La Veuve

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 Jules-Henri Desfourneaux

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MessageSujet: Employé de bourreaux : la bio de Desfourneaux   Jeu 1 Mar 2007 - 16:02

Bonjour, Sylvain,
Avez-vous une date prévisionnelle de la sortie de votre nouveau livre ?
Merci d'avance.
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Dim 22 Avr 2007 - 19:04

Bonsoir, Sylvain,
Je sais que ce n'est pas beau de radoter, mais compte-tenu de mes cheveux blancs...Avez-vous des nouvelles pour votre nouvel ouvrage ?
Merci & Bonne soirée. Smile
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Nemo
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Mer 11 Juil 2007 - 22:52

Toujours pas de parution en vue : la première mouture n'a satisfait aucun éditeur (trop long et un peu confus, je l'avoue) alors je dois le retravailler quelque peu.

_________________
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Jeu 12 Juil 2007 - 17:49

Eh bien nous attendrons le temps qu'il faudra Exclamation
"Toujours sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez encore et le repolissez" comme disait Boileau.
Au plaisir de faire votre connaissance lors des séances de signature
annoncées Smile
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Ven 3 Aoû 2007 - 10:02

Oui, Sylvain, tenez-nous au courant ! bounce Une biographie de bourreau est dans le peloton de tête de mes centres d'intérêts... sunny
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Jeu 9 Aoû 2007 - 12:35

Ceci ne rejoint pas le contenu du livre en préparation, mais puisqu'on parle ici de Desfourneaux, j'avais deux remarques à son sujet.
D'abord, j'avais bien lu qu'il était extrêmement lent dans les exécutions et reste sidérée du temps que prend celle de Weidmann, sur le petit film posté ici. Incroyable ! On ne sait pas vraiment se baser sur tout le chemin depuis la porte de la prison car on ne voit qu'à partir du basculage mais c'est incroyable ! pale Evil or Very Mad
Ensuite, j'ai lu également qu'il avait été "piégé" par les Allemands pendant la guerre (Obrecht avait d'ailleurs démissionné juste à temps pour la même raison). Je pense comprendre qu'il a dû exécuté des patriotes et des résistants mais je n'en sais pas plus... Question
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Jeu 9 Aoû 2007 - 14:51

Bonjour, Chantal !
Habitant Versailles, je connais bien les lieux...et m'étais promis d'y emmener mon petit-fils, avant que sa mère avocate pénaliste n'y mette le holà Suspect Plus sérieusement : Desfourneaux avait monté la machine perpendiculairement à la porte de la prison, ce qui obligeait les aides (Dans ce cas, les frères Martin ) à faire faire un quart de tour (90°) au "client".Deibler montait dans l'axe, voir les photos de l'exécution de Landru dans le magazine "Exelsior", si ma mémoire est bonne, ce qui fait que le trajet était beaucoup plus court.De plus, Landru a été très coopératif, à la différence de Weidmann, et Anatole avait quand même plus de 25 ans de bouteille en tant que chef.
Pour ce qui est du "piégeage"de HD par les Allemands, voyez Delarue et le "Carnet Noir", pour ce dernier ouvrage, n'oubliez pas qu'Obrecht et HD,
c'était "l'amour vache!!!"
Bonne journée I love you
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Jeu 30 Aoû 2007 - 18:26

http://images.google.be/imgres?imgurl=http://site.voila.fr/guillotine/topbutton.gif&imgrefurl=http://site.voila.fr/guillotine/Henri.html&h=40&w=40&sz=3&hl=fr&start=2&um=1&tbnid=yCUErUNQdQj50M:&tbnh=40&tbnw=40&prev=/images%3Fq%3Djules%2Bhenri%2Bdesfourneaux%26svnum%3D10%26um%3D1%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4ADBF_frBE231BE232%26sa%3DN
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MessageSujet: IN MEMORIAM HENRI DESFOURNEAUX   Mer 1 Oct 2008 - 10:07

Bonjour à toute l'équipe !
Il y a 57 ans aujourd'hui, le 1° Octobre 1951, (Jules)-Henri Desfourneaux, descendant d'une très ancienne dynastie d'exécuteurs, quittait ( Volontairement ? ) ce monde.Il n'avait survécu que 3 mois à son dernier client.
Un curieux personnage, mal aimé et finalement assez peu connu, malgré ses 42 ans de "bécane" et ses 250 (+/-) clients...Solitaire, dépressif, alcoolique,sans doute un peu de tout cela.Nous ne pouvons malheureusement pas compter sur des témoignages impartiaux, tout ceux ayant écrit sur lui ayant plutôt instruit "à charge", en particulier son successeur et cousin.Il est dommage que ses archives aient disparu.
Alors, une petite pensée pour le dernier exécuteur à avoir opéré en public, même si ce ne fut pas très brillant de l'avis des connaisseurs Sad
Bonne journée.
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Monsieur Bill
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MessageSujet: Jules-Henri Desfourneaux   Ven 10 Oct 2008 - 16:40

Bonjour à toutes et à tous

Je suis très admiratif quant à la compétence de celles et ceux qui fréquentent ce site et le font vivre. J'ai trouvé en surfant sur le net quelques lignes intéressantes d'un document concernant une double exécution en 1948. CF pages 14 et 15 .

http://forezhistoire.free.fr/images/mmefournier-souvenirsdaudience.pdf

Qui pourra m'éclairer sur le délai, plus d'un un an , séparant la condamnation de l'exécution?

Merci d'avance
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Ven 10 Oct 2008 - 19:26

Il semble que les accusés se soient pourvues en cassation, ce qui aurait enclenché un deuxième procès. A faire confirmer.
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Nemo
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Ven 10 Oct 2008 - 22:16

Non, non, non, non, non !

Il n'y a pas eu de cassation, mais après-guerre, il est arrivé plusieurs fois qu'on voie des délais exceptionnellement longs entre procès et exécution. Voyez une dizaine de jours avant la mort de Rodriguez et Lorente la double exécution tarbaise...

_________________
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MessageSujet: Monsieur Henri   Sam 11 Oct 2008 - 17:39

Bonjour à tous

Dans son remarquable ouvrage , Paris années 50, Stanley KARNOW consacre un chapitre au décès de monsieur Henri; il a même assisté à ses funérailles ! Un texte particulièrement savoureux dont je recommande la lecture.
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Sam 11 Oct 2008 - 20:04

Bonsoir, Bill,

Je ne connais pas cet ouvrage ni son auteur.
Quelques précisions de votre part seraient appréciées. Merci.

PS : J'ai été voir le livre. Je vais me le procurer. Bonne info, Bill. Smile
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Monsieur Bill
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MessageSujet: Monsieur Henri   Dim 12 Oct 2008 - 16:14

Bonsoir Mercattore

je suis très" partageux" en matière de lectures. S'agissant de Monsieur Henri, j'ai eu l'occasion de relire le portrait très peu flatteur que l'avocat Albert Naud lui a consacré dans son ouvrage "Tu ne tueras pas " qui évoque l'exécution de Michel Watrin à Metz en 1950.

Bien à vous

Bill
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Dim 19 Oct 2008 - 22:42

http://guillotine.site.voila.fr/Henri.html Laughing
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 2:47

Le manuscrit de sa biographie est toujours en attente dans mes disques durs...

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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 6:10

Un homme au destin assez tragique... No affraid pale geek
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 13:38

Monsieur Bill a écrit:
Bonsoir Mercattore

je suis très" partageux" en matière de lectures. S'agissant de Monsieur Henri, j'ai eu l'occasion de relire le portrait très peu flatteur que l'avocat Albert Naud lui a consacré dans son ouvrage "Tu ne tueras pas " qui évoque l'exécution de Michel Watrin à Metz en 1950.
l

Vous savez bien, Bill, que Maître Naud n'avait que mépris et révolte contre les exécuteurs et tout le personnel qui se rattachait à lui : les Deibler, Roch et cie n'auraient trouvé pas plus de grâce auprès de lui que H. Desfourneaux.

Je remets en mémoire l'exécution de M. Watrin (Daniel) relaté par Maître Naud :
________________________

« C’est fini. Il y a eu deux chocs ferrailleux et, maintenant, une corde brimbale toute molle et désoeuvrée le long d’un montant de la guillotine. Le sang a jailli très loin. Le mur de la courette gris en est éclaboussé. Par terre, une mare grandit, s’étire en tous sens, compose toute une géographie d’îles, de lacs, d’isthme et de détroits au détour des pavés. Halluciné, je regarde le bourreau qui tient la tête de Daniel par les cheveux. Il l’emporte d’une main lasse, comme un colis négligeable. La gabardine couleur de poussière frotte contre la joue, morte et mouchetée de sang, de cette tête d’épouvante. Une envie de vomir; de pleurer, de hurler, venue du fond de mon ventre - je ne sais plus si j’ai une âme - m’arrive à la gorge, mais je demeure immobile et muet.

Que fait l’homme au chapeau marron et à la gabardine couleur de poussière ? Où va-t-il ? Est-il vrai qu’il emporte, collée à la cuisse une tête de vingt ans ? Est-ce pour la soustraire à cette boucherie qui monte au nez ? Est-ce pour la livrer à une autre Mathilde de la Mole que je vais soudain voir apparaître sublimée par son amour et sa cruauté ?

Il la porte sur une petite table recouverte d’une nappe blanche, comme s’il allait servir un festin de cannibales. Deux hommes, très dignes, le visage glacé, sont là qui attendent. L’un d’eux s’empare de cette tête, et la renverse, les yeux vers le ciel. L’autre, dont les mains sont armées de pinces étincelantes, a un tressaillement bref. Il ferme les yeux quelques secondes, emplit d’air sa poitrine et l’expire bruyamment d’un seul coup en faisant : peuff !

Il me souffle :
- Ne restez pas là, maître.
- J’ai promis. Il avait peur…

Je plains et j’admire ces hommes qui travaillent dans l’horreur pour donner la lumière à un aveugle.

- Tourne-le vers la gauche, un peu plus… comme ça, très bien.
L’assistant obéit.

“Tourne-le…”. C’est donc encore Daniel qui est là, toute son identité rassemblée dans ce visage criblé de taches rouges et si ridé, si vieux qu’on ne saurait dire s’il eût jamais vingt ans, et dans cet oeil intact qui cligne dès qu’approche l’instrument chirurgical.

Je me surprends à murmurer des mots de pitié et d’encouragement, à cette tête qu’on mutile et qui a exigé ma présence.

Indifférents, les bourreaux continuent leur boucherie. Ils ont jeté le corps de Daniel dans le panier d’osier et s’emploient maintenant autour de leur mécanique. Ils pataugent dans le sang. Le “pékin”, aux manches retroussées, lave paisiblement, soigneusement, le couperet et les pièces souillées de la guillotine. De temps à autre, il étreint une éponge dans un seau de ménagère et le sang fait le long de son bras de longues coulures, lorsqu’il recommence son travail. Petit à petit, l’eau devient rouge et épaisse. Le « pékin » y plonge les deux bras et serre, entre ses poings, l’éponge visqueuse qui se dégonfle en sifflant. Les deux mains de cet homme m’obsèdent. Son camarade, le mécano, les a très blanches, grasses et boudinées. Le sang fait, sur elles, comme des blessures fraîches.

Au fond de cette courette brune aux murs infranchissables, c’est un abattage clandestin où l’on découpe de l’homme, où l’on patauge dans le sang de l’homme, où les vêtements, les mains, les visages sont tachés du sang de l’homme, où l’on respire l’odeur du sang de l’homme.

Les mains de ces trois bourreaux sont-elles admises sans répulsion dans les mains des autres hommes ? Leurs mains caressent-elles des mains de femmes ? Leurs mains tentent-elles parfois de flatter le cou d’une bête, sans que celle-ci ne s’écarte d’instinct, avertie par on ne sait quel sens de l’inhumain ? Leurs mains portent-elles, sans dégoût, à leur bouche, la nourriture de chaque jour ? Leurs mains ne leur font-elles pas rêver la nuit ? Dieu les recevra-t-il, pardonnées ?

Les chirurgiens ont achevé leur tâche. Le bourreau prend à nouveau la tête de Daniel par les cheveux - une tête de vieux aux orbites roses - et la jette dans le panier

Et la nuit ne se terminera jamais. Malgré cette montée douce d’un nouveau 14 juillet vers un ciel qui sera bleu, la nuit demeure installée dans ce cimetière provincial où nous venons d’arriver, cimetière profané par nous tous, hommes de lois, policiers et bourreaux.

Lisez ce qui suit, chrétiens qui avez le culte des morts, et vous, de toutes les confessions, qui voulez maintenir votre guillotine rédemptrice !

Daniel a payé sa dette, comme dit le langage populaire. Il n’est plus qu’un mort.
Les aides, aux ongles cerclés de sang caillé, prennent le corps du supplicié et, sans même le délivrer de ses liens infâmes, le jettent à plat ventre dans un cercueil aux planches disjointes qui ressemble à une caisse à oeufs. Leur chef, le bourreau à la chemise bleu clair - laquelle détonne dans ce lieu - prend la tête mutilée et la pose en sens inverse du corps, sur l’épaule gauche, les yeux vers l’aube qui grandit. Personne n’a cherché à reconstituer une apparence de corps humain. Ma protestation tombe dans l’indifférence. Dans le même temps, le mécano lance, sur le visage aux yeux vides, la première pelletée imbibée de sang. Il plonge sa pelle dans le panier d’osier, qu’incline le pékin pour faciliter la vidange. Le cercueil s’emplit comme une poubelle. Chacun paraît comprendre que les bourreaux ne sauraient que faire de ces mottes de sciure déjà solidifiées. Après la boucherie, l’équarrissage !

Et nous sommes tous là, magistrats, avocat et policiers, sans qu’aucun de nous ne crie son horreur, n’ameute le monde entier contre les équarrisseurs et ne demande pardon à Dieu pour tous les hommes.

Nous nous séparons, sans nous saluer, et partons, honteux, dans le rose de ce jour où l’on se prépare à fêter la fête de la fraternité. »
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MessageSujet: DESFOURNEAUX, VILAIN COCO   Lun 20 Oct 2008 - 14:02

Point de vue pertinent, comme toujours, cher Mercattore. le texte que vous postez est à la limite de l'intolérable et du supportable.

Il n'y a pas de raison de suspecter l'honnêteté intellectuelle du témoin visuel qu'est Maître Naud. On soulignera néanmoins que le texte déploie des moyens puissants pour souligner la caractère hideux de l'exécution et encourager les sentiments abolitionnistes du lecteur. Les mauvais esprits, dont je ne suis pas, parleraient d'effets de manches...

Cela posé , Monsieur Henri était un personnage dont l'attitude sous l'Occupation , telle qu'elle nous est rapportée par les sources, était véritablement lamentable et honteuse (CF l'affaire de la Section Spéciale, ou l'exécution à Toulouse en 1943 du héros FTP MarceL Langer).

On peut se demander légitimement pourquoi il a été maintenu dans ses fonctions par La Chancellerie à la Libération.

Je clos ce post un peu polémique, ce dont je m'excuse et souhaite ouvrir le débat !
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 14:19

Ne craignez rien, Monsieur Bill !

L'attitude de Desfourneaux s'explique par un seul mot : la peur.

Petit rappel des faits : le 17 juin 1939, pour sa 3e exécution en tant que chef, il exécute Weidmann, dont certains disent qu'il est un agent nazi.

De façon plus certaine, le 7 juin 1940, faute de peloton d'exécution, on lui confie la tâche de décapiter Erler, un véritable espion. Les jours qui suivent, pendant que Desfourneaux et ses aides sont en déplacement dans la Manche, la Wehrmacht investit Paris, et aussitôt, les prisonniers allemands sont libérés.

Quand les nazis apprennent qu'Erler a été décapité, ils réclament Desfourneaux avec l'intention de lui faire subir le même sort. Mais le ministère de la justice leur explique qu'il n'a fait qu'agir suivant des ordres officiels ; or, vu qu'outre-Rhin, on agit exactement de la même manière avec les bourreaux, les Allemands laissent tomber.

Mais Desfourneaux va être mis au courant de cette menace, et dès lors, terrorisé (et le mot est faible), il va s'abaisser à obéir quoiqu'il advienne. Il se dit - à tort - qu'une désobéissance entraînerait son renvoi, et que là, les Allemands seraient susceptibles de représailles à son encontre ! Démissionner ? Cela aboutirait au même résultat. Donc, servilement, il va accepter de tuer les résistants comme n'importe quel criminel, sans répliquer, sans protester, bouffé de remords par sa conscience et entretenant sa dépression au vin blanc sec...

Quand la Libération vient, eh bien, ce fut pareil : on juge que l'homme n'a fait qu'obéir aux ordres qu'une autorité supérieure lui a donné. Il a guillotiné des condamnés politiques, certes, mais aussi pas mal de criminels de droit commun à la même période, et dans tous les cas, les ordres émanaient du même endroit, le bureau des affaires criminelles et des grâces. Alors, on l'a gardé. En Allemagne, Johann Reichart (qui exécutera durant toute sa carrière plus de 2900 personnes avec sa Fallbeil) sera lui aussi gardé à son poste après 1945.

Je sais, c'est le genre d'excuses qu'on a entendu au sujet des camps de concentration et d'extermination. A ceci près que Desfourneaux était bourreau depuis 1919, la mort des autres était son métier depuis longtemps quand la Seconde Guerre Mondiale a éclaté, il n'a pas attendu le conflit pour laisser libre cours à son sadisme refoulé comme nombre de nazis, de kapos, de miliciens... C'était son job.

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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 14:29

Monsieur Bill a écrit:
Point de vue pertinent, comme toujours, cher Mercattore. le texte que vous postez est à la limite de l'intolérable et du supportable.

Je ne soupçonne pas Maître Naud de malhonnêté intellectuelle, si vous le pensez, vous vous trompez.

Pour Desfourneaux, il en a été assez sujet ici sur sa conduite inexcusable pendant la guerre pour en reparler.

Je ne souhaite pas polémiquer outre mesure sur ce sujet, libre à vous de le faire avec d'autres amis du site, et ne vous excusez pas pour votre post car avez écrit ce que mon post vous inspirait et c'est parfaitement normal.

Pour le maintien de Desfourneaux à son poste cela reste une énigme. Bien malin celui qui parviendra à la résoudre.


* Je n'avais pas encore lu le post de Sywan quand j'ai inséré celui-ci.


Dernière édition par mercattore le Lun 20 Oct 2008 - 14:59, édité 1 fois
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Monsieur Bill
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 14:54

[quote="mercattore"]
Monsieur Bill a écrit:
Point de vue pertinent, comme toujours, cher Mercattore. le texte que vous postez est à la limite de l'intolérable et du supportable.

[b] Je ne soupçonne pas Maître Naud de malhonnêté intellectuelle, si vous le pensez, vous vous trompez.

Cher Mercattore, je ne vous prêtais pas de telles pensées. Je suis convaincu que Naud a décrit ce qu'il a vu, ce jour là . Simplement, je faisais remarquer que cette description était quasiment impossible à lire sans en être révulsé ! Elle atteint la limite du supportable et du tolérable.
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 15:11

Il y a eu méprise de ma part sur vos propos, Bill, je vous prie de m'en excuser.

Effectivement, le texte de Maître Naud peut être ressenti comme intolérable mais il est très intéressant à comparer au texte de Maître Badinter, dans L'exécution , qui, dans un style beaucoup plus “sec" que M. Naud, peut indisposé autant, sinon plus, certains lecteurs.


Dernière édition par mercattore le Lun 20 Oct 2008 - 20:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   Lun 20 Oct 2008 - 19:52

Bonsoir à toute l'équipe !
Je rebondis sur le post de Sywan...Sadique, Desfourneaux ? Pas sûr, mais dépassé par les événements, il n'est que de relire dans le "Carnet Noir" le récit fait par son successeur (En gardant en tête que celui-ci est plus que partial ) de la fameuse équipée vers Coutances en Juin 1940.En fait,et je préciserai ce point lorsque j'aurais fouillé dans ma bibliothèque,donc je cite de mémoire,une bonne description est celle d'un ancien Directeur des Affaires Criminelles qui l'avait rencontré professionnellement :
"Un homme parfaitement insensible au genre de travail qu'il faisait"
Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Jules-Henri Desfourneaux   

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