La Veuve

Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Fernand Yveton - 1957

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Fernand Yveton - 1957   Sam 2 Juil 2011 - 23:29

un client de meyssonnier & co éxécuté à la prison de barberousse






la fameuse prison de barberouse






Dernière édition par Le Photographe le Sam 16 Juil 2011 - 21:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5716
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: fernand yveton éxécuté en algérie   Dim 3 Juil 2011 - 15:01

Fernand Yveton n'avait pas de sang sur les mains et il a pourtant été exécuté. Je ne connais pas son histoire, il faut que je me documente.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adelayde
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 5716
Localisation : Pays d'Arles
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Fernand Yveton exécuté en algérie   Dim 3 Juil 2011 - 16:15

Qui se souvient de Fernand Iveton, ouvrier, communiste, rallié au FLN, guillotiné à Alger, en 1957. Et qui se souvient du nom de celui qui était alors ministre de la Justice ? L'affaire Iveton, un silence français.

Par Jean-Luc EINAUDI, historien

Une vieille dame est morte, le dimanche 10 mai 1998, à Arcueil. Selon ses volontés, elle a emporté avec elle, dans la tombe, le portrait de l'homme qui fut l'amour de sa vie. Elle s'appelait Hélène Iveton.

Son mari, Fernand Iveton, fut guillotiné à Alger, dans la cour de la prison Barberousse, le 11 février 1957. Qui se souvient de Fernand Iveton ? Le ministre de la Justice s'appelait alors François Mitterrand.

Ouvrier, communiste, se considérant comme algérien, Fernand Iveton avait rallié le FLN, alors que la guerre faisait rage en Algérie. En novembre 1956, il avait décidé de procéder au sabotage d'un tuyau dans l'usine à gaz où il travaillait, au moyen d'une bombe. Des précautions avaient été prises pour que l'explosion n'occasionne pas de victime mais uniquement des dégâts matériels. Arrêté le 14 novembre 1956, avant même qu'il ait pu installer la bombe, il fut d'abord torturé par des policiers, comme cela était alors la règle: décharges électriques sur le corps, supplice de l'eau.

En exécution des pouvoirs spéciaux votés par l'Assemblée nationale, en mars 1956, à la demande du président du Conseil, le socialiste Guy Mollet, et des décrets d'application qui suivirent, il comparut dix jours plus tard devant un tribunal militaire présidé par un magistrat volontaire. Il n'y eut aucune instruction préalable à l'affaire. Deux jours avant le procès, deux avocats furent commis d'office. La direction du Parti communiste français ayant d'abord interdit à l'avocat communiste Gaston Amblard de défendre Iveton, celui-ci fut abandonné à cette parodie de justice.

Condamné à mort par le tribunal militaire d'Alger, son recours en grâce, plaidé notamment par l'avocat communiste Joé Nordmann, fut rejeté par le président de la République d'alors, René Coty. Celui-ci se contenta de raconter aux avocats l'anecdote suivante: en 1917, alors qu'il était jeune officier, il avait vu fusiller deux jeunes soldats français. Alors que l'un d'eux était conduit au poteau d'exécution, le général lui avait dit: « Toi aussi, mon petit, tu meurs pour la France. »

Fernand Iveton devait être guillotiné pour l'exemple. Il mourut en criant « Vive l'Algérie ! », en compagnie de Mohamed Ouenouri et de Mohamed Lakhnèche. Avant d'être exécutés, les trois hommes s'embrassèrent.

J'ai écrit un livre, paru en 1986, sur cette affaire. François Mitterrand, président de la République, n'avait pas donné suite à ma demande d'entrevue (1). Le dossier de recours en grâce, m'avait-on dit, avait disparu des archives du ministère de la Justice.

Le 24 mars 1994, trois journalistes furent reçus par le président de la République. En 1956, en tant que ministre de la Justice, il était vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, qui examinait les recours en grâce et procédait à un vote. Comme ils lui demandaient: « Qu'avez-vous voté sur le dossier Iveton ? », François Mitterrand leur avait répondu: « Je ne peux pas vous le dire (2). »

Or, comme beaucoup d'éléments me l'avaient déjà fortement laissé supposer, François Mitterrand avait voté la mort de Fernand Iveton. C'est ce que Jean-Claude Périer, secrétaire du CSM de 1956 à 1959, révéla aux trois journalistes.

En 1965, François Mitterrand devenait candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Le silence s'étendait sur son action durant la guerre d'Algérie, comme ministre de l'Intérieur d'abord, puis comme ministre de la Justice.

Cette histoire-là reste à écrire.

(1) Pour l'exemple (l'affaire Fernand Iveton), préface de Pierre Vidal-Naquet, l'Harmattan, 1986.

(2) La Main droite de Dieu, Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Perez, le Seuil, 1994.

http://www.liberation.fr/tribune/0101249350-qui-se-souvient-de-fernand-iveton-ouvrier-communiste-rallie-au-fln-guillotine-a-alger-en-1957-et-qui-se-souvient-du-nom-de-celui-qui-etait-alors-ministre-de-la-justice-l-affaire-iveton-un-silence-fran
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Filomatic
Monsieur de Paris
avatar

Nombre de messages : 695
Age : 58
Localisation : 102 Dijon-Longvic
Emploi : Spécialiste Cascadeur.
Date d'inscription : 06/07/2012

MessageSujet: Re: Fernand Yveton - 1957   Ven 7 Déc 2018 - 4:44


Le malheur Fernand Iveton

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
mitchou34
Exécuteur cantonal


Nombre de messages : 176
Age : 63
Date d'inscription : 14/12/2013

MessageSujet: Re: Fernand Yveton - 1957   Ven 7 Déc 2018 - 15:50

Malheureux,certes oui d'avoir fini de manière si tragique.Il n’empêche,et d'aucuns s'offusqueront sans doute,je le considère comme un parfait traitre à sa patrie.L'idéologie n'excuse pas tout,l'idéologie ne permet pas tout.Pour moi,et même s'il a démontré un réel courage jusqu'à l'ultime instant,il ne peut être regardé comme un héros.
Remarquez,il ne faut plus s'étonner de rien,puisqu'il y a peu,un brillant mathématicien français,communiste aussi, dont je tairais le nom,coupable  d'avoir intriguer avec l'ennemi pendant la guerre d’Algérie,a été honoré publiquement par l'actuel Président de la République.Tout fout le camp.....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fernand Yveton - 1957   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fernand Yveton - 1957
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fernand Yveton - 1957
» Video de Fernand Meyssonnier
» Fernand Viou - 1851
» Guenzet commemore...la greve du 4 fevrier 1957
» Photos - Guillotine de Fernand Meyssonnier

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Veuve :: LES CONDAMNÉS À MORT :: Les carnets du bagne et d'outremer-
Sauter vers: