La Veuve

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 Lavoix-Jardry dit "Julien", un dur à cuire - 1889

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rudim
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MessageSujet: Lavoix-Jardry dit "Julien", un dur à cuire - 1889   Lun 21 Mar 2011 - 17:52

La seule et unique fois que Louis Deibler se rend en Dordogne, il est déjà proche de sa retraite. C’est un homme de 67 ans qui vient s’occuper de l’exécution de Lavoix Jardry, dit Julien, un jeune homme de 21 ans.
Le bourreau, qui la veille de l’exécution avait vu Jardry par un judas, avait dit dédaigneusement : « Oh, celui-là c’est un paysan, il ne sera pas difficile à faire ».

Dès qu’on annonce à Jardry que la guillotine l’attend devant les portes de la prison en ce matin du 21 décembre 1889, il se contracte douloureusement et se met à pousser des cris déchirants. Ses sanglots sont de plus en plus violents. Il faut presque le porter jusqu’à la guillotine, il essaye de se rejeter en arrière au lieu d’avancer, tout en continuant à crier, malgré les deux verres de rhum qu’on lui avait fait boire.
Au moment où M. Deibler veut placer le cou court et énorme de Jardry dans l’échancrure avant d’abattre la partie supérieure de la lunette, celui-ci est pris d’un violent spasme qui l’a projeté en recul. Ses jambes, insuffisamment entravées, s’agitaient tandis que son cou, raidi en arrière par un effort surhumain, opposait une invincible résistance. C’est là la cause de la durée de l’exécution qui s’est prolongée une dizaine de secondes, plus de trois fois le temps qu’elles en prennent d’ordinaire.
Après que le couteau soit tombée, le bourreau cherche à pousser le corps dans le panier, mais celui-ci, retenu par un épais lambeau de peau et de muscles, entre le couteau et la partie interne de la lunette, ne cède que difficilement. Il faut, pour ainsi dire, le tirer, l’arracher de l’instrument de supplice qui paraît jaloux de sa proie.
M. Deibler a déclaré après que le « paysan » l’avait trompé et que peu de condamnés s’étaient montrés aussi réfractaires.

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MessageSujet: Re: Lavoix-Jardry dit "Julien", un dur à cuire - 1889   Lun 21 Mar 2011 - 18:51

Double crime, pour 560 francs, d'après le PALMARÈS...
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rudim
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MessageSujet: Re: Lavoix-Jardry dit "Julien", un dur à cuire - 1889   Lun 21 Mar 2011 - 20:23

2 morts en effet : un nommé Gaillard et sa servante sur la commune de Busserolles
par contre le montant exact ne fut jamais connu : Après avoir trouvé une bourse contenant 60 francs dans la chambre de la servante, il fracturait au moyen d’une hache le coffre de Gaillard et y dérobait plusieurs centaines de francs.
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Adelayde
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MessageSujet: Lavoix Jardry, un dur à cuire   Lun 21 Mar 2011 - 20:59


Les fraudes prouvées

Les cartes électorales fabriquées
Nous avons donné le résultat d'un procès devant la cour d'assises de la Dordogne, pour assassinat ; un nommé Lavoix-Jardry a été condamné à mort.
Savez-vous comment la justice a découvert le nom du meurtrier ? Par sa carte d'électeur trouvée sur le lieu du crime. Or, Lavoix-Jardry est né le 31 juillet 1868 ; comment a-t-il pu avoir une carte d'électeur lui appartenant le 18 août 1889 ?
Tout le monde sait que nul ne peut être électeur avant vingt et un ans révolus ; tout le monde sait encore que les listes électorales sont closes le 31 mars de chaque année, et que nul n'ayant atteint sa vingt et unième année au 31 mars, ne petit être porté sur les listes électorales de l'année courante.
Il y eut, aux dernières élections, bien des bandits armés de cartes électorales.

La Presse n°519 du 06/11/1889


Rejets de pourvois

La cour de cassation vient de rejeter les pourvois de
1- Laflèche, condamné à mort pour meurtre et viol, par la cour d'assises de la Somme, le 25 octobre dernier ;
2- Jardry et Lavoix, condamnés à mort pour assassinat et vol, le 29 octobre, par la cour d'assises de la Dordogne. - B.A.
NB : Je pense qu’il faut lire « Lavoix-Jardry » plutôt que « Jardry et Lavoix »

La Presse n°538 du 25/11/1889


Une exécution capitale

A Périgueux. - Jardry deux fois assassin.
Vive émotion dans la -ville. – L'exécution
La résistance du condamné.
( De notre correspondant particulier )

Périgueux, 21 décembre, 8 h. 48. Ce matin a eu lieu l'exécution de Jardry, auteur du double assassinat de Busseroles condamné à mort le 29 octobre dernier. On se souvient que ce garçon de ferme, âgé de vingt ans, avait assassiné pour voler, dans une maison isolée, un vieux propriétaire nommé Gaillard et sa servante quinquagénaire, Françoise Despla. Jardry avait déployé un tel acharnement sur cette dernière que, après avoir deux fois déchargé son arme, il lui avait labouré la figure à coups de crosse et avait cassé son fusil.
L'assassin avait compté sur son extrême jeunesse pour échapper à la peine capitale. Depuis sa condamnation, il vivait absolument tranquille, disant qu'il savait bien qu'il ne serait pas exécuté et demandant s'il serait autorisé à se marier à Nouméa ; il était plein de gaieté et jouait avec les gardiens sans l'ombre d’un remords. Ces jours derniers encore, il écrivait à son frère, lui demandait 10 francs et lui promettait de lui tenir compte ultérieurement dans le partage de la famille.

Arrivée du bourreau à Périgueux

Depuis quinze jours, la population périgourdine était surexcitée par l’attente de l'exécution. Chaque matin, plusieurs milliers de personnes, des femmes principalement, s’attroupaient sur les places où l’on pensait que devait avoir lieu le dernier supplice.
On apprit hier, en ville, l'arrivée de M. Deibler et, ce matin, à quatre heures, une foule énorme stationnait aux alentours de la prison. Une bonne partie de la garnison et douze brigades de gendarmerie établissait autour de la prison une chaîne compacte que franchissaient seulement quelques rares privilégiés.
Le service de la police avait été parfaitement organisé.

Les bois de justice

A quatre heures, les aides de M. Deibler montaient les bois de justice sur la place de la prison, et leur travail était fini à six heures un quart. La foule piétinait, impatiente, dans la boue ; de grandes clameurs retentissaient par moments ; quelques curieux perchés, malgré le froid, sur les toits fumaient, et la clarté de leurs cigares trouait de points lumineux la nuit noire.
A six heures et demie, les magistrats pénètrent dans la cellule du condamné. Jardry dort profondément. On le réveille; il saute à bas du lit et s'habille promptement, sans rien comprendre au document dont on lui donne lecture. Son avocat, M° Guillier, lui explique qu'il faut mourir. Aussitôt, Jardry commence à pousser de véritables hurlements, entrecoupés par des exclamations patoises, s’écriant : « Moi qui n'avais jamais fait de mal à personne ! » Puis, réaccusant son prétendu complice Boireau : « C'est ce coquin de Boireau qui m'a mis là ! Il a passé ensuite cinq minutes dans une salle spéciale avec l'aumônier, en est revenu ne tenant plus sur ses jambes, tellement affolé, qu'il a refusé de prendre un verre de rhum croyant qu'on voulait l'empoisonner. On a procédé ensuite à la toilette, non sans peine, car Jardry, très vigoureux, se débattait sana cesse.

L'exécution

Sept heures sonnent. Les magistrats apparaissent. Les gendarmes portent les armes faisant face au public, puis vient Jardry presque littéralement porté par les aides et hurlant, avec une telle violence, qu'on l'entend à trois cents mètres aux alentours. On ne peut rien imaginer de plus hideux que cette scène. La figure du condamne est gonflée et inerte, son corps plié, sa tête est rentrée dans les épaules. Dès que le patient aperçoit la guillotine dressée à huit pas devant la porte de la prison, il se rejette brusquement en arrière, et les aides sont forcés de le pousser de toutes leurs forces. Vainement l'aumônier tente de lui faire baiser le crucifix, Jardry continue à hurler lamentablement. Enfin, on le couche sur la bascule. Il se débat et recule la tête si énergiquement que Ies aides sont obligés de le prendre par les cheveux et de l'attirer fortement. Soudain le couperet tombe ; tout est fini.
Le docteur Montane, aide-médecin major du 50e de ligne, avait demandé le corps pour se livrer à des expériences ; il lui a été refusé parce que Périgueux n'a pas de Faculté de médecine.

La Presse n°566 du 23/12/1889

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rudim
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MessageSujet: Re: Lavoix-Jardry dit "Julien", un dur à cuire - 1889   Lun 21 Mar 2011 - 22:01

Adelayde a écrit:

[b][color=darkblue]Les fraudes prouvées

Les cartes électorales fabriquées
Nous avons donné le résultat d'un procès devant la cour d'assises de la Dordogne, pour assassinat ; un nommé Lavoix-Jardry a été condamné à mort.
Savez-vous comment la justice a découvert le nom du meurtrier ? Par sa carte d'électeur trouvée sur le lieu du crime. Or, Lavoix-Jardry est né le 31 juillet 1868 ; comment a-t-il pu avoir une carte d'électeur lui appartenant le 18 août 1889 ?
Tout le monde sait que nul ne peut être électeur avant vingt et un ans révolus ; tout le monde sait encore que les listes électorales sont closes le 31 mars de chaque année, et que nul n'ayant atteint sa vingt et unième année au 31 mars, ne petit être porté sur les listes électorales de l'année courante.
Il y eut, aux dernières élections, bien des bandits armés de cartes électorales.

La Presse n°519 du 06/11/1889

il n'y a pas eu de fraude, bien que certains journaux l'ont cru à l'époque.
la carte d'électeur trouvé sur place était au nom de Julien, qui n'était que le surnom de Lavoix-Jardry. Il avait dérobé la carte à son propriétaire légal et était allé voter en toute illégalité. La carte n'était donc pas à son nom, mais a effectivement permis de lui mettre la main dessus.
cette affaire de carte a fait polémique dans les deux journaux de la ville de Nontron à cette époque, l'un républicain, l'autre conservateur, dans des termes parfois violents.
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