La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5705
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mar 21 Aoû 2012 - 15:47


Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët

Cet excellent article a été posté par Le bourreau breton sur le fil « Les anciens bourreaux de Quimper » :

http://guillotine.cultureforum.net/t2483-les-anciens-bourreaux-de-quimper

J'ai lu un excellent livre sur Marion du Faouët intitulé "Une étrange beauté...Marion du Faouët...et ses brigands" de Jean Rieux, résumant sa vie, avec notamment une grande partie consacrée à sa carrière criminelle, ainsi que les condamnations et emprisonnements dont elle fut victime, comme par exemple sa fustigation sur le marché d'Hennebont (place des lices) peu de temps après la pendaison sur la même place de son compagnon Henry Pezron.

Bien sûr, ce récit biographique se termine par la pendaison de la belle brigande rousse à Quimper, pendaison orchestrée par Jacques Gloaer, dont voici la description physique:
-"(...) Alors que la lecture se poursuivait, un autre homme pénétra dans la cellule, haut de cinq pieds, épais comme un bœuf, le cou enfoncé dans d'énormes épaules rondes, c'était l'exécuteur, le bourreau. Il s'appelait Jacques Gloaer, le glorieux en français, ce qui ne correspondait guère à cet horrible métier. Il habitait dans la paroisse de la Chandeleur, appelée aussi paroisse Saint-Corentin; Il était visible, en regardant ses petits yeux ronds et méchants, qu'il devait prendre un malin plaisir à faire souffrir ses clients.(...)".

Ce même Jacques Gloaer qui l'avait précédemment soumise à la question par le feu sur un banc de torture, le fameux "tourment" (auriez-vous des informations sur cet instrument?), avec respectivement 9 brûlures aux jambes pour Henry, et 5 pour elle-même; Or, il est dit que la pendaison aurait eu lieu à la potence située place St Corentin, à deux pas de la cathédrale, pendaison effectué par la méthode du "long drop":

-"(...) Elle est au pied de l'échelle, regardant le gibet sans frémir, où pendent les deux tortouzes assujetties par le bourreau. Elle voit les deux gros nœuds coulants qui lui serreront la gorge, et le jet que tient l'exécuteur qui la précipitera dans le vide. C'est ainsi qu'Henry avait péri et c'est par ce même moyen qu'elle le rejoindrait dans cet autre monde dont vient de lui parler le prêtre. Elle est très droite et se détache, face à la tour du Châtel, comme si elle défiait ce peuple qui gronde au-dessous d'elle.
D'un geste rapide Jacques Gloaer tire sur le jet et Marion, pauvre pantin désarticulé, se balance dans le vide. C'est la fin-pour hâter le dénouement, le bourreau suspendu d'une main au bras de la potence, monte sur la suppliciée et, se balançant lui aussi, s'agite et frappe violemment le ventre et la poitrine de sa victime à grands coups de genoux. Le spectacle est passionnant pour cette foule qui vibre comme à un exercice des jeux du cirque, et si l'exécuteur fait montre d'autant de talent, c'est qu'il ira chercher sa récompense parmi les gens du marché qui lui donneront de la graine de chanvre, du beurre, des œufs, des légumes, par droit de "havage", ce droit accordé aux bourreaux lorsqu'ils ont bien accompli leur macabre travail.

Le cadavre de Marion pendit ainsi toute la nuit, sans doute pour repaître de son spectacle les noctambules aviné. Puis il fut détaché au petit matin pour être enfoui dans la décharge. La loi ne prévoyait pas que les corps des femmes pendues soient portés aux patibulaires. La brigande ne sera donc pas exhibée au Leurier-Croajou, comme son bon associé Mahé le bossu.(...)".

Il n'est jamais fait mention du Mont-Frugy, à moins que ce ne soient les fourches patibulaires, et non la potence qui y étaient installées?

Pauvre Marion!


_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5705
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mar 21 Aoû 2012 - 15:48


Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët, née le 6 mai 1717 au Faouët (Morbihan), est un bandit, chef de bande, qui sévit en Cornouaille avant de mourir pendue en 1755 sur la place Saint-Corentin de Quimper.


Vie privée

Marion, troisième enfant de Félicien Tromel et d'Hélène Kerneau, est né le 6 mai 1717 dans le hameau de Porz-en-Haie, près du Faouët. Elle a deux frères ainés, François (1712) et Corentin, puis une sœur puinée, Louise (1719) et un jeune frère, René-Félicien, né en 1721.

Marion a elle-même quatre enfants : Renette, née en 1735 à Inguiniel, Jeanne, née en 1737 à Saint-Caradec-Trégomel, Thérèse, née en 1740 à Saint-Caradec-Trégomel, et Anne, née en 1745 à Saint-Tugdual) de son mariage secret avec un petit noble, Henri Pezron. Ce dernier, né le 1er janvier 1714 à Quimperlé de François et de Marie Le Hanvic, de Quimper) est arrêté et pendu en 1746. Marion à également un fils, Joachim, né en 1748.

Durant sa vie, elle demeure en divers lieux du Morbihan (Port-Louis, Saint-Caradec-Trégomel, Le Faouët), mais aussi à Quimperlé (Finistère).


Chef de bande



L'hôtel des Trois-Piliers du Faouët (détruit en 1878), lieu de réunion de la bande des Finefont

Marion commence sa carrière de bandit de grand chemin à l'âge de 23 ans, sur une grande partie de la Cornouaille. Elle a jusqu'à quarante hommes sous ses ordres, réunis dans la Compagnie Finefont.

Les victimes sont dépouillées sans effusion de sang, et les voisins ou les pauvres, sont épargnés. La bande attaque surtout des « étrangers » à la région et, en particulier, les marchands qui reviennent des foires ou des pardons.


Son arrestation et sa condamnation à mort



La Tour du Châtel, partie de la place Saint-Corentin, à Quimper, où fut exécutée Marion du Faouët

Marion Tromel est arrêtée plusieurs fois (dont le 2 juillet 1752 à Poullaouen1), mais s'évade ou obtient sa libération grâce à des protections. Finalement, elle est reconnue dans une rue de Nantes, capturée et jugée à Quimper. Bien que soumise à la question judiciaire, elle n'avoue rien et est condamnée à être pendue. Elle meurt, pendue selon la condamnation, en 1755 sur la place Saint-Corentin à Quimper.


Le sort de ses complices

L'arrestation de Marion ne met pas fin aux activités de la bande des Finfond. De nombreux complices de Marion du Faouët survivent à son arrestation, et à son exécution, continuent leurs exactions.

L'un des membres de cette bande de voleurs, Guillaume Hémery, pilloteux, arrêté à la suite de ses nombreux vols, est emprisonné à Châteauneuf-du-Faou et jugé par la sénéchaussée locale. Il est condamné le 24 juillet 1763 à la question ordinaire et extraordinaire « pour avoir révélation de ses complices », « à faire amende honorable devant la porte de l'église de Châteauneuf-du-Faou, une torche de cire ardente à la main et un écriteau sur sa poitrine, à être ensuite rompu vif, enfin à expirer sur la croix de Saint-André, la face tournée vers le ciel ».

Il est effectivement torturé comme l'atteste le procès-verbal de torture du 7 décembre 1763 :« six fois, ses pieds, ses jambes sont exposés au feu torturant, six fois il gémit sous les cuisantes morsures des flammes » dans le cadre de la question ordinaire, et trois autres fois dans le cadre de la question extraordinaire», et finit par donner le nom de ses complices et reconnait « faire partie de la Compagnie de Marion du Faouët, qui a été pendue à Quimper». Les épreuves du feu terminées, « on le mène, pieds nus, en chemise, sur la Place-aux-Bestiaux » et il est attaché sur une croix de Saint-André « les bras, les jambes écartées, la poitrine contre la croix » et « le bourreau levant sa barre de fer, commence à frapper les bras, les cuisses, les reins (...)». La face tournée vers le ciel, il agonise une partie de la nuit, et expire lentement, comme prescrit par le jugement.

Grâce à ses révélations obtenues sous la torture, plusieurs de ses complices sont arrêtés ; Pierre Bellec le 26 décembre 1764, puis Corentin Bellec, Corentin et Joseph Finefont, Jeanne Tromel, et même Guillaume Tromel, un enfant de 14 ans, et plusieurs autres, la plupart arrêtés au Faouët, sont écroués à Châteauneuf-du-Faou. Or cette prison est dans un terrible état de vétusté et on s'en échappe aisément, ce que font en novembre 1765 plusieurs des bandits arrêtés. L'un d'entre eux, Joeph Tromel, est repris à Port-Louis et reconduit à Châteauneuf-du-Faou. Finalement jugés à Rennes Corentin et Joseph Tromel, ainsi que Pierre Bellec, est condamnés aux mêmes sentences que Guillaume Hémery, et exécutés sur la Place des Lices à Rennes. Le jeune Guillaume Tromel est condamné à assister au supplice et à être fouetté de verges un jour de marché sur la place de Châteauneuf-du-Faou. Jeanne Tromel, enceinte, est épargnée et plusieurs complices condamnés aux galères à perpétuité ou pour de longues périodes.


Hommages




La rue Marion du Faouët à Carhaix-Plouguer

À l'instar du dauphinois Mandrin, ou du limousin Burgou, Marion du Faouët bénéfice d'une chronique populaire favorable, qui donne l’image d'un "bon bandit", issu du peuple, ne volant que les riches et les "étrangers", protecteur des pauvres, et se jouant de l'autorité.

Cette tradition populaire, qui ne semble pas être parfaitement en phase avec la réalité historique, fait de Marion, un héros populaire, l'égérie d'un terroir.

Plusieurs localités du centre-ouest de la Bretagne lui attribuent des noms de rue. Une maison de quartier de Rennes, capitale de la Bretagne, sise 10, allée Marion-du-Faouët, est baptisée Maison Marion-du-Faouët.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Marion_du_Faou%C3%ABt

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5705
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mar 21 Aoû 2012 - 15:52

L’acte de baptême de Marie-Louise Tromel



_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le bourreau breton
Exécuteur cantonal
avatar

Nombre de messages : 124
Age : 23
Localisation : Plonévez-Porzay (à coté de Douarnenez), Finistère (29)
Emploi : Etudiant dans les Métiers de l'Enseigne et de la Signalétique (MES)
Date d'inscription : 23/02/2012

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mar 28 Aoû 2012 - 21:07

Deux scènes issues du même film traitant des châtiments infligés à la brigande:

http://www.youtube.com/watch?v=lBSWS92586g

http://www.youtube.com/watch?v=F7lGfvtLR0Q
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5705
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mar 28 Aoû 2012 - 21:31

L'actrice qui interprète le rôle de Marion est excellente. Quel est le titre du film ? Est-ce qu'on le trouve en DVD ?

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nemo
Fondateur
Fondateur
avatar

Nombre de messages : 1241
Age : 35
Date d'inscription : 27/01/2006

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mer 29 Aoû 2012 - 9:29

C'est Carole Richert dans "Marion du Faouet", téléfilm diffusé sur France 2 ou France 3 en 1997. Le film peut se trouver en VHS d'occasion, mais il n'est jamais à ma connaissance sorti en DVD.

_________________
"Je suggère qu'on lui coupe la tête sans ménagement dès dimanche prochain, mais si possible après 17 heures, afin que j'aie le temps d'aller aux vêpres. (Pierre Desproges)"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://laveuveguillotine.pagesperso-orange.fr/
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5705
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   Mer 29 Aoû 2012 - 15:31

Merci Nemo !!

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755   

Revenir en haut Aller en bas
 
Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Marie-Louise Tromel dite Marion du Faouët - 1755
» Antoine Carbuccia - Lénard - Oillic - Thépaut - 1866
» Quand Janson cognait dur
» Les tombes des exécuteurs - où reposent-ils ?
» Inhumation des suppliciés au cimetière d'Ivry

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: LES CONDAMNÉS À MORT-
Sauter vers: