La Veuve

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 Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885

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Adelayde
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MessageSujet: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Lun 16 Mai 2011 - 19:07

Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu

Les faits

Déjà acquitté par les assises dans une affaire de meurtre sur un garde-chasse en 1878. Le 21 janvier 1885, tue Adérit Delahache et sa mère, ainsi que la servante Célestine Beauvallet, avec l'aide de son complice Aimé Arnoult, condamné à perpétuité.
Condamné à mort le 17 mai 1885, exécuté le 2 juillet 1885 à Troyes.

Source : « Guillotine », l’excellent site de Sylvain Larue (Nemo)
http://guillotine.voila.net/Palmares1871_1977.html

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Le Crime de La Gloire Dieu

La Gloire Dieu, c'était et c'est encore une ferme auboise, située non loin de Courteron en direction de Mussy. On y accède par un chemin qui quitte la nationale 71 et franchit la Seine par un pont aujourd'hui métallique. On peut apercevoir les bâtiments depuis la route.
Les premiers occupants connus de ce lieu furent les moines Trinitaires vers 1230. C'est en 1791 q'un fermier du nom de Lucron vint s'installer sur les 41 hectares du domaine.

Le crime, ou, plus exactement, les crimes, c'est l'assassinat de trois personnes. Pourquoi, moi, Jean-Jacques Gublin, me suis-je intéressé à cette affaire ? La famille Delahache, victime principale de ce crime est originaire de Loches sur Ources, plus précisément était propriétaire de la maison où je vis actuellement et où je suis né.
Monsieur Adérit Delahache, une des victimes y est né aussi en mai 1836, près de cent ans avant moi. Mon arrière grand-père, Henri Gublin, que j'ai bien connu, a acheté cette maison en 1920 des mains d'un notaire d'Essoyes.
Un peu de généalogie en passant :
Adérit Delahache était le fils de Nicolas Delahache 1800 - 1867 et de Jeanne Euphrasie Fortier Maire 1807 - 1885 (date du crime), tous deux originaires de Loches sur Ources. Ils s’y marièrent le 11 janvier 1825. Le grand père d'Adérit Delahache, Jacques Delahache, était déjà propriétaire à Loches avant 1790.

Parlons du "crime". Le soir du 21 janvier 1885, deux malfrats, on saura plus tard qu'il s'agissait de deux habitants d'Essoyes, Gagny et Arnoult, viennent rendre visite aux Delahache dans le but de les assassiner et de les voler. Ce qu'il feront et assassinent aussi la servante, Célestine Beauvallet qui a 23 ans, et solide femme dit-on.
C'est Isidore Dubreuil, berger à Courteron, qui découvre les victimes le matin du 22 janvier en apportant les journaux à Monsieur Delahache. Il s'enfuit et rencontre Monsieur Collin de Courteron qui passait sur la route. Ils reviennent ensemble et constatent l'horreur des crimes, puis font prévenir la gendarmerie de Mussy. Tout d'enchaîne alors. De Bar sur Seine arrivent le procureur de la République, le juge d'instruction, le lieutenant de gendarmerie, le docteur Carreau et... la foule des curieux.

Il y a des suspects, plusieurs. Ils sont surveillés et très vite, deux d'entre eux sont confondus. Les dépenses hors mesure des deux personnages seront déterminantes pour faire avouer Arnoult et son épouse. Mais Gagny niera absolument tout, même au pied de l'échafaud.
Les témoignages, l'enquête et plus tard les aveux d'Arnoult, permettent de retracer la chronologie et l'horreur de ces trois crimes.
Pour Adérit Delahache, c'est le crâne défoncé par une canne plombée que Gagny avait spécialement fabriquée. Pour Célestine Beauvallet, c'est l'étranglement-étouffement et pour la vieille mère d'Adérit, l'étouffement dans les draps de son lit, avec en plus une mise en scène naïve de blessures faites après le décès pour faire croire à un suicide suite à une tentative de viol ! Mais là commence peut-être la légende...

Les deux malfrats furent arrêtés avant la fin du mois de janvier. Gagny le fut à Lusigny.
Ils furent jugés et le 17 mai 1885 le verdict tombait :
Arnoult était condamné au bagne. Il mourut sur le bateau qui l'emmenait.
Gagny était condamné à la guillotine malgré ses dénégations, et la sanction fut appliquée le 2 juillet 1885 place de la Tour à Troyes.

Des énigmes demeurent...
Qu'est devenu le magot ? Si en dix jours nos deux compères ont dépensé beaucoup d'argent et payé beaucoup de dettes, il est resté quelque chose sur le montant du vol qui a été extrait du coffre de la Gloire Dieu et estimé à 150 000 francs en titres et en numéraires.
Cela correspond au prix de construction de l'église d'Essoyes nous dit Bernard Pharisien, historien et chercheur.
Première énigme qui engendre plusieurs légendes : Gagny a été vu (? !) acheter un saloir quelques jours avant le crime. Il y a donc enterré son magot, et cela dans le voisinage du Petit Clamart à Essoyes ! ! ! Légende pas morte parce que ces dernières années, des chercheurs s'y intéressaient encore !

Autre légende : Gagny avait de la famille qui voulait partir "aux Amériques". A-t-il financé ce projet ? Il n'en est pas moins vrai que le gouvernement a fait renforcer le contrôle des départs dans les ports en partance pour ces aventures.
Autre énigme : Celles de sang... On sait que Gagny et Arnoult ont préparé leur forfait pendant plusieurs mois, deux ou trois. Mais, dans l'année qui précéda le crime, il y eu deux assassinats inexpliqués de personnes sans fortune. On raconte dans les chaumières que Gagny aurait sollicité ces personnes, et, essuyant un refus, les aurait supprimées (témoins gênants)
Une chose est certaine, Gagny avait le même alibi à chaque fois, y compris pour le crime de La Gloire Dieu : il rentrait rapidement chez lui et jouait de la clarinette fenêtres ouvertes pour que le voisinage atteste de sa présence.

Avant de tourner la dernière page de ce récit, sachons que Arnoult avait 32 ans, originaire d'Essoyes, il ne s'était jamais fait remarquer par la gendarmerie.
Quant à Gagny, de son vrai nom Gagnier Joseph, il avait 54 ans et était né en 1831 à Saint-Mihiel en Meuse. Il avait déjà été inculpé dans l'assassinat d'un garde forestier au Haut-Chêne près de Lusigny.

Jean-Jacques GUBLIN

Sources : Journaux de l'époque : "Le Petit Troyen"
Ouvrages de Jean Daunay, historien, chercheur, écrivain (La complainte du crime de La Gloire Dieu, les écrits d'Alexandre Raguet)
Témoignages recueillis auprès de contemporains, en particulier celui de Marcel Cousin qui avait dix ans au moment du crime


http://www.amicale-genealogie.org/Histoires_temps-passe/Crime_de_la_GloireDieu.htm


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L'Exécution de Gagny à Troyes

Notre correspondant particulier à Troyes nous adresse la dépêche suivante :

Troyes, 1er juillet.
Gagny, l'auteur du triple assassinat commis à la ferme de la Gloire-Dieu, sera exécuté demain matin.
Son- pourvoi en cassation avait été rejeté il y a une quinzaine de jours.
M. Deibler, le bourreau, est arrivé ce matin à six heures à Troyes avec les bois de justice.
L'exécution aura lieu sur la place de la Tour, derrière la prison.

Le Petit Parisien, n° 3 170 du 3 juillet 1885


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L’exécution de Gagny

Troyes, 2 juillet.
Ce matin a eu lieu l'exécution de Gagny, l'un des assassins de la Gloire-Dieu.
On se rappelle ce crime, commis le 21 janvier dernier : Gagny, aidé du nommé Arnoult, tua à coups de couteau M. Delahache et Célestine Beauvallet, sa servante, puis étrangla Mme Delahache mère.
Le 16 mai, la Cour d'assises de l'Aube condamna Gagny à la peine de morte et Arnoult aux travaux forcés à perpétuité.

Gagny dormait quand le gardien-chef de la prison est entré dans sa cellule.
Il a été réveillé.
- Gagny, lui a dit le gardien-chef, votre pourvoi en cassation a été rejeté et votre recours en grâce n'a pas été accueilli : tout est fini pour vous.
Le condamné s'est alors levé tranquillement.
M. Bondoux, juge d'instruction, lui a demandé s'il avait des révélations à faire, car Gagny avait toujours nié sa participation au triple crime.
Je ne suis pas allé à la Gloire-Dieu, a répondu sèchement le condamné, et je n'ai ni tué ni volé.
Il est resté impassible jusqu'au dernier moment.

L'échafaud était dressé sur la place de la Tour, derrière la prison.
Une foule considérable l'entourait.
Gagny est descendu de la voiture qui l'a amené sur le lieu de l'exécution soutenu par les aides du bourreau. Il a jeté un regard vers l'horrible machine. A ce moment, il était livide.
Le bourreau l'a poussé sur la bascule, le couperet s'est abaissé comme un éclair et la tête est tombée.

Pour la première fois, le corps du supplicié, au lieu d'être conduit d'abord au cimetière, a été directement dirigé sur l'Hôpital, où des expériences ont été faites immédiatement.
On sait que ces expériences ont pour but de rechercher si la sensation de la vie se prolonge chez l'homme après la décapitation.
Après les expériences, le corps de Gagny a été inhumé dans la partie du cimetière réservée aux suppliciés.
Ajoutons qu'outre Gagny, il y avait à la prison de Troyes deux condamnés à mort. L'un, le nommé Billioux, a assassiné un soldat du 37e régiment de ligne ; l'autre, le nommé Bonardi, a assassiné une personne qu'il avait prise par erreur pour un de ses ennemis. Ces deux condamnés ont reçu hier lecture de la décision du Président de la République commuant la peine capitale prononcée contre eux en celle des travaux forcés à perpétuité.

Le Petit Parisien, n° 3 171 du 4 juillet 1885
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Jeu 11 Oct 2012 - 13:54


La fin de vie d'Arnoux

Relevé dans "Histoires abominables" de Pierre Larousse (p. 282) :

(à l'énoncé du verdict) Arnoux, condamné aux travaux forcés à perpétuité, se mit à pleurer et remercier le jury ; Gagny, condamné à mort, resta impassible et goguenard, comme durant tout le temps des débats. Il fut exécuté sans s'être départi un seul moment de son système de défense. Arnoux mourut quelques mois plus tard, sur le navire qui le transportait à la Nouvelle-Calédonie.

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MessageSujet: quelques infos   Dim 24 Aoû 2014 - 11:16

Bonjour à tous,

J'aimerais apporter quelques précisions sur cette affaire car j'ai travaillé sur les archives des crimes dans le cadre d'un livre.
Gagny est bien le cerveau de ce triple assassinat et son principal exécutant. En effet il a lui-même tué les trois personnes, sans doute aidé pour la servante Célestine Beauvallet par son complice Arnould. Ce dernier, considéré comme une force de la nature était destiné à ouvrir le coffre, ce qu'il a fait non sans difficulté.
Gagny a bien été exécuté le 2 juillet 1885 à l'aube sur la place de la Tour à Troyes, sans avoir jamais avoué ses crimes. Arnould, contrairement à ce que la presse a affirmé, n'est pas du tout mort pendant la traversée qui devait le mener au bagne de Nouvelle-Calédonie, car en interrogeant les archives d'Outre-mer à Aix en Provence, j'ai retrouvé la trace de son dossier : il est mort à l'île Nou le 28 août 1898 soit 13 ans après sa condamnation !!

Pour en savoir plus : Dominique Fey et Lydie Herbelot, Crimes et châtiments dans l'Aube, ed Guéniot,2008.
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Adelayde
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Dim 24 Aoû 2014 - 13:38

Bonjour Feydo, bienvenue parmi nous et merci pour cette importante précision   queen

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vincent050
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MessageSujet: le crime de la gloire dieu, suite    Mer 18 Oct 2017 - 16:30

Je suis arrivé un peu par hasard sur votre site qui traite des criminels guillotinés.
Mon attention au départ était de creuser le sujet du Crime de la gloire Dieu survenu à Courteron (Aube) le 21/01/1885.
Pourquoi m'intéresser à un fait divers aussi sordide, plutot banal et oublié de tous au 21ème siècle ?

Parce que je suis historien du cinéma (période classique) et Jean Renoir, artiste démiurge et miroir du 20ème siècle, est un de mes cinéastes préférés.
Il se trouve que Jean Renoir, originaire d'Essoyes (Aube) proche de Courteron, fut hanté durant son enfance (et même toute sa vie) par ce crime de la gloire dieu au point qu'il projeta d'en faire un film vers 1935 juste après : le Crime de monsieur Lange mais les producteurs ne le suivirent pas dans ce projet trop noir et voulaient financer un tout autre sujet.

Cependant, Jean Renoir n'abandonna jamais ce projet car l'épisode qui fit couler beaucoup d’encre et encore plus de salive, alimenta les peurs et les fantasmes. Le cinéaste n’en fit qu’un roman, le crime de l’anglais transposé en Bourgogne chez un vigneron (paru en 1979) qui n'eut aucun succès mais il a laissé une ébauche de scénario de 40 pp qui se trouve à l'UCLA (Los Angeles ) dans les fonds d'archives du cinéaste (non exploité)...
Cependant, plusieurs écrivains ont relaté ce crime de Courteron , dans les années 1950, une bande dessinée verticale fut publiée en plusieurs épisodes dans le quotidien France-Soir, une complainte interprétée par les chanteurs de rue fut reprise lors des veillées au cours desquelles les anciens transmettaient l’histoire aux générations suivante.

J'ai lu avec attention le récit que vous faites de cette singulière histoire : un crime crapuleux, sordide, avec pour mobile un magot de 150 000 fr qui aurait ensuite disparu, suscitant la convoitise et même une chasse au trésor dans les environs du lieu, bien des années après le drame ?

Cela ferait un très bon film pour explorer la conscience humaine des français de 1885 (les villageois, leur rapport à l'argent, à la terre, les mécanismes de la Justice, l'enquête policière etc ) mais pour se lancer dans l'écriture d'un scénario qui serait un peu l'adaptation de ce fait divers conservé dans les annales judiciaires, il faudrait instaurer progressivement un conflit :
Les gens vont au cinéma pour "le plaisir d’assister à des conflits entre différents personnages". Cela pimente leur vie, fait monter leur adrénaline. Aristote appelait ça la Catharsis.
Si un scénario de film est sans conflits alors le film qui en résultera sera fade et n'aura peu ou pas de succès en salle. Créer des conflits qui poussent le téléspectateur à être choqué, horrifié, amusé, énervé et tout au moins curieux. Il doit pouvoir s'identifier au héros, c’est cela qui lui donnera l’envie d'aller voir un film.

Écrire un scénario de film dramatique sans faire monter les enjeux dans le climax, c’est tuer l’envie d’en découvrir la fin. Le climax est le moment où l’intensité dramatique est à son comble.
Un climax qui ne fait pas monter fortement l’adrénaline, c’est souvent un climax où l’antagoniste ne surpasse pas le héros ou n’est pas tout au moins à sa hauteur ou alors, c’est un climax où l’antagoniste, plus faible que le héros n’est pas aidé par des situations critiques pour ce dernier ou des personnes qui cherchent- tout autant que l’antagoniste – à détruire le dit héros.
Un climax puissant viendra souvent du fait qu’il y a une accumulation d'évènements, de ressources en faveur de l’antagoniste (les deux comparses assassins en l’occurrence) contre le héros sans compter les alliés à l’antagoniste.
En fait, la clé, c’est que le téléspectateur ait peur pour le héros, peur qu’il n’y parvienne pas, peur qu’il perde le combat ultime, peur qu’il perde l’être qui lui est cher, etc.
Or dans ce drame, les 3 victimes meurent rapidement et on éprouve aucune empathie pour leurs deux meurtriers...

Bertrand Tavernier l'avait bien compris lorsqu'il réalisa en 1975 le Juge et l'assassin inspiré de faits judiciaires réels : la cavale sanguinaire de Joseph Vacher qui tua au moins une vingtaine de personnes à la fin du 19ème siècle à travers un itinéraire géographique rural précis. Ce film magistralement interprété par le tandem Galabru et Noiret tient en haleine car il mêle suspense, comédie noire et enquête, il fait en même temps référence au traitement de l'aliénation mentale à l'époque : le film se situe exactement à cette époque où les neuropsychiatres français qualifiaient les vagabonds d'« aliénés migrateurs » atteints de dromomanie (...)

Bref, pour en revenir au Crime de la gloire Dieu, il y a un vrai sujet avec du pathos, un crime prémédité, mais que sait-on vraiment de la vie de ce village de Courteron en 1885 ? Un mémoire universitaire a-t-il vu le jour ?
Comment s'est déroulée dans le détail l'enquête qui fut rapidement menée dans la mesure où les coupables ont été vite identifiés ? et par corollaire, pourquoi ce fait divers a-t-il autant passionné les gens et perduré dans la mémoire collective durant 130 ans au point que son récit soit devenu transgénérationnel ?

il manque une dynamique originale dans cette histoire sordide pour accréditer son adaptation au cinéma :
Comment capter l'attention des téléspectateurs et maintenir leur intérêt durant 2 H pour une enquête policière d'un crime sordide de 1885 sous le prisme de la fiction ?

il faudrait y inclure/développer des thèmes adjacents : psychologie des gens de l'époque, vie collective du village, la cupidité (qui renvoie aux romans de Zola/Balzac/Barbey d'Aurevilly), rapports familiaux entre un terrien et sa mère âgée et souffrante, ou mise en abyme d’une justice ultra répressive, expéditive... qui n'a plus rien à voir avec la justice de 2017 etc

Je voulais avoir votre avis sur toutes ces questions et ce crime de la gloire dieu a-t-il fait l'objet d'une relation détaillée (type travaux universitaires) ou une publication ?

merçi à vous

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FEY
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MessageSujet: Crime de la gloire dieu   Mer 18 Oct 2017 - 19:01

Bonjour,

En effet, le crime de la Gloire-Dieu, du nom de la ferme dans laquelle s'est déroulé le drame, recèle tous les ingrédients d'un bon film : 3 assassinats sordides, un assassin sans pitié -sans doute récidiviste - et son complice, un mobile classique - l'argent - une enquête menée tambour battant et un dénouement qui ravit les assoiffés de justice : la mort pour l'assassin, le bagne à perpétuité pour son complice. La personnalité de Gagny est déjà un gage de réussite car il a tout de l'être sans pitié et sans scrupules. Son complice, Arnould, aussi fort physiquement que limité intellectuellement, est un parfait faire-valoir pour Gagny qui lui fait miroiter une fortune à la condition d'un petit "coup de main", au sens propre comme au figuré! Enfin, un mystère en ce qui concerne le butin, jamais retrouvé.
A la question de savoir s'il existe un travail sur ce sujet, la réponse est positive : j'ai dépouillé les archives de cette affaire aux archives départementales de l'Aube et coécrit un livre sur ce sujet avec ma conjointe. Notre livre s"appelle : Crimes et châtiments dans l'Aube et porte sur 4 affaires célèbres du département : l'assassinat du maire de Troyes Claude Huez en septembre 1789, l'exécution de Louise Fleuriot pour tentative d'incendie en 1818, l'exécution de Claude Gueux (popularisé par Victor Hugo) à la suite de l'assassinat du gardien-chef de la centrale de Clairvaux en 1831, enfin le crime de la Gloire-Dieu en 1885. Malheureusement il est épuisé (les 800 ont été vendus, ce qui prouve l'intérêt des gens pour ce type de littérature) mais se trouve à la médiathèque de Troyes en accès libre si vous êtes dans les parages.
A votre disposition pour d'autres renseignements si le temps me le permet car nous peaufinons actuellement un autre livre sur la maison centrale de Clairvaux pendant la guerre 1939-1945.
Bien cordialement
Dominique Fey
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vincent050
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Mer 18 Oct 2017 - 19:09

FEY a écrit:
  Bonjour,

  En effet, le crime de la Gloire-Dieu, du nom de la ferme dans laquelle s'est déroulé le drame, recèle tous les ingrédients d'un bon film : 3 assassinats sordides, un assassin sans pitié -sans doute récidiviste -  et son complice, un mobile classique - l'argent - une enquête menée tambour battant et un dénouement qui ravit les assoiffés de justice : la mort pour l'assassin, le bagne à perpétuité pour son complice. La personnalité de Gagny est déjà un gage de réussite car il a tout de l'être sans pitié et sans scrupules. Son complice, Arnould, aussi fort physiquement que limité intellectuellement, est un parfait faire-valoir pour Gagny qui lui fait miroiter une fortune à la condition d'un petit "coup de main", au sens propre comme au figuré! Enfin, un mystère en ce qui concerne le butin, jamais retrouvé.
 A la question de savoir s'il existe un travail sur ce sujet, la réponse est positive : j'ai dépouillé les archives de cette affaire aux archives départementales de l'Aube et coécrit un livre sur ce sujet avec ma conjointe. Notre livre s"appelle : Crimes et châtiments dans l'Aube et porte sur 4 affaires célèbres du département : l'assassinat du maire de Troyes Claude Huez en septembre 1789, l'exécution de Louise Fleuriot pour tentative d'incendie en 1818, l'exécution de Claude Gueux (popularisé par Victor Hugo) à la suite de l'assassinat du gardien-chef de la centrale de Clairvaux en 1831, enfin le crime de la Gloire-Dieu en 1885. Malheureusement il est épuisé (les 800 ont été vendus, ce qui prouve l'intérêt des gens pour ce type de littérature) mais se trouve à la médiathèque de Troyes en accès libre si vous êtes dans les parages.
 A votre disposition pour d'autres renseignements si le temps me le permet car  nous peaufinons actuellement un autre livre sur la maison centrale de Clairvaux pendant la guerre 1939-1945.
 Bien cordialement
 Dominique Fey

Merçi Dominique pour votre encourageante réponse sur cette affaire de Courteron.
Vous reste-t-il un exemplaire à me vendre svp ? je suis à Dijon et je ne peux pas me déplacer à la BM de Troyes
l'affaire Claude Gueux (romancée par VH) fut exploitée au cinéma en 2008 par Olivier Schatzky (dans la série l'ami Maupassant) avec Samuel le Bihan et Thomas Chabrol (superbe de réalisme et de noirceur)
En fait je recherche une histoire de crime du 19ème à adapter en scénario de film mais plutot machiavélique (style les diaboliques de Clouzot) ce qui est difficile à trouver dans les annales judiciaires où c'est plutot des crimes sordides, crapuleux qui abondent.
Néanmoins celui de Courteron (1885) est intéressant, il faudrait creuser le sujet et voir ce qu'on peut en tirer d'un point de vue filmique...
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FEY
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Mer 18 Oct 2017 - 19:34

Désolé il ne nous reste plus aucun exemplaire mais je vais essayer de retrouver la version Word du texte et si cela vous intéresse je vous l'envoie par mail car je ne sais pas si le site supporte des fichiers un peu lourd car il y a quelques docs (plan, archives..) annexés au texte.
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vincent050
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Mer 18 Oct 2017 - 19:49

FEY a écrit:
 Désolé il ne nous reste plus aucun exemplaire mais je vais essayer de retrouver la version Word du texte et si cela vous intéresse je vous l'envoie par mail car je ne sais pas si le site supporte des fichiers un peu lourd car il y a quelques docs (plan, archives..) annexés au texte.

"Les nouveaux membres ne sont pas autorisés à poster de liens externes ou des emails pendant 7 jours"


par conséquent, je vous donne mon mail ici :

vincentarenberg300 gmail.com

sinon, votre livre est dispo sur Price Minister (14 eur envoi inclus)
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FEY
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Mer 18 Oct 2017 - 19:52

C'est comme vous voulez ! Si vous souhaitez économiser 14 euros (je n'ai aucun intérêt dans l'affaire) je vous envoie la version word de l'affaire à l'adresse que je venez de me donner. Dites moi simplement ce que vous préférez.
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vincent050
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   Mer 18 Oct 2017 - 19:54

version Word, ira très bien
quoique je n'aurai pas la relation des 3 autres qui sont dans le livre et qui méritent le détour ...
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MessageSujet: Re: Joseph Gagnier, dit "Gagny" - L'assassin de la Gloire-Dieu - 1885   

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