La Veuve

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 François Bertrand - le Sergent nécrophile

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MessageSujet: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Jeu 2 Aoû 2012 - 13:02

Extrait de : Les maladies de l'esprit, par le Docteur P. Max-Simon, Baillières, Paris, 1891.

En ligne sur gallica.
gallica.bnf.fr

LA NÉCROPHILIE

La nécrophilie est certainement une des plus tristes aberrations instinctives, irrésistibles, que la science ait à constater.
Ce n'est pas, du reste, qu'une semblable passion et les profanations qui en sont l'ordinaire conséquence ne puissent exister avec la plus complète intégrité mentale. On trouve, en effet, dans Hérodote un passage des plus curieux au point de vue du sujet qui nous occupe et qui montre que les embaumeurs se livraient parfois a de semblables abus. Ainsi, lorsque des femmes jeunes et belles venaient à mourir, attendait-on deux ou trois jours pour les livrer aux embaumeurs.
A une époque plus rapprochée de nous, plusieurs cas de cohabitation avec des mortes ont été relevés qui furent accomplis par des individus jouissant évidemment de toute leur raison.

II n'en est pas moins vrai, et cela est à l'honneur de l'espèce humaine, que ces sortes d'aberrations sont rares et doivent être souvent attribuées à la maladie. C'est principalement chez les imbéciles, chez les dégénérés en général, à quelque classe qu'ils appartiennent, que ces faits sont constatés.
C'est ainsi que Morel et Bedor ont raconté l'histoire d'un imbécile, pensionnaire de l'hôpital de Troyes, qui fut surpris s'introduisant dans l'amphithéâtre, quand des cadavres de femmes y étaient déposés et se livrant au plus horribles profanations. Le sergent Bertrand (1), dont Marchal de Calvi, Lunier, Tardieu, ont si bien apprécié l'état mental, était aussi un dégénéré, bien que d'une espèce particulière. Rien n'arrêtait ce déterreur de cadavres, ce nécrophile, dans l'accomplissement des actes révoltants, auxquels l'entraînait le désir de donner entière satisfaction à son odieux penchant. Il bravait délibérément la mort, les coups de fusil tirés sur lui, les pièges qu'on lui tendait.

Un fait tout spécial et qu'on doit relever dans l'histoire pathologique de ce malheureux, c'est que ses impulsions irrésistibles maladives revenaient par accès et qu'il éprouvait une horrible angoisse, jusqu'à ce qu'il eût satisfait son odieuse passion. J'ai dit que Bertrand était vraisemblablement un dégénéré, et c'est ainsi qu'il a été considéré par tous ceux qui ont eu à examiner l'état mental de ce malheureux mais son état de dégénérescence héréditaire offrait ceci de particulier, qu'une observation subséquente a permis de rattacher les actes impulsifs de Bertrand à l'épilepsie.
Bertrand était un épileptique larvée chez qui, comme il arrive souvent, des crises nettement constatées ont jeté une pleine lumière sur l'état mental pathologique antérieur du sujet.


(1) Le sergent Bertrand. Il fut condamné en 1849 à un an de prison pour violation de sépulture et mutilation de cadavre. De nombreuses sources mentionnent qu'il s'est suicidé après sa peine. C'est l'éternel problème de x qui recopie y, qui recopie z, qui recopie...
Michel Dansel, dans son livre sur le sergent Bertrand, a rétabli la vérité. Bertrand ne s'est pas suicidé, sa vie a continué, loin de Paris.

Dansel Michel Le sergent Bertrand, portrait d'un nécrophile heureux, éditions Albin Michel, Paris, 1991.


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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Lun 27 Aoû 2012 - 17:28

Extrait de : Attentats aux mœurs et perversions du sens génital - Leçons professées à la Faculté de médecine par le Dr L. Thoinot, Octave Boin, éditeur, 1898; Paris.

En ligne sur Gallica
gallica.bnf.fr
___________________
La nécrophilie c'est l'amant des morts, amant parfois platonique, mais qui souvent aussi entre en rapports sexuels avec les cadavres, et, au plus haut degré de l'aberration, se porte sur les morts à d'étranges et violentes profanations.

Cette définition embrasse l'ensemble des faits de nécrophilie connus; elle ne préjuge encore rien de la nature même de l'aberration, qui ne me semble pas encore élucidée sur tous les points.
Il se produisit à la Morgue de Paris, il y a quelques années, une série de faits scandaleux vite réprimés, et dont une surveillance bien dirigée empêcha le retour. Un certain nombre d'individus furent surpris, à diverses reprises, en train de se masturber devant la vitrine où les cadavres sont exposés : ce sont des individus de ce genre que j'appelais plus haut les nécrophilies platoniques.

Voici maintenant quelques exemples de nécrophiles qui entrent en rapports sexuels avec les cadavres :

« En 1787, près de Dijon, à Cîteaux, dit Michéa, un mien aïeul qui était médecin de cette célèbre abbaye, sortait un jour du couvent pour aller voir, dans une cabane située au milieu des bois, la femme d'un bûcheron que, la veille, il avait trouvée mourante. Le mari, occupé à de rudes travaux loin de sa cabane, se trouvait forcé d'abandonner sa femme, qui n'avait ni enfants, ni parents, ni voisins autour d'elle. En ouvrant la porte du logis, mon grand-père fut frappé d'un spectacle monstrueux un moine quêteur accomplissait l'acte du coït sur le corps de la femme qui n'était plus qu'un cadavre. »

Briere de Boismont (Gazette médicale, 1849, 21 juillet) raconte l'histoire d'un nécrophile qui, après avoir corrompu les gardiens, s'est introduit dans la chambre mortuaire où gisait le cadavre d'une fille de seize ans, enfant d'une famille très distinguée. Pendant la nuit, on entendit dans la chambre mortuaire un bruit semblable au bruit d'un meuble renversé. La mère de la jeune fille décédée pénétra dans la chambre et un homme en chemise qui venait de sauter du lit de la morte. On le prit d'abord pour un voleur, mais bientôt on s'aperçut de quoi il s'agissait. On apprit que le nécrophile, fils d'une grande famille, avait déjà souvent violé des cadavres de jeunes femmes. Il fut condamné aux travaux forcés a perpétuité.

Bédier (de Troyes) a conté le fait suivant que nous empruntons, en résumé, à P. Moreau.

Un imbécile de vingt-sept ans, sujet à des accès de manie périodique commit une tentative de viol sur une jeune paysanne en présence de cinq à six personnes, et à la suite de cette action on dut l'enfermer à l'hospice de Troyes, où il se livra à de monstrueux actes de nécrophilie. Trompant la surveillance, il s'introduisait dans la salle des morts quand il savait que le corps d'une femme venait d'y être déposé, et violait le cadavre. II se vanta publiquement de ces actes dont il ne paraissait pas comprendre la gravité et les avoua cyniquement au directeur de l'établissement. On prit des ce moment des mesures pour mettre cet homme dans l'impossibilité de renouveler ses profanations mais il déploya un instinct de ruse qui le fit triompher de tous les obstacles. Il avait dérobé une clef qui ouvrait la salle des morts, et continua ses pratiques jusqu'au jour où on le dirigea sur un asile d'aliénés.

Voici maintenant un cas célèbre, celui du sergent Bertrand :

Il a été étudié par Marchal de Calvi et par Michéa, et tous les traités spéciaux (Tardieu, Legrand du Saulle, etc.) l'ont rapporté depuis en détail. Il est tellement typique que, malgré sa longueur, je ne crains pas de l'emprunter tout entier à Tardieu : il faut d'ailleurs que vous en connaissiez bien les détails, car il nous servira tout à l'heure à discuter la nature de la nécrophilie.


A suivre, le journal de Bertrand.

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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Lun 27 Aoû 2012 - 20:20


Devant le Conseil de guerre jugeant Bertrand, fut lu une partie de son journal. L'extrait de Tardieu, mentionné par le Dr Thoinot, contient plus de détails supplémentaires, occultés au Conseil.

__________________________
Partie du journal du sergent Bertrand, rapporté par Tardieu, dans le livre du Dr Thoinot.

« J'ai commencé à me masturber dès l'âge le plus tendre, sans savoir ce que je faisais ; je ne me cachais de personne. Ce n'est qu'à l'âge de huit ou neuf ans que j'ai commencé à penser aux femmes ; mais cette passion ne devint réellement forte qu'à l'âge de treize ou quatorze ans.
Alors, je ne connus plus de bornes, je me masturbai jusqu'à sept ou huit fois par jour, la vue seule d'un vêtement de femme m'excitait. En me masturbant, je me transportais en imagination dans une chambre où des femmes se trouvaient a ma disposition ; là, après avoir assouvi ma passion sur elles et m'être amuser de les tourmenter de toutes les manières, je me les figurais mortes et j'exerçais sur leurs cadavres toutes sortes de profanations. D'autres fois le désir me venait aussi de mutiler des cadavres d'hommes, mais très rarement, j'en éprouvais de la répugnance .

« Me voyant dans l'impossibilité d'avoir des corps humains, je recherchai des corps morts d'animaux que je mutilai comme plus tard ceux de femmes ou d'hommes. Je leur fendais le ventre, et après en avoir arraché les entrailles, je me masturbais en les contemplant, après quoi je me retirais honteux de mon action en me promettant bien de ne plus recommencer mais la passion était plus forte que ma volonté. J'éprouvais dans ces circonstances un plaisir extrême, une jouissance que je ne puis définir, et pour la faire durer plus longtemps, je me masturbais lentement afin de retarder autant que possible la sortie du sperme. « Il m'est arrivé de mutiler depuis le cheval jusqu'aux plus petits animaux tels que des chats, de petits chiens, etc.

« Étant arrivé au camp de la Villette en 1844, je ne tardai pas à aller retirer du canal Saint-Denis des animaux noyés, des chiens, des moutons, etc., pour les traiter de la même manière que ceux dont j'ai parlé plus haut.

« En 1846, je ne contentais plus d'animaux morts, il m'en fallut de vivants. Au camp de la Villette, comme dans toutes les casernes, il y avait beaucoup de chiens, qui, n'appartenant à personne, suivaient les militaires indistinctement. Je résolus d'emmener de ces chiens à la campagne et de les tuer, ce qui m'arriva en effet trois fois ; je leur arrachais les entrailles comme aux animaux morts, et j'éprouvais autant de jouissance qu'avec ces derniers.

« Sur la fin de 1848 seulement, la pensée me vint de déterrer des cadavres; la facilité avec laquelle cela pouvait se faire dans la fosse commune du cimetière de l'Est fit naître en moi cette idée, mais elle ne fut pas mise à exécution, car la crainte me retenait encore.

« Au commencement de 1847, mon régiment étant allé à Tours, ma compagnie fut envoyée dans la petite ville de Bléré. C'est là que je commis la première violation de sépulture dans les circonstances que voici

« Il était midi ; étant allé me promener dans la campagne avec un de mes amis, la curiosité me fit entrer dans le cimetière qui se trouvait près de la route (ceci eut lieu sur la fin du mois de février) ; une personne avait été enterrée la veille; les fossoyeurs, d'après ce qui m'a été dit le lendemain, ayant été surpris par la pluie, n'avaient pu achever de remplir la fosse, et avaient de plus laissé leurs outils à côté. A cette vue, les plus noires idées me vinrent, j'eus un violent mal de tête, mon cœur battit avec force, je ne me possédai plus. Je prétextai un motif pour rentrer de suite en ville m'étant débarrassé de mon camarade, je retournai au cimetière, et sans faire attention aux ouvriers qui travaillaient dans les vignes qui touchaient au cimetière, je saisis une pelle et je me mis à creuser la fosse avec une activité dont j'aurais été incapable dans tout autre moment.

Déjà, j'avais retiré le corps mort ; ne me trouvant muni d'aucun instrument tranchant pour le mutiler, je commençais à le frapper avec la pelle que je tenais à la main, avec une rage que je ne puis encore m'expliquer, quand un ouvrier qui travaillait tout près, attiré par le bruit que je faisais, se présenta à la porte du cimetière. L'ayant aperçu, je me couchai dans la fosse à côté du mort et j'y restai quelques instants. L'ouvrier étant allé prévenir les autorités de la ville, je profitai de cet instant pour recouvrir le corps de terre et sortir du cimetière en escaladant le mur.

« J'étais tout tremblant, une sueur froide me couvrait le corps. Je me retirai dans un petit bois voisin où, malgré une pluie froide qui tombait depuis quelques heures, je me couchai au milieu des arbrisseaux ; je restai dans cette position pendant trois heures, dans un état d'insensibilité complète. Quand je sortis de cet assoupissement, j'avais les membres brisés et la tête très faible. La même chose m'arriva dans la suite après chaque accès de folie.

« Deux jours après, je suis retourné au cimetière de Bléré, non plus à midi, mais au milieu de la nuit, par un temps pluvieux. Cette fois, n'ayant pas trouvé d'outils, je creusai la fosse avec mes mains ; elles étaient en sang, mais rien ne pouvait m'arrêter, je ne sentais pas la douleur N'ayant pu découvrir que la partie inférieure du corps, je la mis en pièces, je remplis ensuite la fosse de la même manière qu'elle avait été creusée.

« Étant rentré à Tours dans les commencements du mois de mars, je ne fus pas longtemps sans éprouver le besoin de déterrer les morts. J'allai à cet effet au cimetière de cette ville, un soir, mais ayant reconnu l'impossibilité d'exécuter ma résolution, je me retirai et je n'y retournai plus.

« Cet état de choses dura pendant les mois de mars, avril et mai. Etant rentré à Paris à la fin de ce dernier mois, le mal se fit bientôt sentir de nouveau. M'étant laissé entraîner un jour au cimetière du Père-Lachaise, cette solitude me plut ; la facilité d'y pénétrer me fit prendre la résolution d'y revenir la nuit. J'y entrai en effet à 9 ou 10 heures du soir, après avoir escaladé le mur, je me promenai quelques instants, agité des plus noires idées ; m'étant ensuite approché de la fosse commune, je me mis à déterrer un cadavre. Ce corps était celui d'une femme d'environ quarante ans, assez bien conservé, je lui ouvris le ventre, j'en arrachai les entrailles, je les coupai en morceaux avec rage; mais je ne commis sur cette femme aucun acte impudique (juin 1847).

« Pendant une quinzaine de jours, j'allai à ce cimetière tous les soirs. Dans cet espace de temps, je déterrai trois ou quatre femmes que je traitai comme la première, sans attenter à la pudeur.

« Après avoir arraché les entrailles aux divers cadavres dont je viens de parler et les avoir mutilés, je me masturbai deux ou trois fois, à genoux près du cadavre. Je me me masturbais d'une main, tandis que je serrai convulsivement de l'autre une partie quelconque du cadavre, mais plus particulièrement les entrailles.

« Ayant été surpris par deux gardiens du cimetière, qui furent sur le pont de faire feu sur moi, je fus assez heureux de me tirer d'affaire en leur disant qu'étant ivre je m'étais endormi dans le cimetière jusqu'à cette heure. Comme j'avais toujours eu soin de recouvrir les cadavres mutilés, ils ne se doutèrent de rien et me laissèrent sortir.

A suivre...






Dernière édition par mercattore le Lun 27 Aoû 2012 - 20:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Lun 27 Aoû 2012 - 20:28


SUITE Bertrand..

« Le danger que je venais de courir produisit sur moi une telle impression que je ne pensai plus à retourner dans un cimetière, jusqu'au 12 novembre, même année, jour où je quittai Paris pour aller à Soissons, ville où se trouvait le dépôt de mon régiment. La difficulté de pénétrer dans le cimetière de ce lieu m'empêcha encore de me livrer à ma funeste folie.

« Arrivé à Douai, après les affaires de février, j'éprouvai le besoin de mutiler des corps morts. Un soir, vers le 10 mars, j'allais au cimetière; il était 9 heures, et après la retraite qui se battait à 8 heures, les militaires ne sortaient plus de la ville; pour exécuter mon dessein, je me trouvais donc dans la nécessité d'escalader le mur d'enceinte, et de sauter un fossé de quatre mètres environ de largeur sur deux de profondeur. Ces difficultés ne furent pas capables de m'arrêter ; après avoir escaladé le mur dans un endroit où il tombait en ruine, je reconnus l'impossibilité de sauter le fossé ; je le traversai à la nage après avoir jeté mes habits de l'autre coté. Le froid était très vif, il y avait même de la glace. A peine entré dans le cimetière, je me mis à déterrer une jeune fille, qui pouvait avoir de quinze à dix-sept ans. Ce corps est le premier sur lequel je me livrai à des actes impudiques. Je ne puis définir ce que j'éprouvai dans ce moment ; tout ce que l'on éprouve avec une femme vivante n'est rien en comparaison. J'embrassai cette femme morte sur toutes les parties du corps, je la serrai contre moi à la couper en deux ; en un mot, je lui prodiguai toutes les caresses qu'un amant passionné peut faire à l'objet de son amour. après avoir joué avec ce corps inanimé pendant un quart d'heure, je me mis à le mutiler, à lui arracher les entrailles comme à toutes les autres victimes de ma fureur. Je remis ensuite le corps dans la fosse, et, après l'avoir recouvert de terre, je rentrai à la caserne par les moyens employés pour aller au cimetière.

« Quelque temps après, ma compagnie alla tenir garnison à Doullens (Somme), d'où elle ne sortit que le 16 juillet pour rentrer à Paris. Étant allé dans le cimetière de cette ville, et n'ayant pu venir à bout de creuser une fosse, tellement la terre dure m'avait abimé les mains, je n'y retournai plus.

« Nous étions rentrés à Paris (17 juillet 1848), le régiment occupait le camp d'Ivry. Après quelques jours de repos, le mal me revint plus violent que jamais. Pendant la nuit, les sentinelles étaient très rapprochées et avaient une consigne sévère ; mais rien ne pouvait m'arrêter, je sortais du camp presque toutes les nuits, pour aller au cimetière du Montparnasse, où je me livrai à de si grands excès.

« La première victime de ma fureur, dans ce cimetière fut une jeune fille de douze à treize ans ; son corps était tout décomposé, ce qui ne m'empêcha pas de le profaner par des actes impudiques. Ensuite, après lui avoir ouvert le ventre, en avoir arraché les entrailles et avoir coupé les parties génitales, je me masturbai encore et je me retirai. Cette violation de sépulture eut lieu vers le 25 juillet 1848.

« La même profanation eut lieu au cimetière d'Ivry, du 20 au 28 août, et sur la fin du mois de septembre, sur les corps d'une petite fille de sept ans et d'une femme de trente-huit ans à quarante ans. Je me livrai sur deux cadavres aux mêmes excès qu'au Montparnasse, excepté que je n'arrachai ni ne dispersai les entrailles : je me contentai d'ouvrir le ventre. Après avoir mutilé la petite fille, je la remis dans la fosse et je la recouvris de terre. La femme était enterrée depuis treize jours.

« Du 25 juillet au mois de décembre 1848, je ne retournai que deux fois au grand cimetière du Montparnasse où il était très difficile de pénétrer. La première fois à minuit, par un beau clair de lune, je fus assez heureux pour échapper à un gardien qui se promenai armé d'un pistolet; je sortis sans rien faire.

« La deuxième fois, je déterrai une femme âgée d'environ soixante ans, et un enfant de deux ou trois ans au plus. Après avoir transporté ces deux cadavres sur une tombe assez éloignée de la fosse commune, je profanai et mutilai celui de la femme sans toucher à celui de l'enfant.

« Toutes les autres profanations de sépulture eurent lieu dans le cimetière des suicidés et des hôpitaux.

« Les premières mutilations dans cet endroit eurent lieu sur des cadavres d'hommes. Je ne pouvais me résoudre à mutiler un homme, si cela m'est arrivé quelquefois, c'était la rage de ne pouvoir trouver des femmes qui me laissaient faire. Alors, je me contentais de leur donner un coup de sabre sur une partie quelconque du corps. II va sans dire que je n'éprouvais pas le besoin de me masturber, c'était tout le contraire, j'éprouvais une grande répulsion. Il m'est arrivé de déterrer douze ou quinze corps pour trouver une femme.

« Du 30 juillet au 6 novembre je déterrai deux femmes et un grand nombre d'hommes, mais je ne mutilai que deux de ces derniers. Quant aux femmes, qui étaient âgées de soixante à soixante-dix ans, je me livrai sur elles à un nouveau genre de mutilation.

« Après avoir assouvi ma passion brutale sur leurs cadavres, leur avoir ouvert le ventre et en avoir retiré les entrailles, je leur fendis les membres, je leur lacérai le corps dans tous les sens, ce qui ne m'était pas encore arrivé. Ma fureur ne fut pas satisfaite après ces actes horribles ; je saisis les membres coupes, je me mis a les tordre, à jouer avec, comme un chat avec sa proie ; j'aurais voulu pouvoir les anéantir ; jamais je ne m'étais vu dans un tel état ; je terminai comme à l'habitude par la masturbation.

« Le 6 novembre, à 10 heures du soir, j'étais sur le point de sauter dans le cimetière, quand un coup de feu me fut tiré à bout portant, je ne fus pas atteint. Ce fait ne me découragea pas je me retirai et je me couchai à quelques pas du cimetière sur la terre humide, par un froid rigoureux ; je restai dans cette position environ deux heures, après quoi, je rentrai au cimetière ou je déterrai une jeune femme noyée, âgée de vingt-cinq à vingt-six ans, très bien conservée. Je traitai cette femme comme les autres victimes de ma folie, je me retirai après lui avoir arraché les entrailles, coupé les parties génitales et fendu la cuisse gauche jusqu'au milieu. La jouissance que j'éprouvai avec cette femme fut plus grande encore que toutes les autres fois. Cependant, je commençais à me fatiguer de toutes ces violations de sépulture, ma maladie n'était plus si violente, et je suis porté à croire qu'elle touchait à son terme.

« A dater de cette dernière violation, jusqu'au 15 mars 1849, je ne suis retourné que deux fois au cimetière, une fois du15 au 20 décembre, et au commencement de janvier.
Ces deux fois encore, j'ai essuyé des coups de feu ; le premier à trois ou quatre pas de distance, a fait balle et a traversé le derrière de ma capote, à hauteur de la ceinture.
Ce soir, il faisait très mauvais temps, mes habits étaient traversés par la pluie mais il fallait que ma fureur se passât, rien n'était capable de m'arrêter. Aussi, malgré le coup de feu que je venais de recevoir et la pluie qui tombait à verse me fallut-il aller au cimetière d'Ivry à travers champs. Etant arrivé dans ce cimetière accablé de' fatigue, je cherchais inutilement à déterrer un mort ; je fus obligé de retourner à la caserne où j'arrivai à 3 heures du matin dans un état déplorable.

Le deuxième coup de feu que j'essuyai au Montparnasse ne m'atteignit pas. Il m'eût été très facile de briser ou d'emporter les machines dressées contre moi, puisqu'il m'est arrivé plusieurs fois d'en désarmer ; mais jamais cette pensée ne m'est venue, ces machines ne me causaient aucune terreur. Il m'est arrivé plusieurs fois aussi de rencontrer des chiens, ils n'ont jamais cherché à me faire du mal.

« Le 15 mars 1849, étant sorti du Luxembourg à 10 heures du soir, pour aller à un rendez-vous qui m'avait été donné, mon malheur voulut que je passe près du cimetière Montparnasse ; je fus poussé à y entrer comme d'habitude et c'est en escaladant la clôture que je fus blessé ; je crois que si cette fois la machine m'eût manqué, je ne serais retourné de ma vie dans un cimetière; cependant je n'en suis pas certain…..

« Dans toutes mes violations de sépultures, jamais il n'y a eu préméditation de ma part, quand le mal s'emparait de moi, à midi comme à minuit, il fallait que je marche, il m'était impossible d'ajourner. »






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l'inconnu du rhone
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Lun 27 Aoû 2012 - 23:01

bonsoir,

marcel montarron aborde l'affaire bertrand dans son livre:l'histoire des crimes sexuels.
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Coupe-Coupe
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 14:05

mercattore,

entre votre post sur "La morgue en folie" et celui-ci, il y a de quoi faire des cauchemars affraid
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 15:49

l'inconnu du rhone a écrit:
bonsoir,

marcel montarron aborde l'affaire bertrand dans son livre:l'histoire des crimes sexuels.

Bonjour,

Intéressant. Je n'ai pas lu ce bouquin. Merci du renseignement.
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 15:50

Coupe-Coupe a écrit:
mercattore,

entre votre post sur "La morgue en folie" et celui-ci, il y a de quoi faire des cauchemars affraid

C'est vrai. Mais en faites-vous ?
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glaz
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 18:53

Jp, mon gros poulet :-) ,chez les breizhous il fait soleil comme dab...
Depuis la lecture de ton billet, je transgoute à grosse pire, est ce normal ?????cette nuit je dirai à anne -catherine de me protéger de tels monstres, bouhhhhhh je mouille les couches.....
Adelaïde, ma belle mimich bisous de jj :-)
Allez je vous laisse, j'ai un cassoulet sur le feu comme disait desproges...
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CARNIFEX
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 19:07

Tiens, tiens, le JJ est de retour! Twisted Evil

A la tienne, vieux pirate!

C'est abject ce qu'a trouvé Merccatore. No

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Adelayde
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mar 28 Aoû 2012 - 21:15

glaz a écrit:
Adelaïde, ma belle mimich bisous de jj :-)
Bisous bien reçus ! Je suis heureuse de ton retour parmi nous cher J-J mais... je garde à portée de main la règle qui tape fort les doigts au cas où… queen

Gros bisous à toi !!


_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mer 29 Aoû 2012 - 14:15

CARNIFEX a écrit:
Tiens, tiens, le JJ est de retour! Twisted Evil



C'est abject ce qu'a trouvé Merccatore. No

CARNIFFEX, il y a eu bien pire sur des vivants.
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mer 29 Aoû 2012 - 14:22

glaz a écrit:
Jp, mon gros poulet :-) ,chez les breizhous il fait soleil comme dab...
Depuis la lecture de ton billet, je transgoute à grosse pire, est ce normal ?????cette nuit je dirai à anne -catherine de me protéger de tels monstres, bouhhhhhh je mouille les couches.....

T'as encore changé de blaze ! Pour moi tu sera toujours le Photographe, le César des docs. Glaz, non !, pas terrible...
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mer 29 Aoû 2012 - 14:37

mercattore a écrit:
Coupe-Coupe a écrit:
mercattore,

entre votre post sur "La morgue en folie" et celui-ci, il y a de quoi faire des cauchemars affraid

C'est vrai. Mais en faites-vous ?


J'ai bien lu les deux sujets, j'avoue que c'est HORRIBLE affraid affraid , mais j'ai tout de même bien dormi Sleep Very Happy Wink


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Gaëtane
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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mer 29 Aoû 2012 - 14:45

mercattore a écrit:
glaz a écrit:
Jp, mon gros poulet :-) ,chez les breizhous il fait soleil comme dab...
Depuis la lecture de ton billet, je transgoute à grosse pire, est ce normal ?????cette nuit je dirai à anne -catherine de me protéger de tels monstres, bouhhhhhh je mouille les couches.....

T'as encore changé de blaze ! Pour moi tu sera toujours le Photographe, le César des docs. Glaz, non !, pas terrible...


Hello JJ

C'est le retour...C'est le retour... de...le Photographe Wink sunny




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MessageSujet: Re: François Bertrand - le Sergent nécrophile   Mer 29 Aoû 2012 - 17:14


''Glaz'' (Bleu-vert en français) est un groupe breton d’exception. Pour fêter ton retour, Photographe-Glaz, ‘’Deweziou Goanw’’ : une pure merveille à écouter sur le fil ‘’De la musique avant toute chose'’ :

http://guillotine.cultureforum.net/t2096p120-de-la-musique-avant-toute-chose#28619
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