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 Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963

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Benny
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MessageSujet: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 19:11

Étrange qu'on ne parle pas de lui.
Il ne figure pas non plus au palmarès. Peut-être parce que condamné par une cour militaire de justice.

Le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry fut le dernier fusillé de France, au fort d'Ivry, le 11 mars 1963 à l'aube. (si on ne compte pas Mesrine comme un fusillé)

Il fut l'organisateur de l'attentat du petit-Clamart contre le Général de Gaulle, le 22 août 1962 à Clamart.





Citation :
Le 22 août 1962, aux environs de 19 h 30, deux Citroën DS 19 banalisées et escortées de deux motards quittent le palais de l'Élysée vers la base aérienne de Villacoublay pour y prendre un hélicoptère à destination de Colombey-les-Deux-Églises. À bord de la seconde, immatriculée 524916 HU 75 se trouvent de Gaulle, de retour d'un Conseil des ministres et son épouse Yvonne ; le colonel Alain de Boissieu, gendre et aide de camp du président, est quant à lui assis à côté du chauffeur, le gendarme Francis Marroux. Sorti de Paris par la porte de Châtillon, le cortège emprunte la route nationale 306 (actuelle D 906) et roule en direction de Vélizy-Villacoublay où attend l'hélicoptère présidentiel. Alors qu'il arrive, à 20 h 08 à hauteur du carrefour des rues Charles Debry, RN 306 et rue des Bois, à environ trois cent mêtres avant le rond-point du Petit Clamart, le commando Bastien-Thiry est dissimulé en guet-apens.

Le commando, de type militaire, est constitué de douze hommes équipés d'armes automatiques, d'explosifs et de quatre véhicules. Bastien-Thiry est dissimulé avant le croisement, dans une Simca 1000, d'où il donne le signal en agitant un journal. Cinq hommes sont dans une Estafette Renault jaune (Buisines, Varga, Sari, Bernier et Marton), équipés de fusils-mitrailleurs ; La Tocnay est à bord d'une ID 19, avec Georges Watin et Prévost, munis de pistolets-mitrailleurs ; une camionnette Peugeot 403, dans laquelle sont embusqués Condé, Magade et Bertin, également avec des armes automatiques, est en réserve. La puissance de feu de ce commando est considérable.

Le commando ouvre le feu sur la DS présidentielle, les pneumatiques avant du véhicule sont crevés, Georges Watin, envoie une rafale de MAT 49 à l'arrière de la voiture où sont assis de Gaulle et son épouse. La glace arrière, côté de Gaulle, vole en éclat. Lors de l'assaut, in extremis, Boissieu crie aux de Gaulle de se baisser, ce qui leur évite d'être touchés. De Gaulle rapportera que son gendre lui a intimé l'ordre de se mettre à l'abri, lui disant : « À terre, Père ! » Boissieu ordonne au chauffeur, Francis Marroux (le même chauffeur pilotait la DS 19 présidentielle, le 8 septembre 1961, lors de l'attentat de Pont-sur-Seine) d'accélérer, ce qu'il fait et parvient, malgré l'état de la voiture et le sol mouillé à gagner à vive allure le terrain d'aviation de Vélizy-Villacoublay. Sur les 187 balles tirées par le commando, 14 impacts seront identifiés sur la DS dont une dans le dossier du passager avant où était assis de Boissieu et plusieurs à hauteur des visages de Mme de Gaulle et du général. Autour de l'endroit de l'attentat, plusieurs magasins sont criblés d'impacts de balles. Réalisant l'échec de l'attaque, Gérard Buisines tente d'éperonner la DS avec l'Estafette tandis qu'à ses côtés Alain de La Tocnaye, par-delà la portière, tente de mitrailler la DS.

Le chef de l'État et son épouse survivent à la tentative d'assassinat et bientôt le commando sera arrêté et déféré devant un tribunal militaire.

Pendant l'attentat, une Panhard, circulant sur l'autre sens de la chaussée et dans laquelle se trouvait une famille, dont une femme et trois enfants, essuie les coups de feux des tireurs, le conducteur, M. Fillon, est légèrement blessé à la main.
Citation :
Jugés en tant que simples exécutants, les tireurs furent condamnés à différentes peines de réclusion mais bénéficièrent en 1968 de la grâce présidentielle. Mais Jean-Marie Bastien-Thiry, Alain de la Tocnaye et Jacques Prévost furent condamnés à mort. Deux des condamnés furent graciés ; seul Bastien-Thiry fut exécuté, fusillé au fort d’Ivry le 11 mars 1963. Les cinq accusés absents furent condamnés par contumace à des peines de mort ou de réclusion et bénéficièrent eux aussi beaucoup plus tard de la grâce présidentielle.

Condamné à la peine capitale aux motifs de complot contre la sûreté de l'État et tentative d'assassinat contre le président de la République, le fait d'avoir menacé la vie d'une femme ayant porté à charge comme cause aggravante aux yeux de De Gaulle, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry fut passé par les armes par un peloton militaire, au fort d'Ivry, le 11 mars 1963 à l'aube. Âgé de 35 ans, il laissait à son exécution une veuve et trois orphelines. Il restera comme le dernier condamné à mort fusillé en France.

Soigné pour dépression, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry bénéficiait pourtant de circonstances atténuantes pouvant tempérer son jugement, mais il ne souhaita pas plaider à décharge dans ce sens acceptant son châtiment.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_Petit-Clamart

La légende veut que le général refusa de gracier Bastien-Thiry qui pourtant n'avait pas tenu d'arme mais s'était contenté de donner le signal de l'action à distance en agitant un journal pour un comportement indigne d'un soldat. Il a gracié les autres condamnés.
Souvenir d'une interview que j'avais lue ou entendue : De Gaulle aurait eu des mots approchants : "Quand on est un officier de l'armée française, on ne se contente pas d'agiter un journal, on participe à l'action avec ses hommes". une forme d'accusation de lâcheté, en somme.


Citation :
Un policier qui conduisit Bastien-Thiry au peloton raconte : « Il semblait enveloppé d’une auréole »

Le 11 mars 1963 tombait au Fort d’Ivry le colonel Bastien-Thiry, héros de l’Algérie française, fusillé sur ordre de De Gaulle.

Monsieur Pierre Sidos a, pour la première fois, autorisé la publication d’un document unique qu’il détient depuis trente ans.

Je ne puis dire la fierté que m’inspire le choix du Libre Journal pour cette publication.

Ce récit des ultimes instants du colonel Bastien-Thiry fut rédigé de la main même d’un témoin privilégié : un dirigeant de la police française qui, pour mieux servir la France dut cacher son admiration pour l’homme qui allait mourir et pour la cause à laquelle cet homme avait sacrifié sa vie. Nous reviendrons d’ailleurs prochainement, avec la permission de monsieur Pierre Sidos, sur cet épisode étonnant de l’histoire contemporaine.

Pour l’heure, ce témoignage extraordinaire permet de mesurer à quels drames de conscience ont été confrontés certains fonctionnaires de l’état gaulliste, en ces temps de trahison.

Il devrait rendre moins péremptoires les donneurs de leçons qui, sans risque, jugent et condamnent, un demi-siècle plus tard, des hommes qui n’ont fait que leur devoir « Pour que France continue. »

——

Samedi 9 mars 1963 – 17 heures.

P…, commissaire divisionnaire à l’état-major de la police municipale, me demande au téléphone de mon bureau du 5ème district, avenue d’Italie, et m’invite a venir d’urgence à son bureau. Je ne puis m’empêcher de m’exclamer : « Je crois, hélas, deviner pourquoi ».

Je pars donc à la préfecture, et là, P… me confirme qu’en effet, si Prévost et Bougrenet de la Tocnaye sont graciés, l’exécution de Bastien-Thiry est ordonnée pour le lundi 11 mars au matin. Le moins qu’on puisse dire est que les choses n’ont pas traîné depuis le jugement qui doit remonter à quinzaine.

Nous voici à mettre sur pied le futur service d’ordre…

B…, commissaire de Choisy, assurera un isolement total des Prisons de Fresnes, avec des effectifs considérables.

L…, commissaire de Charenton, qui sera de ronde de nuit du 10 au 11, consacrera tout son temps à la surveillance de l’itinéraire Prisons-Fort d’Ivry ; effectifs généreusement prévus : on ne lésine vraiment pas…

B…, commissaire d’Ivry, assurera les fonctions judiciaires : accompagnement des autorités, présence sur le lieu de l’exécution et procès-verbal pour en rendre compte.

Détail pénible : on le charge de commander le cercueil et on lui donne les mensurations du malheureux ; ces préparatifs hideux, concernant un homme bien vivant, espérant sans doute encore avec ses proches auxquels il est toujours relié par la pensée (comment oublier sa femme et ses trois petites filles ?) me mettent dans un trouble profond et me font abhorrer la peine de mort.

Je reviens chez moi, sans dire un mot, en proie au désespoir et au dégoût, me demandant comment je vais vivre ces quarante-huit heures d’attente…

Pour comble, je préside le soir même, le bal de la section de Gentilly de l’orphelinat mutualiste de la PP. Comment ai-je pu, avec mes pensées en désarroi, tenir devant les niaiseries de ces gens se contorsionnant, et faire le discours d’usage ?

Le dimanche est une véritable veillée funèbre : je ne sais où aller pour fuir les pensées qui m’assaillent. La journée passe, morne. Sans avoir dormi, je me lève à une heure du matin. Il pleut à torrents. Par les rues désertes je vais à la préfecture prendre contact avec les équipes en civil de la Brigade de direction, mises à ma disposition pour chercher, véhiculer et protéger au besoin les juges, le procureur général, l’aumônier, le médecin.

C’est un médecin de l’Armée de l’air qui doit assister, ô dérision, à cette mort. Les braves gars de la Brigade, des gens courageux toujours prêts à traquer les criminels, la nuit, sont ébranlés eux aussi. Ils ont à tour de rôle escorté le prisonnier tout au long des nombreux trajets Prisons-Fort de l’Est où siégeait le tribunal. Les rares contacts qu’ils ont eus avec Bastien-Thiry (entrevu quand il montait et descendait du fourgon cellulaire) leur ont laissé malgré tout une profonde impression que l’on éprouvait en le côtoyant, même sans lui parler… « Il semblait enveloppé d’une auréole… »

Je repasse au district, encore plus ému par ce bref aveu d’un humble flic. Je prends dans ma voiture mon chauffeur de service et un secrétaire et nous partons pour Fresnes.

Dès notre arrivée, je vois une dizaine de reporters de presse filmée ou de télé qui allument leurs projecteurs.

Cette attente des badauds de profession en prévision d’une curée, recherchant avidement tout ce qui se présente de sensationnel, me semble quelque chose d’indécent. Usant des consignes draconiennes que j’ai reçues, c’est sans ménagements que je les fais refouler dans le bistrot voisin qu’ils ont déjà fait ouvrir et où ces importuns ont établi leur PC.

Les effectifs arrivent, les commissaires mettent en oeuvre le plan qu’ils ont reçu, je reste rencogné dans le fond de ma voiture, après les avoir successivement revus.

Je suis embossé dans l’allée menant au pavillon résidentiel du directeur de la prison, M. Marti. Le condamné est dans le bâtiment voisin : le CNO (Centre national d’orientation), où sont habituellement concentrés les prisonniers en attente d’une autre affectation. Cette masse sombre est silencieuse : les CRS de garde aux abords courbent le dos sous l’averse. Ma radio grésille doucement. Paris est encore en léthargie ; la police prend la place sur l’itinéraire, sans bruit la pluie fait rage… J’écoute le vide… et prie.

Tout à coup, les abords de la prison s’animent : B…, qui attend près de la porte, pénètre dans le CNO en compagnie de M. Marti. L’aumônier suit. Survient Gerthoffer, le procureur général, silhouette falote, moulé dans un pardessus gris aux formes démodées ; il descend de voiture et saute pour éviter les flaques d’eau, faisant le gros dos sous les rafales. Ces vieillards allant faire tuer un être jeune, plein de vie encore, me semblent une énormité inhumaine.

Pendant ce temps, De Gaulle doit reposer dans sa majestueuse sérénité…

La gendarmerie, chargée de livrer le condamné au peloton d’exécution, a fait grandement les choses : une escorte de trente motos, celle d’un chef d’Etat, trois petits cars bourrés d’effectifs armés, pour s’intercaler entre les divers véhicules du cortège, prennent place sur l’avenue dite « de la Liberté ». Le car chargé de transporter le condamné, avec une garde de huit gendarmes, entre dans la prison. Nul n’ignore que la gendarmerie est le pilier de ce régime…

B… m’informe par radio que, toutes les personnalités étant arrivées, on va réveiller le condamné.

Il me relatera ensuite que c’est Gerthoffer qui est entré le premier et que Bastien-Thiry a aussitôt demandé quel était le sort de ses compagnons. Apprenant qu’ils étaient graciés, il sembla alors délivré de tout souci et entra dans une sorte d’état second, abandonnant toute contingence terrestre.

Il revêt son uniforme et sa capote bleu marine de l’Armée de l’air sans prêter un instant d’attention aux paroles bien vaines que ses avocats croient devoir prononcer.

Il entend la Messe à laquelle assiste également M. Marti. Il est, même aux yeux des moins perspicaces, en dialogue avec le Ciel. Au moment de communier, il brise en deux l’hostie que lui tend l’aumônier et lui demande d’en remettre la moitié à son épouse. Puis, après l’Ite Missa est, il dit « Allons »… et se dirige vers le couloir de sortie. A ce moment, les phares des voitures s’allument, les motos pétaradent, et j’annonce par radio la phrase que j’ai si souvent prononcée lorsque j’étais avec De Gaulle : « Départ imminent »…

L’état-major la reprend pour alerte générale.

Mais rien ne vient, et cette attente imprévue semble atroce. Pendant vingt affreuses minutes les avocats vont tenter une démarche désespérée : ils demandent au procureur général d’ordonner de surseoir à l’exécution en raison du fait nouveau qu’est l’arrestation récente d’Argoud.

Bastien-Thiry, absent de tout, revient dans sa chambre, stoïque, silencieux, méprisant devant ces passes juridiques où chacun s’enlise. Il ne dira pas un mot, ni d’intérêt, ni d’impatience…

B…, qui n’est pourtant pas un croyant, me dit : « Il est déjà parti en haut ».

Enfin, les palabres des hommes de loi prennent fin : le procureur refuse tout sursis.

Les phares s’allument de nouveau, les motos repartent à vrombir. Cette fois, c’est bien le départ. Je vois la voiture du condamné balayer de ses phares le seuil de la prison, puis se diriger vers le portail ; tout le cortège s’ébranle. C’est bien celui d’un chef d’Etat, dans son triomphe.

Ce condamné qui, au procès, a traité De Gaulle d’égal à égal et l’a assigné au Tribunal de Dieu et de l’histoire, comme renégat à la parole donnée, aux serments les plus solennels et sacrés, ce condamné est bien un chef d’Etat.

C’est bien le même cortège que j’ai si souvent commandé : voiture pilote avec phare tournant, motos devant, motos formant la haie d’honneur, motos derrière, et quinze voitures officielles suivant…

La pluie redouble ; je reste loin derrière, suivant la progression par radio codée… comme pour l’Autre…

Je décide d’aller directement au cimetière de Thiais, triste aboutissement… Je n’aurais pas pu assister à ce Crime, pas même rôder autour du Fort d’Ivry et entendre cette horrible salve.

Au moment où j’entre parmi les tombes, j’entends cette petite phrase de B…, et elle me restera longtemps dans l’oreille : « Allô… Z1… » ; le processus s’accélère… « Je vois le condamné contre son poteau ». Et, à 6h42, cette information : « Exécution terminée ». Je sais gré à B… d’avoir évité la formule consacrée « Justice est faite », elle serait si malvenue ici. Justice… où es-tu ? J’attends encore : rien. Donc, il n’y a pas eu défaillance du peloton comme pour le malheureux Degueldre.

Je vais avec D…, dont je connais les sentiments proches des miens ; nous nous rendons au carré des condamnés. C’est une triste parcelle recouverte de hautes herbes jaunies par le gel, entourée d’arbustes dénudés, frêles et désolés. Un trou a été creusé dans la glaise qui colle aux chaussures.

Enfin arrive un fourgon, escorté par le colonel de gendarmerie de Seine-et-Oise. On descend le cercueil en volige de bois blanc. L’aumônier arrive ; il est suivi du médecin, un grand maigre, tout gêné. Je viens saluer et me recueillir avec D… Les gendarmes se retirent ; les fossoyeurs, à l’abri dans le bâtiment de la Conservation tardent à venir. Nous restons là, tous les quatre, à prier devant cet humble cercueil, placé de travers sur le tas de glaise, courbant le dos sous les rafales de ce sale hiver qui n’en finit pas…

Dehors, les premiers banlieusards se hâtent vers le travail, indifférents à tous ces policiers massés devant le cimetière. Chacun va à ses occupations, c’est le monstrueux égoïsme des grandes cités.

Ainsi est mort pour son idéal, le Rosaire au poignet, Jean-Marie Bastien-Thiry, trente-quatre ans, ingénieur de 2e classe de l’aviation militaire, père de trois petites filles, devenues subitement orphelines, demeurant de son vivant 17, rue Lakanal, à Bourg-la-Reine.

Paris, le 11 mars 1963, 11 heures du matin.
http://www.nationspresse.info/?p=33202

Citation :
Dans sa cellule, on vient réveiller le colonel Bastien Thiry. Il dort profondément. Dès qu'il a ouvert les yeux, il a compris. Ses premières paroles sont pour ses amis : Quel est leur sort ? On le rassure : ils ont été graciés. Alors il s'habille posément, revêt par-dessus ses vêtements civils une capote bleue de l'armée de l'air, sans galons. Il ne dit rien. Déjà, il se détache du monde, cependant que ses avocats, dans un ultime effort pour le sauver, lui font ter cette déclaration :
- je proteste contre ma condamnation et mon exécution. Ma condamnation est illégale. Mon exécution est un assassinat. Je demande qu'il y soit sursis jusqu'à ce que le Conseil d'état se soit prononcé sur la validité des arrêts de la Cour Militaire de justice.

On transmet à M. Gerthoffer. Après quelques instants de discussion, celui-ci refuse le sursis, Le condamné entend alors la messe, reçoit la communion. Ceux qui assistèrent à ces derniers instants ont rapporté à quel point ils avaient été frappés par le rayonnement intérieur qui émanait alors de l'homme qui allait mourir.
Bastien-Thiry prend place dans un fourgon cellulaire. Pendant le trajet, il prie. Le convoi parvient au Fort d'Ivry. Le condamné marche vers le poteau en tenant toujours son chapelet entre ses doigts. On l'attache, on veut lui bander les yeux. il refuse, comme l'avaient fait avant lui Piges. Dovecar, Degueldre. A 6 h 46, la salve retentit, puis le coup qu'on appelle "de grâce ", Le lieutenant colonel Bastien-Thiry est mort. On emporte son corps à Thiais. On l'enfouit dans le carré des suppliciés, à la sauvette, comme ces voleurs pendus jadis à Montfaucon que l'on entassait dans les fosses communes. Autour de cette tombe sans croix, quelques gendarmes, garde dérisoire.
" Nous ne souffrons pas en vain. Nous souffrons pour tous les lâches qui ne risquent rien. Que Dieu ait pitié de nous " Bernanos a écrit ces mots admirables. A qui pourraient ils mieux s'appliquer qu'à celui qui dort désormais, en paix avec lui-même, sous les broussailles de Thiais ?


Dernière édition par Benny le Mar 8 Nov 2011 - 13:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 21:33

C'est une exécution politique. Voilà pourquoi on en parle pas.

L'aura du général est trop présente dans le paysage politique français pour que ceux qui se sont opposés à lui puissent s'exprimer.

Merci pour l'article, Benny. L'avant-dernier est remarquable; je ne le connaissais pas.

De Gaulle aurait également dit de lui: "De celui-là ils pourront en faire un martyre. Il le mérite."

Bastien-Thiry avait justifié son acte en utilisant le devoir tyrannicide tiré de St Thomas d'Aquin. Véritablement très pieux, c'était un intellectuel, non un homme d'action comme le fut Degueldre. Je ne crois pas qu'il aurait souhaité être gracié; la mort par celui qu'il avait tenté de supprimer (paradoxe où la "victime" possède le droit de grâce) représentait pour lui la consécration de son geste.

Tous les témoignages concordent sur le fait que Bastien-Thiry se préparait à mourir en martyre chrétien et non en politique ou en militaire.


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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 22:09

A propos de martyr, il y a une cérémonie tous les ans le 11/11 sur sa tombe, en hommage aux soldats morts en Algérie.

Au final, et ça rejoindra les discussions sur la PdM, on a condamné aussi son épouse et ses 3 filles.


Dernière édition par Benny le Sam 5 Nov 2011 - 22:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 22:10

11 septembre? Pas plutôt 11 mars?

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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 22:12

11/11 (11 novembre), ça m'apprendra à vouloir abréger les dates.
http://www.nationspresse.info/?p=15672

Citation :
Depuis 1963, chaque année une prière spéciale est dite le 11 novembre sur la tombe du Colonel Jean BASTIEN-THIRY pour tous ceux qui sacrifièrent leur vie à la défense de l’Algérie française unis dans notre souvenir à tous ceux qui sont morts pour la patrie au cours des deux dernières guerres mondiales et des combats d’Outre-mer.

Vous êtes invités à cette cérémonie qui aura lieu le

MARDI 11 NOVEMBRE 2008 à 15 heures

au cimetière de Bourg-la-Reine (92)

(rue de la Bièvre)

Cercle Jean BASTIEN-THIRY – B.P. 70 – 78170 La Celle Saint-Cloud

« Nous n’avons pas à nous justifier, devant votre juridiction, d’avoir accompli l’un des devoirs les plus sacrés de l’homme, le devoir de défendre des victimes d’une politique barbare et insensée. » J.M. Bastien-Thiry lors de son procès.

Autres infos et procès :
http://www.bastien-thiry.fr/index.htm
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Sam 5 Nov 2011 - 22:21

Pfffff !!!

Citation :
La Cour militaire de Justice fut créée par ordonnance le 1er juin 1962. Ses jugements étaient sans appel ; aucun recours n'était possible à part la grâce présidentielle. Elle condamna à mort le lieutenant Degueldre qui fut fusillé le 6 juillet 1962. Son existence fut déclarée illégale par le Conseil d'Etat le 19 octobre 1962. Passant outre cet avis, les députés lui redonnèrent le 15 janvier suivant une existence légale jusqu'au 25 février. Les avocats des accusés du Petit-Clamart firent alors l'impossible pour que le procès ne soit pas terminé à cette date afin qu'une juridiction avec appel puisse prendre le relais. Devinant leur intention, le gouvernement fit voter le 13 février la prolongation de la Cour militaire de Justice jusqu'à la clôture des débats.
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Dim 6 Nov 2011 - 10:01

On peut lier les deux.


Cimetière des Gonards à Versailles.


Citation :
Lieutenant Roger Degueldre

Roger Degueldre, ou Roger Hercule Gustave Degueldre, était un lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes, et créateur des commandos Delta de l'Organisation armée secrète (OAS) ; il naît le 19 mai 1925 à Louvroil (Nord) à quelques kilomètres de la frontière belge.

Condamné à mort le 28 juin 1962 par la Cour de sûreté de l'État, Roger Degueldre est fusillé au fort d'Ivry (région parisienne), le 6 juillet 1962. Une balle seulement sur les onze du peloton d'exécution l'atteint. Le sous-officier chargé de lui donner le coup de grâce s'y reprend à six fois.



Pendant la semaine des barricades à Alger (janvier 1960) il est présent avec son régiment, toujours fidèle au gouvernement français.
Engagé dans la défense de l'Algérie française Il est alors soupçonné d’avoir participé au complot avorté de déc. 1960, contre le général de Gaulle peu après sa visite à Alger (décembre 1960). Il est muté au 4e REI. Niant les faits, convaincu de la nécessité de la lutte armée, il passe alors dans la clandestinité le 11 déc. 1960. .

Créateur et responsable des commandos Delta de l'Organisation armée secrète (OAS)

Le 15 mars 1962, à 10 h 45 un « commando Delta », pénètre au centre social de Château-Royal dans la commune d'El-Biar, près d'Alger. Dans la salle de réunion étaient rassemblés six dirigeants des centres sociaux qui furent alignés contre un mur de la cour et abattus à l'arme automatique.
Le 7 avril 1962 arrestation du lieutenant Roger Degueldre chef des commandos Delta ; il est ensuite traduit en justice, condamné à mort et exécuté.



son exécution:

C’est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 qui, rappelons-le, fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne, que de Gaulle prit sa décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE qui, fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur ! », avait justifié son action dans l’OAS par ces mots : « Mon serment, je l’ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre. Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure ! »

Le lendemain, 6 juillet 1962, à l’aube, au fort d’Ivry, Degueldre se présenta devant le peloton d’exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il avait tout sacrifié et qu’il avait choisi comme linceul. Autour de son cou, il avait noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y avait la photo d’un bébé, son fils qu’il n’avait jamais vu. Il avait conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé était venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.
« Dites que je suis mort pour la France ! » s’écria-t-il à l’adresse de son défenseur. Puis il refusa qu’on lui bande les yeux et, au poteau cria : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise. Les soldats qui devaient l’exécuter, émus par son courage, hésitèrent à tirer. La première salve le blessa seulement : Une seule balle l’atteignit sur les douze qui furent tirées : au ventre dirent certains… au bras affirmèrent d’autres. Quoiqu’il en soit, le fait certain c’est que Degueldre ne fut pas atteint de manière décisive.
L’adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipita, l’arme à la main, pour accomplir sa sinistre besogne et se rendit compte que le condamné était toujours en vie. Sa tâche ne consistait désormais plus à achever un quasi-mort censé avoir reçu douze bouts de métal… mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes… Il en eut si terriblement conscience, que sa main pourtant préparée à cette macabre mission trembla, et que le revolver se déchargea dans le vide.
Parmi l’assistance, c’était la stupéfaction. Cette situation eut pour effet d’agacer le procureur qui, réveillé un peu tard, n’avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner. Et son estomac gargouillait. Mécontent, il fit signe à l’adjudant de se dépêcher. Pensant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé souffrait. Les coups de feu résonnaient encore à ses oreilles et il se demandait quand son calvaire prendrait fin. L’adjudant, toujours tremblant, pointa une nouvelle fois son arme sur la tête de l’officier parachutiste, ferma les yeux et appuya sur la détente. Stupeur ! Rien ne se produisit. L’arme s’était enrayé. Une rumeur monta de l’assistance. Degueldre tourna la tête vers son exécuteur comme pour l’interroger. Aucune haine dans son regard… juste de l’incompréhension.
Exaspéré par cette situation – unique dans les annales de l’exécution – le procureur ordonna qu’une nouvelle arme soit amenée. Mais personne parmi les militaires présents n’en possédaient. Il fallait courir en chercher une… Et pendant ce temps, Degueldre était toujours vivant… et il souffrait.
A partir de ce moment là, tous les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n’avait pas le droit d’achever le blessé. Mais les ordres étaient formels ; Il fallait que Degueldre soit tué ! Il incarnait à lui seul, l’OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l’Elysée… Il fallait exorciser jusqu’à son souvenir.
Et pendant que l’on s’affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d’effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu’au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l’amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu’on fît grâce qu condamné. Cela s’était déjà produit dans l’Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée. Mais non, l’avocat demeurait prostré, sans voix, mort… alors que Degueldre, lui, était vivant et qu’il le regardait.
Enfin on remit un pistolet à l’adjudant qui, blanc comme un linge, écoeuré par cette boucherie… mais servile au commandement de tuer, devait en finir puisque tels étaient les ordres et que le défenseur du condamné qui, seul avait qualité pour tenter quelque chose, se taisait.
Un nouveau coup de feu claqua. Stupeur ! Celui-ci fut tiré, non pas au-dessus de l’oreille comme l’exige le règlement, mais dans l’omoplate… Une douleur atroce irradia le corps du supplicié. Il regarda vers le ciel et ouvrit grand ses yeux. Peut-être perçut-il à cet instant que son calvaire prenait fin. Il était tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui sembla entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer : « Roger… Roger… dès aujourd’hui tu seras avec nous dans le Paradis ».
Puis une nouvelle détonation retentit… et ce fut la fin.
http://patrianostra.forum-actif.eu/t321-lieutenant-roger-degueldre

Pfffff !!!! La guillotine, ça avait du bon !
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Benny
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Dim 6 Nov 2011 - 10:55

CARNIFEX a écrit:
C'est une exécution politique. Voilà pourquoi on en parle pas.
Exact, contrairement à Louis XVI et Robespierre qui furent condamnés de droit commun. Very Happy
Mais qui sont passés par la bécane.
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tsasapala
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Lun 7 Nov 2011 - 9:45

Benny a écrit:
Étrange qu'on ne parle pas de lui.
Il ne figure pas non plus au palmarès. Peut-être parce que condamné par une cour militaire de justice.

Le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry fut le dernier fusillé de France, au fort d'Ivry, le 11 mars 1963 à l'aube. (si on ne compte pas Mesrine comme un fusillé)

Il fut l'organisateur de l'attentat du petit-Clamart contre le Général de Gaulle, le 22 août 1962 à Clamart.

Citation :
Le 22 août 1962, aux environs de 19 h 30, deux Citroën DS 19 banalisées et escortées de deux motards quittent le palais de l'Élysée vers la base aérienne de Villacoublay pour y prendre un hélicoptère à destination de Colombey-les-Deux-Églises. À bord de la seconde, immatriculée 524916 HU 75 se trouvent de Gaulle, de retour d'un Conseil des ministres et son épouse Yvonne ; le colonel Alain de Boissieu, gendre et aide de camp du président, est quant à lui assis à côté du chauffeur, le gendarme Francis Marroux. Sorti de Paris par la porte de Châtillon, le cortège emprunte la route nationale 306 (actuelle D 906) et roule en direction de Vélizy-Villacoublay où attend l'hélicoptère présidentiel. Alors qu'il arrive, à 20 h 08 à hauteur du carrefour des rues Charles Debry, RN 306 et rue des Bois, à environ trois cent mêtres avant le rond-point du Petit Clamart, le commando Bastien-Thiry est dissimulé en guet-apens.

Le commando, de type militaire, est constitué de douze hommes équipés d'armes automatiques, d'explosifs et de quatre véhicules. Bastien-Thiry est dissimulé avant le croisement, dans une Simca 1000, d'où il donne le signal en agitant un journal. Cinq hommes sont dans une Estafette Renault jaune (Buisines, Varga, Sari, Bernier et Marton), équipés de fusils-mitrailleurs ; La Tocnay est à bord d'une ID 19, avec Georges Watin et Prévost, munis de pistolets-mitrailleurs ; une camionnette Peugeot 403, dans laquelle sont embusqués Condé, Magade et Bertin, également avec des armes automatiques, est en réserve. La puissance de feu de ce commando est considérable.

Le commando ouvre le feu sur la DS présidentielle, les pneumatiques avant du véhicule sont crevés, Georges Watin, envoie une rafale de MAT 49 à l'arrière de la voiture où sont assis de Gaulle et son épouse. La glace arrière, côté de Gaulle, vole en éclat. Lors de l'assaut, in extremis, Boissieu crie aux de Gaulle de se baisser, ce qui leur évite d'être touchés. De Gaulle rapportera que son gendre lui a intimé l'ordre de se mettre à l'abri, lui disant : « À terre, Père ! » Boissieu ordonne au chauffeur, Francis Marroux (le même chauffeur pilotait la DS 19 présidentielle, le 8 septembre 1961, lors de l'attentat de Pont-sur-Seine) d'accélérer, ce qu'il fait et parvient, malgré l'état de la voiture et le sol mouillé à gagner à vive allure le terrain d'aviation de Vélizy-Villacoublay. Sur les 187 balles tirées par le commando, 14 impacts seront identifiés sur la DS dont une dans le dossier du passager avant où était assis de Boissieu et plusieurs à hauteur des visages de Mme de Gaulle et du général. Autour de l'endroit de l'attentat, plusieurs magasins sont criblés d'impacts de balles. Réalisant l'échec de l'attaque, Gérard Buisines tente d'éperonner la DS avec l'Estafette tandis qu'à ses côtés Alain de La Tocnaye, par-delà la portière, tente de mitrailler la DS.

Le chef de l'État et son épouse survivent à la tentative d'assassinat et bientôt le commando sera arrêté et déféré devant un tribunal militaire.

Pendant l'attentat, une Panhard, circulant sur l'autre sens de la chaussée et dans laquelle se trouvait une famille, dont une femme et trois enfants, essuie les coups de feux des tireurs, le conducteur, M. Fillon, est légèrement blessé à la main.
Citation :
Jugés en tant que simples exécutants, les tireurs furent condamnés à différentes peines de réclusion mais bénéficièrent en 1968 de la grâce présidentielle. Mais Jean-Marie Bastien-Thiry, Alain de la Tocnaye et Jacques Prévost furent condamnés à mort. Deux des condamnés furent graciés ; seul Bastien-Thiry fut exécuté, fusillé au fort d’Ivry le 11 mars 1963. Les cinq accusés absents furent condamnés par contumace à des peines de mort ou de réclusion et bénéficièrent eux aussi beaucoup plus tard de la grâce présidentielle.

Condamné à la peine capitale aux motifs de complot contre la sûreté de l'État et tentative d'assassinat contre le président de la République, le fait d'avoir menacé la vie d'une femme ayant porté à charge comme cause aggravante aux yeux de De Gaulle, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry fut passé par les armes par un peloton militaire, au fort d'Ivry, le 11 mars 1963 à l'aube. Âgé de 35 ans, il laissait à son exécution une veuve et trois orphelines. Il restera comme le dernier condamné à mort fusillé en France.

C'est une histoire assez fidèlement rapportés dans le thriller "Le Jour du Chacal» par F. Forsith.


Merci Benny!!!!!!!
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Lun 7 Nov 2011 - 10:32

Je me demande comment sont choisis les membres du peloton d'exécution et ce qu'ils risquent s'ils refusent d'y participer.
Sur ce dernier exemple, visiblement ils répugnaient à la tache : ils n'ont pas du être volontaires.

D'une manière générale, je me demande comment on peut choisir le métier de découper ses contemporains en deux, fussent-ils d’horribles criminels ? Ce n'est certainement pas pour rien si le métier d’exécuteur est familial et si certains parmi les plus illustres eussent aimé pratiquer une autre profession (comme ce cher Anatole).
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Mar 8 Nov 2011 - 12:38

tsasapala a écrit:
C'est une histoire assez fidèlement rapportés dans le thriller "Le Jour du Chacal» par F. Forsith.

Exact. Il en avait même été fait 2 films. Le 1er était beaucoup plus proche de l'histoire de l'attentat du Petit-Clamart. Le 2ème était plus récent et moins bon.

Montfaucon a écrit:
D'une manière générale, je me demande comment on peut choisir le métier de découper ses contemporains en deux, fussent-ils d’horribles criminels ? Ce n'est certainement pas pour rien si le métier d’exécuteur est familial et si certains parmi les plus illustres eussent aimé pratiquer une autre profession (comme ce cher Anatole).

Vous avez trouvé, Montfaucon. Dans tout ce que j'ai pu lire ce n'est jamais par goût que les exécuteurs avaient cette fonction.

1ère raison: la faim. Sous l'ancien régime on trouve des récits où il est fait état de pauvres hères qui acceptaient cette fonction pour ne pas mourir de faim.

2ème raison: l'ascendance familiale. C'est le préjugé qui obligeait ainsi un fils d'exécuteur à succéder à son père, toutes les portes se refermant devant ceux qui voulaient changer de "métier".

3ème raison: un complément de revenus. Là, cela s'applique aux tous derniers exécuteurs et aides exécuteurs qui avaient déjà un métier par ailleurs.

4ème raison: le condamné qui bénéficie d'une grâce ou d'une peine écourtée s'il accepte cette fonction. Dans le Sud de la France beaucoup de bourreaux étaient d'anciens condamnés. Aussi, plus tard, quand des exécuteurs d'autres régions venaient en poste dans le Sud ils se heurtaient à l'agressivité "active" des populations qui les assimilaient comme des malfrats, alors qu'en Normandie (par exemple) les exécuteurs n'avaient pas d’antécédents judiciaires et, s'ils vivaient en parias, étaient du moins tolérés par la population locale.
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Mar 8 Nov 2011 - 13:19

3 680 personnes ont été jugées et condamnées pour leur participation à l'OAS ou à des activités connexes et 41 d'entre elles l'ont été à la peine capitale. Sur ces 41 condamnations, seules quatre ont été appliquées à l'encontre du lieutenant-colonel Bastien-Thiry, chef du commando de l'attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle, du lieutenant Degueldre, le chef des commandos Delta, de Claude Piegts et d'Albert Dovecar.
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Mar 8 Nov 2011 - 13:24

Citation :
Albert Dovecar né le 19 juillet 1937 à Tuzno (Croatie) dans l'ex-Yougoslavie. Sergent au 1er régiment étranger de parachutistes (1erREP) de la Légion étrangère, il est fusillé au fort du Trou-d'Enfer à Marly-le-Roi le 7 juin 1962.
Il participe à la guerre d'Algérie, blessé au combat il est titulaire de trois citations. Après la participation de son régiment au putsch des Généraux du 23 avril 1961, il décide de rompre son contrat le 27 avril 1961 en rejoignant l'Organisation armée secrète (OAS).

Il intègre les commandos Delta de l'OAS sous les ordres du lieutenant Roger Degueldre. Chef de ce commando, il participe à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury (31 mai 1961) et est condamné avec Claude Piegts. Recherché, il est appréhendé boulevard Marcel Duclos à Alger, avec cinq de ses compagnons, le 11 octobre, au PC de Degueldre.

Jugé pour « participation à un complot formé en vue d’un attentat destiné à exciter les citoyens à s’armer les uns contre les autres, de meurtre avec guet-apens et de désertion à l’intérieur en temps de paix » il est condamné à mort par la justice française. Il est fusillé le 7 juin 1962, au fort du Trou-d'Enfer en banlieue parisienne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Dovecar

Citation :
Claude Piegts, né le 1er janvier 1934 à Castiglione (Algérie française) et fusillé le 7 juin 1962 au fort du Trou-d'Enfer (Marly-le-Roi, Seine-et-Oise) est un Français pied-noir. Engagé dans les commandos Delta de l’Organisation armée secrète (OAS) dirigés par Roger Degueldre, il est reconnu coupable d'avoir préparé et participé à l'assassinat du commissaire d'Alger Roger Gavoury, ce qui lui vaudra d'être condamné à mort.
Agent d'assurances à Alger, Claude Piegts s'engage dans les commandos Delta de l'OAS sous les ordres du lieutenant Roger Degueldre pendant la guerre d'Algérie. Il est jugé avec Albert Dovecar pour l’assassinat du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury, le 31 mai 1961. Reconnu coupable, il est condamné à mort, et à ce titre, est fusillé à Marly-le-Roi le 7 juin 1962 en même temps que Albert Dovecar. Pourtant les déclarations au tribunal militaire du chef des commandos Deltas, le lieutenant Roger Degueldre l'innocentaient, assurant que Claude Piegts n'avait absolument pas participé à cet assassinat.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Piegts

Citation :
Claude PIEGTS , Albert DOVECAR

Le dernier couloir

En ce jour du 4 Juin 1962, Albert DOVECAR vit sa 66ème journée de condamné à mort.

Il la passe comme les autres, écrivant à sa fiancée, à ses amis, écoutant la radio, lisant le journal… Ainsi dit-il, les journées s’écoulent plus vite .

Bien que parfaitement lucide sur sa situation, Albert DOVECAR conserve un peu d’espoir.

Pourtant aujourd’hui, son sort vient d’être scellé.

La Cour de Cassation vient de rejeter sa demande en révision de son procès ainsi que celles de Claude PIEGTS et Edmond JOUHAUD.

Le sort de ces hommes est désormais entre les mains du Président de la République.

6 Juin 1962. En compagnie de son compagnon d’arme, Claude PIEGTS , Albert DOVECAR vit sa dernière journée à la prison de Fresnes. Et le soir venu c’est sans appréhension qu’il se couche et s’endort dans sa cellule éclairée.

Tandis que le Sergent DOVECAR dort profondément , plusieurs centaines de policiers et de gendarmes prennent leur service au milieu de la nuit.

Des inspecteurs de la Sûreté Nationale se rendent chez les avocats de DOVECAR et de PIEGTS.

Tous les cent mètres un CRS ou un gendarme mobile est déposé sur la chaussée afin de jalonner les 27 kilomètres des routes nationale 187 et départementale 7 qui séparent la prison de Fresnes du Fort du Trou d’Enfer .

Chaque carrefour est neutralisé par un gradé et sa brigade.

Sur la Nationale 186 qui longe les murs de la prison de Fresnes d’autres gardiens de la paix prennent position.

Le long des trottoirs, pare-chocs contre pare-chocs, des camions sont alignés. De puissants projecteurs balaient les bâtiments et le ciel.

Devant le portail qui est ouvert, des véhicules de commandement de la Police Nationale et de la Gendarmerie stationnent.

Malgré le secret de l’opération – le dispositif n’a été dévoilé qu’à 2 heures du matin - l’intervention d’un commando O.A.S est redouté et le bouclage impressionnant mis en place ne rassure que partiellement les forces de l’ordre.

Il est environ 2 h 30 lorsqu’un important cortège de voitures pénètre à l’intérieur de la prison.

Des automobiles descendent les avocats, les magistrats et des officiers de l’armée.

Brièvement le Directeur de la prison les accueille.

En silence, le groupe se dirige vers le quartier des condamnés à mort.

Dans le dernier couloir où s’engage le cortège, quatre cellules sont gardées par des gendarmes en armes. Trois d’entre elles sont éclairées. Celles d’Albert DOVECAR, celle de Claude PIEGTS et celle du Général JOUHAUD.

L’atmosphère est lourde, oppressante.

Dans l’obscurité de la quatrième dort le Général SALAN.

Albert DOVECAR dort lui aussi profondément.

Le cortège s’arrête devant sa cellule. On a décidé que c’est lui qui sera réveillé le premier.

Bobby n’entend même pas la clé que l’on a introduite dans la serrure ni le mécanisme d’ouverture qu’elle actionne. Ce bruit est devenu tellement familier…

On le distingue parfaitement à la lumière de la lampe tamisée. Il dort, couché en chien de fusil, tourné vers le mur, vêtu d’un pyjama bleu de l’administration pénitentiaire.

La lumière est maintenant allumée, irradiant totalement la pièce . Contre toute attente, le sergent Dovecar ne se réveille pas ; à tel point que le Procureur embarrassé est obligé de saisir Bobby par l’épaule et de le secouer délicatement.

Il est loin le temps où la moindre brise, le plus imperceptible hurlement de chacal mettait en éveil le Sergent Dovecar.

« Réveillez-vous ! Soyez courageux ! » lui souffle le Procureur.

Il faut insister. Dovecar se tourne alors et appuyé sur son coude, il reste sans réaction. Alors, comme à son habitude, il se frotte les yeux avec le dos de ses mains. Il regarde le Procureur. Il ne reconnaît pas celui qui a demandé sa mort il y a deux mois. Puis il découvre le visage de son avocat et réalise aussitôt ce qui va se passer .

On appréhende sa réaction. Il se lève prestement avec sérénité. Déjà un surveillant s’approche en lui tendant des habits civils.

Il les écarte aussitôt. C’est un soldat et il partira en soldat.

Alors le sergent DOVECAR récupère sa tenue camouflée pour livrer son dernier combat.

En laçant ses rangers, à quoi pense-t-il ? A tous ces matins qui précédaient les départ en opération et où la journée commençait par ces mêmes gestes.

Où alors pense-t-il à l’Adjudant STUWE, au Colonel JEANPIERRE, à tous ses camarades de régiment tombés en Algérie et qu’il va désormais rejoindre.

Peut-être est-il en train de prier et de demander à Dieu de lui donner la force et le courage pour affronter cette ultime épreuve, comme il le faisait avant chaque combat.

Il boucle son ceinturon et ajuste ses décorations sous le regard des officiels présents dans la cellule.

Il aurait tellement voulu accrocher la médaille militaire qu’il était en droit d’attendre légitimement avec ses trois citations.

Il se passe un peu d’eau sur le visage et se coiffe avec application.

Enfin, il s’attache un foulard vert du 1er REP autour du cou et se coiffe de son béret vert.

L’aumônier s’approche alors de lui. Ils s’entretiennent tranquillement tous les deux. Albert DOVECAR est calme, même souriant. Il ne crâne pas. Non, il est serein.

L’entretien terminé, il récupère un paquet de lettres qui sont destinées à sa mère Karoline.

En les déposant dans les mains du Directeur de la prison de Fresnes il lui dit : « Vous les remettrez à ma mère ».

Cette mère qui était venu du fin fond de l’Autriche et qui n’avait pas eu l’autorisation d’embrasser son fils.

Madame DOVECAR n'ouvrira et ne lira la dernière lettre de son fils que trente après.

Le sergent DOVECAR remet à son avocat un dossier qu’il avait constitué durant sa détention, dans l’espoir d’obtenir le droit de se marier avec sa fiancée algéroise.

«Vous les transmettrez à Mademoiselle GOMEZ».

Celle–ci, elle-même détenue, se trouve à la prison de la Petite Roquette.

« Ces papiers sont désormais inutiles » dit-il, en plaçant à l’intérieur de sa veste de combat la photo de sa fiancée qu’il a retirée d’un cadre en cuir vert.

Pendant ce temps, dans la cellule voisine, le même cérémonial se déroule.

Claude PIEGTS est à son tour réveillé. Passé un bref instant de panique, le jeune homme se ressaisit.

Après s’être habillé, il sort dans le couloir où il retrouve DOVECAR. Les deux hommes s’étreignent devant l’assemblée silencieuse.

Afin de ne pas réveiller le Général JOUHAUD qui lui aussi attend son exécution, PIEGTS demande à ce que l’on ne fasse pas de bruit.

Et c’est dans le plus grand silence que les deux condamnés et leur escorte quittent leur division pour se rendre au greffe.

On leur sert du vin chaud. Seul DOVECAR accepte et boit une simple gorgée.

Les deux hommes signent leur levée d’écrou.

On les menotte et toujours dans un grand silence, DOVECAR et PIEGTS sont dirigés vers les fourgons cellulaires garés dans la cour intérieure de la prison.

Les deux hommes sont séparés. Chacun monte dans un véhicule, accompagné par un aumônier.

On a décidé de les fusiller à 27 kilomètres de leur lieu de rétention. Leur marche vers la mort va durer 37 minutes.

Un avocat dira : « Nous ne savions pas alors où se trouvait le lieu de l’exécution . Je dois regretter au passage qu’on l'ait choisi aussi éloigné de Fresnes. Le voyage a duré quarante minutes, que les deux condamnés ont passés courageusement en prière . »

Il est exactement 3 h 35 lorsque le convoi franchit le portail de la prison de Fresnes et prend immédiatement la direction de Versailles.

Le convoi est précédé par un peloton de gendarmes motocyclistes, progressant en formation en V.

Tout de suite après les motards plusieurs voitures de police suivent, encadrant trois fourgons cellulaires.

Pour fermer la marche, une dizaine de voitures transportent les avocats, les magistrats et des officiers de l’armée.

En queue de convoi plusieurs véhicules de la gendarmerie avec des hommes en armes bouclent le dispositif, suivis immédiatement par un corbillard et encore une vingtaine de motocyclistes.

Tandis que le convoi progresse à vive allure dans la nuit sur un itinéraire dégagé de tout véhicule, Bobby s’entretient avec l’aumônier.

Le convoi longe le parc de Sceaux, le terrain de Villacoublay, puis roule vers Saint-Cyr-l’Ecole , traverse la forêt de Marly et empruntant enfin une allée immense, entre dans le fort militaire du Trou d’Enfer.

Là aussi le dispositif de sécurité est impressionnant . Deux escadrons de gendarmerie sont déployés. Des dizaines de gendarmes, l’arme au pied, leurs MAT 49 en bandoulière, quadrillent les abords du site.

Lorsque le long cortège des véhicules s’immobilise dans la cour du dépôt de l’armée de terre, l’aube pointe déjà depuis plusieurs minutes.

Albert DOVECAR et Claude PIEGTS descendent de leur fourgon respectif pour apercevoir aussitôt les deux pelotons d’exécution, composés chacun de douze hommes. Quatre sergents, quatre caporaux-chefs et quatre soldats, dont un au moins, a perçu une arme chargée à blanc.

En treillis, casqués, sans aucun signe distinctif, ils attendent depuis déjà de longues minutes devant deux poteaux plantés devant un talus.

La gorge serrée, le Sergent DOVECAR et Claude PIEGTS sont amenés au fond de la cour où on les attache chacun à un poteau.

Ils ont refusé tous les deux qu’on leur bande les yeux.

Un adjudant commande alors l’ouverture du feu.

Claude PIEGTS crie « Visez au cœur » puis « Vive l’Algérie Française » tandis que ses mains se crispent sur un chapelet.

Albert DOVECAR lance « Vive l’Autriche…Vive la Légion »

Il est 4 h 12 quand les deux salves simultanées déchirent le silence du matin. Les corps des deux jeunes suppliciés s’affaissent, retenus par la corde qui les maintient à leur poteau.

Il sont détachés … puis c’est le coup de grâce.

Le sang se perd dans la rosée ; sur le foulard vert de Bobby déjà rougi se détache en lettres noires la devise célèbre depuis Zéralda :

« On ne peut demander à un soldat de se parjurer ».

Un médecin militaire constate la mort.

Les deux aumôniers, à genoux devant les dépouilles des deux jeunes hommes, prient.

Après une dernière bénédiction, les deux corps sont mis en bière et les cercueils sont déposés dans un corbillard dont les rideaux noirs ont été baissés.

Un nouveau convoi est formé ; il est désormais constitué par quelques véhicules seulement.

Il quitte le fort du Trou d’Enfer en passant devant les soldats qui présentent les armes.

Par la route de Versailles, le cortège se rend au cimetière de Thiais.

A 5 h 30, Albert DOVECAR et Claude PIEGTS sont mis en terre, l’un à côté de l’autre, au carré numéro 8, celui des suppliciés .

A 5 h 40, tout est terminé.

En ce jour du 7 juin 1962, les commandos DELTA intensifient leur politique de la terre brûlée…

Après avoir obtenu le rapatriement de son corps en Autriche, la famille d’Albert DOVECAR procèdera à son inhumation définitive le 12 Juillet 1962 au cimetière Saint-Pierre de GRAZ, carré numéro 8.
http://www.algerie-francaise.org/oas/dovecar-piegts.shtml

Eux-deux ont été condamné pour meurtre et pas en tant que chefs comme Bastien-Thiry (coupable de tentative de meurtre à l'encontre du chef de la République, quand même) et Degueldre.
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MessageSujet: Il y a un demi-siècle, le Putsch d'Alger   Mar 8 Nov 2011 - 18:27


Franck Ferrand revient sur le putsch d'Alger dans l'émission "Au cœur de l'histoire" du 19 août dernier.

https://gpodder.net/podcast/europe1-histoire/il-y-a-un-demi-siecle-le-putsch-dalger-1

Pour écouter l'émission : clic gauche sur "download". Pour la télécharger : clic droit sur "download", puis "enregistrer la cible du lien sous".

Bonne écoute ! queen
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Mer 9 Nov 2011 - 0:40

Pourquoi les 4 sergents de la Rochelle ? Pourquoi les 4 caporaux de Souain ?

Concernant les caporaux, un beau pdf.
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Benny
Monsieur de Paris


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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Mar 19 Fév 2013 - 20:32



Citation :
1963-2013 : Jean Bastien-Thiry, 50 ans après…

Cinquante ans après la mort du colonel Bastien-Thiry, responsable de l’attentat du Petit-Clamart contre le Général De Gaulle, se joue la pièce de théâtre écrite par Geneviève Bastien-Thiry sur le procès et la mort de son époux. Une pièce qui a le mérite d’exposer les raisons qui ont poussé ce jeune et brillant ingénieur militaire, père de 4 enfants, à mettre sa vie et son honneur en péril : « Devant l’Histoire, devant nos concitoyens et devant nos enfants, nous proclamons notre innocence, car nous n’avons fait que mettre en pratique la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes« .

A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort du Lieutenant-Colonel Bastien-Thiry, vous êtes donc cordialement invités à venir (re)découvrir l’évocation théâtrale du procès et de la mort de cet officier français, mort pour avoir pensé et agi en homme de vérité. La représentation aura lieu le Mercredi 20 février, à 20H30, dans la salle attenante de l’église Saint Nicolas du Chardonnet (Paris Ve). Ou encore le Samedi 23 Février, au forum de Grenelle (5 rue de la Croix Nivert, Paris XVe). Cette dernière représentation aura lieu à 17H, à l’issue de la journée de commémoration qui aura lieu à l’initiative du cercle éponyme.

Cette journée de commémoration, sous forme de colloque, se tiendra au forum de Grenelle, le 23 février, de 9H30 à 18H30. Exposition, témoignages, ateliers, vente-dédicace, pièce Vérité : autant d’activités construites autour du thème : vie et personnalité de Jean Bastien-Thiry, contexte historique de l’attentat du Petit-Clamart, le procès, la transmission du souvenir. Inscription et réservation au Cercle Jean Bastien-Thiry : BP 70, 78170 La Celle St Cloud. Email : basthiry at aol.com (détails sur le site internet : www.bastien-thiry.fr).
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multicoupe
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Jeu 21 Fév 2013 - 13:56

Je vous avoue que je me pose des questions sur le tour que prend cette évocation de Bastien Thiry.
Si à titre personnel je suis contre toute forme de peine de mort, je ne pense pas que ce site passionnant
puisse être le lieu d'appel à des commémorations d'ancien de l'OAS et de catholiques intégristes.
Si il est pratiquement impossible d'évoquer Christian RANUCCI condamné de droit commun pour ne
pas faire lever des passions j'en dirais de même pour ce sujet.
J'en appelle donc aux administrateurs et modérateurs. Merci.
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Jeu 21 Fév 2013 - 14:57

multicoupe a écrit:
Je vous avoue que je me pose des questions sur le tour que prend cette évocation de Bastien Thiry.
Si à titre personnel je suis contre toute forme de peine de mort, je ne pense pas que ce site passionnant
puisse être le lieu d'appel à des commémorations d'ancien de l'OAS et de catholiques intégristes.
Si il est pratiquement impossible d'évoquer Christian RANUCCI condamné de droit commun pour ne
pas faire lever des passions j'en dirais de même pour ce sujet.
J'en appelle donc aux administrateurs et modérateurs. Merci.
Eh bien, le plus simple est de verrouiller le sujet, comme il a été fait pour Ranucci...Je le fais donc, Adelayde et Carnifex pourront sans doute le réactiver, s'ils le jugent bon
Bonne journée !
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   Jeu 21 Fév 2013 - 18:06

J'approuve entièrement ton initiative, cher Pierrepoint.

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MessageSujet: Re: Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963   

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Lieutenant-colonel Bastien-Thiry - dernier fusillé - 1963
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