La Veuve

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 Le métier d'avocat

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Adelayde
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MessageSujet: Le métier d'avocat   Mar 17 Juil 2012 - 16:19


Le métier d’avocat

Qu’ils soient aux côtés des parties civiles ou des accusés, j’ai toujours éprouvé de l’admiration pour le métier d’avocat. C’est, après chorégraphe, celui dont je rêvais.

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Les avocats dans l’histoire

Si Solon en 586 av JC a créé la profession d’avocat, d’autres aussi célèbres mais dont le nom est plus répandu ont exercé le métier d’avocat. Cicéron a fait des études de droit à Rome où il exerce comme avocat en 81 av JC, ayant gagné un fameux procès, il est tenu de s’en éloigner quelque temps et exercera également comme avocat à Athènes.
Claude François Chauveau Lagarde, avocat sous la Révolution, défendit notamment Charlotte Corday et Marie-Antoinette avec tant de brio et de conviction que le Comité le convoqua pour lui sommer de se justifier de son appartenance au régime.
Vincent de Moro-Giafferi était l’avocat célèbre de Landru et de la Bande à Bonnot entre autres. Il défendit également Eugène Weidman qui a été le dernier condamné à mort guillotiné en place publique en 1939. C’est le déroulement lamentable de son exécution en plein jour au milieu des débordements de la foule qui fit interdire les exécutions en public.
Dernier avocat d’un condamné à mort, Robert Badinter aura sauvé Patrick Henry de la peine capitale. Sa plaidoirie d’avocat contre la peine de mort en 1977 est le texte principal qui permettra en France d’abolir la peine capitale.
Voltaire s’il n’a jamais exercé en tant que profession a été l’avocat célèbre des affaires Callas et Sirven. Sans l’exercer, il a amené d’incontestables arguments pour cette profession d’avocat. Mais, ainsi que pour le soldat, l’avocat le plus célèbre est l’avocat inconnu. C’est l’avocat du diable. Cette notion d’avocat du diable est apparue dans le droit Canon de l’Église Catholique. À chaque jugement pour canoniser ou non un de ses membres, un des dignitaires devait argumenter contre l’église et ainsi représenter les intérêts du diable. Ce poste de représentant du diable et plaideur contre l’église ne disparut qu’en 1983. Le poste disparu, le terme reste et on nomme encore aujourd’hui avocat du diable toute personne chargée de défendre un point de vue auquel elle n’adhère pas. L’avocat du diable est un rôle à tenir pour défendre un contre argument et sert à alimenter la dialectique. C’est une possibilité de faire prendre conscience au défenseur de l’idée originale de la faiblesse de ses arguments. Par extension, le terme d’avocat du diable s’applique à toute personne chargée de défendre un coupable indéfendable dont la culpabilité ne peut pas être remise en question.

http://www.avocat-paris.net/avocat-paris/18667-avocats-dans-lhistoire.html

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Pépites d’avocats

Un article savoureux…

Maître Vincent de Moro-Giafferi

Moro-Giafferi défend Dieudonné de la bande à Bonnot. L'avocat général exige une condamnation à mort afin, dit-il, de calmer l'opinion publique indignée.
"L'opinion publique ? s'écria Moro. Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche ! C'est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c'est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés...".

Une autre fois, il avance imprudemment, à propos de son client, que celui-ci n'a jamais été condamné.
- "Je vois pourtant dans le dossier qu'il a eu cinq condamnations...", relève le président.
- "Certes, enchaîne Moro-Giafferi. Mais il a fait la guerre. Un peu de son sang rouge a giclé sur son casier judiciaire noir et en a fait une page blanche! ".

À un président qui lui demandait : "Pour combien de temps en avez-vous, Maître ? ", Moro répondit : "Le temps que la cour comprenne. Ça peut être long. "

À un substitut malveillant : "Cette balance qui est l'attribut de Thémis, vous n'êtes pas obligé d'en être le fléau ! "

À un confrère qui, dans les couloirs du palais, le saluait d'un désinvolte : "Mes devoirs...", il a répondu en le toisant : "Mes leçons…"


Maître Jean-Louis Tixier-Vignancourt

En avril 1951, sur le coup de midi, alors que le magistrat instructeur du tribunal militaire décrochait son képi pour aller à la soupe, Tixier entre en coup de vent.
- Un mot seulement, mon capitaine, dit-il. J'ai un client qui marie sa fille demain, il a été condamné à la Libération, je serais si heureux de lui annoncer qu'il est amnistié...
- Qu'est-ce qu'il a fait votre client ?
- Oh ! trois fois rien : quelques petits articles sous l'Occupation. Il a eu seulement un an de prison par contumace.
- Qui est-ce ?
- Oh ! son nom ne vous dira rien. Il s'appelle Destouches. Un toubib...

Deux jours plus tard, les journaux sortirent avec une énorme manchette : "Céline amnistié !"


Maître Léon Cléry

Il défend un père meurtrier, vitrier de son état : "De toutes les marchandises qui se trouvaient dans son magasin, la vertu de sa fille était certes la plus fragile...".

De même, alors que pendant sa plaidoirie, les juges à demi retournés sur leur fauteuil, bavardaient entre eux : "La cour, derrière laquelle j'ai l'honneur de plaider...". […]

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2007/06/02/pepites-davocats/

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MessageSujet: Maitre Vincent De Moro Giafferri    Mar 17 Juil 2012 - 16:21


Maitre Vincent De Moro Giafferri - 1878-1956

À mes yeux, le plus grand des avocats, toutes époques confondues. J’admire également l’homme et l’avocat.

L’orthographe de son nom varie au gré des articles : Giafferi, Giafferri… ? J’ai privilégié « Giafferri » car c’est ainsi que son nom est gravé dans le marbre de sa sépulture.



Un visage fascinant

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Une biographie de Vincent de Moro Giafferri



Parution de Dominique Lanzalavi, Vincent de Moro-Giafferri. “Défendre l’homme, toujours”, avant-propos de Robert Badinter, Ajaccio, Les Editions Albiana, 2011, 304 p. ISBN 978-2-84698-396-9

Présentation de l’éditeur

Connu pour être le plus grand avocat de l’entre-deux-guerres, Vincent de Moro Giafferri connut une carrière longue de plusieurs décennies, jalonnée de procès retentissants. Il fut notamment en 1921 le défenseur de Landru dont il faillit bien sauver la tête. Il l’avait été de Dieudonné de la bande à Bonnot en 1913, et cette fois avait réussi dans sa tâche. Son nom est attaché aux procès Caillaux, Humbert, Stavisky, Grynszpan, Weidmann, La Cagoule et tant d’autres, parfois moins médiatiques. Car l’avocat ne dédaignait pas les « petites » affaires. Il plaidait sans relâche, quel que soit le statut de l’accusé. La réputation de son incroyable éloquence faisait accourir le public et la presse à ses plaidoiries qui duraient parfois plusieurs heures. Attaché à défendre des valeurs humanistes pour participer à la construction d’une société moderne respectueuse des individus qui la composent, Moro Giafferri fut aussi député et ministre. Il fut l’un des principaux opposants à la peine de mort en des temps où, pour l’opinion publique, la question ne se posait même pas. Antinazi de la première heure, il défia Goering dans le procès resté célèbre de l’incendie du Reichstag. Interdit de plaider en Allemagne, il le fit à distance, dans une salle parisienne comble, et s’attira les foudres du régime hitlérien. Dès 1940, il fut l’un des premiers français à être recherché par les occupants. Cette figure incarnée de la défense des opprimés, des criminels et des innocents, disait vouloir « défendre l’homme, toujours ! »

L’iconographie ainsi que certaines plaidoiries (morceaux choisis ou in extenso en annexes) plongent le lecteur au cœur des procès, sur le banc de la défense. L’ouvrage est destiné à rendre toute sa place à un personnage hors du commun, engagé et généreux, qui fut une gloire de son temps.

L’auteur : Historien de formation, de formation, Dominique Lanzalavi est documentariste de télévision. Il a consacré un documentaire (52 mn) à Vincent de Moro Giafferri avant de s’attacher à en restituer la carrière par écrit.


http://criminocorpus.hypotheses.org/3507

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Le Grand Moro



France – 2008 - 52' - documentaire
Réalisation : Dominique Lanzalavi
Scénario : Dominique Lanzalavi
Image : Philippe Villaret
Musique : Koka media
Montage : Sophie Bosc
Interprétation : Benoît Guibert
Production : France 3 Corse

La bande à Bonnot, Landru, Weidmann, Grynspan... La plupart des grandes affaires judiciaires de la première moitié du XXème siècle ont un point commun : M° Moro Giafferri. Un avocat dont le talent et l'éloquence fascinent encore les ténors du barreau actuels. Un défenseur des causes perdues. Un humaniste qui a eu le courage d’affronter le nazisme et de s’attaquer à Goering en personne. Un maître du bon mot que l’on continue à citer avec amusement plus de cinquante ans après sa mort. Un exemple pour bon nombre d’avocats. Un homme politique reconnu pour son intense activité parlementaire. C’est tout cela à la fois Vincent De Moro Giafferri. Ce film qui retrace la vie de ce personnage haut en couleur, de ce maître du verbe, s'interroge également sur la place de l'avocat, sur le rôle de la rhétorique dans la défense d’un accusé, des notions qui ont bien changées depuis que la puissante voix du grand Moro a cessée de faire résonner les murs des salles d'Assises.

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Affaire Stavisky - Vincent de Moro Giafferri par Pierre de Belay

http://connaissez-vous.monique.riffault.over-blog.com/article-pierre-de-belay-et-le-proces-stavisky-107041893.html

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Le sénateur français Charles Humbert et son avocat, Maître de Moro-Giafferri, dans les couloirs de l'instruction au Palais de Justice

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Une mignonne caricature


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MessageSujet: Maitre Vincent De Moro Giafferri    Mar 17 Juil 2012 - 16:22


La sépulture de Maître De Moro Giafferri

Vincent De Moro Giafferri est inhumé au cimetière Montparnasse - 10ème division

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« Ténor du barreau », selon la formule consacrée, il fut effectivement un des plus brillants avocats français de l’histoire. On ne compte plus les célèbres affaires criminelles dans lesquelles il représenta la défense : « la bande à Bonnot », Madame Caillaux, Landru, Weidmann...
En 1933, il défend la cause du militant communiste bulgare Georgi Mikhailov Dimitrov, accusé d’avoir incendié le Reichstag. Son plaidoyer est terrible, et il accuse publiquement Goering d’en avoir été l’instigateur. Aussi, lorsque les Allemands occupent la France en 1940, il doit se réfugier à Aix, puis en Corse, dont il est originaire.
Il fut en outre un éphémère secrétaire d’Etat à l’enseignement technique de 1924 à 1925.



Source : le site de Philippe Landru. Un site exceptionnel à visiter… sans modération ! :
http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article950

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http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tombe_Vincent_de_Moro-Giafferi,_Cimeti%C3%A8re_du_Montparnasse.jpg


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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Mer 18 Juil 2012 - 13:06

Un très grand avocat au pénal, effectivement.

Ah, les avocats! Ils sont la vie des tribunaux. L'un de leurs "jeux" parfois est de choisir à l'avance un mot improbable n'ayant aucun rapport avec l'affaire et de réussir à le caser dans leur plaidoirie.

Quant on voit les mots qu'ils décident d'utiliser on est rempli d'admiration... Very Happy Parfois, il s'agit même de plusieurs mots, ce qui donne des plaidoiries amusantes... clown

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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Mer 18 Juil 2012 - 18:22

Merci pour ces petites perles de dialogues Laughing . Moi aussi j'ai beaucoup d'admiration pour ce métier, ou plutot pour cet art. Parce que pour certains, cela touche presque a l'art. Moro était bien l'avocat de Landru? (je viens de le lire, j'ai déjà un doute scratch Idea No Embarassed ) je croit me souvenir d'une fameuse "joute" verbal qu'il avait eu avec le proc je croit (je ne me souvient plus de son nom), pendant le procès Landru. Joute qu'il avait perdu... Il dit aux jurés qu'il vont condamné sur des convictions et non sur des preuves puisqu'il n'y a aucuns cadavres,et que de toutes façons elles son bien vivantes puisque l'une d'elles est derrière la porte et va entrer maintenant! Toute la salle se retourne vers la porte, et notre brillant avocat enchaine, "vous ne pouvez pas le condamner, car vous êtes tous retournés, tous vous avez crus que l'une d'elles était derrière la porte, vous ne pouvez pas le condamner sur un doute. Car le doute doit bénéficié a l'accusé. (PAN. déjà très fort...) Et le procureur (non moins brillant) de répliquer, "oui c'est vrai, tout le monde c'est retournés, tout le monde, sauf Landru!!" (et la, c'est la mise a mort.) Ca touche presque au génie. Pour les "grands" avocats, comment ne pas admirer des gens aussi réactifs, intelligents, cultivés, et avec une telle répartie? Merci encore pour ces petites merveilles. Je n'ai plus qu'un mot a dire; ENCORE........
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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Mer 18 Juil 2012 - 21:05

Avis partagé, la joute verbale était superbe, Octave. Moro a eu là eu une idée de génie. Sa force de conviction était telle qu'elle aurait pu semer le doute dans le prétoire si... le regard de Landru s’était tourné vers la porte.

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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Ven 20 Juil 2012 - 13:29

Voilà la fameuse phrase:
Citation :
"Ces femmes dont vous dites qu'elles sont mortes, elles vont maintenant faire leur apparition". Tout le monde se tourne vers la porte qui ne s'ouvre pas. Et l'avocat de reprendre : "Vous avez regardé, vous n'êtes donc pas sur que ces femmes ont mortes". Mais l'avocat général Godefroy répondra : "Toutes les têtes se sont tournées, maitre, sauf celle de votre client."

Repêchée sur le net, sur ce site: http://aerin.centerblog.net/4.html

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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Sam 28 Juil 2012 - 17:44

Merci carnifex de nous l'avoir déniché. Savez vous si il existe un site d'archives, ou quelque chose dans le genre, qui permettrait de lire des vieux procès d'assises? Ca ce serait un site terrible... Je n'ai jamais réussi a trouver quoi que ce soit. Savez vous si c'est possible quelque part? (A part aux archives bien sur...) Merci pour ces renseignements si vous le pouvez....... En tout cas, ce, "topic"... (c'est bien comme ça qu'on dit?) est très plaisant, ce serait génial qu'il s'étoffe....... Merci a tous
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MessageSujet: L’art de convaincre – les ténors du Barreau    Mar 11 Sep 2012 - 14:46


L’art de convaincre – les ténors du Barreau

Un document intéressant en six parties.

Bonne écoute !


1/6
http://www.youtube.com/watch?v=NeB4xf-MhX0

2/6
http://www.youtube.com/watch?v=to7f8JkdtZY

3/6
http://www.youtube.com/watch?v=FF-8YDTSxEk

4/6
http://www.youtube.com/watch?v=q7G7mBHAnf0

5/6
http://www.youtube.com/watch?v=CJ94eWJadxg&feature=relmfu

6/6
http://www.youtube.com/watch?v=EIQ4h8pCFXk

Le son est par moment faiblard, il suffit de le régler.

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MessageSujet: Les avocats à la barre   Lun 8 Oct 2012 - 22:17


Les avocats à la barre

L'émission "Café découvertes" du 30 novembre 2010 était consacrée aux grandes plaidoiries des ténors du barreau.
Les invités de Michel Field : Matthieu Aron, auteur ; Jean-Yves Le Borgne, vice-bâtonnier de l’ordre des avocats à la Cour de Paris ; Jean-Marc Florand, avocat au barreau de Paris.

Bonne écoute !
queen

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Cafe-decouvertes/Sons/Les-avocats-a-la-barre-321194/

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MessageSujet: La carrière de Badinter - Les coulisses du métier d’avocat   Jeu 11 Oct 2012 - 17:51


Deux émissions "Café crimes" consacrées aux avocats. A télécharger avant que le lien meure...

Bonne écoute ! queen

- La carrière de Robert Badinter - émission du 20/08/2010 :
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Cafe-crimes/Sons/La-carriere-de-Robert-Badinter-254847/


- Les coulisses du métier d’avocat - émission du 19/02/2010 :
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Cafe-crimes/Sons/Les-coulisses-du-metier-d-avocat-142517/

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MessageSujet: L’affaire Weidmann – Roger Colombani    Sam 15 Déc 2012 - 15:56


L’affaire Weidmann – Roger Colombani (Albin Michel)

Quelques extraits savoureux consacrés à Vincent de Moro Giafferri, défenseur de Bel-Eugen :

Avec Henry Torrès, l’Association des Juristes internationaux l’a désigné pour défendre devant la cour de Leipzig Dimitrov accusé par les nazis d’avoir mis le feu au Reichstag. Très officiellement, le ministre nazi des Affaires étrangères lui fait savoir que ‘’le gouvernement allemand est hors d’état d’honorer les obligations qui découlent d’un passeport pour assurer sa sécurité sur le territoire du Reich’’.
Il lui faut renoncer à se rendre en Allemagne, mais pas à défendre Dimitrov. Il organise un contre-procès salle Wagram, où il adjure ses confrères allemands de faire connaître la vérité.
‘’Si vous n’en avez pas le courage, raccrochez votre robe sévère et allez à l’office chercher une livrée de valet. […] J’accuse ! lance-t-il en conclusion. Goering ! l’incendiaire, l’assassin, c’est toi !’’ (p.206)


Collectionneur passionné de bouteilles, de pipes, d’armes, d’érotiques chinois, il cultive un amour profond de la vie. Il a lu tous les grands auteurs dont il connaît par cœur des pages entières. Il possède une étonnante mémoire photographique. Mais les noms parfois lui échappent. Il s’en arrange très bien, souvent avec humour. Son fils Jean raconte qu’un jour qu’il défendait un accusé nommé Dupont, il l’avait appelé successivement Durand, Dulong, Dumont, jamais Dupont. Tout le monde s’en amusait jusqu’à ce que le greffier lui dise à voix haute : ‘’C’est Dupont, Maître ! Eh bien, lui répondit-il en riant de lui-même, comme je n’ai pas la mémoire des noms, ce sera Durand !’’ (p.206)


S’agissant des conclusions officielles des experts psychiatres, Moro explique : ‘’Un expert n’est qu’un homme et donc capable d’erreurs ! la preuve : le professeur Truelle a bien déclaré responsables les sœurs Papin qui avaient assassiné leur patronne et sa fille dans un accès de folie furieuse ; il a fallu les enfermer dans un asile au lendemain du verdict. Le professeur Génil-Perrin a bien conclu à l’entière responsabilité de Gorgulov, l’assassin du Président Paul Doumer, or Gorgulov était un fou totalement délirant, mais on n’a pas eu à l’enfermer, on l’a guillotiné. Et le même professeur Génil-Perrin, j’en ai été témoin, n’a-t-il pas reconnu responsable un assassin qui fut convaincu par la suite d’anthropophagie ?’’ (p.212)

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MessageSujet: L’affaire Weidmann – Roger Colombani   Mer 19 Déc 2012 - 16:01


L’affaire Weidmann – Roger Colombani (Albin Michel)

Le seul espoir de sauver la tête de Weidmann est entre les mains du Président Lebrun... "Espérons ! dit néanmoins Moro à ses confrères. Dieu qui sait à quel point je n'ai pas la foi va, pour me punir, nous offrir un miracle !" (p. 288)

Un magnifique paradoxe !

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MessageSujet: Vincent de Moro Giafféri, l'avocat du siècle   Ven 1 Fév 2013 - 16:43


Vincent de Moro Giafféri, l'avocat du siècle




Paris-Jour


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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Sam 2 Fév 2013 - 18:28

Lui aussi il est mort sur le quai d'une gare, comme Anatole...

Que j'aurais eu du plaisir à l'entendre plaider. Il est bien dommage que l'on n'ait pas le droit d'enregistrer les plaidoiries. Il y en a qui sont de véritables chefs d'oeuvre.

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MessageSujet: Les grandes plaidoiries   Ven 8 Mar 2013 - 21:14


Les grandes plaidoiries, ou quand les mots peuvent tout changer

Le journaliste Mathieu Aron, invité de Jacques Pradel dans l'émission "L'Heure du crime" d'aujourd'hui, nous fait revivre les plus grandes plaidoiries des ténors du barreau qu’il a pu reconstituer, en s’appuyant sur ses notes d’audiences.

Bonne écoute ! queen

http://www.rtl.fr/emission/l-heure-du-crime/ecouter/l-heure-du-crime-du-08-mars-2013-les-grandes-plaidoiries-ou-quand-les-mots-peuvent-tout-changer-7759258537

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MessageSujet: Les ténors du barreau   Ven 29 Mar 2013 - 18:09


Au cœur de l'Histoire - Franck Ferrand consacre l'émission d'aujourd'hui aux Ténors du Barreau. Ses invités :
- Matthieu Aron, journaliste spécialisé dans la couverture des grandes enquêtes criminelles et judiciaires ;
- Henri Leclerc, avocat et président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme.

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Au-coeur-de-l-histoire/Sons/L-INTEGRALE-Les-tenors-du-barreau-1465289/

Bonne écoute ! queen

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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Sam 30 Mar 2013 - 9:33

Pour moi un des plus plus beaux effets d'audience par sa simplicité et son efficacité.

Georges Clémenceau, dans le procès du "J'Accuse" de Zola, auquel on opposait la Force Jugée (la condamnation en principe définitive de Dreyfus) se retourne vers le Christ en croix (qui ornait encore les salles d'audience avant la Séparation des Eglises et le l'Etat) et le pointant du doigt s'écrie:

" La Chose Jugée ? La voilà la Chose Jugée !"
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MessageSujet: Re: Le métier d'avocat   Sam 30 Mar 2013 - 12:19

Je ne connaissais pas ces mots de Clemenceau, fouche. Tout est dit avec ces quelques mots.

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MessageSujet: Malesherbes - défenseur de Louis XVI    Lun 1 Avr 2013 - 15:06


Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (6 décembre 1721 - 22 avril 1794)

Défenseur de Louis XVI





Portrait de Malesherbes © Jean Valade - Archives de Rambaud-Mottet


Président de la cour des Aides en 1750, directeur de la librairie la même année, il fit en 1770 et 1771, à Louis XV, des remontrances qui amenèrent la suppression de la cour des Aides et l’exil de Malesherbes dans ses terres. Il reprit sa charge sous Louis XVI, il fit encore au roi des remontrances qui le rendirent très populaire ; Louis XVI en fit un ministre d’État, mais il démissionna au bout d'un an ; il fut une deuxième fois ministre en 1787.

Malesherbes étudia les sciences naturelles et entra en 1750 à l'Académie des Sciences ; plus tard il fut membre de l'Académie des Inscriptions. Orateur remarquable, il fut partisan de la liberté de penser et des idées de justice et d'humanité, l'ami des encyclopédistes qu'il favorisa dans maintes circonstances. Le 12 janvier 1775, il fut nommé à l'unanimité à l'Académie française en remplacement de Dupré de Saint-Maur et reçu le 16 février par l'abbé de Radonvilliers. Il prit pour sujet de son discours de réception : Du rang que tiennent les lettres entre les différents ordres de l’État. Cette séance fut triomphale pour Malesherbes ; le duc de Choiseul, réconcilié avec l'Académie, y assista et fut acclamé ; d'Alembert y lut enfin l'éloge auquel avait droit l'abbé de Saint-Pierre, mort depuis trente-deux ans ; le public et les académiciens furent très vibrants dans ces diverses manifestations.

Malesherbes quitta la France quand éclata la Révolution, mais lorsqu'il apprit que la Convention allait juger le Roi, il rentra au mois de juin 1792, et avec une grande simplicité dans son courage, l'admirable septuagénaire demanda à être le défenseur de son ancien maître. Après le procès et la mort du Roi, il resta à Paris ; il fut arrêté au mois de décembre 1793, emprisonné à Port-Libre et guillotiné. Boissy d'Anglas a écrit une Vie de Malesherbes en 2 volumes. Gaillard en a publié également une, Dupin aîné a prononcé son éloge.

On a placé sa statue au Palais de Justice à Paris.
http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/guillaume-chretien-de-lamoignon-de-malesherbes

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MessageSujet: Tronchet - défenseur de Louis XVI   Lun 1 Avr 2013 - 15:08


François Denis Tronchet (23 mars 1723 – 10 mars 1806)

Défenseur de Louis XVI





Avocat du parlement de Paris, consultant plus que plaidant, élu député du Tiers aux États généraux de 1789, Tronchet domine le comité de la Constituante. Choisi, le 12 décembre, par Louis XVI comme défenseur, il participe avec de Sèze et Malesherbes à la rédaction du long mémoire en défense que, le 22, de Sèze lira à la Convention. Il plaide le 17 janvier 1793, après le vote qui a repoussé l'appel au peuple par 5 voix de majorité. Mais, comme l'a dit Napoléon, il « parlait mal » ; avant lui, de Sèze fut élégant, après lui, Malesherbes fut émouvant.

Il n'émigre pas, mais se cache pendant la Terreur. À la fin de la Convention, il est élu au conseil des Anciens, où il défend, dès le début de la session, le système de l'élection, prévu par la Constitution, des fonctions judiciaires et administratives, les Cinq-Cents ayant demandé au Directoire d'y pourvoir pour la Seine dont l'assemblée électorale n'avait pas achevé ses opérations. Battu, il n'en est pas moins, peu après, élu président des Anciens.

En l'an VIII, Bonaparte le désignait pour faire partie de la commission chargée de préparer un projet de Code civil, le cinquième depuis le début de la Révolution, et il dira de lui qu'il fut « l'âme » de cette commission : favorable aux idées du droit coutumier, il en fait un succès grâce aux articles sur les successions, la communauté entre époux, la puissance maritale. « Il a des lumières et une tête saine pour son âge », autre appréciation de Napoléon qui ne manque pas de saveur quand on sait que Tronchet, après avoir été premier président de la Cour de cassation, puis sénateur en 1801, vota contre le consulat à vie.


http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-denis-tronchet/

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MessageSujet: Sèze - défenseur de Louis XVI   Lun 1 Avr 2013 - 15:19


Romain-Raymond, comte de Sèze (26 septembre 1748 – 2 mai 1828)

Défenseur de Louis XVI





Fit ses études de droit à Bordeaux. Son éloquence élégante et convaincante fut vite remarquée, dès qu'il commence à plaider, très jeune. Marié à Marguerite Brethous, à l'église Saint-Nicolas le 12 mai 1780.

Ayant quitté Bordeaux en 1784, il devint l'avocat du comte de Provence en 1786. Six ans plus tard, en 1792, la Convention accusait Louis XVI de haute trahison envers la patrie. Le Roi choisit de Sèze pour défenseur. Celui-ci affronta courageusement l'Assemblée en exprimant des sentiments élevés : "Français... Citoyens... je m'arrête devant l'Histoire. Songez qu'elle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles." Mais, il se rendit compte du parti pris de la majorité de ses auditeurs, car il ajouta : "Je cherche parmi vous des juges et je ne vois que des accusateurs".

Après l'exécution du Roi, on arrêta Raymond de Sèze, le 20 octobre 1793 mais on oublia son dossier et lui-même dans sa prison et il ne fut pas jugé avant la chute de Robespierre. C'est ainsi qu'il échappa à la mort.

Plus tard le 15 février 1815, il fut nommé "Premier Président de la Cour de Cassation". Pendant les Cent Jours, il suivit Louis XVIII à Gand (Belgique).

Pair de France le 11 août 1815, comte le 31 août 1817, de l'Académie française le 23 mai 1816, il mourut le 2 mai 1828, âgé de 80 ans.

https://sites.google.com/site/gegwiki/sommaire/les-familles-et-personnalits-girondines/fam-per-s/de-seze-romain-raymond



Extrait de la plaidoirie de Romain de Sèze en faveur de Louis XVI - 26 décembre 1792
« Citoyens représentants de la Nation, il est donc enfin arrivé ce moment où Louis accusé au nom du peuple français, peut se faire entendre au milieu de ce peuple lui-même ! Il est arrivé ce moment où entouré des conseils que l’humanité et la loi lui ont donnés, il peut présenter à la Nation une défense et développer devant elle les intentions qui l’ont toujours animé !

Citoyens je vous parlerai avec la franchise d’un homme libre : je cherche parmi vous des juges, et je n’y vois que des accusateurs ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et c’est vous mêmes qui l’accusez ! Vous voulez et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis et vos opinions parcourent l’Europe ! Louis sera donc le seul Français pour lequel il n’existe aucune loi, ni aucune forme ! Il ne jouira ni de son ancienne condition ni de la nouvelle ! Quelle étrange et inconcevable destinée !

Français, la révolution qui vous régénère a développé en vous de grandes vertus ; mais craignez, qu’elle n’ait affaibli dans vos âmes le sentiment de l’humanité, sans lequel il ne peut y en avoir que de fausses ! Entendez d’avance l’Histoire, qui redira à la renommée : “Louis était monté sur le trône à vingt ans, et à vingt ans il donna l’exemple des mœurs : il n’y porta aucune faiblesse coupable ni aucune passion corruptrice ; il fut économe, juste et sévère ; il s’y montra toujours l’ami constant du peuple. Le peuple désirait la destruction d’un impôt désastreux qui pesait sur lui, il le détruisit. Le peuple demandait l’abolition de la servitude, il commença par l’abolir lui-même dans ses domaines. Le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle pour l’adoucissement du sort des accusés, il fit ces réformes. Le peuple voulait que des milliers de Français, que la rigueur de nos usages avait privés jusqu’alors des droits qui appartient aux citoyens, acquissent ces droits ou les recouvrassent, il les en fit jouir par ses lois. Le peuple voulut la liberté, il la lui donna ! Il vint même au-devant de lui par ses sacrifices, et cependant c’est au nom de ce même peuple qu’on demande aujourd’hui...”

Citoyens, je n’achève pas... Je m'arrête devant l'histoire : songez qu’elle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles. »


http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Louis_XVI#Extrait_de_la_plaidoirie_de_Romain_de_S.C3.A8ze_en_faveur_de_Louis_XVI.2C_le_26_d.C3.A9cembre_1792

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MessageSujet: Chauveau-Lagarde - défenseur de Marie-Antoinette   Mar 2 Avr 2013 - 16:56


Claude-François Chauveau-Lagarde (1756 – 1841)

Défenseur commis d’office de Marie-Antoinette





Déjà l'un des avocats les plus connus de Paris, Claude François Chauveau-Lagarde se fit connaître du public dès le début de la Révolution. 1789 le remplit d'abord d'espoir et, quand les États généraux furent convoqués, il publia une Théorie des États généraux ou la France régénérée.

Sous la Révolution il continua à exercer sa profession sous le nouveau nom de défenseur officieux qu'on avait donné à l'avocat. Son nom apparaît dans les listes des jugements civils dans la collection d'Aristide Douarche, Les Tribunaux civils pendant la Révolution. On y voit que le 16 mai 1793 il était l'avocat du général Francisco de Miranda devant le Tribunal révolutionnaire, alors que ce dernier avait encore une certaine bonne volonté envers les accusés ; l'efficacité de son plaidoyer fit acquitter son client, un triomphe pour l'accusé et son avocat. Pourtant, Marat dénonça Chauveau-Lagarde pour avoir fait libérer un coupable. On lui confia la défense de Louis-Marie-Florent, duc du Châtelet, de Jean Sylvain Bailly, de Madame Roland et de Charlotte Corday, qui avait assassiné Marat. Dans son cas, l'issue du jugement ne faisait aucun doute, il en était bien conscient. Il se limita à rappeler pour la défendre « l'exaltation du fanatisme politique » qui avait mis le couteau dans sa main.

Il se distingua par son courage moral sous la Terreur. Il dut défendre les Girondins modérés, en particulier Brissot, son compatriote de Chartres, qui avait deux ans de plus que lui. Il prit la défense de Marie-Antoinette, avec une chaleur qui attira les soupçons du Comité de sûreté générale ; dès que la sentence eut été prononcée contre la reine, il fut convoqué devant le comité, accusé de l'avoir trop bien défendue, mais il réussit à se justifier.

Madame Roland lui demanda de préparer sa défense, qu'elle avait l'intention de présenter elle-même devant ses juges. Il prit la défense de Madame Élisabeth, sœur du roi, sans être autorisé à voir sa cliente. Il dut aussi défendre les « vierges de Verdun » qui ont inspiré une ode à Victor Hugo, les vingt-sept défenseurs de Tonnerre et d'autres.

Quand fut instaurée la loi draconienne du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui supprimait pour les accusés le recours à un avocat, il se retira dans sa ville natale. Là il fut arrêté, accusé de montrer trop d'indulgence envers les contre-révolutionnaires. Son mandat d'arrestation spécifiait qu'il devait comparaître devant le tribunal dans les trois jours, mais sa détention dura en fait six semaines, pendant lesquelles il resta très discret, et cela le sauva de la guillotine. Après le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794) il fut remis en liberté.

Ses co-sectionnaires l'élurent président de la section « l'Unité », la plus royaliste de la capitale. Compromis par l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il fut condamné à mort par contumace. Il se cacha, attendant que le calme fût revenu assez longtemps, si bien que, quand il reparut finalement, la sentence fut annulée.

Après que, sous le Directoire, on fut revenu à un ordre plus normal, il reprit sa profession. En 1797 il fut chargé de défendre l'abbé Charles Brottier, qu'il fit acquitter, comme ce fut le cas pour plusieurs royalistes accusés de conspiration. Son courage et son éloquence habituels ne lui permirent pas néanmoins d'obtenir l'acquittement pour les « ravisseurs » présumés de Clément de Ris, Auguste de Canchy et Jean de Mauduison.

Après la Restauration, il devint avocat au Conseil du roi et président du Conseil de l'ordre des avocats, et fut nommé conseiller à la Cour de cassation (1828).

On a donné son nom à une rue de Paris dans le huitième arrondissement (V. Rue Chauveau-Lagarde). Il est enterré dans la 1re division du cimetière de Montparnasse à Paris.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Fran%C3%A7ois_Chauveau-Lagarde





Autographe Chauveau-Lagarde


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MessageSujet: Tronson-Ducoudray - défenseur de Marie-Antoinette   Mar 2 Avr 2013 - 16:59


Guillaume-Alexandre Tronson-Ducoudray (1750-1798)

Défenseur commis d’office de Marie-Antoinette





Neuvième d'une fratrie de dix, il est le fils de Nicolas Tronson, seigneur du Coudray, capitaine de bourgeoisie, échevin de Reims et négociant (1771). Guillaume-Alexandre fait des études au petit séminaire, puis fait son droit à l'Université de Reims après avoir obtenu une bourse. Il est licencié à 25 ans. Il entre alors dans une maison de commerce qui lui fait faire des voyages d’affaires en Allemagne, en Pologne et en Russie. Il fut obligé de plaider contre son employeur et devint avocat.

Il prit comme son frère aîné le nom de Tronson du Coudray que ses descendants devaient porter au XIXème siècle.

Il avait épousé en 1789 Alexandrine Françoise Nau (1770-1846), fille d’un secrétaire du roi et eu trois enfants. Il est le frère du colonel Tronson du Coudray et l'oncle d’Irénée Ruinart de Brimont

Il se fit connaitre par ses plaidoiries, en particulier lors de l'Affaire Solar, le comte de Broglie contre l'abbé Georgel, mais essuya un revers avec l'Affaire Sanois.

Il s’offrit à la Convention pour la défense de Louis XVI ce qui lui fut refusé. En revanche, on lui confia la défense de la reine Marie-Antoinette. Il est avocat au procès des Nantais et gagna grâce à sa plaidoirie poignante l'acquittement de ses clients.
Emprisonné sous la Terreur, libéré, il fut élu député au Conseil des Anciens en 1795, il en devint secrétaire et œuvra pour le respect de la Justice et de la Constitution. Arrêté après le Coup d'État du 18 fructidor an V pour soupçon de sympathie royaliste, il est envoyé en Guyane, la guillotine sèche, où il meurt après un an de déportation.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Alexandre_Tronsson

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MessageSujet: Deux documents de la Défense de Louis XVI   Mer 3 Avr 2013 - 14:08


Deux documents de la Défense de Louis XVI




Péroraison de la plaidoirie de de Sèze, signée par le Roi et ses trois défenseurs.





Extrait des plaidoiries signées des trois défenseurs : François-Denis Tronchet, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes et Romain de Sèze

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