La Veuve

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 Poètes, vos papiers

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Adelayde
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MessageSujet: Le temps a laissié son manteau !   Dim 20 Mar 2011 - 22:37


Cette poésie, sans rapport avec la peine, la mort ou le sang, sent bon le printemps !

Rondeau

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n'y a beste ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie ;
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d'argent d'orfaverie,
Chascun s'abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau.

Charles d'Orléans (1394-1465)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
« Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie, »

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau.
Le temps a laissé son manteau.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°




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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 21 Mar 2011 - 13:21

Simple et beau. Merci. Je l'avais appris à l'école et ne l'avais pas lu depuis si longtemps ! Comme disait Verlaine : « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? Wink
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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mar 22 Mar 2011 - 8:42

Acrostiche



Givres, flocons ont cessé,
Arrive la belle saison annoncée.
Et les ruisseaux au doux clapotis
Traversent les prés reverdis.
A la lumière réchauffante du soleil,
Nature, de longs mois endormie, s'éveille
En ces premiers jours de printemps.

Amicalement Cool sunny Wink

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Gaëtane
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MessageSujet: Complainte de DAUGA   Mer 30 Mar 2011 - 20:22


Dans les GAC de Meurthe et Moselle, livre de F. Volot, j'ai relevé la complainte de Dauga, écrite par

Hiero et dédiée à Jules Jouy, le chansonnier parisien, sur l’air de Gastibelza, l’homme à la carabine.



Gasti-Dauga, l’homme à la pèlerine,
Chantait ainsi :
Mort de ma vie ! Il faut que je chourine
Quelqu’un d’ici.
Craignez ! Tremblez ! Bons bourgeois, la nuit gagne
Pont-à-Mousson.
Je ne veux pas crever ailleurs qu’au bagne,
Ou dans le son.

Le goût des uns, c’est de prendre une verte ;
Moi, c’est de voir
Un beau cadavre avec la gorge ouverte
D’un grand trou noir.
Tel se fera tuer en Allemagne
Par un saxon.
Moi, je ne veux crever qu’au fond d’un bagne
Ou dans du son.

Quant à voler l’argent de la victime,
Si j’y consens,
C’est qu’il en faut pour obtenir l’estime
Des commerçants,
Fi du plaisir que la crainte accompagne
Ou le soupçon !
Mieux vaut aller crever au fond d’un bagne
Ou dans du son.

Homme galant, ma conduite est parfaite
En mes amours,
Dans les maisons où je faisais la fête
Tous les huit jours,
J’aurai passé pour quelque grand d’Espagne
Au fier blason !
Cela vaut bien d’aller crever au bagne
Ou dans du son.

Ils disaient vrai : sur leurs chaises curules
Les magistrats
N’ont pas compris quels délicats scrupules
Armaient mes bras,
Ils ont mis les gendarmes en campagne,
Pauvre garçon !
Et sa tête a roulé dans la charpagne
Pleine de son !


Voici les paroles ou lyrics de Gastibelza (l'homme à la carabine) interprétées par Georges Brassens :


Gastibelza, l'homme à la carabine,
Chantait ainsi :
Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ?
Quelqu'un d'ici ?
Chantez, dansez, villageois ! La nuit gagne
Le mont Falu
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine,
Ma señora ?
Sa mère était la vieille maugrabine
D'Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la tour Magne
Comme un hibou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Vraiment, la reine eût, près d'elle, été laide
Quand, vers le soir,
Elle passait sur le pont de Tolède
En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
Ornait son cou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Le roi disait, en la voyant si belle,
A son neveu :
Pour un baiser, pour un sourire d'elle,
Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne
Et le Pérou !
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Je ne sais pas si j'aimais cette dame,
Mais je sais bien
Que, pour avoir un regard de son âme,
Moi, pauvre chien,
J'aurais gaîment passé dix ans au bagne
Sous les verrous
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d'Allemagne,
Par le licou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe
Sabine, un jour,
A tout vendu, sa beauté de colombe,
Tout son amour,
Pour l'anneau d'or du comte de Sardagne,
Pour un bijou
Le vent qui vient à travers la montagne
M'a rendu fou.

http://www.youtube.com/watch?v=7c4gF2p75kg





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Adelayde
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MessageSujet: Gastibelza   Mer 30 Mar 2011 - 21:46

Une poésie de Victor Hugo superbement mise en musique et chantée par Brassens I love you
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Raoul
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mer 30 Mar 2011 - 21:48

Gaëtane a écrit:

Voici les paroles ou lyrics de Gastibelza (l'homme à la carabine) interprétées par Georges Brassens :


Gastibelza, l'homme à la carabine,
Chantait ainsi :
Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ?
Quelqu'un d'ici ?
Chantez, dansez, villageois ! La nuit gagne
Le mont Falu
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine,
Ma señora ?
Sa mère était la vieille maugrabine
D'Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la tour Magne
Comme un hibou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Vraiment, la reine eût, près d'elle, été laide
Quand, vers le soir,
Elle passait sur le pont de Tolède
En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
Ornait son cou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Le roi disait, en la voyant si belle,
A son neveu :
Pour un baiser, pour un sourire d'elle,
Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne
Et le Pérou !
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Je ne sais pas si j'aimais cette dame,
Mais je sais bien
Que, pour avoir un regard de son âme,
Moi, pauvre chien,
J'aurais gaîment passé dix ans au bagne
Sous les verrous
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d'Allemagne,
Par le licou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe
Sabine, un jour,
A tout vendu, sa beauté de colombe,
Tout son amour,
Pour l'anneau d'or du comte de Sardagne,
Pour un bijou
Le vent qui vient à travers la montagne
M'a rendu fou.

http://www.youtube.com/watch?v=7c4gF2p75kg




A ma connaissance, Gastibelza (titre original de Hugo : Guitare ) est un des deux seuls poèmes d'Hugo interprétés par Brassens, l'autre étant La légende de la nonne

Et comme pour La légende de la nonne, la chanson ne reprend pas toutes les strophes du poème d'origine (en gras, les strophes "oubliées" de Victor Hugo, moins musicales ?)

Guitare

Gastibelza, l'homme à la carabine,
Chantait ainsi :
" Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ?
Quelqu'un d'ici ?
Dansez, chantez, villageois ! la nuit gagne
Le mont Falù.
- Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou !

" Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine,
Ma señora ?
Sa mère était la vieille maugrabine
D'Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la Tour-Magne
Comme un hibou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou !

" Dansez, chantez! Des biens que l'heure envoie
Il faut user.
Elle était jeune et son oeil plein de joie
Faisait penser. -
À ce vieillard qu'un enfant accompagne
Jetez un sou ! ... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.


" Vraiment, la reine eût près d'elle été laide
Quand, vers le soir,
Elle passait sur le pont de Tolède
En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
Ornait son cou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

" Le roi disait en la voyant si belle
À son neveu : -- Pour un baiser, pour un sourire d'elle,
Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne
Et le Pérou ! -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

" Je ne sais pas si j'aimais cette dame,
Mais je sais bien
Que pour avoir un regard de son âme,
Moi, pauvre chien,
J'aurais gaîment passé dix ans au bagne
Sous le verrou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

" Un jour d'été que tout était lumière,
Vie et douceur,
Elle s'en vint jouer dans la rivière
Avec sa soeur,
Je vis le pied de sa jeune compagne
Et son genou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.


" Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d'Allemagne,
Par le licou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

" Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe !
Sabine, un jour,
A tout vendu, sa beauté de colombe,
Et son amour,
Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne,
Pour un bijou... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

" Sur ce vieux banc souffrez que je m'appuie,
Car je suis las.
Avec ce comte elle s'est donc enfuie !
Enfuie, hélas !
Par le chemin qui va vers la Cerdagne,
Je ne sais où... -
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.


" Je la voyais passer de ma demeure,
Et c'était tout.
Mais à présent je m'ennuie à toute heure,
Plein de dégoût,
Rêveur oisif, l'âme dans la campagne,
La dague au clou... -

Le vent qui vient à travers la montagne
M'a rendu fou ! "


C'est poème est épatant. On apprend que César fut empereur d'Allemagne avant même qu'elle n'existe Laughing (Jeu de mot Cesar - Kaiser ?).

Victor Hugo est épatant, Victor Hugo est admirable, Victor Hugo est un monument.
Pour fréquenter un peu des jeunes littéraires, Victor Hugo (le poète) est de plus en plus dédaigné, on trouve ses textes trop "monumentaux", trop intellectualisés, pas suffisamment spontanés. C'est la qu'on voit que les surréalistes ont réussi à imposer le critère de spontanéité propre à leur mouvement comme un critère obligatoire en poésie...
Ils leur préfèrent donc Apollinaire, Mallarmé, Aragon... Des vers plus libres en somme, avec un fond moins facilement identifiable.

J'aime également ces poètes, mais ma préférence reste à Hugo... N'en déplaise au snobisme rive gauche.

Merci beaucoup pour la Complainte de Daugat, Gaëtane, moi qui suis Lorrain, admirateur d'Hugo et connaissant l'histoire de Daugat depuis quelques temps, je suis comblé.
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 31 Mar 2011 - 15:49

Gaëtane a écrit:

Dans les GAC de Meurthe et Moselle, livre de F. Volot, j'ai relevé la complainte de Dauga, écrite par

Hiero et dédiée à Jules Jouy, le chansonnier parisien, sur l’air de Gastibelza, l’homme à la carabine.
Super, Gaëtane sunny, d'avoir mis LA COMPLAINTE DE DAUGA. Je n'avais pu la trouver. De plus, j'avais une info érronnée disant que l'auteur en était Jules Jouy.




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MessageSujet: En souvenir : Jehan Jonas   Jeu 31 Mar 2011 - 16:10

Jehan Jonas.

Auteur-compositeur-interprète de talent, il a écrit plus de 2000 textes, pamphlétaires, tendres, cocasses. Tournait dans les petits lieux de chansons pendant les années 60/70. Superbe présence scénique. Il s'était fait connaitre par une chanson "Comme dirait Zazie" (1966), diffusée par Europe n°1, grâce à Lucien Morisse, à l'époque directeur dans cette station et producteur de disques. Jehan est parti à 35ans.

Ecoutez "LE MANÈGE" : http://www.youtube.com/watch?v=l_Q8fMl6zC8



Robert Doisneau : Le manège de monsieur Barre (1955).

Il était situé avenue du Maine (Paris XIVème), sur le terre-plein jouxtant la rue Brézin. Aujourd'hui, il y a toujours un manège à cet endroit (concession de la ville de Paris aux forains).

Extraits de plusieurs chansons de Jehan Jonas, dont la virulente "Comme dirait Zazie", "La guerre", une des plus belles chansons contre ce fléau, "Papa bois pas" etc. http://sicavouschante.over-blog.com/article-jehan-jonas-59194853.html

Site officiel sur Jehan Jonas, créé par sa compagne : http://www.jehan-jonas.fr/
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Adelayde
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MessageSujet: Le Pont Mirabeau   Sam 2 Avr 2011 - 17:29

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918), Alcools, 1912



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Bill
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MessageSujet: complément   Lun 4 Avr 2011 - 10:10

Petit complément appollinarien


Si je mourais là-bas

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang
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MessageSujet: rectification orthographique   Lun 4 Avr 2011 - 10:10

Bill a écrit:
Petit complément apollinarien


Si je mourais là-bas

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 4 Avr 2011 - 17:11


Guillaume Appolinaire est affecté au 38ème Régiment d'Artillerie avant de rejoindre les rangs de l'infanterie dans le 96ème R.I..

Il a combattu en Champagne puis dans l'Aisne. Blessé à la tempe le 17 mars 1916, il est décédé de la grippe espagnole le 9 novembre 1918.

La guerre n'a pas empêché sa passion pour l'écriture, utilisant tous les supports possibles, du papier mais aussi de l'écorce de bouleau pour composer, écrire.

Il a composé le poème pour Lou, une gracieuse jeune femme, divorcée, indépendante, qui ne manquera pas de faire souffrir le poète.


Champ de bataille du Linge en 1915 (front des Vosges)




Photo: Mémorial du Linge

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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 4 Avr 2011 - 22:45

La maison Galliimard continue a faire retirer d'internet des écrits d'Apollinaire. En effet, les droits d'auteur courent toujours car le poète a été déclaré « mort pour la France », ce qui ajoute trente années au délai légal des droits, auxquelles il faut rajouter les années des guerres 14-18 et 39-45, que le législateur a fixé à 14ans et 272 jours 14ans pour compenser un manque à gagner pour ces périodes.
Les œuvre de Guillaume Apollinaire ne tomberont donc dans le domaine public que le 2 octobre 2012.
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mar 5 Avr 2011 - 9:59



Merci mercattore pour l'information Wink
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MessageSujet: Gastibelza   Mer 6 Avr 2011 - 18:52

Raoul a écrit :
Et comme pour La légende de la nonne, la chanson ne reprend pas toutes les strophes du poème d'origine


Idem : Pensée des morts (Lamartine), Le Petit cheval et La Marine (Paul Fort), Il n'y a pas d'amour heureux (Aragon), La prière (Francis Jammes)... J'avoue préférer les versions Brassens.

L’émission « Café découvertes » du 29 octobre dernier était consacrée à Georges Brassens, le mauvais sujet repenti.
http://http5.europe1.yacast.net/europe1video/audio/MediaCenter/Emissions/Cafe-decouvertes/Georges-Brassens-le-mauvais-sujet-repenti-29-10-10-294366.mp3
En début d’émission, Brassens raconte la naissance de la chanson Le petit cheval :
« Ignorant des usages du métier, j’avais enregistré et chanté Le petit cheval en public sans avoir demandé l’autorisation à personne. Les gens du métier, la société des auteurs m’ayant demandé de légaliser les choses, je suis allé trouver Paul Fort alors que la chanson était déjà très connue. Paul Fort la connaissait aussi ; il savait également qu’un zèbre l’avait mise en musique. Il m’a accueilli à bras ouverts, m’a dit qu’il était très content et que je pouvais mettre en musique tous ses poèmes. Quand je le voudrais et comme je le voudrais parce qu’il s’était aperçu que, de temps en temps, je sautais, j’inversais ou je coupais les strophes. Il m’a donné toutes les autorisations. Nous sommes devenus amis. »
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 7 Avr 2011 - 11:34



Le Rouge-Gorge

Laboureur bienfaisant, ouvre-moi ta fenêtre.
L’hiver glace mon corps et je ne trouve plus
A glaner dans les champs. La bise me pénètre ;
Plein de neige est mon nid, bâti sur le talus.

Dans ta chaumine au coin, quelque grains superflu,
C’est un bonheur pour moi, si chétif petit être.
Donne, ô bon paysan, et parmi les élus
Le Seigneur tout-puissant saura te reconnaître.

Jadis, quand sur la croix le doux Jésus mourait,
Un petit passereau, craintif, qui murmurait
Son humble chant, perché sur un plant d’aubépine.

Volant timidement vers l’Homme-Dieu sanglant,
Appuya son cœur pur sur le sein pantelant.
Le sang divin depuis empourpra sa poitrine.

Paul LORANS

http://www.youtube.com/watch?v=McvKhMIQtHM

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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Ven 8 Avr 2011 - 12:22

Joli poème.

De plus, j'aime bien les rouge-gorges.

Il m'est arrivé plusieurs fois qu'un rouge-gorge s'égare dans ma maison et s'épuise à essayer de trouver la sortie (maudites vitres que les oiseaux ne voient pas!). A la fin, je finissais par réussir à l'attraper pour lui rendre sa liberté...et nettoyer les crottes qu'il avait laissées un peu partout dans la maison. Laughing

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Potius mori quam foedari
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MessageSujet: Chanson dans le sang   Dim 17 Avr 2011 - 14:36

Chanson dans le sang

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né... avec l'enfant nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements...
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.

Jacques Prévert – Paroles, 1946



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Adelayde
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MessageSujet: Les roses de Saadi   Ven 22 Avr 2011 - 14:33

Les roses de Saadi

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)





Pierre de Ronsard, ce matin.






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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 25 Avr 2011 - 22:08


Le chat

I

Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.


Charles BAUDELAIRE

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poulain
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Lun 25 Avr 2011 - 22:25

LES MAINS D'ELSA

Donne -moi tes mains pour l'inquiétude,

Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé,

Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude

Donne-moi tes mains que je sois sauvé



Lorsque je les prends à mon propre piège

De paume et de peur, de hâte et d'émoi,

Lorsque je les prends comme une eau de neige,

Qui fuit de partout dans mes mains à moi



Sauras-tu jamais ce qui me traverse,

Qui me bouleverse et qui m'envahit,

Sauras-tu jamais ce qui me transperce,

Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli



Ce que dit ainsi le profond langage,

Ce parlé muet des sens animaux,

Sans bouche et sans yeux, miroir sans images,

Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots



Sauras-tu jamais ce que mes doigts pensent

D'une proie entre eux, un instant, tenue,

Sauras-tu jamais ce que leur silence,

Un éclair, aura connu d'inconnu



Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme,

S'y taise le monde au moins un moment,

Donne-moi tes mains, que mon âme y dorme,

Que mon âme y dorme éternellement
LOUIS ARAGON.
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Gaëtane
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Jeu 28 Avr 2011 - 9:41


Ô lumineux matin


Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d'or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long ;

Matin, fête de l'herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées,
Dans les buissons luisants s'ouvrir comme des yeux ;

Heure de bel espoir qui s'ébat dans l'air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons,
Où les coteaux herbeux, d'où l'aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;

Belle heure, où tout mouillé d'avoir bu l'eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
- Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L'orage, la fatigue et la peur, cher matin...






Anna De Noailles (1876-1933)







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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Dim 8 Mai 2011 - 17:57

Robert MARCY — Jacques DOUAI.



Robert Marcy (1920).
(Source : DNA).

Comédien, auteur-compositeur, Robert Marcy a également été un animateur-présentateur de radio très populaire à la station Europe n°1. En 1948, il composa une chanson qui s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui : " File la laine ". Le chanteur Jacques Douai la placera à son répertoire.

File la laine

Dans la chanson de nos pères
Monsieur de Malbrough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n'en dirait rien encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d'images des rêves lourds
Ouvre la page à l'éternel retour.

Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du joli tambour
Dans la grande cheminée
S'éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son cœur.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d'images des rêves lourds
Ouvre la page à l'éternel retour.


Paroles et Musique : Robert Marcy (1948).

L'écouter, interprété par Jacques Douai : http://www.youtube.com/watch?v=KwF0wb1I0TY[:b]



Jacques Douai
(1920-2004).
(Source : Esprits Nomades).

Peu connu du grand public, Jacques Douai, voix d'argent et interprète es-maitre élocution, a servi de magnifiques textes et musiques pendant plus de cinquante ans. Trop souvent qualifié de " troubadour ", cette épithète, réductrice, lui à probablement nuit.

Très bel hommage, malheureusement anonyme, sur ce blog :
Esprits Nomades
http://www.espritsnomades.com/sitechansons/douai.html


Tu sais, je sais, tu sais
qu'inévitablement un jour, tu sais
la vie, la vie bénie, tu sais
un jour nous trahira


(Jacques Douai).


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Raoul
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MessageSujet: Re: Poètes, vos papiers   Mar 10 Mai 2011 - 14:22

Une de Victor Hugo que j'aime particulièrement. Notez qu'on y retrouve son goût de l'épique que j'aime tant.

Sur une barricade


Sur une barricade, au milieu des pavés
Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés,
Un enfant de douze ans est pris avec des hommes.
- Es-tu de ceux-là, toi ? - L'enfant dit : Nous en sommes.
- C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller.
Attends ton tour. - L'enfant voit des éclairs briller,
Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.
Il dit à l'officier : Permettez-vous que j'aille
Rapporter cette montre à ma mère chez nous ?
- Tu veux t'enfuir ? - Je vais revenir. - Ces voyous
Ont peur ! où loges-tu ? - Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine.
- Va-t'en, drôle ! - L'enfant s'en va. - Piège grossier !
Et les soldats riaient avec leur officier,
Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle ;
Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle,
Brusquement reparu, fier comme Viala,
Vint s'adosser au mur et leur dit : Me voilà.

La mort stupide eut honte et l'officier fit grâce.
[...]
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Adelayde
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MessageSujet: Sur une barricade   Mar 10 Mai 2011 - 15:09

Sur une barricade... Génial Hugo !

I love you I love you I love you
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