La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Alfred Peugnez - 1899

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
niavlys1980
Bourreau de village


Nombre de messages : 79
Age : 37
Date d'inscription : 02/09/2011

MessageSujet: Alfred Peugnez - 1899   Dim 20 Nov 2011 - 21:53


2012-07-11 par Adelayde

Le corps de Mme Bertrand


Dernière édition par niavlys1980 le Mar 3 Juil 2012 - 8:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louison
Exécuteur régional
avatar

Nombre de messages : 414
Age : 55
Localisation : Paris
Date d'inscription : 15/12/2011

MessageSujet: Re: Alfred Peugnez - 1899   Lun 19 Déc 2011 - 17:40

Quel est nom de cette victime ? qui est le tueur ? pour quelle raison l' a-t-on tuée ? pale
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louison
Exécuteur régional
avatar

Nombre de messages : 414
Age : 55
Localisation : Paris
Date d'inscription : 15/12/2011

MessageSujet: Re: Alfred Peugnez - 1899   Lun 19 Déc 2011 - 18:00

Merci beaucoup pour le renseignement riche et interessant de tous détails !!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: L'exécution d'Alfred Peugnez   Lun 19 Déc 2011 - 18:30



°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-
Le texte cité par Archange est tiré des Grandes affaires criminelles du Val-de-Marne , un livre écrit par Sylvain Larue, alias Nemo, fondateur de notre forum.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Alfred Peugnez - 1899   Mer 11 Juil 2012 - 18:10



Découverte du corps du jeune Dhaut dans son lit

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Alfred Peugnez - La condamnation à mort   Lun 27 Aoû 2012 - 17:40


GAZETTE DES TRIBUNAUX
----------
Cour d'assises : Affaire Peugnez.
Le Double assassinat de Saint-Maurice : condamnation à mort.
----------
Une effroyable affaire était inscrite hier au rôle de la Cour d'assises de la Seine : le procès de ce misérable Peugnez, de cet assassin de vingt ans qui assomma et égorgea à Saint-Maurice, au mois de juin dernier, une femme sans défense et un pauvre petit garçon de sept ans.

Mme Bertrand, la première des deux victimes, était la femme d'un chauffeur de la Compagnie des bateaux parisiens. Sans enfants, les époux Bertrand, qui habitaient Grande-Rue, à Saint-Maurice, avaient adopté un jeune neveu nommé Octave Dhaut, qu'ils aimaient comme un fils.

Leurs plus proches voisins étaient un ménage d'ouvriers, les époux Peugnez, braves gens fort attristés de la conduite de leur fils Alfred, qui leur causait toute sorte de chagrins.
Dès l'âge de dix-huit ans, Alfred Peugnez avait été condamné à treize mois de prison pour vol. Depuis sa libération, il était revenu au logis, ne se livrant à aucun travail régulier, et passant la plus grande partie de son temps à rôder dans le bois de Vincennes en compagnie d'une fille Salpin dont il avait fait la connaissance.

M. et Mme Bertrand, beaucoup trop faibles, n'avaient pas eu le courage de défendre leur porte à ce mauvais garnement. Bien mieux, ils l'occupaient quelquefois à de petits travaux de ménage, l'invitaient à manger à leur table et lui prêtaient même quelque argent de poche.
Leur indulgence allait être terriblement récompensée !

Le 14 juin, vers onze heures, Alfred Peugnez se présentait chez M. et Mme Bertrand, au moment où ils allaient déjeuner. Il était porteur d'un lourd marteau caché sous une couverture.
M. Bertrand l'invita à prendre place à table et, après déjeuner, s'en fut à son service, laissant le jeune drôle seul avec sa femme et son fils adoptif.
Quand, vers dix heures du soir, le malheureux ouvrier rentra de son travail, un spectacle affreux l'attendait ! Sa femme gisait dans la salle à manger, le crâne enfoncé, la gorge ouverte, et, sur un petit lit, dans une alcôve, le pauvre enfant était étendu, mort comme sa tante, et, comme elle, assommé, puis égorgé. L'armoire à glace, qui contenait les économies du ménage, était ouverte ; un billet de 500 francs avait disparu. Sur la table, un rasoir et un marteau ensanglantés.

Il n'était que trop certain que l'assassin n'était autre que le misérable Peugnez. On l'arrêta le surlendemain, dans les environs du bois de Vincennes. Il avait, dans l'espace de ces deux journées, gaspillé les 500 francs avec sa maîtresse, à laquelle il avait acheté des bijoux et un chapeau, et qui fut un instant poursuivie pour complicité de vol par recel.

Alfred Peugnez fit immédiatement l'aveu de son double crime. Il raconta qu'après avoir attendu pendant deux heures le départ d'une voisine qui, après déjeuner, était venue causer avec Mme Bertrand, il s'était glissé derrière la malheureuse femme et lui avait asséné sur la tête un formidable coup de marteau qui l'étendit sans connaissance. L'assassin acheva sa victime évanouie en lui coupant la gorge avec un rasoir.
Puis il pensa au petit Dhaut, au pauvre enfant de sept ans qui jouait dans une pièce voisine et qui pouvait devenir un témoin gênant. Il courut sur lui, le renversa, l'assomma d'un second coup de marteau, et le porta sur le lit où il lui coupa la gorge.
Enfin, se croyant sûr maintenant de l'impunité, il ouvrit l'armoire, prit les 500 francs qu'elle renfermait, et s'enfuit.

A l'audience, Alfred Peugnez, un petit jeune homme brun, à la moustache naissante, aux traits anguleux, qui s'est mis en redingote pour la circonstance, persiste dans ses aveux, tout en pleurnichant qu'il n'avait pas prémédité son double crime et qu'il a été poussé, au moment de le commettre, par une force irrésistible.
M° Antony Aubin a assumé la lourde tâche de le défendre. Malgré son habile plaidoirie, Alfred Peugnez a été condamné à la peine de mort.
Albert Bataillet
Le Figaro, n° 349 du 15 décembre 1898

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5708
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Alfred Peugnez - L'exécution   Lun 27 Aoû 2012 - 17:41

Alfred-Albert Peugnez, dernier guillotiné devant la Roquette

L'EXECUTION DE PEUGNEZ
----------
L'exécution de Peugnez, la première exécution à laquelle ait procédé M. Deibler fils, comme successeur de son père, a été très émouvante.
Nous avons dit, hier, que le bourreau, mandé au parquet du procureur général à quatre heures, avait reçu du greffier l'ordre d'exécution. Voici le libellé exact de cet ordre :
« De par la loi, ordre est donné à M. l'exécuteur en chef des arrêts criminels de se saisir du nommé Peugnez (Alfred-Albert), condamné par la cour d'assises de la Seine, le 14 décembre 1898, à la peine de mort, et de procéder à son exécution en place publique, le 1er février 1890, à sept heures quinze du matin »

Le montage de la guillotine avait commencé à quatre heures. L'aspect de la place de la Roquette offrait pour la dernière fois son spectacle répugnant. Tous les cabarets regorgeaient de monde, de fêtards en habit, de filles maquillées, et derrière les barrages, le public habituel des exécutions, s'exaspérant de l'attente dans la nuit froide.
Quelques curieux, notamment une femme, avaient pu franchir les barrages et se tenaient derrière les gardes municipaux, à côté des journalistes, examinant avec attention le nouveau bourreau qui procède, comme son père, avec un soin méticuleux.
- Ou est ton parapluie ? crie un loustic à Deibler fils, faisant allusion au légendaire parapluie de Deibler père.

A six heures et demie, le « travail » préparatoire étant terminé, les aides du bourreau échangent leur blouse contre une redingote. M. Anatole Deibler, qui s'est assuré du bon fonctionnement de la guillotine, pénètre dans la prison et se dirige vers le greffe, où il signe la levée d'écrou du condamné.
Aussitôt après, le directeur de la Roquette ; MM. le juge d’instruction Boucard ; Horoch, greffier de la cour d'appel ; Vignon, substitut du procureur de la république ; Cochefert, chef de la Sûreté ; Leygonie, commissaire de police, et le pasteur Arboux pénètrent dans la cellule n° 1.

La toilette du condamné

Peugnez dort encore, d'un sommeil calme et paisible. Il s'est couché à une heure du matin, après avoir refusé de jouer aux cartes avec ses gardiens et s'être livré à mille excentricités, imitant les cris des camelots et chantant des refrains de café-concert.
- Je ne sais pas ce que fait Félix Faure, avait-il déclaré. Il devrait s'occuper de moi et en finir d'une façon ou d'une autre.

Il était exactement six heures cinquante-cinq minutes quand M. Bondon, s'approchant du lit de Peugnez, toucha légèrement le condamné à l'épaule, en lui disant :
- Peugnez, votre pourvoi a été rejeté. Votre recours en grâce n'a pas été admis. Le moment de l'expiation est venu. Habillez-vous.
- Je m'y attendais, répondit Peugnez. La justice des hommes n'est pas juste. La justice de Dieu le sera davantage.
- Laissez-vous consoler, lui dit le pasteur Arboux.
- Je suis tout consolé ! s'écrie Peugnez.
- Voulez-vous boire? lui demande M. Arboux.
- Oui, à boire, répond le condamné.
Et comme on lui verse du rhum dans un gobelet :
C'est inutile, ajoute-t-il, je boirai bien mieux comme cela.
Et il boit longuement au goulot de la bouteille.

On se dirige vers le greffe, et pendant le trajet assez long de la cellule au greffe, Peugnez s'adresse au directeur de la Roquette, qui marche près de lui.
- C'est comme cela que vous me mettez à la porte dès le matin, gouaille-t-il, ce n'est pas gentil.
Et il ajoute :
- Je tremble un peu. Mais c'est le froid. N'allez pas croire que ce soit la peur.
Pendant la toilette, Peugnez demande une cigarette qu'il fume tranquillement. Les aides du bourreau échancrent le col de sa chemise et lui attachent les mains.
- Messieurs, clame Peugnez, avant de mourir, j'ai à dire que la justice des hommes n'est pas juste et que celle de Dieu que je vais voir dans un instant le sera peut-être davantage.
Peugnez avait déjà dit une phrase analogue dans sa cellule.

- Ayez du courage, pauvre enfant, lui dit le pasteur.
- N'ayez pas peur, j'en aurai, répond Peugnez.
Apercevant M° Grand-ColIot :
- Je vous remercie, dit-il, de ce que vous avez fait pour moi. Bonjour à Aubin.
Et comme se parlant à lui-même, Peugnez murmure :
- Quand on n'est pas coupable, on n'a jamais peur de la mort.

On lui jette sa veste sur les épaules :
- Faut pas, dit-il, que j'empoigne une fluxion de poitrine.
Le pasteur Arboux dit des prières à haute voix. A la fin, Peugnez ajoute :
- C'est bon. Merci.
L’exécution
II est sept heures dix. La porte de la prison s'ouvre.
Peugnez paraît sous le porche, une cigarette à la bouche. Il est pâle, mais sa démarche est ferme. Il regarde droit devant lui. D'un mouvement des lèvres, il rejette vivement sa cigarette, et redressant son torse robuste, il crie, forfanterie suprême, en regardant les gendarmes :
- Portez armes !
Sur un signe de l'officier, dont le commandement a été ainsi prévenu par le condamné, les soldats exécutent le mouvement.
Peugnez marche droit à la guillotine. Il est blême de froid. Ses yeux clignotent.
- N'avouez jamais, n'avouez jamais dit-il d'une voix forte, répétant le mot d'Avinain.
Il embrasse ensuite le pasteur.
- Vous direz à ma famille, recommande-t-il en bredouillant, que je suis mort courageusement, comme un homme doit mourir.
Ces secondes paraissent interminables. Enfin, les aides saisissent Peugnez, qui fait instinctivement un mouvement de recul. Un des aides lui maintient la tête dans la lunette, en le tenant par les oreilles, et Anatole Deibler fait jouer le déclic. Un bruit sec. La tête tombe et justice est faite.

On démonte la machine après l'exécution. On lave les pavés. Le corps est placé dans le panier où les aides mettent ensuite la tête. Le panier est chargé sur le fourgon qui, escorté d'un peloton de gendarmes, part pour le cimetière d'Ivry.
A Ivry a eu lieu un simulacre d'inhumation. Le cercueil est placé dans la partie réservée aux condamnés à mort, à côté de la tombe de Carrara. La famille de Peugnez avait réclamé son corps.

L'exécution d'hier est peut-être une des dernières pratiquées hors de la prison. On sait en effet qu'un projet tendant à supprimer leur publicité doit venir prochainement devant la Chambre.
Quoi qu'il en soit, la Roquette a vécu et, à partir d'hier, la prison célèbre n'abrite plus aucun condamné. Tout le personnel pénitentiaire a été transféré hier à la prison de Fresnes.

Le Gaulois, n° 6 262 du 2 février 1899

_________________
"L’art est le cordon ombilical qui nous rattache au divin" - Nikolaus Harnoncourt
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Filomatic
Monsieur de Paris
avatar

Nombre de messages : 550
Age : 57
Localisation : 102 Dijon-Longvic
Emploi : Spécialiste Cascadeur.
Date d'inscription : 06/07/2012

MessageSujet: Re: Alfred Peugnez - 1899   Mer 29 Aoû 2012 - 7:24

Un visage pour cette histoire.
Albert Peugnez avec 21 années.



Image:http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Alfred Peugnez - 1899   

Revenir en haut Aller en bas
 
Alfred Peugnez - 1899
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Alfred Peugnez - 1899
» Alfred Carré ? Albert Fournier ?
» La Veuve en Suède - Johan Alfred Ander - 1910
» Aloïs Zûckermeyer - 1899
» Félix Geffroy - Adrien Samson - 1899

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: LES CONDAMNÉS À MORT-
Sauter vers: