La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Les bourreaux bretons

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Adelayde
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MessageSujet: Les bourreaux bretons   Dim 12 Aoû 2012 - 15:48


Les anciens bourreaux de Quimper

La ville de Quimper, siège du Présidial avait autrefois ses bourreaux particuliers chargés d'exécuter les sentences. Ils se succédaient dans leur charge, parfois de père en fils et depuis le milieu du XVIIIème siècle ; ils se recrutaient en particulier dans une famille : Les Gloaer (au fils du temps le nom s'écrit tour à tour : Le Gloaer, Glouaer, Gloaher...). Ils demeuraient rue des Réguaires paroisse de la Chandeleur, rue alors située en dehors des murailles de la ville.

Le bourreau de Quimper possédait avant la Révolution un traitement annuel de 600 livres par an. Il recevait une gratification particulière de 60 livres pour rouer un condamné. Chaque pendu lui rapportait également 30 livres. Le tarif pratiqué pour donner le fouet ou marquer au fer rouge un condamné était de 10 livres. Les jours d'expéditions des sentences et jugements de mort, le bourreau percevait un droit de coutume sur les bêtes qui étaient vendues sur le marché de Quimper. Ce droit coutumier lui valait la rancune tenace de nombreux éleveurs et marchands.

Les condamnés étaient souvent exposés au pilori dont on a retrouvé les fondations place Saint-Corentin. Le gibet des pendus était placé sur le Mont-Frugy, manière de Golgotha quimpérois que les condamnés devaient sans doute gravir avec beaucoup de fatigue après avoir eu à subir du bourreau la question ordinaire et extraordinaire. La plus célèbre criminelle du XVIIIème siècle exécutée à Quimper reste la fameuse Marie Tromel, mieux connue sous le nom de Marion du Faouêt. C'était le 2 août 1755. Son bourreau se nommait Jacques Gloaer. La dynastie Gloaer se poursuivit dans la personne de Maurice Gloaer. Maurice Le Gloaer avait débuté dans le sinistre office de bourreau vers 1760. Il y travaillait « en famille » avec notamment Hervé Gloaer ou Le Glaouer, son frère.

Hervé Le Gloaer succéda à Maurice. Il débuta d'abord comme assistant puis comme exécuteur en chef à partir de 1793. À la Révolution, Hervé Le Gloaer obtint de la Nation un salaire de 2400 francs qu'il partagea avec son aide du moment, un certain Joseph Facho (le bien nommé...) et qui exerçait avec lui depuis environ quatre ans. Les révolutionnaires parisiens adoptèrent la guillotine en septembre 1792. Les bois de justice avaient été adressés de Paris à Quimper à la fin de 1792. L'histoire rapporte que trois hommes travaillèrent à la mise au point de la guillotine : le docteur Guillotin qui lui laissa son nom, le docteur Louis et un facteur de pianos du nom de Tobias Schmidt qui en devint le fabriquant. Ce fut l'un de ses exemplaires qui arriva à Quimper. La guillotine fut entreposée dans la chapelle Saint Louis. Machine plus expéditive que la corde, Gloaer ne tarissait pas d'éloge sur elle.

Les capacités du bourreau de Quimper à manœuvrer cette nouvelle machine ne manquèrent pas néanmoins d'inquiéter les autorités locales.

Le recrutement d'un bourreau adjoint fut évoqué dans un rapport du 3 Prairial An II adressé à la commission administrative du Finistère à la suite d'une pétition du sieur Gloaer, exécuteur des jugements criminels dans le département du Finistère qui réclamait un assistant.

Le rapport précisait : « Jusqu'à ce moment (3 prairial an II) il [Gloaer] n'avait pas eu d'aide mais son grand âge lui en rend au moins un indispensable, et nous pensons que vous devez lui enjoindre de s'en procurer dans les meilleurs délais. Ses opérations quoi que peu multipliées jusqu'à présent, peuvent l'être par la suite, et la guillotine, inventée pour abréger le supplice des condamnés, devient entre ses mains débiles un instrument plus cruel que les anciens gibets »

Fort heureusement pour ses pratiques, la chute de Robespierre, un mois plus tard, mettait fin à la Terreur.

En 1794, le bourreau réclama cependant encore un aide supplémentaire. Il avait en effet attrapé un tour de reins en guillotinant des prêtres réfractaires. Depuis la Terreur, la guillotine était devenue un instrument de gouvernement.

Le fils du bourreau Maurice Gloaer, Hervé Joseph Gloaer, né en 1781, suivit la profession de son père et de son oncle Hervé pour lesquels il travailla comme aide dès son enfance. Il prit sa retraite pour épouser en 1824 la fille d'un forgeron. Germain Benoist lui succéda dans cette funèbre charge d'exécuteur public. Benoist, né à Paris en 1794, était le fils de Michel Benoist ancien bourreau et exécuteur public de Paris qui avait fait rouler de nombreuses têtes aristocratiques pendant la Révolution. En 1817 Germain Benoist était exécuteur provisoire de Quimper. Il fut, selon toute probabilité, « titularisé » dans ces fonctions. En 1835, Claude Desmarets, exécuteur des arrêts criminels lui avait succédé. Il était, en 1821, le bourreau de Dijon et avait fait ses armes avec le célèbre bourreau de Paris Deibler. Le sieur Desmarets demeurait 5 rue Sainte-Catherine avec sa femme et ses deux enfants. Il devint bourreau régional en 1849. Il exerçait encore son office en 1856.

Les bourreaux de l'Ancien Régime habitaient traditionnellement en dehors des murs de la ville. Exerçant une profession abhorrée de tous, ils ne trouvaient pas facilement d'épouse ni de parrains pour leurs enfants ou alors ne se mariaient qu'après s'être retirés du service.

À la Révolution la guillotine était installée sur le plateau de la Déesse. Au XIXème siècle, les exécutions des condamnés avaient lieu sur la place de Mesgloaguen, près de la prison où étaient alors dressés les bois de justice. Elles rassemblaient une foule de badauds attirés par un spectacle morbide que certains trouvaient cependant édifiants.

Parmi les condamnés à mort exécutés au petit jour à Quimper au cours des XIXème et XXème siècles l'on peut citer notamment Clet Le Cochénec exécuté le 15 décembre 1818, Gabriel Le Goff, en 1841, le maréchal ferrant Yves Le Goaer le 22 juillet 1843, Henri Colin le 15 mars 1854, Paul Faine le 14 avril 1888, Jean Combot le 2 février 1893, Victor Malavoi en 1898, Yves Hervé en1921. Yves Floch fut le dernier condamné à mort à avoir eu la tête tranchée à Quimper, c'était le 5 août 1930. Le 17 novembre 1945, un autre assassin, le docker brestois Joseph Elies était fusillé à Quimper, au champ de tir d'Ergué-Armel sur le Frugy, la guillotine ne pouvant alors être déplacée à Quimper, les autorités eurent alors recours au peloton d'exécution. Ce fut la dernière exécution judiciaire d'une condamnation à mort à Quimper.

L'acte de décès dressé par l'officier de l'état civil ne spécifie jamais les conditions de disparition du défunt.

La France a définitivement aboli la peine de mort le 18 septembre 1981.

© Archives municipales de Quimper

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Dernière édition par Adelayde le Lun 27 Oct 2014 - 10:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 21 Aoû 2012 - 11:58

Merci pour ce sujet, Adelayde! Very Happy

Mais il y a quelque chose qui m'échappe: j'ai lu un excellent livre sur Marion du Faouët intitulé "Une étrange beauté...Marion du Faouët...et ses brigands" de Jean Rieux, résumant sa vie, avec notamment une grande partie consacrée à sa carrière criminelle, ainsi que les condamnations et emprisonnements dont elle fut victime, comme par exemple sa fustigation sur le marché d'Hennebont (place des lices) peu de temps après la pendaison sur la même place de son compagnon Henry Pezron;

Bien sur, ce récit biographique se termine par la pendaison de la belle brigande rousse à Quimper, pendaison orchestrée par Jacques Gloaer, dont voici la description physique:

-"(...)Alors que la lecture se poursuivait, un autre homme pénétra dans la cellule, haut de cinq pieds, épais comme un boeuf, le cou enfoncé dans d'énormes épaules rondes, c'était l'exécuteur, le bourreau. Il s'appelait Jacques Gloaer, le glorieux en français, ce qui ne correspondait guère à cet horrible métier. Il habitaitdans la paroisse de la Chandeleur, appelée ausi paroisse Saint-Corentin; Il était visible, en regardant ses petits yeux ronds et méchants, qu'il devait prendre un malin plaisir à faire souffrir ses clients.(...)".

Ce même Jacques Gloaer qui l'avait précédemment soumise à la question par le feu sur un banc de torture, le fameux "tourment" (auriez-vous des informations sur cet instrument?), avec respectivement 9 brûlures aux jambes pour Henry, et 5 pour elle même; Or, il est dit que la pendaison aurait eu lieu à la potence située place St Corentin, à deux pas de la cathédrale, pendaison effectué par la méthode du "long drop":

-"(...)Elle est au pied de l'échelle, regardant le gibet sans frémir, où pendent les deux tortouzes assujetties par le bourreau. Elle voit les deux gros noeuds coulants qui lui serreront la gorge, et le jet que tient l'exécuteur qui la précipitera dans le vide. C'est ainsi qu'Henry avait péri et c'est par ce même moyen qu'elle le rejoindrait dans cet autre monde dont vient de lui parler le prêtre. Elle est très droite et se détache, face à la tour du Châtel, comme si elle défiait ce peuple qui gronde au-dessous d'elle.
D'un geste rapide Jacques Gloaer tire sur le jet et Marion, pauvre pantin désarticulé, se balance dans le vide. C'est la fin-pour hâter le dénouement, le bourreau suspendu d'une main au bras de la potence, monte sur la suppliciée et, se balançant lui aussi, s'agite et frappe violemment le ventre et la poitrine de sa victime à grands coups de genoux. Le spectacle est passionnant pour cette foule qui vibre comme à un exercice des jeux du cirque, et si l'exécuteur fait montre d'autant de talent, c'est qu'il ira chercher sa récompense parmi les gens du marché qui lui donneront de la graine de chanvre, du beurre, des oeufs, des légumes, par droit de "havage", ce droit accordé aux bourreaux lorsqu'ils ont bien accompli leur macabre travail.

Le cadavre de Marion pendit ainsi toute la nuit, sans doute pour repaître de son spectacle les noctambules aviné. Puis il fut détaché au petit matin pour être enfoui dans la décharge. La loi ne prévoyait pas que les corps des femmes pendues soient portés aux patibulaires. La brigande ne sera donc pas exhibée au Leurier-Croajou, comme son bon associé Mahé le bossu.(...)".

Il n'est jamais fait mention du Mont-Frugy, à moins que ce ne soient les fourches patibulaires, et non la potence qui y étaient installées?

Pauvre Marion!
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Nemo
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 21 Aoû 2012 - 13:08


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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 21 Aoû 2012 - 15:54

Votre réponse justifie l’ouverture d’un sujet consacré à Marion du Faouët sur le forum des condamnés à mort, Bourreau breton. queen

http://guillotine.cultureforum.net/t2491-marie-louise-tromel-dite-marion-du-faouet-1755#28467

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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 21 Aoû 2012 - 21:28

Merci pour ce document, Sylvain! Very Happy

Mais je n'arrive toujours pas à comprendre: les fourches patibulaires, ou "gibet" ne sont-elles pas destinée uniquement à pendre les cadavres des condamnés à mort précédemment exécutés par pendaison ou décapitation (ceux-ci étant pendus par une corde ou chaîne passée sous les bras)?

Je croyais que les pendaisons ne s'effectuaient pas "en direct" sur le gibet situé en dehors de la ville, mais bien sur la potence dressée sur la place publique...

Bien sur, le plus connu des gibets était celui de Montfaucon, près de Paris, qui comptait douze piliers avec deux ou trois étages de traverses de bois, pour une contenance maximale d'environ 60 pendus à la fois; En outre, Viollet-le-duc le représente avec une base en forte maçonnerie soutenant les piliers, qui se révèle être une sorte de "catacombe", les ossements des anciens condamnés s'étant "décrochés" tout seuls y étant jetés par une trappe verticale, en attendant que des fossoyeur passent par une porte située dans l'un des murs et donnant sur l'extérieur pour emporter ces restes et leur donner une sépulture; Pour se rendre aux piliers, un escalier de pierre à l'arrière du gibet était à gravir, une porte gardée le fermant pour interdire l'accès.

Merci du nouveau sujet Adelayde!
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MessageSujet: Les fourches patibulaires   Mar 21 Aoû 2012 - 22:20


Un article intéressant et des belles gravures à propos des fourches patibulaires : "Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIème au XVIème siècle - Fourches patibulaires" :

http://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Fourches_patibulaires

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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Sam 1 Sep 2012 - 20:24

Bonsoir,

Un article à propos de la ville de Quimper paru dans le journal "Le télégramme" de hier récapitule l'histoire du Mont-Frugy, et de la place située à ses pieds:

"Le Mont Frugy est une véritable institution pour les Quimpérois. Au pied de cette colline, qui a valu à la ville, lors de la Révolution Française, d'ëtre nommée "Montagne-sur-Odet", se tient aujourd'hui l'actuelle place de la Résistance"(...)

Je me permet de sauter un paragraphe détaillant l'histoire militaire de cette place de la résistance, pour passer dans le vif du sujet qui nous intéresse:

(...)DES HEURES SOMBRES

"20 Mars 1793. La guillotine, objet par excellence de la terreur, fait son oeuvre pour la première fois sur le plateau de la déesse (dont une rue, tout près de la place de la Résistance, porte aujourd'hui le nom) à Quimper, deux mois après la mort de Louis XVI à Paris. Le juge de paix du canton de Fouesnant, Alain Nédélec , y perd la tête.Les dix autres prévenus, immortalisés en 1887 dans le tableau " Les révoltés de Fouesnant" de Giraudet (visible au musée des Beaux-Arts à Quimper) sont acquittés. Un an plus tard, 26 des 33 administrateurs du département passent également sur le billot, sur le champ de bataille*. Car, le 27 Décembre 1793, la place a retrouvé le nom que bon nombre de Quimpérois gardaient en mémoire.(...)

* Le nom "champ de bataille" vient du fait que les différentes garnisons et brigades militaires qui stationnent dans la cité de l'Odet s'y exercent et y paradent. Cette place portera le nom de "place de Jean-Baptiste de Pontcarré de Viarmes" (intendant de la Bretagne) de 1740 à 1764, puis "place d'armes" de 1790 à 1792, et "champ de la fédération" de 1792 à fin Décembre 1793, avant de prendre son nom actuel le 23 Mai 1946.

Pierre.
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Sam 14 Sep 2013 - 14:45














Parmi les condamnés à mort exécutés au petit jour à Quimper au cours des XIXème et XXème siècles l'on peut citer notamment Clet Le Cochénec exécuté le 15 décembre 1818, Gabriel Le Goff, en 1841, le maréchal ferrant Yves Le Goaer le 22 juillet 1843, Henri Colin le 15 mars 1854, Paul Faine le 14 avril 1888, Jean Combot le 2 février 1893, Victor Malavoi en 1898, Yves Hervé en1921.

Source : archives municipales de Quimper


http://www.quimper.fr/1035-les-anciens-bourreaux-de-quimper.htm

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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Sam 14 Sep 2013 - 16:25

belle découverte!!!!!!!!!!

Que l'écriture était "belle".......
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Sam 14 Sep 2013 - 16:54

Oui, Tof. J'admire toujours ces écriture régulières, bien dessinées... D'autant plus admirables qu'en 1830 et 1843, on écrivait... à la plume d'oie.

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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Dim 15 Sep 2013 - 13:03

Adelayde a écrit:
Oui, Tof. J'admire toujours ces écriture régulières, bien dessinées... D'autant plus admirables qu'en 1830 et 1843, on écrivait... à la plume d'oie.
Non, Adelayde. Les plumes en acier existaient déjà. Wink 
Cela dit pour me rappeler de ma jeunesse, c'était déjà difficile d'écrire avec celles-ci et pourtant dans les années soixante on avait sans doute des aciers plus souples que 120 ans avant.

Ces plumes du XIXe siècle étaient très chères et quand on en cassait une, c'était une catastrophe. C'est pour ça que d'aucuns continuaient à utiliser les plumes d'oie et c'est pour ça que des porte plumes étaient lestés pour qu'en cas de chute ils tombent du bon côté.

Des plumes en écaille de tortue existaient aussi: écriture plus "coulée", plus "facile" mais inconvénient: elles s'usaient vite du fait de la corrosion par les encres.

Wikipédia:

Seule l'apparition de nouveaux aciers ayant la résistance et la souplesse nécessaire lui permettra de conquérir le monde. Ces premiers aciers sont produits à Birmingham vers 1820 et dès 1835 les plumes métalliques anglaises commencent à s'exporter dans le monde entier pour remplacer la plume d'oie et le calame. En 1827, Petrache Poenaru brevette à Paris, la plume portable sans fin, qui s'alimente elle-même avec de l'encre, précurseur du stylo-plume d'aujourd'hui.

********************
Pour ma part j'ai assisté à une conférence où on situait l'apparition des plumes en acier sous le premier empire (Napoléon en utilisa, et je doute qu'elles aient été en acier anglais)
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Dim 15 Sep 2013 - 14:39

Merci pour ces précisions, Benjamin. Je situais l'usage de la plume d'acier dans la seconde moitié du XIXème siècle. queen

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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Dim 15 Sep 2013 - 14:47

Adelayde a écrit:
Merci pour ces précisions, Benjamin. Je situais l'usage de la plume d'acier dans la seconde moitié du XIXème siècle. queen
J'adore ces échanges qui nous cultivent mutuellement, sur ce forum.

A partir de ...   on apprend des choses sur tout! study 
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 6 Mai 2014 - 18:09

Voici une liste de bourreaux de Kemper, pardon Quimper... (trouvé sur un forum généalogiste du Finistère, si si ca existe lol! )

Jacques LE GLAOUER bourreau en 1712-1759
Jean LE GLAOUER bourreau en 1759-1773
Maurice LE GLAOUER bourreau en 1773-1793
Hervé LE GLAOUER bourreau en 1793-1804
François LACAILLE bourreau en 1804-1805
Paul MIRAUCOURT bourreau en 1805
Georges MIRAUCOURT bourreau en 1805-1807
Hervé-Joseph LE GLAOUER bourreau en 1807-1815
Jean-Baptiste MICHEL bourreau en 1815-1817
Laurent RHEIN bourreau en 1817-1821
Germain BENOIST bourreau en 1821-1823
Claude-François DESMOREST bourreau en 1823-1849
Aide-bourreaux :
François LACAILLE aide-bourreau en 1795-1803
Joseph-Archange FACHAUX aide-bourreau en 1803-1804
Guy LE MOALIC aide-bourreau en 1803-1808
Jean-Pierre MIRAUCOURT aide-bourreau en 1805-1807
Henri RHEIN aide-bourreau en 1818-1821
Candidats :
Claude BOUR candidat en 1802
François-Henri HEIDENREICH candidat en 1802
Jean BRAUN candidat en 1804
Nicolas WOLFF candidat en 1805
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MessageSujet: Les bourreaux bretons XVIIIème siècle   Lun 27 Oct 2014 - 9:50

LES BOURREAUX EN BRETAGNE AU XVIIIème siècle

Les bourreaux sont au nombre de quatre pour la province de Bretagne. Ils sont établis à Rennes, Nantes, Vannes et Quimper, c'est-à-dire dans les quatre villes où siègent les Présidiaux. Leurs fonctions ne constituent pas un office héréditaire, comme dans la plupart des autres provinces (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 135). Ils ont le triste privilège « d'inspirer de la haine et de l'horreur au public ». Même quand ils ont abandonné leurs fonctions, auxquelles ils sont nommés, à Rennes par le Parlement, dans chacune des trois autres villes par le Présidial, il leur est impossible d'exercer aucun métier.

L'aversion qu'ils inspirent s'étend même sur leurs veuves et leurs enfants. Aussi chacun d'eux est tenu de faire une pension à la veuve de son prédécesseur (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134). Chaque bourreau a un ou plusieurs valets à son service. Les bourreaux de Rennes, Nantes et Vannes sont logés par les villes où ils résident ; celui de Quimper n'a pas le même avantage (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134).

Les bourreaux de Rennes et de Nantes sont les frères Gasnier, qui depuis plusieurs générations se succèdent dans leur sinistre profession. Joseph Gasnier, bourreau de Rennes, a pour aides ou valets deux cousins, âgés de vingt-cinq ans. Son frère Victor Gasnier, bourreau de Nantes, est doué d'un remarquable talent pour la cuisine. Avec son métier d'exécuteur des hautes oeuvres il cumule celui de restaurateur. Malgré la répulsion qu'inspirent ses fonctions de bourreau, son restaurant n'est pas dédaigné des gourmets. Prudhomme, bourreau de Vannes, est associé avec son frère cadet. Ils s'aident mutuellement. L'aîné, comme bourreau en titre, se réserve les deux tiers des profits. Il a, de plus, un valet qu'il nourrit et auquel il donne 100 livres de gages.

Depuis l'ordonnance de 1772, toutes les affaires criminelles des juridictions seigneuriales aboutissent au Parlement, qui recevait déjà les appels de toutes les justices royales. Il en résulte que le bourreau de Rennes, qui est en même temps celui du Parlement, est le seul qui soit véritablement occupé. Il l'est d'ailleurs beaucoup moins que par le passé, parce que radoucissement des moeurs adoucit aussi la rigueur des condamnations. Le nombre des peines capitales et des punitions corporelles a singulièrement diminué. Les trois autres bourreaux ne servent plus qu'en cas de sentences prévôtales prononcées par les Présidiaux à la réquisition de la maréchaussée, pour attentats à main armée commis sur les grands chemins.

Dans les autres provinces du royaume, les bourreaux ont un traitement considérable. Celui de Rouen, indépendamment de son casuel, a 6.000 livres ; ceux de Tours, Orléans, Angers, ont 2.400 livres. Les bourreaux de Bretagne sont moins favorisés. Celui de Rennes n'a que 700 livres de traitement fixe, dont 300 livres payés par la ville, 250 par le Domaine, 30 par le seigneur de la vicomté de Rennes, 120 livres par le geôlier. Cette dernière somme a même un caractère aléatoire, car le geôlier pourrait tenir lui-même les accusés à la torture, ou les faire tenir par ses guichetiers. Dans ce cas, il n'aurait rien à payer au bourreau. Le bourreau de Nantes n'a que 30 livres de traitement fixe. Ceux de Vannes et de Quimper ont 600 livres Ces gages sont dérisoires et suffisent à peine aux charges qui pèsent sur eux. Ils ont leurs valets à payer ; de plus, chaque bourreau en exercice doit une pension à la veuve de son prédécesseur. Le bourreau de Rennes est, à ce titre, chargé d'une pension de 225 livres, le bourreau de Nantes d'une pension de 400 livres, celui de Vannes d'une pension de 350 livres (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 135).

Si les bourreaux n'avaient que leur traitement fixe, leur position ne serait pas tenable. Mais ils ont un casuel. Ce sont d'abord leurs honoraires. « Le bourreau est payé de chaque exécution, savoir : 60 livres pour rouer, 30 livres pour pendre, 10 livres pour fouetter et 10 livres pour marquer, et il est payé par jour, également que son domestique, lorsqu'il va faire quelque exécution en campagne ou exposer quelque cadavre » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134). Le produit de cette partie du casuel n'a d’importance que pour le bourreau de Rennes. Celui de Vannes n'en tire pas plus de 60 livres par an. « Les exécutions sont infiniment rares à Quimper, de sorte que le bourreau n'en tire presque rien ». Les exécutions de Nantes produisent 200 livres par an (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 135).

Ce qui rapporte le plus aux exécuteurs, c'est le droit de havage ou coutume. Ce droit n'est pas absolument le même pour les quatre exécuteurs de la province, en ce sens qu'il offre des variétés dans les détails de son application. A Quimper, le bourreau perçoit le havage « les mercredi et samedi, jours de marché, sur toutes les denrées quelconques qui se vendent soit sur la place, soit ailleurs dans la ville, excepté sur les grains, qui ne sont sujets à aucun droit que les jours d'exécution. La seule graine de chanvre y est assujettie en tout temps ». A Vannes, les jours de foire et de marché, le bourreau perçoit 5 sous par charretée de chanvre ; 5 sous par charretée de suif et cire ; 1 sou par charge de chanvre ; 1 sou par charge de beurre ; 1 sou par cochon entier ; 6 deniers par demi-cochon ; 6 deniers par pain de graisse de porc ; 6 deniers par potée de graisse fondue ; 1 sou par charretée de navets, ognons, poireaux ; 6 deniers par pochée des mêmes légumes. « Les jours d'exécution, il est perçu double droit ; et quand le bourreau va en commission dans les villes voisines, il y prend, le jour d'exécution, le double droit sur le même pied et sur toute espèce de grains, bestiaux et autres marchandises qui se présentent au marché » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134). Il en est de même des bourreaux de Rennes et de Nantes. Le havage leur rapporte une somme considérable. Le bourreau de Rennes évalue à 1.000 livres par an le produit de cette taxe dans les bourgs, lorsqu'il va en commission (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 135). Le produit du havage dépasse 1.500 livres pour la ville de Vannes, 4.000 livres pour celle de Nantes.

Ce droit est fort impopulaire. Il amène une foule d'aigres contestations entre les agents du bourreau et les contribuables. Dans les temps de cherté, il suscite « une fermentation dangereuse, fondée sur la répugnance du peuple à voir le bourreau renchérir sa subsistance » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134). Dès l'année 1752, la communauté de Rennes obtint un arrêt du Conseil qui abolissait le havage dans la ville et ses faubourgs, moyennant un traitement annuel qu'elle s'engagea à payer au bourreau. La communauté de Nantes suivit cet exemple en 1764. Elle se débarrassa du havage en payant à son bourreau un abonnement annuel de 1.200 livres. L'exécuteur reçut ordre « doter dès à présent, de la place du Bouffay, la potence qui y est plantée, pour la faire placer aux lieux et jours d'exécution, et l'ôter pareillement, aussitôt après l'exécution faite » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 134).

Pendant les premières années du règne de Louis XVI, le havage fut suspendu dans toute la province. Il fut ensuite complètement aboli et remplacé par un traitement fixe au profit des exécuteurs. Le gouvernement eut même un instant la pensée de supprimer les bourreaux de Nantes, Vannes et Quimper, et de ne laisser subsister que celui de Rennes. Ce projet ne fut pas réalisé (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 135).
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Lun 27 Oct 2014 - 10:40

Les deux sujets ouverts :
- "Les anciens bourreaux de Quimper",
- "Les bourreaux bretons au XVIIIème siècle
sont fusionnés en un sujet unique "Les bourreaux bretons"

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CARNIFEX
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Lun 27 Oct 2014 - 12:14

Citation :
Victor Gasnier, bourreau de Nantes, est doué d'un remarquable talent pour la cuisine. Avec son métier d'exécuteur des hautes oeuvres il cumule celui de restaurateur. Malgré la répulsion qu'inspirent ses fonctions de bourreau, son restaurant n'est pas dédaigné des gourmets.

Sa spécialité? Le canard au sang. lol!

Blague à part, cette seconde profession est relativement rare chez les bourreaux car, mis à part ses talents de guérisseur et rebouteux qui lui permettaient d'arrondir ses fins de mois, le bourreau n'exerçait habituellement que sa seule charge d'exécuteur.

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Adelayde
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Lun 27 Oct 2014 - 14:25

CARNIFEX a écrit:
Sa spécialité? Le canard au sang.


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pier
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Lun 27 Oct 2014 - 20:25

Excellent le Canard au sang Carnifex clown
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itto
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mar 28 Oct 2014 - 15:19

Au court-bouillon?
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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Les bourreaux bretons   Mer 29 Oct 2014 - 10:17

itto a écrit:
Au court-bouillon?

Very Happy
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