La Veuve

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 Poètes, vos papiers

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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 12 Mai 2011 - 22:16


La fleur


Oh! La jolie fleur dans la vitrine!
Oui c'est un petit pavot blanc.
Je ne vous parle pas des petits pavots, je vous montre la fleur d'en bas, tachetée de clair et de sombre, veloutée, avec deux gouttes de rosée qui brillent, et de grandes étamines blanches pointues...
Tiens je me trompais, ce n'est pas une fleur, c'est un chat...

Chats de Paris

COLETTE




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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Dim 15 Mai 2011 - 21:40

« Au Nord, c’était les corons,
La terre, c’était le charbon,
Le ciel, c’était l’horizon,
Les hommes, des mineurs de fond »


Pierre Bachelet


MINEURS DE FOND

Ils creusent des sillons au ventre de la terre
Extirpant, des bas-fonds, l’or noir de la misère,
En guise d’éclairage à leurs fronts barbouillés,
Un lanterneau propage un rayon fatigué.

Dénudés à mi-corps, ruisselant de sueur,
Dans un lent corps à corps, apprivoisent la peur
Car la Mort qui les toise au détour d’un goulet,
Quand le grisou pavoise hochant son couperet.

Tel un vil mécréant sans cœur, ni état d’âme,
Les laisse agonisants dans une étreinte infâme !
Dans la poi qui les mine, le long de leur vie,
C’est au fond de la mine qu’ils gagnent leur vie,

Arrachant le limon, comme de noirs viscères,
Dégoulinant filon, le marc brun de la terre
Y puisant, sans arrêt, à grands coups de harpons,
Le poussier, le boulet, la houille et le charbon !

Je leur dédie ces mots que je grave en la pierre,
Ceux qui cachent leurs maux sous des lauriers sans gloire,
Car ils mourront, un jour, pour un pain de misère
Sans jamais contempler que des horizons noirs

ANTIGONE (extrait de "Le monde à ma fenêtre")


http://www.youtube.com/watch?v=jDjaxO0B6oQ
















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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Sam 21 Mai 2011 - 20:51

J'écris la beauté


Je contemple un coucher de soleil
Sur la toile pourpre enflammée

Sens et raisons s'ensommeillent
Je glisse vers la nuit éveillée

J'écoute les trompettes des rêves
Rompre le silence des étoiles

Vers un ciel éclairé je m'élève
Le mystère lentement dévoile

Chants de muses qui m'enrôlent
Et portent mon coeur aux nues

Ma plume glisse et s'affole
Guide des mondes inconnus

Puisse mon éveil être une folie
Je cherche le sens des réalités

Je le réinvente par une poésie
Univers sur un bout de papier


POLYMNIE, la muse de la poésie lyrique









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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Sam 21 Mai 2011 - 21:21

Carpe Diem


J'ai rêvé d'un doux vent d'été,
D'un morceau du jardin d'Eden...
Le bonheur en ce jour se plait,
A partager un instant zen...


On se trouve au café,au pré,
Pour le plaisir des temps sans peine.
Oublions les chagrins passés!
Embrassons les joies qui s'égrènent !


L'endroit ou l'on rit, à sa traine,
Vit l'enthousiasme et la gaieté.
Esclaffons-nous avec la veine,
Qu'est la minute à rigoler!


Prenez l'instant quoiqu'il advienne,
Dès qu'il s'agit de légèreté,
D'évasion, car c'est l'éolienne,
Du jour prochain à désirer.


Auteur inconnu







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Adelayde
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MessageSujet: Pour toi mon amour   Dim 29 Mai 2011 - 11:33


Pour toi mon amour


Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j'ai acheté des fleurs
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j'ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
Mon amour
Et je suis allé au marché aux esclaves
Et je t'ai cherchée
Mais je ne t'ai pas trouvée
Mon amour

Jacques Prévert - Paroles





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MessageSujet: Déjeuner du matin   Sam 11 Juin 2011 - 14:33

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder

Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré

Jacques Prévert - Paroles, 1945



Prévert, par Prévert

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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Sam 11 Juin 2011 - 15:24



L'ISOLEMENT.

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

ALPHONSE DE LAMARTINE (a julie charles)
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MessageSujet: Victor Hugo à Gentilly   Sam 11 Juin 2011 - 20:07

Poème inspiré à Victor Hugo par son séjour champêtre à Gentilly (aujourd'hui Val-de-Marne).

À G... Y.

Il est pour tout mortel, soit que, loin de l'envie,
Un astre aux rayons purs illumine sa vie ;
Soit qu'il suive à pas lents un cercle de douleurs,
Et, regrettant quelque ombre à son amour ravie,
Veille auprès de sa lampe, et répande des pleurs ;

Il est des jours de paix, d'ivresse et de mystère,
Où notre cœur savoure un charme involontaire,
Où l'air vibre, animé d'ineffables accords,
Comme si l'âme heureuse entendait de la terre
Le bruit vague et lointain de la cité des morts.

Souvent ici, domptant mes douleurs étouffées,
Mon bonheur s'éleva comme un château de fées,
Avec ses murs de nacre, aux mobiles couleurs,
Ses tours, ses portes d'or, ses pièges, ses trophées,
Et ses fruits merveilleux, et ses magiques fleurs.

Puis soudain tout fuyait : sur d'informes décombres
Tout à tour à mes yeux passaient de pâles ombres ;
D'un crêpe nébuleux le ciel était voilé ;
Et, de spectres en deuil peuplant ces déserts sombres,
Un tombeau dominait le palais écroulé.

Vallon ! j'ai bien souvent laissé dans ta prairie,
Comme une eau murmurante, errer ma rêverie ;
Je n'oublierai jamais ces fugitifs instants ;
Ton souvenir sera, dans mon âme attendrie,
Comme un son triste et doux qu'on écoute longtemps.


Victor Hugo. Nouvelles odes. 1823.
(Les troisième et cinquième strophe évoquent Gentilly).

En avril-mai 1822, Victor Hugo séjourna à Gentilly, pour être tout près de son amour, Adèle Foucher, qu'il allait épouser en octobre de la même année. Il logeait alors dans une tourelle dépendante d'une propriété dont la famille Foucher avait louée une partie pour l'été. Son logement était étroit, la tourelle ayant un diamètre de 2m50. Pendant ce séjour il rédigea là quelques pages de son œuvre.





Gentilly. Tourelle où logea Victor Hugo.

Source: Gallica.

En 1906, la tourelle fut redécouverte par Fernand Bournon (archiviste-paléographe) et l'on pouvait encore la sauvegarder, mais ni la commune de Gentilly, ni le département, ne se soucièrent d'entreprendre un commencement de rénovation.
En 1922, un rapport de M. Edgard Mareuse, de la Commission du vieux Paris, rapporte sa grande dégradation. Il est trop tard pour la sauver, ainsi que le reste de la propriété, et dans les années 30 l'ensemble est rasé (23 rue Charles Frérot).

La collection du Musée de l'Ile-de-France, à Sceaux (Hauts-de-Seine), mentionne que cette tourelle avait été construite par la Reine Blanche de Castille au XIIIème siècle, qu'elle reçut la visite de Henri II et de François 1er, et qu'elle fut habitée par Diane de Poitiers.
Selon la même source, les autres bâtiments de la propriété étaient datables des XVIème et XVIIème siècles et faisaient partie d'un ensemble appelé antérieurement le "Clos des Jésuites".
Il est consternant de constater que ces précieuse références historiques n'aient pas inciter les autorités compétentes à intervenir pendant qu'il en était encore temps, afin que cette propriété ne disparaisse pas entièrement.




Gentilly. Vue du site où séjourna Victor Hugo.
Dessin, vers 1829, du peintre et illustrateur Louis Boulanger, qui l'offrit au poète. On distingue la propriété et la tour où logea Hugo, à droite de l'église.
Les grands peupliers d'Italie signalent la présence de la "
BIÈVRE", rivière qui coulait jusqu'à Paris et se jetait dans la Seine.
(Source : Ministère de la culture - Direction des musées de France - Base Joconde.
Crédit photographique : Roger Violet)




1823 - Passage de la Bièvre derrière la Manufacture Royale des Gobelins, au Petit-Gentilly (aujourd'hui Manufacture nationale des Gobelins, rue Berbier-du-Mets, Paris XIIIème).
Source : Gallica (gouache anonyme).



Même endroit. Première décade du XXème siècle. La Bièvre a disparu (ruelle des Gobelins, devenue rue Berbier-du-Mets).
Source privée.

Autres parties de la propriété où logea Victor Hugo.
Source : Collection du Musée de l'Île-de-France, Sceaux.
(Fonds Charles Lansiaux).








Les derniers habitants de la propriété, gens pauvres de la commune.
Source : Gallica.



1926 - Fermé. L'incurie des hommes. « Y'a rien à voir ».
C'est bientôt la fin de la propriété où séjourna Victor Hugo.









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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 16 Juin 2011 - 11:18


L’ABEILLE

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n’ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu’un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle
Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,
Qu’un peu de moi même vermeille
Vienne à la chair ronde et rebelle !

J’ai grand besoin d’un prompt tourment :
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu’un supplice dormant !

Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d’or
Sans qui l’Amour meurt ou s’endort !

Paul VALERY
(1871 – 1945)







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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 16 Juin 2011 - 11:35


La salamandre


- " Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd
au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de
l'incendie ? "

Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les
paroles de la salamandre, ne répondait point, soit qu'il
dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût
fantaisie de bouder.

" Oh ! chante-moi ta chanson de chaque soir dans ta
logette de cendre et de suie, derrière la plaque de fer,
écussonnée de trois fleurs-de-lys héraldiques ! "

Mais le grillon ne répondait point encore, et la salamandre
éplorée, tantôt écoutait si ce n'était pas sa voix, tantôt
bourdonnait avec la flamme aux changeantes couleurs rose,
bleue, rouge, jaune, blanche et violette.

- " Il est mort, il est mort, le grillon mon ami ! " - Et
j'entendais comme des soupirs et des sanglots, tandis que
la flamme, livide maintenant, décroissait dans le foyer
attristé.

- " Il est mort ! Et puisqu'il est mort, je veux mourir ! "
- Les branches de sarment étaient consumées, la flamme se
traîna sur la braise en jetant son adieu à la crémaillère,
et la salamandre mourut d'inanition.


Aloysius BERTRAND
(1807-1841)








Photo prise lors de la visite d'une mine argentifère en Alsace (Cliché FGD)

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MessageSujet: Alicante   Sam 18 Juin 2011 - 21:33

Alicante

Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie

Jacques Prevert - Paroles


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MessageSujet: Georges Brassens, ses papiers !   Jeu 23 Juin 2011 - 16:19

Georges Brassens : le poète, le musicien, le chanteur - Ses papiers !



La carte d'identité




Le permis de conduire les automobiles


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MessageSujet: La Ballade des dames du temps jadis   Sam 25 Juin 2011 - 13:09

La Ballade des dames du temps jadis

Dictes moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Romaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

Où est la très sage Heloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Sainct-Denys ?
Pour son amour eut cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust jetté en ung sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit à voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
Harembourges, qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan !

Prince, n’enquerrez de sepmaine
Où elles sont, ne de cest an,
Qu’à ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’antan ?

François de Montcorbier dit Villon (1431-1463 ?), Le Grand Testament
1463 : date de sa disparition




Une poésie superbement mise en musique et chantée par Brassens

http://www.youtube.com/watch?v=87g34eZoAuQ


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MessageSujet: Union libre   Dim 3 Juil 2011 - 16:29


Union libre


Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

André Breton (1931)


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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 4 Juil 2011 - 11:13

Décidément Breton et moi ça passe pas Déjà avec le surréalisme, j'ai une relation de "je t'aime moi non plus", mais l'écriture de Breton, non.

Je trouve que ça pullule d'images hasardeuses et mécaniques, quelques trouvailles quand même, avec un résultat indigeste.

J'ai récemment lu Nadja et Le manifeste du surréalisme. Jamais vu une écriture aussi pédante, prétentieuse et pourtant médiocre. Breton avait l'air d'être un homme infect. Enfin chacun ses goûts. Au moins, il a réussi à faire émerger quelques talents.

Ce n'est pas contre vous Adelayde. D'ailleurs, habituellement, j'aime les textes que vous postez. Je lis chaque texte de ce sujet.
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 7 Juil 2011 - 21:27

Une chanson en rapport avec le thème de ce forum... Il s'agit d'un souvenir de centrale... pas sur que les paroles soient bonnes à 100% car le titre sous lequel je l'ai connu semble erroné; "Le costaud de la Butte".

Se baladant parmi la foule
A travers les rues de Paris
C'est l'heure où l'Apache à la coule
Les mains dans les poches sans bruit
S'en va faire sa ronde nocturne
On dirait un oiseau de proie
Il guette d'un air taciturne
Pour faire le coup du père François

Quand descend le soir
Le long des trottoirs
Dans la nuit brune
Frolant les passants
Le regard aguichant
La mome cherche fortune
Son type un costaud
Il tue s'il le faut
Pour une thune
Car jouer du couteau
c'est le fort des costauds
De la Butte.

Ayant passé par la centrale
L'Apache un bandit dangereux
Quitta un jour la capitale
Pour faire son service au Joyeux
Mais il est jalous de sa mome
Bravant les danger il s'enfuit
Sachant qu'elle a pris un autre homme
Il revient sur les pavés de Paris.

Il revient un soir
Le long des trottoirs
Dans la nuit brune
Il revoie Julie
Son coeur a bondi
D'son infortune
Sans lui dire un mot
D'un coup de couteau
Il tue sa brune
Car jouer du couteau
C'est le fort des costauds
De la Butte.

Là bas dans le jour qui s'achève
On voit se dresser l'échafaud
La-bas dans le jour qui se lève
On voit briller le sinistre couteau
L'Apache va payer de sa tête
Sa dernière heure vient de sonner
Pendant qu'on lui fait sa toilette
Un remords le fait frissonner

Il se revoit un soir
Le long des trottoirs
Dans la nuit brune.
Il revoit Julie
Et son coeur bondit
D'son infortune.
Il voit son papa sa maman
Pleurant leur enfant
Dans la nuit brune
Car mourrir sous l'couteau
C'est le sort de costauds
De la Butte.
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MessageSujet: En Arles   Sam 9 Juil 2011 - 21:08


Arles, mon pays de cœur, et les roses sont dans cette poésie.

En Arles...

Dans Arles, où sont les Aliscams,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c'est d'amour,
Au bord des tombes.

Paul-Jean TOULET (1867-1920)


Paul-Jean Toulet




Vincent van Gogh - Les Alyscamps


Arles - La nécropole des Alyscamps














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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Dim 10 Juil 2011 - 8:24




J'aime cette petite poésie de Paul Jean TOULET que je ne connaissais pas I love you Belles images sunny Merci Adelayde !
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MessageSujet: J'ai rendez-vous avec vous   Lun 18 Juil 2011 - 21:40

Cinq rendez-vous avec Georges Brassens dans l’émission de France inter « J’ai rendez-vous avec vous ». Est-ce que ces émissions sont téléchargeables ? Si oui, comment faire ?

http://www.franceinter.fr/archives-diffusions/78817/2011-07

Bonne écoute !



Pour ce premier numéro c'est Raymond Devos qui nous parle de l'écriture de son ami Georges Brassens
http://www.franceinter.fr/emission-feuilletons-radiophoniques-j-ai-rendez-vous-avec-vous-georges-brassens-episode-15

Continuons notre périple avec Victor Laville, un grand ami de Brassens qui nous parle du georges qu'il a connu. Nous découvrirons également le premier interprète de Georges Brassens, René Iskin, rencontré en Allemagne en 1942.
http://www.franceinter.fr/emission-feuilletons-radiophoniques-j-ai-rendez-vous-avec-vous-georges-brassens-episode-25

Pierre Onteniante, confident et secrétaire particulier de Georges et Jeanne Planche l'amie et l'hôtesse qui a accueilli Brassens pendant la guerre auraient-t-ils forgés la destiné de Brassens ?
http://www.franceinter.fr/emission-feuilletons-radiophoniques-j-ai-rendez-vous-avec-vous-georges-brassens-episode-35

C'est dans un petit cabaret que Brassens, poussé par un groupe d'ami, monte sur la scéne. La maitresse des lieux s'appelle "Patachou". Découvrons aujourd'hui comment cette femme à cru en cet homme étrange qu'est Brassens...
http://www.franceinter.fr/emission-feuilletons-radiophoniques-j-ai-rendez-vous-avec-vous-georges-brassens-episode-45

Retrouvons Pierre Nicolas, l'ami contrebassiste, le jazzman Didier Lockwood, Françoise Hardy, Michel Rivard et Joël Favreau qui a été l'accompagnateur à la guitare de Brassens aussi bien pour ses disques que pour les émissions TV ou radio.
http://www.franceinter.fr/emission-feuilletons-radiophoniques-j-ai-rendez-vous-avec-vous-georges-brassens-episode-55
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Adelayde
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MessageSujet: L'expo Brassens ou la Liberté   Dim 24 Juil 2011 - 14:46

Jusqu'au 21 août, à la Cité de la musique, une expo : "Brassens ou la Liberté".

http://www.cite-musique.fr/francais/musee/expo_temporaires.aspx

Les Franciliens ont beaucoup de chance !
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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mer 12 Oct 2011 - 8:05


Il était une feuille

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de coeur

Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de coeur

Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de coeur
Coeur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de coeur

Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.


Robert DESNOS



Forêt en automne







Source : Photo du club de marche


Gaëtane sunny Wink
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mer 12 Oct 2011 - 11:35

De la feuille avec ses lignes à la terre toute seule au travers du ciel... Un merveilleux chemin de vie. sunny

Merci Gaëtane I love you
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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Sam 15 Oct 2011 - 20:22

EMPREINTES D’AUTOMNE

Les douces caresses du vent
Frivole,
Sculptent des vaguelettes
Ephémères
Sur le flou d’une fontaine
Enurétique.

Dans ses reflets aqueux,
Le ciel peaufine son rasage.
Une mousse
De cumulo-nimbus grisonnants
S’effiloche
Dans l’azur pomponné.

L’astre solaire
Braque
Ses rayons tentaculaires
Comme des lignes de poursuites
Sur les feuilles en errance ;

Frêles faire-part jaunis,
Noircis
A l’encre indélébile
Qui fige les mémoires.

Une escouade
De vieux résineux pervers
Sécrètent une sève tardive
En matant l’effeuillage pudique
D’un frêle bouleau pubère.

Le rouge empourpre les fougères ;
Des reliefs de couleurs frémissent
Aux cimes de leurs hampes,
Des bribes d’impertinence
Dans le firmament de l’absence.


De François, poète et photographe du club de marche


Lac et refuge du Grand Neuweiher (830m d'altitude)

Photo prise le 11 octobre 2011










Dernière édition par Gaëtane le Jeu 3 Nov 2011 - 23:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 17 Oct 2011 - 19:10

Photo superbe, Gaëtane.

Hier, lors de mon footing dominical avec des copains la campagne était prise dans un épais brouillard et le soleil avait du mal à percer.

J'entendis un bruit de brûleur caractéristique de montgolfière, mais ne la voyais pas.

Tout à coup, elle sortit du brouillard et ce spectacle surréaliste d'une montgolfière au dessus de la brume et éclairée par le soleil nous parut magnifique. sunny

Que la nature est belle!

_________________
Potius mori quam foedari
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MessageSujet: 29 octobre 1981 : Brassens est mort   Sam 29 Oct 2011 - 0:08

29 octobre 1981 : Brassens est mort



Évoquée avec humour et gravité, la mort est très présente dans son œuvre.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le testament

http://www.youtube.com/watch?v=Ca-KFPNhCWc

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule
"Va-t'en voir là-haut si j'y suis"
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil

S'il faut aller au cimetière
J'prendrai le chemin le plus long
J'ferai la tombe buissonnière
J'quitterai la vie à reculons
Tant pis si les croqu'-morts me grondent
Tant pis s'ils me croient fou à lier
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers

Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damnées
Je rêv' d'encore une amourette
Je rêv' d'encor m'enjuponner
Encore un' fois dire: "Je t'aime"
Encore un' fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts

Dieu veuill' que ma veuve s'alarme
En enterrant son compagnon
Et qu'pour lui fair' verser des larmes
Il n'y ait pas besoin d'oignon
Qu'elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit
Il pourra profiter d'mes bottes
Et d'mes pantoufl's et d'mes habits

Qu'il boiv' mon vin, qu'il aim' ma femme
Qu'il fum' ma pipe et mon tabac
Mais que jamais - mort de mon âme
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n'aie pas un atome
Une ombre de méchanceté
S'il fouett' mes chats, y a un fantôme
Qui viendra le persécuter

Ici-gît une feuille morte
Ici finit mon testament
On a marqué dessus ma porte
"Fermé pour caus' d'enterrement"
J'ai quitté la vie sans rancune
J'aurai plus jamais mal aux dents
Me v'là dans la fosse commune
La fosse commune du temps

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Les amis de Georges - Georges Moustaki

http://www.youtube.com/watch?v=rZEOyF7NXqI

Les amis de Georges étaient un peu anars
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leurs guitares
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s'étaient retrouvés à Saint-Germain-des-Prés
Et s'il leur arrivait parfois de travailler
Personne n'aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
À l'époque ce n'était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu'on les enferme dans des microsillons
Ils juraient, ils sacraient, insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l'ombre des flics

Les amis de Georges, on les reconnaissait
À leur manière de n'être pas trop pressés
De rentrer dans le rang pour devenir quelqu'un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont restés, d'autres ont disparu
Certains ont même la Légion d'honneur - qui l'eût cru?
Mais la plupart d'entre eux n'ont pas bougé d'un poil
Ils se baladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n'ont pas beaucoup vieilli
À les voir on dirait qu'ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C'est toujours l'ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince
En chantant des chansons du dénommé Brassens

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

À Brassens - Jean Ferrat

http://www.youtube.com/watch?v=fE-Mbhn57Ag

Est-ce un reflet de ta moustache
Ou bien tes cris de "Mort aux vaches!"
Qui les séduit
De tes grosses mains maladroites
Quand tu leur mets dessus la patte
C'est du tout cuit
Les filles de joie les filles de peine
Les margotons et les germaines
Riches de toi
Comme dans les histoires anciennes
Deviennent vierges et souveraines
Entre tes doigts

Entre tes dents juste un brin d'herbe
La magie du mot et du verbe
Pour tout décor
Même quand tu parles de fesses
Et qu'elles riment avec confesse
Ou pire encor
Bardot peut aligner les siennes
Cette façon d'montrer les tiennes
N'me déplaît pas
Et puisque les dames en raffolent
On n'peut pas dire qu'elles soient folles
Deo gratias

Toi dont tous les marchands honnêtes
N'auraient pas de tes chansonnettes
Donné deux sous
Voilà qu'pour leur déconfiture
Elles resteront dans la nature
Bien après nous
Alors qu'avec tes pâquerettes
Tendres à mon cœur fraîches à ma tête
Jusqu'au trépas
Si je ne suis qu'un mauvais drôle
Tu joues toujours pour moi le rôle
De l'Auvergnat.
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