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 Ali Ben Yanès - l'égorgeur de Gattières - 1973

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Adelayde
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MessageSujet: Ali Ben Yanès - l'égorgeur de Gattières - 1973   Mer 7 Sep 2011 - 16:56

Une « brebis » égarée



- Danièle, 7 ans, égorgée -



- Ali Ben Yanès, l'égorgeur -

Le 28 septembre 1971, à Gattières, dans les Alpes-Maritimes, la ferme des Marra est tranquille, comme toujours. Il règne dans ces lieux une paix, un calme agréable. C'est probablement dû à ses occupants. Les Marra sont d'origine calabraise. La culture des légumes étant une base du travail de cette région italienne, le couple Marra sont tout naturellement devenus maraîchers. Ils sont appréciés de tous à Gattières.
Leur fille, Danièle, a sept ans. C'est une enfant au visage rieur, très sage, studieuse, qui fait la fierté de ses parents. Ce soir-là, Danièle vient de finir ses devoirs, et sa maman, Cortena, lui sert le repas. Francisco, le père de famille est absent, car il s'est rendu à un marché aux fleurs, non loin de là. Cortena ne l'a pas accompagné pour s'occuper de l'enfant, et de plus, elle est enceinte de huit mois. Mais cette image tranquille d'une famille heureuse se déchire soudain, quand deux hommes font irruption dans la cuisine.

Les deux intrus sont tunisiens, et cousins. Ce sont deux ouvriers qu'on emploie de ci, de là. Ils se nomment Hocine et Ali Ben Yanès. De toute évidence, c'est Ali le chef. Un long couteau à la main, il se rue sur Cortena et lui réclame de l'argent. Quand la pauvre femme répond qu'il n'y en a pas, Ali, furieux, lui porte un coup de couteau au bras, en hurlant : « Il y en a beaucoup, je le sais ! » La petite Danièle lui crie « Attends, arrête, maman va te chercher les sous ! ». Sous la menace du couteau d'Ali et de la hachette de Hocine, la mère et son enfant montent dans la chambre à coucher de l'étage, où Mme Marra tend aux bandits une liasse contenant 2000 francs.
- « J’en veux encore »
- « Mais il n'y en a plus ! »
Alors, de nouveau, Ali donne un coup de lame à Mme Marra, sur la tête, cette fois, et elle s'écroule, sans connaissance. Danièle, terrifiée, fait un geste vers la porte, mais Ali la surprend, la saisit et d'un coup sec, lui tranche la gorge. Puis, il revient vers la mère, évanouie et lui plante son couteau dans le ventre. Cortena entendra les bandits courir dans l'escalier, puis elle se traînera vers la ferme voisine de M. Rho. Francisco Marra arrive sur ces entrefaites et trouve sa maison pleine de sang. Dans la chambre, Danièle gît, inerte. La blessure était trop grave. La pauvre enfant est morte à sept ans. Cortena Marra et l'enfant qu'elle porte survivront à l'attaque des monstres. Ceux-ci sont bientôt recherchés, et face à l'indignation suscitée par le crime, seront vite retrouvés et capturés.

Près d'un an après le crime odieux, le procès des égorgeurs de Gattières s'ouvre devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes. L'avocat de la partie civile, Maître Pierre Pasquini, insiste sur l'horreur du crime et affirme qu'il y a là trois motifs de condamnation à mort. Le substitut Pagès renchérit, et réclame la mort pour Ali, et la réclusion perpétuelle pour Hocine, pour qui il trouve une circonstance légèrement atténuante. Le lendemain de ces plaidoiries, le 29 septembre 1972, le jury se retire durant une heure et demie pour délibérer. Le verdict est en tous points celui réclamé par le substitut du procureur Pagès. Hocine restera au moins 30 ans en prison. Ali aura la tête tranchée.

Ali est vite transféré dans la seule prison régionale où se pratiquent les exécutions, les Baumettes à Marseille. Il y patiente plusieurs mois durant. Son pourvoi est vite rejeté. La guillotine n'a pas fonctionné à Marseille depuis 1961. Durant l'incarcération de Ben Yanès, le président Pompidou a, pour la première fois, refusé la grâce aux mutinés de Clairvaux, Bontems et Buffet. D'humeur exécutrice, le Président ? Possible. Au début du mois de mai 1973, les avocats de Ben Yanès, M° M° Antoine Togneli, Jean Guerraz et Claude Egli-Richter, se rendent à Paris pour faire acte de grâce envers le président. Le crime est trop lâche pour être pardonné. La Justice devra suivre son cours.

Le 11 mai 1973 au soir, André Obrecht et ses aides arrivent à Marseille. Dans la nuit, un fourgon banalisé entrera dans la prison. A l'intérieur, la guillotine. Celle-ci est rapidement montée. A 4 heures, on réveille Ben Yanès. Celui-ci affronte courageusement ses derniers instants. On lui propose le verre de rhum, mais l'Islam ne lui permet pas l'alcool, alors il accepte un verre d'eau et une cigarette. Les aides lui coupent les cheveux, lui lient fermement les bras et les chevilles. La porte s'ouvre dans une petite cour. Ben Yanès se sent basculer en avant, et le couperet tombe à 4 heures 40 ce 12 mai 1973. Tandis qu'on affiche le procès-verbal d'exécution sur les murs de la prison, le corps d'Ali Ben Yanès est enfoui à la va-vite dans un coin encore secret du cimetière Saint Pierre. Quand à 7 heures, on apprend au père Marra que justice a été faite, il admet regretter de ne pas y avoir assisté, et même de ne pas avoir lui-même « coupé la tête à ce monstre ».



- 12 mai 1973, affichage de l'exécution -

http://www.thinesclaude.com/affaire-ben-yanes.php
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