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 L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot

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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Sam 1 Sep 2012 - 21:11

Interrogatoire de Marcel Petiot après son arrestation. Transcription.

__________________________

H.M. Ex. N° /3

GOUVERNEMENT PROVISOIRE
DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
_________________________

DIRECTION GENERALE
DES SERVICES SPECIAUX
_____________________

Direction de la
SECURITE MILITAIRE
_________________

N° DSM/701
D.P.
_________________


Paris, le 31 octobre 1944

PROCES VERBAL D'INTERROGATOIRE

Du nommé PETIOT Marcel-André-Henri-Félix, né à Auxerre (Yonne), le 17 janvier 1897, fils de feu Félix et de Marthe BOURDON, docteur en médecine,précédemment domicilié à Paris, 66 rue Caumartin. Se disant condamné par la Cour d'Appel de Paris en 1941 à 2.000 frs d'amende pour infraction aux lois sur les stupéfiants.
Marié et un enfant, lequel répond comme suit à nos questions et nos interpellations successives
:

Je refuse de vous dire le nom de la personne qui me donne actuellement asile à Saint-Mandé, cette personne qui m'héberge depuis deux jours est parfaitement honorable et je me refuse à préciser si je lui ai fait connaitre ma véritable identité. Mais en tous cas, le propriétaire de l'appartement ignore tout de mon identité.
Je suis actuellement employé en qualité d'officier enquêteur à la caserne de Reuilly —bataillon de dépôt du 1er régiment de marche — avec le grade de capitaine. Je suis entré à ce service au début du mois de septembre. Je me suis présenté spontanément au colonel RUAUX. qui commande le Régiment et je crois savoir que cet officier supérieur connait depuis quelque temps ma véritable identité.

Question : Avez-vous dit au colonel RUAUX qui vous étiez et lui avez vous donné des précisions sur vos antécédents ?

Réponse: Non, je me suis présenté sous le nom de WETTERWALD et j'ai donné comme alias VALERY, en demandant à être enrôlé sous ce nom ou plutôt qu'on se serve pour me désigner du nom de VALERY.
Quant aux références que j'ai données au colonel RUAUX, je vais vous les communiquer à vous-même.

Question : Il y a-t-il parmi vos collègues des officiers qui ont connu votre véritable identité dès le jour de votre arrivée au service ?

Réponse: Non, mais par la suite, mes camarades en ont acquis la certitude, par suite des renseignements que j'avais fournis sur mon activité antérieure dans la résistance et je précise qu'entre-temps j'avais fourni suffisamment de preuves sur ma loyauté pour qu'aucun d'entre eux n'ajoute foi aux récits fantaisistes que la presse allemande avait fait sur mon compte.
Etant réformé de guerre 1914-1918, je n'ai pas participé aux opérations de guerre 1939-1940.
J'étais en 1939 installé 66, rue Caumartin et j'avais une très belle clientèle qui me rapportait 500 000 f. par an. En 1941, je me rendis reacquéreur d'un immeuble sis à Paris, 21, rue Lesueur avec l'intention d'y installer après la guerre mon cabinet médical.

Dès 1941, j'ai cherché à me rendre utile tout d'abord en cherchant à démoraliser les clients officiers allemands qui venaient me consulter et, par la suite, en prenant contact avec diverses personnes appartenant à la Résistance, qui m'envoyaient systématiquement les ouvriers renvoyés dans leur pays pour blessures ou maladie. Ces ouvriers qui relevaient d'un organisme situé rue Cambon, fournissaient fréquemment de très intéressants renseignements sur ce qu'ils avaient vu en Allemagne.

J'ai ainsi que j'ai pu faire parvenir aux Alliés des détails intéressants sur une arme secrète, qui n'a jamais été utilisée d'ailleurs, basée sur le principe du boomerang et qui était à l'étude à 70 kilomètres de Berlin, dans une anse de l'Elbe. Peu à peu, les contacts se sont multipliés avec les résistants, et ce qui montre que je ne me bornais pas à donner des soins à des personnes ou à des ouvriers venus me consulter par hasard, c'est que je n'ai jamais envoyer de notes d'honoraires à l'ordre des médecins ou aux assurances sociales de la rue Simon Bolívar, ceci afin d'éviter d'attirer l'attention sur le grand nombre d'ouvriers rapatriés auquel je donnais des soins. Par la suite, j'ai rendu d'importants services à un groupe d'Espagnols antiphalangistes qui opéraient dans la clandestinité à Levallois (faux certificats, etc.).
Ma mémoire n'est pas assez bonne pour que je vous fournisse les noms et les adresses précises des gens auxquels je suis venu en aide au cours de cette période.


[Source : Service des Archives et du Musée de la Préfecture de police]
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octave
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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Lun 3 Sep 2012 - 14:23

Merci Mercatore pour cette trouvaille!! Je ne sait pas ou vous arrivez a trouver tout ça, mais merci pour tout ceux comme moi qui n'arrivent pas a grand chose avec un pc! Savez vous si il y a un endroit ou on peux consulter des archives en ligne(personnellement je pense a Bonny-Lafont. Bonny-Lafont, petiot, on est presque en famille non?)? Moi ce que j'aimerai lire, Petiot compris, c'est leur procès. Mais hélas, je ne crois pas que cela soit possible ....... Même 70 ans après No
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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Lun 3 Sep 2012 - 17:35

octave a écrit:
Merci Mercatore pour cette trouvaille!! Je ne sait pas ou vous arrivez a trouver tout ça, mais merci pour tout ceux comme moi qui n'arrivent pas a grand chose avec un pc! Savez vous si il y a un endroit ou on peux consulter des archives en ligne(personnellement je pense a Bonny-Lafont. Bonny-Lafont, petiot, on est presque en famille non?)? Moi ce que j'aimerai lire, Petiot compris, c'est leur procès. Mais hélas, je ne crois pas que cela soit possible ....... Même 70 ans après No

Bonjour, Octave,

Pour le procès de Marcel Petiot, j'ai lu - malheureusement, je n'ai plus la source en tête, oubli de la noter - que les minutes du procès ont disparu !
Mais cela demande absolument une confirmation fiable.
Les journaux d'époque ont publié des extraits du procès Petiot, encore faut-il pouvoir les consulter. Gallica ne permet de consulter que des journaux datant au plus tard en 1944. Il faut aller à la Bibliothèque Nationale pour consulter les journaux de l'époque Petiot, mais il faut être chercheur, historien professeur etc.


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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Mar 4 Sep 2012 - 16:42

______________________________

Suite, interrogatoire de Marcel Petiot.
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Au cours du dernier trimestre 1941, je suis rentré réellement dans la Résistance dans l'organisation de Pierre Brosselette (1). J'ai été en contact, par une personne dont je n'ai jamais connu le nom, avec un agent venu de Londres pour organiser la Résistance en Franche-Comté. Il m'a mis en relation avec un « groupe d'action » de l'organisation de Pierre Brosselette. Le chef de groupe était un certain Cumulo (orthographe phonétique) sur le compte de qui je puis vous donner les renseignements suivants :
Son groupe d'action s'appela « l'Arc-en-Ciel »(2). Cumulo présentait une certaine ressemblance de silhouette et d'allure, il était brun, comme moi, et nous nous faisions parfois passer l'un pour l'autre.

Par la suite, je fus appeler à fonder moi-même un groupe de sécurité qui pris le nom de « Fly-tox ». Le groupe doit être connu du système Brosselette et je vous donne mon pseudonyme, qui était connu des Allemands et qui doit être connu des personnes de ce groupe, qui est Docteur Eugène. J'avais ce pseudonyme lors d'un contact que j'avais eu au moment de la rupture des relations diplomatiques entre l'Allemagne et les États-Unis avec un certain Thomson, attaché au consulat des États-unis à Paris, que j'étais venu voir dans l'espoir de communiquer un procédé, dont j'étais l'inventeur, qui permettait de tuer à une distance d'une trentaine de mètres sans aucun bruit.

Thomson m'avait envoyé à un certain Muller qui devait être un de ses subordonnées à qui j'avais communiqué personnellement le secret de mon invention dans un rapport de plusieurs pages. Et c'est à cette occasion que j'avais utilisé le pseudonyme d'Eugène pour signer ledit rapport. Par la suite, je suis resté pendant deux jours en contact téléphonique ou écrit avec ce Muller, qui ne devait pas tarde à quitter la France avec tout le personnel du consulat.

Question : Nous vous invitons à nous donner les noms et tous renseignements sur les personnes de votre groupe.

Réponse : J'estime que le groupe « Fly-tox » doit être connu et que les précisions que vous me demandez sont inutiles.
Bientôt mon groupe se spécialisa dans le dépistage et l'exécution des mouchards de la Gestapo.
Nous avons ainsi exécuté 63 personnes et j'ai assisté à la plupart de ces exécutions.


(1) Pierre Brosselette. Homme politique (SFIO). Journaliste. Travaillera dans plusieurs réseaux, puis tiendra un rôle important au sein du BCRA (service gaulliste de renseignement et d'action). Arrêté par les allemands, torturé, il se serait donné la mort par défenestration, échappant à l'attention de son gardien (22 mars 1944).

(2) ARC-en-Ciel. Sous-réseau de renseignements, multi-régions. Dépendait du très important réseau TURMA (30000 membres) qui travaillait pour le BCRA. Arc-en-Ciel de Paris fut en partie démantelé par l'agent français Bernard Fallot, infiltré en son sein. Il travailla pour le sinistre et impitoyable agent Belge Georges Delfanne, dit Masuy, pour l'agent Allemand Hugo Bleicher qui démantela plusieurs réseaux (c'est lui qui arrêta Mathilde Carré, connu sous plusieurs sobriquets et notamment celui de la chatte, qu'il retourna).
Bernard Fallot et Georges Delfanne ont été fusillés au fort de Montrouge le 01-10-1947.
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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Mer 5 Sep 2012 - 17:55

Suite, Interrogatoire de Marcel Petiot.
______________________________

Voici comment nous procédions :

nous arrêtions les personnes comme si nous étions des membres de la Gestapo, afin de provoquer leur réaction et les amener pour se défendre à nous communiquer les renseignements sur leur activité pro-allemande. Ces interrogatoires avaient lieu dans mon hôtel, rue Lesueur.
Ensuite, lorsque nous avions acquis la certitude de la culpabilité nous procédions à l'exécution, soit au révolver, soit à l'aide de mon arme secrète. Les cadavres étaient immédiatement transportés dans la forêt de Marly ou les bois de Saint-Cloud, dans des endroits dont je n'ai conservé aucun souvenir, sauf toutefois lorsqu'il s'agissait de militaires allemands en uniforme, au lieu de les inhumer, comme nous le faisions pour les autres, nous les placions bien en évidence auprès de maisons où habitaient des militaires de la Wehrmacht.

Je ne pense pas que les Allemands aient usé de représailles contre la population française, sauf toutefois à deux reprises, où nous avions laissé tomber deux cadavres allemand devant le pavillon de Madrid. J'affirme que je n'ai jamais laissé aucun cadavre dans l'hôtel de la rue Lesueur et, de plus, j'avais dans cet hôtel la plus grosse partie de ma fortune, et en outre, ce quartier était presque totalement réquisitionné par les Allemands, je m'attendais à tout instant à les voir s'emparer de mon hôtel. Leur garage était en face et ils avaient une maison de tolérance à coté.

On ne s'attachait pas toujours à déterminer exactement l'identité des personnes que nous exécutions, il nous importait simplement de savoir que c'était des gens néfastes qu'il fallait faire disparaitre. Je ne puis en conséquence vous citer aucun nom.
Le groupe Fly-tox a poursuivi ainsi l'activité que viens de vous décrire, ainsi que divers autres actes de violence et de sabotage (tels que l'incendie de wagons de chemin de fer de l'organisation Todt à l'aide de bouteilles incendiaires utilisées par un procédé dont j'étais l'inventeur).
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MessageSujet: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Mar 18 Sep 2012 - 16:32

Suite, Interrogatoire de Marcel Petiot.

Je fus arrêté par la Gestapo dans les circonstances suivantes :

En liaison avec un de mes amis, Nezondet, j'avais la possibilité d'obtenir d'une personne qui se tenait dans l'entourage de Lucien Romier (1) de faire établir des pièces permettant de se rendre à l'étranger, ou plutôt d'y séjourner une fois qu'on y était parvenu. Par l'intermédiaire d'un nommé Guelain (ami personnel du comte de Chambrun) (2) un juif du nom d'Yvan Drefus (3) avait été mis en rapport avec un coiffeur posticheur dont le nom m'échappe, qui avait été informé par moi de la possibilité d'assurer le séjour à l'étranger de personnes ayant intérêt à quitter la France et qui voulaient en tirer argent.

Drefus n'était qu'un agent provocateur, et on l'avait envoyer au coiffeur dans le but de dépister la filière d'évasion et dans le but, je suppose, d'atteindre Lucien Romier. Le coiffeur fut arrêté par ce procédé et il me dénonça, ce qui me valut d'être arrêté par la Gestapo. Il leur révéla également mon pseudonyme de docteur Eugène, ce qui aggravait encore mon cas.
Je fut interrogé d'abord rue des Saussaies (4) par le commandant de la Gestapo, puis, à cause de mon pseudonyme dont l'activité était connue des Allemands, je fus passé au service du contre-espionnage, avenue Henri-Martin (5).

Je fus torturé (baignoire électrique, limage des dents, appareil à écraser la tête). Je restais à Frenes durant huit mois et je fus interrogé à la fois sur l'activité de mon groupe « Fly-tox » et sur mon arme secrète. Durant ma détention, je constatai avec surprise à différentes reprises que l'on semblait m'offrir des possibilités d'évasion, je me suis toujours demandé pourquoi. Entre-temps, Yvan Drefus était resté à l'hôtel de la rue Lesueur et j'ignore quel fut son sort (6).

En sortant de prison, j'allais passer quelque temps chez mon frère à Auxerre, puis je rentrais à Paris, dans l'intention de me venger et et pour intensifier mon activité de patriote. Je tentais de me mettre en rapport avec le deuxième bureau de Pierre Brosselette, j'ai tenté aussi d'entrer en relation avec l'Intelligence Service par l'intermédiaire de la concierge de l'immeuble du 62, rue du Ranelagh, laquelle est actuellement concierge du 82. Cette femme était la concierge de Jacques Parent, alias Jacky, alias Mercier, en même temps que son patron, un anglais qui était directeur des parfums d'Elisabeth Arden. La réponse ayant été retardée et désireux de retrouver le contact avec la Résistance, je devins « Spécial 21 », je communiquai à nouveau mon arme secrète au responsable de ce groupe qui devait se charger de transmettre les renseignements au comité central de la Résistance.

A mon retour d'Auxerre, j'étais passé à l'hôtel de la rue Lesueur et j'avais constaté la disparition d'appareils à rayons ultraviolet, à rayon infrarouge, d'une cuisinière électrique, de cinq jardinières en fer forgé etc. Dans la cour, derrière le garage, une fosse que j'avais fais sceller par des ouvriers avait été ouverte et je constatais qu'elle contenait des cadavres pêle-mêle avec des objets dont je venais de constater la disparition.


___________

(1) Lucien Romier. Ministre d'État sous le régime de Vichy. Très proche du maréchal Pétain.

(2) Comte de Chambrun. Réné de Chambrun, gendre de Pierre Laval dont il fut l'ardent défenseur de la mémoire après la guerre (il est inhumé au cimetière Montaparnasse, avec sa femme, Josée Laval, et Pierre Laval (15ème division).

(3) Yvan Dreyfus. Disparu au printemps de 1943.

(4) Rue des Saussaies. N°11. (VIIIème). Bureaux de l'antenne régionale de la Police de sûreté et de sécurité allemande, dirigée par Kurt Lischka, sous la direction de Helmut Knochen (72 avenue Foch). Elle comprenait plusieurs sections, dont une de la "Gestapo parisienne".

(5) Avenue Henri Martin. N° 101.. Ici étaient installés les bureaux du redoutable collaborateur belge Georges Delfanne, dit Masuy. (Bizarrement, l'écrivain Philippe Randa — qui se réclame de l'extrême-droite — mentionne Delfanne, très brièvement, dans son intéressant Dictionnaire commenté de la collaboration française (1997) en terminant ainsi : « Il disparait à la fin de la guerre sans laisser de trace. » ! (fusillé au fort de Montrouge, le 01-10-1947).

(6) Ultérieurement, Petiot reconnaitra l'avoir éliminé, arguant qu'il travaillait pour les Allemands.
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MessageSujet: Re: L'interrogatoire du Docteur Marcel Petiot   Mar 25 Sep 2012 - 18:42

Suite, Interrogatoire de Marcel Petiot.

Ces cadavres étaient récents, et je suis certain qu'ils avaient été mis dans cette fosse pendant que j'étais en prison. Ces cadavres sentaient très mauvais, c'est pourquoi j'ai téléphoné à mon frère à Auxerre pour lui demander de se procurer de la chaux, sans lui indiquer le motif de ma demande. La chaux ne fut jamais mise dans la fosse. Quant aux cadavres, j'avais donné l'ordre de les faire disparaitre, mais mes amis se contentèrent de les mettre dans le garage après les avoir recouverts de chaux. La plupart des cadavres furent brûlés dans la chaudière à eau chaude. La police intervint, dans des circonstances que je ne connais que très mal, où moment où l'on faisait brûler ces cadavres.

La police me téléphona à mon domicile et je me présentais rue Lesueur, où je fus mis au courant par la police de la découverte qui venait d'être faite. Je demandais aux agents d'étouffer l'affaire en intervenant auprès du commissaire de police qui n'était pas encore arrivé. Puis, sur le conseil d'un des agents, je m'en allai sans attendre l'arrivée du commissaire de police. Le lendemain, je téléphonai à l'agent, à un numéro retéléphone qu'il m'avait donné, et il me conseilla de disparaitre, ce que je fis.

A la suite de ces événements, j'ai demandé à avoir un rôle très actif dans la Résistance, mais on m'a tenu à distance parce que je présentais un danger pour elle. J'ai néanmoins participer aux combats de rues lors de la Libération. Je l'ai fait à titre individuel, n'appartenant à ce moment-là à aucune formation militaire. M. Marius, 6, rue Albouy, à qui j'ai fait connaitre ma véritable identité au moment des combats dont je viens de parler (et plus spécialement lors de l'attaque du dernier bastion allemand, qui s'est tenu place de la République en face du Saint-Martin) pourra témoigner de ma présence à ce moment-là à cet endroit.

A la suite de cela, je suis entré aux FFI sous le nom de Valéry, au détachement du Xème arrondissement, alors à la caserne du quai de Valmy. C'est là que j'ai fait des démarches pour être affecté au 2ème bureau, pensant que mon entrée dans ce service allait me mettre en contact avec Pierre Brosselette (que je n'avais jamais vu personnellement). Je me rendis rue Saint-Dominique à l'état-major du général de Gaulle qui me renvoya au n° 10 de la rue Saint-Dominique, qui me renvoya 251, boulevard Saint-Germain. C'est au cours des démarches que je fis pour rentrer dans l'armée que je m'adressai à la caserne de Reuilly où l'on accepta mon engagement. Je fus affecté comme lieutenant au 2ème bureau, et je devins bientôt officier-adjoint de ce service sous les ordres directs du commandant Raffy.
Par la suite, la Commission de révision des grades de Vincennes me donna le grade de capitaine.

J'ai adhéré au Parti communiste il y a une dizaine de jours ; je n'avais jamais été membre de ce parti mais je fus amené à lui en raison de la part importante qu'il prit dans la Résistance.
Je m'expliquerai plus en détails sur chacun des points qui figurent dans cette première déposition.


[Service des Archives et du Musée de la Préfecture de Police de Paris]



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