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 Gabriel Socley - le pédophile assassin

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Adelayde
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MessageSujet: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 16:30


Gabriel Socley, le pédophile assassin - première affaire




Gabriel Socley, 30 ans : violeur, assassin





Nicole Marescot, 4 ans : violée, assassinée

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Raymond Clément - L’affaire Socley


Une récente affaire de pédophile multirécidiviste et les débats qu'elle a suscités donne une nouvelle actualité à une célèbre cause criminelle d'avant-guerre. Le 19 avril 1935, la petite Nicole Marescot, quatre ans et demi, était enlevée au domicile de ses parents, à Chaumont. Cette disparition provoqua une vive émotion dans l'opinion publique, d'autant plus qu'elle survenait au même moment que l'affaire Lindbergh. Après six mois d'investigations, le corps de l'enfant fut retrouvé dans un bois attenant à la ville. On avait arrêté dès le début de l'enquête Gabriel Socley, récidiviste de l'attentat à la pudeur qui, en dépit de ses dénégations obstinées, fut condamné à mort. Une infime irrégularité de procédure fit annuler cet arrêt. Rejugé à Dijon, son avocat fit de son mieux pour brouiller les pistes et troubler les jurés. Il évoqua notamment une rocambolesque histoire de sosie avec lequel on aurait pu confondre Socley. Finalement ce dernier fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Libéré en 1960, il tente, au bout d'un mois, d'entraîner une fillette. Il est mis en fuite par des passants. Arrêté dans l'Yonne, il sera interné au centre psychothérapique de Sarreguemines d'où il réussira, en 1971, une assez spectaculaire évasion.

http://www.editions-pantheon.fr/raymond-clement/essais/l-affaire-socley.html

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La recherche du corps de la petite Nicole





La découverte de son cadavre

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L’arrestation de Socley - 1935





Socley aux Assises


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Dernière édition par Adelayde le Lun 5 Nov 2012 - 0:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 16:30


Les couvertures du magazine "Détective"












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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 16:31


LE MEURTRE DE LA PETITE NICOLE MARESCOT
----o----
Gabriel Socley comparait demain
devant les Assises de la Haute -Marne

De nombreux témoins l'ont vu
conduisant par la main sa malheureuse victime

----o----

« Sois sage et va jouer ! » L'enfant obéit et se rendit dans la cour. Elle avait cinq ans, la petite Nicole. Elle était la fille du commandant Marescot, très connu à Chaumont. Chaumont est une petite ville calme, et qu'aurait-il pu arriver à cette enfant jouant dans la cour de la maison de ses parents ? Cependant, elle disparut. Le père, vers quatre heures du soir, alla trouver le commissaire de police qui alerta des agents, des gardes mobiles. La journée du vendredi saint 19 avril 1935 se passa sans rien apprendre.
Le lendemain matin, des habitants de Chaumont vinrent faire des déclarations. Élisabeth Geoffroy avait rencontré, rue Carrière-Roullet, un individu tenant une fillette par la main, dont le signalement ressemblait à celui de la petite Nicole.
L'homme était venu, deux jours avant, acheter un bocal dans le magasin de ses parents. Mme Broyard était venue faire la même déclaration. Un livreur, Georges Richard, l'avait vu vers 16 heures, rue du Val-Anne-Marie, tenant par la main une petite-fille. M. Charles Simonot, conseiller municipal, l'avait vu passer par le sentier qui conduit à la rivière Suize. Il en donnait le signalement. C'était un jeune homme habillé de gris foncé, coiffé d'un béret basque ; aux pieds, de larges chaussures à semelles de crêpe. Auprès de lui, une petite fille aux cheveux bouclés.

Le jour même, vers midi, on l'arrêta dans un débit, à 200 mètres de la maison des Marescot. Il se nommait Gabriel Socley. Les témoins, qui l'avaient vu la veille, le reconnurent.
Chez lui, on trouva le bocal et les chaussures à semelles de crêpe. La veille aussi, trois gardes mobiles qui recherchaient l'enfant, l'avaient rencontré. Ils l'avaient interrogé, il répondit qu'il s'appelait Roger Montreuil, était représentant de commerce. Il venait de la direction du bois Saint-Roch, et ils l'avaient laissé aller. Il avait les mains pleines de terre.

Puis des témoins, voyant dans les journaux le portrait de Socley, le reconnurent pour l'avoir vu vers 15 h. 30, tenant une petite fille par la main ; deux fillettes vinrent raconter qu'il avait voulu les entraîner en leur offrant des bonbons.

Et chez les Marescot ce fut une douleur atroce. L'homme niait. Où pouvait être l'enfant ? Enlevée, vendue à des bohémiens ? Était-elle vivante seulement ? On mit des scaphandriers dans la Suize ; on mit des chiens dans les bois ; on fouilla les fours à chaux. Des sourciers avec leurs baguettes parcoururent les routes ; d'autres promenaient leurs pendules dans les champs ; on racontait que l'enfant était en Belgique, ou en Suisse, ou en Italie. Et le temps passait. Tous les vendredis, le juge faisait appeler Socley, l'interrogeait, et il niait. Il niait toujours. Un jour on apprit qu'il avait fait un projet d'évasion. Une autre fois il prétendit n'être pas responsable et demanda un examen mental.

En octobre, au bois Latte, à deux kilomètres de Chaumont, dans la direction d'où venait Socley quand il fut appréhendé sous le nom de Montreuil, on découvrit le cadavre de la petite Marescot sous un tas de pierres. On amena l'accusé et il s'écria « Qui me prouve que c'est Nicole Marescot ? On l'a amenée là pour me charger. »
L'accusé a été condamné en 1926 pour outrage à la pudeur sur deux petites filles de huit et six ans. L'année suivante, à Dijon, il eut sept ans de réclusion pour vol qualifié. Personnage étrange ; on le rencontrait dans les abattoirs, allant boire du sang de bœuf pour se fortifier, disait-il. Quelques jours avant le rapt de la petite Marescot, il s'adressait à un perruquier et lui demandait un catalogue de perruques et de fausses barbes, et il donnait au juge une explication bien singulière : « Je voulais monter un studio de cinéaste amateur. » Lors de son arrestation, il avait sur lui une chemise de femme, deux chemises d'homme et, autour du buste, tout un revêtement d'ouate, pour se grossir et se rendre méconnaissable.

On le jugera mercredi, à Chaumont. Les débats seront présidés par M. Comoy. L'accusation sera soutenue par M. Laroze et Mes Jean-Charles Legrand et Mialon assureront la défense.

Georges Claretie - Le Figaro, n° 273 du 29 septembre 1936

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 16:32

Le procès à travers la presse..

L’Ouest-Éclair, n° 14 573 du 1er octobre 1936 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6606677.image.r=-.f3.langFR

L’Ouest-Éclair, n° 14 574 du 2 octobre 1936 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660668m.image.r=-.f1.langFR

L’Ouest-Éclair, n° 14 575 du 3 octobre 1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6606690/f3.image.r=-.langFR

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ÉPILOGUE DE L'AFFAIRE MARESCOT - GABRIEL SOCLAY CONDAMNÉ A MORT
----------
M° HONORÉ, avocat de la partie civile :
« Parti avec la jeune Nicole, c'est vous le ravisseur ; revenu sans elle, c'est vous l'assassin ».
----------
M. LAROZE, procureur de la République:
« Les faits hurlent sa culpabilité. C'est un monstre indifférent au récit de ses crimes ».
-----=-----


Chaumont, 3 octobre. - Cette quatrième journée d'audience du procès de Soclay, le ravisseur de la petite Marescot, sera la dernière, car le président Commoy désire en terminer.
Dès l'ouverture des débats, à 9 heures moins le quart, le président annonce qu'il a reçu une lettre de protestation de la Fédération Nationale des Puisatiers et Sourciers de Marseille ; ceux-ci s'élèvent contre les paroles du procureur Laroze qui a dit au cours des débats :
« Nous avons reçu des quantités de lettres de somnambules, de sourciers, de radiesthésistes, de demi-fous. »
« C'est une énumération, déclare le président, et il faudrait mettre un point après chaque catégorie. Jamais M. Laroze, dans sa pensée et ses discours, n'a confondu ni mêlé les radiesthésistes et les demi-fous. »
Cet incident réglé, on donne la parole à M° Honoré, avocat de la partie civile.
Tout de suite, sans autre exorde, le bâtonnier retrace à grands traits l'angoisse de la famille. L'enfant a disparu, la mère tout à coup s'en aperçoit. On organise des battues un seul homme fut rencontré sortant du bois, poursuit l'avocat, qui se tourne vers Soclay et le désigne. : « Et cet homme le voilà ».
L'accusé, entre ses gardes, ne bouge pas. On voit seulement ses mains se crisper un peu sur les bords de son chapeau. S'il pouvait, il répliquerait, mais il observe la consigne du silence qu'il s'est imposée. Comment se fait-il que Soclay, accusé, dénoncé par tant de témoins, ne fut arrêté que le 20 avril à midi ? Le bâtonnier Honoré explique cette erreur regrettable.
Les gardes cherchaient un homme aux cheveux blonds, avec un tablier bleu. Soclay n'est pas blond, il n'avait pas de tablier. Les gardes avaient confondu le signalement de la petite Nicole avec celui du ravisseur. Mais ce temps perdu, Soclay a su l'utiliser. Il a eu toute sa nuit, toute sa matinée pour prendre les précautions qu'il jugea utiles. Cependant, où était l'enfant ? Toutes les suppositions étaient permises, puisque le ravisseur était arrêté. Il allait parler.
« Non messieurs. Soclay n'a pas avoué; il n'avouera jamais; il ne peut pas avouer. »
Le bâtonnier Honoré expose aux jurés les raisons pour lesquelles, à son avis. Soclay ne peut se départir de son mutisme forcené.
« Le remords, poursuit l'avocat de la partie civile, pourrait déterminer un criminel aux aveux mais Soclay n'a pas de remords. L'intérêt peut agir sur un coupable, mais si Soclay avait avoué le rapt, il avouait du même coup le meurtre et il savait bien que sa confession était inutile, qu'elle ne lui aurait pas attiré de pitié et qu'il n'avait qu'un système de défense précaire.
Toutefois, il n'avait pas le choix et il s'est souvenu du terrible conseil d'Avinain si souvent répété parmi ses compagnons de prison : « N’avouez jamais » (Sensation) Car Soclay connait la prison : il est le type même de l'ancien prisonnier qui retournera dans les maisons d'arrêt. »
Le bâtonnier Honoré rappelle ainsi toute la vie de l'accusé : son enfance, ses premiers vols, ses escroqueries, ses condamnations jusqu'au jour où pour le plus grand deuil d'une honorable famille, il vint à Chaumont commettre son crime odieux. Lorsque le bâtonnier Honoré en arrive à l'assassinat de la petite Nicole, on voit dans le prétoire le père, toujours en noir, qui baisse la tête et qui pleure. L'émotion est grande. Elle gagne la salle entière où se tiennent au premier rang des témoins, les mamans qui sont venues déposer et dire comment leurs fillettes avaient été abordées par l'accusé.
« On vous a suivi pas à pas, Soclay, s'écrie l'avocat de la partie civile. Parti avec la jeune Nicole, c'est vous le ravisseur. Revenu sans elle, c'est vous l'assassin (Mouvements).
A midi 15, le bâtonnier Honoré termine son impitoyable réquisitoire. L'audience est aussitôt levée.

La séance de l'après-midi

Chaumont, 3 octobre. - C'est à 14 h. 30 que s'ouvre l'audience de l'après-midi du procès Soclay. La parole est à M. Laroze, procureur de la République :
« Messieurs les Jurés, dit-il, il vous faut des preuves pour votre conviction, car je ne veux pas qu'on dise que je réclame un verdict de mort pour plaire à l'opinion publique. Je vous les apporterai. N'écoutez pas les cris de la rue et les clameurs de la foule. Pas de verdict aveugle, pas de verdict à tâtons ! Un verdict d'honnêtes gens ! ».
Le procureur général n'oublie ni les travaux d'une défense « fiévreuse » qui lutte pour détruire l'édifice de la vérité, discute les témoignages et les témoins, ni l'accusé, qui a tout fait pour retarder l'heure où il devait rendre des comptes à la justice.
« Ce compte, reprend M. Laroze, je vais l'établir devant lui ».
Le procureur nous montre alors l'homme vicieux et désœuvré, à l'affût d'une proie, dressant l'inventaire des petites filles qu'il pourrait approcher dans chaque quartier et qu'il essaierait de corrompre. M. Laroze, à son tour, reprend les témoignages contrôlés qui jalonnent la route de Soclay, et, se basant sur les précédents attentats commis par l'accusé, reconstitue par l'imagination et avec un grand luxe de détails réalistes ce que personne n'a vu, hormis le criminel lui-même : le viol et le meurtre perpétrés sous bois.
Dans l'auditoire, une femme s'évanouit. A 15 h. 45, l'audience est suspendue pour un court instant.
A 17 heures, le procureur termine son long réquisitoire :
« L'accusé, dit-il, est un Soleilland doublé d'un escroc et d'un voleur. Il nie, il nie toujours. Ma conviction est entière, je le déclare. Les faits hurlent sa culpabilité. C'est un monstre indiffèrent au récit de ses crimes. L'humanité ne se défend pas avec des mots, mais avec des actes. Le nom de Soclay s'ajoutera au répertoire de ceux dont on ne parle plus sans horreur.

« Un seul châtiment la mort »

« Un seul châtiment s'impose : la mort. Je prends la responsabilité de vous dire : Cet homme est coupable, aucun doute possible. »
Les débats sont suspendus pendant un quart d'heure.

La plaidoirie de M° Mialon

C'est M° Mialon, qui fut le défenseur de Soclay dès le début de l'inculpation, qui se lève le premier.
« J'ai vécu toute cette affaire, dit-il, pardonnez-moi, mon commandant, de raviver encore votre douleur. Votre petite Nicole s'en est allée vers son tragique destin. Je m'incline devant un malheur aussi chrétiennement supporté.
« Mais, poursuit l'avocat en s'adressant aux jurés, attention ! Au drame d'une famille en deuil, attention de n'en pas ajouter un autre par esprit de facilité, par moindre effort. En dépit des trous et des invraisemblances d'un dossier d'accusation, on n'a retenu, de bonne foi je veux le croire, qu'une seule piste, la plus commode, celle de Soclay. Le ministère public a bâti dans une atmosphère de fièvre et d'affolement son accusation sur un fragile échafaudage, sans souci des réalités.
« Car le mystère de la disparition de Nicole continue ; il demeure entier. On n'envoie pas, Messieurs, un homme i à la mort sur un ensemble d'hypothèses et de probabilités ».

M° J.-Ch. Legrand

M° J.-Ch. Legrand, dans sa plaidoirie, soutient qu'il n'y a pas dans cette affaire un indice naturel, pas un aveu, pas une prévention psychologique.
« Le passé de Soclay va-t-il vous permettre de juger ? interroge-t-il. Suffira-t-il, messieurs les jurés, pour rassurer vos consciences ? »
Et l'avocat entreprend une nouvelle fois la discussion des témoignages, résumant à grands traits-les interventions qu'il fit au cours des débats.
« Pas de preuves absolues, affirme M° Legrand. Que va-t-on dès lors trouver pour établir sa culpabilité ? Pas les empreintes, il n'y en a pas ! Pas les témoignages, ils sont incertains et contradictoires sur le complet, le pantalon, le béret et les cheveux. »
Et M° Legrand de conclure que Soclay est innocent du forfait qu'on lui impute.

LE VERDICT
Les jurés rendent un verdict affirmatif sur toutes les questions qui leur étaient posées concernant la culpabilité de Soclay. Ils refusent de reconnaitre des circonstances atténuantes. En conséquence, Soclay est condamné à mort.

En apprenant le verdict, Soclay insulte ses juges

Chaumont, 3 octobre. - C'est à quatre questions et non à trois que les jurés ont eu à répondre pour déterminer le sort de Soclay. Ils ont répondu « oui » à celles qui concernaient la question du rapt, l'âge de la petite Nicole (moins de 16 ans), la culpabilité dans le meurtre et la concomitance entre les deux crimes.

Avant que le jury se retire, l'accusé avait, une fois de plus, protesté de son innocence. Apprenant que la Cour l'avait condamné à la peine capitale, il proféra des cris comme ceux-ci
« Sale race, bande de misérables ».
Tandis que la voiture l'emmenait, des manifestants, difficilement contenus par le service d'ordre, crièrent :
« A mort ! ». A 21 h. 45, le calme était revenu.

A la prison, Soclay a été conduit dans la cellule spéciale des condamnés à mort, dite de haute surveillance, et au plafond de laquelle jour et nuit une lampe reste allumée.

L’Ouest-Éclair, n° 14 576 du 4 octobre 1936

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Après la peine capitale,
Soclay s'entend condamner
à un franc
de dommages-intérêts
-----=-----
Chaumont, 4 octobre. Ce matin, dans une ville très calme, a eu lieu au Palais de Justice la dernière audience du procès Soclay, condamné hier soir à la peine de mort, pour l'enlèvement et le meurtre de la petite Nicole Marescot. Audience civile de pure forme, sur les dommages et intérêts alloués à la partie civile. Le président Commoy a voulu que le condamné fut présent.

A 9 h. 10, l'automobile qui avait amené Soclay de la prison arrivait au Palais. Aucun incident ne se produisit. Soclay descendit de voiture, menottes aux mains. Il était nu-tête et on l'avait revêtu du costume des réclusionnaires : large pantalon et veston de droguet marron.

« Je suis innocent, dit-il, de sa voix rageuse. On verra plus tard quand on trouvera le vrai coupable. »
En attendant l'audience, le condamné a été conduit dans la salle qu'il occupait hier. Avant d'entrer il a dit encore : « J'ai bien dormi. »
Mais on sait que Soclay a passé une nuit très agitée. On l'avait mis dans une cellule de grande surveillance et on avait attaché son pied aux barreaux de son lit. Ce matin, au moment de revêtir sa tenue de condamné, Soclay a dit à ses gardiens « J'ai fait l'imbécile hier je n'aurais pas dû injurier les magistrats ni la foule, mais j'étais furieux de cette erreur judiciaire. »
A 10 h. 30 l'audience est ouverte. La parole est donnée au bâtonnier Honoré pour développer ses conclusions. On remarque l'absence du commandant Marescot qui assista à tous les débats.
Lorsque le bâtonnier a terminé, le président demande :
« Soclay, avez-vous quelque chose à dire?
- Je n'ai rien à ajouter », répond Soclay, très calme.
Après quelques mots de M° Charles Legrand, la Cour se retire pour délibérer. Elle revient peu après, donne lecture des articles du code et condamne Soclay à 1 franc de dommages-intérêts envers la famille Marescot.
« Gendarmes, emmenez le condamné » ordonne le président qui lève l'audience.

Le public s'écoule lentement et va se masser devant les portes du Palais pour voir sortir Soclay. Celui-ci sort nu-tête entre deux gardes. La foule, au loin, pousse des cris.
Soclay a décidé de se pourvoir en Cassation.

L’Ouest-Eclair, n° 14 577 du 5 octobre 1936

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 16:34


Gabriel Socley - seconde affaire




Gabriel Socley seconde - arrestation 1960






Gabriel Socley 1960

Je n’ai pas trouvé d’info sur cette affaire : les articles de la presse de l’époque (1960) ne seront accessibles qu’en… 2030, il nous faut donc patienter encore 18 ans

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 18:05

Il existe un livre.

Son résumé est assez troublant :

Citation :
L'affaire Socley
Raymond Clément

Détails du Livre
Pages : 160 pages
Genre : Essai
Paru le : 23/06/2008
Référence : ISBN 978-2-7547-0238-6
Format : 13x20 broché
Mots clés : Essai, procès

Résumé :

Une récente affaire de pédophile multirécidiviste et les débats qu'elle a suscités donne une nouvelle actualité à une célèbre cause criminelle d'avant-guerre. Le 19 avril 1935, la petite Nicole Marescot, quatre ans et demi, était enlevée au domicile de ses parents, à Chaumont. Cette disparition provoqua une vive émotion dans l'opinion publique, d'autant plus qu'elle survenait au même moment que l'affaire Lindbergh. Après six mois d'investigations, le corps de l'enfant fut retrouvé dans un bois attenant à la ville. On avait arrêté dès le début de l'enquête Gabriel Socley, récidiviste de l'attentat à la pudeur qui, en dépit de ses dénégations obstinées, fut condamné à mort. Une infime irrégularité de procédure fit annuler cet arrêt. Rejugé à Dijon, son avocat fit de son mieux pour brouiller les pistes et troubler les jurés. Il évoqua notamment une rocambolesque histoire de sosie avec lequel on aurait pu confondre Socley. Finalement ce dernier fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Libéré en 1960, il tente, au bout d'un mois, d'entraîner une fillette. Il est mis en fuite par des passants. Arrêté dans l'Yonne, il sera interné au centre psychothérapique de Sarreguemines d'où il réussira, en 1971, une assez spectaculaire évasion.
http://www.editions-pantheon.fr/raymond-clement/essais/l-affaire-socley.html
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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mar 18 Sep 2012 - 20:50

Ce livre est celui que j'ai cité. Le résumé me trouble également, Benny. J’aimerais connaitre l’épilogue de cette affaire épouvantable. Crying or Very sad

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 19 Sep 2012 - 7:25

Exact, j'avais sauté la citation plus haut.

25 ans d'enfermement et à peine sorti on le retrouve avec une fillette. Si ce n'est pas un cas irrécupérable...
Le résumé ne dit pas si on l'a repris en 1971.
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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 19 Sep 2012 - 11:56

C'était pas la tête qu'il aurait fallu lui couper... What a Face

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 19 Sep 2012 - 13:01

CARNIFEX a écrit:
C'était pas la tête qu'il aurait fallu lui couper... What a Face
lol!

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 19 Sep 2012 - 15:04


Alain Dommanget retrace le parcours criminel de Gabriel Socley dans ‘’Les grandes affaires criminelles de Haute-Marne’’.



Jacques Pradel avait reçu Alain Dommanget dans une émission ‘’Café crimes’’ que j’avais téléchargée mais qu’il est impossible de mettre en ligne sur le forum. Je l’ai donc réécoutée et j’ai noté des éléments importants :

- Nicole a été massacrée à coups de pierres, son crâne a été brisé en 41 fragments.
- Le bassin de Nicole n’a jamais été retrouvé : dévoré par des animaux? (si oui, pourquoi le bassin seulement ?) ; prélevé par Socley afin qu’on ne puisse pas établir qu’il y avait eu viol ?
- Socley se rendait quotidiennement aux abattoirs pour boire du sang.
- Condamné aux travaux forcés à perpétuité en décembre 1936, lors du second procès à Dijon, Socley a été libéré après 24 ans d’incarcération. C’est alors qu’il récidive en agressant une fillette de 9 ans.
- Jugé comme étant malade, il est interné dans un centre psychiatrique de Sarreguemines où il meurt le 21 juin 1981.

Il aura donc passé 53 ans de sa vie en captivité (prison + centre psychiatrique) : un principe de précaution élémentaire. Je n’éprouve aucune compassion pour les prédateurs incarcérés ad vitam æternam.

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 19 Sep 2012 - 18:40

Ce qui est assez remarquable chez les délinquants sexuels c'est qu'à l'inverse des criminels "de droit commun" ils ne s'amendent jamais. Tout pendant qu'ils ne sont pas arrivés à l'andropause ils continuent d'avoir des pulsions sexuelles irrépressibles.

Bien que persuadé de leur responsabilité dès lors qu'ils ne sont pas reconnus comme fous (et conservent donc leur libre arbitre) je me suis toujours demandé quelle pouvait être la part incontrôlable de leur personne, la partie animale que leur "humanité" n'arrive pas à contrôler.

Je ne suis pas médecin ni psy mais je me demande encore aujourd'hui s'ils sont autant pénalement responsables qu'un assassin "basique". Je veux dire par là que si la part "animale" (c'est-à dire celle que l'on ne peut pas contrôler: les pulsions) est plus forte que la part "humaine" (la raison) on peut se poser la question de leur pleine responsabilité pénale.

Et pourtant, à la place des jurés, il est probable que j'aurai envoyé ce petit bonhomme sur la bascule à Charlot.

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 3 Oct 2012 - 18:09

Des photos du procès











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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    Mer 1 Mar 2017 - 22:43

Hondelatte raconte le crime de Gabriel Socley :

http://www.europe1.fr/emissions/hondelatte-raconte/hondelatte-raconte-gabriel-socley-2991299

Bonne écoute.

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MessageSujet: Re: Gabriel Socley - le pédophile assassin    

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