La Veuve

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 Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930

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Adelayde
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MessageSujet: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Mar 25 Sep 2012 - 18:34


Alexandre-Jules-Joseph Ughetto – Le crime de Valensole




Source : le site de Boisdejustice :

http://boisdejustice.com/Anatole/Anatole.html


Les faits

Alexandre Jules Joseph Ughetto - 19 ans, journalier. Le 4 décembre 1928, à la ferme des Courrelys à Valensole, tue à coups de revolver, de pieds de chaise et de briques la famille Richaud, ses anciens patrons : Adrien, 46 ans, Antonia, 40 ans, Roger, 10 ans, Clément, 3 ans, ainsi que le valet de ferme quinquagénaire Louis Amaudric pour les voler. Son complice et amant, le Polonais Szczepan Mucha, dit "Jozef Witkowski", 16 ans, est condamné à vingt ans de travaux forcés
Condamnation : 17 septembre 1929,
Exécution : 24 janvier 1930.

Source : Le site de Sylvain Larue – Nemo :

http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

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LA RECONSTITUTION DU CRIME DE VALENSOLE
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Les deux bandits donnent avec cynisme des détails horrifiants
La foule menace de lyncher les criminels

Marseille, 12 décembre. - Aujourd'hui à la ferme de Courrelys à Valensole, a eu lieu la reconstitution du crime.
Malgré le déploiement de forces, la foule a été difficilement maintenue et les gendarmes ont eu grand peine à empêcher les deux jeune bandits d'être lynchés.
La scène a été reconstituée. Les cyniques assassins n'ont fait aucune difficulté pour renouveler leur geste tragique. À leur départ de la ferme, la foule a de nouveau poussé des cris de mort contre les bandits.

Valensole, 12 décembre. - Voici le récit du crime fait par Ughetto, au cours de la reconstitution du crime à la ferme.

« Le soir, vers huit heures, après avoir armé mon revolver, j'entrai dans la cuisine où se trouvaient M. Richaud, sa femme et leurs deux enfants. M. Richaud m'offrit un verre de vin, je lui expliquai que je désirais travailler avec lui et passer la nuit à la ferme. Le patron accepta, il prit une lanterne et me dit :
« Viens avec moi chercher des couvertures ». Nous sortîmes dans la cour. M. Richaud ayant constaté que la porte de la grange était fermée voulut aller chercher la clef, je ne lui laissai pas le temps de se retourner et, à bout portant, je lui tirai un coup de revolver dans la nuque. M. Richaud tomba à genoux près de sa lanterne, mais il se releva presque aussitôt, alors je l'achevai d'une deuxième balle dans la tête.
« Le Polonais qui avait entendu les coups de feu vint me retrouver. « Tu l'as descendu ? » me demanda-t-il. « Oui, dis-je, allons nous cacher ».
« Le Polonais me poussa à entrer dans la ferme pour voler, me faisant remarquer que je n'avais rien à craindre de la femme et de ses gosses. J'armai le revolver et je me décidai à entrer dans la cuisine. En y pénétrant, je vis Mme Richaud qui me demanda où était son mari : « Je n'en sais rien répondis-je. Il est peut-être allé faire une commission ». Dix minutes passèrent. Mme Richaud n'osait bouger; elle me regardait fixement, son visage était très pâle.

Je tirai sur Mme Richaud
« Soudain elle me cria « Sortez, je vais appeler M. Mégy ». Je fis deux pas vers la porte et, sortant mon browning de ma poche, je tirai sur Mme Richaud. Elle chercha fuir. Une seconde balle l'abattit.
« Le valet de ferme voulut prendre la porte. Pour la troisième fois, je tirai. Atteint, il tomba grièvement blessé. Dans la cour, Witkowski l'acheva à coups de pied et ramena son corps dans la cuisine.

La cervelle jaillit
« Saisissant son revolver, le Polonais logea une balle dans la tête du domestique qui pourtant ne bougeait plus. N'ayant plus d'arme, je saisis une chaise et je frappai sur la tête d'Armandrid. La cervelle jaillit. »

Pauvres enfants
Au sujet de la mort des enfants, Ughetto donne les détails suivants :
« J'ai donné un coup de chaise au petit Clément qui criait trop fort : je ne voulais pas le tuer c'est le Polonais qui l'a tué, puis il s'est précipité sur le petit René et lui a fait subir le même sort. »
Ayant raconté ensuite le vol qui rapporta 3.000 fr., Ughetto accuse son complice d'avoir voulu encore trancher la gorge des cinq victimes.
Confronté avec Ughetto, le polonais Witkowski est entré dans une violente colère et s'est refusé à dire qui a tué les enfants.

Responsabilité égale
De ces deux interrogatoires, il résulte que les deux bandits ont pris une part égale à l'assassinat. Ughetto a tué M. et Mme Richaud et blessé le valet qui a été achevé par Witkowski.
Le Polonais a frappé le premier sur les deux petits Clément et René ; ceux-ci, blessés, ont été achevés par Ughetto. Les deux misérables se sont acharnés sur les cadavres de leurs victimes ils ont avoué les avoir piétinés, écrasés à coups de briques et de chaises.
Ughetto précise que la cervelle du valet jaillissait sous les coups. Les assassins ont été ramenés à la prison de Digne.

L’Ouest-Éclair, n° 9 909 du 13 décembre 1928

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LE QUINTUPLE ASSASSINAT DE VALENSOLE

Marseille, 25 février. - Ughetto et Witowski, les deux jeunes bandits auteurs du quintuple assassinat de Valensole, qui avaient été conduits à la prison Chave, afin d'y être examinés par le docteur Rousselier, lequel a récemment conclu à leur entière responsabilité, ont quitté hier matin, à 6 h. 30, cette prison pour être dirigés sur Digne, où ils doivent comparaître devant les assises.

L’Ouest-Éclair, n° 9 983 du 26 février 1929

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Le crime de Valensole. – Digne, 2 mars. - Le meurtrier Ughetto a dénoncé comme indicateur du crime de Valensole, un ancien camarade âgé de 28 ans qui a été arrêté ce matin aux environs de Gréoux et conduit par la gendarmerie à la prison de Digne. Les parents de Mucia Vitkowski habitent Somain (Nord). Des renseignements sur lui sont attendus.

L’Ouest-Éclair, n° 9 988 du 3 mars 1929


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Dernière édition par Adelayde le Mer 26 Sep 2012 - 13:12, édité 1 fois
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Adelayde
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MessageSujet: Alexandre-Jules-Joseph Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole   Mar 25 Sep 2012 - 18:37

LA TRAGÉDIE DE VALENSOLE
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Ughetto est condamné à la peine de mort

Son compagnon Mucha, trop jeune lors du crime, est condamné au maximum de la peine applicable : 20 ans de détention

Digne, 17 septembre. Le public est toujours nombreux. À 9 h. 5, l'audience est ouverte et l'on amène à leur banc les deux accusés qui, courbés en deux, disparaissent derrière le banc des avocats.

Le procureur, M. Bernard, après avoir rendu hommage à tous ceux qui, policiers et gendarmes, découvrirent les assassins, évoque la vision terrifiante de la villa des Courelys et rappelle longuement aux jurés ce que furent les recherches. Examinant la personnalité des deux jeunes bandits, il constate que Mucha n'avait pas 13 ans au moment du crime, ce qui, légalement, ne permettra pas de lui infliger un châtiment en rapport avec l'horreur du crime commis. Il indique aux jurés ce qui va leur être demandé : culpabilité, circonstances aggravantes, en tout 47 questions. Reste la question du discernement.

« Vous ne pouvez pas, dit le procureur, ne pas répondre qu'ils ont agi avec discernement, et vous ne trouverez aucune circonstance atténuante au plus monstrueux des forfaits. En répondant oui, à toutes les questions, sans circonstances atténuantes, vous permettrez à la cour de prononcer la peine de mort pour Ughetto.

« Hélas ! une de ces bêtes fauves, Mucha échappera à la peine de mort. C'est la loi. La Cour ne pourra le condamner qu'à dix ou vingt ans d'internement dans une maison de correction (Mouvement prolongé dans la salle).


Les plaidoiries

Après une courte suspension d'audience, la parole est donnée au défenseur de Mucha, M° Aubin, du barreau de Digne. Il demande pour son client les circonstances atténuantes, ce qui provoque une stupeur visible dans le public, composé surtout d'habitants de la région de Valensole. On murmure.

Le défenseur s'efforce de convaincre les jurés que son client est un dégénéré digne d'un peu de pitié.
L'audience est levée à 11 h. 30.

Depuis le début du réquisitoire et pendant la plaidoirie, les deux accusés n'ont pas bougé : courbés bien bas, ils sont presque invisibles.

A la reprise de l'audience, cet après-midi M° Auguste Arnaud, défenseur d'Ughetto, se borne à rechercher des circonstances atténuantes en faveur de son client. Il les trouve dans l'abandon de l'enfant, dans ses mauvaises fréquentations, et dans un état mental dégénéré.

À 15 heures. M° Auguste Arnaud a terminé sa plaidoirie. À la question : « Qu'avez-vous à dire, Mucha. Pour votre défense ? », le jeune Polonais répond « Rien, M. le Président »

Ughetto est plus loquace : « Je regrette profondément ce que j'ai fait, dit-il, et de plus en plus, mais, même si l'on doit me couper la tête, je dis encore que je n'ai pas tué les enfants, je le jure ! »

Le président donne lecture des 47 questions auxquelles les jurés auront à répondre. Le jury se retire dans la salle des délibérations.


Le verdict

Après une heure un quart de délibération, il rentre dans la salle d'audience et son chef donne lecture des 47 réponses aux questions posées. Sur toutes, la réponse est affirmative et il n'y a pas de circonstances atténuantes. C'est donc, conformément à la loi pour Mucha, 20 ans de détention dans une maison de correction, et pour Ughetto la peine de mort.

Les deux accusés sont introduits. Ils entendent sans émotion aucune la lecture, par le greffier, des réponses du jury et le prononcé de la peine.
Dans la salle. M. Ughetto père, n'a pas un tressaillement.

Au cours de la plaidoirie du défenseur d'Ughetto, quelques incidents s'étaient produits. Par les fenêtres largement, ouvertes de la petite salle des Assises, les paroles de l'avocat étant parvenues très nettement jusqu’à ceux qui avaient dû rester au-delà de la petite grille d'entrée, des murmures s'élevèrent, puis des coups de sifflets, à tel point qu'il fallut faire intervenir les gendarmes.

L’Ouest-Éclair, n° 10 187 du 18 septembre 1929

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Digne - Le Palais de Justice

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Ughetto, l'un des auteurs du quintuple assassinat de Valensole, a expié

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Digne, 24 janvier (dép. Petit Parisien.)
La guillotine se dressait ce matin à Digne pour le châtiment suprême de Joseph Ughetto, dix-huit ans, indicateur et auteur principal de l'effroyable tuerie de Valensole où, le 2 décembre 1928, cinq personnes furent massacrées avec une effroyable férocité. La loi n'a pas permis de faire subir la même expiation au Polonais Stephan Mucha, qui n'avait pas seize ans le jour où l'abominable forfait fut perpétré.

À 5 h. 45, M. Bernard, procureur de la République, pénètre dans la cellule du condamné avec MM, Bourgeois, substitut ; Caron, juge d'instruction ; le docteur Romieu ; le chanoine Martel, aumônier de la prison ; M° Arnaud, le défenseur du condamné. En entendant ouvrir la porte, Ughetto, pâle, se dresse sur son séant.
- Vous ne verrez pas mes larmes, dit-il.
Il entend la messe et, pendant sa toilette, absorbe successivement plusieurs gobelets de rhum et fume quelques cigarettes, puis, maintenu par les deux aides du bourreau, il est conduit au pied de l'échafaud, dressé à quelques mètres de la prison. Son air crâne ne l'abandonne pas. Il est poussé rapidement sur la fatale machine, dont le couperet tombe à 6 h. 30, tandis qu'Ughetto prononce ces paroles : « La terre m'abandonne, à moi les murs. »

Le Petit Parisien, n° 19 324 du 25 janvier 1930

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L’exécution de Jules Ughetto à Digne-les-Bains le 24 janvier 1930.


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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Dim 30 Sep 2012 - 16:40


La ferme des Courrelys à Valensole


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JeanPASCAL
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Lun 29 Avr 2013 - 15:49

Bonjour,
j'habite à valensole depuis ma naissance et j'aimerais savoir où avez-vous trouver les articles et les photos concernant la tuerie de valensole ? Auriez-vous également plus d'informations à ce sujet ? Merci d'avance et bonne journée à vous
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Lun 29 Avr 2013 - 18:20

Bonjour JeanPASCAL, bienvenue sur le forum ! queen

Les articles et photos de la tuerie de Valensole ont été trouvés sur le Net. Je rechercherai d'autres infos sur cette épouvantable affaire.

Bonne soirée.

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anatole deibler
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Lun 29 Avr 2013 - 20:10

Bonsoir Adelayde, Ughetto est né à Lauris, une petite localité vauclusienne, célèbre pour les débuts d’un
certain Tino Rossi, une plaque y est apposée d’ailleurs…
J’habitais un moment à proximité de cette commune, j’ai eu tout loisir de parler à des Laurisiens,
bizarrement, tous ignoraient (ceux que j’ai interrogé en tout cas) l’affaire Ughetto, une histoire assez peu
connue, je le concède, mais pas si vieille finalement, cela ne fait ’’que’’ 83 ans, que le criminel a été
exécuté…
Si ma mémoire est bonne, il ne reste plus qu’une famille Ughetto à Lauris, qui ne peut en aucun cas
descendre d’Alexandre, ni de sa sœur, reste l’hypothèse que ce soit d’un oncle du criminel…
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Lun 29 Avr 2013 - 20:17

Merci anatole deibler pour ces infos.

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anatole deibler
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Lun 29 Avr 2013 - 20:49

Adelayde a écrit:
Merci anatole deibler pour ces infos.
:Amitia11:

Mais je vous en prie, chère Adelayde, c'est un plaisir...
Ughetto était un monstre abject, comment peut-on commettre un tel massacre ?
Il parait qu’au commissaire qui lui demandait « pourquoi diable avez-vous fait ça ? »
Le criminel aurait confié :« j’ai tué cette famille, car je voulais avoir assez d’argent,
pour que mon amant devienne joli ! » : (toujours, si ma mémoire est bonne)…
Il me semble bien avoir lu ça quelque part…
Détail qui m’avait fort choqué, donc si ta femme(ou ton amant dans le cas présent)
est laide, ou laid, il faut à tout prix massacrer une famille entière ?
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Mar 30 Avr 2013 - 15:20


LA TUERIE DE VALENSOLE
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Des assassins très jeunes trahis par leurs chaussures... et une bicyclette.
Décembre 1928


Qu’y a-t-il de plus atroce que le meurtre de deux enfants, perpétré à coups de pierres et de bâtons ? Une seule réponse, peut-être : le fait que cet acte soit commis par de très jeunes assassins, eux-mêmes à peine sortis de l’enfance.
L’émotion soulevée par le massacre de la famille Richaud, à Valensole, en décembre 1928, fut énorme. Elle dépassa les limites du département, de la Provence, et gagna bientôt le pays tout entier.

Le Petit Provençal titrait le mardi 10 décembre :

L’EFFROYABLE TRAGEDIE DE
VALENSOLE
Ce sont deux enfants qui ont assassiné la
famille Richaud et leur domestique avec
préméditation


L’indignation était telle... qu’on en fit une complainte ! Longtemps après on chanta dans les chaumières

Là-bas à Valensole
Pays de farandoles,
Sous le beau ciel du Midi
Un crime odieux s’est
accompli !
Dans un mas très prospère
Une famille entière
Qui souriait à la vie
Fut massacrée par deux
bandits !

C’est un autre enfant, Armand Mégy, qui avait donné l’alerte.

En ce matin du jeudi 6 décembre, le soleil brille sur le plateau de Valensole, et Armand a envie de jouer avec son jeune voisin, Clément Richaud, âgé de 10 ans. La veille déjà, il l’a appelé en vain. Mais laissons-lui la parole. Il raconte les circonstances de sa macabre découverte au journaliste du Petit Provençal :
« Hier soir, vers 3 heures environ, j’étais venu aux Courrelys pour voir mon cousin qui était un peu souffrant, et j’avais décidé de m’amuser avec lui. Sitôt arrivé à la ferme, j’ai constaté que tout était fermé et paraissait inhabité. Je pensais aussitôt que tout le monde était allé à la cueillette des amandes. Je quittai donc leur ferme, où je suis revenu ce matin. Par la suite, je fis un petit tour dans les champs pour voir si je ne les apercevais pas. Ne voyant personne, je me dirigeai dans un pré où se trouve l’aire. »
La ferme des Courrelys est située à quelques kilomètres du village de Valensole, assez éloigné e de la route qui mène à Digne. Elle se compose de deux bâtiments. Tout autour, c’est le plateau, vaste, ensoleillé, désert. Les montagnes enneigées en ce mois de décembre forment une barrière blanche qui ferment l’horizon.

Armand fait le tour de la ferme, le cœur battant, vaguement inquiet. Que se passe-t-il ? Rien ne lui paraît normal. Tout à coup, il entend des gémissements. Ah,c’est le vieux chien des Richaud, qui garde habituellement la maison et le troupeau, et qu’Armand connaît bien ! Mais pourquoi ne vient-il pas à lui en frétillant de la queue? Il est couché sur le sol, et pousse de petits jappements de détresse, comme un qui pleure, ou qui hurle à la mort. A côté de lui, sous une bâche, se devine une forme.
L’enfant prend peur et s’enfuit en courant. Il rencontre alors un paysan nommé Guichard qui, en voyant le désarroi de l’enfant, l’accompagne sur les lieux : si quelqu’un dort sous la bâche, on va le réveiller ! Ils se hâtent, refont le chemin de la ferme. Armand désigne le chien qui n’a pas bougé, la forme, là, sous la bâche. Guichard la soulève, peu préparé à ce qu’il va découvrir.

C’est le fermier, Adrien Richaud, dont la tête a été écrasée.

Imaginez la stupeur, l’horreur qui paralysent l’homme et l’enfant. Guichard le premier recouvre ses esprits. Il renvoie Armand aux Sauvans, saute sur sa bicyclette et s’en va en hâte prévenir les gendarmes de Valensole.

A midi, les gendarmes accompagnés du maire, du docteur Gaillard et du juge de paix, se rendent sur
les lieux. Il y règne, rapporte le journaliste du Petit Provençal, « une effrayante désolation et un sanglant désordre ». C’est bien Adrien Richaud qui gît là, au milieu d’une mare de sang. Il a entre les jambes une lanterne. Gendarmes, maire, médecin, sont bouleversés. Mais le pire est à venir.
Ils décident de visiter la ferme. La porte de l’entrée principale est fermée à clef. Un gendarme force un volet du rez-de-chaussée, va l’ouvrir.
Au moment de pénétrer dans la ferme, tous sont saisis par une épouvantable odeur qu’ils identifient immédiatement.
Le spectacle qui s’offre à eux les fait reculer. Dans la pièce principale, c’est un massacre. Il y a du sang partout. Quatre malheureux sont allongés sur le carrelage : Antonia Richaud, la fermière, 41 ans, ses deux enfants, Clément, 10 ans, et Roger, 3 ans, et Auguste Amaudric, 51 ans, le domestique. A la stupeur des gendarmes, à l’écœurement, s’ajoute la colère. Une colère intense, violente, car au premier coup d’œil, on voit que le ou les assassins se sont acharnés sur leurs victimes.
« A examiner leurs multiples blessures, ce ne pouvaient être que des monstres humains, ceux qui avaient cogné jusqu’à leur donner la mort, écrit le journaliste Jean Teyssier. Les malheureux avaient été abattus par balles. On leur avait aussi brisé le crâne à coups de montants de chaises qui, encore couverts de caillots rouges, se trouvaient près des cadavres. Cruelle découverte : deux briques avec lesquelles, l’hiver, on réchauffe les lits avant d’aller dormir, avaient achevé le massacre en martelant les visages. Quels fous, quels sauvages avaient pu tuer de jeunes enfants, si horriblement ? »

Dans l’après-midi du même jour, le commissaire Martin de la 9ème brigade de police mobile, accompagné des inspecteurs Baroux, Guibbal et Sébeille arrivent à la ferme des Courrelys. Monsieur Bernard, procureur de la République de Digne, le juge d’instruction Terrin et le docteur Gassin, médecin légiste, s’y trouvent déjà. On se livre aux premières conjectures : le fermier a dû être attaqué au moment où il effectuait une ronde dans les environs de sa ferme. La lanterne trouvée entre ses jambes en témoigne. Il s’est sûrement défendu avec énergie : son chapeau est resté accroché aux fils de fer d’un grillage, près du corps. Quant à l’heure, ce devait être juste après le repas du soir, comme en témoignent des assiettes sur le potager et un peu de soupe demeurée au fond de la marmite.

Une chose est certaine : le crime remonte à plusieurs jours. L’odeur, l’état des cadavres l’attestent. Adrien Richaud est vêtu de ses habits du dimanche. Et l’on est jeudi ! Les meurtriers ont quatre jours d’avance sur les enquêteurs.

L’inspecteur Guibbal, devenu commissaire, racontera dans la Revue Internationale de Criminologie et de Police technique, en 1953, l'épouvante qui les a saisis quand ils ont pénétré dans la ferme. Dès l’entrée, ils se heurtent à un corps étendu sur le plancher, recroquevillé sur lui-même, les bras levés comme s’il voulait encore protéger sa face mutilée. C’est le domestique, Auguste Amaudric.
Un peu plus loin, devant la cheminée, gît la fermière, Antonia Richaud. Elle est couchée sur le dos, le visage tuméfié. Dans ses yeux grand ouverts se lit encore l’effroi. Tout près d’elle, les policiers bouleversés découvrent le petit Roger, âgé de trois ans, dont la tête a éclaté sous les coups. Sa mère a dû tenter de l’abriter des assassins. Il est couché sur le dos, les bras en croix, les jambes écartées. Non loin, c’est le jeune Clément, dix ans, qui est étendu la face contre terre. Il est vêtu d’un costume bleu en velours et chaussé de sandales blanches. Il porte à la tête une plaie béante.
Des débris de chaises sont éparpillés sur le sol. Détail horrible, à des barreaux sont encore collées des touffes de cheveux. Les meubles sont renversés, les ustensiles de cuisine jetés sur le sol. Une horloge ancienne continue de sonner les heures. Elle est, dans le bas, éclaboussée de sang. Sur les murs, des taches : le sang des victimes, déjà noirci.
Posé sur une table, se trouve un petit livre : « Souvenirs d’enfance des Grands Ecrivains : Alphonse
Daudet et Frédéric Mistral ». C’est la brochure que lisait Clément, malade, au coin du feu, quand les criminels ont fait irruption.

Dans les autres pièces il règne un désordre indescriptible. Les tiroirs sont vidés, les matelas éventrés. Même la chambre du domestique, située dans un bâtiment annexe, a reçu la visite des bandits. Cette petite pièce ne contient qu’un lit de fer et deux malles poussiéreuses. Contre les murs blanchis à la chaux, sont accrochés des vêtements. Les policiers retrouvent dans l’une des malles un portefeuille en cuir noir renfermant la somme de 775 francs. Cet argent, fruit des économies d’Amaudric, n’a pas été découvert par les bandits. En revanche, sa bicyclette a disparu...

Le mobile du crime est évident : le vol ! A certains détails, les policiers se persuadent rapidement que seul un familier de la ferme a pu commettre un tel forfait.

Le commissaire Martin demande par téléphone au docteur Béroud, chef du laboratoire de la police, de bien vouloir se rendre à Valensole et de prêter « son concours précieux et éclairé ». Sans doute les moyens d’investigation de la police, en 1928, ne sont-ils pas aussi développés que de nos jours. On verra cependant que les enquêteurs font preuve, dans cette affaire, d’une remarquable efficacité. L’un d’entre eux, l’inspecteur Sébeille, est le père du commissaire qu’on retrouvera dans l’affaire Dominici.
Le docteur Béroud arrive sur les lieux en compagnie de l’inspecteur Puyhardy de la brigade mobile. Il relève sur les vitres et les meubles des empreintes dont il pense qu’elles vont faciliter la tâche de la police. Il examine le cadavre de madame Richaud et décide de procéder à une autopsie. Il paraissait étrange, en effet, que les victimes aient été tuées à l’aide de chaises. Assisté du médecin de Valensole, il constate qu’Antonia Richaud a reçu une balle de revolver automatique d’un calibre de 7 mm. Cette balle, qui lui a traversé le bras, est retrouvée dans la tête. Deux autres balles sont encore fichées dans le corps de la malheureuse.
Dès lors, il est possible de croire que les bandits, après avoir abattu les habitants de la ferme des Courrelys avec leur arme, se sont acharnés sur eux à coups de chaises. D’autres balles sont trouvées dans les cadavres d’Adrien Richaud et de son domestique, mais non dans ceux des enfants.

Le village de Valensole, et bientôt la région tout entière, sont en proie à une intense émotion. Mais les habitants font confiance au commissaire Martin et à ses hommes, ainsi qu’aux gendarmes, qui déploient une grande activité. Dès le vendredi 7 décembre, ils arrêtent deux individus à l’allure suspecte. Conduits devant le capitaine Pratz, ils sont longuement interrogés. Sans profession bien définie, ils peuvent néanmoins fournir des alibis sérieux sur leur emploi du temps dans la journée du dimanche 2 décembre, jour du crime.

Pendant que les gendarmes relâchent les deux suspects, le commissaire Martin recueille de nombreuses déclarations : tout le monde a vu ou cru voir un, deux, ou trois suspects. Les signalements varient selon les témoins. Les âges vont de trente à cinquante ans, les cheveux sont bruns ou blonds, les accents sont étrangers, français, provençaux, italiens...

Au milieu de toutes ces informations contradictoires, Martin va retenir trois témoignages, particulièrement intéressants et précis : celui de madame Mégy, cousine des Richaud et propriétaire de la ferme des Sivans, distante de trois kilomètres des Courrelys ; celui de son fils Armand, qui a découvert le corps d’Adrien Richaud et donné l’alarme; et celui d’un industriel marseillais.
Madame Mégy a reçu, dans l’après-midi du dimanche 2 décembre, la visite d’un jeune homme âgé de 18 à 20 ans « à la chevelure blondasse », étranger au pays, vêtu simplement d’une veste grise, d’un pantalon kaki, et chaussé de sandales ou de pantoufles. Ce jeune homme lui a demandé avec un accent très fort, s’il n’y avait pas, chez elle ou dans les fermes avoisinantes, du travail pour lui. Elle lui a dit que non, et l’étranger est parti. Le jeune Armand donne quant à lui une description très précise du même individu.
Monsieur Blanchet, industriel marseillais, nouveau propriétaire de la ferme des Courrelys, et résidant à Valensole, confirme avoir vu ce jeune homme à l’accent du Nord, en compagnie d’un autre personnage plus âgé.
« Quels sont ces deux individus ? s’interroge l’envoyé spécial du Petit Provençal dès le 8 décembre. C’est ce que les enquêteurs vont avoir à cœur de connaître. »

D’autre part, les policiers apprennent que des accords de vente de la ferme des Courrelys ont été conclus, et que 200 000 francs d’arrhes ont déjà été versés... au propriétaire de cette ferme, qui n’est autre que monsieur Mégy ! Les deux bandits se sont-ils trompés de ferme ? Ou bien, mal renseignés, ont-ils cru trouver les 200 000 francs chez Adrien Richaud ? Cela expliquerait l’acharnement qu’ils ont mis à fouiller la ferme de fond en comble.
Enfin le signalement de la bicyclette d’Amaudric, qui a disparu, est diffusé dans la presse: il s’agit d’une bicyclette de marque « Chamois », peinte en bleu, guidon renversé, portant un timbre plat avec inscription gravée. Cette machine a été achetée à monsieur Chauvet, marchand de cycles à Oraison. Elle porte également deux garde-boue de la couleur du cadre, inscrits au numéro 4964 ou 4966.

Il n’est guère possible d’établir le montant du vol, pas plus que la nature exacte des objets qui ont été emportés. Une indication, cependant, et de taille : les individus qui ont fait cela sont venus pour voler, mais ils étaient bien décidés à ne pas reculer devant le meurtre. Or l’assassinat des enfants tend à prouver que les jeunes victimes connaissaient le ou les meurtriers. Sinon, pourquoi les aurait-on tués ? Il faut donc orienter les recherches vers les personnes qui ont fréquenté la ferme et ses habitants.

L’enquête menée auprès des relations des victimes ne fournit aucun résultat immédiat. En ce qui concerne les employés de la ferme durant les dernières années, quatre noms sont retenus. Mais l’examen des fichiers ne révèle d’antécédent pour aucun des quatre.

Les cinq corps sont mis en bière. Quatre cercueils - les deux enfants ayant été réunis dans le même - sont placés sur une automobile qui, lentement se dirige vers Valensole. Sur la route, de nombreuses personnes attendent le cortège et se joignent à lui quand il passe. En signe de deuil, tous les magasins ont fermé leurs volets.

« Émouvantes obsèques ! s’écrie le correspondant du Petit Provençal dans l’édition du dimanche 9 décembre. La population de Valensole recueillie forme une double haie dans la rue principale. Arrivé sur la place centrale, le cortège s’arrête face au monument aux morts.
Là, les cercueils sont déposés sur des tréteaux, puis portés par seize jeunes hommes jusqu’au cimetière où, dans le grand silence qui règne, monsieur Richaud, maire de Valensole, prononce un discours. »

Le ciel bas et gris ajoute encore à la tristesse, à l’émotion de la foule. Chacun sent vibrer la colère de l’élu : « Une famille de bien honorables travailleurs et le fidèle domestique qui, d’après les débris que nous avons trouvés sur le théâtre du crime a dû lutter pour défendre ses maîtres, sont tombés sous les coups de brutes immondes. Les enfants, deux pauvres petits de 10 et 3 ans n’ont pas trouvé grâce devant les bandits, et je resterai longtemps encore sous l’impression atroce ressentie par tous ceux qui ont vu les cadavres de ces malheureux et surtout les cadavres d’enfants massacrés à coups de pierres et de bâtons de chaises (...) Ce crime dépasse en horreur tout ce qu’on peut imaginer. Toute la population atterrée crie vengeance et elle ne sera un peu soulagée que le jour où ces brutes auront payé, et les renseignements qui viennent de me parvenir me font espérer cette heure proche. »

L’heure est-elle proche ? Les policiers, en tout cas, n’ont pas ménagé leurs efforts. Et, reconnaissons-le, le hasard est en train de leur donner un sérieux coup de pouce. Le hasard, ou la maladresse des assassins ?

Toujours est-il que la brigade mobile, qui est à l’affût de tous les indices, de tous les témoignages, qui a diffusé nombre d’avis de recherche à partir du signalement des deux individus suspects fourni par madame Mégy, Armand et monsieur Blanchet, est avertie que la gendarmerie de Châteaurenoux (Basses-Alpes) a reçu la déclaration spontanée d’un habitant de Volx, Paul Sabatier. Voici ce qu’il a raconté aux gendarmes :
Le lundi 3 décembre (lendemain du crime), alors qu’il remplaçait sa belle-sœur au comptoir d’ un café, un inconnu lui a proposé d’échanger des pièces d’argent et un napoléon d’or d’une valeur de dix francs contre des billets de banque. L’homme, pour régler un « petit noir » - une tasse de café - a sorti ensuite un billet de cent francs. Le cabaretier, qui n’avait pas suffisamment de monnaie, a demandé l’appoint. Alors l’inconnu a fouillé ses poches et en a tiré plusieurs pièces dont une en or, qu’il voulut échanger contre quarante francs en papier. Sabatier, heureux de faire une bonne affaire, a suivi le client dans la rue et examiné la bicyclette bleue que celui-ci s’apprêtait à enfourcher. Il a eu le temps de déchiffrer le nom inscrit sur la plaque, qui était obligatoire à l’époque : Amaudric. Il a remarqué également que l’homme portait des sandales en mauvais état, et Sabatier affirme qu’il s’est rendu ensuite chez un marchand de chaussures pour en acquérir de neuves.

Ah, si les assassins prêtaient plus d’attention à leurs chaussures – cela leur éviterait bien des déboires. « Dis-moi comment tu es chaussé, je te dirais qui tu es » : élémentaire, mon cher Watson ! Le marchand, interrogé, confirme que deux paires de sandales ont été achetées.

Quoi qu’il en soit, Guibbal et ses hommes décident de se rendre au plus vite à Volx. Le samedi 8 décembre, soit le surlendemain de la découverte du crime, ils mettent le village sens dessus dessous, et finissent par découvrir dans une grange abandonnée des papiers au nom de Richaud et la précieuse bicyclette. Pas de doute : les bandits ont effectué à bicyclette, immédiatement après leur forfait, la distance de vingt kilomètres qui sépare Valensole de Volx, et ils ont sûrement dormi dans ladite grange.

Les policiers sont désormais sûrs d’être sur la piste des bandits. Les ordres sont donnés. Barrages sur les routes, télégrammes aux gendarmeries, avec ordre d’arrêter deux jeunes gens dont le signalement est assez précis : « Le premier, 23 ans environ, taille 1,70 mètres, coiffé d’une casquette grise usagée avec visière cassée, tout rasé, nez allongé, cheveux bruns, teint hâlé, vêtu d’une veste marron, d’un pantalon noir à rayures blanches, chaussé de sandales de chasse blanches neuves avec des semelles en corde débordantes et renforcées. Le deuxième, âgé de 17 ans environ, vêtu d’un costume en coutil gris, porteur de sandales identiques au précédent. »

En faisant des recoupements avec la liste des employés de la ferme des Courrelys, ces dernières années, les policiers ont fini par identifier le premier. Il s’agit d’Alexandre-Jules Ughetto, né à Lauris (Vaucluse) le 6 décembre 1910. Il a tout juste 18 ans.

Les deux fugitifs sont suivis pas à pas pendant trois jours : à Volx, ils ont pris le train en direction d’Apt. Ils sont descendus à tel endroit, y ont déjeuné, ont repris le train. Un moment la trace semble perdue. Guibbal et ses hommes enquêtent à Lauris, où résidait la famille Ughetto. Mais elle a quitté le pays, sans laisser d’adresse.

Les policiers sont harassés, mais le hasard va encore jouer en leur faveur. Un boulanger du pays, qui connaît Ughetto, leur apprend qu’il l’a rencontré et que celui-ci lui a dit qu’il allait, « travailler dans les mines ».
Or Guibbal reçoit le même jour un coup de téléphone de la gendarmerie de La Grand-Combe, cité minière des Cévennes, dans le Gard. On y a appréhendé deux individus répondant aux signalements indiqués. Guibbal écrira plus tard : « Alors que nous nous trouvions à Lauris, à un coup de téléphone des gendarmes de La Grand-Combe, nous comprîmes que le dénouement était proche. C’est pourquoi nous nous rendîmes le plus rapidement dans cette ville. »

Les policiers tiennent leurs suspects. L’un est bien Jules Ughetto, l’autre Alexandre Mucha dit Joseph Witkowski, sujet Polonais, âgé de 16 ans. Reste à obtenir des aveux. Dans les locaux de la brigade de gendarmerie, l’inspecteur Guibbal choisit d’interroger en premier le valet de ferme. Il se fait expliquer la disposition de la pièce où Ughetto est retenu depuis des heures. Puis, il ouvre brusquement la porte, court à l’homme et hurle : « A genoux, misérable ! Demande pardon ! Pardon pour les gosses ! Dis la vérité, c’est la seule façon de te racheter !»
Ughetto s’effondre. A genoux, en pleurs, il s’écrie : « Je ne voulais pas ! Je jure que je ne voulais pas ! Je voulais seulement un peu d’argent pour acheter des habits ! »

Il fait ensuite, en phrases hachées, le récit de l’abominable tuerie : « J’avais déjà travaillé chez les époux Richaud dont je n’ai jamais eu à me plaindre. Dimanche soir, je me suis présenté à eux en compagnie de Witkowski. Toute la famille était là et venait de terminer le repas du soir. Un feu de bois illuminait la pièce y répandant une douce chaleur. Le père était assis près de la cheminée et à ses côtés, le petit Clément lisait un livre. Près de la cheminée se tenait madame Richaud avec, dans ses jupes, le petit Roger qui pleurait. Amaudric était assis sur une chaise juste derrière moi. J’avais serré la main de tout le monde et pendant un bon quart d’heure on « blagua » de choses et d’autres. Au dehors, le chien aboyait, sentant probablement la présence de Micha (Witkowski)qui attendait dans la cour. Le père Richaud sortit pour faire taire le chien et de retour, il m’offrit un verre de vin. Alors, j’ai bu à la bonne santé de tous. Je savais bien que Richaud était brave et qu’il ne me refuserait pas le coucher. Je l’avais prévu ; je savais qu’il me conduirait à la grange et c’est pour ça que j’avais recommandé au petit Joseph (Witkowski toujours) d’aller s’y cacher en attendant mon signal. Au bout d’un moment, le père Richaud a pris une lampe, une grande toile et nous sommes allés vers la grange. »
On frémit en lisant cette déposition. Tout paraît si calme, si paisible dans cette soirée d’automne au coin du feu. Et pourtant, le drame est imminent.

Car Ughetto a repris ses esprits, et continue plus calmement, avec un sang-froid qui déconcerte les policiers :
« Alors que le fermier se préparait à monter à l’échelle pour me préparer la toile, là-haut dans le foin, j’ai sorti mon revolver de ma poche et j’ai tiré une seule balle dans la nuque...Je me demande maintenant pourquoi j’ai été si méchant. C’est le petit (Mucha) qui m’a entraîné à faire cette saloperie. Avec lui, nous avons recouvert le corps avec de la toile et je lui ai dit de se tenir près de la porte, non loin du poulailler afin qu’il puisse intervenir en temps voulu. Je suis rentré dans la cuisine et la mère m’a demandé où était son mari.
- Dehors, lui ai-je dit.
- Tout ça, c’est pas clair, m’a-t-elle répondu, inquiète, au bout d’un certain temps. Je vais aller chez les Mégy.
Et elle m’a poussé dehors. Je pouvais plus reculer ; j’ai sorti le revolver de ma poche et j’ai tiré... Elle a crié, puis s’est allongée près de la fenêtre. Amaudric a voulu sortir mais j’ai tiré. Il n’était que blessé et a fait deux ou trois mètres dehors. J’ai appelé Mucha qui a fait rentrer le domestique. Il n’était pas très costaud, le pauvre, et il devait souffrir car il criait à Mucha : Pica plus, siou a mita mouart ! (Ne frappe plus, je suis à moitié mort !) Le Polonais l’a achevé d’un coup de revolver.
C’est Joseph qui a tué les petits qui criaient, pleuraient, hurlaient en appelant leur mère. Il les a tués à coup de chaise, de bâton et les a finis avec une grosse pierre. Moi, j’aurais pas pu faire ça... car le petit Clément criait en me regardant : Jules, pourquoi tu as fait ça à maman ? Je n’osais pas, je ne pouvais pas, moi !

Après, nous sommes montés dans les chambres avec la lampe du père Richaud. Nous avons trouvé un peu d’argent, du linge, un rasoir. Mucha m’a dit : Si les petits respirent encore, ça servira à leur couper la gargamelle !
On est sorti par la fenêtre, la porte étant coincée par le corps d’Amaudric. On a tiré un peu le corps du père et on l’a recouvert de la toile après avoir pris son portefeuille qu’il gardait toujours sur lui. Il y avait un peu plus de 900 francs. »

Alexandre Mucha dit Witkowski, son complice, parle français avec un accent. Il se défend d’avoir été
l’instigateur du crime. Non, il n’était pas au courant des intentions criminelles d’Ughetto. Il l’a suivi, pour trouver du travail. Pressé de questions, il finit par reconnaître qu’il a « achevé» le domestique et les enfants, mais c’était parce qu’ils vivaient encore, pour les empêcher de souffrir. Le rasoir, oui c’est vrai, il a parlé de l’utiliser, de leur trancher la gorge avec : c’était pour abréger leurs souffrances. D’ailleurs il ne sait même pas ce que veut dire « gargamelle » !

Guibbal, après avoir enregistré ces déclarations, fait conduire à Nîmes les deux larrons. Ils passent une nuit à la maison d’arrêt de cette ville, puis sont transférés à Digne.
A Valensole, le maire apprend par un coup de téléphone du procureur de la République la nouvelle de l’arrestation des assassins. La population de Valensole, les Basses-Alpes, la France, accueillent la nouvelle avec joie et soulagement. On se souvient au village qu’Ughetto a travaillé jadis comme ouvrier agricole à la ferme des Courrelys. Il passait pour un individu sournois, franchement antipathique. C’est sûrement lui qui a donné toutes les indications concernant l’horrible crime.

Le lundi 10 décembre au matin, les deux prisonniers sont transférés à Digne. Le procureur de la République a pris des mesures de précaution exceptionnelles afin qu’aucun incident ne se produise à leur arrivée. Dès 10 heures, de nombreux curieux stationnent dans les rues qui prolongent la route de Marseille jusqu’au Palais de Justice. Quand la voiture s’arrête, les bandits sont arrachés de leur siège et poussés dans la cour du Palais. Des cris, des clameurs s’élèvent : « A mort ! A mort ! Tuez-les, assassins, bandits ! » Ughetto, le visage à demi caché par la visière de sa casquette, tremble de tout son corps. Son compagnon Witkowski est pâle et pareil à une bête traquée. Il regarde peureusement de tous côtés. Guibbal et ses collaborateurs, visiblement las, les vêtements couverts de poussière, les conduisent dans les couloirs du bâtiment. Après un nouvel interrogatoire, Ughetto et Witkowski sont enfermés dans la prison de Digne. On leur fait enfiler des vêtements de bure, costume des prisonniers. Monsieur Puyhardy, de la 9ème brigade mobile, les photographie et relève leurs empreintes

Le lendemain, la reconstitution du crime manque de tourner à l’émeute. Pourtant à la première heure des autocars ont transporté vers Valensole une cinquantaine de gendarmes recrutés à Sisteron, Forcalquier et Digne pour former un cordon de sécurité. Mais bien avant l’aube on a pu voir sur la route détrempée de la Bégude, des groupes de paysans, de femmes, de jeunes gens et d’enfants se rendant à la ferme tragique. Une foule exaspérée qui veut appliquer aux criminels la loi du Talion.

A 8 heures le procureur Bernard est sur place, accompagné des juges d’instruction Caron et Terrin, et du capitaine de gendarmerie Pintel. L’arrivée des deux jeunes assassins est prévue pour 8h30. Une foule qu’on peut évaluer à sept ou huit cents personnes borde le cercle de protection constitué par les gendarmes. Mais voici que soudain un remous annonce les autos des gendarmes : les prisonniers en descendent, chaînes aux poignets. Ils sont aussitôt séparés et interrogés tour à tour par le procureur Bernard, le chef de la brigade mobile Martin, et le juge d’instruction Caron.

Ce qui indigne plus que tout la foule, c’est l’assassinat des deux enfants. Or si Ughetto, au travers d’explications souvent confuses, ne fait aucune difficulté pour reconnaître qu’il est l’auteur de la mort atroce de monsieur et madame Richaud, il se défend énergiquement d’avoir assommé les deux enfants.
On reconstitue la scène. Plusieurs personnes se prêtent à l’expérience. Poussé dans ses retranchements, Ughetto avoue qu’il s’est servi d’une chaise pour faire taire madame Richaud qui gémissait. « Les enfants criaient et pleuraient, ajoute-t-il. Je ne les ai pas touchés. C’est Witkowski qui a eu le courage de tuer ces pauvres petits. »

Le petit Polonais, auquel des questions embarrassantes sont intentionnellement posées sans relâche, finit par reconnaître qu’il a tué le domestique d’un coup de revolver. « L’arme, dit-il, était sur la table où l’avait déposée Ughetto qui avait pris une chaise pour achever ses victimes. » Conduit dans les chambres, il admet avoir eu une brève conversation avec Ughetto à propos du rasoir qui pourrait servir à couper la gorge aux enfants. « C’était toujours, dit-il avec un calme effrayant, pour ne pas qu’ils souffrent. »

Enfin les deux hommes sont confrontés. Ughetto accuse son complice avec énergie. Witkowski se défend et s’écrie plusieurs fois : « Tu veux me noyer ! Tu veux me noyer ! »
Qui dit vrai ?
Quand la confrontation est terminée, alors que les deux inculpés encadrés par les gendarmes regagnent les autos qui doivent les conduire à Digne, la foule, jusqu’alors restée calme, laisse éclater son indignation. Elle réussit à rompre les barrages.
Un vieux paysan, armé d’un parapluie, se précipite en avant. Ughetto crie aux gendarmes : « Ils n’ont pas le droit de me frapper ! ». Le capitaine fait mettre baïonnette au canon et charger. La foule recule en grondant. Le départ des voitures s’effectue sous les clameurs : « A mort ! Assassins ! bandits ! »
Le procès d’Ughetto et de Witkowski s’ouvrit à Digne devant la cour d’assises des Basses-Alpes le 16 septembre 1929. Là encore, craignant les débordements de la foule, les services préfectoraux avaient mis en place d’importantes mesures de sécurité. Le tribunal était plein à craquer.
Le greffier en chef, monsieur Pélestor, lut l’acte d’accusation. L’assistance frémit en l’entendant décrire les détails de la tuerie, le père abattu d’une balle dans la nuque, la mère tuée près de ses enfants, les petits Clément et Roger massacrés à coups de pierres et de bâtons de chaise, malgré leurs supplications et leurs cris.

Ughetto, interrogé par le président Guérin, maintint ses accusations. A la question : « Les enfants, qui les a tués ? », il répondit : « A un moment, je suis sorti. Mucha est resté dans la cuisine. Lorsque je suis rentré, les petits étaient morts. » Il exprima enfin des regrets, mais comme une obligation. Witkowski écoutait, l’air absent.

Deux incidents marquèrent les débats. Le maire de Valensole, Albert Richaud, parent des victimes, témoigna avec force de l’émotion ressentie par ses concitoyens, et conclut : « Pour ces deux misérables, le seul châtiment possible est la mort. » Maître Auguste Arnaud, défenseur d’Ughetto, s’écria : « Vous n’avez pas le droit de vous substituer au ministère public. Je proteste avec énergie au nom de la défense contre une intervention aussi inopportune. »
Plus tard, c’est le père d’Ughetto qui fut appelé à la barre. Il eut des mots très durs :
« Jules a toujours eu une très mauvaise conduite. Pourtant, j’ai tout essayé, tout tenté : la douceur, la sévérité. Rien n’y a fait. Il était coléreux, allant jusqu’à lever la main sur moi. Monsieur le Président, je n’ai rien à me reprocher. J’étais certain qu’il tournerait mal. Ce qu’il a fait est abominable, monstrueux. Il ne mérite pas d’indulgence et je vous demande, messieurs les jurés, de lui appliquer la peine suprême car il ne mérite pas autre chose... »

Un père réclamant la peine de mort pour son fils, c’était un événement rarissime, qui ne manqua pas d’impressionner les jurés.

Avant les délibérations, le président Guérin demanda aux accusés s’ils avaient quelque chose à déclarer. Ughetto se leva alors : « Je veux dire que je regrette de plus en plus le crime que j’ai commis. Coupez-moi la tête si vous voulez. Mais les enfants, c’est pas moi, non, c’est pas moi ! »
Aux quarante-neuf questions qui leur furent posées, les jurés répondirent à chaque fois : oui. Ughetto fut condamné à mort, Witkowski, en raison de son âge, à 20 ans de détention et 10 ans d’interdiction de séjour. C’était la peine maximale pour un mineur.

Quatre mois plus tard, par un froid matin de janvier, Ughetto fut tiré de sa cellule. Le procureur de la République, le juge d’instruction, son greffier et les avocats du condamné étaient là, graves : « Votre recours en grâce a été rejeté. L’heure est venue d’expier votre crime. Ayez du courage ! »
Ughetto s’habilla calmement, écouta la messe, but le café et le rhum qu’on lui offrait, fuma une dernière cigarette. Il maudit encore une fois son père et protesta : « C’est pas juste. Moi, on va me couper la tête, et Mucha sortira vivant dans vingt ans. Il est aussi coupable que moi ! »
Après la levée d’écrou, ses gardiens le dirigèrent vers la sinistre guillotine dressée à son intention. Le bourreau qui dirigeait les opérations était Anatole Deibler, le plus célèbre bourreau de la IIIème République, celui qui avait exécuté notamment Landru et devait guillotiner deux ans plus tard Gorguloff, l’assassin du président Paul Doumer.

Juste avant d’être précipité sur la bascule, Ughetto cria ces mots mystérieux: « A moi les murs, la terre m’abandonne ! »
La foule, qui s’était rassemblée depuis la veille pour ne pas manquer le spectacle - on avait même loué des balcons à prix d’or... -, assistait en silence à la dernière exécution publique dans les Basses-Alpes. L’homme à qui on venait de couper la tête n’avait pas vingt ans.

Longtemps encore on chanta la complainte du « Crime de Valensole ». Longtemps après, quand à Marseille, en Provence ou dans le reste de la France, on demandait à quelqu’un d’où il venait, et qu’il disait : « Je suis de Valensole », il s’entendait répondre : « Ah, Valensole ? Le pays du crime ! »





http://jejuben.free.fr/gacap/gac07.pdf

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Adelayde
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MessageSujet: Les grandes affaires criminelles du Vaucluse    Mar 30 Avr 2013 - 16:12


A lire dans « Les grandes affaires criminelles du Vaucluse » par Sylvain Larue (Nemo)





le crime de Valensole et d’autres affaires criminelles passionnantes.

Pour feuilleter l’ouvrage, clic ici :


http://books.google.fr/books?id=lnA8FjCaG_YC&pg=PA9&lpg=PA9&dq=%22Les+grandes+affaires+criminelles+du+Gers%22&source=bl&ots=smnjtgvbhM&sig=346Q5lz5jkuHYzSOCbwsssiyAFY&hl=fr&ei=ZI-NS7jMPIax4Qbj0eSBBA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CAoQ6AEwATgK#v=onepage&q=%22Les%20grandes%20affaires%20criminelles%20du%20Gers%22&f=false

Feuilleter un bon livre permet d’en découvrir une petite partie et donne envie de l’acheter.

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anatole deibler
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Mar 30 Avr 2013 - 20:44

Bonsoir chère Adelayde, et merci pour toutes ces précisisons, je ne connaissais l'affaire que dans les grandes lignes,

aujourd'hui grâce à vous, je l'a connais bien mieux, reste la signification de ses derniers mots pour le moins mystérieux :

A moi les murs, la terre m'abandonne...

L'assassin faisait-il allusion "aux murs" de la prison, qui selon lui le préservaient de l'issue fatale ?

qui le retenaient sur terre ? Mystère....
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Bøddel
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Ven 24 Mai 2013 - 18:48

Je suis assez interessé par le soir des "graciés" de la Veuve, car il y en a un bon paquet. Ou comme dans cette histoire le jeune Polonais qui y a échappé et qui à pris 20 ans de bagne, quelqu'un sait ce qu'il est devenu? Ainsi que la ferme?
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Ven 24 Mai 2013 - 20:08


Witkowski n'a pas été expédié au bagne. Il a été condamné à la peine maximale pour un mineur : 20 ans de détention et 10 ans d’interdiction de séjour.

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Nemo
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Ven 24 Mai 2013 - 20:37

Bienvenue Bøddel !

Hou là ! Vous vous intéressez à un sujet plus délicat encore que les guillotinés ! Une fois leur peine purgée, la majorité des criminels fait de son mieux pour se faire oublier, alors, mis à part les récidivistes meurtriers, il est rare de connaître les années post-incarcération des assassins d'antan...

Si vraiment vous êtes passionné, pour savoir ce genre de détail, il faudrait consulter leur dossier personnel - en se renseignant auprès des archives du Ministère de la Justice pour savoir où le dossier se trouve et obtenir souvent une dérogation pour le consulter ! C'est long et laborieux, croyez-moi !

La ferme des Courrelys ? Dans ma pré-adolescence, je vivais à 40 km de là, et un jour, une tendre amie me garda à ses côtés un mois durant... à cinq kilomètres de Valensole. Je regrette encore de ne pas avoir cherché l'endroit. Je doute, cependant, que la ferme soit restée intacte. Nul enfant survivant n'est venu la détruire, comme dans le roman "La maison assassinée", qui se passe justement dans le même département, mais je doute que quiconque ait eu l'intention de vivre dans cette maison après cette soirée de décembre 1928. Le propriétaire l'a probablement faite raser.

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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Ven 24 Mai 2013 - 20:42

https://maps.google.fr/maps?oe=utf-8&client=firefox-a&q=les+sivans+valensole&ie=UTF-8&hq=&hnear=0x12cbc15dcc120b27:0xf1fa1decb489b2ac,Les+Sivans,+04210+Valensole&gl=fr&ei=wLOfUdSbLKjI0AXGo4DQCQ&ved=0CGsQtgM

Tenez, pour vous faire une idée du coin : les Courrelys ne figurent pas sur Google Map, mais "Les Sivans", une ferme distante d'environ trois kilomètres, l'est. Quoiqu'il en soit, la ferme du crime se trouvait en plein champ, dans les parages de l"actuelle départementale 8. (Environ 4km de Valensole en prenant la route de Digne, comme il fut dit à l'époque).

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Bøddel
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Dim 2 Juin 2013 - 0:53

Ca pourrait coller à ces coordonées : 43.859473,6.018655 surtout que ce lien parle de Route de la Bégude, et il fait sens que pour rejoindre Bégude au plus vite il ne faut pas prendr ela Route de Digne (qui aurait été appellée par ce nom) il faut prendre la route "boueuses" allant de ferme en ferme, parralèle à l'est de la D8 et donnatn quasiment directement sur la ruine en question. Une carte d'époque pourrait aider Smile

http://jejuben.free.fr/gacap/gac07.pdf

Il y a d'autres ruines dans le coin dont une à 800m des Sivans. Si c'est comme chez mes vieux dans le Gers les fermes rasées ou abandonnées ne sont jamais défrichées pour cultiver au dessus, donc si c'est rasé, il doit rester des traces, où a la rigueur la végétation sauvage a repris le dessus.

Ce genre de tuerie de village ca me fait toujours penser à l'Assassinat de Brassens Wink

EDIT:

Bon, après une recherche rapide il se trouve que chez PACA ils ont des cerveaux et que le Cadastre Napoléonien de 1826 est numérisé, clic pour agrandir:





Ce qui voudrait dire que soit la ferme date d'après 1826 et aurait pris le nom du chemin des "Courroulis", ou du plateau ??, soit il y a une couille dans le pâté le cadastre, soit Les Courroulis et Les Courrelys sont deux choses radicalement différentes mais j'en doute. La ferme à laquelle je pensais auparavant, dans le vallon à l'est, se nomme Jaubert. Là, je pense que Groin est un bon candidat (changé de nom?) même si c'est à moins de 3km...

Oui je sais, il est 2 heures et j'ai que ca à faire...
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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Dim 2 Juin 2013 - 14:47

Bravo à Nemo et à Bøddel pour leurs recherches. J'en fais autant de mon côté mais je n'ai encore trouvé rien d'intéressant.

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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   Dim 2 Juin 2013 - 16:04

Ah Bøddel ! Votre famille habite le Gers ? Voilà qui m'est sympathique !!!

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MessageSujet: A moi, les murs, la terre m’abandonne !   Lun 3 Juin 2013 - 13:50

anatole deibler a écrit:
Bonsoir chère Adelayde, et merci pour toutes ces précisisons, je ne connaissais l'affaire que dans les grandes lignes,
aujourd'hui grâce à vous, je l'a connais bien mieux, reste la signification de ses derniers mots pour le moins mystérieux :
A moi les murs, la terre m'abandonne...
L'assassin faisait-il allusion "aux murs" de la prison, qui selon lui le préservaient de l'issue fatale ?
qui le retenaient sur terre ? Mystère....

"A moi, les murs, la terre m’abandonne !"

Une expression imagée pour signaler qu’on est bourré : celui qui a trop bu se cramponne aux murs (à moi les murs) lorsque le sol se dérobe (la terre m’abandonne)
Pendant la toilette qui a précédé l’exécution, Ughetto a absorbé successivement plusieurs gobelets de rhum. Il était donc un peu ou - j'espère ! - beaucoup ivre en allant à la guillotine, d’où ces dernières paroles.

On peut dire également :" Le plancher m’appelle !"


Question d'équilibre

Je suis tout seul ce soir
J'ai les bras collés au comptoir
J'ai les pieds en bas dans la poussière
La tête là-haut dans le brouillard
Dans tous les couloirs
J'ai cru revoir les courbes de ton corps
Dans toutes les salles des aérogares
Dans toutes les cales des navires du port

J'ai besoin de toi pour vivre
C'est une question d'équilibre
Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes
Depuis le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle

Faut pas m'en vouloir
J'suis pas en état de te revoir
J'ai laissé toutes les larmes de mon corps
Couler dans le ruisseau en bas du trottoir
Et tous les autres m'agacent
Ceux qui parlent haut, ceux qui parlent fort
Je ne vois que toi dans les grandes glaces
Entre les bouteilles de "Southern Comfort"

J'ai besoin de toi pour vivre
C'est une question d'équilibre
Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes
Depuis le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle

Encore un verre
Après je me couche par terre
Je veux dormir en essayant de croire
Que c'est encore un de tes retards
Mais tous les autres m'agacent
Ceux qui parlent haut, ceux qui parlent fort
Je ne vois que toi dans les grandes glaces
Entre les bouteilles de "Southern Comfort"

J'ai besoin de toi pour vivre
C'est une question d'équilibre
Quand t'es partie ça m'a coupé les ailes
Et depuis le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle
Le plancher m'appelle


Paroles et Musique de Francis Cabrel - "Quelqu'un de l'intérieur", 1983

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MessageSujet: L'assassinat - Brassens   Lun 3 Juin 2013 - 15:15

Bøddel a écrit:
Ce genre de tuerie de village ca me fait toujours penser à l'Assassinat de Brassens Wink
Brassens !!!

sunny sunny sunny

L'assassinat :


http://www.dailymotion.com/video/xmbi7m_l-assassinat-georges-brassens_music#.UayWAJyetqM

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MessageSujet: "Pour que le petit polonais soit plus joli"    Ven 25 Sep 2015 - 22:12

"Pour que le petit polonais soit plus joli" : le cent-vingt-sixième Dossier extraordinaires de Pierre Bellemare retrace le quintuple assassinat de Valensole :

https://www.youtube.com/watch?v=7vq6cLHgMdc

Bonne écoute !   queen

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MessageSujet: Re: Alexandre Ughetto – Le quintuple assassinat de Valensole -1930   

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