trouver une occupation et acheta la charge de notaire de Fournes, vacante depuis peu. Le 6 août de l'année dernière, il épousait, à Lannoy, une amie d'enfance, Mlle Antoinette Mulle, fille également d'un brasseur de cette ville.

Les jeunes époux auraient connu un bonheur paisible sans les sautes d'humeur de Mme Lefebvre-Lemaire. D'un caractère acariâtre, la belle-mère avait un autre défaut l'avarice. « II ne faut pas chercher d'autre mobile à ce crime », nous a-t-on dit, et, en effet, les précisions que nous avons pu obtenir semblent indiquer que Mme Lefebvre, pourtant plusieurs fois millionnaire, en était arrivée à haïr sa belle-fille parce que celle-ci dépensait à son gré trop d'argent.

Des pierres fausses…
La victime menait, en effet, un train de vie brillant, certes, mais non exagéré, et tout à fait en rapport avec la situation de fortune son mari et la sienne propre. Sa belle-mère, au contraire, contraignait sa famille à vivre chichement avec une seule domestique. Dès le début du mariage de son fils, elle fit de fréquentes remontrance à sa bru qui avait l'habitude de visiter les grands magasins pour y faire des
achats, et qui ne trouvait pas exagéré de commander, des toilettes chez un bon faiseur, et de payer cent francs, voire davantage, une paire de chaussures... Un exemple prouvera mieux à quel degré d’avarice en était arrivée la meurtrière. Le jour du mariage de son fils, elle offrit comme cadeau de noces à sa belle-fille un bijou serti de pierres fausses ! La haine implacable qu'avait vouée à la femme de son fils Mme Lefebvre-Lemaire a pour point de départ cet amour de l'argent.


Certains vont jusqu'à dire - mais ceci n'est pas prouvé - que la naissance prochaine d'un héritier, qui aurait pourtant dû réjouir son cœur de grand'mère, dérangeait peut-être certaines combinaisons financières et qu'en tuant sa bru enceinte la criminelle voulait surtout détruire l'héritier éventuel.
Toutefois, l'attitude de cette femme, qui, à son âge et avec un sang-froid inconcevable, a commis ce crime odieux, ne semble pas permettre d’écarter définitivement la version de la démence. L'amour de l'argent aurait rendu folle Mme Lefebvre, l'aurait conduite jusqu'au crime.

« Antoinette souriait… » dit M. Mulle
Il nous restait à entendre les parents de la victime et ceux de la meurtrière. Nous sommes allés voir M. Mulle à Lannoy, le frère de la morte. Un valet de pied nous a introduits dans un magnifique salon. M. Mulle est un homme jeune et vigoureux. Ses premières paroles, prononcées d'un ton sec et d'une voix éteinte, sont pour nous avertir qu'il ne nous dira rien…
Mais il parle tout de même, et malgré lui peut-être. Il nous dit la douleur atroce dans laquelle sa famille et lui sont plongés.
Nul, précise-t-il, ne pouvait prévoir ce drame. Certes, Mme Lefebvre-Lemaire témoignait vis-à-vis de sa bru d'une malveillance rare. Jamais elle ne lui adressait une parole aimable, et elle l'abordait constamment par des sarcasmes, critiquant ses toilettes, sa façon de vivre et allant jusqu'à essayer de lui imposer, pour son ménage, des conditions particulières. Malgré tout, ma sœur Antoinette se gardait de la brusquer, et, pour éviter toute discussion, elle avait pris le parti de vivre le moins possible chez sa belle-mère. Elle en parlait néanmoins sans acrimonie, disant avec un fin sourire que cette vieille personne avait un caractère bizarre, mais que, sous sa rude écorce, elle cachait un bon cœur. Ainsi ma sœur ne nourrissait contre Mme Lefebvre aucune hostilité et ne pouvait deviner la haine implacable que sa belle-mère lui vouait…
- Mme Lefebvre ne s'était-elle pas opposée au mariage de son fils avec votre sœur ?
M. Mulle nous fait cette réponse énigmatique :
- Elle ne le pouvait pas.

« Ma femme est une malade » dit le mari de la meurtrière
En quittant M. Mulle, nous parcourons les trois kilomètres qui séparent Lannoy d'Hem.
Là, au sein d'une luxuriante végétation se cache la villa qu'habite M. Guillaume Lefebvre, mari de la meurtrière, avec son fils cadet, Charles. Une vieille bonne, Herminie, s'occupe des soins du ménage. La demeure est riche, sans doute, mais non pas en rapport avec la fortune qu'on prête à ses propriétaires. Elle est simplement, modestement meublée même. M. M. Guillaume et Charles Lefebvre restent prostrés par la souffrance que leur a causé l'acte insensé de cette femme qui, malgré tout, leur est chère, et qu'ils défendent de toute leur énergie. Mais leur douleur est trop grande et, au cours de cet entretien, le plus jeune des interlocuteurs tombe lourdement de sa chaise, le visage pâli, les lèvres blêmes. Il faut faire revenir à lui l'évanoui, ce à quoi nous nous employons avec l'aide de la bonne.

Ma femme, dit M. Guillaume Lefèbvre, est une malade. Voilà vingt-cinq ans que nous la soignons, vingt-cinq ans que, chaque année, nous la conduisons à Vichy. Chez elle, tout l'organisme est atteint elle souffre à la fois de l'intestin, du foie, du cœur et des nerfs. Pour expliquer le crime, il n'est d'autre cause que son état général, qui, peu à peu, a affaibli son cerveau. Seule une crise de folie momentanée a pu armer son bras.

M. Lefebvre n'était pas sans savoir que sa femme ne nourrissait aucune affection pour sa belle-fille, mais, personnellement, il n'a rien à reprocher à cette dernière. Il nous dit qu'il espérait que l'enfant qui devait naître les aurait toutes deux réconciliées, et convient que sa femme était des plus « économe ».
Elle ressemblait en cela, continue-t-il, à tant d'autres personnes qui n'ont pu s'habituer à la dévalorisation du papier et à qui un billet de cent francs représente toujours la même somme qu'avant la guerre.

Et comme nous prenons congé des deux hommes, la bonne qui nous reconduit nous fait cette recommandation :
- Surtout, dîtes bien que madame est une malade, une affaiblie, - une détraquée, si vous voulez. Ainsi, moi, chaque jour, je la frottais avec une brosse de chiendent pour ramener chez elle la circulation du sang. Que va-t-elle devenir ?
Et la pauvre domestique sanglote éperdument.

La meurtrière, dans sa prison, parle toute seule…

L'instruction judiciaire de cette affaire s'est poursuivie aujourd'hui. Le juge, M. Dufayet, a examiné dans la journée les documents saisis au domicile de M° André Lefebvre, notaire à Fournes, afin de tirer les éléments qui lui permettront d'établir si oui ou non Mme Lefebvre-Lemaire a prémédité son crime.
D'autre part, le magistrat a été avisé qu'à la demande de la famille Lefebvre, M° Philippe Kah, du barreau de Lille, était chargé de la défense de la meurtrière. L'éminent avocat s'est rendu à la maison d'arrêt, où il a conféré longuement avec sa cliente. La criminelle, que le séjour en prison a très abattue, ne cesse de répéter à tous ceux qui l'approchent qu'elle regrette son acte, qu'elle ne sait ce qui l'a poussée à tuer sa belle-fille.

On peut se demander si cette femme se rend compte de la gravité de son acte. Parfois, elle prononce des mots qui font craindre que sa raison ne soit pas entière. Seule, elle poursuit d'imaginaires conversations avec celle qu'elle a tuée. Il est vraisemblable que le juge d'instruction, avec le défenseur, demanderont l'examen mental de la meurtrière, dont l'âge et la maladie ont certainement agi sur le cerveau.

Le Petit Parisien, n° 17 714 du 29 août 1925

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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Lun 15 Oct 2012 - 15:27


LE PROCES DE LA BELLE -MÈRE MEURTRIÈRE
----------
Les conclusions des médecins experts accablent l'accusée
qui est déclarée pleinement responsable
-----=-----



Une attitude de Mme Lefebvre au banc des accusés

Après la comparution de M. André Lefebvre, le mari de la victime rappelé par deux fois à la barre pour s'expliquer sur la scène du crime, la cour d'assises du Nord a entendu la déposition des aliénistes qui ont examiné Marie Lefebvre. « Avare, jalouse et cupide, elle a tué, dit le docteur Locre, la première personne qui ait osé résister à sa tyrannique autorité. »

Le compte rendu de l’audience est ici :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6066484/f3.zoom.r=-

Le Petit Parisien, n° 18 140 du 29 octobre 1926




Pour lire l’article, c’est ici :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k606650f/f1.image

et là :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k606650f/f2.image

Le Petit Parisien, n° 18 142 du 31 octobre 1926




Mme LEFEBVRE, CONDAMNÉE A MORT,
SERA-T-ELLE EXÉCUTÉE ?
-----=-----
PARIS, 10 décembre. - Le président de la République a reçu dans la matinée MMes Joseph Python et Philippe Kah, défenseurs de Mme Lefebvre, condamnée à mort par le jury du Nord pour assassinat de sa belle-fille. L'entretien entre le chef de l'État et les 2 avocats s'est prolongé pendant près d'une heure. Les défenseurs ont invoqué près du président l'âge de leur cliente et l'état de santé de son mari. Ils ont rappelé au chef de l'État qu'une longue tradition veut qu'on n'exécute plus de femmes en France. La dernière condamnée, la femme Thomas a subi le châtiment suprême en 1885. Enfin ils ont demandé de faire procéder l'examen mental de la condamnée.

Le Président de la République a promis d'examiner très attentivement les arguments des défenseurs. Sa décision sera prise très rapidement et connue vraisemblablement dans les 24 heures.

L’Ouest-Éclair, n° 9 180 du 11 décembre 1926




Mme LEFEBVRE NE SERA PAS TRANSFÉRÉE A RENNES
-----=-----
PARIS, 14 décembre. - Mme Lefebvre, dont la peine de mort vient d'être commuée en celle de détention perpétuelle sera transférée, dans le courant du mois de janvier, à la prison de Haguenau.

L’Ouest-Éclair, n° 9 184 du 15 décembre 1926

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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Lun 15 Oct 2012 - 22:09


Est-ce que quelqu'un peut me dire si ce crime figure parmi les Grandes affaires criminelles du Nord ?

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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Mar 16 Oct 2012 - 6:27

Voici le sommaire (et chaque chapitre lisible) :
http://books.google.fr/books/about/Les_Grandes_Affaires_Criminelles_du_Nord.html?hl=fr&id=d3h0nQzJLCEC
Je ne vois pas cette affaire.
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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Mar 16 Oct 2012 - 14:33


Merci Benny ! queen
J'aimerais me documenter sur cette affaire hors normes : une mère qui, par "amour" pour son fils trucide la femme qu'il aime et l'enfant à naître, ce n'est pas banal...

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Benny
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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Mar 16 Oct 2012 - 15:21

http://ia600509.us.archive.org/10/items/RevueFrancaisDePsychanalyseI.1927No.1/RFP1927_1.pdf

Page 149 à 198 : le cas, vu par une psychanalyste. Biographie de Mme Lefebvre, évolution et évaluation psychologique depuis l'enfance jusqu'au crime.
Difficile de faire plus complet.
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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   Mar 16 Oct 2012 - 16:42

Un article passionnant, Benny : précis, détaillé et accessible même aux non-spécialistes de la psychanalyse. Merci !

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MessageSujet: Re: Marie Lefèbvre - le crime d'une belle-mère - 1926   

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