La Veuve

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 Victor Cras - Le crime de la rue Mozart

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Elie Köpter
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MessageSujet: Victor Cras - Le crime de la rue Mozart   Sam 18 Oct 2008 - 11:21

Sylvain je suis scié !!
Comment faîtes-vous pour trouver ces documents incroyables.
Êtes-vous abonné à de vieux journaux, êtes-vous un chineur de vieux magazines?
Suis-je bête ! Un magicien ne livre pas ses secrets ou ses sources !!!
Merci quand même de nous les faire partager !! :cheers:
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Boisdejustice
Monsieur de Paris
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MessageSujet: Re: Victor Cras - Le crime de la rue Mozart   Sam 8 Nov 2008 - 16:40

Il semble que Victor a echappe a la guillotine... Il figure parmi les CAM mais Anatole ne le compte pas parmi ses amis intimes dans son carnet d'addresses.
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MessageSujet: Re: Victor Cras - Le crime de la rue Mozart   Sam 8 Nov 2008 - 18:10

J'ouvre une parenthèse avec ce message qui prête à sourire, et j'espère que Sylvain ne m'en voudra pas. Surprised

Monsieur Victor, pendant son incarcération, a écrit un livre (il en avait le temps), très curieux, mais malheureusement épuisé et très difficile à trouver. Le voici : (Messieurs et mesdames les modérateurs, ne me flanquez pas à la porte pour cette facétie, ce sera la seule, je le promets) Twisted Evil

sunny
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MessageSujet: Ouvrage médical...   Mar 11 Nov 2008 - 17:10

Mon cher Mercattore !
L'Administrateur et mes consoeur/confrère modérateurs n'ayant pas sévi, ce n'est pas moi qui le ferai, car j'ai le plus grand respect pour votre auguste personne Smile !
Par contre, vous conviendrez avec moi qu'une cellule de CAM n'est peut-être pas l'endroit idéal pour faire de l'anatomie, surtout sans possibilité de dissection affraid , sur cet organe particulier à géométrie variable, en plus ... pig Etudier la vascularisation de cet appendice sans le taillader me paraît relever de l'utopie...
Tout s'éclaire si, comme notre savant confrère Niavlys le suppose dans son post sur les grâces présidentielles, le dénommé Victor GRAS s'appelait en réalité Victor CRAS . Vous auriez alors été victime d'une quasi-homophonie Cool
Suggère constitution d'un groupe de travail...
Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Victor Cras - Le crime de la rue Mozart   Mar 11 Nov 2008 - 18:05

Bonsoir, Pierrepoint, sunny

Je suis très sensible à la mansuétude de Mesdames et Messieurs les modérateurs.
flower
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Adelayde
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MessageSujet: Le crime de la rue Mozart - Victor Cras   Mer 17 Aoû 2011 - 15:31


Victor Cras, l’assassin de la rue Mozart



L'assassin de la parfumeuse

Le jeune Victor Gras, l'assassin de Mme Berciaud, la parfumeuse d'Auteuil, a été confronté avant-hier soir avec Mme Blanquet, sa tante, M. Berciaud, mari de la victime et M. Voile, son ancien patron. Il a conservé une attitude indifférente. Il se fie sur la quasi immunité que lui donne son âge et ne paraît pas se rendre compte de l'horreur de son crime.
- Je ne voulais pas la tuer, répète-t-il, c'est le hasard qui m'y a forcé !
Il a eu la même attitude devant M. Molinié, juge d'instruction.

Victor Cras est enfant naturel. Sa mère, était batelière à Saint-Siméon. Elle est morte tuberculeuse à Paris, en 1903. Mme Blanquet, sœur de la défunte, recueillit l'enfant et se chargea de l'élever. Mais Victor était fainéant. Il alla en classe jusqu'à treize ans, et y travailla peu. Placé chez un horloger rue Saint-Martin, il fut congédié au bout d'un an. Il fut ensuite mis chez un commerçant, dans une maison de pneumatiques et enfin chez M. Volle. Partout on dut le renvoyer pour son peu de zèle.
Victor Cras sera défendu par M° Benoit Stein.

Le Figaro, n° 23 du 23 janvier 1913

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Le crime de l'avenue Mozart

Le docteur Paul, médecin légiste, a procédé, hier, à la morgue, à l'autopsie du corps de Mme Berciaud. Le praticien a constaté que la victime de Victor Cras avait reçu à la gorge un coup de couteau qui lui sectionna le larynx, provoquant une mort foudroyante. Le praticien a établi, en outre, que Cras avait tout d'abord tenté d'étrangler la parfumeuse.

Le Petit Parisien, n° 13 236 du 24 janvier 1913

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L'assassin de la parfumeuse sera jugé aujourd'hui

La cour d'assises de la Seine jugera aujourd'hui Victor Cras, ce petit misérable qui, au mois de janvier dernier, n'hésita pas, pour se procurer quelque argent, à assassiner une parfumeuse de la rue Mozart, Mme Berciaud.
Le jeune accusé aura pour défenseur M° Lucien Doublet.

Le Petit Parisien, n° 13 360 du 28 mai 1913

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L’assassin de la parfumeuse, Victor Gras, condamné à mort

Victor Cras, le jeune assassin de Mme Berciaud, parfumeuse, rue Mozart, dont nous annoncions, hier, la comparution devant la cour d'assises de la Seine, est un garçon de petite taille, très robuste pour son âge.
Il est imberbe mais a le crâne recouvert par une épaisse chevelure. Sa face est large, ses traits sont épais et son regard ne reflète pas la franchise. Il ne parait pas impressionné par l'appareil de la justice.



M. le conseiller Puget, qui préside les débats, procède à son interrogatoire.
Tout d'abord, il fait remarquer aux jurés que Cras, qui a aujourd'hui dix-huit ans révolus, n'avait que dix-sept ans et onze mois quand fut accompli le crime horrible qui lui est reproché.
Je serai donc, en vertu de la loi obligé, dit-il, de poser la question de discernement.

L'interrogatoire
Le jeune accusé a déjà subi une condamnation à six mois de prison pour vol. Il était également, au moment du crime, l'objet d’une nouvelle information judiciaire.
Le président. - Vous êtes donc un voleur de profession ?
- Mais oui ! répond tranquillement Cras, dont le but est surtout de faire croire qu'il n'est pas un assassin.
Il va renouveler le système de défense qu'il a imaginé depuis son incarcération, et qui consiste à laisser croire que l’auteur du forfait serait un anarchiste du nom de Besnard.
Victor Cras reconnaît qu'à l'époque de l'assassinat il était sans travail ; il ne nie pas qu'il connaissait parfaitement le logement de Mme Berciaud et les habitudes de cette dernière et enfin s'être présenté par trois fois chez cette dame le 20 janvier.
D. - Qu'y veniez-vous faire ?
R. - Je venais voir si le chien était là.
Mme Berciaud gardait en effet, chaque jour, la chienne de son beau-frère, M. Volle.
D. - La victime avait peur de vous. Elle avait même confié à une voisine les craintes qu'elle concevait à votre égard.
Victor Cras ne répond rien.
M. Puget, poursuivant, rappelle dans quelles circonstances le crime fut découvert le 21 janvier. Le récit impressionnant qu'il en fait ne cause pas la plus légère émotion à l'accusé. Il cite la narration faite par Gras lui-même après le forfait à plusieurs amis auxquels il avait fait l'aveu de sa culpabilité, disant : « C'est moi qui ai fait la bêtise. »
Le président fait observer à Cras que les détails qu'il donna sur-la façon dont il s'y était pris pour tuer Mme Berciaud étaient en parfaite concordance avec les constatations faites plus tard, tant par les médecins que par les magistrats enquêteurs.
D. - Comment, alors, puisque vous prétendez aujourd'hui que Besnard est le vrai coupable, connaissiez-vous ces détails ?
R. - Besnard m’avait expliqué ce qui s'était passé.
D. - Alors, quand vous avez avoué devant le juge d'instruction vous ne disiez pas la vérité ?
R. – Non ! Tout ce que je disais était faux.
Et Victor Cras soutient cette version véritablement inadmissible : Mme Berciaud était détenteur d'un plan et de trois lettres susceptibles de compromettre les membres de la bande d'anarchistes dont Besnard faisait partie.
Ce serait pour reprendre ces papiers que Besnard aurait décidé de l'assassiner. Et Cras, auquel il se serait adressé pour accomplir cette sinistre besogne, l'aurait guidé dans l'exécution de son projet, se bornant, pour sa part, à voler.
M. Puget fait ressortir ce qu'il y a d'absurde dans ce système de défense :
Vous êtes un garçon intelligent, pourtant. Comment voulez-vous que nous puissions admettre que vous ayez accepté la responsabilité d'un assassinat que vous n'avez pas commis et qui peut vous conduire à l'échafaud ?
J'ai avoué afin de donner le temps à Besnard de s'enfuir. Je n'ai pas réfléchi aux risques que je pouvais encourir.
M. Puget insiste sur ce point que, quelques démarches qui aient été faites, on n'a pu retrouver la trace de Besnard, être évidemment imaginaire et inventé par Gras pour les besoins de sa cause. Puis, il passe à l'audition des témoins.

La déposition du mari
Nous ne retiendrons que la déposition du mari de la victime, M. Berciaud, qui, dans sa légitime indignation, traite Cras de canaille et d'assassin. Si l'huissier ne s'interposait, il franchirait la balustrade qui le sépare de l'accusé pour châtier celui-ci comme il le mérite.
M. Mornard, avocat général, prend ensuite la parole et réclame contre le jeune criminel la peine capitale.

Le verdict
Malgré l'habile défense présentée par M° Émile Doublet, Victor Cras, reconnu coupable sans admission de circonstances atténuantes et déclaré ayant agi avec discernement, a été condamné à la peine de mort.
II a accueilli sans mot dire la terrible sentence.

Le Petit parisien, n° 13 361 du 29 mai 1913

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Le pourvoi de Victor Cras

Victor Cras, ce jeune gamin de dix-huit ans, condamné à mort mercredi dernier, par la cour d’assises de la Seine pour avoir assassiné Mme Berciaud, parfumeuse avenue Mozart, vient de signer son pourvoi en cassation contre cet arrêt.

Le Petit Parisien, n° 13 364 du 1er juin 1913

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Rejet du pourvoi de Cras

La chambre criminelle de la cour de cassation a rejeté, hier, le pourvoi formé par Victor Cras contre l’arrêt de la cour d’assises qui, le 28 mai, l’avait condamné à la peine de mort pour assassinat.
Cras est ce jeune garçon qui, pour la voler, avait égorgé Mme Berciaud, la parfumeuse de l’avenue Mozart.

Le Petit Parisien, n° 13 390 du 27 juin 1913

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Cras, l'assassin de la parfumeuse, ne sera pas exécuté

Le Président de la République vient de commuer la peine de mort prononcée par la cour d'assises de la Seine contre Victor Cras, l'assassin de la parfumeuse de Passy, en celle des travaux forcés à perpétuité.
Le 21 janvier dernier, on ne l'a pas oublié, Victor Cras, âgé seulement de dix-huit ans, assassinait, 86 rue Mozart, Mme Berciaud, une jeune femme qui tenait là une parfumerie. Le misérable, qui avait prémédité son crime, surprit la commerçante dans sa cuisine, au moment où elle se chaussait, s'apprêtant à sortir. Il la tua de plusieurs coups de couteau, puis cambriola le tiroir-caisse qui contenait 50 francs.
Le bandit fut arrêté, dans l'après-midi même du 21 janvier, au Vélodrome d'Hiver, où il patinait…
Traduit devant la cour d'assises de la Seine, Cras comparut le 28 mai dernier et, malgré la plaidoirie de M° Émile Doublet, fut condamné à mort, sur un sévère réquisitoire de M. l'avocat général Mornard.
Déjà, depuis deux jours, Victor Cras se doutait qu'il allait bénéficier de la clémence présidentielle, car on l'avait transféré à la prison de Fresnes, où il attendra son départ pour l'Île-de-Ré. Son avocat est allé, hier, officiellement lui annoncer la mesure de faveur dont il est l'objet. Le jeune misérable a accueilli la nouvelle avec la joie que l'on pense et a chaleureusement remercié M° Émile Doublet.

Le Petit Parisien, n° 13 409 du 16 juillet 1913
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